‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.50Chapitre 30 sur 71 · POPULATION PAR RELIGIONS ES · texte numérisé non relu

POPULATION PAR RELIGIONS ES

Protestants réformés 2,07o,000

Autres protestants 125:000

Catholiques romains 1,510,C0)

Vieux catholiques 6,003

Israélites Î8,C00

On voit par ce tableau que la population appartient en majeure pjrlie à l'Eglise réformée. Ce culte était religion d'État à l'époque de la République ; aujourd'hui il est entièrement indépendant et l'adiuiiiistration de ses biens lui a été remise totalement depuis 1870.

Quoique la majorité des habitants soit protestantes, les catholiques forment néanmoins plus du tiers de la population et sont surtout nombreux dans les provinces qui confinent à la Belgique, c'est à-dire le Limbourg et le Brabant septentrional; toutefois il semble que la proportion des catholiques tend à diminuer.

De 1850 à 1859, on comptait une population mariée de 468 sur 1000 personnes âgées de plus de 15 ans; sur 1000 personnes mariables (célibataires ou veufs), il se faisait 40,9 mariages par an.

Comme partout la probabilité du mariage est plus grande ici pour les hommes que pour les femmes, dans la proportion de 117 à 100. L'âge moyen des hommes au moment du mariage est de ol,4 ans; celui des femmes est de 28,4; c'est un des pays où l'on se marie le plus tard. On compte aussi une faible proportion d'épouses, 112 pour 1000 habitants.

Sous le rapport de la fécondité des mariages, le pays occupe en Europe un rang intermédiaire; dans la période de 18l)l à 1865 elle a été de 4,08, nombre

198 UOLLANDE.

moyen d'enfants par ménage [voy. Bertillon, art. Mariage, Dictionnaire encyclopédique).

Dans la période de 1859 à 1869, il y a chaque année et par 1000 habitants 37,1 naissayices sur lesquelles 55,5 naissances vivantes, chiffre également éloigné des extrêmes.

La natalité augmente progressivement, comme le prouvent les nombres suivants obtenus dans des périodes successives : en 1855, elle était de 55,0; plus tard elle monte à 54,7 — 55 — 55,5; en 1875 elle arrive à 56. La matriraonialité s'élève dans les mêmes proportions; partie de 15,5 en 1853, elle atteint 17 en 1875.

Pour 100 naissances féminines il y a 105,6 naissances masculines. Comme presque partout le plus grand nombre de naissances a lieu en janvier, février et mars : les mois de conception sont donc avril, mai et juin.

Sur 1000 naissances, il n'y en a que 58,5 illégitimes. Ce coefficient est à la louange de la Néerlande; c'est un des plus faibles de l'Europe. Il n'y a que l'Irlande, la Russie et la Grèce, qui en aient moins; en ajoutant la Hollande et la Suisse, ce sont les seules nations qui aient une natalité illégitime inférieure à la nôtre. En Hollande, le fait est d'autant plus frappant que la fécondité des femmes mariées est plus considérable {voy. art. Natalité). La Bavière au contraire fournit le chiffre effrayant de 215, c'est-à-dire près du quart des naissances.

Par 1000 grossesses générales, il y a 15,1 grossesses doubles; ce qui constitue une proportion assez élevée.

L'excès moyen annuel des naissances sur les décès est de 10 par 1000 habitants.

Lombard a étudié avec le plus grand soin la mortalité en Hollande d'après les saisons et d.ms les différentes provinces; c'est un travail du plus haut intérêt. Nous pouvons avec lui ranger les provinces néerlandaises dans l'ordre suivant au point de vue de la salubrité. Il y en a sept qui sont suffisamment saines et que nous classerons ainsi, en commençant par celle qui offre la plus faible mortalité : 1» Drenlhe; 2" Frise; 5" Noord-Brabant; 4"Gueldre; 5° Overijsel; 6» Groningue; 7" Limbourg néerlandais.

Les quatre dernières, d'une notoire insalubrité, sont en suivant toujours la même marche progressive : 1" Utrecht, 2° Noord-llolland, 5° Zuid-Holland, 4" Zélande. Ce sont les régions les plus malsaines de l'Europe, et la mortalité serait bien plus élevée encore sans les immenses travaux d'assainissement accomplis par l'État, sans le bien-être de la population et sans la propreté proverbiale des Néerlandais. On peut dire que, si cette contrée était plus rapprochée de l'équateur de 20 degrés de latitude, elle deviendrait le pays le plus insalubre de l'univers, et que l'établissement de l'homme y serait absolument impossible.

La durée de la vie moyenne considérée dans l'ensemble de la Hollande est de 38 ans 8 mois (58,78) ; à partir de l'âge de 5 ans elle est de 49 ans 8 dixièmes. Ces chiffres sont bien inférieurs à ceux des pays Scandinaves (Suède, Norvège et Danemark), où la vie moyenne est de 45 à 48 ans à partir de la naissance, et de 52 à 54 à partir de l'âge de 5 ans. Les Anglais, les Français et les Belges, ont aussi une vie plus longue, qu'on la compte soit depuis la naissance, soit depuis la cinquième année. C'est l'Italie et l'Espagne qui occupent à ce point de vue le dernier rang en Europe.

Ainsi, la vie moyenne des Néerlandais est courte; cette infériorité doit être

attribuée au grand nombre de victimes que fait le paludisme dans les contre'es marécageuses de la Hollande.

Pour résumer l'étude du mouvement de la population dans les Pays-Bas, nous conclurons que sa densité est considérable, que son accroissement annuel est moven, qu'il en est de môme de la fécondité des mariages, que le nombre des naissances illégitimes est remarquablement faible, que la mortalité est trèsvarioble suivant les diverses provinces et que la vie moyenne est peu élevée. En somme, cette contrée est bien mal partagée, surtout si l'on compare sa situation à celle des trois pays Scandinaves.

L'organisation sanitaire de la Hollande est régie par la loi du 1" mars 1865, à laquelle se sont ajoutées d'autres lois sur les inbumations, sur la police vétérinaire, sur les maladies contagieuses.'

