CW HYDROPHOBIE NON VIRULENTE
HYDRO\ÉPHROSE. VoiJ. Reins, p. 286.
nYDROPARACOUiUARIQDE (âcide). Foi/. Hydrocoumariques {Acides). HYDROPARÉSIE. Voy. Myxœdème.
ni'DROPÉRICARDE. VojJ. PÉRICARDE.
UYDROPHIS. Ce genre, établi par Daudin, comprend des Serpents de mer {voy. SERrEKTs) au corps très-comprimé, surtout dans sa partie moyenne, à la tête large, à peu près de la même grosseur que le cou, au ventre mince, garni de gastrostéges à peine distinctes; la queue est fortement aplatie; les écailles, disposées en pavé, ont leur surface carénée ou tuberculée ; comme chez tous les Serpents de mer il existe à la partie antérieure de la mâchoire inférieure des dents venimeuses, non cannelées. Les espèces, au nombre d'environ 22, habitent les parties chaudes de l'Océan Indien. H.-E. Sauvage.
BiDLMjGRAPHiE. — Daudin. Histoire tialurclle des Beptilcs, t. VII, 1803. — Schlegel. Physion. des Serpents, t. Il, 1837. — Duméril et Bibron. Erpétologie générale, t. VU, p. 1341, 1854. — SciiMiDT. Beilr. ziir Kenntniss der Meerschl. — Jan. Elenco degli Ofidi, p. 109, 1805. E. S.
nYDROPHLOROXE. C^H'^'O'. S'obtient par l'action de l'acide sulfurique sur la phlorone délayée dans l'eau. Il forme des paillettes incolores, nacrées, très-solubles dans l'eau, l'alcool et l'éther, fusibles et sublimables. L. Hx.
HYDROPHOBIE XOX YIRULEXTE. La rage est une maladie virulente dont les travaux de ces dernières années ont beaucoup éclairé la nature et l'étiologie. Au nombre des symptômes de cette affection, on rencontre un spasme des muscles du pharynx qui s'oppose à la déglutition, principalement des liquides; les malheureux qui en sont atteints ne peuvent pas boire. La vue de l'eau, de vases qui en contiennent, ou même d'objets brillants, rappelle chez eux le spasme pharyngien. Us ont peur de l'eau ; ils sont hydrophobes. Miserrimum genus niorbi, disait Caelius Aurelianus, in quo simul œger siti et aqux metu cruciatur. Ce symptôme domine tellement la scène, il est si frappant et si oi'dinaire, qu'il a donné son nom à la maladie et que souvent rage et hydrophobie sont pris comme synonymes. La confusion est regrettable et beaucoup d'auteurs ont protesté pour que le nom de rage fût réservé à la maladie virulente, car il existe diverses hydrophobies.
Baumes voulait qu'on réservât le nom d'hydrophobie aux cas de rage spontanée ne succédant pas à la morsure d'un animal enragé; ces derniers cas auraient porté le nom de toxico-rabie ou rage virulente. Cette distinction est basée sur une théorie pathogénique difficile à démontrer et que les travaux les plus récents tendent à faire complètement abandonner.
La rage n'est pas spontanée chez l'homme, elle succède toujours à une inoculation dont l'incubation a été plus ou moins longue. La pratique, aujourd'hui rét^lée, des inoculations, permettrait dans un cas douteux de reconnaître si une maladie ayant occasionné la mort était oui ou non la rage. Cette sanction a manqué à des observations publiées autrefois. Les auteurs anciens avaient
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une idée moins précise de la rage et beaucoup de leurs observations sont rapportées avec un laconisme qui leur enlève toute valeur.
Il y a plusieurs formes d'hydrophobie ou, pour parler plus exactement, il y a un certain nombre d'états morbides dans lesquels apparaissent soit l'horreur de l'eau, soit certains spasmes pharyngiens qui rendent la déglutition douloureuse ou impossible, difficulté ou impossibilité qui fait naître la crainte des liquides eux-mêmes, dont la vue ou la pensée seule peuvent, en certaines circonstances, rappeler des réflexes douloureux. C'est à l'étude de ces hydrophobies, de ces fausses rages, qu'est consacré ce travail.
Dans une première catégorie de faits nous placerons les observations de sujets qui, mordus par des chiens supposés enragés, pendant un temps plus ou moins long, présentent de l'hydrophobie. C'est une rage imaginaire, une hydrophobie d'imitation et par suggestion.
