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L. Hn

HEBEXSTREIT (Les DEUx).

Hebenstreit (Er.nest-Benjamin-Gottlieb). Médecin allemand, né à Leipzig, le 10 février 1755, fit ses études dans sa ville natale et devint magister legens en 1779. Il prit le grade de docteur en 1785, fit un voyage en France et en Allemagne et à son retour fut nommé, en 1785, professeur extraordinaire de médecine. En 1798 il devint professeur suppléant de thérapeutique et fut

hU IIEBKNSTREIT (Lks deux).

nommé titulaire en 1801. Deux années après, il obtint la charge de directeur de l'Institut clinique, mais mourut peu après le 12 décembre 1803.

Plusieurs sociétés savantes avaient reçu Hebenstreit dans leur sein : la Société économique de Leipzig, en 1782, la Société d'agricultuie de Paris en 1787, la Société royale des scieuces de Gottiugue en 1788; depuis plusieurs années il était médecin pensionne de la ville de Leipzig. On a de lui :

I, Diss. de vegetalione Injcmali. Lipsiae, 1777, in-i°. — II. Diss.de corporum aniinalium fabrica, animaliuni fncullatibiis occomodata. I.ipsiae, 1778, in-4°. — III. De potidentorum cura in republica bene ordinala nd sanilatis Ict/es componenda ; sect. l. de aqua. Lipsiae, ]77g. — IV. Diss. curae sanilalis publicae apud veteres exempla. Lipsiae, 1785, in-4<'. — V. Progr. de aquae natura aerea, secundum rccentiorum cheiiticorum expérimenta. I.ipsiae, 17S5, 111-4°. — VI. Dj'.ss. de diicbinae medicae ambiiu. Lipsiae, 178o, in-4''. — VU. I.chrsiitze der medicinischen Polizeiwi.^sensclioft. Leipzig-, 1791, in-8°. — Vlil. S;/steni der Wundanncykunst fur Feldwundiirzle. Wien, 1791, in-8°. — IX. Benj. Bell's Ahhandl. von dcn Gesckwiiren, etc. Leipzifi, 1792, jn-S", el Zusâtze zu Benj. Bell's Abli. Leipzitf, 1795, in-go — X. Doctrinal', physiologirae de liirgore vilali bicvis expositio. Lipsiae, 1795, in-4''. — XI. De iiteri concrctione morbosa. Lipsiae, 1801. L. Us.

iii-iti'ii!«trcit (Johann-Ernest). Médecin, littérateur, érudit, poète, médecin légiste, anatomiste, naturaliste et voyageur, vit le jour à Neustadt-sur-l'Orla, le 15 janvier 1702. En 1727, il obtint à Leipzig le grade de maître es arls et en pliilosopliie, et trois ans après il lut reçu docteur en philosophie. Disciple particulier de Uivinus, et directeur depuis plusieurs années du jardin botanique de Gaspard Piose, Hebenstreit avait déjà la réputation de botaniste habile, et il passait pour être profondément instruit dans toutes les branches des sciences naturelles. 11 fut choisi par Frédéric-Auguste II, roi de Pologne, pour faire, avec un certain nombre de naturalistes de son choix, un voyage scientifique en Atrique. Celte expédition promettait d'heureux résultats aux sciences naturelles; mais la mort du roi qui l'avait ordonnée interrompit, au bout de moins de deux ans, un voyage qui en devait durer trois. Hebenstreit fut de retour à Dresde au mois d'octobre 1753. De Dresde il se rendit à Leipzig, oîi il fut chargé aussitôt de l'enseignement de la physiologie. Il entra en exercice le 22 novembre de la même année, par un discours sur les antiquités romaines qu'il avait trouvées en Afrique. En 1757, il eut la chaire d'anatomie et de chirurgie, en 1746 celle de pathologie, et deux ans après, celle de thérapeutique, vacante par la mort de Platner. H fut en même temps doyen de la Faculté de médecine, et pohjâtre de la ville.

Hebenstreit mourut le 5 décembre 1757. 11 avait été nommé membre de l'Académie des Curieux de la nature avant son départ pour l'Afrique ; à son retour, il fut élu membre de l'Académie royale des sciences de Marseille.

Hebenstreit est un des médecins qui ont eu la connaissance la plus profonde de la médecine grecque et romaine; il en a- laissé, dans ses Antiquités de la thérapeutique, un monument solide {Biogr. Didot).

