L. Ib
IIELM (Theodor). Médecin allemand, né à Vienne, le 12 mai 1810, était le fils de Jacob-Anton Ilelm (né le 14 janvier 1761, mort à Vienne le 27 octobre 1831), médecin bien connu pour avoir introduit la vaccine dans la capitale autrichienne. Notre Helm fut reçu docteur en 1835 et devint l'assistant de Klein, à la clinique obstétricale. En quittant ces fonctions, il publia un mémoire qui
a fait époqvie {Mo)iog)'aphie iiber Puevperalkrankheiten, Ziiricli, 1859, iii-8"; neue Ausg., Wien, 1845, in-8; trad. en franc, Paris 1840; en suédois, Stockholm, 1842; en ital., Parme, 1853). Après un séjour à Paris, il se fixa à Franzensbad, puis en 1843 devint professeur de cliniijue médicale à Pavie. 11 publia à cette époque : Sunto dei casi trattati nella cliidca med. siiperiore in 1843-1844, Pavia, 1844, in-fol. En 1848, il dut fuir devant la révolution et devint médecin en chef et directeur provisoire de l'hôpital général de Vienne. Malgré les services éminents qu'il rendit, le gouvernement le tint en suspicion et, tout en lui laissant son service à l'hôpital général, ne lui confia pas la direction définitive de cet hôpital, mais celle de l'hôpital de Wieden. Ce n'est qu'en 1855 qu'il obtint cette même situation à l'hôpital général avec le titre de conseiller d'État. 11 introduisit de nombreuses réformes dans le service hospitalier, fit édifier de nouveaux laboratoires pour l'anatomie pathologique et la chimie, améliora le sort des médecins subalternes, etc. Il prit sa retraite en 1869, mais dirigea encore, de 1871 à 1875. le Collège des docteurs de la Faculté, dont il était le doyen élu. 11 mourut le '20 mars 1875 (Hirsch's hiogr. Lexic. hervorray. Aerzte, I, 1 ilj. L. Hn.
HEr:viERlCil (Pommade d'). Voij. Soufre, p. 610, et l'article Gale.
IIELMERSIIAUSEX (PAULus-JoKVNN-FRiEituicH). Né à Erfurt en 1754, fit ses études médicales à l'Université de cette ville, où il fut reçu docteur en 1760. Il se fixa ensuite à Gross-Ruderstedt dans le duché de Saxe-Weimar. On cite de lui :
I. Dissertalio de diarrhœis in morbis aciitis salutaribus. Ei'f'urt, 1760, in-i". — IL Obscrvatio de motibus epileplicis vagis. 'Weimar, 1760, in-4°. — Ilf. Observatio de ingenti et miranda gravissimorum symptomatiim congeric per XXXII annos se invicem excipieutium à concremento pohjposo scirrhoso. Weimar, 1767, in-4°. — IV. Observatio de obstruclione periinacissimâ pliirium tnen.'iium et cunfluxu sgiuptoniatuui in una œgrotâ. Weimar, 1769, in-4° A. D.
HELUIXTOES. IIELMIXTIIIASE. IIEL!UI\TIIOLOGIE. « N'expri-
mons jamais par un terme grec ce que nous pouvons dire avec un mot de la langue usuelle. Or, puisque le mot Vers signifie la même chose que Helminthes, c'est une raison suffisante pour préférer le premier. » Ainsi s'exprimait Vaidy, en 1817, dans l'article Helmij;thes du Dictionnaire des sciences médicales. 11 faut croire que l'opinion de Vaidy rencontra l'approbation des savants français de son époque, car les auteurs du Dictionnaire de médecine, publié en 1857, ne firent point figurer le mot Helminthes dans leur ouvrage.
Nous serions prêt, quant à nous, à nous ranger également à cet avis, si l'opinion de Vaidy n'était basée sur une inexactitude : le mot iXfzivç, employé si fréquemment par Aristote et par Ilippocrate, servait sans doute à désigner des animaux que les zoologistes actuels rangent dans le vaste embranchement des Vers, mais il s'appliquait uniquement aux Vers parasites de l'Homme ou des animaux. Il n'est donc pas exact de dire que les mots Ver et Helminthe sont synonymes, puisque le dernier n'est applicable qu'à un nombre restreint des animaux auxquels le premier convient. Un exemple fera bien comprendre notre pensée : le Tœnia et l'Ascaride sont des helminthes, le Lombric ou Ver de terre n'en est pas un.
