‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.48Chapitre 52 sur 59 · TOT.IL · texte numérisé non relu

TOT.IL

ACCROISSEMENT

A.NNIEI..

ACCR0bSE.\IENÏ

A.NNLEL PAR 1000 HABITANTS

(pnoGBESsiON Géométrique).

25 mars 1850 . .

10 déc-embre 1860. .

1" déceml)re 1870.

1" ilécembre 1880. .

in, 668 16,258 17,695

La densité de la population de la Suisse, c'est-à-dire le nombre d'habitants par kilomètre carré, était en 1880 de 68,8, à peu pi'ès semblable à celle de la France (69,8) et de la Bavière (69,7), inférieure à celle de la Saxe (198,5), de la Prusse (78,2), de l'Angleterre (172), de l'Alsace-Lorraine (108,4), de l'Italie (90,4) et de l'Allemagne (8o,6), supérieure à la Hongrie (48,2), à la Suède (11,5) et aux États-Unis (6,6).

DICT, EMC i° S. XII. 45

674 HELVETIQUE (CONFÉDÉRATION).

Quoique les montagnes occupent la plus grande superficie, c'est dans les ])laines que se trouve la grande niasse de la population.

Superficie Population Population

en kilonictres carrés. en lOTO. kilomélriqup.

Alpes 25,(123 809, 5ôl habitants. 33 habitants.

Plaine. . . . 10,372 1,406,S36 — 133 —

Jura i,323 458,014 — 101 —

La région qui s'étend du Léman au lac de Constance, entre la base du Jura et les Hautes-Alpes, occupe un espace évalué seulement au quart de la Suisse. mais par le nombre des habitants, par l'industi-ie et la richesse, elle peut être considérée comme étant le pays presque tout entier (É. Declus); là s'élèvent les villes principales et passent les grands chemins de commerce.

Quelle est la source de l'augmentation croissante de la population suisse? On sait que les facteurs qui modifient le chiffre d'une population sont au nombre de quatre : les naissances, les décès, l'immigration et l'émigration.

Pour résoudre la question, nous ne pouvons nous occuper que de l'accroissement de la population pendant la dernière période décennale, nos renseignements étant trop incomplets en ce qui concerne le mouvement de la population avant

La formule employée est la suivante : accroissement de la population = naissances— décès -j- iimuigration — émigration (A=N — M-hl — E). On peut la sim))lificr en réduisant ces 4 termes à 2 : Accroissement de la population = excédant des naissances (sur les décès) + excédant de l'immigration (sur l'émigration), soit A.= Ni + Ii; l'une ou l'autre de ces valeurs peut être négative (par exemple, lorsque l'émigration est supérieure à l'immigration).

Des trois termes de cette équation, deux nous sont connus, nous pouvons donc calculer le troisième : Ii = A — N^.

Or l'accroissement de la population est 176 955 dans la période de 1870 à 1880; l'excédant des naissances est de 199 944. Nous obtenons donc Ij = 176 955 — 199 944 =r: 22 989; cela signifie que nous avons ici non pas un excédant d'immigration, mais un excédant d'émigration de 29 989 personnes, c'est-à-dire que, dans l'intervalle des deux recensements, le nombre des émigrants de Suisse a été supérieur de 22 989 au nombre des immigrants en Suisse, puisque malgré l'excédant des naissances de 199 944 personnes la population n'a augmenté que de 176 955. Mais dans cet excédant d'émigration sont compris environ 10 000 Français qui pendant la guerre franco-allemande se sont réfugiés en Suisse et qui sont rentrés dans leur pays au printemps de 1871. Si nous les retranchons de la population de 1870, l'accroissement ne sera plus de 176 955, mais de 186 955, et nous obtiendrons : !, = 186 955 — 199 944 = — 12 989. Do-ic dans la période sexennale dont il est question le chiffre des émigrants a dépassé d'environ 15 000 celui des immigrants. Le calcul démontre que le nombre total des citoyens suisses émigi^és à l'étranger du l'''" décembre 1870 au l^"" décembre 1880 est de 69 950; on suppose que, dans le même espace de temps, il y a eu 56549 étrangers immigrés en Suisse.