I. Disscrtatio qua definifiones plantaruni quum summis auspiciis, Poloniarum régis Africam occidenialem versus ittr susciperet, ex/tibet, perennem sui memoriam esse cupiens. Lipsiae, 1751. — II. Oratio auspicalis qua devotam maiestali Aufjusti Magni Africain sislil et anliquitatum Romanarum per Africam repertai-um memoriam recolit. Lipsiae, ■1755. III. Muséum Richterianum, continens fossilia, animalia, vegctabilia, marina etc. Lipsiae, 1745. — IV. Anthropologia forensis, sistens medici circa rempublicam causasque diccndas officium cum reriim anatomicarum ac physicarum quae illud atiincnt expositionibus. Lipsiae, 1751. — V. De liomine sano et aegroto Carmen, sistens pliysioloqiam, hyqieinen, therapiam, materiam medicain. Prae futur de anliqua medicina Carmen, subnectuniur similes Poetarum Senleuiiae, accedunt singula quacdam Carmina. Lipsiae,

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1755 et î7o9. — VI. Palhologia Ihcrapiae, qua vcleruin de morbis curandis placita poliora recentiorum sentenliis aequanlur. llallae, 1779. — VII. Ordo vwrborum caussalis. Lipsiae^ 4756. — VIII. Aetiologia chemica, seuexpositio causarum sani e( aegroli liominis, secundum principia chemica. Lipsiae, 1757. — IX. Tcntanien pliysiologiciim iiiediciim super Actii Amideni Synopsis medicorum velerum libris oclo, post ilios octo, quos Aldus Maimlius . Veneliis 1554 evu/gavU, qui supersunt nunduin edilis, ex maiinscriplo Giiemii, sistens lihri seu serynonis noni aliquot capita, graece et latine. Lipsiae, 1737. — X. Quatre lettres au roi Auguste, contenant la relation du voyage de Hebenstreit en Afrique, et insérées par Bernojilli dans les tomes IX, X, XI et XII de son Recueil de petits voyages [Sammlung kleiner Pieisebesckreibungen]. L. H:s.

H£BEBDE1\ (Les i>eu.\).

Heberdcn (Wilmam). Médeciu anglais distingué, né à Londres en 1710, y fit ses premières études. Vers la fin de 1724, il fut envoyé à Cambridge, où, après six années d'études académiques au collège Saint-Jean, il fut associé à ce collège. Depuis, il se livra à l'étude de la médecine, partie à Cambridge, partie à Londres. Après avoir reçu le grade de docteur, il exerça environ dix ans l'art de guérir à Cambridge, faisant cbaque année des cours sur l'histoire et l'usage des médicaments. En 1846 il fut associé au Collège royal des médecins de Londres. Deux ans après, il quitta Cambridge pour se rendre dans la capitale, el devint membre de la Société royale. Heberden fut pendant plus de trente ans un des praticiens les plus répandus de Londres ; son âge avancé lui prescrivant le repos, il commença alors à se retirer peu à peu de la pratique. 11 passait l'été dans une maison qu'il avait à Windsor à 20 milles de la ville, l'hiver il rentrait à Londres et voyait encore des malades. Ce fut à son instigation que les membres du Collège royal des médecins se déterminèrent à publier des mémoires, parmi lesquels on en trouve plusieurs d'IIeberden. 11 fut nommé en 1778 correspondant de la Société royale de médecine de Paris. Il remit ses Commentaires à un de ses fils, qui était médecin, pour être publiés après sa mort. En 1801 Heberden, âgé de plus de quatre-vingt-dix ans, cessa de viviv. (Dezeim.)

I. Antilheriaca; an Essay on Mithridatium and Theriaca. London, 1745, in-S", — II. 0/ a very Large Human Calculus. In Philos. Transact., 1750, Abridg., vo'. X, p. 105. — III. Of a Stone voided without lielp from Ihe Bladder of a IVoman at Bury. In Philos. Transact., 1750, Abrigd., vol. X, p. 219. — IV. Of the Influence of Cold on the Health of Ihe Inhabitants of London. lu Philos. Transact., 179G, Abrigd., vol. XVIII. — V. Observations upon the Ascarides. In Med. Transact. Publ. by Collège, etc., vol. I, p. 45. — VI. Observation on the Night Blindness. Ibid., vol. I, p. 60. — VII. Obervations on the Hecli Fever. Ibid., vol. II, 177'2. — VIII. Observations on the Diseases ofthe Livcr. Ibid., vol. II, p. 125. — IXj Observations on the Netlle Rash. Ibid., vol. II, p. 175. — X. Letler concerning Angina Pectoris, with a Case and Dissection. Ibid., vol. III, 1785. — XI. Observations on the Measles. Ibid., vol. III, p. 389. — XII. Account ofthe Influenza, as it appeared in 1 775. In Med. Observations and Inquiries, vol. VI, p. 349. — XIII. Commentarii de morborum Historia et Curatione. Londini, 1802, in-8°. Recudi curavit S. Th. Sœmmerring. Francfort sur-le-MeJn, in-8°, 1804. L. Un.