La direction de la santé publique est entre les mains du ministre de l'intérieur; celui-ci n'est pas assisté d'un conseil central ; il y a seulement auprès de lui un réfèrent. Des médecins inspecteurs, des iuspecteurs-adjoinls et des assistants, sont cbargés de veiller dans les provinces à l'exécution des règlements concernant l'Iijgiène. Ce sont des fonctionnaires publics nommés par le ministre, [jlacés sous son autorité directe et ne se livrant pas à l'exercice de la médecine. Chaque médecin inspecteur préside un conseil sanitaire provincial compose des inspecteurs adjoints, de 6 à 10 médecins, de 2 à 6 pharmaciens et de 1 jurisconsulte.

Parmi les diverses mesures hygiéniques générales, je parlerai de la vaccination; elle n'a jamais été obligatoire. Après l'épidémie si meurtrière de 1871, la loi sur les maladies contagieuses fut décrétée; un seul de ses articles s'occupe de la vaccination : « L'admission dans les écoles est interdite aux maîtres et aux maîtresses d'école et aux élèves qui n'ont pas de certificat médical portant qu'ils ont été revaccinés. » La vaccination dans les premières années de la vie est donc laissée au bon plaisir des parents : aussi les enfants ne sont pas vaccinés quelquefois avant l'âge de 5, 4 et 5 ans; et comme l'instruction n'est pas obligatoire, il arrive souvent que quelques-uns ne subissent pas cette opération prophylactique.

On s'est occupé souvent dans ces derniers temps du travail des enfants dans l'industrie, il est régi en Hollande par la loi du 19 décembre 1874 et dans le ^rand-duché de Luxembourg par celle du 6 décembre 1876. Dans le Luxembourg, l'âge d'admission dans les manufactures est de 12 ans; cet âge est reculé jusqu'à 16 ans pour les mines. De 12 à 14 ans il n'est permis de iaire travailler les enfants que 8 heures par jour; de 14 à 16 ans, la durée du labeur peut être élevée à 10 heures. Le travail de nuit, c'est-à-dire de 9 heures du •soir à 5 heures du matin, est interdit avant 16 ans.

En Hollande, la législation est moins explicite. La loi ne fixe que l'âge d'admission au travail (12 ans); elle n'en détermine pas la durée; elle ne parle pas non plus du travail de nuit.

Pathologie. Nous étudierons d'abord les maladies endémo-épidémiques, puis les affections sporadiques. Nous verrons dans ces deux sections que la pathologie hollandaise a un caractère tout spécial.

En tête des endémo-épidémies nous devons placer le paludisme. La Hollande «st en effet le pays le plus marécageux de l'univers, elle serait inhabitable sur la plus grande partie de son étendue sans les admirables travaux d'assainissement dus au génie de cette population laborieuse; ou peut même dire que ces

travaux, si gigantesques qu'ils soient, seraient absolument insuffisants, si cette contrée avait une température moyenne annuelle ou mieux une température estivale plus élevée.

C'est la malaria qui produit un chiffre mortuaire si élevé dans quelques provinces, surtout dans celles qui sont riveraines de la mer du Nord ou du Zuyderzée; c'est à son absence qu'il faut attribuer au contraire la faible mortalité des autres. Les plus éprouvées sont celles d'Utrecht, de la Hollande septentrionale, de la Hollande méridionale et piincipalement de la Zëlande, la moins alubre du royaume. A Middelbourg, capitale de cette dernière province, la mortalité paludéenne atteint les 8 niillièmes des décès, à Ilaai'lem les 7 millièmes, à Groningue les 4™''%7, à Leyde seulement 1 millième. A Amsterdam ce chiffre arrive à 10™<^%6, c'est-à-dire que les décès de ce genre sont 60 fois plus nombreux dans la capitale de la Hollande que dans celle de l'Angleterre, et pourtant l'une et l'autre reçoivent journellement un grand nombre de navigateurs arrivant inipaludés des régions tropicales.

Souvent, surtout dans la Zclande, les fièvres palustres présentent une véritable explosion épidémique; elles prennent alors quelquefois le caractère pernicieux, et le type interniiltent peut seciianger en type rémillent ou continu. On cite sous ce rapport relfrayanle mortalité de l'épidémie de 1810 à l'île de Walcheren sur les troupes anglaises; une armée de débarquement sur laquelle l'Angleterre comptait pendant les guerres de l'Empire pour s'emparer d'Anvers disparut presque en entier dévorée par les fièvres de Flessingue. L'épidémie de Groningue de 1820 s'étendit sur toute la contrée et fut excessivement meurtrière; 2590 individus succombèrent dans la seule ville d'Amsterdam. En 185i nouvelle apparition du lléau, qui sous forme de fièvres bilieuses et catarrhales amena lOGO décès dans la même ville. Ces deux épidémies sévirent surtout en automne après les chaleurs d'un été brûlant. En général, du reste, c'est à cette éooque de l'année, puis au printemps, que la malaria frappe ses coups les plus violents : sur 100 fièvres intermittentes terminées par la mort en ZélanJe, il y en a 57,1 en automne. *

C'est au paludisme qu'il faut rattacher les maladies de la rate: elles constituent à peu près un quart de millième des décès (0,22). De même que pour la fièvre intermittente le nombre des femmes atteintes l'emporte ici sur celui des hommes, dans le rapport de 16 à 14. C'est ordinairement l'inverse de ce que l'on constate dans les pays chauds oîi le sexe féminin semble moins exposé aux affections endémo-épidémiques. Cela tient à ce que dans ces basses latitudes on s'établit sur un point plus ou moins rapproché ou éloigné d'un marais, mais on n'habite pas en général sur le marais lui-même, car les ravages de la mortalité seraient épouvantables; dans ce cas, la femme plus sédentaire est moins exposée à la malaria, mais en Hollande, oii certaines villes sont bâties sur des marécages, la femme sera pour les mêmes motifs autant et plus exposée que l'homme à leurs malsaines émanations.

Dans les régions paludéennes, dans les contrées humides, le noma compagnon de la malaria forme une véritable endémie, à tel point que dire paludisme, c'est presque dire noma (A. Uirsch). Aussi cette affection est-elle signalée dans les Pays-Bas dès le dix-septième siècle; elle est sans doute déterminée par la dyscrasie que cause la cachexie palustre.

