L. Hy
noiiv (Je.vn-.Ucques-Louis). Chirurgien français, né à Dijon, le 10 avril 1722, mort vers 1772, était gradué de Dijon, chirurgien externe du grand hôpital, memhre de l'Académie de la même ville, associé de l'Académie royale de chirurgie. Il est surtout connu pour ses excellentes recherches sur les hernies du vagin et, du périnée (insérées dans Leblanc, Nouv. méthode de traiter les /ienues), pour ses observations sur la cataracte rayonnéeetla cataracle secondaire {Mercure de France, août 1759 et mars 1760), pour ses remarques sur Topération de la taille chez la femme {Mém. de VAcad. de Dijon, t. I, p. 195), enfin pour ses recherches sur le spina-bifida {ibid., t. H, p. 105), etc., etc. L. Hn.
noLCUS. Voy. IIoui,QUE.
BOLIGARIKA (Ham.)- Genre de Térébinthacées-Anacardiées, à fleurs 5- mères, polygames; le réceptacle concave, des pétales supères et un ovaire uniloculairo et uniovulé. Le fruit est une drupe, à mésocarpe résineux, peu épais, à noyau coriace. La graine descendante a un embryon charnu, sans albumen, à radicule supère. Ce sont de grands arbres de l'Inde orientale, à feuilles alternes, entières et coriaces, à pétiole articulé et portant 2 glandes ou 2 soies. Les fleurs sont en grappes plus ou moins composées et cymigères. VHoligarna racemosa Roxb. a un réceptacle fortement concave, qui s'élève autour du fruit et qui renferme un suc résineux, acre et irritant, noircissant à la lumière. On emploie ce suc, uni à celui du Semecarpus Anacardivm, pour préparer d'excellentes teintures. Frais, le suc est réputé un excellent topique contre les douleurs qui accompagnent la carie dentaire; à cet égard, ÏHoligarna est encore comparable aux Anacardiiim et aux Semecarpus. H. B-v.
BiBLiOGE.vPHiE. — Ham., in Boxb. Plant, coromand., III, 79, t. 282; FI. ind., II, 80. — DC, Prodr., II, 62. — Endl., Gen., n. 5914. — Benth. et Hook. f., Geii. plant., I, 425, n. 28. — L. March., Ànacai-diac., 69, 72. — Rosextii., Stjn. plant, diaphoi:, 853. — H. Bn, Hist. des pL, V, 276, 305, 325. H. Bn.
noLLAXD (Henry). Né le 27 octobre 1788 à Knutsford, dans le comté de Ghester. 11 fit ses études à Edimbourg, puis voyagea en Portugal, en Sardaigne, en Sicile et en Grèce. Établi à Londres pour y exercer la médecine, il devint compagnon du Collège des médecins, fut attaché à la maison de la princesse de Galles, puis nommé, en 1 855, médecin extraordinaire du roi Guillaume IV, en 1857, médecin de la reine Victoria, en 1852, premier médecin ordinaire, enfin fut créé baronnet en 1855. Il fit encore divers voyages dans l'Amérique du Nord, aux Indes Occidentales, en Russie, en Islande, etc., et mourut à Londres le 27 octobre 1873. Outre une thèse intéressante : De morbis Islandiœ, Edimbourg, 1811, in-8°, il a publié Médical Notes and Reflections. Londres, 1839,
'- HULLAINDE 191
in-S". — Chapters on Mental Phydology. Londres, 1852, in-8". — Recolleclions of Past Life. Londres, 1872. — Fragmentarij Papers on Science ani other Subjects. Londres, 1875, ouvrage publié par son fils. A. D.
HOIXAIVDE 00 PAYS-BAS. Hollande est le terme sous lequel est le plus connue en France la contrée que nous allons étudier; la véritable dénomination devrait être ^eerlande, mot hollandais qui signifie exactement Pays-Bas; le nom de Hollande [hol-land, terre creuse) est seulement celui de la province la plus importante et dont l'appellation s'est étendue par l'usage à tout le pays.