Depuis l'année 1879, la première pour laquelle on ait reçu des renseignements de tous les cantons, V émigration suisse pour les pays d'outre-mer se chiffre comme suit :

1879 émigrants 4,288

lIliLYETlQUE (CONFEDERATION) b75

Cet accroissement considérable provient en partie de ce que pour lu seconde moitié de l'année 1 881 les résultats ne sont plus basés comme auparavant sur les rapports incomplets des cantons, mais sur les états nominatifs des émigrants qui sont fournis directement à l'autorité fédérale par les agences d'émigration.

Sur les 10 955 émigrants de l'année 1881, 9996, soit plus des neuf dixièmes, avaient pour destination l'Amérique du Nord et sans doute, saut de rares exceptions, les États-Unis; cette proportion est beaucoup plus forte que les années précédentes.

On trouve dans les publications officielles des États-Unis les indications suivantes concernant les chiffres de l'immigralion suisse dans ce pays depuis 1820:

ISil à 1830 4,64i

Quelques-uns de ces chiffres sont probablement au-dessous de la réalité, mais nous manquons de renseignements authentiques pour les rectitier.

Le nombre des étrangers tend à augmenter en Suisse d'une façon inquiétante, et l'invasion se jtroduit surtout par les populations de race allemande, ensuite par les Italiens ; le cbilfrc des Français au contraire diminue, cela s'explique par le fait qu'en 1870 environ 10 000 Français, surtout des femmes et des enfants, s'étaient réfugiés en Suisse pour éviter les horreurs de la guerre et qu'ils sont rentrés à la paix.

En réparlissant les âges de 0 à 15 ans, de 15 à 60 ans, de 60 ans et au delà, nous avons les trois classes de l'enfance, de l'âge reproducteur et de la vieillesse.

Or, si l'on ne comparait la Suisse qu'avec quelques-uns des autres Etats, avec avec les trois royaumes de la Grande-Bretagne ou avec les États de l'Allemagne, par exemple, on serait induit à croire que le chiffre de la classe de l'âge producteur ne dépend que de l'immigration et de l'émigration, l'émigration faisant effectivement baisser ce chiffre dans les pays mentionnés. lAlais alors les États- Unis de l'Amérique du iNord, à qui ces pays envoient des légions d'hommes dans la force de l'âge, devraient accuser un chiffre extraordinaire de cette classe, ce qui n'est pas le cas : au contraire ils n'occupent que l'avant-dernier rang en ce qui concerne cette catégorie et presque le dernier quant à celle des vieillai ds, par le simple motif que les Étals-Unis ont une natalité tellement puissante et tellement supérieure à celle de tous les États en question, que l'influence relative de l'émigration disparaît complètement. D'un autre côté, si la France occu])e le premier rang relativement à la classe productrice, ce n'est pas seulement grâce à sa faible émigration, mais aussi grâce à sa trop faible natalité. Il ne faut pas oublier que nos chiffres de ce genre n'expriment qu'un rapport ; en réalité les pays riches en enfants sont également riches en adultes et réciproquement, mais les chiffres relatifs de notre tahleau expriment en apparence le contraire, en ce que le pays qui a beaucoup d'enfants accuse moins d'adultes par 1000 hahitanU qu'un autre pays où les enfants sont peu nombreux.

La situation de la Suisse serait donc, malgré la diminution successive de la classe productrice et l'augmentation du nombre des enfants, proportionnellement favorable.

Si l'on compare entre eux les cantons, on peut déterminer sans peine, d'après

Je chiffre de l'âge producteur, l'occupatioa de leurs habitants ; les cantons où ce chiffre dépasse la moyenne de la Suisse ont une population essentiellement industrielle, à rexception d'Uri, dont le résultat est dû à la présence fortuite en 1880 d'un grand nombre d'ouvriers de chemin de fer. Dans la plupart de ces cantons l'excédant est la conséquence de l'immigration ouvrière. Dans le canton de Bàle-Ville, le chiffre de la classe productrice a diminué en apparence, à cause de l'accroissement énorme des enfants, et dans tous les cantons où l'on constate la môme diminution elle est due plus ou moins à la même cause; il faut en excepter les cantons de Lucerne, des deux Uuterwalden et d'Argovie, où par suite de l'émigration le chiffre absolu de l'âge producteur est également en dc'croissance.