La dysenterie se montre sous forme d'épidémies fréquentes et meurtrières ; elle forme des 20 aux 52 millièmes de la mortalité. Les invasions les plus

graves furent celle de 1550, puis celle de 1624 qui s'étendit en Allemagne, celle de 1779 qui se répandit en Hollande, en France, en Angleterre, en Allemagne et dans les pays Scandinaves, et qui ravagea les Pays-Bas jusqu'en 1782 et 1783, et enfin celle de 1796 et 1797. D'après Ilirsch, l'époque oii l'on a observé le plus d'épidémies dysentériques est l'été et l'automne.

On réunit généralement dans les mêmes statistiques les trois fièvres continues désignées sous les noms de fièvre synoque, fièvre typhoïde, typhus exanthématique; elles forment les 45 millièmes des décès. Dans ce chiffre la synoque compte pour 15 millièmes, la fièvre tijpholde pour 11 millièmes. La mortalité d'Amsterdam par les fièvres continues est de 46 millièmes; si on la compare à celle d'autres grandes villes, on constate qu'elle est de 22 millièmes à Copenhague et à Bruxelles, de 27 à Lyon et à Liège, de 29 à Anvers, de 46 à Turin, de 68 à Paris et de 81 à Glasgow : donc la Hollande et sa capitale présentent à ce point de vue une proportion moyenne de décès.

Le typhus exanthématique est assez commun; il fait de nombreuses victimes, puisque sa mortalité s'élève à 21,5 pour toute la Hollande. Ce chiffre monte à 25 millièmes pour Amsterdam, 29 pour Groningue, 55 pour Middelbourg; en revanche, il n'est que de 10,7 à Rotterdam. On a constaté l'affection sur tous les points du royaume; une des épidémies les plus graves fut celle de 1826. Pour le typhus et la fièvre typhoïde, ce sont les deux saisons d'hiver et de printemps qui sont le plus chargées en décès, tandis que le déchet par le paludisme se produit en été et surtout en automne.

Les Pays-Bas ont été atteints par les deux grandes épidémies de choléra qui ont envahi l'Europe de 1850 à 1855 et de 1847 à 1848; on le retrouve encore en 1854 et 1855, enfin en 1861. Depuis cette époque il n'a plus reparu.

Les fièvres éruptives offrent une fréquence vari;ible. C'est ainsi que la variole avait presque disparu jusqu'en 1870 : ainsi en 1867 elle n'avait pas fourni les 6 millièmes des décès, et en 1869 dix fois moins encore (0'"<=,6). Mais l'année suivante elle commence à reparaître et forme les 7™''S6 de la mortalité, et en 4871 éclate une grave épidémie qui cause 15 711 morts et donne la proportion de 147 millièmes ou 1/7 des décès dans tout le royaume. Nous avons dit plus haut quelles sont les mesures que la loi néerlandaise prend contre le lléau.

La rougeole constitue en Hollande une endémo-épidémie assez grave; elle a produit en moyenne les 15""", 2 de la mortalité en 1869, 1870 et 1871. La scarlatine est beaucoup moins répandue que la rougeole avec le chiffre de 4™", 2 pendant la même période triennale; cette bénignité relative de la scarlatine est remarquable ici, surtout si on la compare à ce qui se passe en Danemark et en Angleterre, où son chiffre mortuaire dépasse celui de la rougeole.

La suette miliaire, cette affection devenue si peu commune aujourd'hui, apparaît pourtant quelquefois sur le sol vaseux et humide de la Néerlande. Une des plus célèbres épidémies fut celle de 1529 qui de l'Angleterre se propagea en Allemagne, en Scandinavie, en Russie, dans les Pays-Bas, et envahit une partie de la France et de la Suisse.

Le scorbut et le purpura hœmorrhagica ont été dans les siècles passés de redoutables fléaux. Heureusement, d'après Boerhaave, ils auraient disparu en tant qu'épidémies dès le dix-huitième siècle et ne se seraient plus montrés dès lors que sous forme sporadique. Quelques médecins hollandais, entre autres Prœger, croient à l'existence du béribéri en Hollande.

L'ergotisme a souvent régné jadis en Hollande dans les provinces de la Frise,

d'Utrecht et de la Gucidre, mais il n'aurait plus reparu depuis près de trois siècles.

De nombreuses épidémies de grippe envahirent les Pays-Bas ; on cite celles de 1591, de 1642-1645, de 1693. L'épidémie de 1732-1735 occupa, outre la Hollande, la Saxe, la Pologne, l'Allemagne et la Suisse; une autre éclata en 17i2-17 45. Celle de 1782 partit delà Russie et se répandit en Suède, en Allemagne, en Hollande et en France. La grippe aujourd'hui se montre encore souvent, mais avec une plus faible intensité. La coqueluche cause dans les Pajs- Bas les 17 millièmes des décès; la ville d'Amsterdam est plus heureuse, car ce chiffre ne dépasse pas 10.

La diphthérie fut une des maladies habituelles des Pays-Bas pendant le seizième et le dix-septième siècles; elle y est encore commune aujourd'hui, et elle règne à l'état endémique. A notre époque elle a paru sous forme épidémique en 185i, 1857, 1859, 1860, 1867 et 1869; la Hollande n'a pas trop souffert de ces fréquentes invasions, plus fortunée en cela que la Belgique. Les dernières grandes épidémies ont eu lieu en J864 et en 1866. De 1869 à 1871, la maladie n'a causé que les 15 millièmes des décès. La moyenne de 13 années à Amstei'dam donne les 20 millièmes. Fait curieux, la mortalité dans cette ville, de même qu'à Bruxelles et à Vienne, a porté surtout sur les enfants de race juive, qui ont succombe dans une proportion double de celle des autres enfants (Stokvis). Les saisons les plus favorables au développement de l'affection sont le printemps et l'hiver.

La pourriture d'hôpital n'est pas rare dans les établisrements nosocomiaux néerlandais; Brugmans l'a observée fréquemment; elle semble indépendante des conditions cosmiques.

La fièvre puerpérale est fréquente dans les cités populeuses. Amsterdam a reçu souvent sa visite pendant les dix-huitième et dix-neuvième siècles. Néanmoins, elle est beaucoup plus rare et bien moins grave en Hollande que dans les pays septentrionaux; le chiffre des décès est de 5™^%5 pour la capitale et de 5 millièmes pour toute l'étendue du pays.