M. Château, interne de Trousseau, était occupé à examiner à l'amphithéâtre un larynx lorsqu'on lui dit qu'il provenait d'un sujet qui avait. succombé à la rage. Sur le moment, il n'eut aucune inquiétude, mais le soir, dînant en ville, il était placé près d'une carafe en cristal dont l'eau miroitait au reflet des lumières ; la vue de ce scintillement lui fut très- pénible. Au souvenir de l'investigation à laquelle il s'était livré, il éprouva une sorte de strangurie et ne put avaler une seule bouchée : les mêmes phénomènes se reproduisirent le lendemain à la même heure et toujours en regardant la carafe. Pendant près d'un mois, il lui fut difficile de regarder un corps poli, surtout de l'eau dans du cristal : mais, si parfois il y arrêtait sa pensée, la déglutition devenait difficile sans cependant être jamais impossible comme les premières fois. Au bout d'un mois ou six semaines, il n'y avait plus beaucoup de traces de cette impression. Néanmoins, pendant un mois encore, il supporta avec peine le miroitement d'un corps brillant. Le chef de clinique de Trousseau qui avait participé à l'autopsie éprouva des sensations analogues. Les faits de ce genre ne sont pas rares. 11 y en a même de célèbres rapportés par divers auteurs. Ils s'accompagnent en général de symptômes cérébraux plus accusés, et, si je cite ce dernier, c'est parce que l'hydrophobie s'y est montrée sans autres complications.
En général l'hydrophobie par hypochondrie disparaît rapidement quand le sujet acquiert la certitude que l'animal n'était pas enragé.
Les symptômes produits par la crainte de la rage ne sont pas du tout semblables à ceux de la rage virulente. Il y a cependant des cas embarrassants, c'est lorsqu'il s'agit d'infirmiers, de médecins qui connaissent la symptomatologie de l'affection et qui par auto-suggestion la simulent très-exactement. Tel est le cas rapporté par Delore (de Lyon), en 1875. Un étudiant en médecine, porteur d'une légère plaie à la lèvre embrasse à plusieurs reprises un malheureux confrère, le docteur Vanel, qui succombait à la rage. Trente-neuf jours après il devient triste et annonce qu'il est enrage. Pendant trois jours son état donne les plus vives inquiétudes. Le cas était embarrassant parce que le malade pouvait à la rigueur avoir été infecté et qu'il pouvait aussi par suggestion imiter des symptômes qu'il avait observés si récemment. Mais on ne meurt pas de rage imaginaire, et au bout de peu de jours l'homme instruit qui savait que la maladie a une très-courte durée s'aperçut de lui-même de son erreur et guérit de son délire.
Le fait s'est présenté un grand nombre de fois et il serait inutile de remplir ce travail d'anecdotes de ce genre qu'on trouve dans les recueils périodiques.
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L'examen du malade suffit plus d'une fois à faire le diagnostic sans attendre que sa survie au bout de sept ou huit jours au plus confirme'd'une façon absolue le pronostic rassurant. Le rabique par persuation, si l'on veut bien nous passer cette expression, est hydrophobe; il accuse et accentue sa peur de l'eau, il n'essaye même pas de boire; il est convaincu qu'il ne peut pas avaler. Il n'en est pas tout à fait de même dans l'hydrophobie d'origine virulente. Le malheureux, tourmenté par la soif, veut souvent boire et ne le peut. Féréol cite un malade qui venait au devant de lui avec une sonde œsophagienne, demandant qu'on lui pratiquât le calhétérisme pour le faire boire. Certains rabiques réussissent à avaler. Demarquay rapporte l'observation d'un sujet qu'il parvint à faire boire. Il le plaçait dans l'obscurité, présentant au malade un mélange de vin et de bouillon et, malgré des crises de spasme inquiétantes, il arrivait à boire. II s'alimenta ainsi quatre fois par jour pendant quarante-huit heures, mais il succomba malgré tout dans un spasme des plus violents et peu d'instants après avoir bu.
Il y a même des rabiques qui succombent sans avoir jamais présenté de signes d'hydrophobie. Ce fait n'est pas rare dans la rage paralytique et, avant qu'il fût mieux connu, bien des malades qu'on croyait atteints d'une autre affection ont succombé à la rage. Ygouff dans sa thèse inaugurale a rappelé l'attention sur ces faits, il cite de nombreuses observations à l'appui. Cela démontre en passant combien il est important de rendre au mot hydrophobie son sens étymologique et de ne pas le prendre comme synonyme de rage.