lleberden (Willi.\m). Fils du précédent, né à Londres le 25 mars 1767, se fit recevoir docteur à O.xford en 1795, devint felloiv du Collège de médecine en 1796 et lut l'oraison harvéienne en 1809. Il fut nommé en 1793 médecin de l'hôpital Saint-Georges, mais se démit de ces fonctions en 1803.

Heberden fut successivement méilecin extraordinaire et médecin ordinaire de la reine et du roi Georges III. A plusieurs reprises, il refusa la dignité de baronnet. En 1812 il renonça à la pratique et se retira à la campagne pour se vouer entièrement à l'éducation de ses enfants. En 1826 il revint à Londres pour DICT. ENC. i' s. XII. 35

surveiller l'éducation médicale d'un de ses fils, mais il le perdit et tomba vers la fin de sa vie dans la religiosité. Il mourut le 19 février 18i5. Outre des mémoires dans les périodiques, il a publié :

I. Observations on the Increasc and Decrease of Différent Diseases in London, parlicularly of the Plague. London, 1801, in-8°. — II. Morboi-um jmerilium epitome. Londini, 1804, in-8°, trad. en angl. par J. Smith. Epitome of Infantile Diseases. London, 1806, in-12; iiouv, édit., ibid., 1807, iu-S". — III. Oralio Harveiana in honorem viedicinae habita in Collegii Regii Medicoruni Londinensium tlieatro. Londini, 1809, in-4''. — IV. Il publia une traduction anglaise du célèbre ouvrage de son père ; Commenlaries on the History and Cure of Diseases. London, 1802, in-8°. L. Un.

HÉBÉTUDE. Affaiblissement ou obtusion des facultés intellectuelles qui survient soit passagèrement dans le cours de certaines maladies fébriles aiguës, ou bien à l'état clnonique, et pouvant aller dans ce cas jusqu'à la démence, soit sous linllnence des souffrances et des privations de la misère, soit par suite d'babitudes d'ivresse ou de l'usage abusif et longtemps continué de l'opium ou d'autres agents narcotiques, ou bien enfin par le fait d'efforts soutenus d'études ou de travaux intellectuels poussés jus(|u'au surmènenient.

L'iiébétudc, qui peut être placée au point de vue séméiologique à côté de la stupeur, dont elle n'est en quelque sorte qu'un degré, constitue avec divers autres signes d'Iiyposthénic cérébrale, tels que la somnolence, le coma, un des symptômes caracléristi([ues les plus communs des fièvres graves, telles que le typbus, la fièvre dotbiénentérique, certaines formes de fièvres intermittentes pernicieuses, etc. Dans la fièvre typhoïde, notamment, pendant la période de sa plus grande acuité, durant le troisième ou le quatrième septénaire, l'hébétude succède souvent aux symptômes d'excitation, d'agitation et de délire ou alterne avec eux. Dans le typhus exanthématitjue, la forme bébétée des troubles intellectuels prédomine en général, avec l'état de coma \igil et tous les signes d'une faiblesse générale extrême. Ces troubles cérébraux semblent être, dans le typhus beaucoup plus souvent que dans la fièvre typhoïde, le résultat d'altérations organi([ues du cerveau, byperémies, apoplexies méningées ou même foyers d'encéphalite.

Comme la plupart des autres troubles intellectuels symplomati(|ues de l'état lyphiquc ou typlioïdi<iue, l'hébétude se dissipe avec la maladie et les facultés intellectuelles reprennent leur intégrité fonctionnelle avec la convalescence.

Dans quelques cas, cependant, notamment lorsque la maladie est venue surprendre l'organisme pendant que son évolution est en pleine activité, il en reste (juelque empreinte ; il n'est pas rare de voir, par exemple, soit l'amnésie à différents degrés, soit une certaine déchéance de l'intelligence ou tout au moins une diminution plus ou moins sensible dans l'aptitude au travail intellectuel, persister pendant la convalescence et même après le rétablissement complet et durant toute la vie.