Les maladies vénériennes sont peu répandues. Eu 1868, il y avait dans l'armée 105 hommes infectés environ sur 1000 de l'effectif. La spedalsked des pays Scandinaves ou lèpre des Arabes n'existe nulle part en Hollande.

Nous ne dirons rien ici des maladies sporadiques.

Quant aux suicides, on les a malheureusement réunis, dans les statistiques pour l'ensemble des Pays-Bas, aux morts violentes; on a eu ainsi pour 1870 et 1871 le chiffre de 9'"*',2 des décès. D'après Morselli le nombre des suicides a été de 94 dans la période quinquennale de 1866 à 1870, et de 1 46 dans celle de 1871 à 1875 : ici comme ailleurs il y aurait donc une progression parallèle à celle de la civilisation.

Il n'est pas sans intérêt de rechercher les causes de la mortalité dans Varmée; nous avons encore recours aux renseignements recueillis par Lombard. Dans les années 1864 et 1865 il est mort 461 soldats. Un tiers environ a été la victime de la phthisie pulmonaire; comme dans toutes les armées de l'Europe, cette mortalité est bien supérieure à celle de la population civile. Vient ensuite la fièvre typhoïde, qui a causé un neuvième des décès. L'ensemble des inflammations pulmonaires, bronchite, pleurésie, pneumonie, donne un chiffre létliifère de l/7^ Les maladies des centres nerveux ont occasionne 1/14^ des décès; celles du tube intestinal en y comprenant quelques rares péritonites en ont pro-

HOLOSTOMfi. 205

duit 1/16'. Le déliriiim tremons n'a causé que 1 décès. Enfin l'intoxication malarienne sous la forme pernicieuse a donné la proportion de 2 décès sur 100 morts de tout genre.

Si nous voulons résumer en quelques mots les caractères de la pathologie hollandaise, nous dirons que l'immense étendue des marécages répand sur une grande partie du pays les émanations empestées de la malaria ; l'élévation du degré hygrométrique y explique la fréquence du rhumatisme, de la scrofulose et du rachitisme; la goutte, les calculs urinairos, ont une prédilection pour la Hollande; la diphlhérie y est {)lus fréquente qu'ailleurs; enfin on y constate souvent des épidémies de typhus exanthématique.

En revanche, la phthisie pulmonaire semble épargner les Pays-Bas d'une façon remarquable, les affections vénériennes y sont rares, le goitre et le crélinisme sont inconnus. Quant au scorbut, si répandu jadis, il a totalement disparu aujourd'hui devant les progrès de l'hygiène. Basile Féris.

HOLLARD (Henri-Louis-Gabr.-Marc). Médecin et naturaliste français, né à Lausanne en 1801, mort à Neuilly en 1866, fut reçu docteur à Paris en 1824, publia peu après avec Bayle : Manuel d' anatomie yénérale, Paris, 1827, in-8", rédigea le Cours de physiol. gén. et comp. de de Blaiuville, fit en 1842 des cours à Lausanne et à Neuchàtel, et à son retour à Paris remplaça de Blainville dans la chaire d'anatomie et de physiologie comparées à la faculté des sciences; enfin, en 1854, il passa à Poitiers comme professeur d'histoire naturelle. Nous citerons de lui entre autres : Précis d'anatomie comparée. Paris, 1833, in-8'', et autres éditions. — Nouveaux éléments de zoologie. Paris, 1858, in-S". — Leçons de philosophie de la nature. Paris, 1842, in-8". — Étude de la nature. Paris, 1843, 1853, 4 vol. in-8", etc. Il rédigea avec Gervais, Bazin, etc., les Annales franc, et étr. d'anat. et de physiol., 1857- 1839, 5 vol. in-8». L. H.x.

HOLOSTOME. HOLOSTO.niDES. Les Holostomides constituent une famille de Trématodes appartenant au sous-ordre des Distomiens. Chez ces Vers, dont le développement se fait sans génération alternante, la région antérieure du corps est séparée par un étranglement, en forme de tète ou de disque, plus ou moins élargie, concave sur la face ventrale et pourvue d'une deuxième ventouse médiane, en outre de la ventouse buccale. Les orifices sexuels sont reportés à l'extrémité postérieure. Cette famille comprend les trois genres principaux : Biplostoma von Nordmann, 1852; Holostoma Nitsch, 1816, eiHeinistoma Diesing, 1850, qui ont longtemps été confondus.

Dans le genre Diplostoma, la partie antérieure du corps est discoïde et creusée en forme de ventouse; les organes sexuels mâles s'ouvrent à la face ventrale; en avant de la grande ventouse médiane on voit une petite fossette qui est probablement un orifice sexuel. On ne connaît encore qu'un très petit nombre de Diplostomes : une espèce, D. putorii von Linstow, vit enkystée dans l'œsophage du Putois; deux autres habitent l'intestin des Échassiers : D. grande Diesing, chez l'Agami, et D. auriflavum Molin, chez le Bihoreau.

Von Nordmann a décrit comme appartenant à ce genre un certain nombre de Trématodes à organes sexuels non développés : ces formes, qui habitent le cristallin et le corps vitré des Poissons d'eau douce, méritent une étude nouvelle; peut-être seront-elles alors rattachées au genre Holostome. D. volvens

204 HOLOTARSES.

von Nordmann a été vu dans l'œil de la Perche, de la Gremille, de la Sandre, du Rolengle, du Gardon, etc.; D. brevicaudalum v. Nordm., dans celui du Barbeau. Diesing a encore décrit sous le nom de D. cuticola un Yer qu'il a vu enkysté dans la peau du Goujon, de la Chevanne, du Gardon, etc.