M. Mesnet a publié sous le titre de Délire aigu hydro-phobique l'observation d'un malade qui succomba dans son service après avoir présenté de l'hydrophobie très-nette avec des signes d'aliénation mentale. Il ne s'agit plus ici de rage imaginaire, mais d'une maladie réelle du système nerveux dans laquelle aurait prédominé le symptôme hydrophobie et qui n'était pas la rage.
Le cas a été discuté à la Société de médecine pratique en 1872 et rappelé dans ces dernières années dans les discussions qui ont eu lieu à la suite des inoculations pastoriennes. 11 s'agit d'un homme de trente-trois ans qui aperçoit un dépôt au fond de son verre en buvant, il est pris au moment même et en pleine santé d'un sentiment d'horreur pour les liquides et de constriction à la gorge. L'état s'accentue, il y a de la terreur, du délire, l'idée de suicide, l'aérophobie. Cet hydrophobe délirant, fds d'aliéné et alcoolique, succomba au bout de trois jours.
Plusieurs années auparavant il avait eu des crises analogues avec hydrophobie, aérophobie, idée de suicide. Celle qui a amené sa mort était la quatrième. L'autopsie fut peu significative. M. Féréol, qui a soumis cette observation à une minutieuse analyse, incline à penser qu'il s'agit d'un cas de rage virulente dans lequel le moment de l'inoculation, morsure légère ou caresse d'un chien enragé, aurait passé inaperçu. Il ne suffit pas en effet qu'un hydrophobe ait du délire, même systématisé, pour qu'on soit en droit de déclarer que son hydrophobie est symptomatique de l'aliénation mentale. Monsieur Mesnet a rappelé dernièrement cette observation dans une intéressante communication sur les fausses rages et continue à la considérer comme un exemple d'hydrophobie non virulente. Quoi qu'il en soit de ce cas en particulier, il existe un certain nombre de faits fort bien étudiés dans lesquels l'aliénation mentale a pris une forme hydrophobique ou s'est accompagnée de spasmes pharyngiens et d'horreur de boissons sans qu'il y eût trace de rage virulente. Ces formes d'hydrophobie mentale ont
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été décrites en particulier par Brière de Boismont, par Thulier, Lelut, Baillarger, Calmeil.
Le tableau symptomatique de ces vésanies diffère par beaucoup de côtés du type de la rage. L'aliéné refuse les boissons, bien plus qu'il n'en a horreur, il pourrait avaler et son refus de liquides coïncide le plus souvent avec le refus de toute alimentation. L'enragé au contraire s'ingénie à boire, nous avons déjà insisté sur ce symptôme. Il n'y a pas chez l'aliéné le spasme rabique proprement dit et, si cette variété de délire hypochondriaque se termine par la mort, ce sera le fait de l'inanition ou des complications habituelles des vésanies (Féréol, Mesnet).
A côté des hydrophobies imaginaires et du délire aigu à forme hydrophobique on doit placer un certain nombre de faits souvent cités, mais qu'il €st assez rare cependant d'observer actuellement. Chez l'homme c'est un rédexe pharyngien avec ou sans délire qui se rencontre dans un grand nombre de maladies des plus variées. On trouve dans le lô*" volume du journal de Vandermonde la relation d'une hydrophobie qui se montra pendant les quatre premiers mois de onze grossesses. Alibert, dans son Traité des fièvres intermittentes, rapporte que chaque accès d'une fièvre intermittente s'accompagnait d'envie de mordre et d'horreur des liquides. Cazalis parle d'un accès de lièvre avec hydrophobie, envie de mordre, sensibilité particulière des yeux. Malpighi raconte que sa mère eut des accidents hydrophobiques pour avoir été mordue par sa fille dans une attaque d'épilepsie.
Ces faits, dont il serait facile de multiplier les exemples, se rencontrent avec des caractères plus précis chez les chiens et peuvent constituer le groupe des hydrophobies réflexes.
Un molosse du Saint-Bernard avait mordu une petite fille. Un vétérinaire appelé examine l'animal, le suppose enragé et le fait abattre. L'autopsie révèle seulement un amas considérable de matières fécales accumulées probablement depuis très-longtemps dans l'intestin et dont la longueur pouvait être de 60 à 70 centimètres. La petite fille ne présenta aucun symptôme de rage; le chien avait eu une hydrophobie réflexe {Bullet. de VAcad. de méd., 1875).
Un chien furieux mord tout ce qu'il trouve; il présente de l'hydrophobie et tous les symptômes de la rage. On l'attache et on hésite à l'abattre à cause de l'affection que lui portait son maître. Au bout de quelques heures, il a une forte évacuation de carottes non digérées et redevient tranquille. L'observation est de Descottes.