Cette in (1 nonce considérable des migrations sur le chiffre relatif des différentes classes d'âge nous dispense de dire grand'chose des deux classes extrêmes, l'enfance et la vieillesse, car nous savons qu'une forte proportion d'enf\mts n'est pas toujours synonyme d'une forte natalité et qu'un nombre relativement considérable de vieillards est encore moins l'indice d'un climat favorable. L'importance de ces deux facteurs n'exprime souvent pas autre chose qu'une forle (•migration de forces productrices.

La rie moyenne en Suisse peut être établie par le tableau suivant :

Sexe Sexe

Vie moyenne. m.nsculin. féminin.

Elle est à l'âge de 0 an .10,6 43,2

— 1 an 49,9 51,1

— i ans 50,8 .^2,1

— 5 iins 30,8 32,1

— 4 ans 50,6 31,9

On voit qu'elle est assez élevée. Malheureusement, il n'existe point de calculs dignes de confiance sur la durée de la vie moyenne en Suisse à des époques antérieures et il nous est impossible de dire si la vie moyenne augmente ou diminue dans ce pays.

La dénomination de ménage ne doit pas être confondue avec le nombre de familles. Un recensement ne peut pas établir le chiffre des familles et encore moins celui de leurs membres, un grand nombre de ceux-ci vivant en dehors du centre familial. Nous sommes donc obligé de nous contenter de l'expression de ménage, qui signifie l'ensemble des personnes qui vivent en commun ; les membres absents de la famille ne sont donc pas compris, mais le sont par contre toutes les personnes qui s'y trouvent le jour du recensement ; chaque personne vivant seule et faisant son ménage à part compte également comme un ménage.

Comme il y a non-seulement la presque totalité des personnes mariées, mais aussi des personnes veuves ou divorcées, ainsi qu'une partie des célibataires, qui ont leur ménage à eux, tandis qu'un petit nombre seulement de personnes mariées n'ont pas de ménage spécial, on compte généralement dans un pays plus de ménages que de couples conjugaux.

Il existe cependant une certaine relation entre ces deux chiffres, ce qui résulte déjà du fait que pendant la dernière période décennale le nombre des ménages a augmenté à peu près dans la même proportion que le nombre des personnes mariées : le premier de 9,10, le second de 9,59 pour 100.

Or, l'accroissement total de la population pendant la période de 1870 à 1880 n'ayant été que de 6,05 pour 100, il est évident que le nombre moyen des

membres de cliaqne ménage doit avoir diminue, et sans doute aussi celui de chaque famille.

Tandis qu'en 1870 nous avions 20,9 ménages par 100 habitants ou 4,79 personnes par ménage, en 1880 nous avons 21,4 ménages ou 4,68 personnes par ménage. La plupart des cantons participent à cette réduction de l'effectif moyen d'un ménage, effectif qui n'a augmenté que dans les cantons d'Uri, Sclnvyz, Unterwalden-le-Haut, UnterAvaldcn-le-Bas, Appenzell, Rhodes-Intérieures, Grisons et Tessin. Quelle peut être la cause de ce changement social, qui n'a pas été ressenti dans les cantons alpestres, ou plutôt qui y a produit des effets contraires? Faut-il l'attribuer à une diminution du nombre des enfants, ou bien des domestiques et ouvriers employés dans le ménage ?