C'est un des Etats du nord-ouest de l'Europe; il est composé de deux parties séparées, les Pays-Bas proprement dits et le grand-duché de Luxembourg, qui a une administration particulière. La première portion, de beaucoup la plus importante, est bornée au nord et à l'ouest par la mer du Nord, à l'est par les provinces prussiennes de Hanovre et de Westpbalie, au sud-est par la Prusse Rhénane et au sud par la Belgique. Elle est située entre 49» 28' et 50° 13' de latitude nord, 1" 4' et 4° 55' de longitude est. La superficie est de 3 417 535 hectares.
Géologie. On peut diviser la Hollande en trois régions géologiques : la zone alluvionnaire, la zone tourbeuse et la zone montagneuse; la dernière n'occupe qu'un petit point au sud, tandis que les deux premières constituent la presque totalité de cette contrée, dont la surface est en général si éminemment plate et uniforme.
La Hollande alluviale, traversée à l'orient par des rivières médiocres, au midi par les bras nombreux de la Meuse, du Rhin et de l'Escaut, comprend près de la moitié du territoire néerlandais et surtout celui situé à l'est, au sud et à l'ouest du Zuiderzée. Ces fleuves et l'océan ont tour à tour recouvert le pays, qui a conservé l'horizontalité d'une nappe liquide ; l'absence presque complète de pente fait que la basse Hollande tout entière a pu servir de lit naturel aux rivières qui dans leurs divagations séculaires se sont ainsi promenées dans ses diverses parties ; aujourd'hui de solides levées les maintiennent dans leur cours normal.
Ces immenses alluvions sont dues au dépôt des sédiments charriés par les fleuves et provenant de rochers désagrégés et situés plus ou moins loin dans l'intérieur des terres.
La Hollande tourbeuse occupe un vaste espace situé à l'ouest de l'Ems et s'étend le long de la frontière aHemande ; une bonne partie du Hanovre présente h même constitution géologique et s'appelle le marais de Bourtange {voy. Hanovre) .
La partie que la Hollande appelle montagneuse appartient à une autre zone géologique que le reste des Pays-Bas; on la trouve dans la portion méridionale du Limbourg néerlandais ; elle forme une étroite bande de terrain enfoncée comme un coin entre la Belgique à l'ouest et les provinces rhénanes de la Prusse à l'est ; ce sont des chaînes de hauteurs qui s'élèvent à 160 et même plus de 200 mètres et sont constituées par diverses formations anciennes et des assises carbonifères aux roches crétacées. Au-dessous de ces élévations s'étendent les couches d'un bassin houiller exploité par l'État.
Les plages de l'océan sont souvent limitées par un rempart de dunes formées par les sables des bas-fonds soulevés par les flots; ces dunes ont quelquefois une existence temporaire et n'empêchent pas toujours l'irruption des eaux soit
192 nuijLAi\ufi.
douces, soit salées; ces amas sablonneux obsti'uent le lit des rivières et les obligent à s'étendre dans la plaine ; si la pression de ces eaux intérieures augmente, la dune peut être emportée, les eaux s'écouler jusqu'à ce qu'il se forme un nouvel obstacle : c'est ainsi que, sans les digues placées par la main de l'homme, toute la basse Hollande ne serait qu'une terre amphibie recouverte tour à tour par les ondes marines ou les alluvions fluviatiles.
Hydrologie. Le littoral maritime est divisé en trois parties bien distinctes : celui de la Zélande, celui de la Hollande proprement dite et enfin celui de la Frise ; au centre est une longue plage, de chaque côté sont des groupes d'îles. Le groupe méridional, archipel de la Zélande, comprend des îles formées par les divers bras de la Meuse et de l'Escaut et ayant toutes une direction allongée dans le sens du cours des fleuves; ce sont les terres de Kadzand, Noord-Reveland et Zied-Ueveland, Walcheren, Tholen, Schouwen, Over-Flakee, Vorn et Reyerland. Le gioupe septentrional est composé d'îles rangées à l'entrée du Zuiderzée et le long des côtes de la Frise ; il constitue une longue chaîne de dunes insulaires, formant comme un rivage extérieur chargé de doubler le rivage continental et coupé de dislance en dislance par des ouvertures qu'occupent les ondes de l'Océan; mentionnons Wicringen, Texel, Vieland, Terschelling et Amelland.
Trois cours d'eau très-considérables et grossis par un grand nombre d'affluents traversent les Pays-Bas : ce sont le Rhin, la Meuse et l'Escaut.