Chez les llolostomes, la partie antérieure du corps est arrondie, renflée» creusée en forme de ventouse; la partie postérieure est un peu rétrécie, cylindrique, légèrement aplatie. L'orifice sexuel femelle est à l'extrémité postérieure du corps; d'après Wedl, l'orifice mâle s'y verrait également. Ces helminthes, dont on connaît environ 25 espèces, vivent pour la plupart chez les Oiseaux aquatiques; ils habitent l'intestin ou parfois la bourse de Fabricius. En voici rémunération rapide : 1° Passereaux : Holostoma corones Bellingham (Corneille), //. microstoma Dujardin (rectum du Casse-noix), H. rolundatum von Linstow (Pie-grièche), //. sphœrocephaJum Diesing [Coracina scutata), H. sphœnila Dnj. (Corneille, Freux, Geai); 2° Rapaces : H. coj'7uicopi(e MoVin (Effraie), //. falcommi Dies. (Autour, Busard), //. lagena Molin (Surnie), H. serpens Nitsch (Balbuzard), //. tenuicolle Dics. (Busard), E. variabïle Nitzsch (Hulotte, Grand-duc, Effraie, Busard, Aigle, Faucon, etc.); 3" ÉchassiEus : H. cornu Nitzsch (Hérons, Bihoreau, Cigogne), H. cornutum Molin (Pluvier), //. loncjicoUe Dujardin (Hérons) ; ¥ Paliupèdes : //. anatis nigrœ Bellingham (Macreuse), //. erraticum Duj. (Cygne, Canard, Tadorne, Macreuse, Harle, Plongeon, Guillemot, Pingouin, etc.), H. gracile Duj. (Canard, Macreuse, Harle, Plongeon), H. pileatinn Dies. (Sternes), H. platycephalum Duj. (dans la bourse deFabricius des Goéland, Cormoran, Plongeon, Grèbe), //. variegatum Duj. (Goéland, Guillemot, Pingouin). Ajoutons encore que H. erraticum se rencontre également chez quelques Échassiers (Bécasse, Bécassine), que H. longicoUe a été vu aussi chez le Goéland et que H. variahile s'observe parfois chez le Héron,

Une espèce, H. niiidum Leidy, a été trouvée dans l'intestin àeRana pipiens. Deux autres sont parasites des Poissons : H. clavus Molin vit dans l'intestin de la Merluche, et H. musculicola ^YaldenbuI•g a été vu enkysté dans les muscles du Rotengle.

Dans le genre Hemistoma, l'extrémité antérieure est distincte du reste du corps et recourbée en forme de ventouse; la ventouse médiane est entourée par des prolongements des deux testicules ; l'orifice sexuel femelle se voit à l'extrémité postérieure. Ce genre comprend une douzaine d'espèces, qui habitent l'intestin gièle et parfois l'estomac des Mammifères et des Oiseaux; on ne les observe que chez des carnivores ou des ichlhyophages. Quatre espèces vivent chez les Mammifères, dont trois chez les Carnivores et une chez les Marsupiaux : H. alatiim Diesing, chez le Chien, le Loup, le Renard et le Canis Azarce; H. clathratum Dies., chez la Loutre du Brésil; H. cordatum Dies., chez le Chat sauvage; //. pedatum Dies., chez les Sarigues. Huit autres espèces se rencontrent chez les Oiseaux : 1° Passereaux : H. denticulatum Dies. (Martin- Pêcheur); 2'^ Rapaces : //. auritum Dies. (Effraie), ^. spatula Dies. (Hulotte, Grand-duc, Busards, Autours, Milans, Buses, Aigle, Faucons), H. podomorphum Dies. (Buzard, Balbuzard); 3" Échassiers : H. excavalum Dies. (Cigogne); ¥ Palmipèdes : E. commutation Dies. (Sterne), E. spathaceum Dies. (Goélands), E. trilobum Rud. (Cormoran). R. Blanchard.

IIOLOTABSES (ôao;, entier, Tzp(7ô;, tarse ou claie). Nom d'une division des

HOLOTIIUROÏDES. 205

Myriapodes-Chilopodcs, établie par Brandi en opposition avec les Scliizotavses ((7/tîw, je fends, et Tao-ro;, tarse fendu).

Les Holotarses comprennent les Lithobies et les Scolopendres. Ces dernières ont occasionné parfois des accidents à la suite de leur morsure {voij. Myriapodes). On a prétendu à tort que diverses espèces d'Ilolotarses avaient pu vivre dans le corps humain. A. Laboclbè.ne.

HOLOTHURIE {HolotJun'la L.). Genre d'Échinodermes, qui a donné son nom à la classe des llolotburoïdes.

Les Holothuries appartiennent au groupe des Pneumophores et à la famille des Aspidochirotes. Elles ont le corps allongé, cylindrique, plus ou moins ajilati sur la face ventrale, qui est pourvue de tubes ambulacraires cylindriques, terminés chacun par une ventouse. Sur la face dorsale sont implantés d'autres tubes ambulacraires, coniques, papilliformes, disposés en séries régulières. La bouche est entourée d'une couronne de petits tentacules simples, au nombre de vingt, plus rarement de trente.

Ces Échinodermes ont les sexes séparés. On en connaît un assez grand nombre d'espèces, répandues surtout dans les mers chaudes du globe, particulièrement dans la mer des Indes et l'océan Pacifique. Dans la Méditerranée se rencontrent notamment 1'//. mnmmata Grube, 1'//. Sanclori D. Ch., ÏH. Slellatl D. Ch. [Sporadipns glaher Grube), VU. impatiens Gra. {Fiatiilaria impatiens Forsk., Trepang impatiens Jœg.), qu'on trouve également dans la mer Uouge, dans le grand océan Indien et dans l'océan Pacifique, enfin 1'//. tubulosa Gm., que les Napolitains recherchent comme aliment sous le nom de Cazzo del mar et les Siciliens sous celui de Cazzo di mare. C'est dans celte espèce que vivent en parasites le Fierasfer acus Brûnn., petit poisson téléostéen du sous-ordrc des Anacanthines, et VEntoconcha mirabilis i. Mùll., mollusque-Gastéropodc, du groupe des Prosobranches.

Sur les côtes des Philippines se trouve en troupes nombreuses, au milieu des récifs, 1'//. atra Jaeg., et dans le voisinage des Moluques 17/. ediilis Less., que les Malais récoltent en grand nombre, ainsi que Y H. tremula Jœg., pour les faire sécher et les envoyer en Chine, où ils sont très-recherchés comme aliment sous le nom de Trépangs. Ed. Lef.

HOLOxnL'ROÏDES {Holothuvoidea Lovèn). Quatrième et dernière classe de l'embranchement des Échinodermes {voy. ce mot).