On avait pris pour de la rage une hydrophobie avec délire furieux, par surcharge du tube digestif. Bouley a cité un fait semblable d'un chien qui avait avalé une bille d'enfant. J'ai relevé quelques autres exemples qu'il serait oiseux de rapporter. Il y a donc chez les chiens une hydrophobie non rabique et de nature réflexe.
Les faits cités plus haut d'hydrophobie humaine accompagnant la grossesse, les fièvres, etc., rentrent dans cette catégorie.
Dans un mémoire sur la rage à propos d'un cas à longue incubation qu'il avait eu l'occasion d'étudier, Féréol insiste sur ce fait que le caractère respiratoire distingue l'hydrophobie rabique de toutes les autres hydrophobies non virulentes. Les principaux symptômes comme les principales lésions de la rage humaine sont groupés autour de la fonction respiratoire. Certains états morbides qui se localisent autour de la même fonction peuvent donc simuler la rage et
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donner lieu tout au moins à une difficulté d'avaler et à des spasmes à formes plus ou moins nettement hydrophobiques.
Avant d'aborder cette catégorie de faits, rappelons sommairement la physiologie pathologique de la rage vraie. La rage est produite par un virus qui, suivant le mode et le lieu de l'inoculation, la quantité inoculée et d'autres conditions tenant au virus lui-même ou au terrain et encore mal déterminées, se cultive plus spécialement dans tel ou tel point de l'axe cérébro-spinal. 11 produit des modifications matérielles dans les points où il se cultive. Les troubles qu'il fait naître sont corrélatifs de ces altérations. L'irritation de l'écorce grise de l'encéphale se traduit par de l'agitation et de la fureur, celle du bulbe par la raucité de la voix, la difficulté de déglutition et l'ensemble des troubles respiratoires qu'on rencontre le plus fréquemment ; qu'un autre point de la masse encéphalique soit infecté secondairement ou primitivement, et on aura des paralysies, des excitations de l'appareil génital, le virus se propageant le long du canal médullaire atteindra la moelle épinière et le bulbe, etc. (Ygouff, Thèse de Paris, 1886). Ainsi se confondent dans une étiologie et une anatomie pathologique uniformes les cas de rage en apparence les plus éloignés les uns des autres, ainsi disparaissent certaines contradictions extérieures et s'expliquent en particulier les phénomènes de la rage paralytique avec ou sans hydrophobie. L'hydrophobie cesse d'être un symptôme essentiel et exclusif de la rage et peut se réaliser dans les conditions les plus diverses.
On la rencontrera dans les maladies qui troublent les fonctions respiratoires. Nous ne citerons que pour mémoire les angines et les affections du pharynx ou de l'œsophage qui amènent mécaniquement des troubles dans la déglutition avec spasmes et quelquefois hydrophobie. Mais nous voulons parler surtout des maladies du système nerveux : intoxications, myélites systématisées, tumeurs et névroses.
Trolliet raconte qu'un enfant qui avait mangé des fruits de datura eut de l'hydrophobie avec envie de mordre, sputation, pupilles dilatées, pouls fréquent, hyperesthésie et délire.
L'empoisonnement par la belladone peut donner lieu à des symptômes analogues. Peyraud (de Libourne) a produit une rage hydrophobique chez le lapin par des injections d'essence de tanaisie. 11 appelle la maladie ainsi produite rage tanacétique et la croit très -semblable à la rage virulente. Il n'entre pas dans notre programme de discuter la théorie qu'il a émise à ce sujet. Nous rangeons la rage tanacétique parmi les hydrophobies toxiques. Dans cette classe rentrent également les hvdrophobies uréraiques, alcooliques et tétaniques.
Dans les crises de délirium tremens il y a plutôt en général soif ardente qu'horreur des liquides, pourtant dans certaines phases on a signalé de la difficulté de déglutition et des spasmes pharyngiens. Il y a dans ce délire alcoolique arec convulsions et hydrophobie certaines analogies grossières avec la rage. En outre il est démontré que l'alcoolisme accroît la réceptivité pour le virus rabique. La morsure d'un alcoolique par un chien peut par le traumatisme, par la surexcitation intellectuelle qui en résulte, favoriser l'éclosion d'une crise de délirium tremens qui empruntera aux circonstances la forme hydrophobique. On voit la source des difficultés que peut faire naître un cas pareil, beaucoup d'observations de fausses rages se rapportent à des alcooliques. Le délirium tremens éclate en général brusquement et ne présente pas les stades successifs