Les lacs existent en grand nombre dans une contrée à surface si plane ; ils sont généralement très-poissonneux.
Le Zuiderzée ou mer du Sud était un lac autrefois (lac Flevo).
Floue. La Hollande, quoique plus étendue que la Belgique, a pourtant une faune et une flore bien moins riches ; il faut en chercher la cause dans l'uniformité plus grande du sol et du climat.
On y compte 1210 espèces Phanérogames, dont 905 Dicotylédonées et 505 Monocotylédonées ; ce qui donne sur 100 Phanérogames une proportion de 74,8 des premières et 25,2 des secondes.
D'après Miquel {Disquisitio geogr. bât., 1837), on trouve sur ce chiffre 127 Composées, 119 Graminées, 72 Cypéracées, 62 Crucifères, 57 Légun;ineuses, 51 Caryophyllées, 50 Labiées, 45 Scrofulariées, 45 Rosacées. Ce qui fait déjà les 51 centièmes de ces Phanérogames. Suivent: 45 Ombollifèrcs, 55 Amentacées, 51 Renonculacées, 51 Salsolacées, 26 Polygonées, etc. Remarquons, parmi les autres, 25 espèces de Naïadées. D'une manière générale les plantes aquatiques sont nombreuses et variées, cela se cont^oit.
Dans les terrains humides, on rencontre surtout le roseau commun [Ariindo Phragmites), qui croît sous une profondeur de 50 centimèlres à 1 mètre d'eau; c'est un objet d'exploitation, il sert à la confection des toitures, à la construction des murs d'argile, on l'utilise pour préserver les digues contre le choc des vagues. Le jonc lui-même est une source de revenus; on en fabrique des nattes qui s'exportent jusqu'en Angleterre; deux espèces s'y trouvent en abondance, le Scirpus effusiis dans les terrains marécageux, le Scirpus lacustris dans les eaux profondes. L'aloès des eaux, Stratiotes aloides, est une plante aquatique qui tapisse les marais et le fond des fossés; on arrache ces plantes qui font un excellent engrais vert et on les emploie pour fumer les pommes de terre. Dans la Zélande et dans la Gueldre, on pratique en grand la culture d'une légumineuse à bulbe comestible qu'on ne rencontre pas en Frise et en Gioningue, le Lathyrus bulbosiis; ce petit tubercule de couleur noirâtre a un goût Irès-apprécié.
Citons encore dans les mêmes terrains le plantain d'eau (Alisma piantago damasoniinn), la ciguë aquatique (Phellandrium aquaticum), la prèle d'eau [Hippuris vulgaris), la gremille d'eau (Myosotis palustris), le chiendent des marais [Carex loprina), la lentille des marais [Lemna giba) , etc.
Sur les tourbières où l'on cultive le sarrasin {Pohjgonum fagopyrmn), on voit souvent une succession curieuse dans la vége'tation. D'abord la spergule croit à côté de lui : ils servent ensemble de fourrage au bétail. Après plusieurs récoltes le sol finit par s'épuiser, la spergule disparaît et il s'élève à sa place une composée, le Seneclo sylvaticits, auquel font suite l'oseille sauvage [liumex acetosella) et une graminée, Vllokus lanatm. Enfin reparaît la flore caractéristique des tourbières : ce sont surtout les bruyères (Erica), les joncs, les spliaigres (Sphagnum), ÏEriophoriim. Ces végétaux recouvrent lentement la surface des tourbières d'une nouvelle couche d'humus, qu'on pourra exploiter encore au bout de vingt-cinq ou cinquante années.
Dans les prairies naturelles on remarque principalement l'avoine haute [Arena elatior), l'avoine des prés {Avenu sesquilertia), l'avoine stérile {Diwnus steriiis) et le chiendent à épis [Schœyiiis aculeatus).
Les arbres et les arbustes que l'on trouve d'ordinaire dans les rares forêts qui existent encore sont le bouleau, l'aune noir, le charme, le chêne, l'érable, le hêtre, le frêne, le pin, le mélèze, l'orme, le peuplier, le noisetier, le sorbier, le tilleul, le chèvrefeuille, l'aubépine, l'épine-vinette, le cournouiller, le framboisier, le houx, le sureau, le nerprun et le prunellier.
