I.ar":eur
DI.ME.\SI0.\S IiE L'ŒUF
EN .MW.LIÈ.\IES HE MILLIMÈTRE.
Loncueiif.
Larseur.
■22. Amphistoma homims Lewis et Mac Connell, 1876. Ce Trématode n'a encore été vu que deux fois, dans l'Hindoustan. Il habite le gros intestin, où on le trouve en orande abondance. Long de 5 à 8 millimètres et large de 5 à
4 millimètres dans le sens du plus grand diamètre, il a la fornif d'un têtard dont la queue serait dirigée en avant.
25. BiLHARziA iiAEMATOBu Cobbold, 1839. Pour l'histoire de cet important parasite, voir l'article Hématozoaires.
Pour en finir avec les Trématodes, nous devons mentionner encore ici trois parasites dont la détermination spécifique est demeurée insuffisante. Le premier, trouve par Lucarelli en 1820 dans l'urine d'une femme de soixante ans, a été décrit par délie Chiaje, en 1835, sous le nom de Tetrastoma rénale. Le second ou Hexathyridium pingtiicola Trcutler, 1795, a été trouvé dans une petite tumeur adipeuse entourant l'ovaire d'une femme de vingt-six ans, morte à la suite d'un accouchement laborieux. Le dernier ou Hexathyridium venarum Ti'eutler, 1795, a été rencontre dans une plaie de la veine tibiale antérieure.
Contrairement aux précédents, dont chacun n'a été vu qu'une seule fois, cet helminthe aurait été observé quatre fois chez l'Homme, une lois par Trcutler, une fois parFoUina dans le sang extrait d'une veine par une saignée et deux fois par délie Chiaje dans le sang provenant d'hémoptysies. Peut-être s'agissait-il, dans tous ces cas, de Douves lancéolées ou de jeunes Douves hépatiques. Voir à ce propos l'article Hématozoauies.
m. Ordre des Nématodes. 24. AscAHis LUMnnicoÏDES Liuné, 1789. Baelz dit que ce Ver est plus commun au Japon que partout ailleurs. Sur 25 cadavres, il l'a trouvé 21 fois, soit dans plus de 90 pour 100 des cas; en Allemagne, la statistique ne donne que 9 à 15 pour 100. On observe souvent de graves anémies chroniques dues à ce parasite et même, chez l'adulte, des épilepsies vermineuses; on trouve souvent jusqu'à 50 et 50 Vers pelotonnés ensemble. Ce même helminthe est aussi très-fréquent au Tonkin, d'après Çhallan de Belval.Il en serait de même dans la zone torride de l'Afrique, d'après Dutrieux.
D'expériences instituées en 1862 Da vaine avait cru pouvoir conclure que, contrairement à ce qui arrive pour les Cestodes et les Trématodes dont il a été question plus haut, ainsi que pour la plupart des Nématodes, l'Ascaride lombricoïde se développait directement : l'œuf, amené dans l'intestin de l'Homme avec les eaux de boisson, donnerait naissance à une larve qui, sans changer d'habitat, sans accomplir aucune migration, serait capable de parvenir à l'état adulte. Cette manière de voir, basée d'ailleurs sur des expériences insuffisantes, fut combattue par certains helminthologistes, notamment par Leuckart. Tout récemment, von Linslow a émis l'opinion que l'hôte intermédiaire de l'Ascaride était un Myriopode, lulus giUtulatus.
Ce petit Chiloguathe, extrêmement commun dans les jardins, se nourrit de préférence de graines (concombre, potiron, haricots, fèves), de betteraves, de racines, de pommes de terre, de fruits tombés à terre, etc.; il y creuse des trous au fond desquels il se blottit en s'enroulant sur lui-même, de manière à passer aisément inaperçu. Les excréments humains, déposés dans les jardins ou utilisés comme engrais, semblent renfermer des substances qui l'attirent, du moins les horticulteurs et les maraîchers sont-ils d'accord pour reconnaître qu'il est particulièrement abondant dans les plantations amendées avec cet engrais. On conçoit que, dans de semblables conditions, llule puisse avaler des œufs d'Ascaride. Les sucs digestifs percent alors la coque de l'œuf et mettent en liberté un embryon qui, grâce à la dent dont il est armé, perfore l'intestin
lie son hùte et tombe dans la cavité générale ou bien va s'enkyster dans quelque organe. La larve attend, en cet état, les conditions favorables à la suite de son développement.
Ces conditions se trouvent réalisées quand viennent à être mangés les fruits ou les racines dans lesquelles se cache le Myriopode. Ainsi s'expliquerait, d'après von Linstow, l'extrême fréquence de l'Ascaride dans l'intestin du Porc, et sa fréquence presque aussi grande chez l'enfant. L'Iule est tué, puis digéré dans l'estomac ou l'intestin, mais la larve de l'Ascaride est respectée et ne tarde pas à parvenir à l'état adulte. On remarquera que le parasite est plus fréquent chez les enfants, qui mangent volontiers les fruits tombés à terre, que chez les adultes, et qu'il est également plus commun à la campagne ou dans les villages que dans les villes. Leuckart a fait également ressortir qu'il s'observe avec une grande fréquence chez les maniaques ou chez les individus atteints de perversion du goût. On sait enfin, et Hippocrate l'avait déjà noté, ([u'il se moutre de préférence à la fin de l'automne, en sorte qu'on est en droit d'admettre que l'infestation s'est produite dans le courant de l'été ou de l'automne.
L'opinion de von Linstow mérite d'être prise en sérieuse considération : elle est assurément fort vraisemblable; on reconnaîtra pourtant qu'elle n'est point encore démontrée par rex(iérience et qu'elle ne saurait rendre compte des cas où l'Ascaride a été observé chez de jeunes enfants à la mamelle. Sur 135 cas d'Ascaride observés par Duval, pendant un an et demi de service à Indret, le parasite s'est rencontré 2 fois chez des enfants âgés de huit mois et demi à un an. On admettra difficilement que ces enfants aient pu avaler des Iules. Il est vrai que les migrations des Cestodes, actuellement démontrées d'une façon indiscutable, n'expliquent pas davantage les cas remarquables où l'on a vu de très-jeunes enfants, encore nourris au sein ou au biberon, expulser des fragments de Tœnia.
^o. Ascaris mystax Rudolphi, 1810. Leuckart, Heller, Davaine et Cobbold, considèrent avec raison ce Nématode, pour ainsi dire constant chez le Chat, comme pouvant se rencontrer aussi dans l'intestin de l'Homme : on en cite 6 cas bien constatés. B. Grassi rejette cette manière dé voir et pense qu'on doit rayer définitivement cet Ascaride de la liste des parasites de rtlomme. L'helmintbologiste italien a cherché vainement chez plus de 1000 personnes le Ver lui-même ou ses œufs; de plus, des Vers vivants, pris dans l'intestin d'un Chat récemment tué et avalés par Grassi lui-même, sont morts en peu de jours. Malgré ces résultats négatifs, l'opinion de Grassi ne saurait prévaloir, ainsi que le démontre la récente observation de Ivelly. A Philadelphie, cet auteur a pu en constater un cas remarquable : environ vingt-cinq exemplaires avaient été expulsés par une femme, par la partie supérieure du tube digestif. L'observation remontait à 1882, bien que publiée en 1884.
2d. Ascaris maritijia R. Leuckart, 1876. Ce Ver n'a encore été observé qu'une fois. Le seul exemplaire connu provenait d'un jeune Groenlandais qui l'avait rendu par la bouche.
27. OxYCRis versiicularis Bremser, 1819. Ce parasite serait, d'après Baelz, un peu moins commun au Japon qu'en Europe.
28. EcsTRONGïLLS GiGAS Diosing, 1851. Le Strongle géant, assez fréquent chez le Chien, s'observe beaucoup plus rarement chez l'Homrne. Davnine n'en cite que 7 cas probables et 8 cas très-incertains. Leuckart adopte la manière de
UELMINTUES 659
voir de cet auteur; mais, par inadvertance sans doute, Kûchenmeister considère comme authentique l'observation de Grolius, que Davaine relègue au nombre des incertaines.
Aux cas actuellement connus nous avons pu on ajouter un autre, qui était demeuré inédit, et dont l'authenticité ne saurait être discutée. 11 s'agit d'un Strongle trouvé dans la vessie d'un individu dont on pratiquait l'autopsie, en 1879, dans la section de chirurgie et d'ophthalmologie de l'hôpital Coltsa, à Bucharest. Le Ver est conservé dans l'armoire L, numéro 20 du Musée d'aiiatomie de cette ville; il porte le numéro 814 du catalogue. Il est long de 87 centimètres et présente tous les câvacièvesà'EustrongylHS girjas femelle, ainsi que cela ressort nettement de l'examen que nous en avons pu faire. Nous n'avons pu malheureusement recueillir aucun renseignement précis sur l'histoire clinique de l'individu chez lequel cette observation a été faite ; il eût été intéressant de savoir si la présence du parasite avait occasionné quelques accidents du côté de l'appareil urinaire.
29. Strongylus longevaginatcs Diesing, 1851. Observé une seule fois, en 1845, par le docteur Jortsitz, de Klausenburg, dans le poumon d'un garçon de six ans. L'enfant avait succombé à une pneumonie vermineuse.
50. Ankylostoma duodenale Dubini, 1858. Cet helminthe, l'un des plus redoutables qu'héberge l'Homme, a été, dans ces dernières années, l'objet d'un nombre considérable de travaux. Dubini, qui l'a découvert dans l'intestin grêle d'une jeune paysanne, morte à l'hôpital de Milan, avait reconnu déjà sa grande fréquence dans la Haute-Italie, puisqu'il le rencontrait sur 20 pour 100 des cadavres dont il faisait l'autopsie, mais il ne lui attribuait aucune valeur pathogénique. L'importance exceptionnelle de ce parasite ne fut reconnue que beaucoup plus tard, dans des circonstances dont nous aurons à parler."
Le Ver est de petite taille : les dimensions du mâle sont de 6 à 10 millimètres, celles de la femelle sont de 9 à 18 millimètres. A part cette différence dans la longueur, les deux sexes sont aisément reconnaissables, grâce à la structure particulière de l'extrémité caudale.
Le corps, relativement court et épais, se termine par une sorte de suçoir en forme de cupule obliquement dirigée et taillée en biseau aux dépens de la face dorsale. Le bord dorsal de la bouche présente une échancrure que limitent deux petites dents obtuses ; la lèvre inférieure ou ventrale est armée intérieurement de quatre dents chitineuses, recourbées en crochels. Ces armes, auxquelles l'animal doit son nom {à.yy.<jlo'j, crochu, GzâiiOi, bouche), vont bientôt nous expliquer les lésions produites par le parasite ; grâce à elles, il se hxe fortement à la muqueuse intestinale, dont il déchire les capillaires. Au fond du suçoir, un peu au-dessus de l'entrée de l'œsophage, se voient encore deux arêtes tranchantes et pointues, semblables à des dents de scie : bien qu'immobiles, ces lames chitineuses contribuent sans doute encore à inciser les tissus et à faire couler le sang.
Nous ne pouvons donner ici, même succinctement, une description anatomique de TAnUylostorae ; nous ne rapporterons que les faits dont la connaissance est indispensable.
Au suçoir fait suite un œsophage épais et rausculeux, dont le bulbe est peu marqué et dépourvu de dents chitineuses ; il s'insère par trois lobes arrondis sur l'extrémité antérieure de l'intestin. Celui-ci est constitué par un large tube, qui s'étend en ligne droite jusqu'à l'anus. La situation de ce dernier varie avec
le sexe : chez la femelle, il s'ouvre sur la face ventrale, à la base de la courte [•ointe conique qui représente la queue; cliez le niàle, il débouche à la surface d'un large pavillon, sorte de bourse copulatiicc qui termine en arrière le corps du màle de tous les Strongylidés. La vulve est située à peu près à l'uiiion des deux tiers antérieurs avec le tiers postérieur du corps : un court vagin mène dans deux tubes ovariens dont chacun produit plusieurs centaines d'œufs régulièrement ovales, à coque aidiiste et mesurant de 58 à 60 fx de long sur 59 à 41 p. de large. Chez le mâle, le canal déférent, auquel sont adjoints deux spicules longs et grêles, vient s'ouvrir dans la terminaison de l'intestin. L'accouplement se fait dans l'intestin de l'Homme : au moyen de sa bourse caudale, le màle adhère fortement à la surface du corps de la femelle, au niveau de la vulve, puis introduit ses deux spicules dans le vagin. Les deux individus restent longtemps en cet état : les vermifuges sont souvent impuissants à leur faire lâcher prise ; ils sont alors disposés en Y.
L'œuf est au début de la segmentation, au moment de la ponte. Il est expulsé avec les matières fécales et se développe au bout de quelques jours, dans la terre humide, en une petite larve qui traverse la mince coque de l'œuf et vit dans la vase. Cette larve présente une remarquable structure : sa tête est trilobée et sa bouche est constituée par un petit tnbe rectangulaire, auquel fait suite un œsophage qui, par sa structure, est tout à fait semblable à celui des Rliabditis: c'est un canal à parois épaisses, qui occupe à peu près les deux cinquièmes de la longueur du corps; il offre un renflement antérieur, allongé et fusiforme, et un renflement postérieur, sphérique et pourvu intérieurement de trois dents chitineuses.
La larve, longue de 0""",2, large de O'^^.Oli en moyenne, est légèrement amincie en avant et se termine en arrière par une queue effdée en alêne. Elle mange beaucoup et s'accroît rapidement: au bout de quelques jours survient une mue, à la suite de laquelle le jeune Yer perd la pointe en alèue de sa queue ; au bout d'une semaine, l'animal a acquis à peu près le double de sa longueur primitive. Il mue alors pour la seconde fois : le bulbe œsophagien perd son armature dentaire, d'oiî il résulte que la larve cesse de manger et de s'accroître, bien qu'elle puisse rester en vie des semaines et des mois dans la boue. Yienl-elle alors à èlre avalée avec de l'eau bourbeuse, elle s'arrête dans l'intestin grêle de riiomme et, dans l'espace de quelques semaines, y acquiert sa forme adulte, après avoir subi une nouvelle mue, au cours de laquelle l'œsophage perd son aspect rhabditoïde et acquiert sa structure défiuilive. Deux autres mues ont encore lieu, mais c'est seulement à la troisième que les deux sexes peuvent être facilement distingués.
L'Aukylostome ne passe donc pas par un hôte intermédiaire : ses migrations s'accomplissent simplement entre l'extérieur et l'intestin de l'Homme. Cet helminthe, avons-nous dit, est l'un des plus redoutables qui s'attaquent à l'espèce humaine. Grâce à sa puissante armature buccale, il perce la muqueuse intestinale et dilacère les capillaires sanguins : souvent même il enfonce dans l'épaisseur de lu muqueuse toute la partie antérieure de son corps, allant à la rencontre de troncs vasculaires plus volumineux. Il se produit ainsi, au point où s'implante l'helminthe, une hémorrliagie capillaire. Or, il est habituel de trouver dans le duodénum et dans la première moitié du jéjunum plusieurs centaines de parasites, parfois même plusieurs milliers; renouvelés sans cesse, ceux-ci demeurent longtemps dans l'intestin et l'individu qui les héberge, saigné sans interruption
pendant des mois et même des anne'es par tous ces parasites qui se repaissent de son sang, va en s'aflaiblissant de plus en plus et finit par présenter tous les signes d'une profonde ane'mie, dont la terminaison est i're'quemment fatale.
L'ankylostoraatose, c'est-à-dire l'ane'mie produite par l'AnUylostome, est extrêmement répandue à la surface du globe. En Europe, elle est connue plutôt sous le nom d'anémie des mineurs, maladie dont la cause est longtemps demeurée ignorée et que l'on attribuait naguère encore à de mauvaises conditions bygiéniques, à l'action de gaz délétères, etc. L'attention fut attirée sur elle en 1879, le jour oij, à Turin, à la clini([ue de Dozzolo, le docteur Graziadci trouva le parasite en ftusant l'autopsie d'un mineur anémique qui avait travaillé au percement du Saint-Gothard. Un grand nombre de mineurs avaient déjà succombé dans de semblables circonstances : des centaines moururent encore et chez tous on retrouva l'Iielminthe. Aussi Pcrroncito proclamat-il que l'anémie des ouvriers du Saint-Gothard était d'origine purement parasitaire. Ce même savant constata lui-même la présence de l'helminthe chez les mineurs anémiques de Saint-Élienne ; Lesage et Manouvrier firent la même observation chez ceux de Valcncienncs.
Les ouvriers du Saint-Gothard avaient à leur disposition de l'eau puisée dans le Tessin : elle était d'une limpidité parfaite et était amenée dans les galeries renfermée dans des wagonnets. Ce n'était pas à cette eau qu'il fallait attribuer l'épidémie, mais bien plutôt aux flaques stagnant en divers points du tunnel. Ces flaques d'eau, dans lesquelles les ouvriers déposaient leurs excréments, étaient bien le milieu le plus favorable pour le développement des Vers : ceux-ci passaient de là dans l'intestin de l'Homme, par l'intermédiaire des nombreux objets (pain, pipe, etc.) qui avaient pu être déposés sur la boue.
L'anémie causée par l'Ankylostome ne s'observe pas dans toutes sortes de mines. Dans les mines de sel gemme de >Vieliczka, auprès de Cracovie, elle n'a jamais été constatée : cela tient, ainsi que nous l'avons démontré, à la salure des eaux qui, 5 peu près concentrées, constituent un milieu dans lequel les larves ne sauraient se développer.
En Hongrie, l'ankylostomatose a été signalée dans les mines d'or de Schemnilz, mais n'a jamais été vue dans celles de Kremnitz. Or, la distance à vol d'oiseau qui sépare ces deux villes est d'environ 50 kilomètres et la distance par chemin de fer est de 49 kilomètres. De plus, un échange constant d'ouvriers a lieu entre les deux localités, ce qui est assurément la meilleure condition pour le transport et la dissémination du parasite. D'où vient donc que l'anémie ait été endémique à Schemnitz, alors que les ouvriers de Kremnitz restaient indemnes? Nous avons donné l'explication du phénomène.