La cause princi|)ale est sans doute l'augmentation du nombre des mariages, dont résulte un accroissement du chiffre des ménages. Or, comme c'est la classe peu aisée, celle des ouvriers et des domestiques, qui a profité la première de l'abolition des empêchements au mariage, il est permis d'admettre qu'elle compte aujourd'hui un plus grand nombre d'individus vivant en ménage qu'en 1870. D'un autre côté, le nombre moyen des enfants d'une famille est moins élevé en 1880 qu'en 1870; on arrive à cette conclusion en comparant la fécondité conjugale moyenne d'une part en 1870 et 1871, années peu favorables sous le rapport économique, d'autre part en 1880. Voici cette comparaison :

Erfcclif moyen d'un ménage en 1870 i,79

— en 1880 4,08

Naissances légitiiTiL's par 1000 mariés en 1870-1871 92,7

— en 1880 00,6

Le recensement de 1880 a aussi recherché la densité d'habitation ou le noinhre des 7naisons habitées. Wvésahe de ce travail que, malgré toutes les nouvelles constructions qui se sont élevées pendant les dix années précédentes, la population a néanmoins augmenté dans une proportion plus forte que le nombre des maisons qu'elle habite :

Nombre d'habitants par maison liabilée en 1870 6,80

— en 1880 7,11

Cette augmentation se constate surtout dans certaines localités où les conditions d'existence sont favorables, souvent, il est vrai, aux dépens d'autres localités oij la population décroît: plus de la moitié en effet de cet accroissement se répartit sur le nombre restreint de cinquante communes.

Mariages. L'abolition des empêchements factices dont la loi entourait le mariage en Suisse a été un des buis principaux, sinon le point de départ de la révision totale de la constitution de 1848 (jadis le luariage des individus pauvres était subordonné au consentement des autorités communales, parfois même à celui de la cure).

Les chiffres ci-après nous rendent compte de l'accroissement de la population mariée, ou plutôt du décroissement du nombre des célibataires adultes, décroissement auquel ont contribué non-seulement les réformes législatives, mais plus encore les résultats de la situation économique qui a été en moyenne assez favorable pendant ces vingt dernières années ; ces chiffres indiquent quelle est en Suisse la proportion des célibataires parmi la population masculine âgée de 18 ans au plus et parmi la population féminine âgée de seize ans au plus :

'J'ÎS HELVÉTIQUE (CONFÉDÉRATION).

Célibataires masculins, pour 100.

— féminins

Si l'on compare cos résultats avec ceux des pays étrangers, on constate que le nombre des célibataires adultes y est en général plus considérable qu'ailleurs.

Nuptialité. Le nombre annuel des mariages est resté presque stationnaire dans les trois dernières années pour lesquelles nous avons des renseignements : 19 450 en 1879, 19 413 en 1880, 19-475 en 1881. Mais, si nous comparons l'année 1881. aux deux périodes quinquennales précédentes, nous trouvons que la nuptialité aciaeWe est très-faible.

L'augmentation des mariages existants consiste dans l'excédant des mariages contractés sur les mariages dissous par décès ou par divorce. Si nous comparons le résultat gi'néral de ce mouvement pendant la période comprise entre les recensements de 1870 et de 1880 avec l'accroissement général de la population pendant celte même période, nous trouvons que l'accroissement des mariages existants (8,7 pour 100 par an) est un peu supérieur à l'augmentation de la population totale. Ce phénomène doit être considéré comme la conséquence de l'abolition par la constitution fédérale de 1874 des empêchements au mariage (jui avaient existé jus([u'alors.

Dans les deux sexes, les veufs et les divorcés, c'est-à-dire ceux qui ont déjà lait l'expérience du mariage, se marient à tout âge dans une bien plus forte proportion que les célibataires. Les autres pays offrent d'ailleurs des résultats tout à fait analogues. Il y a à peu près la moitié des veuves et des divorcées qui épousent des célibataires dont l'âge moyen est de trois ou quatre ans inférieur au leur.

Si l'on établit un parallèle entre la Suisse et quelques pavs, on voit que, dans la proportion des individus mariés chaque année sur 1000 mariables, elle est surpassée et souvent dans une forte mesure pour la plupart des autres États.