V agriculture est en grand honneur et constitue une des meilleures sources de la richesse néerlandaise; c'est par un travail patient et assidu que l'habitant est arrivé à transformer les marais et les tourbières en fertiles polders régulièrement entourés de fossés rectangulaires qui ont fait comparer à un immense damier certaines parties de la Hollande; le sol humide aménagé avec soin se recouvre de vertes et opulentes prairies qui occupent près de l 400 000 hectares, plus des deux cinquièmes du territoire.
Les progrès s'affirment tous les jours, néanmoins le sol n'est pas encore acquis entièrement à l'agriculture ; plus d'un cinquième de la surface se compose de landes et de tourbières incultes ; parmi ces dernières quelques-unes sont utilisées pour la culture du jonc, dont on fait un grand commerce spécialement pour la fabrication des nattes.
Les céréales sont peu abondantes, le froment est entièrement délaissé, mais on cultive davantage le seigle avec lequel se fait le pain du paysan et surtout la pomme de terre qui croît avec une extrême abondance. La culture du colza est des plus importantes ; il en est de même de celle du chanvre et du tabac. Les terrains fertiles des alluvions donnent quelques fruits très estimés qu'on exporte en Angleterre, des pommes, des prunes, des cerises; on peut, dans les jardins, mais au prix de soins inouïs, cueillir des fruits d'autres climats, tels que des figues et des raisins.
Mais le Néerlandais s'adonne à l'horticulture avec frénésie, surtout dans les deux Hollandes proprement dites et dans la province d'Utrecht; sa passion pour les plantes d'agrément et en particulier pour les tulipes, la jacinthe, la jonquille, est devenue proverbiale. Cet amour des fleurs, dont certaines variétés ont été créées de toutes pièces, est poussé si loin qu'on en voit quelques-unes atteindre des prix vraiment fabuleux.
Fauise. La faune est d'une remarquable pauvreté. Les animaux sauvages ont DICT. ENG. 4' s. XIV. 15
disparu de ces contrées en même temps que les immenses forêts qui les recouvraient jadis. Le renard est inconnu, depuis un siècle on n'a vu ni loup ni sanglier; il y a plus longtemps encore que le daim n'a pas été rencontré. Les seuls mammifères sauvages que l'on constate dans le pays sont un grand nombre de lapins et de taupes, ainsi que quelques cerfs et chevreuils. Les oiseaux aquatiques sont très-abondants, ainsi que les Reptiles dans les marécages. Le nombre des poissons a considérablement diminué.
Mais, grâce à ses nombreux pâturages, la Hollande est une des contrées les plus riches en animaux domestiques.
Climatologie. La température générale de la Hollande est plus douce qu'on ne le supposerait à priori d'après sa situation géographique; l'hiver est rarement aussi rigoureux que dans le nord de l'Allemagne; même au cœur de cette saison le thermomètre se maintient le plus souvent au-dessus de 0 degré; il est rare de voir les eaux intérieures prises pendant plusieurs jours par une glace épaisse. Gela est dû à ce que la proximité de l'océan et la grande quantité u'humidité répandue dans une vaste étendue de pays rapprochent ce climat des climats marins; il faut faire aussi entrer en ligne de compte la présence d'une ramification ultime du Gulf-Stream, qui contribue à attiédir l'atmosphère avec la provision de chaleur qu'il a puisée dans les régions équafojiales.
Mais le froid agit d'une façon plus intense dans la Frise et dans les provinces orientales de la Néerlande ; en hiver, la congélation des eaux y est fréquente et souvent durable. C'est que le climat a quelque chose de continental comparé à celui de La Haye et de Rotterdam : ici, en effet, l'hygrométrie est moins élevée et l'influence du grand courant maritime ne se fait plus sentir. On constate déjà plus d'un degré de différence entre La Haye et Amsterdam ; il y en a près de deux entre Arnheim et la première de ces villes. Le tableau suivant de la température moyenne des saisons l'indique suffisamment
Printsmps.
La Haye 10°, 65
AiJisterdam .... 9° Arnheim .... 9°
Les mois extrêmes, dans ces trois cités, sont janvier, qui oscille entre 0°,6 et 1» 5, et juillet, qui dépasse 17 et 18 degrés.