L'hébétude ou la stupidité est quelquefois aussi le résultat d'efforts intellectuels exagérés ou trop longtemps continués, d'une trop grande contention d'esprit, ou d'une imagination forcée et déviée. C'est surtout sur les jeunes gens et les enfants surmenés par des études excessives, au-dessus de leurs forces ou mal dirigées, dans lesquelles l'accumulation des mots dans la mémoire est trop souvent substituée à la conception nette des faits et des idées par l'entendement, qu'on voit survenir cette déchéance.

L'hébétude qui a pour cause l'une des conditions d'hygiène vicieuse que nous

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avons indiquées est corrigible, jusqu'à un certain point, par la cessation des habitudes vicieuses mêmes qui l'ont produite, comme celle qui est le résultat du surmènement intellectuel pourra devenir moins fréquente à l'avenir par la substitution aux anciennes méthodes pédagogiques de méthodes d'enseignement mieux combinées, plus variées et surtout mieux appropriées aux aptitudes individuelles. Brocui.n.

UÉBRA (Ferdinand-Ritter von). Célèbre dermatologiste autrichien, né à ■Brùnn le 7 septembre 1816, fit ses humanités à Graz et étudia la médecine à Vienne. Reçu docteur en 1841, il fonctionna quelque temps comme assistant de la chaire de médecine légale, puis passa comme aide au service dos maladies thoraciques dirigé par Skoda. A ce service était rattachée une annexe pour les affections cutanées; Skoda en abandonna complètement la direction à Ilébra. A cette époque, la médecine cutanée était encore dans l'enfance; l'Angleterre et la France avaient cependant déjà produit plusieurs systèmes, trop théoriques, il est vrai, mais en Allemagne un disciple de Schonlein, Fuchs, en créant une foule de termes nouveaux et en s'elforçant de classer les maladies de la peau d'après les principes de la philosopiûe naturelle, avait porté la confusion à son comble. Quoi qu'il eût surtout des galeux dans son service, Hébra put observer cependant un assez grand nombre d'antres affections cutanées pour lui permettre d'établir entre elles des signes différentiels et de reconnaître que leur traitement, fondé jusqu'alors sur la pathologie humorale, était absolument insuffisant. Ses succès dans le traitsment local des dermatoses le conduisirent à rejeter complètement les dyscrasies psorique, herpétique, impétigineuse, ainsi ^ue la théorie des métastases, et à attribuer une origine purement locale à la plupart de ces maladies. Il alla trop loin dans cette voie et méconnut particulièrement les remarquables travaux de Bazin.

Dès 1842, Hébra commença un cours privé sur les affections de la peau, exposant parallèlement les systèmes d'Alibert et de Willan. En 1852, il fit un voyage en Norvège pour y étudier la lèpre, et par la suite visita à plusieurs reprises les hôpitaux de Paris et de Londres, pour compléter ses connaissances; il fit un dernier voyage à Paris en 1875.

Depuis 1845 Ilébra dirigea comme seul titulaire le service des maladies cutanées, puis en 1848 fut élevé au rang de premier médecin de l'hôpital général de Vienne, nommé en 1849 professeur extraordinaire de dermatologie et, vingt ans après seulerrient, en 1869, professeur ordinaire. Ce n'est que dans les dernières années de sa vie que les honneurs vinrent le trouver : lettres de noblesse, titre de conseiller aulique, présidence de la Société des médecins de Vienne (à la mort de Rokitansky), etc. Hébra mourut, universellement regretté, le 5 août 1880. Son nom vivra dans la science; il a fait école et ses doctrines seront peut-être longtemps encore suivies à Vienne {voy. sur Hébra une excellente notice par Auspitz dans Vierteljahresschrift fur Dermatologie iind Syphilis, 1880, p. I). Hebra a publié :

I. Atlas der Haulkrankheiten. Ilerausgegeben -von der k. k. Akademie d. Wissenschafteii. Wien, 1856-4876, in-fol. Text von Hebra, Bilder von Elfinger und Heilzmann. — II. Atlas der Hautkrankheilen, Erlangen, 1867-1869, in-fol. Text vonBarensprungu. Hebra.— III. Handhuch der speciellen Pathologie u. Thérapie. Erlangen, 1860, in-8°, Bd. III. Acule Exanthème und Hautkrankheilen, i. Theil (2. Theil von Kaposi). — IV. Geschichtliche Darstellung der grôsseren chirurgischen Operationen mit besonderer Riicksicht auf Edl. v. Wattmann's Operationsmelhoden. Wien, 1842, in-S". — V. Jahresbericht ilber die vom Jànner bis

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