Dans la répartition des mariages selon les mois et les saisons, nous trouvons en première ligne l'influence d'un facteur qui est fréquemment en jeu lorsqu'il s'agit de mariage : les considérations économiques. L'automne et le commencement de l'hiver, ainsi que le printemps, qui servent généralement de termes de loyer, de bail, de service, etc., sont pour une bonne partie de la population l'époque la plus propice pour entrer en ménage. Dans les cantons catholiques, à l'exception du Valais, l'influence de l'interdiction canonique des « noces » pendant les temps d'abstinence religieuse est très-sensible.

Toutefois, si l'on considère la moyenne de la limite entière, les chiffres mensuels sont loin d'accuser des différences aussi marquées que ceux des pays voisins.

La Suisse, assez semblable en cela aux autres pays, compte 6,7 pour 100 d'hommes et 12,8 pour 100 de femmes adultes, presque le double en état de veuvage.

Il résulte d'une comparaison entre les cantons que, sous ce rapport, les cantons essentiellement agricoles comptent généralement, quoique pas toujours, plus de veufs des deux sexes que les cantons industriels; la Suisse sans les villes en compte également plus que les villes seules.

Il est intéressant de voir le nombre des veufs s'accroître d'âge en âge dans la même progression que le nombre des célibataires diminue, jusqu'à ce qu'ils forment dans la classe la plus âgée les 4/5 des vivants.

Le chiffre des divorcés s'élève à 1/2 pour 100 de la population nubile. Audessus de la moyenne nous trouvons les cantons d'Appenzell-Rhodes-Extérieures, Schaffouse, Zurich, Tliurgovia, Saint-Gall, Claris, Bàle-Ville, Bàle-Campagne. On peut dire que la situation de la Suisse est très-défavorable au point de vue de la fréquence des divorces.

Il y a eu une augmentation assez notable pendant l'année 1881, aussi bien dans le nombre total des actions en divorce qui ont été jugées par les tribunaux que dans le chiffre des divorces prononcés. Le nombre des arrêts rendus est de 1171 (en 1880 : 1019), dont 945 ont abouti au divorce (en 1880 : 856).

Naissances. Les causes sociales déterminent des déviations importantes dans la courbe des naissances. C'est ainsi que le décroissement de la natalité à partir de 1876 provient sans doute de la crise économique et des mauvaises récoltes, le décroissement après la fertile année 1865 des mauvaises années qui l'ont suivie; c'est la même cause qui a produit le mouvement d'arrêt et même de rétrogradation qui se manifeste dans la population pendant la période de ISiù à 1855; les années de cherté 1831 à 1855 et notamment la grande disette des années 1816 à 1818 trouvent aussi leur expression dans une diminution considérable des nouveau-nés. L'émigration qui à partir de 1840 redouble toujours d'intensité à l'époque des mauvaises années se manifeste également dans le chiffre des naissances, attendu que les émigrants sont pour la plupart des jeunes gens qui dans des conjonctures plus favorables auraient précisément alors contribué à l'accroissement de ce chiffre.

Après l'année 1876, dont le chiffre des naissances (94,595), y compris les mort-nés, est sans doute le plus élevé que la Suisse ait jamais atteint, a commencé une période de décroissance rapide, de sorte qu'en 1S80 ce chiffre n'était plus que de 87,415. L'année 1881 accuse par contre 88,505 naissances, soit un accroissement de 1090.

Parmi les cantons suisses, Appenzell-Rliodes^lntérieures est constamment en tète et atteint presque le chiffre de l'Allemagne; les Rhodes-Extérieures viennent au second rang ; Bàle-Campagne et Berne sont également de forts producteurs. En revanche, la faible natalité de Genève fait concurrence à celle de la France et celle des Grisons n'est guère supérieure.

L'excédant des naissances sur les décès et l'accroissement consécutif de la population se sont élevés en moyenne, pendant la période :

De 1871 à 1875 â I7,ôoi ou 6,i pour 100 par an.