A Kremnitz, la roche que traverse le filon aurifère est constituée par de la marcassite, bisulfure de fer ayant la même composition que la pyrite, FeS^ Les eaux s'infiltrent aisément au travers de cette roche et, eu certains endroits, cette infiltration est tellement active qu'il se forme de véritables cascades : il en résulte qu'une grande quantité de vapeur d'eau est répandue dans l'atmosphère. Or. au contact de l'air humide, la marcassite subit des transformations qui ont pour résultat essentiel de proiluire du sulfate basique de fer et de l'acide sulfurique libre; en même temps, l'eau qui ruisselle de la roche laisse déposer de la limonile ou ocre jaune, 2Fe-0'%oll-0. C'est donc à l'acidité des eaux qui stagnent dans les galeries qu'il faut attribuer l'absence de l'Ankjlostome, bien que,
DICT. E>X. 4° s. XII. 'il
à l'époque où celui-ci existait à Schemnitz. il se trouvât transporté sans cesse jusqu'à Kremiiilz.
A Schemnitz, les conditions sont tout autres. La roche renferme une moindre quantité de niarcassiie, en sorte que les eaux d'infiltration, encore fort abondantes, ne présentent plus qu'une faible acidité; celle-ci n'est point suffisante pour empêcher l'éclosion des œufs et le développement des larves. Aussi a-t-on pu voir, jusqu'en 1881, l'anémie des mineurs sévir dans les mines de Schemnitz ; nous dirons tout à l'heure à la suite de quelles mesures elle a disparu.
L'ankylostomatose a encore été récemment signalée dans le bassin houiller de Liège par Firket, puis par Masius et Francotte, et dans le bassin d'Aix-la- Chapelle par différents observateurs.
Un a reconnu également que l'helminthe qui nous occupe était la cause de l'anémie des biiqucliers et des tuiliers : le fait a été démontré pour l'Italie et, en Allemagne, pour les environs de Cologne et de Bonn. Le parasite ne se voit pas chez les brûleurs, mais seulement chez ceux qui travaillent avec leurs mains l'argile humide ou qui portent au séchoir les briques encore mouillées.
Divers médecins italiens ont encore observé que le même helminthe était la cause de l'anémie dont sont fréquemment atteints les ouvriers des rizières.
En Asie, rAnkyloslomc est loin d'èlre rare aux Indes parmi les indigènes, du moins dans le bas Bengale. 11 a été rencontré plusieurs fois au Japon par Scheube et Baclz; il y détermine des anémies profondes.
(]et hehnintlie est également fort répandu en Egypte, où Pruner l'a observé en 1847. Griesinger a reconnu, en 1851, qu'il était la cause unique de la maladie connue sous le nom de chlorose (VÉgijpte, dont est atteinte la moitié de la population pauvre. Il est si commun au Caire, au dire de Billiarz, qu'il est exceptionnel de faire des autopsies sans le rencontrer.
Les docteurs Monestier et Grenet l'ont trouvé également à Mayotte : il cause Yhypohéinie intertropicale.
Dans certains pays d'Amérique, l'Ankylostome n'est pas moins commun qu'en Egypte. Riou Kérangal l'a signalé à la Guyane et Lombard aux Antilles, oii il cause la cachexie aqueuse ou mal-cœur des nègres et des mulâtres. ^Vucherer l'a trouvé à Bahia en 18G6 et a reconnu en lui la cause d'une maladie endémique fort répandue au Brésil et connue sous le nom A'opilaçào.
En quelque pays qu'on l'observe, le parasite se comporte toujours de la même façon à l'égard de l'organisme humain : partout il détermine de profondes anémies, qui ont été décrites tout d'abord sous des noms fort divers, aloi's qu'on ignorait leur éliologie, mais qu'il convient de désigner maintenant sous le nom d'ankijlosiomatose. Le traitement est des plus simples : l'extrait éthéré de Fougère mâle à la dose de 10 à 15 grammes, l'acide thymique à la dose de 10 grammes, la doliarine, sont particulièrement efficaces. Dans les cas où l'anémie est légère, le malade guérit d'ailleurs de lui-même, si on le soustrait complètement aux causes d'infestatiou : le Ver est incapable de se reproduire dans l'intestin, encoie qu'il puisse y vivre plus de vingt mois, et la guérisou arrive par suite de sa mort.
La prophylaxie est des plus simples : l'usage d'eau bouillie ou filtrée empêchera sûrement l'introduction du parasite dans l'intestin. Quant aux mesures à prendre dans les mines où l'anémie est endémique, il nous suffira, pour dire en quoi elles consistent, de citer l'exemple des mines de Schemnitz.
Depuis 1881, l'ankylostomatose a si complètement disparu de ces mines,
qu'on n'en a plus observé un seul cas. Ce brillant résultat a été obtenu à la suite de l'application stricte des mesures suivantes :
Dans les galeries où les eaux d'infiltration étaient particulièrement abondantes et arrivaient à former des flaques, un canal profond d'environ 2 mètres a été creusé. Ce canal est souterrain sur toute son étendue, mais présente à peu près de 10 mètres en 10 mètres des orifices recouverts de planches mobiles et dont l'usage comme fosse d'aisance est obligatoire, sous peine d'une forte amende. Les canaux ainsi creusés dans les diverses galeries aboutissent tous à un canal collecteur qui traverse le flanc de la montagne, sort de terre et va se jeter dans le fleuve voisin. Depuis la mise en pratique de ces mesures, le sol des galeries de mine est devenu très-sec et, les causes d'infeslation ayant été ainsi anéanties, l'anémie des mineurs a disparu sans retour.
54, Trichocephalus homims Gmelin, 1789. Ce Ver, plus connu sous le nom impropre de Tr. dlspar Rudolpbi, 1810, est très-commun au Japon, d'après Baelz. Davaine le considérait, avec l'Ascaride lombricoïde, comme dépourvu de migrations et doué de développement direct. On doit se demander si des recherches ultérieures ne viendront pas nous apprendre, comme pour celui-ci, qu'il passe par un hôte intermédiaire.
52. Trichina spirai.is Owen, 1855. L'histoire de cet important parasite sera faite en détail à l'article Trichi>e.
55. FiLARU Medlneissis Gmelin, 1789. Au cours de son exploration scientifique du Turkestan, le voyageur et naturaliste russe Fedcbenko a f;iit, relativement à la Filaire de Médine, des observations de la plus haute importance.
Pendant longtemps on a admis, d'ailleurs sans démonstration directe, que la Filaire se voyait de préférence chez les individus qui avaient l'habitude de marcher dans l'eau les pieds nus : on en concluait que la Filaire, pendant une période de son existence, vivait librement dans l'eau et que, amenée par hasard au contact de la peau, elle la perforait et s'enfonçait dans les tissus souscutanés ; là, elle se développait et produisait, au bout d'un temps plus ou moins long, une tuméfaction, puis un abcès au moyen duquel elle était expulsée au dehors, à l'état de femelle pleine d'embryons vivants.
Fedchenko a démontré la fausseté de cette ancienne croyance, qui se trouve pourtant encore exposée dans des livres récents, tant il est vrai que l'erreur est difficile à extirper.
On connaît le procédé d'extraction de la Filaire : on sait que, dans les pays où elle est endémique, les indigènes ont l'habitude de l'enrouler sur un petit bâton. L'extraction est-elle faite trop précipitamment, le Ver se brise et de son corps s'échappe un liquide lactescent, dans lequel nagent des myriades d'embryons. Ceux-ci, capables de rester assez longtemps en vie latente, sont, api es une période de dessiccation plus ou moins prolongée, repris par les eaux et entraînés dans des ruisseaux, des puits, des flaques d'eau où se trouvent des Cyclopes, Ils s'attachent à la carapace de ces petits Crustacés, pénètrent ainsi dans leur cavité générale et y acquièrent la forme larvaire, qu'ils conservent jusqu'à ce que se présentent des conditions favorables à leur développement ultérieur.
Ces conditions se trouvent réalisées de la manière suivante. Dans ces régions torrides, brûlées par le soleil, l'eau est rare et bêtes et gens en sont souvent réduits à boire des eaux stagnantes, dans lesquelles pullulent les Cyclopes. Ceuxci passent aisément inaperçus, en raison de leur taille exiguë : ils arrivent dans
644 IIELMlNTIiES.I
l'inleslin, où les sucs digeslifs, tout en les tuant et en détiuisanl leurs organes, mettent en liberté les larves de la Filaire.
A parlir de ce moment, on ignore encore ce que ces larves deviennent ; en raisonnant par analogie avec ce qui se passe pour d'autres Nématodes, il est pourtant assez facile de combler cette lacune. On doit admettre que les larves arrivent à l'état sexuel et que raccoupiement se fait dans l'intestin. Le mâle meurt alors et est évacué par l'anus, tandis que la femelle perfore la paroi intestinale et va se lixer dans un organe encore ignoré, peut-être dans une cavité séreuse, peut-être aussi dans le tissu conjonctif intra-musculaire. Au bout d'un temps dont lu durée varie de buit mois à deux ans, comme cela ressort d'observations multiples, cette femelle est arrivée au terme de sa croissance : ses œufs se sont développés dans l'ovaire même, ou du moins dans l'oviducte. Celui-ci s'est dilaté considérablement, au point de constituer un large tube, rempli d'un nombre immense d'embryons microscopiques, comprimant le tube digestif et remplissant à lui seul la cavité générale du corps de l'animal.
C'est alors que la Filaire fait son apparition sous la peau et qu'elle accomplit ces longs trajets sous-cutanés qu'ont signalés tous les auteurs. Elle finit par s'arrêter en un point déterminé, principalement aux membres inférieurs. A son niveau se forme un abcès qui s'ouvre au dehors et expulse le parasite, soit en totalité, soit par fragments. Ouoi qu'il en soit, ce dernier est rejeté sur le sol : ses tissus se putrélient et mettent en liberté des embryons qui pourront arriver jusque dans l'eau et recommencer le cycle que nous venons d'indiquer.
La Filaire de Médine est originaire de l'ancien continent. Inconnue en Europe, sauf chez des individus (jui l'ont acquise en parcourant certaines contrées de l'Afrique ou de l'Asie, elle pourrait néanmoins s'y acclimater aisément. Fedchenko a constaté en effet que certaines espèces de Cyclopes sont communes à la faune européenne et à la faune du Turkestan. Dans les cas, heureusement assez rares, où l'on observe le parasite dans les hôpitaux d'Europe, on doit donc avoir grand soin de détruire celui-ci et d'empêcher ainsi la dissémination de ses embryons qui, transportés par les eaux, pourraient constituer un réel dangei' pour les habitants des campagnes. Nous verrons tout à l'heure que ce n'est pas là un vaine recommandation, mais que précisément certaines contrées de l'Amérique du Sud ont été contaminées dans des conditicns analogues à celles dont nous parlons.
En Afrique, la Filaire est commune sur la côte de Guinée, d'où le nom de Guinea Worm que lui donnent les Anglais ; elle n'est pas rare non plus dans le Haut-Sénégal, mais il importe de noter qu'elle ne s'observe point dans les régions où se montre le Loa, ce qui prouve la non-identité de ces deux helminthes, quoi qu'en pensent certains auteurs. Traversons de l'ouest à l'est le continent africain : nous retrouvons le parasite en Abyssinie, en Nubie, dans le Kordofan, le Darfour, le Sennaar. Inconnu en Egypte jusqu'en 1820, époque à laquelle Mohamed-Ali fît la conquête du Sennaar, il y est devenu très-fréquent depuis qu'il arrive au Caire de nombreuses caravanes de l'Ethiopie et que des régiments nubiens tiennent garnison en différentes villes. Le docteur Ahmed Fahmy a pu on observer plus de quatre cents cas chez les soldats nubiens des régiments nègres du Caire.
En Asie, la Filaire est également très-répandue. On l'observe non-seulement à Médine, mais dans presque toute l'Arabie. Chr. Stambolski, médecin du corps expéditionnaire envoyé par Mustapha Assim pacha, en 1877, contre- le cheick
Muchsin, sultan du Gebel Sciaara, rapporte que 1200 à 1500 soldats furent atteints }iar le Ver de Médine; 75 pour 100 des malades demeurèrent invalides. On peut donc s'attendre à voir les pèlerins qui se rendent à La Mecque transporter le parasite dans des pays musulmans encore indemnes, comme la Tripolitaine, la Tunisie, l'Algérie et le Maroc. C'est là un danger de tous les instants, qu'il est de notre devoir de signaler à qui de droit.
Depuis la mer Rouge, la Filaire s'étend dans tout le sud de l'Asie, jusqu'au Gange : ce ileuve est sa limite la plus orientale. C'est dire qu'on l'observe en Perse et dans l'Ilindoustan. Vers le nord, elle se retrouve avec une abondance extrême dans certaines contrées du Turkestan et du Bokhara : la ville de Djizak, entre Tachkentet Samarcande, et celle dcKarcbi, dans le Bokliara, sont célèbres à ce point de vue; c'est à Djizak que Fedcbcnko fit les observations rapportées plus haut.
Nous avons dit déjà que la Filaire de Médine était endémique dans quelques localités de l'Améiique du Sud. Au temps de la traite des nègres, elle n'était point rare à Saint-Domingue, à Haïti, à Curaçao, à la Guyane, au Brésil. Il est hors de doute qu'elle avait été importée d'Afrique avec les noirs, comme le démontrent plusieurs faits, savoir : son apparition coïncidant avec l'époque à laquelle a connnencé la traite ; sa présence à peu près exclusive chez les nègres; son absence dans les pays, tels que la Bolivie, le Pérou, le Chili, qui ont le même climat que plusieurs provinces brésiliennes, mais qui n'ont jamais eu d'importation africaine. Depuis l'abolition de la traite, le parasite a disparu de Saint-Domingue et d'Haïti, mais il semble être devenu endémique à Curaçao, ainsi qu'à Démérary et à Surinam, dans lesGuyanes. Au Brésil, d'après V. Pereira et J. F. da Silva Lima, il s'est également maintenu dans certaines localités, notamment aux environs de Feira de Santa Anna, dans la province de Bahia.
La prophylaxie ressort nettement de ce qui précède : puisque la Filaire nous est transmise par un petit Crustacé d'eau douce, on devra se servir exclusivement d'eau filtrée ou bouillie, dans les pays où l'helminthe s'observe.
54. FiLARU SANGoiMS HOMLMS Lcwis, 1872. Malgré son nom, cet helminthe est parasite des vaisseaux lymphatiques de l'Homme. Le mâle est inconnu, probablement pour la même raison que chez la Filaire de Médine. La femelle adulte a été découverte le 21 décembre 1876 par Bancroft, de Brisbaue (Australie), dans un abcès lymphatiijue du bras, et bientôt après dans une hydrocèle du cordon spermatique. Cette découverte fut confirmée le 7 août 1877 par LcNvis, à Calcutta, puis le IG octobre 1877 par Silva Araujo, et le 18 novembre 1877 par Felicio dos Santos, au Brésil. Tous ces observateurs reconnurent, avec Bancroft, que le parasite est logé à l'intérieur des vaisseaux lymphatiques, en amont des 2;an2;lions.
La structure de l'animal est encore très-imparfaitement connue. C'est un Ver blanc, arrondi, long de 8 à 10 centimètres, à surface lisse. La bouche est plate; la tête est légèrement arrondie, supportée par un col long et effilé. Le corps est large de 0"'",2o environ. Les tubes ovariens sont remplis d'œufs à difiérents degrés de développement. L'animal est probablement ovo-vivipare ; toujours est-il qu'on trouve dans la lymphe, en aval du point où siège la Filaire, un nombre considérable d'embryons longs de 25 à40p, larges de 7 à 10 f;t et ne présentant encore aucun indice de tube digestif ni d'organes sexuels. Ces embryons sont transportés avec le torrent lymphatique jusque dans les vaisseaux sanguins, où Lewis avait déjà reconnu leur présence en 1872. Ils y sont parfois en si grande
abondance qn'unc goutte de sang, prise en un point quelconque de la surface du corps, en l'enfermc toujours plusieurs.
Les embryons sont normalement éliminés par le rein : on les retrouve vivants dans l'urine, où Wuclierer, médecin allemand établi ù Baliia, les découvrit en 18G6, et où ils furent revus par Lewis en 1868, par Crevaux et Cobbold ,en 1870, puis par tous les observateurs.
Les nombreux embryons qui sont rejetés au debors avec l'urine sont voués à une destruction fatale ; ils ne peuvent en aucune façon assurer la reproduction de l'espèce, car le jeune animal ne peut arriver à l'état de larve, puis s'aclieminer vers l'ctat adulte, que s'il passe par un liôte intermédiaire. Cet hôte, c'est le Mousiique, ainsi que l'a démontré Manson (d'Âmoy), à la suite d'ingénieuses expériences. Les mâles de cet Insecte sont armés d'une trompe trop faible pour percer la peau de l'Homme. Les femelles possèdent au contraire une trompe puissante; pendant son sommeil, elles attaquent le malade atteint de filariose et, tout en se gorgeant de son sang, avalent un certain nombre d'embryons. Ceux-ci peuvent être facilement retrouvés dans l'estomac du Moustique : alors que les globides du sang subissent de rapides modifications, ces embryons, chose remarqualile, non-seulement ne meurent point, mais continuent leur évolution ; la culiculc se dessine et se marque de stries transversales délicates, la bouche devient apparente, le tube digestif se développe et la jeune larve commence à grandir.
Au bout de trois jours, elle a atteint une longueur d'environ 0™",8. C'est alors que la femelle du Moustique recherche le voisinage des ruisseaux pour y pondre ses œufs. La ponte effectuée, elle tombe à l'eau et zneurt ; son cadavre est rapidement décomposé et les larves de la Filaire se trouvent de la sorte mises en liberté. En quatre cà six jours, la larve a acquis son entier développement; elle est longue de 1 millimètre, large de 0"'",05, et n'attend plus, pour arriver à l'état adulte, que de passer dans l'intestin de l'Homme. Ce passage se fait de lui-même, quand l'Homme vient à boire, sans la fdtrer ou la faire cuire, l'eau qui contient les larves de la Filaire. Parvenues dans l'intestin, ces larves deviennent sans doute assez rapidement adultes ; l'accouplement a lieu, puis le mâle meurt et est rejeté avec les excréments, tandis que la femelle fécondée traverse la paroi intestinale et chemine à travers les tissus et les organes, à la recherche d'un vaisseau lymphatique dans lequel elle puisse se fixer définitivement.