Nous réservons donc le nom d'helminthes à tous les animaux qui vivent en
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parasites chez l'Homme ou chez d'autres animaux et qui, en même temps, peuvent rtre classés dans l'une quelconque des divisions de l'embrancliement des Vers. Les helminthes sont donc loin de comprendre tous les animaux parasites de l'Homme: les Amibes, les Sporozoaires, les Flagellés, les Infusoires, les Pentastomes, les Acariens et les nombreux Insectes qui vivent aux dépens de notre espèce, ne l'ont point partie de ce groupe. Celui-ci est d'ailleurs des plus artificiels et ne compte point des représentants dans toutes les divisions des Vers, mais seulement dans la classe des Plathelminthes (Cestodes, Trématodes) et dans celle des Némathclminthes (Âcantliocépliales, Nématodes).
Ainsi compris, le groupe des helminthes correspond exactement aux Eingeweidewiinner de Gôze et de Bloch, et aux Entozoa sive Vernies intestinales de Rudolphi, si ce n'est que ce dernier auteur range parmi les Vers des animaux, tels que les Pentastomes, qui sont étrangers à ce groupe. Quoi qu'en dise le titre de son ouvrage, les Vers étudiés sous le nom d'enlozoaires ou de Vers intestinaux par le naturaliste berlinois n'étaient point seulement parasites de l'intestin, mais provenaient des divers organes du corps : d'où il résulte que les deux termes helminthe q{ ento^oaire àoUeni être considérés comme synonymes, bien que parfois on ait voulu attribuer à ce dernier une plus large acception.
Commencée par Redi, Nicolas Andry, Vallisnieri, van Dœveren, Ch. Bonnet, Pallas, elc, l'élude des helminthes reçut une vive impulsion et fnt cléfinilivement constituée à l'état de branche distincte de la zoologie le jour où le pasteur Ephraïm Gôze lit paraître son Versnch einer Nntiirgeschichte der Eingeweidewiirmer, en 1782. Ce vieil auteur, auquel on doit d'avoir le premier nettement reconnu le Ta3nia inerme de l'Homme, considérait les Vers vésiculaires comme des Vers rubanés modifiés par leur séjour en dehors de l'intestin : c'était là sans doute une erreur, mais une erreur qui, si elle eût été propagée et adoptée par ceux qui suivirent, aurait eu probablement pour résultat d'amener plus rapidement à la découverte capitale des migrations des Cestodes.
L'ouvrage de Gôze fut complété par Zeder, en 1800. Ce même auteur publia pour son propre compte, en 1803, un catalogue raisonné de 591 espèces d'helminlhcs.
C'est surtout Rudolphi qui fit progresser la science des helminthes à laquelle, peut-on dire, il consacra sou existence entière. Dans l'unique but de rechercher des helminthes, il autopsia des milliers d'animaux et découvrit ainsi un nombre considérable d'espèces, puisqu'il porte leur total à 995; il en donne des descriptions qui, de nos jours, ne seraient sans doute plus jugées suffisantes, mais qui mettent pourtant en relief les caractères essentiels des animaux étudiés. La science des helminthes doit beaucoup à Rudolphi: on doit pourtant reconnaître que ce savant vivait à l'époque oii les instruments d'optique subissaient d'importants perfeclionnements et que la tâche qui, pour ses devanciers, était ingrate et fastidieuse, lui a été par cela même notablement facilitée. On doit regretter aussi qu'il n'ait pas adopté les idées de Gôze à l'égard des Cystiques: méconnaissant l'étroite parenté qui les réunit aux Taenias, il les place dans un ordre spécial, à côté des Nématodes, des Cestodes, etc.
Parmi les nombreux observateurs qui, à la suite de Rudolphi, se sont consacrés à l'étude des helminthes, de leur structure, de la classification, en un mot, qui ont fait de Vhelminthologie leur étude favorite, nous devons citer encore J. G. Bremser, Fr. Chr. H. Creplin, Eschricht, Nilzsch, Ed. Mehlis et surtout Félix Dujardin et Charles -Maurice Diesing.
Dans son Hti^toire natitvelle des helminthes ou Vers inleslinai'x, publiée en •18i5, l'éminent doyen de la Faculté des sciences de Rennes adopte un plan et une classification auxquels on doit applaudir. On peut s'étonner seulement de trouver, dans son remarquable ouvrage, la description de quelques Vers, tels que l'Anfïuilbile du vinaigre, qui ne sont point des helminthes. Les Pentastomes, que Dujardin, à l'exemple de l'iudolplii, intercale entre les Néniatodes et les Trématodes, constituent également un hors-d'œuvre, mais on n'avait point alors démontré que ces animaux dussent être rangés parmi les Arthropodes. En dix ans, cet habile observateur disséqua ou visita plus ou moins com[)létGnrent, pour la recherche des helminthes, 2-400 Vertébrés de 200 espèces environ et oOO Invertébrés ; il lecueillit et étudia vivantes plus de 250 espèces d'helminthes. Les descriptions qu'il eu donne sont généralement d'une grande ])récision.