Les Holothuroïdes sont connus sous le nom vulgaire de Concombres de mer. Leur aspect général rappelle plutôt celui de certains vers du groupe des Siponcles que celui des Echinodermes. Us ont en effet le corps allongé, cylindrique, présentant souvent, sur un des côtés, une surface plane, nettement limitée, analogue à la sole ventrale des Limaces, et garnie de tubes ambulacraires terminés par des ventouses qui permettent à ces animaux d'adhérer aux corps solides. Le tégument, mou ou coriace, rarement couvert d'écaillés ou d'épines, est parsemé d'un plus ou moins grand nombre de corpuscules calcaires, de formes très-diverses, et pourvu, dans ses couches profondes, de cinq bandes musculaires longitudinales et d'un grand nombre de fibres transversales. Le squelette interne est représenté par un anneau calcaire solide, entourant l'œsophage et formé de dix pièces radiales et interradiales alternes, sur lesquelles s'insèrent les cinq bandes musculaires longitudinales.

Conlrairement à ce qu'on observe chez les Oursins et les Étoiles de mer, l'ouverture buccale est située à l'extrémité antérieure du corps, l'anus à l'extrémité opposée. La bouche est entourée d'une couronne de tonlacules, le plu? souvent rélractiles, tantôt sim[)lement cylindriques ou peltés, tantôt pinnés ou même ramifiés. Les tubes ambulacraires sont en général cylindriques et terminés par deux ventouses; ils peuvent être situés régulièrement dans les cinq zones radiales, ou bien dispersés irrégulièrement sur la surface du corps ; dans ce dernier cas, ils sont souvent coniques et dépourvus de ventouses ; ils constituent alors les papilles ambulacraires.

Chez les Holothuroïdes, la circulation s'effectue au moyen de deux vaisseaux pulsatiles principaux, l'un dorsal, l'autre ventral, partant d'un anneau vasculaire œsophagien, et seraniifiant sur les branchies et sur le tube digestif, qui est très-long et replié plusieurs fois sur lui-même. Il existe en outre, comme chez tous les Échiiiodermes, un système aquifère formé par un vaisseau annulaire placé en dedans de l'anneau calcaire ; ce système aquifère communique, d'une part, avec un canal pierreux, libre dans la cavité viscérale, d'autre part, avec les vésicules de Poli, souvent très-nombreuses, et avec les troncs ambulacraires.

Le système nerveux, situé immédiatement derrière le disque buccal, en dedans de l'anneau calcaire, est constitué par un anneau d'où partent les nerfs spécialement destinés aux tentacules buccaux et cinq troncs nerveux principaux, qui passent par des ouvertures existant dans les cinq pièces ladiales de l'anneau calcaire, et envoient des ramifications aux tubes ambulacraires et aux téguments.

La respiration s'effectue en partie par la peau et les cils vibratiles dont sont tapissées les parois du système aquifère, en partie au moyen d'organes arborescents, analogues à des branchies, qui prennent naissance par un tronc commun au niveau du rectum, élargi en cloaque, et vont se ramifier entre les sinuosités du tube digestif. L'eau y pénètre par des ouvertures situées dans les parois du cloaque, près duquel se trouvent souvent placés des appendices filiformes, terminés en caecum, que l'on désigne sous le nom d'organes de Ciivier et qui sont considérés comme des organes d'excrétion. Ces organes font défaut chez les Synaptes, oii ils sont remplacés par des organes infundibuliformes ciliés, tantôt isolés, tantôt réunis par groupes.

Les Holothuroïdes sont hermaphrodites ou dioïques et, à part quelques exceptions, ne subissent pas de métamorphoses. Les organes sexuels sont constitués par un ou deux faisceaux de tubes terminés en cœcum et aboutissant à un conduit excréteur commun, qui débouche à l'extérieur sur la face dorsale du corps et non loin de l'ouverture buccale.

Ces Échinodermes, exclusivement marins, vivent le plus ordinairement le long des côtes, quelquefois cependant à de très-grandes profondeurs. Ils sont surtout nombreux dans le grand océan Indien. On les divise en deux groupes, les Apneumones, qui ont pour type le genre Synapta Esch., et les Pneumophores, auxquelles appartiennent notamment les genres : Holothuria L., Cucumaria de Blainv., Psolus Oken et Molpadia Cuv. (voy. Holothurie et Syxapte).

Ed. Lefèvre.

nOLSBEEK (Henri van). Médecin belge, né à Bruxelles en 1829, reçu docteur en 1865, fut médecin des pauvres, chirurgien de l'hospice Sainte-Gertrude, médecin de la maison de santé d'Evere. H a droit à toute notre recon-

IIOLTROP. 207

naissance pour les soins dévoue's qu'il prodigua à nos blesses dans les ambulances de Bruxelles lors de la guerre de 1870-1871. Holsbeek mourut en 1879» laissant une foule d'ouvrages, entre autres :

I. Compendium d'électricité médicale. Bruxelles, 18C0, 1868, in-8°. — II. Traité d'anatomie descriptive. . . à l'usage des artistes. Bruxelles, 1801, avec 10 pi. col. — III. Le médecin de l'ouvrier. Bruxelles, 18G0, 18G2. — IV. Précis d'hygiène et de médecine navales. Bruxelles, 1861. — V. La législation belge relative anx aliénés. Bruxelles, 1867. — VI. Elude sur la folie au point de vue médical et juridique. Bruxelles, 1809. — VII. Traité pratique des maladies de la poitrine. . . chez les enfants. Bruxelles, 1873. — VIII. Annales de l'électricité médicale, etc., el divei'ses publications périodiques relatives aux soins aux blessés des champs de bataille, etc. L. Un.

nOLSCHER (Georg-Phii.ipp). Cbirurgien allemand, né le 10 novembre 1791 à Mûnder, mort à Wildbad, le 50 août 1852, 11 résida à Hanovre, où il fonda un institut pour les maladies des yeux et dirigea l'hôpital municipal créé sur son instigation. 11 remplit en outre diverses fonctions publiques et fut chirurgien du roi. En 1856, il fonda avec des collègues les Hannôvenche Annalen fur die gesammte Heilkunde et y publia divers articles, ainsi que dans Graefes u. Walthers Journal der Chirurgie. L. Hi\.

UOLST (Les deux).