Le Moustique est donc l'hôte intermédiaire de la Filaire du sang ; il introduit les embryons de la Filaire dans la première portion de son tube digestif, au moment où il se gorge de sang humain. De curieuses observations de Manson ont démontré que les choses sont disposées le mieux du monde pour que les embryons passent sûrement chez l'Insecte. Celui-ci attaque ordinairement l'Homme pendant son sommeil, c'est-à-dire pendant la nuit : or, Manson a reconnu que les embryons ne se montrent pas dans le sang pendant l'état de veille, c'est-à-dire pendant le jour, et n'apparaissent que pendant le sommeil. Cette remarquable périodicité, dont la cause est encore inconnue, n'a rien a voir, comme bien on pense, avec la situation du soleil par rapport à l'horizon; elle n'est pas non plus sous la dépendance des heures des repas, mais tient uniquement à l'état de veille ou de sommeil. En intervertissant les heures de sommeil, il s'ensuit une interversion parallèle des heures auxquelles les parasites se montrent dans les vaisseaux sanguins de la périphérie du corps, leur nombre maximum s'observant pendant le jour et le plus faible pendant la nuit.
Le retour aux états normaux de veille et de sommeil a pour conséquence le retour do la périodicité normale ; les embryons se montrent derechef dans le sang pendant la nuit et en disparaissent pendant le jour.
La Filaire semble pouvoir, dans certains cas, vivre longtemps dans l'appareil lympliatico-sangnin de l'Homme, sans que rien vienne annoncer sa présence. Le plus souvent, au contraire, elle détermine des phénomènes morbides d'une extrême gravité : c'est, d'une part, Vhémaio-chijliirie, connue encore sous le nom d'hématurie mtertropicale, d'urines graisseuses, d'urines chyleuses, de chylurie tropicale, etc. ; c'est, d'autre part, Véléphantiasis des Arabes. Il serait hors de propos de rappeler ici la symptomalologie et l'anatomie pathologique de ces affections, considérées si longtemps comme essentiellement distinctes l'une de l'autre. Bornons-nous à indiquer rapidement comment elles sont liées à la présence de la Filaire.
Chez les individus chyluriques, le "sang et l'urine renferment toujours des embryons, pourvu qu'on en fasse la recherche en tenant compte des conditions dont il a été question plus haut; ces mêmes embryons s'observent fréquemment encore dans divers produits de sécrétion, tels que les larmes, le produit des glandes de Meibomius. Les phénomènes morbides qui accompagnent cette infestation du sang tiennent probablement à l'arrêt des fluides nutritifs dans les divers vaisseaux lymphatiques ou sanguins ; cette stase résulte elle-même de l'accumulation accidentelle des helminthes entraînés par le torrent circulatoire. Il s'ensuit des obstructions mécaniques ou des ruptures de la paroi des capillaires lymphatiques ou sanguins et, par conséquent, l'extravasation dans divers organes des liquides renfermés dans ces capillaires. L'état chyleux de l'urine n'est qu'un symptôme, mais un des plus caractéristiques, de ces désordres circulatoires.
Quant à l'éléphantiasis des Arabes, la cause en est tout aussi nette. Par sa présence et par l'inflammation qu'il provoque, le Ver produit l'oblitération des troncs lymphatiques, peut-être même celle du canal thoracique. Cette oblitération a pour conséquence un arrêt du cours de la lymphe, avec dilatation du réseau afférent et rupture des radicules : d'où la chylurie et la lyraphorrhagie cutanée. L'éléphantiasis vrai résulte d'une stase chronique de la lymphe.
La Filaire du sang ne s'observe en Europe que chez des individus chyluriques ou éléphantiasiques, revenant des pays où elle est endémique; toutefois, on doit redouter son importation définitive : son introduction aux Barbades, où elle était inconnue au siècle dernier, est de date relativement récente.
En Afrique, le parasite a été observé par Sonsino dans la Basse-Egypte, en 1874; par Cauvct, en Algérie, en 1876; à la Réunion, à Maurice, à Madagascar,
En Asie, il est extrêmement commun aux Indes (Bengale), où Lewis l'a si bien étudié ; en Chine et à Formose, où Patrick Manson a fait sur ses migrations et sa périodicité les belles observations que nous avons résumées. Il est plus rare au Japon, où Baelz et Torikala ont constaté sa présence.
La Filaire a encore été observée en Australie, en 1876, par Bancroft, qui en découvrit la forme adulte, et à Taïti, en 1878, par Chassaniol et Gayot.
A part les Indes et la côte chinoise, elle n'est peut-être nulle part plus fréquente qu'au Brésil, où Felicio dos Santos, da Silva Araujo et Victorino Pereira, l'ont étudiée avec soin, et où, en 1866, Wucherer observa pour la première fois ses embryons dans l'urine. Paterson et Hall ont montré que 8,66 pour 100 des habitants de Bahia avaient des Filaires dans le sang. L'helminthe se trouve
encore à la Guyane, à la Guadeloupe, à la Marliniqne, à Cuba, à Buenos-Ayres, sur les rives de la Plala, de l'Uruguay, du Paraguay, au Cliili, au Pérou, à Vera- Gruz, à la Nouvelle-Orléans, elc. Il occupe donc à la surface du globe une aire de distribution considérable.
55. FiLARiA HOMiiNis ORis Lsidy, 1850. Leidy a décrit ce Ver d'après un seul exemplaire étiqueté comme « provenant de la bouclie d'un enfant ». La provenance est inconnue. Leidy se demande s'il ne s'agirait pas là dune jeune Filaire de Médine mâle, et Leuckart adopte celte opinion. Elle nous semble, quant à nous, totalement inadmissible; il est probable que le Ver en question a été recueilli à Pbiladelphie même ou aux environs, contrée où la Filaire de Médine n'a jamais été vue; il y a d'ailleurs des raisons de penser que le mâle de cette espèce est incapable de vivre à l'intérieur de nos organes.
o6. FiLARi.v LAiiiAi.is Pauc, 1804. Cet hehnintlie, observé une seule fois, fut extrait d'une petite plaie provenant de la rupture d'une pustule et située à la face interne de la lèvre supérieure. 11 est nettement distinct du précédent.
57, FiLARi.v THACHKALis Bristowe et Bainey, 1855. Nématodes à l'état larvaire, trouvés dans le larynx et la tracbéc d'un cadavre. In seul cas connu.
58. Fu.AïuA lAMPiiATicA B. Bl., 1886. Plus connu sous le nom impropre de F. hominis bronchialis Wn(\o\i)\ù, 1819, ce parasite se loge dans les ganglions lymphatiques avoisinant les bronches. Il n'a encore été vu que par Treutler, en 17U5, et par Brera, en 1811.
5D. FiLAP.rA PEiiiTOiNEi iioMi.M Babcs, 1880. Observé une seule fois, par Babès, chez une femme inconnue dont on faisait l'autopsie médico-légale. Le Ver était enkysté dans un nodule consistant, compris entre les deux feuillets de l'épiploon gaslro-splénique et unissant intimement la raie au diaphragme.
-40. FiLARiA ocuLi HUMAJNi voH Norduionu, 1852. Renconl:c d'abord par von Nordmann et von Ammon dans des cristallins cataractes, ce parasite a été trouvé ensuite par Quadri et SanlosFernandez dans le corps vitré et par Barkan dans la chambre antérieure de l'œil. Bécemment, en 1875,Sehôler l'a revu dans le cristallin. La provenance du parasite est inconnue ; nous pensons qu'il est amené dans le tube digestif, soit à l'état d'œuf, soit à l'état déjeune larve, et qu'il est ensuite conduit jusque dans l'œil par les vaisseaux sanguins.
41. FiLAtiiA LoA Guyot, 1778. Quoi qu'en pense Kûchenmcister, celte Filaire est bien distincte de la Filaire de Médine. Elle se loge sous la conjonctive et s'observe à la côte de Guinée, à la côte d'Angola, au Gabon, à l'Ogooué, au Congo. On la voit apparaître aussi quelquefois sous la peau, notamment aux doigts, ainsi que le montre l'observation récente de Nassau. Ou ne sait rien encore de son origine, mais on doit admettre qu'inlroduite dans l'organisme avec l'eau de boisson elle passe dans le sang, puis quitte les vaisseaux, au moment où elle va devenir adulte, et rampe sous la peau pour sortir au dehors, au hwà. d'un temps plus on moins long.
42. FiLARiA RESTiFORMis Leidv, 1880. Ce Ver, imparfaitement connu, n'a été observé qu'une seule fois, chez un paysan qui, après plus de deux ans de souffrance, l'expulsa par l'urèthre. On ne peut le confondre avec le Strongle géant, quoi que sa taille soit de 26 pouces (66 centimètres) ; sa largeur maximum n'était que de l'"™,5,
43. Leptodera Niellvi R. BL, 1885. Le professeur Nielly (de Brest) a décrit, en 1882, sous le nom de papulose filarienne, une remarquable maladie parasitaire causée par un Nématode. Un garçon de quatorze ans, qui n'était
jamais sorli des environs de Brest, présentait en divers points du corps des papules plus ou moins confluenles dont le liquide, examiné au microscope, renfermait un ou plusieurs Vers, que Bavay crut devoir rapporter au genre Leptodera et auxquels nous donnons le nom ci-dessus. Ces parasites reconnaissent sans aucun doute l'origine que nous avons attribuée déjà à Filaria ocitli Immani et à F. Loa.
Bien qu'observés dans un pays fort différent, nous pensons qu'il faut rapproclier de Leplodera Nlelhji et, provisoirement au moins, idenlilier avec lui les parasites qui ont été rencontrés par O'iXeill, en 1875, dans une dermatose assez commune, cbez les nègres de la Côte d'Or, et connue sous le nom de craw-craw.
44. Rhai!1)itis GEMTALisScheiber, 1880. Le docteur Sclieiber, de Slulilweissenbrug (Hongrie), a découvert ce parasite dans l'urine d'une femme; il s'y trouvait en extrême abondance, à tous les états de développement. Sclieiber a pu reconnaître aussi qu'il ne s'agissait point là d'un parasite intestinal ou vcsical, mais simplement de pseudo-parasiles amenés fortuitement au niveau de la vulve, probablement par de l'eau croupissante ayant servi à des ablutions; ils s'y étaient reproduits, avaient pullulé à l'entrée du vagin et, à cbaque miction, se trouvaient entraînés par l'urine.
45. Bhabdoxema intestinale R. B1., 1885. Nous réunissons sous cette dénomination unique les deux lirlminllies qui ont été décrits jusqu'à ces derniers temps sous les noms d'Angiiillula stercoralh et d'^l. intestinalis. Depuis 1876 et 1877, dute de leur découverte par Normand, on les considéiait comme distincts l'un de l'autre, mais, en 1885, Leuckarl fit voir qu'ils représentaient deux formes d'une seule et même espèce de Nématodc. On trouvera, à l'article Diarrhée endémique, l'exposé des premières observations relatives à cet belmintlie.
Dans les cas de diarrliée endémique des pays cliauds, particulièrement dans la forme connue sous le nom de diarrhée de Cochinchine, l'intestin grêle renferme, souvent en nombre immense, un petit Nématode microscopique, que l'on appelait naguère AnguiUula intestinalis. Jusqu'à présent, on n'a pu voir cbez l'Homme un seul mâle de cette forme : la femelle est bermapbrodile et passe successivement par les deux sexes, l'état femelle étant précédé d'un stade dans lequel les canaux génitaux produisent des spermatozoïdes.
Les embryons produits par le Ver sont expulsés avec les excréments. Ils se transforment rapidement eu larves rliabditoïdes, analogues à celles de l'Ankylostome, mais de plus grande taille. Se trouvent-elles dans de bonnes conditions de température, vers 22 à 25 degrés centigrades, ces larves continuent leur évolution, effectuent une mue au bout de quelques jours, puis arrivent à l'état sexué.
La forme adulte ainsi constituée correspond à l'ancienne Anguilhda stercoralis : les sexes sont séparés, on compte environ buit fois plus de femelles que de mâles. L'œsopbage a la même disposition que cbez la larve, c'est-à-dire qu'il est rhabditoïde.
L'accouplement est bientôt suivi de la ponte : cbaque femelle produit, parfois par voie ovo-vivipare, de 50 à 40 larves. Celles-ci sont fort semblables aux précédentes, si ce n'est qu'elles sont plus élancées. Quand elles ont atteint une longueur moyenne de 0'"",55 elles s'arrêtent dans leur développement : elles subissent alors une mue, perdent le caractère de Rhabditis et deviennent des Vers que, d'après leur organisation, on prendrait pour de jeunes Strongles
ou de jeunes Filaiies ; on passe ainsi de la forme ihabditoïde ù la forme strongyloïde.
Les larves strongyloïdes ne subissent plus des lors la moindre métamorphose : elles ne grandissent plus, même si on parvient ù les garder vivantes pendant plusieurs jours. Au bout d'une semaine, leur nombre va en diminuant ; elles meurent d'inanition. Il est évident qu'elles ne sont pas organisées pour vivre plus longtemps d'une vie libre et qu'elles ne peuvent continuer leur évolution et parvenir à l'état adulte qu'après avon* passé chez un hôte approprié.
Celte migration se trouve effectuée quand la larve est amenée dans l'intestin de rilomme avec les eaux stagnantes dans lesquelles elle s'est développée : elle se transforme alors en Anguillule intestinale.
Le Rhabdoncma nous offre donc un exemple d'un Ver parasite dont les embryons se di'veloppent à l'état libre en des Rhabditis sexués; seuls, les descendants de ceux-ci redeviendront parasites. C'est donc un animal dont le cycle de développement nous présente une série de générations alternativement libres et parasites.
L'Anguillule stercorale doit donc être rayée de la liste des parasites de l'Homme. Malgré sa maturité sexuelle, cette forme ne représente qu'un état intermédiaire se développant librement et faisant partie du cycle évolutif de l'Anguillule inleslinale. Celte dernière seule est parasite de l'Homme. 11 ressort de ce qui précèile que les formes adultes Anguillula intestinalis et A. stercoralis ne sauraient coexister dans l'intestin. Comment donc expliquer que Normand, Bavay et d'autres, aient trouvé l'Anguillule stercorale en divers points du tube digestif? Il importe de remarquer que l'observation qui précède ne s'applique qu'à l'état naturel et normal de l'hùle dans lequel les Vers se développent. Si ceux-ci restent dans l'intestin après la mort, par exemple, dans les cas où l'autopsie n'est faite qu'au bout de quelques heures, il se peut que les jeunes Rhabditis, nés de l'Anguillule intestinale, arrivent à l'état parfait. Si donc on rencontre dans l'intestin d'un cadavre des Anguillules stercorales, c'està-dire des lîhabditis sexués, il n'en faut pas conclure que ces animaux existaient déjà dans l'intestin pendant la vie, ni qu'ils ont donné naissance aux larves rhabditoïdes expulsées avec les selles.
Ainsi que nous l'avons dit, Rhabdonema intestinale fut découvert, en 1876, par Normand, chez des soldats revenant de Cochinchine et atteints de dysenterie grave. Au début, on constatait sa présence dans tous les cas de ce genre, aussi ne manqua-t-ou pas de le considérer comme la cause efficiente de la diarrhée de Cochinchine. Cette maladie redoutable, qui sévit surtout chez les Européens établis en Indo-Chine, n'est pas spéciale à notre colonie cochinchiuoise : elle s'étend de Singapour à Shang-Haï ; elle est répandue dans toute la presqu'île indo-chinoise et même sur quelques points de l'archipel malais, par exemple, dans les îles Anamba, Natuna, et sur la côte nord de Sumatra. Elle est surtout abondante dans la zone torride, entre les deux lignes isothermes de -f-2o degrés.
Au dire de Normand, il est bien peu d'Européens établis en Cochinchine dans l'intestin desquels ne se rencontre le parasite : tous pourtant ne sont pas atteints de diarrhée, la présence des Anguillules reste sans conséquence. Mais qu'un refroidissement, un accès de fièvre, une indigestion ou toute autre cause vienne débiliter l'organisme, le parasite prend alors le dessus et le garde.
Il est probable que la propagation du parasite se fait par les légumes. Les maraîchers chinois arrosent ceux-ci avec des excréments humains, et nous savons
que les Vers continuent à vivre pendant plusieurs jours dans les matières rendues par les malades. Il n'est pas douteux que ce temps de survie soit suffisant pour permettre à bon nombre des larves rhabditoïdes expulsées avec les selles de passer à l'état adulte, de s'accoupler et de donner naissance à une génération de larves strongyloïdes qui finiront par s'enkyster dans la peau de leur mue et par tomber en vie latente. Introduites dans le tube digestif avec les aliments, ces larves deviendront sexuées et passeront à l'état d'Anguillule intestinale.
L'helminthe s'observe ailleurs encore que dans les pays dont il vient d'être question. 11 existe aux Antilles et au Brésil. Enfin, il est très-fréquent en Italie, surtout dans les endroits humides, les rizières, par exemple; il y est ordinairement associé à l'Ankylostome duodénal. En 1878 et 1879, divers médecins italiens l'observaient à Pavie, chez des malades atteints de cachexie des marais; en 1880, Perroncito le rencontrait chez les anémiques du Saint-Gothard, mais en moindre quantité que l'Ankylostome.
On pensait tout d'abord que le parasite était la cause de la diarrhée dans laquelle on l'observe : on sait maintenant qu'il n'en est rien, et il faut croire simplement que la diarrliée prépare dans l'intestin un terrain favorable à son développement et à sa propagation.
Le Ver est tué rapidement par l'extrait éthérc de Fougère mâle, mais les infusions de Kousso et de Kamala sont sans action sur lui. Pour s'opposer à sa propagation, on devra traiter les selles fraîchement rendues par l'acide thymique ou l'acide phénique, ou encore les soumettre à une haute température.