Dujardin adopte enfin l'opinion de lUidolplii à l'égard des Cystiques, encore qu'il constate à plusieurs reprises (pages 544 et 635) leurs étroites affinités avec lesTcenias. Les [rois genres Cyslicercus, Echinococcus et. Cœiiurus, d'd-il, « avec la partie antérieure du c rps d'un T;enia armé d'une double couronne de crochets, ont une vésicule postérieure plus ou moins volumineuse. 11 y a évidemment ici un développement anormal, une sorte de monstruosité, et on pourrait penser, dans certains cas, que ce sont des œufs de Ta?nias véritables qui, portés par la circulation dans l'épaisseur même du tissu des Mammifères, n'ont pu suivre les phases ordinaires de leur existence, d'autant plus que les Cystiques ne se voient que dans des kystes, au milieu des organes et des tissus chez les Mammifères, et que c'est aussi dans l'intestin des Mammifères qu'on trouve plus particulièrement les Ta?nias armés d'une double couronne de crochets. » Tout en classant ses helminthes d'après l'ordre proposé par Rndolphi, Dujardin se trouvait donc invinciblement ramené à l'opinion exprimée jadis par Gôze, opinion dont Wiegmann, en 1852, s'était également fait le champion.
En 1850-1851, Diesing publia son Systema helminfhum, ouvrage considérable qui, avec ceux de Rudolphi et de Dujardin, constitue le vade-meciim indispensable de tout helmintliologiste. Le naturaliste viennois augmenta notablement le nombre des helminthes, mais il eut le tort de décrire sous ce nom une foule d'animaux qui ne sont point des Vers ou bien qui ne sont jamais parasites. Pour lui, les helminthes comprennent en outre des animaux qui méritent vraiment ce nom, la plupart des Protozoaires (Infusoires, Flagellés, Péridiniens, Grégarines), les Bactéiies, les Turbelliii'iés, les Géphyriens, les Hirudinées et les Annélides! Voici du reste la classification qu'il adopte:
IIEHII.NTII.V
Subclassis I. — ACIIAETUELTiILNTHA {corpus setis relvaclilibus haiid instrucliiin).
Sectio I. — A. MoLLiA {corpus molle, utplurimum depressum).
Ordo 1. — Prothclmintha (Infusoires, Flagellés, Péridiniens, Baclérieîj.
Ordo 2. — Turbellariea (Turliellariés).
Onlo 3. — Mi/z-Hiniiitlia (TréuuUodes et Hirudinées).
Ordo i. — Cepkalocotijlea (Cestodes).
Sectio H. — A. ELA^TICA {corpus elnsiicum cavum, ulriculare v. subc)jUn:lricuiii), Ordo 5. — Hlit/ngodea (Grégarines, Acanlliocéphales, Gépliyriens). Ordo t>. — Sematoidea (Nématodes, Gordiens;.
Subclassis II. — CIIAETKELMINTHA [corpus setis relractilibus instruclum).
Le troisième volume, devant comprendre l'histoire des Chcethelmintha, c'està-dire des Annélides, n'a jamais paru: il n'y a guère à le regretter, car il eiit'
été tout aussi hors tie propos qu'une bonne moitié de ce qui a été publié. On ne saurait, en effet, admettre la manière de voir de Diesing quant à l'extension du groupe des helminthes, non plus que celle d'Emile Blanchard qui, en 1847, proposait de réserver le nom d'helminthes exclusivement aux Nématodes et aux Acimthocéphales.
Avec les auteurs dont nous venons de citer les noms, l'helminthologie était restée une science uniquement descriptive: von Siebold, P. J, van Beneden, R. Leuckart, F. luichenmeister et leurs émules, en ont fait une science expérimentale : à eux revient le mérite d'avoir fait connaître les migrations des helminthes et d'avoir démontré, notamment, que Cystiques et Ttruias représentent l'état larvaire et l'état adulte d'animaux de même espèce ; la conception de Gôze, deWiegmann et de Dujardin, se trouve ainsi confirmée expérimentalement, avec cette restriction toutefois que le Cystique n'est qu'un état de développement du Ta3nia, loin d'être un Taenia anormal et pathologique, fourvoyé dans une impasse.