La chaleur moyenne de l'année, pour l'ensemble de la Hollande, est de 9° 44. La plus grande chaleur éprouvée dans ce siècle a été de 'ù'5'',5ô, le plus grand froid de 11°, 11 au-dessous de zéro.
Comme on le voit, la température moyenne annuelle est assez égale, mais cette constance disparaît, si l'on étudie la température quotidienne. En effet, la Hollande étant une vaste plaine ouverte à tous les vents, il se produit dans la même journée de brusques variations du thermomètre dépendant de la direction de la brise.
L'Iujgrométrie est très-élevée ; ce résultat est déterminé non-seulement par la configuration du sol qui est affaissé et noyé par les eaux, mais aussi par la présence du Gulf-Stream qui diminue, il est vrai, l'intensité du froid, mais augmente considérablement l'humidité de l'atmosphère.
Le ciel est presque constamment voilé par les nuages, leurs vapeurs se condensent en pluies spécialement pendant les vents d'ouest, qui sont les brises dominantes. En moyenne, il pleut trois jours par semaine, et la plus grande quantité de pluies tombe en été surtout, puis en automne.
Eté.
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Hiver.
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PLUIES 510YENNES DE LA HOLLANDE : O^jGSO
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Dans ce pays situé en contre-bas, si la pre'cipitation aqueuse est considérable, l'évaporation l'est aussi fort heureusement, car, s'il en était autrement, les liquides ne tarderaient pas à recouvrir les terres par suite du manque d'écoulement. Le dégagement des vapeurs égale en été 403 millimètres, et en hiver 170 millimètres; il serait néanmoins légèrement inférieur à la chute des eaux météoriques.
Nous venons de dire que les vents pluvieux sont les vents d'ouest, qui vien nent de l'Océan, et ceux du sud-ouest, qui passent à la fois sur la mer et sur les larges et nombreux estuaires de la Meuse et de l'Escaut. Ce sont les vents qui soufflent le plus fréquemment dans l'année et c'est à leur infl aence sans doute que les arbres doivent d'être plus ou moins penchés vers l'est, La brise d'est souffle surtout pendant l'hiver; elle est bien moins humide et plus salubre, elle tend à repousser vers l'océan les miasmes marécageux. Ce sont les vents du nord et du nord-est qui purifient l'atmosphère.
En résumé, ce qui caractérise le climat des Pays-Bas, c'est l'élévation de son degré hygrométrique, la douceur de sa température, sa constance annuelle et la fréquence des vents partant de l'ouest-nord-ouest au sud.
Ethnographie. La population hollandaise est formée par une race aborigène sur laquelle sont venues se greffer successivement de nombreuses tribus germaniques envahissantes. Ces invasions fréquentes ont presque effacé la trace du peuple primitif, si bien qu'on a de la peine aujourd'hui à en trouver les vestiges : il formait peut-être une des races intermédiaires entre les Gaulois et les premiers habit;mts de la Scandinavie. Sur certains points on rencontre encore aujourd'hui des signes évidents d'une race antérieure à l'arrivée des Germains et n'ayant avec ceux-ci aucune ressemblance.
La langue nationale est le hollandais ; c'était un idiome bas-allemand fortement influencé par le frison. Le frison à peu près pur se parle surtout parmi les paysans de la Frise et des contrées environnantes. Les idiomes des classes inférieures diffèrent suivant les provinces; ce sont des dialectes bas-allemands se rapprochant tantôt de celui du Hanovre, tantôt de celui de la Westphalie, ou bien encore de celui de la Prusse Rhénane.
L'habitant de la Néerlande a un caractère calme, froid, mais énergique et persévérant. Par sa patiente opiniâtreté il a pu mener à fin les travaux publics les plus considérables et disputer avec succès le sol aux éléments. Aussi solidement trempé de corps que d'esprit, il conserve sa vigueur et sa vitalité au milieu des miasmes et de l'humidité qui l'entourent. Une propreté minutieuse sur lui, comme dans son habitation, est une de ses qualités dominantes. En général il a de la fortune et jouit d'un grand bien-être; il n'est pas rare de rencontrer du luxe dans la simple demeure du paysan. Le Hollandais a reçu ('i> ses ancêtres un goût très-marqué pour la navigation ; après la profession tie marin, la plus nombreuse est celle d'agriculteur, puis celle qui a trait au négoce.