IV. Ordre des Acanthocéphales. 46. EcHINORHYXCHUS GIGAS Gôze, 1782. Très-
fréquent chez le Porc et le Sanglier, ce Ver n'a été observé qu'une fois chez l'Homme, par Lambl., en 1857.
A l'Echinorhynque s'arrête la liste des helminthes qui se peuvent observer chez l'Homme. Nous ne croyons pas devoir y joindre les Dragonneaux [Gordiiis aqiiaticus Dujardin, G. tolosanus Duj., G. varius Leidy, G. chilensis Em. Blanchard), qui ne sont point de vrais parasites, du moins à l'âge adulte, et qui ne peuvent être introduits qu'accidentellement dans l'intestin. Nous n'y joignons pas davantage les diverses Ilirudinées que certains observateurs ont pu rencontrer soit à la surface du corps, soit en un point quelconque du tube digestif: ces animaux rentrent en effet dans la catégorie des (c parasites libres à tout âge » de P. J. van Beneden et ne peuvent prendre rang parmi les vrais helminthes.
En laissant de côté ces pseudo-parasiles, on voit donc que la liste des helminthes de l'Homme ne compi'end pas moins de 46 espèces, savoir : 11 Cestodes, 12 Trématodes, 22 Nématodes et 1 Acanthocéphale. 11 y a lieu de penser que cette liste n'est pas définitive, mais que, à mesure que les médecins, surtout dans les pays étrangers, pratiqueront plus fréquemment et plus soigneusement les autopsies, le nombre des Vers parasites de l'Homme ira en augmentant. Quelques-uns de ceux qui figurent dans l'énumération précédente, comme Filaria hominis oris, F. labialis, F. trachealis, F. peritonaei humani, F. restiformis, Rhabditis genitalis, qui n'ont été observés qu'une seule fois et qu'on peut, à ce titre, considéi^er comme purement accidentels, ou bien dont la description et la caractéristique sont insuffisantes, pourront d'ailleurs n'être pas retrouvés.
652 HELMINTHES (bibliographie).
11 ne sera pas sans iiUcrèt de rechercher maintenant quelle est la distribution des hclminlhcs dans les divers organes.
Os. Ecliinococcus-polymovplius.
Muscles. Cysticercus cellulosce, Ecliinococcus polymorphus, Trichina spiralis.
\'AissE\ux SA-NGiiNs. BUharzia hœmalobin et ses œufs, Hexathyridium venarum, œufs et embryons de Filaria sanquinis hominis.
Vaisseaux et ganglions lymphatiques. Filaria sanguinis hominis, F. lymphatica.
Système nerveux central. Cysticercus ceUidosœ, Echinococcus polymorphus. Appareil digestif : rouche, lèvres. Filaria hominis oris, F. Jahialis. Intestin grêle. Ticnia saginala, T. solimn, T. nana, T. flavopunctata, T. Madagascar iensis, T. caniua, Bothriocephahis lalus, B. cristatns, B. cordatus, Distoma crassum, D. heterophyes. Ascaris tumhricoïdes, A. mïjstax, A. marilima, Ankylostoma duodenale, Hhabdonema intestinale, Echinorhynchus gigas; en outre, œufs de tous ces helminthes et œufs des cinq Distomes du foie.
Gros intf.stin. Amphisloma hominis, Ovyuris vermicidaris, Trichocephalus hominis; en outre, œufs de tous les parasites de l'intestin grêle et œufs des cinq Dislomes du foie.
Fou;. Ecliinococcus polymorphus, Distoma hepaticum, D. lanceolatum, 1). conjunclum. D. sinense, D. japonicum.
Pkuitoine. Bothriucephalus Mansoni, Hexathyridium pinguicola, Filaria peritonœi hominis.
Plèvre. Bothriocephahis Mansoni.
Trachée. Filaria irachealis.
Poumon. Echinococcus polymorphus, Distoma Ringeri, Strongylus longevaginalus.
Appareil «rinaire. Telrastoma rénale, Eustrongylus gigas, Filaria restiformis, œufs de BUharzia heematobia, larves de Filaria sanguinis hominis.
Organes des sens : peau. Cysticercus cellulosœ, Echinococcus polymorphus, Filaria Medinensis, Leptodera ÎSiellyi.
Œil. Cysticercus cellulosœ, Monostoma lentis, Distoma oculi humani, Filaria oculi huinani, F. Loa.
Appareil gÉinital : vulve. Rhabditis genitalis.
On désigne sous le nom d'helminthiase le fait de la présence d'helminthes dans l'organisme ; ce même nom s'applique, dans un sens plus restreint, à l'ensemble des symptômes ou lésions déterminés par ceux-ci. Les accidents de l'helmiulhiase devraient être étudiés maintenant par nous, mais ils sont si différents entre eux, d'après l'espèce qui les cause, qu'on ne peut guère songer à en donner une description générale. D'autre part, ceux que produit chaque espèce en particulier ont été décrits déjà soit dans cet article, soit dans d'autres articles, auxquels nous renverrons le lecteur [voy. notamment les articles Cestoïdes, Parasites). Raphaël Blanchard.
BiBLioGnAPiiiE. — Abildgaaed. Allgemeine Betrachtungen ûber Eingeweidewiirmer. In Scliriftcn der nalurforschenden Gesellschafl zu Copcnhagen, I, 1775. — ksm\ (>'.). De la génération des vers dans le corps de l'homme, i" éd. Paris, 1700: Amsterdam, 1701; 5<^ éd. Vm-\i, 1741. — Asmundo (M. G.), hitorno ad una nuova varielà di Teiiia umana; lœnia su/iiim, varietas minor. In Giornale internaz. délie scienze mediche, (2), YII, p. 577,
HELMINTHES (bibliographie). 655
1885. — Babes (V.). Vebcr eiiien neuen Parasilen des Menschen. \nMed. chir. Cenlralblalt, Wien, XIV, p. D54, 1879. — Dh même. Uebci- einen im menscidichen Periloneum gefundcnen Nemaioden. In Virclww's Arcliiv, LXXXI, p. 158, 1880. — B^i.z (E.). Ueber einige neue Parasiten im Menschen. In lierliner klin. Wocheiisc/irift, p. 235, 1885. — Baillet (C.). Helminthes. In Nouveau Dict. prat. de méd., de clàr. et d'hijg. vétérinaires, YIII, p. 519, 1866. — Ban'croft. Cases of Filarious Disease. In Transactions Pat/iol. Society, XXIX, p. 407, 1879. — Van Beneden (P.-J.). Les hebnintlœs cestoides, leurs classification, analomie et développement. Bruxelles, 1849. — Du hè.me. Mémoire sur les vers intestinaux. Paris,
1861. — Itu MÊME. Les commensaux et les parasites dans le règne animal, i'aris, 3" édit., 1885. — BiANciiARD (R.). Traité de zoologie médicale. Paris, 1885-1887. — î)v hèwe. Nouvelle observation de Tcenia nana. lu Compte rendu de la Société de biologie, p. 526, 1886.
— Du MÊME. L'anémie des mineurs en Hongrie. Ibidem, p. 715, 1885. — Du même. Nouvelle observation de slrongle géant. Ibidem, p. 579, 1886. — On même. La filaire sousconionctivole [Filaiia Loa Guyot). In Progrès médical, (2), IV, n» 29, p. 591, et n" 50, p. 611, 1886. — Blocii (.W.-E.). Beylrag zurNalurgesclticlile der Wilrmer welc/ie in anderen Thieren
leben. Berlin, 1779. — Du même. Erzeugung der Eingeweideiviirmer. Berlin, 1782.
Br*ss (A.). Die thierischen Parasiten des Menschen. Cassel, 1884. — Brau\- (JI.). Ziir Entwickchingsgeschichle des breiten Bandwurmcs {Uothriocephalus latus Bietiis). Wiirzburg, 1885. — Do même. Die thierischen Parasiten des Menschen. WCirzburg, 1885. — Bre.mser (J. G.). Ueber lebende Wû7-mer im lebenden Menschen. Wien, 1819. — Dv même. Icônes Helminthum, systcma Rudolphii entoioologicwn illustrantes. Viennœ, 1824. — Du même.
Traité zoologique et physiologique sur les vers intestinaux de l'homme. Paris, 1857.
Carrière (J.). De la tumeur hydatique alvéolaire. Thèse de Paris, 1868. — Du jikme. De la tumeur hydatique alvéolaire (tumeur à échinocoque multiloculaire). \i\ Arch, de physiol., II, p. 152, 1869. — Challan de Belvai.. Au Tonkin. Paris, 1886. — Délie Chiaje (S). Elmintographia umana. Napoli, 1853; 4» ediz., 1844. — ConuoLb (T. Sp.). E)tlozon : an Introduction to the Sludy of llelminthology, with Déférence mvre pnrticular/y lo tlie Intcinal Parasites of Man. London, 1SG4. — Du même. Tapc-worms, their Sources, Nature and Trealment. London, 1860. — Du même. Tapeworms and Threadworms, Iluman Entozoa : their Sources, Natui-e and Trealment. London, 1867. — Du même. Entozoa: being a Supplément tothe Introduction to the Study of llelminthology . London, 18G9. — Du même. Worms: a Séries of Uclures on Practical llelminthology. London, 1872. — Du même. Paraaites. A Treaiise on the Entozoa of Man and Animais, inchiding some account of the Eclozoa. London, 1879. — Du même. Human Parasites. A Manual of Référence to ail the Known Species of Entozoa and Ectozoa. London, 1882, — Du même. Description of Ligula Mansoni,
a neiv Human Cestode. In Journal of the Linnean Society of London, XVII,p. 78, 1885.
Crévaux (J.).' De l'hématurie chyleuse ou graisseuse des pays chauds. Thèse de Paris, 1872.
— Cbeplin (F. C. H.). Observatioiies de entozois. GryphiswaHiae, 1825. — Du même. Novœ observationes de entozois. IJerolini, 1829. — Du même. Eingeiveidewiinncr. In Ersch und Grubes Ennjclopâdie, XXXU, 1859. — Davaine |C.). Traité des entozoaires et des maladies verniineuses de l'homme et des animaux domestiques. Paris, 2° édition, 1877. — Du même. Cestoides. In Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, 1870. — Diesing (G.-M.). Systema helminthutn. Vindobonaae, 2 vol., 1850-1851. — Du même. Revision der Myzhelminthen. In Sitzungsberichte der k. k. Akademie der Wissenschaften zu Wicn, XXXII, 1858.
— Du MÊME. Naehirag zu der Revision der Myzhelminthen. Ibidem, XXXV, 1859. — Du même. Revision der Cephalocotyleen, Abtheil. Cyclocotyleen. Ibidem, XLIX, 1804. — Du même. Révision der Cephalocotyleen, Abtheil. Paramecocotyleen. Ibidem, XLVllI, 1804. — Du même. Revision der Rhyngodeen. Ibidem, XLVII, 1859. — Du même. Revision der Nematoden. Ibidem, XLII, 1801. — Du même. Nachtrag zu der Revision der Nematoden. Ibidem, XLIII,
1862. — Vax Dœvehkn (G.). Disserialio de vermibus intestinalibus hominum. Lugduni Batavorum, 1755. — Dubois (G.). Tcenia. In Linnœi amanitatcs academicœ. Holmiœ, 1751.
— Dujardis (F.). Histoire naturelle des helminthes ou '{vers intestinaux, j'aris, 1845.
EscHRicHT (D. F.). Anatomisch-physiologische Untersuckungen iiber die Bothriocephalen. AVien, 1841. — Ahmed Fahmi. Contribution à Vétude du dragonneau, observé chez les Nubiens des régiments ni'gres du Caire. Thèse de Paris, 1885. — Fedche.nko (A. P.). 0 stroénii i rasmnojenii richtié [FUai-ia Medinensis f,.]. In Protokoli zasiédanii imp. obtcheslva
lioubitelét estestvosnania, antropolog'ii i etnographii. Moscou, VIII, n° 1, p. 71, 1871.
Du même, k analom'ii krougliech tchervéi. Ibidem, X, n" 2, p. 51, 1874. — Firket (C.). Note sur plusieurs cas d'anchylostomasie observés en Belgique. In Archives de biologie, V, p. 581. 1885. — Ga.ngolpiie (M.). Kystes hydatiques des os. Thèse d'agrégation. Paris, 1886.
— Gôze (J.-A.-E.). Naturgeschichte der Eingeweidewûrmer thierischcr Kôrper. Blankenburg-, 1782. — Grassi (B.). Contribuzione allô studio dell' elminlologia. — V. Intorno aW Ascaris mystax. In Gazzelta med. ilal. Lombardia, XXXIX, p. 270, 1879. — Gre.net et Davaoe. Note sur une nouvelle espèce de tcenia recueillie à Mayotte (Comores), suivie de
654 HELMINTHES (eiehograpiiie).
l'examen microscopique de ce tccnia. In Mém. de la Soc. de biologie, (5j, I, p. 235, 1869.
— Heller (A.). Darmscltmarolzer. In II. voii Ziemssens Handhuch der speciellen Pathologie und Thérapie, \II, 2'"= Iliilfte, p. 557, 1874. — Du même. Die Schmarotzer mit besonderer Beriicksichtiguiig der fiir den Menschen wichligen. Muncheu und Leipzig, 1880. — Keli.y (H. A.). The Occurrence of the Ancaris nujutax Rud. in the lluman Body ; with a Case, In Avierican Journal of Med. Science, (2), LXXXYIII, p. 48Ô, 1884. — Krabbe (H.). Recherches helminihologiqucs en Danemark et en Islande. Copenhague et Paris, 1866. — KixHExiiEisTER (Fr.). u. ZiJnx (Fr. A.). Die l'arasilen des Menschen. Leipzig, 1881. — Laboulbè.xe (A.). Sur les lœnias, les cchinocoques et les bolhr/océphales de l'homme. In Mém. de la Société méd. des hôpitaux, (2), XIII, p. 58,1876. — Leidy (J.). Proceedings of the PhUadelphia Academy of Natural Sciences, V, p. 117, 1850. — Du même. On a Filaria reported ta hâve corne From a Man. Ibidem, p. 150, 1880, — Du même. A r>are Iluman Tapeworm [Tœnia flavojnaiclala?). Ibidem, p. 137, 1884. — Du même. Occurrence of a Piai-e Iluman Tapeworm [Tœnia (lavopunctata). In Amer. Journal of Med. Science, (2j, LXXXYIII, p. 110, 1884-
— Leuckart (R.). Die Blasenbandwiirvier und ihre Entwickelung. Giessen, 1856. — De wèue. Die menschlichen l'arasilen. Leipzig, 2 vol., 1803-1876. — Du même. Die Parasiten des Menschen und die von ihnen herrïthrendcn Krankheilen. Leipzig und Heidelberg, 2. Aufl., 1879. — Lewis (T. R.). On a Ihcmatozoon m Iluman Blood. In Sanitary Commission, 8"' Report. Calcutta, 1872. — Lewis (T. R.) and Mac Connell. Amphisloma hominis; a New Parasite affecting Man. In Procced. of the Asiatic Society of Bcngal, p. 182, 1876. — Von LixsTow (().). Cunipendium der Ilelminlhologie. Ilannover, 1878. — Du même. Ueber den Zwischenwirtii von Ascaris himbriroides L- In Zoologischer Anieiger, IX, p. 525, 1886. — Mac CoNNELL. On the Distoma conjunctum as a Iluman Entozoon. In the Lancct, I, p. 543, 1870; I, p. 476, 1878. — Du mksie. Distoma sinense. Ibidem, I, p. 406, 1878. — Mac Gregor. A New Form of Paralytic Diseuse, associated wilh the Présence of a New Species of hiver Para.tile. In Glasgow Med. Journal, 1877. — Masso\ \\\). On the Development of Filaria sanguinis hominis, and on the Mosquito considered as a Nurse. In Journal of the Linncan Society of London, XIV, p. 504, 1878. — Du même. The Development of the Filaria sanguinis hominis. In Médical Times and Gazette, p. 731, 1878. — Du même. On the ■periodicitg of Filarial Migrations to and from the Circulation. In Journal of Quckelt Microscop. Club, VI, p. 230, 1881. — Du même. The Filaria Sanguinis Hominis and Certain New Forms of Parasitic Diseuses in India, China and Wann Countries. London. 1883. — Masil's et Fraxcotte. Nouveaux cas d'ankylostomasie, observes chez des houilleurs du bassin de Liège. In Bull, de VAcad. roy. de méd. de Belgique, (3), XIX, n° 4, 1885. — Mkhlis [E.). De distomate hepatico et lanceolato. Goltingœ, 1825. — Melmkoff. Ueber die Jugendiustânde von Tccnia cucumerina. In Archiv f. Nalurgcschichte, I, p. 62, 1869. — MoMEz (R,). Essai tnonographiquc sur les Cysticerques. Lille, 1880. — Du siÈjrE. Mémoires sur les Cexlodes. Paris, 1881. — Morto.n (Th. G.). Account of a Worm (Dracunculus, or Filaria Loa) removed by a Native V-'oman from beneath the Conjunctiva of the Eye-Ball of a Negress ut Gaboon, Wesl-Africa, wilh a brief Ilistory of the Parasite and Professor Leidy's Description of the Spécimen. In Amer. Journal of Med. Sciences, (2), LXXIV, p. 113, 1877. — NiEi-LY (M.). Un cas de dermatose parasitaire observé pour la première fois en France. In Arch. de méd. navale, XXXVII, p. 337, 1882, et Bull, de VAcad. de méd., (21, XI, p. 595. 1882. — Du même. Papulose filarienne. lu Arch. de méd. navale, XXXVII, p. 488, 1882, et Bull, de VAcad. de méd., (2), XI, p. 581, 1882. — O'.N'eill (J.). On the Présence of Filaria in « craw-craw ». In the Luncet, I, 1875. — Pallas (P. S.). Neue nordische Bcitrâge zur physikalischen und geographischen Erdbeschreibung. St.-Petersburg und Leipzig, 1781. — Pa.ne. Nota su di un elmente nematoile. h\ Annali delV Accademia degli aspiranti naturalisti. Kapoli, (5), lY, 1804. — Paroxa (E.). Di un caso di tcenia flavo-punctataj'j riscontrata in iina bambina di Varese. In Giornale délia r. Accademia dimed. di Torino, XXXII, p. 99, 1884. — Pereira (V.) Transport de la filaire de Mcdine en Amérique par les nègres d'Afrique. In Arch. de méd. navale, XXYIII, p. 295, 1877. — Per- RONciTo (Ed.). L'anémie des mineurs au point de vue parasitologique. In Archives ital. de biologie, II, p. 513; III, p. 7, 1881. — Du même. Observations sur le développement de VAnguiUula stercoralis (Bavay , Pseudo-rhabdilis stercoralis [mihi) hors de Vorganisme humain. In Journal de Vanatomie, XVII, p. 499, 1881. — î)c hèhe. I parassiti delV uomo e degli animali utili. Milano, 1882. — Pru.ner. Krankheiten des Orients. Erlangen, 18i7.