Holst (Frederik). Médecin norvégien, né à Holmestrand, le 14 août 1791,. étudia à Copenhague et à Christiania; il fut le premier docteur reçu à cette dernière Université [Badestjge quinam sit morbus, quanamque ralione e Scandinavia tollendus? 1817). 11 fut nommé en 1818 médecin de la ville et privatdocent, fit de grands voyages, devint en 1824 professeur de pharmacologie, de toxicologie et d'hygiène, et conserva ces fonctions jusqu'en 1865; il mourut le 4 juin 1871. llolst a exercé une grande influence sur l'enseignement de la médecine en Norvège, sur les réformes apportées à l'organisation sanitaire de ce pays, a fait partie de toutes les commissions qui ont eu à s'occuper de pharmacopée , d'épidémies , d'hygiène publique , de réforme des pénitenciers, etc.; il a fondé des sociétés, des établissements d'utilité publique, des journaux, etc., et publié une série d'ouvrages et d'articles sur les sujets les plus variés. L. Hn.

Holst (Axel). Fils du précédent, né à Christiania le 6 mars 1826, mort le 10 mars 1 880, servit dans l'armée avec distinction et fut pendant plusieurs années médecin de la ville de Christiania ; ses écrits sont disséminés dans les recueils périodiques; le Norsk militairt Tidskrift de 1871 renferme de lui une étude sur l'organisation du service de santé dans l'armée prussienne pendant la guerre de 1870-1871. L. ILx.

HOLTROP (Leon.^rd-Stev.-Aug.). Médecin hollandais, né à Amsterdam, le 10 juillet 1810, reçu docteur à Leyde en 1835, se fixa à La Haye et fonda en 1858 avec Hendrikszla revue intitulée : Boerhaave, Tidskrift voor geneesk., etc., en artsenymengkimde, et en resta le rédacteur en chef jusqu'en 1848. En 1842, 'l publia : Bibliotheca medico-cliirurgica.... sive catalogus alphab. omnium librorum, diss., etc., in Belgio ab anno 1790 ad annum 1840 editorum, Hagae, in-8°, important travail bibliographique. Holtrop mourut le 29 mars 1859. L. Hn.

208 Hum ATROPINE.

HOiYIALlUU Jacq. Genre de Rixacées, dont nous avons fait le type de la série des Acomas ou Ilomaliëes, caractérisée par des fleurs o-7-mères, à réceptacle concave. Les étaraines sont superposées aux pétales, seules ou en faisceaux. L'ovaire, en partie infère, est uniloculairc, avec l-ao ovules sur chacun des ti-C placentas pariétaux qu'on observe dans sa cavité. Le finit est coriace, semisupère, 2-G- valve au sommet. Ce sont des arbres ou des arbustes des régions tropicales de toutes les parties du monde. Leurs feuilles sont alternes, simples, souvent dentées ou crénelées. Leurs fleurs sont en grappes de cymes axillaires. On tn connaît plus de trente espèces. Le Racoiibea ginanensis d'Aublct, qui est un Ilomalhim, est vanté à la Guiane contre la gonorrbée, sous le nom de Mavévé (Swartz l'a nommé Homalium Racoubea). Plus connu est aux Antilles 1'//. racemosiim Jacq., qu'on cultive parfois dans nos serres et qui a une racine astringente, réputée contre les flux, les blessures, etc. IL C.\.

BiBLioGnAPiiiE. — Jacq., Sti7-p. anieric., 175, t. 185, fi^- 72. — Laiik, Illuslr., t. 485. — Payer, Leç. Fam. liai., 85. — Endl., Gen., n. 5086. — Méu. et de L., Dict. mat. méd., VI, 4. — RosENTii., Sijn. planl. diaplior., 666. — II. B.n, HisL des pi., IV, 278, 510, fig. 522-52D; Tr. Bot. méd. pliancr., 8il. iî. En.

H03IARD {Homarus Miln. Edw.). Genre de Crustacés-Podophlhalmes, du groupe des Décapodes-Macroures et de la famille des Astacidés.

IMacés autrefois dans le genre Astaciis de Fabricius, de Latreille et de la plupart des anciens auteurs, les Homards diffèrent des Écrevisses par leur rostre étroit, grêle, armé de plusieurs dents de chaque côté, par leurs yeux globuleux, par la petitesse de l'appendice lamelleux des antennes externes, par le dernier anneau du thorax, qui est soudé aux précédents, enfin par les branchies au nombre de vingt de chaque côté du corps et ressemblant à autant de brosses.

VIL vnUjaps Miln. Edw. ou Homard commun se rencontre assez abondamment à certaines époques de l'année sur les côtes de l'Océan, de la Manche et (le la Méditerranée, principalement dans les endroits couverts de roches et eu général à une profondeur peu considérable. C'est VAstacus marinus de Belon, VAstacus venis d'Aldrovandi et le Cancer gammarus de Linné. Sa couleur est d'un brun verdàtre, quelquefois bleuâtre, avec les filets des antennes rougeàtres. Il fait l'objet d'un commerce assez important à cause de sa chair, qui est aussi estimée que celle de la Langouste. On le pêche au moyen de paniei^s ou casiers que l'on descend au fond de l'eau après les avoir amorcés avec un morceau de viande ou de poisson. On emploie également des sortes de nasses en toile métallique. Sur plusieurs points des côtes de l'Océan et de la Manche, notamment à Concarneau (Finistère), on en met en réserves de grandes quantités dans des viviers spéciaux établis près de la mer, et où ils vivent très-bien jusqu'à ce qu'ils soient livrés à la consommation. Ed. Lef.

UOIIATROPIXE. C^^H-^AzO^ Ladenburg a donné le nom de tropéhies à une série d'alcaloïdes obtenus en chauffant au bain-marie certains sels organiques de tropine avec de l'acide chlorhydrique étendu. Le sel alcaloïdique perd 1 molécule d'eau et se transforme en une tiopéine. C'est ainsi que l'on a préparé par synthèse l'atropine, qui n'est autre chose que du tropate de tropine moins IPO, en d'autres termes, l'atropine est de la tropéine tropique. De même l'homatropine, homologue inférieur de l'atropine, dont elle diffère par Cli- en

HOMBURG (Eaux minérales de). 209

moins, n'est autre" chose que de l'oxytoluate de tropine moins IPO, et mérite dès lors le nom d'oxytoluoltropéine.