De 1876 à 1880 à :22,970 — 8,2 —

En 1881 à 21,163 — 7,1

Vu la faible natalité de la France, il ne faut pas s'étonner que l'excédant des naissances pendant la période quinquennale de 1876 à 1880 y atteigne seulement le chiffre de 2,9 pour 100, c'est-à-dire qu'il soit inférieur à celui de tous les autres pays de l'Europe. Mais, comme cet excédant dépend tout autant de la mortalité que de la natalité, on s'expliquera sans peine que les États Scandinaves, quoique les naissances n'y soient pas plus fréquentes qu'en Suisse, aient néanmoins un excédant beaucoup plus considérable, tandis que l'excédant de l'Autriche malgré la natalité bien supérieure dépasse à peine celui de la Confédération helvétique.

Le nombre des naissances illégitimes de la Suisse s'est élevé :

<'8(l HELVÉTIQUE (CONFÉDÉRATION).

En 1876 ù i,771 ou 3,0 pour 100 par an do l;i loliilité des naissances.

1877 il t.,j73 ou i,!.i — —

187S ù -1,Ô81 ou 4,8 — —

IS'9 à l,lo7 ou 4,6 — ■ —

ISKO à i.1-21 ou 4,7 — —

ISSl à 1,279 ou 4,8 — — •

Il semble donc qu'il y ait un décroissenient lent de l'illégitimité, surtout si nous ajoutons que dans la période de 1871 à 1875 elle était de 5,2 pour 100. Cette proportion, du reste minime, est tout à l'avantage de la moralité de la Suisse.

Le rapport des naissances illégitimes à la totalité des naissances exprime bien la mesure de l'illégitimité comme mal social, car il n'est pas indifférent à la société que cette classe de malheureux sevrés de l'aflection et de l'éducation paternelle et destinés à peupler dans la suite les hospices et les pénitenciers comprenne 5 à 4 pour 100 ou bien 10 à 15 pour 100 du nombre des enfants. Toutefois le bureau de statistique de la Suisse fait remarquer avec raison que l'illégitimité exprimée de cette manière ne peut nullement être considérée comme le critérium de la moralité d'une population; pour arriver à ce but, il faut rapporter les naissances illégitimes aux femmes qui sont aptes à les produire, c'est-à-dire aux femmes non mariées en âge de reproduction (15 à ■49 ans révolus, comme on l'admet généralement). En 1880-1881, on a compté on Suisse H naissances illégitimes par année et par 1000 femmes non mariées en âge de reproduction. Les chiffres de la Bavière sont relativement quatre fois plus élevés.

Si nous appli(juons cette méthode au calcul de la natalité légitime, en rapportant les naissances légitimes aux femmes mariées en âge de reproduction^ nous remarquons que le nombre annuel des naissances offre pour la Suisse de 1870-1871 à 1880-1881 la décroissance ci-après: 1870-1871, 252; 1880-1881,

En France, pour une période de plusieurs années, la moyenne annuelle de la natalité légitime est de 172, tandis qu'en Wurtemberg elle s'élève à 519 et en Bavière à 542.

Proportion des sexes parmi les nouveau-nés. Ce rapport est pour la période décennale de 1871 à 1880 de 106,5 garçons pour 100 filles (légitimes 106,6, illégitimes 101,5). Nous trouvons le même rapport en Prusse, en Saxe et en France; dans les autres États, il est tantôt un peu plus grand, tantôt un peu plus petit que cette moyenne, sans jamais s'en écarter sensiblement, de sorte que leurs résultats contribuent à la confirmation de cette loi naturelle connue depuis Aristote de la prédominance constante et universelle du sexe masculin dans la natalité.

L'excédant des naissances mâles est plus fort à la campagne que dans les villes de plus de 7000 habitants. 11 n'en est pas ainsi parmi les naissances hors mariage, qui (dans tous les pays, sauf la Suède) ont moins d'excédant mascuHn que les naissances légitimes. Mais, si nous considérons la natalité des villes en particulier, nous constatons la proportion contraire. Une des causes de ce résultat, c'est qu'une partie des accouchements difficiles, qui le plus souvent produisent des garçons, ont lieu dans les maisons d'accouchement, c'est-à-dire dans les villes.

Mortalité. Voici au sujet du résultat de la mortalité générale le tableau des^ dernières périodes quinquennales :

IIl'LVKTIQUE (CONFÉDÉRATION)

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