— Raillât (A.). Éléments de zoologie médicale et agricole. Paris, 1886. — Rainey. Entozoon found in the Larynx. In Transactions of the Pathological Society, YI, p. 370, 1855. — Redi (Fr.). Osservazioni intorno agli animali viventi che si trovano negli animali viventi. Venezia, 1741. — Rcdolpiii (C.-A.). Entozooriim sive vermium intestinalium historia naturulis. Amstelodami, 1808-1810. — Du même. Entozoorum synopsis. Berolini, 1819. — Scheiber (S.-H.j. Ein Full von microscopisch kleinen Bundwûrmern, Rhabditis genitalis, im Urin einer Kranken. In Virchow's Archiv, LXXXIl, p. 161, 1880.— Vox Siebold (C. Th.).
IIELMONT (VA.\). 655
Ueber die Band- und Blnsenwurmer , und ûber die Entstehunçj der Eingeweidewiirmer. Leipzig, 1854. — Da Silva Araujo (A. J. P.)- AFilaria Witc/icreii no snngiie. In Gazeta med. da Bahia, (2), III, p. 106, 1878. — Da Silva Lima (J.-F.). De la filaire de Me'dine ou ver de Guinée rencontrée à Vétat endémique dans la province de Bahia et de son introduction dans le corps humain par l'eau en boisson. In Arch. de méd. navale, XXXV, p. 395, 1881.
— Spooner (E. a.)- Spécimens of Tccnia nana. In Amer. Journ. of Med. Sciences, (2), LXV, p. 1j6, 1875. — Stambolski (G. T.). Du ver de Médine ou Filaria medinensis, dragonneau, veine cutanée, etc. In Union med. d'Orient. Constantinople, VI, 1879, et Gazzctla med. ital. Lombardia, (8), XXX, 1880. — Treutler (Fr.-A.). Observationes pathologico-anatomicœ auctarium ad helminthologiam humani corporis continentes. Lipsifo, 1793. — Vaidy. Helminthes. In Dictionnaire de médecine, 1857. — Vallisnieri {.\.). Opère fisico-jnediche. Venezia, 1735. — "SVeinland (D. F.). An Essaij on the Tapeworms of Man. Cambridge, 1838. — Du MÊME. Beschreibung zweier neuer Tcvnioiden aus dem Menschen. In Verhandlungen der k. Leop.-Carol. deutschcn Akademie, XXVIII, 1861. — "Wl-ciierer (0.). Noiicia vreliminar sobre vermes de una espccie ainda nào descripta, encontrados na urina de docnles de hematuria intertropicale no Brazil. In Gazeta med. da Bahia, III, 18G8. — Du même. Sobre hematuria no Brazil. Ibidem, IV, 1869, et Arch. de méd. navale, XIII, p. 141, 1870. — Zeder (A. -G. -H.). Nachtrag zitr Gôze's Naturgeschichte der Emgeweidewûrmer. Leipzig, 1800.
— Du MÊME. Anleitiing zur Naturgeschichte der Eingeweidewûrmer. Bamberg, 1803. — ZuRN (F. A.). Die Schmarotzer aufund in dem Kôrper unscrer Haussàugethiere. "Weimar, 2. Auflage, 1882. R. Bu
iiELlMlXTiilAf^E. Voij. Helminthes.
1IEL1IIATIIICIDE$«. Vo]i. Vermicides et T.eni.v.
iiELHiiXTiiocoRTOX, iBEEMBXTnocORTOS. Anciens noms pharmaceutiques de lu Mousse de Corse {voy. ce mot). Ed. Lef.
IIELMIXTHOLOGIE. VûJJ. IIelmlmheS.
IIELMOXT (Jean-Babptiste van). Célèbre médecin et chimiste belge, né à Bruxelles en 1578, appartenait à une ancienne famille noble. Il perdit son père en 1580, mais reçut néanmoins une éducation très-soignée. Il termina en 1594 ses études philosophiques à Louvain et refusa le titre de maître es arts comme vain et futile. Les jésuites qui enseignaient alors à Louvain l'attii'èi'ent à leurs leçons, et Martin del Rio, son maître préféré, prétendit lui enseigner les mystères de la cabale; van Helmont ne tarda pas à sentir l'inanité de ces leçons et se tourna vers la philosophie stoïcienne, mais, trouvant celle-ci en contradiction avec les dogmes chrétiens, il l'abandonna à son tour. Il s'appliqua alors à l'étude du droit privé et politique, puis à celle de la botanique, et enfin renonça à ses privilèges de noblesse et se livra à l'étude de la médecine dans l'espoir d'être utile à ses semblables. Il ne tarda pas à posséder Galien; il savait par cœur les aphorismes d'Hippocrate. Il prit en 1599 le grade de docteur et, sur l'instigation de Fienus et autres, fit à Louvain un cours de chirurgie, enseignant, dit-il, ce qu'il ne comprenait pas lui-même. Aussi ne tarda-t-il pas à renoncer à l'enseignement et cherclia-t-il à acquérir l'expérience pratique ; il se plaça sous la tutelle d'un praticien pour apprendre la médecine au lit du malade, mais ne tarda pas à se convaincre que là encore la science de ses contemporains n'était qu'hypothèses et conjectures. La lecture des ouvrages de Thomas de Kempis et de Jean Tauler le détermina à renoncer à la médecine. Il s'hnmilia devant le Seigneur et abandonna toute sa fortune à sa sœur, puis entreprit avec quelques amis un voyage en Suisse, en Italie, en France et en Angleterre; il était parti avec l'intention de ne plus revenir dans sa patrie.
C55 IIELMONT (VAN).
La connaissance qu'il fit d'un pyrotechnicien, sorte de grossier charlatan, qui le guérit de la gale avec du soufre et du mercure, exerça une influence décisive sur sa vie. Il étudia la chimie et les remèdes chimiques et constata les hons effets de ceux-ci dans les mahidies, et ainsi il revint à la médecine avec une nouvelle ardeur. Il retourna dans sa patrie eu 1605, après une absence de cinq ans, se maiia et ne quitta plus sa propriété de Vilvorde, près de Bruxelles, passant son temps à étudier et à soigner les malades qui aflluaienl chez lui. Il refusa les offres les plus brillantes de Télecteur de Cologne et de l'empereur Uo(lol()lie 11, pour ne pas quitter sa retraite et ses chères études.
II lui arriva cependant une aventure désagréable : il prit fait et cause pour Goclenius dans sa lutte contre le jésuite Roberti et écrivit à cette occasion un opuscule qui fut publié à Paiis, à son insu, en 1G21. Comme il niait entre autres rinduence salutaire de la religion dans les maladios, l'archevêque de Mecheln le lit enfermer en 1G54 et 1653 et fit mettre sous scelles ses manuscrits, quoi qu'il se déclarât prêt à se rétracter. Ce n'est qu'en 1656 que sa liberté pleine et entière lui fut rendue. Il mourut des suites d'une pleurésie Je 50 décembre 1644, à l'âge de soixante-six ans.
Le système de van Ilelmont a été fort bien exposé par M. Boyer à l'article Médecine {Histoire), page 118. Nous nous bornons à y renvoyer. Quant à ses découvertes en chimie, elles ne sont pas de notre compétence; rappelons simplement qu'il connaissait l'acide carbonique, l'acide chloriiydrique, le suc gastrifjue, etc.
Van Ilelmont a mis au jour les ouvrages suivants :
I. Dageraad ofte nieuive ophomsl der geneeslionst, in verborqen grondregulen der l^alure. Leidcn. 1G14, 10-4". — II. De magnetica vubierum nalurali et légitima curalione, disp. contra Joli. Roberti, Soc. J. thcol. r'arisii?,^lG2l, iii-i2. — III. De aquis Spadanis, 1624. — IV. Supplementiim de Spadanis fontibns. Leodii, 1G24, in-S"; Antverpiae, 1642, in-i°. — V. Fcùrium doclrina inaudita. Antverpiae, 162i, in- 4°; Amstelodami, 1648, 10-4°. — VI. Opuscula medica inaudita. 1. De litliiasi. 2. De fcbribus. 5. De Inimoribus Galeni. 4. De peste. Coloniae Agrippinae, 1644, in-S"; Amslelodami, 1648, in-4°. — MI. Ortiis inedicinae, id est, initia physicae inaudita. Progresus medicinae novus in inorborum uUionern, ad vitam longam, publié par son (ils François- Mercure. Amsierdam (Elzevir), 1648, )n-4''; ibid., 1652, iii-i" (c'est la meilleure édition). On trouveà la suite : De lithiasi^ de febribus, Scliolaruni humorislarum passiva deceptio et ignorautia, et Tumuhn pestis ^ qui avaient été j>ub[iés peu avant la mort de van Ilelmont (le Tumiihis pestis parut à part; Amstel., 1648, in-4°; Colon. A(jripp., 1649, in-8''). Autres éditions de VÛrIus med. Venetiis, 1651, in-fol.; Liigduni, 1667, in-lol.; Uhnae, 1680, in-12; Francof., 1682, in-4'; Hafniae, 1704, in-4° (ces deux dernières éditions portent le titre à'Opera otnnia). Édit. anglaise, Londres. I662,in-4°; édit- allem., Sulizbach, 168Ô, in-fol.: édit. franc., Lyon, 1670, in-4°. — VIII. Brœckx a public récemment quelques opuscules inédits et plus ou moins insigniDanls de van Ilelmont : De diaela. Anvers, 1849, m-8°; De victu. Anvers, 1851, in-8°; Eisagoge in artem medicam a Paraceho restilutam. Anvers, 1854, in 8°; Apologie du magnétisme animal. Anvers, IStîO, in 8°.
On pourra consulter sur van Ilelmont : Loos(J.-J.). Biographie des Joh.-Bapt. van flelmont, Heidclberg, 1807, in-8<>. — Caillou (J.-M.). Mém. sur van Helmont et ses écrits. Bordeaux. 1819, in-S". — D'Ei.MOTTE. Essai philos, et crit. sur la vie et les ouvrages de J.-B. van Ilelmont. Bruxelles, 18il, in-8°. — Gœthals. Notice sur J.-B. van Helmont. Druxelles, '1840, in-8°. — Brœckx. Essai sur l'hisf. de la méd. belge. Bruxelles et Mon?, 1857, in-S", p. 8-i
et suiv., avec portrait de van Ilelmont Spiess (G. -A.). J. van Uelmont's System der
Medicin verglichen mit den bedeulenderen Systemen altérer und neuerer Zeit, etc. Frankr. 1840, in-8». — Rommelaere (W.). Études sur J.-B. van Helmont, ouvrage cour. Bruxelles, 1808, in-4°. — Maxdox. J.-B. van Helmont, sa biographie, kist.-critiqiie de ses œuvres. Bruxelles, 1868, in-4°. — Tallois. Rapport... dans Bulletin de l'Acad. de chir. de Belgique, 1866, p. 985. — IIaeser (H.). Lehrb. der Gesch. der Medicin, Bd. H, p. 544, 1881.
Helmont (FnANçois-MERCfHE, baron vau). Fils du piécédent, né a \il-
HÉLOMAS, 657
vorde ie l20 octobre 161 i, mort à Colhi sur l,i Spn'e en 1609. Celait un homme très- versé dans les différents arts et métiers; il connaissait assez superticiellement la médecine et s'adonnait beaucoup à l'alcliimie. 11 vovagea avec les bobéuiiens, se fit incarcérer à Rome par l'Inquisition en 16G2, et passa une grande partie de sa vie à Berlin oiî il entretint des relations suivies notamment avec Leibniz. II a acquis quelque mérite au point de vue de la pbysiologie du langage et de l'instruction des sourds-muets. 11 a publié à ce sujet l'ouvrage suivant : Alphaheti vere naturalis hehrnici deUneatio, etc. Sulzbaci, 1657, en Hollande, Amsterdam, 1097, in-r2. Il a publié en outre :
I. Opuscula philosopJiica. Londiiii, 1G98, iii-S°. — I[. Ohsovaliones circa hominem ejitsque morbos. Amsterdam, 10l>2, in-1'2. — m. Paradoxal-D'tscurse ode?- ungemeine Meynuiigen von dem Macrocosin und Microscosni, trnd. de l'anp;!. Ilamburg, 1697, in-8o [l'oy. sur ce savant : Breckx. Le baron François- Mercure van Heimont, etc. Anvers, 1870, iii-8»). L. H.N.
DÉLOXIAS (L.). Genre de Liliacées, série des Narlliéciées, caractérisé par un périanthe à 6 divisions bisériées, celles des deux séries à peu près égales, libres ou légèrement connéos à la base, finalement étalées. L'androcée est formé de 6 étamines, superposées sur deux séries aux divisions du périantlie, unies avec leur base ou libres de toute adhérence avec elles et formées d'un filet grêle et d'une anllière biloculaire, trorse, débisconle [)ar deux fenfes longitudinales. L'ovaire est libre, surmonté de trois branches stylaires, libres ou unies intérieurement, stigmatifères en dedans. Chacune de ses loges renferme un nombre indéfini d'ovules. Le fruit est capsulaire, trilobé, chaque carpelle s'ouvrant en dedans par une fente longitudinale. Les graines ont un tégument prolongé aux dcuî extrémités en un appendice hyalin, et l'embryon cylindrique oblong, voisin du hile, est pourvu d'un albumen charnu. Ce sont des herbes vivaces de l'Amérique du iNord, où il n'y en a probablement qu'une espèce, à rhizome tubéreux, court, émettant des feuilles basilaires, oblou'jues, attéimées à la base comme en un pétiole. Une hampe s'élevant d'entre les feuilles porte des écailles alternes dans la portion inférieure et supérieurement une grappe dense, multiflore, sans bractées, avec de courts pédicelles.
UHelonias bullnta L. {H. latifolia Mchx) a des feuilles oblongues ou ovaleslancéolées, aiguës. Sa hampe florale est plus longue que les feuilles (environ 30 centimètres). La portion florifère est ovoïde-oblongue et les fleurs sont roses. On cultive quelquefois cette plante comme ornementale. Son rhizome, avec les racines advenlivcs qu'il porte, est employé dans l'Amérique du Nord contre un grand nombre de maladies, notamment des reins, des poumons; il doit être fort actif et devrait être expérimenté chez nous. VE. ^enna; Pursh, de r.4mérique du Nord, est le Xerophylliim tenax Ndtt., plante médicinale dans son pays natal, et qui sert à faire des nattes, des paniers, etc. L'//. asphodeloides L. est le XeroplujUum setifolium Mieux (Melanlhium spicatum Walt.), dont on a retiré un alcaloïde amer, la Xerophine.
L'H. frigida Lindl. est le Veratrnm frigidum Schlchtl [Zygadenus frigidus Nées), plante vénéneuse et qui empoisonne le bétail.
VH. viridis Bot. Mag. (t. 1096) est le Veratrnm viride Ait {V. album Mieux).
L'H. offlcinalis D. Dox est la CévadiUe [Schœnocaulon officinale A. Gn.).
L'H. dioica Pgrsh est le Verafrum lateum L., vermifuge amer et tonique.
VH. virginica Sois est le Melanthiiim virginicitm L. [Veratrnm virginicnm Ait. — Leimanthiiim virginicum W.).
DicT. ENC. 4« s. ?\n. 42
Oji. IILLVELLACES.
L'H. nigra Ker est notre Veratrum nigrum L.
L'H. erythrosperma Michx est rA»uflM/ium niuscœloxicum A. Gr. H. Bn.
Bibliographie. — L., Gen., n. 458. — K., Enum. plant., IV, 174. — Mér. et de L.. Dict. Mal. méd., VI, 8G0. — Asdr., Botan. Repos , t. 552. — LoDn., Bol. Cab., t. 961. — Bot. Mag., t. 747. — ExDL., Gen., n. 1066. — Ijexth. et Hook. f., Gen., III, 827. — Rosexth., Syn. plant, diaphor., 8'2-84. H. B.\.
IIELOTIL'.U {llelothim Fr.). Genre de Champignons-Ascomycètes du groupe des Pézizace'es, dont les représentants, tous très-petits, se développent sur la terre humide, dans les sentiers des bois, sur les écorces ou les branches desséchées des arbres, les tiges mortes des végétaux, le tronc pourri des sapins ou des saules, sur les feuilles mortes entassées dans les fossés, quelquefois sur les mousses. Leur réceptacle fructifère, tantôt ghibre, tantôt plus ou moins velu, tomenteux et duveteux, est sessile ou pédicule, d'abord punctiforme, puis cupuliforme, concave, plm ou h'gèrement voùlé, de couleur blanche, jaune, vougeâlre ou brune. Les ihèques, subcylindriques ou claviformes, renferment de 8 à 16 spores hyalines, oblongues ou fusiformes, entremêlées de paraphyses ûlifurmes, siin[)lo5 ou rameuses, quelquefois épaissies au sommet.