Nous n'avons point l'intention de décrire ici les caractères des helminthes: la plupart des faits dont nous aurions à parler se trouvent exposés aux articles Gestoïdes, Distomes, Douves, Échinorhynques, Nématodes, Parasites, T.e.xias et Trématodes, auxquels le lecteur voudra bien se reporter. Nous croyons mieux faire en donnant une liste complète des helminthes actuellement connus chez l'Homme, liste dressée d'après les documents les plus récents. Quant aux entozoaires des animaux domestiques, leur étude serait ici hors de propos : nous renverrons simplement à l'article Helminthes publié par C. Baillet, en 1866, dans le î^ouveau Dictionnaire pratique de médecine, de chirurgie et d'hygiène vétérinaires ; nous renverrons surtout aux récents Éléments de zoologie médicale et agricole de Bailliet.
Dans l'éuumération qui suit, nous nous efforçons autant que possible de résumer de la façon la plus succincte les dernières acquisitions de riielminthologie humaine. L'espace réservé à cet article ne nous permet pas d'être fort explicite : nous tenons pourtant à être précis et à indiquer, sinon à décrire avec détails, les faits les plus importants. Pour le surplus, nous nous permettrons de renvoyer le lecteur à notre Traité de zoologie médicale.
1. Ordre des Cesiodes. 1. T.EMA SAGiNATA Gôze, 1782 {T. medioccinellata Kiicbennieister, 1852; T. inermis Moquin-Tandon, 1860). Nous ne pouvons que renvoyer pour ce parasite, ainsi que pour la plupart des suivants, aux articles Cestoïde et Te.ma déjà parus dans ce Dictionnaire. Noions seulement que les prétendues espèces T. nigra Laboulbène et T. lophosona Gobbold sont de simples variétés de T. saginata : dans le premier cas, il s'agit d'une variété remarquable par sa coloration noire ou plutôt d'un gris ardoisé ; dans le second cas, il s'agit d'individus dont l'une des faces porte une crête médiane et longitudinale, curieuse anomalie qui semble co'incider toujours avec la présence de six ventouses sur la tête. Le Yer décrit par ^YeinIand sous le nom de T. solium var. ahietina est également une simple anomalie du Tfcnia inerme.
2. T-EMA soLiuM Rudolphi, 1810. L'espèce nominale T. tenella Cobbold (nec T. tenella Pallas, 1781; nec T. tenella Pruner, 18i7), considérée par l'auteur anglais comme transmise par le Mouton à l'Homme, sans qu'aucune observation précise vienne justiller cette manière de voir, n'est, suivant nous, qu'une variété de T. solium. C'est sans doute encore à une variété de petites
' dimensions qu'il faut rapporter le Ver décrit récemment par Guzzardi Asraundo
sous le nom de T. soliiim var. minor. Les Cyslicerques à triple rangée de crochets que Weinland a fait connaître sous le nom de Ci/sticercus acanthotrias et que Leuckart considère comme l'état larvaire d'un prétendu T. acanthotrias sont eux-mêmes une variété de C. cellulosse. Le fait ne saurait être plus longtemps considéré comme douteux : le Uev. W. Dallinger, au dire de Cobbold, possède un C ceUulosœ armé d'une triple couronne de crochets et qui aurait (■■té trouvé dons le cerveau de l'Homme; de son côté, sur une centaine de Cysticerques de l'Homme examinés par lui, Redon en a rencontré un dont la tête portait 41 crochets disposés sur trois rangs.
5. T^iMA ECHiNOCoccus vou Sicbold, 1855. De tous les T;icnias parasites de l'Homme, celui-ci est le seul qui s'y rencontre exclusivement à l'état larvaire : la larve est désignée habituellement sous le nom d'Hydatidc ou Échinocoque (Echinococciis pohjmorphtis Diesing, 1851). H n'est aucun parasite de l'Homme dont le siège soit aussi variable : on peut l'observer dans presque tous les organes, même dans le tissu osseux, pour lequel Gangolphe, dans un intéressant mémoire, a pu en réunir 52 cas. Son siège de prédilection est le foie. Nous croyons utile de donner ici un tableau qui montre la répartition de ce parasite dans les diverses parties du corps et qui indique sa fréquence relative suivant les organes, d'après les observations recueillies par Davaine, Docker, Neisser, Finsen et Madeluncf.
UAVAINE.
BciCKEn.
NKlSSEr,.
FINSEN.
MADELl-NG.
Foie
IGG
IG
ivr.
Poumon
Rnlo
Plèvre
Appareil cii'culatoire
Cavilé crânienne
Cannl rocliidieu. ,
Plein
Pelit bassin
Organes génitaux femelles et manielk'. .
Organes génitaux niàles
Os
Face, orbite, bouclie . .
Cou
Tronc et membres
Péritoine éiiinloon
Totaux. . . .