La Hollande, un des pays les plus riches de l'Europe, est aussi un des plus avancés au point de vue de Y Instruction publique. Les Ke'erlandais sont surtout
très-versés dans l'élude des langues vivantes ; ceux qui ont une éducation complète connaissent en général trois idiomes outre la langue maternelle. Il n'est pas rare d'en rencontrer p irlant et écrivant très-correctement le français ; l'allemand, qui a avec le hollandais des rapports de parenté, est étudié à fond ; il en est de même de l'anglais, si nécessaire aux relations commerciales d'outre-mer; quelques-uns qui se destinent à des emplois coloniaux ajiprennent le malais et le javanais; dans les écoles universitaires, on enseigne en outre le grec et le latin.
L'enseignement primaire est très-répandu, c'est une des contrées où l'on compte dans les écoles le plus grand nombre d'enfants et où l'instruction est la ])lus répandue. D'après E. Richer, dans les districts ruraux, un quart des hommes laits, un tiers des femmes, ignorent encore la lecture et l'écriture, tandis que dans la province de Noord-lloUand, où se trouve la capitale, la part des personnes complètement ignorantes n'est guère que de 1/14. Pourtant l'instruction n'est pas obligatoire, mais les parents pauvres qui n'envoient pas leurs enfants à l'école renoncent par cela même à tous secours de la commune.
La médecine est enseignée dans quatre Universités, à Leyde, à Groningue, à Utrecht et à Amsterdam. Dans chacune de ces villes se trouvent un hôpital académique et des laboratoires d'anatomie, de physiologie, de pathologie expérimentale, de physique, de chimie, de zoologie, de botanique et de pharmacie. Pour être admis en qualité d'étudiant en médecine, il Amt remplir une des trois conditions suivantes : avoir sulji l'examen littéraire mathématique (sciences mathématiques, hollandais, français, allemand, un peu de latin), ou bien avoir passé l'examen d'admission à l'Université comprenant les mathématiques, le hollandais, le latin et le grec, ou encore avoir suivi avec succès toutes les classes d'une école latine. Seuls les étudiants qui proviennent des deux dernières voies peuvent aspirer plus tard au grade de docteur en médecine.
Ce grade est conféré par la Faculté à la suite de trois examens et d'une thèse. Mais, pour avoir le droit d'exercer la médecine, il faut en outre obtenir le titre d'rtr/s (praticien) ; ce titre est décerné après un examen essentiellement pratique devant une commission spéciale nommée chaque année par le loi.
Démographie. Les dénombrements en Hollande se font assez régulièrement; ils comprennent le sexe et l'état civil des individus, l'origine, le culte et le nombre des familles. Le chiffre de la population en 1859 était de 2 860 450, en 1844 de 5 168 056, en 1866 de o 552 695 et au l^-- janvier 1875 de 5 767 263.
Le chiffre de Y accroissement annuel n'est pas toujours le même : de 0,90 pour 100 au commencement de ce siècle, il s'élève aujourd'hui à 1,04, et cette augmentation provient presque uniquement de l'excédant des naissances sur les décès. La période de ckHiblement est donc de 67 ans, proportion moyenne entre les extrêmes de la Russie, dont la population double en 50 ans, et la France, qui exige 198 ans pour arriver au même résultat.
L'A population kilométrique de la Néerlande, qui était de 108 08 en 1866, est de 115 aujourd'hui, chiffre très-fort, quoique inférieur à celui de la Belgique (161) et de la Saxe (149). Tous les autres États ont une densité moindre, depuis la Grande-Bretagne avec 91 jusqu'à la Suède et la Norvège avec 7 habitants par kilomètre carré. Mais, si l'on tient compte de ce fait que les 16 centièmes du sol de la Hollande sont recouverts par les eaux et qu'un territoire immense est occupé par les tourbières et les prairies tremblantes, on est stupéfait de laggloraération des habitants sur une surface aussi resserrée. Dans les trois provinces d'Utrecht, de Noord-Holland et de Zuid-Holland, dont l'étendue dépasse à peine
le cinquième du territoire, vivent plus de 1 500 000 habitants, c'est-à-dire les deux cinquièmes environ de la population totale. Les chiffres suivants sont caractéristiques :,