Ce genre renferme un assez grand nombre d'espèces. L7/. albo-hiteum Rarst. iPeziza albo-lideu Pers. ; P. variecolor Fr.) et Y H. herbarum Fr. {Peziza herbanim Pers.), notamment, se rencontrent communément, en automne, le premier sur le bois {lourri, dans les endroits humides, le second sur les tiges pourries des Orties, des Armoises, des Pommes de terre, des Épilobes. VH. urtlcœ Karst. {Peziza urticœ Pers., P. slriata Fr.) se développe, également en automne, sur les tiges desséchées de VUrtica dioica L., VH. scutula Karst. (Peziza sculula Pers.) sur celles de ÏArtemisia viilgarisi L., de la Reine des prés, VH. humuli Karst. {Peziza humuli Lasch.), sur celles du Houblon, et 17/. cijathoideitm Karst. {Peziza cyalhoides Bulliard), sur celles de la Pomme de terre, de la Ballotte et de l'Ortie dioique. L'//. fritctigenum Karst. {Peziza fructigena Bulliard), au contraire, se développe sur les fruits pourris des Chênes, des Noisetiers, des Hêtres ou sur les écailles des cônes de Pins ou de Sapins.
D'autres espèces, enfin, se rencontrent sur diverses Mousses. Tels sont VH. j)ûliitricola Cr.. sur le Polytrichum formosum Hedw., et 1'//. sphagnorum Cr., sur les Sphagnum acittifolium Ehrh., et S. cymbifolium Ehrh. Ed. Lef.
IIELVELLACÉS. Champignons-Ascomycètes, à réceptacles fructifères pédicules, plus ou moins volumineux, charnus, rarement gélatineux, tantôt campanules, coniques ou ovoïdes, tantôt cupulitormes, claviformes ou en forme de chapeau. L'hyménium, distinct et persistant, recouvre la surface lisse ou diversement inégale du chapeau, ou bien la partie supérieure claviforme ou arrondie du réceptacle fructifère.
Les caractères des genres qui composent ce groupe peuvent se résumer de la manière suivante :
/ Chapeau rabaUu, lobé-capuclionoé, plus ou moins
ondulé, lisse ou cannelé Hclvella L.
Chapeau campanule, libre, sans côtes ni cannej luies Yerpa Sw.
Spores ellipsoïdales. < cjjjpg^Q conique ou ovoïde, entièrement couvert de côtes élevées longitudinales et transversales, lui donnant un aspect réticulé-lacuneui.. . . ,Vort'/ie//iz Dill.
[voij. Mobille).
HELVELLE (botanique).
Non
décuri-ent
sur le pied.
f Réceptacle comprimé, se confondant avec le pied, de couleur noire, pourpre - foncé, brun-noirâtre ou ^erle Geoglossum Pars .
'Réceptacle ovoïde,
bPOBEB ALL0>ÎGEEs, FI- LIFORMES OU FUSl- ' FORMES.
Réceptacle
fructifère
claviforme.
Réceptacle fruclirèrc convexe, en forme
de chapeau.
boursoufle, superposé au pied, de couleur jaune ou l)run-.iaunâlre. . Mitiula Fr.
Ordinairement comprimé enferme
de sp:itliule, déourrci: e sur les
deux côtés du pied SpathulariaPers.
Gélatineux; thètiues claviformes. . Leolin Hill.
I Chaniu-cireux ; ques
ihèques cylindri-
Vibriixea Fr.
Ed. Lef.
HELVELLE [Helvelta L.). ^ I. Botanique. Genre de Gliampignons-Ascoiiiycètes, qui a donné son nom au groupe des Ilelvellacés.
Les Helvelles se reconnaissent à leur réceptacle charnu, membraneux, toujours plus ou moins ondulé ou lobé, parfois comprimé en l'orme de mitre. Sa partie supérieure est entièrement recouverte par l'hyménium, qui est lisse, veiné, persistant et muni de tlièques fines, entourées de parapliyses ; sa partie inférieure est concave, stérile et saupoudrée d'une matière farineuse ou floconneuse. Le stipe, toujours central, est tantôt scrobiculeux, c'est-à-dire creusé de cavités longitudinales irrégulières, tantôt parcouru par des côtes longitudinales plus ou moins élevées.
Ces champignons croissent à terre dans les forêts, surtout dans les terrains sablonneux, plus rarement sur les souches putrescentes. Ils sont communs dans certaines contrées et se trouvent en touffes ou isolés. Dans ce dernier cas, on est toujours certain de rencontrer un autre individu à peu de distance. D'où est venu le proverbe populaire : « Qui trouve une helvelle peut chercher sa pareille. » On connaît seulement une quinzaine d'espèces d'Helvelles, dont quelquesunes possèdent des qualités alimentaires qui les font rechercher, surtout en Allemagne où leur consommation est considérable. Tels sont notamment VH. esculenta Pers., commun au printemps dans les forêts de pins, VII. crispa Fr., qui croît en automne sur la terre humide, dans les forêts, sous les broussailles, VH. ynonachella Fr. ou Helvelle religieuse, qu'on trouve surtout sur les montagnes boisées à sol sablonneux, et VH. lacunosa Afzl. ; cette dernière espèce est connue sous les noms vulgaires de Mitre (Vévéque, Morille en mitre, à cause de son réceptacle, dont les bords relevés simulent la mitre épiscopale; c'est VHelvella mitra de Linné et de Bulliard. Elle est transparente et fragile comme de la cire ; sa couleur générale varie du jaune blanchâtre au fauve roussâtre et parfois au brun presque noir. L'//. lacunosa Afzl. n'est pas rare au printemps et à l'automne dans les forêts des terrains sablonneux. Elle est aussi estimée que la Morille ordinaire [Morchella esculenta Pers.), avec laquelle on la trouve souvent mélangée sur les marchés.
Par contre, on signale comme vénéneux VH. suspecta Krombh., qui croît au printemps dans les forêts de pins ou de sapins. Cette espèce est facile à reconnaître à son stipe couleur de chair sale, quelquefois d'un violet foncé ou presque
660 HELVELLb; (bromatologie).
noir, et à son chapeau bi- ou trilobé, dont les lobes irréguliers, ondulés et d'un brun rougeàtre, sont couverts de côtes épaisses et de cavités étroites, mais profondes. Ed. Lef.
ji H. Broiiiaioiogie. La saveur des Helvelles est agréable et leur cliair rappelle celle de la morille. Auss^i Roques déclare que les Helvelles fournissent un aliment sain et que parmi elles on n'en connaît pas une dont la nature soit suspecte ou vénéneuse. Cette affirmation est contredite par les cas d'empoisonnements signalés à plusieurs reprises, après l'ingestion de ces champignons.
Il est vrai que dans le but de mettre hors d'accusation ÏHelvella lacunosa, la plus sapide et la plus recherchée de ces espèces, on a essayé de mettre ces accidents sui- le compte de Vllelvella suspecta, de Krombholtz. Justice a été faite de cette tentative et les intoxications observées se rapportent aussi bien à l'une ou à l'autre de ces deux espèces.
Empoisonnement par les Helvelles. Dans un mémoire publié en 1880 et traduit en partie dans le Bulletin de thérapeutique du 15 décembre 1883, M. Bostrœm donnait le récit de l'empoisonnement de deux enfants qui succombèrent après l'ingestion de ces champignons. 11 fit des recherches dans la littérature ol trouva des faits semblables, mais jusque là laissés dans l'oubli.
H y avait eu en 1844 deux empoisonnements de même nature : En 1846, on en comptait quatre, en 1855 deux et enfin trois en 1879. Néanmoins, ces chifires sont peu élevés, quand on les compare avec l'usage vulgaire des Helvelles dans l'alimentation.
M. Bostrœm considère l'Helvelle mitrée comme un champignon des plus vénéneux qu'on doit sévèrement exclure de la catégorie des champignons comestibles. Son principe toxique est soluble dans l'eau bouillante et sa nocivité diminuerait en raison même du temps plus ou moins long durant lequel on le soumet à la coction et en raison même de l'abondance de l'eau évaporée. La dessiccation fait disparaître ce principe toxique et sa destruction serait telle que l'Helvelle desséchée devient inoffensive. La cuisson dans l'eau salée conduit encore au même résultat.
Le principe toxique peut être obtenu sous forme d'un extrait en traitant le champignon par macération dans une petite quantité d'eau chaude. Mais, dans cette opération il ne faut pas oublier que ce poison est très-volatil et facilement décomposable.
M. Bostrœm n'a pas établi la nature de ce principe toxique. Existe-t-il dans l'Helvelle fraîche ou ne serait-il pas le résultat d'une altération ou d'une fermentation du champignon? Enfin ne rentrerait-il pas dans la catégorie de ces ptomaïnes dont on trouve des quantités notables, par l'analyse chimique, dans les autres champignons comestibles, comme l'Agaric de couche, par exemple. Les récherches de 3IM. Houdé et Roux sur les cryptomaïnes donnent quelque fondement à cette opinion. Dans ce cas, la toxicité des Helvelles serait d'autant plus grande que l'altération de leurs tissus serait récente. Plus tard, la putréfaction aidant, elle disparaîtrait. Dès lors, les empoisonnements par l'Helvelle comestible seraient dus à la même cause que les autres empoisonnements observés après l'intoxication des champignons comestibles d'espèces reconnues comme indifférentes.
En tout cas, il est prudent de ne consommer les Helvelles qu'après leur lavage
IIELVÉTIQUS (CONFÉDÉRATION). 661
en vase découvert dans l'eau bouillante, de les faire macérer dans l'eau salée et mieux encore de les modifier par une cuisson prolongée ou la dessiccation à l'air libre. Th. Éi,ov.
Buii.iOGRAPHiE. — RoQDES. lUstoire des Cliainpk/iions comestibles et vénéneux. Paris, 1842, '■1" édit. — Ebdixgiiam. Bic Pihe und Schwammc Deulschlands, 1879. — Bostbœm. Bulletin général de thérapeutique, 15 décembre 188"), p. 478. — Gal'tieii. J,es champignons, 1884, p. 289. — HouDÉ et Roux. Société d'hygiène, 1886. Ch. É.
HEliYÉTlQUE (Gox\fédération) OU SUISSE, en latin Helvetia, en allemand Schweiz.
Géographie politique. C'est une république fédérative de l'Europe centrale, bornée au nord par le grand-duché de iJade, dont elle est séparée par le Pdiin, au nord-est par le lac de Constance, qui la limite du Wurtemberg et de la Bavière ; à l'est par le Vorarlberg, la principauté de Licbtenstein et le Tyrol ; au sud par les Alpes rhétiques, qui la séparent de la Lombardie, et par les Alpes pennines. qui la séparent du Piémont ; à l'ouest par les départements français de la Haute-Savoie, de l'Ain, du Jura, du Doubs, et par l'ancien département du Haut-Rhin, dont elle est séparée par les Alpes, le lac de Genève, le lUiùne, le Jura et le Doubs.
Elle est comprise entre le 3'^ degré Ai' et le 8°, 5 de longitude-est d'une part et entre le 45°, 50' et 47°, 50' de latitude-nord d'autre part ; elle mesure 520 kilomètres de l'est à l'ouest, de l'extrémité orientale du lac des Grisons à l'extrémité occidentale du lac Léman, et 204 kilomètres du nord au sud, de l'extrémité septentrionale du canton de Scliaffouse à l'extrémité méridionale du canton du Tessin.
Orographie et Géologie. Les montagnes de la Suisse ont certainement subi avec le temps des modilications qui tiennent aux oscillations du sol, aux éro- .sions par les eaux, aux éboulis, aux avalanches. Elles semblent constituer à première vue un fouillis inextricable de hauteurs, mais avec un peu d'attention on peut reconnaître un système qui s'appuie sur un vaste massif central formé par le Saint-Gothard ; c'est vers lui que convergent les Alpes du Tessin, le massif du Simplon, l'Oberland bernois, le Titlis, le Tiidi, les montagnes des Grisons.
Les Alpes du Tessin présentent un de leurs sommets avec une élévation plus grande que le point culminant du Saint-Gothard (le Basodino a 5276 mètres), mais la plupart de leurs pics ne dépassent pas 2500 mèti'es. Ce groupe est constamment usé par les eaux d'orages, et cette érosion est facilitée par le déboisement intempestif auquel se livrent les Tessinois : aussi ce groupe est-il creusé de vallées et de ravins innombrables. La chaîne de Sotto Cenerc abrite contre les brises froides du nord la partie de la Suisse qui pénètre comme un coin dans l'Italie et fait de ce point un véritable jardin dont l'aspect et le climat tendent à rappeler la contrée voisine.
La chaîne des Alpes bernoises se relie au Saint-Gothard dont elle est séparée par la coupée du Grimsel ; c'est la contrée de l'Oberland bernois ou Haut-Pays de Berne. C'est dans ce groupe qu'on trouve les plus beaux glaciers des Alpes de l'Europe.
Les Alpes des Grisons se rattachent au Saint-Gothard par un de ses groupements d'où naît le Rhin postérieur ou Hinter-Rhein. Elles forment une vaste masse très-irrégulière et dont les crêtes sont blanchies par de nombreux glaciers.
Les montagnes du Jura ne sont pas comparables comme hauteur et comme aspect imposant à celles des Alpes dont elles sont séparées par les plaines occidentales de l'Helvétie ; le versant suisse est en moyenne plus élevé et plus régulier que la partie française, quoique celle-ci renferme les plus hautes cimes; il est vrai que celles de la Suisse leur sont de très-peu inférieures.
Le sol de la Suisse est surtout composé de granit dans les Alpes; il est plutôt calcaire dans le Jura. Sur les autres points, ce que l'on rencontre de préférence, ce sont les grès et les marnes. On trouve dans le Rhin et l'Aar en petite quantité des produits minéraux, tels que l'argent, le cuivre, le plomb et l'or. D'excellentes mines de fer sont en exploitation, et l'on utihse dans le Valais une mine de nickel.
L'ilelvélie possède en abondance des marbres estimés, de l'albâtre, des pierres meulières et calcaires, de l'ardoise, de la houille, du sel gemme. Les salines de Bex, qui étaient autrefois les seules exploitées, ont aujourd'hui bien diminué d'importance, surtout depuis qu'on retire le produit de celles qui se trouvent près de Bàle.
La Suisse compte, d'après Durand-Fardel, environ 550 sources minérales. On rencontre des eaux plus ou moins minéralisées sur tous les points du territoire, sur des arêtes des montagnes presque inaccessibles, dans des vallées trèshautes, dans la plaine, dans les marais, dans la profondeur des ravins. Leur composition et leur thermalité sont très-diverses.
Le plus grand nombre appartient à la classe des ferrugineuses bicarbonatées : telles sont celles de Blumenstein (Berne), Fideris (Grisons), Tarasp (Grisons), Saint-Moritz (Grisons), Stachelberg((!laris), etc. Les sulfatées calciques, empruntant souvent un caractère sulfureux à des circonstances accidentelles, forment une deuxième série très-intéressante ; citons seulement Baden (en Argovie), Louesche (Valais), Schinznach (Argovie), Weissembourg (Berne). Des eaux sulfatées mixtes, comme Pfàffers (Saint-Gall), Lavey (Vaud), présentent une minéralisation relativement faible, à laquelle suppléent, pour la première des propriétés de thermalité, et pour la seconde l'association d'eaux-mères provenant des sources chlorurées sodiques de Bex. Parmi les sulfatées, il en est de trèsmagnésiennes, celles de Birmenstorf (Argovie). Signalons enfin les eaux bicarbonatées de Saxons (Valais) et les chlorurées de Wildegg (Argovie), dont une notable proportion de bromures et d'iodures, concurremment avec des conditions spéciales de gisement, tendent à faire un type particulier au point de vue chimique et thérapeutique.
Les eaux froides sont les plus fréquentes en Suisse, mais il en est qui possèdent une température élevée; à Schinznach, on signale S5 degrés; à Pfâlfers, 58 degrés; Baden et Louesche atteignent 50 et 51 degrés. En général, il faut joindre à l'action médicatrice propre de ces eaux l'influence de l'altitude, qui ne saurait être négligée pour le choix des stations thermales. Les cures de pelit-lait et de raisin sont en grande faveur dans l'Helvétie et l'on y trouve beaucoup de localités oii il est possible d'associer cette méthode au traitement hydrominéral (Durand-Fardel).
Hydrographie. La Suisse est une des contrées les plus arrosées de l'Europe par ses lleuves, ses rivières, ses torrents, ses lacs et ses glaciers.
Le Tessin sort du mont Gries, d'où il va traverser le lac Majeur; sa portée moyenne est de 105 mètres cubes d'eau par seconde. La Verzasca a une portée de 10 mètres; celle de la Maggia est de 62 mètres. Ces deux rivières se jettent
dans le lac Majeur et y apportent avec le Tessin de nombreuses alluvions qui tendent à combler l'étendue d'eau, de sorte que telle localité qui jadis était un port se trouve aujourd'bui éloignée de plusieurs kilomèires du rivage; ces terrains constituent des marais d'une insalulirilé telle que les habitants sont obligés de quitter les basses plaines pendant l'été. Les bords du lac de Lugano au contraire sont beaucoup plus salubres et les alluvions apportées par les rivières y sont bien moins considérables.
Le Fdiône est en rapport avec les plus beaux glaciers de la Suisse, tels que celui d'Aletsch, ceux du mont Rose et le glacier du Rhône proprement dit; de ce dernier point, le fleuve commence déjà à s'élancer en torrent, puis il est en relation avec 260 autres glaciers; ceux-ci présentent quelquefois des barrages naturels qui, venant à céder tout à coup, entraînent de véritables débâcles et déterminent la formation de formidables avalanches. Après avoir reçu la Dranse, le Rhône change subitement de direction vers le nord-ouest, passe entre la dent du Midi et la dent de Mordes et s'étale ensuite dans une plaine d'alluvions formée par les débris séculaires charriés par le Rhône; il se déverse ainsi dans le lac Léman dont il tend graduellement à diminuer l'étendue.
Le lac Léman ou de Genève est le plus vaste de l'Europe occidentale. Sa superficie est de 578 kilomètres carrés; sa profondeur moyenne est de 150 mètres; sa profondeur extrême de 534 mètres. Ses eaux sont sujettes à un phénomène particulier noimué « seiches », qui consiste en une crue et une baisse subites ayant parfois 1 et même 2 mètres de hauteur. La forme du lac est celle d'un croissant; il dépend à la fois des chahies des Alpes et de celles du Jura.