On prépare l'homatropine en chauffant au bain-marie pendant plusieurs jours molécules égales de tropine et d'acide oxytoluique avec un excès d'acide chlorhydrique étendu. Les deux corps s'unissent avec élimination d'eau :

C^H^O' + G«H'»AzO = H^O + C'H^AzO^

Acide Tropine. Homatropine.

oxyloluique.

On précipite la base au moyen du carbonate de potassium, puis on reprend par l'éther ou le chloroforme.

L'homatropine cristallise en beaux prismes incolores, fusibles à 95,5- 98,5 degrés, et tombant en déliquescence à l'air humide, malgré leur faible solubilité dans l'eau. Elle présente des propriétés physiologiques analogues à celles de l'atropine et au moins aussi énergiques. Elle peut la remplacer dans la clinique ophthalmologique comme mydriatique.

Les solutions de tannin ne troublent pas les sels Jiomatropiques acides ; le sublimé donne un précipité caséeux blanc, l'iodure ioduré de potassium une huile brune et des cristaux jaunes. L. Hn.

nOiMBERG (Wilhelm). Médecin et chimiste d'origine allemande, né à Batavia le 8 janvier 1652. Il fut d'abord avocat à Magdebourg, puis étudia la médecine et la chimie et parcourut toute l'Europe. En 1682, il se convertit au catholicisme en France, fut reçu en 1691 membre de l'Académie des sciences de Paris, devint en 1702 professeur de chimie et en 1705 médecin du duc d'Orléans, et mourut le 24 septembre 1715.

C'est Homberg qui a découvert la phosphorescence de certains corps [Ane. mém . de Paris, t. Il, 1693) et le sel volatil narcotique du vitriol connu plus tard sous le nom de sal sedalivum Homhergi [ibid., 1702). Presque tous les travaux de Homberg sont insérés dans le Recueil de CAcad. des sciences. L. Hn.

HOIUBURG (Eaux minérales de). Athermales, chlorurées sadiques fortes, bicarbonatées ferrugineuses faibles, carboniques fortes. En Allemagne, à 14 kilomètres de Francfort-sur-le-Mein, à l'extrémité orientale de la chaîne du Taunus. La ville de Homburg-ès-Monts est bâtie au sommet d'une colline, à 200 mètres au-dessus du niveau de la mer. Ses maisons et ses rues, au moins celles de la nouvelle ville, sont élégantes, propres et bien entretenues. Les plaines qui l'entourent sont fertiles, riantes et bien cultivées, et l'on y fait plusieurs excursions intéressantes. La façade de l'établissement est tournée du côté de la campagne et donne sur un beau jardin à la suite duquel se trouve le parc de l'ancien château, situé au fond de la vallée, et où sont les sources. La station d'Homburg, où la saison commence le 15 juin et finit le 15 septembre, a beaucoup perdu de son importance et de son animation depuisfla suppression de sa maison de jeux, où accouraient autrefois plusieurs milliers d'étrangers de toute nationalité. Le climat de Homburg est très-sain. Les vents qui y régnent le plus souvent viennent du nord-ouest et du sud-est, et ils y entretiennent, même pendant les mois d'été, un air toujours frais. La température moyenne en été est de 17°, 5 à 18»,8 centigrade. Les sources minérales DICT. ENC. 4' s. XIV. 14

210 IIOMBURG (Eaux minérales de).

sont au nombre de quatre, elle se nomment : Liidivigsquelle (la source de Louis) ; Kaisersquelle ouSprudel (source de l'Empereur ou source jaillissante) ; Neuquelle ou Stalilbriinnen (source nouvelle ou source ferrugineuse); Elisabelhquelle ou Kurhrunnen (source d'Elisabeth ou source de la cure).

1" Ludwigsquelle. La source de Louis se nomme aussi die Sauerquelle (source acidulée). Elle a élé obtenue en 1845, à la suite d'un sondage; la nappe d'eau souterraine de celte source se trouve à 47 mètres de profondeur. Elle fournit 100 000 litres en vingt-quatre heures. La Ludwigsquelle, qui est la plus rapprochée dans le jardin et dans l'ancien parc, est reçue dans un bassin circulaire de pierre. Un tube de 10 centimètres de diamètre donne passage à cette eau, qui, en s'échappant, semble en ébuUition. Elle n'est donc pas jaillissante, à proprement parler. Les bulles nombreuses du gaz qu'elle renferme viennent éclater à la surface et y produire une légère explosion. Elle est limpide et pétillante; elle a une saveur sensiblement salée. La température de l'air étant de 16 degrés centigrade, celle de cette eau est de 11 degrés centigrade, sa densité est de 1,010754. Nous en donnons l'analyse avec celle de la source suivante.

2" Kaisersq7ielle ou Spnidel. La source de l'Empereur a été trouvée en 1842, à une profondeur de 155 mètres. Son installation est semblable à celle de la source de Louis, mais le bassin dans lequel ses eaux sont reçues est ta 2 mètres en contre-bas du sol, et on y descend par 12 marches. La Kaisersquelle contient beaucoup plus d'acide carbonique que la Ludwigsquelle, et elle présente un phénomène qui lui a donné son nom de Sprudel. Une sorte d'effervescence s'y manifeste par intervalles, et la lance à une telle hauteur, que des gouttes tombent en dehors de son bassin. Les intermittences se reproduisaient à peu près troutes les heures, à l'époque où l'on a découvert cette source. Elles ont aujourd'hui cessé d'être périodiques, et l'on ne peut indiquer les instants de leur retour. Le niveau de la source de l'Empereur et très-variable, son abaissement va quelquefois jusqu'à 6 et 7 mètres. Les eaux des deux sources de Louis et de l'Empereur se rendent, par des conduits spéciaux à un réservoir commun où l'on emplit chaque jour les tonneaux qui alimentent le bassin de l'établissement des bains. L'eau de la source de l'Empereur est limpide et très-pétillante ; sa saveur est très-salée, avec un arrière-goùt ferrugineux. Elle rougit instantanément les préparations de tournesol. Sa température est de 11 degrés centigrade, celle de l'air étant de 17 degrés centigrade. Sa densité est de 1.0155. Hoffmann a fait, en 1856, l'analyse des sources de Louis et de l'Empereur, et il a trouvé que 1000 grammes d'eau contiennent les éléments suivants :

Page 1