Le lac de Neuchàtel, le ])lus grand des lacs situés en entier sur le territoire suisse, est probablement le vestige d'une mer intérieure qui comprenait les lacs de Bienne et de Morat, ainsi que les campagnes environnantes, et entre autres les vastes plaines aujourd'hui marécageuses qui s'étendent à l'est jusqu'à la vallée de l'Aar ; il paraît même qu'aujourd'hui encore pendant les années pluvieuses ces trois lacs peuvent se confondre ; les terres humides qui les entourent portent le nom de Seeland ou jjays du Lac; chaque jour par le drainage on en assainit des portions qui sont alors acquises à l'agriculture. Ces étendues d'eau ont bien diminué en surface depuis la période historique; des localités qui s'y baignaient en sont aujourd'hui éloignées de plusieurs centaines de mètres. C'est l'apport d'alluvions nombreuses par les ruisseaux et les rivières qui est cause de ce phénomène. Ces lacs seront encore amoindris lorsqu'on aura procédé à la correction des canaux de sortie; cette opération, tout enfaisant gagner des terrains à la culture, fera disparaître les marécages et rendra le pays plus salubre. Ces nappes d'eau servent de réservoirs qui atténuent les effets des crues violentes de la Thièle, qui se jette dans le lac de Neuchàtel, et de la Broyé, qui s'écoule dans le lac de Morat. Mais la rivière de l'Aar qui pénètre dans la contrée marécageuse du Seeboden, ne présente aucun diverticulum qui diminue l'intensité de ses crues souvent dévastatrices : aussi l'on a conçu le projet qui va être mis à exécution de creuser un canal par lequel la rivière se déversera dans le lac de Bienne. Le lac de Neuchàtel a une altitude de 455 mètres, une superficie de 250 kilomètres carrés, une profondeur maximum de 144 mètres et une profondeur moyenne de 75 mètres.
La rivière de l'Aar traverse, peu de temps après son origine, deux lacs qui jadis n'en formaient qu'un : les lacs deBrienz et deThoune ou Thun. Le premier
<io4 HELVETIQUE (CONFÉDÉRATION).
a une altitude moyenne de 565 nièlres, une superficie de 50 kilomètres carrés, une profondeur moyenne de 26 1 mètres et une profondeur maximum de 200 mètres; le lac de Thounc offre une altitude de 560 mètres, une surface de 48 kilomètres carrés et une profondeur maximum de 217 mètres. Le lac de Brienz reçoit l'Aar avec les boues qu'elle entraîne du glacier de CUnteraar, et la rivière de la Lutscliine alimentée par les vastes glaciers de l'Oberland, surtout ceux de Grindelwald; jadis cette dernière, transformée souvent en torrent, dévastait les can\pagnes-, on construisit alors un canal qui déversa directement ses eaux dans le lac. On a agi de même au sujet de la Kander, à laquelle on a creusé un lit se jetant dans le lac de Tlioune. Mais ces rivières entraînent dans ces nappes d'eau des masses considérables d'alluvion.
Le lac de Lucerne ou des Quatre-Cantons, traversé par la Reuss, présente quatre bras d'inégale étendue; les points de vue variés qu'il présente en font l'un des plus pittoresques de la Suisse. Son altitude moyenne est de 457 mètres, sa surface de 115 kilomètres carrés, sa pi'ofoiideur extrême de 200 mètres. Le lac de Zug a une surface de 58 kilomètres carrés et une profondeur maximum de 218 mètres.
Les lacs de Wallenslatt et de Zurich sont des étendues d'eau jadis unies, aujourd'hui séparées par des boues glaciaires et des alluvions. Le premier est resserré par des montagnes liantes et abruptes. Il a 28 kilomètres carrés de superficie. Le lac de Zurich eu a 88. A ce dernier fait suite la rivière la Limraat, qui se jette dans l'Aar.
Le lac de Constance est le reste d'une immense étendue d'eau qui s'étendait autrefois entre le Jura souabe et les montagnes du Tyrol; on peut constater dans ses eaux le phénomène des seiches ; pendant les froids rigoureux, il gèle sur ses rives et on l'a même vu se prendre en entier 5 fois dans les quatre derniers siècles. Son altitude est de 398 mètres ; sa superficie est de 559 kilomètres carrés et sa profondeur moyenne de 150 mètres.
Climatologie. De nombreux savants ont fait une étude sérieuse de la météorologie et du climat de la Suisse, depuis de Saussure et de Luc jusqu'à Wolf, Gautier et Lombard. C'est dans ce pays surtout qu'on a pu étudier le climat des montagnes, puisque l'altitude y commence à 200 mètres et s'étend à près de 500 mètres ; c'est là que se trouvent les habitations permanentes les plus élevées de l'Europe, et l'en a pu y observer l'influence des hauteurs sur la santé de l'homme et sur ses maladies. Du reste, ce climat, grâce aux mille accidents du terrain, présente la plus grande diversité. Il est plus rigoureux sur le versant septentrional des Alpes que sur la pente méridionale ; il est plus doux au bas des vallées profondes qu'au sommet des chaînes ; les parties affaissées sont protégées contre la brise, tandis qu'un vent violent s'engouffre à travers les cols élevés.
Les renseignements que donne Lombard sur la température sont très-intéressants et très-précis. Les extrêmes nous montrent une très-grande étendue dans l'échelle thermométrique, puisque le maximum de 56°, 2 a été observé à Berne (558), tandis que le minimum 50 degrés constaté dans la même ville diffère très-peu des 52 degrés au - dessous de zéro observés à l'hospice du Saint- Bernard.
La moyenne annuelle varie avec l'altitude. De 200 à 500 mètres sur le versant méridional des Alpes à Bellinzano et la Lugana, elle oscilla entre 12 degrés et 12",6. Entre 500 et 400 mètres on a encore pour Montreux (582 mètres)
HELVETIQUE (CONFÉDÉRATION). 665
une température annuelle de i0^7, tandis qu'Aarau n'a que 8%8. De 400 à 500 mètres on a 10 degrés pour Genève (408 mètres); les autres stations oscillent entre 8 et 9 degrés, se rapprochant plutôt de 8 degrés. De 500 à 000 mètres on ne trouve que deux stations qui dépassent 10 degrés : ce sont Marligny et Sion, l'une et l'autre situées dans le Valais, dont les régions basses sont réchauffées par les parois de rochers qui surplombent cette vallée. De 600 ■i 700 mètres une seule station dépasse 10 degrés : c'est Caslasegna, situé dans la vallée grisonne qui va de la Maleya à Chiavenna et par conséquent sur le versant méridional des Alpes. Les autres stations vont de 8 à 9 degrés, sauf une seule, Saint-Gall (G79 mètres), dont la moyenne annuelle n'est que de 7", 8; De 700 à 80U mètres on a deux stations : l'une, Brusio (777), dans la vallée de Poschiavo et déjà sur le versant italien : aussi sa température est-elle d'environ 10 degrés (9°, 9); l'autre, Affolten (795), dans le canton de Berne, n'a que 7",6. De 800 a 1000 mètres nous descendons à 7 degrés pour trois stations, Trogen (885), Uetliberg(87'i), au-dessus de Zurich, Vuadens (820), dans le canton de Fribourg, et à G degrés pour une seule, Einsicdeln, à 900 mètres. De 1000 à 1200 mètres la moyenne est de 5 à 6 degrés, et plus souvent 5 degrés que 6. De 1200 à 1400 mètres on observe une fois de 4 à 5 degrés, deux l'ois de 5 à 6 degrés, et une seule fois plus de 6 degrés : ainsi à Beckingen (1559), dans le Valais, on ne compte que 4°,6, et ù Churwalden (1212), dans les Grisons, la moyenne dépasse G degrés (6", 2). De 1400 à IGOO mètres elle oscille entre 3 et 4 degrés; c'est Andermatt (2448), dans le canton d'Uri, qui a la température la plus basse (o",o). De 1600 à 1800 mètres nous trouvons une fois l^.Q à Devers (1715), dans les Grisons; les autres stations sont à 2 ou à 5 degrés; il eu est même une, Gracchen (1632), dans le Valais, où la moyenne est de 4", 6. De 1800 à 1900 mètres, il n'y a qu'une seule station, Sils Maria (1810), dans l'Engadine, qui dépasse 2 degrés (2^,1), tandis qu'à l'hospice de Grimsel (1874), dans le canton de Bei'ne, la moyenne est de 1",0. De 2000 à 2300 mètres on compte quatre stations dont une seule a une moyenne au-dessous de zéro : c'est l'hospice daSaint-Gothard (2095); le passage du Julier (2244), quoique beaucoup plus élevé, n'a pas une température aussi basse, quoiqu'elle s'approche beaucoup de 0°,1 ; l'hospice du Simplon (2008), a même 1°,6, et celui du Bernardin (2070), dans les Grisons, 1",1. Enfin l'habitation permanente la plus élevée de toute l'Europe, l'hospice du Saint- Bernard (2478), compte presque 1 degré au-dessous de zéro (0°,4). Telle est la température moyenne des différents points de la Suisse classés d'après l'altitude (Lombard).
L'élévation des chaînes de montagnes, formant un obstacle à la marche des vents et à celle des nuages, donne à la Suisse une humidité bien plus considérable que celle des pays voisins. Les plaines marécageuses, les vastes lacs, les vallées profondes, sont couverts de brouillards. En général, le ciel est plus pur au sommet des chaînes que vers le milieu de leur pente, car la zone marécageuse se tient volontiers à mi-flanc des monts.
Eu égard à l'étendue de son territoire, l'Helvétie est le pays de l'Europe qui reçoit la plus grande quantité de pluie.
Le nombre des jours de pluie et hpiireté du ciel sont très-variables en Suisse suivant les localités. A Genève on compte environ cent dix-sept jours de pluie ou de neige et vingt-six de brouillards.
Dans rilelvétie, comme en France et en Allemagne, le courant général des
vents se fait du sud-ouest au nord-est et du nord-est au sud-ouest ; néanmoins le règne des vents est variable, en raison de la présence d'obstacles sans nombre qu'ils pensent rencontrer dans leur direction. Souvent des sommets élevés empécbenl la brise de passer d'une vallée dans une autre et abritent parfaitement certains cirques où la température devient plus constante.
La pression atmosphérique, OMivQ ses variations diurnes ot annuelles, est aussi fort différente suivant l'altitude des divers points de la Suisse. Ainsi il est évident ([ue le baromètre est plus élevé dans les plaines basses du Tessin a 200 ou r»00 mètres au-dessus du niveau de la mer qu'à l'bospice du Saint-Bei'nard. qui est situé à 2478 mètres de bautcur.
Si les saisons sont bien marquées dans les plaines, l'été existe à peine dans la zone montagneuse et la partie inférieure de la zone alpine, et il disparaît complètement dans la région alpine supérieure où il n'y a guère que le printemps et riiiver.
C'est pendant l'été et une partie de l'automne que se développent ces torrents impétueux dont les ravages sont plus considérables que ceux des orages et des avalancbes.
Les éhoulemenlf. des montagnes déterminent quelquefois des catastrophes épouvantables (|ui ont en Europe un long retentissement.
Les avalanches, énormes courants de neige, produisent trop souvent de terribles effets ; ils se présentent fréquemment avec une régularité telle qu'ils peuvent être prévus à une semaine, à un jour près.
Flore et faune. Les Alpes suisses présentent des aspects variés au point de vue de l'histoire naturelle, et les différences sont telles qu'on est obligé d'étudier des zones limitées, lesquelles sont déterminées par l'altitude et non par la constitution minérale du sol. Ces régions alpestres sont aussi distinctes les unes des autres que la montagne l'est de la plaine qu'elle domine. Ce sont les plantes qui indiquent les zones ; quelques végétaux présentent en effet une préférence marquée pour certaines altitudes.
Les montagnes eu général s'étendent au loin dans la plaine en s'abaissant progressivement; cette région dont la hauteur va ordinairement jusqu'à 850 mètres ne peut pas être considérée comme une région montagneuse. La faune et la flore sont celles de la plaine. C'est au-dessus de ce point que la région montagneuse se dessine d'une manière caractéristique et unit par se joindre à la zone alpine.
Lu partie montagneuse s'é\è\e insqn'k 1350 mètres: ce sont les sommets les moins élevés ou les lianes de massils imposants. Là, la végétation et la faune sont d'une grande richesse. Le pays des Grisons abonde en vallées et il n'y a qu'une portion relativement très-restreinte de son territoire qui n'appartienne pas à la région montagneuse : aussi c'est dans ce point que cette zone a pu être bien étudiée, et cela d'autant mieux que ce canton est le plus abondant en animaux caractéristiques des Alpes et que c'est un sol inépuisable au point de vue de l'histoire naturelle. Diverses circonstances exercent une influence marquée sur la nature et le caractère de la végétation dans la région montagneuse, ce sont la température moyenne de l'année, les températures extrêmes des mois et des jours, la direction des vents, l'épaisseur de la couche de terre végétale, la composition minérale du sous-sol, l'orientation des vallées, l'exposition des coteaux, l'abaissement de la pression atmosphérique, l'élévation et la distribution de l'hygrométrie de l'atmosphère.
IIELVÉTIOUE (CO.\FÉDÉRATIOA). 667
Ainsi que le fait remarquer Tschudi, dès qu'il s'agit du développement végétal dans la zone montagneuse, il devient impossible de iixer d'une manière précise et mathématique la limite qui sépare cette région de la région inférieure des collines. Sur le revers méridional des Alpes, la végétation de la chaude Italie remonte bien plus haut que celle du plateau suisse sur leur versant septentrional.
Dans toute la région montagneuse de la Suisse, dans le Jura comme dans le Tessin, dans le Valais aussi bien que dans l'Appenzell, l'élément essentiel des forêts est constitué par des conifères. C'est surtout le sapin qui domine et plus particuhèiement le louge. Dans quelques districts le mélèze se rencontre tout aussi abondant, mais dans d'autres il est totalement inconnu, à moins qu'il n'ait été importé par la main de l'homme. Au milieu des grandes forêts de sapins on rencontre isolés des pins, des genévriers, quelques ifs, des sapins blancs ; dans les forêts inférieures, comme au Valais, par exemple, on trouve beaucoup de sabines {Juniperus sabina).
Ce sont le hêtre et l'érable qui constituent les arbres les plus remarquables de la région montagneuse, comme le chêne et le tilleul sont les plus beaux arbies du bas pays.
Au centre des forêts, on ne trouve guère que des végétaux de petite taille et une multitude de mousses, de lichens et de champignons ; on y rencontre pourtant quelques rosiers sauvages. Sur la lisière des forêts et au milieu de certains pâturages on observe des clématites et des cytises.
De nombreux buissons croissent sur les bords sablonneux et rocailleux des ruisseaux; ils se couvrent avec abondance de fruits comestibles et sont entourés d'une grande quantité de Labiées, de Crucifères, de Rosacées, de Scrofulariées et de Eieraciums. Les arbres forestiers sont aussi entourés de plantes variées; les Renonculacées, les Gentianées, les llubiacées, les Synanthérées, dominent dans les bois feuillus. Le tapis végétal diinsles bois de Conifères est surtout constitué par des Renonculacées, des Orchidées, des Oxalidées, des Rubiacées, des Pyrolacées, des Synanthérées et des Scrofulariées. Dans les fentes des rochers poussent des Saxifrages, des Thyms, des Campanules, des Hieraciums, des Silènes et des Graminées.
La nature minérale du sol exerce une inlluence importante sur la nature de la floie. Ainsi on a démontré que les Graminées, les Campanulacées et les Légumineuses, diminuent proportionnellement plus vite sur les terrains calcaires que sur les schisteux, tandis que les Saxifrages et les Crucifères y sont plus abondants. La flore des rochers et des terrains d'éboulis calcaires est plus variée que celle des pâturages, dit Tschudi, les plantes de la plaine ne s'élevant pas aussi haut sur les terrains calcaires que sur les sols schisteux, et enûn le calcaire possède un plus grand nombre d'espèces particulières. Ainsi la bruyère rose [Erica carnea) y couvre de vastes surfaces, le rhododendron hérissé, la gentiane ciliée {Gentiana ciliata), l'astrance majeure {Astrantia major), le bois-gentil (Daphne niezereum), la dryade à 8 pétales {Dryas octopetala), recherchent surtout ce terrain, tandis que le rhododendron ferrugineux, l'azalée rampante {Azalea procumbens), croissent de préférence sur les schistes. Le châtaignier ne croît nulle part sur le terrain calcaire.
Les familles végétales qui contiennent les plus nombreuses espèces dans la région montagneuse sont : les Papilionacées, les Rosacées, les Crucifères, les Renonculacées, les Alsinées, les Ombellifères, les Gentianées, les Aubiacées, les
'-'OS HELVÉTIQUE (COiNFEDERATION).
Labiées, les Scrofulariées, les Synanlhérées, lesGampanulacées, les Orchidées, les Salicinées, les Graminées et les Cypéiacées. Certaines d'entre elles, sont caractérisées |iar plus de 50 à 60 espèces. Près de 1000 espèces piianérogames couvrent les montagnes de la Suisse.
On peut dire en général que les cultures sarrêtent à 1200 mètres : par conséquent près de la moilié de la Suisse se trouve au-dessus de la zone cultivable; et, quant à ce qui est au-dessous, une grande partie est inculte, occupée par des lacs, des rochers et des lorèls. Les champs cultivés occupent seulement un septième de la superficie, ce qui fait de l'Helvétie le pays d'Europe où l'agriculture a le moins de développement après la Norvège. En revanche, les bois s'étendent sur plus d'un sixième du territoiie, les pâturages sur plus d'un tiers.
11 est bien plus difficile de limiter l'habitat des espèces animales que celui des espèces végétales. Les premières eu effet émigrent, changent de localité sous des influences diverses, le froid, la chaleur, la recherche de leur nourritare, lu chasse que leur font d'autres animaux; certains oiseaux parcourent annuellement des régions immenses comprenant de nombreux degrés de latitude, la Suisse en voit à certaines épo(|nes qui lui viennent soit de la Scandinavie ou du nord de la Russie, soit de l'Italie, de la Grèce ou même de l'Afrique.
La faune dans les montagnes est moins riche que dans la plaine; plus les hauteurs sont considérables, moins elles nourrissent d'êtres vivants.
On ne connaît pas encore tous les animaux inférieurs qui vivent en Suisse. On sait que parmi les Invertébrés ce sont les Articulés qui par leur nombre occupent la première place ; et dans ce groupe les insectes l'emportent par la variété et la multitude des espèces. Ainsi, d'après le docteur Heer, qui a fait une étude approfondie de la faune du canton de Claris, celui-ci renferme 5600 espèces d'animaux, savoir: 215 Vertébrés, oOOO Articulés, 50 Vers, 100 Mollusques et 200 Zoophytes. Les articulés forment donc presque les neuf dixièmes de la faune. Dans ce chiffre, 500 espèces appartiennent au groupe des Arachnides, 50 à peu près à celui des Crustacés; mais les insectes sont au nombre de 4600, parmi lesquels 1500 Coléoptères, 1000 Diptères, 800 Lépidoptères, 800 Hyménoptères, 100 Névroptères, 100 Orthoptères et 500 Hémiptères.
Parmi les Vertébiés, la classe des oiseaux présente à elle seule plus d'espèces que les autres réunies; ensuite viennent les Mammifères, enfin les poissons et les amphibies.
La zone montagneuse n"offre guère de lames cours d'eau ni de bassins considérables ; c'est ce qui explique la faible abondance des poissons. Dans les baies profondes qui décuupent les bords des lacs vit la lole {Lota vidgarh): la perche [Perça fluvialis) est assez, commune. Dans la plupart des ruisseaux on trouve le petit véron {Phoxinus varius) et le chaboisseau [Cotlusgobio). Les eaux de la Suisse nourrissent encore la tanche {Tinca chnisitis), le nase {Chondrostoma nasus), l'ablette {Alburnus lucidits), le rouvière {Rhodeus amanis), l'ombre {Tliymallus vexillifer).
Mais le genre de poisson le plus fréquent de tous dans la zone montagneuse est la truite de rivière, ainsi que la truite saumonée {Salmo trutta). Le saumon [Sahno salar) vient déposer à la fin de l'automne de nombreux œufs dans le:rivières et les lacs, de même que le saumon argenté {Salmo lacustris}.
HELVETIQUE (CONFEDERATION). 669
Les Batraciens sont nombreux dans la région montagneuse et spécialement les grenouilles.
L'espèce de Serpents la plus abondamment répandue est l'orvet, (jui est totalement inoffensif. 11 n'y a qu'une seule espèce de vipère, la vipère rouge (Vipera Redii), mais elle est très-venimeuse.
La Suisse est le rendez-vous des oiseaux du nord et du midi; les uns viennent des glaces du pôle, les autres des sables brûlants de l'Afrique. D'après les observations faites jusqu'à présent et consignées par Tschudi, il y aurait un peu plus de 80 espèces sédentaires et environ 2-^6 espèces de passage régulier et accidentel; 117 espèces disparaissent pendant l'hiver et sont remplacées en automne par 110 espèces venues du nord; mais ces dernières ne comptent pas. à beaucoup près un aussi grand nombre d'individus (ju'en comptaient les espèces qui ont émigré au midi. Aussi y a-t-il en hiver diminution du nombre des oiseaux en Suisse, et cette diminution assez marquée dans la plaine l'est bien davantage sur les hauteurs.
Parmi les 25 espèces de canards qui fréquentent les lacs de la Suisse, une seule, le canard sauvage {Anas boschas), se baigne dans les eaux de la région montagneuse.
Les oiseaux de marais apparaissent plus régulièrement, mais beaucoup d'entre eux ne font pas de longues haltes.
Certains oiseaux coureurs, tels que le Cnrsorius isabellinus, l'outarde {Olis fe(ra.r), sont très-rares et ne se rencontrent que tout à fait accidentellement dans la montagne ; ils préfèrent la plaine.
Les espèces vraiment caractéristiques de la région montagneuse appartiennent surtout au groupe des Gallinacées ; la caille babite de préférence les moissons de la plaine, mais se rencontre aussi dans les collines. Les forêts sont animées par le coq de bruyère et la gélinote ; en revanche, la perdrix ne quitte pas la plaine ; cependant on peut voir quelquefois la perdrix rouge sur le Jura vaudois et genevois.
Il Y a peu de pigeons dans la zone montagneuse : ainsi le Columha œnas, le rumicv (Coliimba palianbiis), existent plutôt dans la région des collines. Les forêts sont iiabitées par de nombreux oiseaux grimpeurs. Le plus grand nombre des oiseaux des montagnes de la Suisse appartient à l'ordre des Passereaux.
Nous arrivons maintenant à la famille des oiseaux de proie nocturne. Le grand-duc vit disséminé dans la zone montagneuse ; le moyen-duc est le plus commun des ducs; le hibou scops [Strix scops) est rare dans le nord de la Suisse et dans le Jura. De toutes les chouettes, la plus répandue dans les régions élevées est la hulotte {Symium aluco) ; le Nyclale dasypus atteint même la
zone alpine.
Les oiseaux de proie diurnes sont, au rapport de Tschudi, proportionnellement aussi nombreux dans la montagne que les oiseaux de nuit, tout en y étant moins variés que dans la plaine.
• La région montagneuse est très-pauvre en aigles.
Le vautour d'Egypte {Neophron pei^cnopienis) ne niche nulle part en Suisse, si ce n'est sur les escarpements calcaires du Salève, près de Genève; c'est une anomalie de la faune suisse, comme du reste le vautour griffon.
Comme on vient de le voir, la faune des montagnes présente une immense richesse, et cependant la plaine compte au moins deux fois autant d'espèces
tl'oiseaux. D'après Tschudi, un vingtième tout au plus des coureurs, des échassiers et des palmipèdes, fréquente régulièrement la montagne. Les fouvettes, les pluviers, les milans, les busards, les jaseurs, les gobe-mouches et les becsiins, n'y pénètrent presque jamais. Quant aux bruants, pies-grièches, pit-pits, hirondelles, éperviers, hiboux, chouettes, faucons et buses, ils y sont représentés tantôt par un petit nombre, tantôt par un chiffre plus considérable d'espèces. Les oiseaux les plus communs dans les montagnes et en même temps ceux qui y caractérisent le mieux la faune sont les pinsons, les coucous, les pics, les gallinacées, les bergeronnettes, les grives, les traquets, les corbeaux, les corneilles, les chouettes et les oiseaux de proie. Dans la région montagneuse en Suisse il n'existe nulle part d'espèces particulières d'oiseaux qui n'aient été signalées dans des pays voisins à des niveaux correspondants l't il en est fort peu qui n'apparaissent au moins de temps en temps dans la plaine.
11 nous reste à parler maintenant d'autres animaux plus importants à connaître et particulièrement dos Mammifères. Parmi les 450 espèces de Vertébrés signalés en Suisse, dit Tschudi, les amphibies sont les moins nombreux en espèces (52), puis viennent les poissons (42), ensuite les Mammifères (45), tandis que les oiseaux comptent 510 espèces, c'est-à-dire presque trois fois autant que les trois autres classes réunies.
Les Mammifères, sont à peu de chose près, aussi abondants sur le revers septentrional des Alpes que sur celui qui regarde au Midi. Les hérissons, les musaraignes, ne sont pas rares. La taupe habite non-seulement les prairies et les pâturages, mais elle monte même jusque dans l'Alpe au-dessus de la limite des forêts. Parmi les animaux de proie, les uns vivent dans l'eau et d'autres sur terre. Les premiers sont très-peu nombreux en Suisse, où les étendues d'eau ne sont pas considérables ; nous ne pouvons ranger dans cette catégorie que la loutre. Les Carnassiers terrestres qui habitent la zone montagneuse ne sont pas très-abondants; les plus volumineux appartiennent aux genres chien, chat, ours et blaireau ; les plus petits au groupe des martres. Le chat sauvage est le plus rare des carnassiers de la Suisse, il vit dans les forêts de la montagne et même de la plaine; il en est de même du lynx, mais, comme les ours et les loups, il préfère les régions inférieures de la zone alpine. Le blaireau au contraire est plus commun dans la zone montagneuse que partout ailleurs. Le renard, le plus abondant des carnassiers, habite indifféremment la plaine, la montagne ou les régions plus élevées. La marmotte s'endort pendant l'hiver, cachée au fond de son terrier; le loir, le lérot et le muscardin, ne tombent en léthargie que pendant une partie de la saison hivernale ; l'écureuil dort fort peu à ce moment et les souris des champs ne s'engourdissent pas du tout. Les écureuils abondent dans les forêts à climat tempéré. Les lièvres sont chassés sur les hauteurs, mais ils sont plus fréquents dans la plaine. La zone montagneuse est très-pauvre en Ruminants sauvages, le bouquetin n'habite que les massifs alpins élevés. Le chamois des forêts préfère la même région ; les chevreuils sont très-disséminés et ont disparu dans quelques districts.
La région alpine s'étend en hauteur entre 1500 mètres comme limite inférieure et 2500 ou 2600 mètres comme frontière supérieure, suivant le niveau admis de la zone des neiges et selon que l'on a affaire aux versants méridionaux et septentrionaux. Celte région offre une variété d'espèces végétales moins considérable que dans la montagne et dans la plaine. Elle peut être divisée en deux
parties distinctes : en effet, entre 1600 et 2000 mètres, les forêts disparaissent pour laisser la place à des buissons et à des arbustes rabougris. Le déboisement des hautes régions est très-considérable et d'anciens documents montrent que de vastes forêts ont laissé aujom'd'hui la place à un sol dénudé ; ce dépérissement des bois est dû à l'imprudence avec laquelle on a abattu des arbres pom^ le chauffage, la construction, etc., sans songer à les remplacer, et peut-être aussi, d'après quelques naturalistes, à un refroidissement passager de la température générale. Jadis, ainsi que le prouvent les troncs d'arbre enfouis dans les tourbières, les bois recouvraient les versants du val Piora et du Lukmanier. La limite supérieure des forêts était d'au moins 2200 mètres, tandis qu'aujourd'hui elle est inférieure de 400 mètres.
Les forêts de la zone alpine ont un aspect tout différent de celles de la x'égiou montagneuse; elles sont surtout beaucoup plus clairsemées et la végétation est moins prospère.
Les vrais arbres de l'Alpe sont les Conifères. Dans la partie ouest et nord des Alpes, les sapins rouges constituent l'élément principal des forêts ; dans les Grisons, au contraire, oii ils montent jusqu'à 2050 mètres, comme dans l'Oberland bernois, et même à 2200 mètres dans le Munsterlhal, ils sont mélangés aux pins, aux mélèzes et aux aroles. Si dans la région montagneuse les sapins prédominent, ils cèdent la place aux mélèzes dans la zone alpine; dans quelques localités de l'Engadine sur le revers méridional des Alpes, ceux-ci vont jusqu'à 2400 mètres. Le pin ordinaire [Pinifs sijlve^lris) est le moins commun des Conifères, il atteint sur quelques points la région alpine.
Dans les plaines et dans les forêts alpines, le nombre d'espèces des plantes phanérogames et des cryptogames est à peu près le même, mais plus haut le rapport change; avec la disparition des forêts disparaissent également beaucoup de Cryptogames, tels que fougères, champignons, et de plus les mousses et les lichens qui croissent sur les arbres. Mais, plus près de la région des neiges, l'équilibre se rétablit, puis plus haut encore les Cryptogames l'emportent à leur tour.
Les familles de plantes Phanérogames qui sont le plus richement représentées dans la zone alpine sont les Graminées, les Cypéracées, les Juncacées, les Orchidées, les Liliacées, les Composées, les Salicinées, les Polygonées, les Primulacées, les Labiées, les Ombellifères , les Gentianëes, les Scrofulariées , les Renonculacées, les Crucifères, les Alsinées, les Papilionacées, les Silenées, les Rosacées et les Saxifragées.
Dans la zone alpine, l'agriculture ne donne d'heureux résultats que dans quelques rares vallées privilégiées des Alpes rhétiques. C'est dans les Grisons que la culture des céréales arrive au niveau le plus élevé ; c'est l'orge qui atteint les plus grandes hauteurs. Du reste, il n'est pas de contrée en Europe où la culture végétale s'élève à des points si hautement situés. Le travail acharné du montagnard réussit à faire croître quelques légumes, même à juf, bien audessus de la zone moyenne des forêts.
Dans la région alpine, la faune change comme la flore, et le nombre des espèces s'atténue considérablement; cette diminution se constate particulièrement sur les Vers et les Mollusques, et l'on ne trouve guère d'espèces spéciales à cette zone.
Les Articulés sont plus nombreux et un tiers est constitué par des espèces particulières à l'Alpe.
672 HELVÉTIQUE (COWFÉDÉRATIOxN).
Les Hyménoptères sont rares au-dessus des forêts.
Les Papillons sont peu nombreux, surtout les Htpparchin : les papillons de nuit ne dépassent pas la limite des forêts.
Les Coléoptères sont les plus communs des Insectes de l'Alpe.
Les Oiseaux sont encore les plus fréquents des Vertébrés de la région de l'Alpe; néanmoins au-dessus des forêts on ne trouve plus qu'un quart des espèces qui sont indigènes dans la région montagneuse ; cette diminution porte particulièrement sur les oiseaux de passage.
Parmi les Mammifères, un certain nombre de ceux que nous avons notés dans la région montagneuse s'arrêtent à la limite des forêts ou la dépassent.
Les Chamois se voient pendant l'été jusqu'à près de oOOO mètres ; ils descendent plus bas dans la saison froide. Le chasseur a repoussé les bouquetins vers la région des neiges.
C'est dans cette zone que se retirent les loups et les loups-cerviers, les lynx et les ours ; ils échappent à la poursuite de l'homme en se réfugiant dans les antres et les cavernes des plus grandes hauteurs.
L'étendue et la richesse des pâturages favorisent la propagation des bestiaux, qui sont parfois remarquablespar leur taille ; les vaches sont renommées, surtout celles à petites cornes de la vallée de Gruyères. Les chevaux ne sont pas élégants, mais ils sont solides à la fatigue. Les mulets constituent, dans les montagnes, le moyen de transport le plus assuré.
ExHiNocnAPHiK, On peut établir qu'aujourd'hui les Allemands constituent plus de la moitié de la population, les Romands ou Français environ un tiers, les Italiens et les Grisons seulement un cinquième du nombre total.
La répartition des habitants de la Suisse suivant les langues est la suivante :
HabitaïUi variant l'allemanJ 2,030,79-2 soit 71,5 pour 100.
— le français 60S,0O7 — 21,4 —
— l'italien 161,^-23 — 3,7 —
— le romanche 58,70j — 1,4 —
— d'autres langues. . . . 6,075 — 0,2 —
Aujourd'hui les limites des différentes nationalités en Suisse tendent à s'effacer, les races s'entre mêlent de plus en plus, ainsi qu'on peut s'en assurer par un coup d'œil jeté sur une carte de la répartition des langues.
Au point de vue des religions, la population de la Suisse se décompose ainsi en 1880 :
rroteslants 1,667,109 soit 58,6 pour l(>o.
Catholiques 1,lt]0,782 — 40,8
Israélite,- '>57ô — 0,2 —
Confession autre ou non indiquée 10,858 — 0,4 —
Comme à tous les recensements précédents, le chiffre des protestants a de nouveau diminué en apparence, c'est-à-dire par rapport à la population totale (58,6 pour 100 en 1880, 58,7 en 1870, 58,8 en 1860, 59,5 en 1850), mais la vérité est qu'il ne s'est pas accru dans la même mesure que le chiffre de la population catholique. Ce n'est pas là l'effet d'une fécondité moindre de la population protestante, mais de son plus grand excédant d'émigration.
Les Suisses sont en général très-robustes ; ils puisent leur force dans l'air pur des montagnes et savent la développer par des exercices gymnastiques ; leurs traits son't ceux des montagnards, ils sont accentués, mais manquent de
finesse et d'élégance. Ce peuple est éminemment pratique et ne se laisse pas détourner par des idées chimériques ; il se décide lentement, mais il est persévérant dans sa conduite.
Les bonnes mœurs sont habituelles dans la Confédération helvétique; on en a pourtant exagéré un peu la pureté. Le Suisse est franc ; il ne dissimule pas sa pensée, il ne sait pas composer son visage.
Les divers cantons se distinguent par des costumes particuliers que l'on peut remarquer surtout chez les femmes; malheureusement le nombre de ceux qui les portent diminue de jour en jour et le vêtement pittoresque des ancêtres fait place peu à peu à l'habillement monotone des citadins de nos jours.
Un des principaux traits du caractère national c'est l'amour de la patrie suisse, l'attachement au canton, le respect pour les anciennes coutumes. L'instruction et l'éducation y sont plus répandues que partout ailleurs, non-seulement chez les citadins et les habitants des plaines, mais même aussi chez les paysans et les montagnaids. Les exercices de force et d'adresse sont en grand honneur ; de nombreuses sociétés de tir et de gymnastique fonctionnent régulièrement.
La Suisse est sans contredit un des pays de l'Europe oiî l'instruction est le plus répandue. Il existe eu effet 7000 écoles fréquentées par 420000 élèves.
L'instruction est obligatoire dans tous les cantons; elle est gratuite dans les écoles publiques. L'instruction primaire en Suisse est complétée par les écoles primaires supérieures, les écoles commerciales, agricoles et industrielles. Des lycées ou gymnases fournissent l'instruction secondaire et des écoles normales forment des instituteurs.
En revanche, l'instruction supérieure a laissé longtemps à désirer, et cela se conçoit, si l'on considère que la Suisse est un pays pauvre et qu'il faut de grandes ressources pour établir et faire prospérer de grandes facultés. Néanmoins aujourd'hui l'Hehétie possède de solides facultés des lettres, des sciences, de droit et de médecine ; elle a su attirer de brillants professeurs provenant de la France, de l'Alsace-Lorraine, de l'Italie. Les facultés de Genève sont actuellement suivies par des étudiants russes, américains et même allemands.
Démogr.\phie. On a fait jusqu'à ce jour en Suisse quatre recensements officiels; le tableau suivant donne le chiffre de la population à ces diverses époques :