‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.50Chapitre 7 sur 71 · IN L · texte numérisé non relu

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et de Houillicr (1531 à 1555) et obtint la place de lieutenant du premier barbier chirurgien du roi. 11 est l'auteur du premier livre qui ait été écrit en français sur les maladies vénériennes : La mélhode curatoire de la maladie vénérienne vulgairement appelée grosse vérole^ et de la diversité de ses symptômes. Paris, 155'i, 1509, 1654, in 8". L. Hn.

HERZ (Les). Parmi les médecins allemands de ce nom nous mentionnerons :

HeraE (Marcus). Né à Berlin, le 17 janvier 1747, mort dans cette ville le 20 janvier 1805. Reçu docteur à Halle en 1774, il fit à Berlin des leçons sur la physique expérimentale; il fut nommé en 1785 médecin du comte de Waldeck et, en 1787, professeur de philosophie.

Nous citerons seulement de lui :

I. Vcrsuche ûbcr die Umachen der Vrrschiedenheit des Geschmacks. Mittau, 1776, in-8°; Berlin, 1790, iii-S". — H. Grundriss aller nied. Wissenschaften. Berlin, 1782, in-S". — III. Verauch ùber den Schivinde/ . Berlin, 1780, 1791, in-S". IV. GrM«d/. zu Vorlesungen ûber die ExperimentalpInjsiU. Berlin, 1787, in-8''. L. Hn.

Hcr* (Jakob). Né à Beyreutli. le 2 février 1816, mort à Erlangen le 27 septembre 1871. Il étudia à Erlangcn et fut l'assistant successivement de Stromeyer et de IleyI'elder, devint en 1847 prosecteur à l'Université et fit des leçons trèssuivies sur l'analomie descriptive et chirurgicale. Il fut nommé en 1865 professeur extraordinaire, en 18G9 professeur ordinaire d'anatomie. En 1845. à l'occasion du jubilé de l'Université, il publia : De enchomlromate, 'm-¥, et plus tard avec Gerlach et Diltrich : Anatomische Beohachtungen und physiologisciie Versuche an den Leichen von z,wei Ilingerichteten [Prager Viertel jahrschr., Bd. XXXI). L. Un.

liESCHli (BiCHARD-L.). Médecin allemand, né en 1824 à Wellsdorf (Styrie), mort à Vienne le 26 mai 1881. Il fut l'assistant de Rokitansky, puis en 1854 devint professeur d'anatomie à Olmulz, en 1855 professeur d'anatomie pathologique à Cracovie, en 1865 à Graz, enfin en 1875 à Vienne. C'est lui qui a fondé le musée d'anatomie pathologique de Graz.

Heschl a publié une foule d'articles et de mémoires dans les recueils périodiques et de plus :

I. Compendium der aîlgeineinen und speciellen patkologischen Anatomie. AYien, i854, gr. in-8''. — II. Sections-Technik, etc. Wien, 1859, in-8°. — III. Ueber Trichinen, die Trichinenkrankheit, etc. Graz, 1866, in-8\ L. Hn.

HESPÉRIDIE [Hesperidium). Nom sous lequel Desvaux a proposé de désigner le fruit des Aurantiacées. L. Hn.

HESPÉRIDIKE. G^W«Ol^ Glycoside contenu dans l'enveloppe blanche spongieuse des oranges et des citrons. Pour l'obtenir, on sépare cette substance spongieuse du zeste et de la partie extérieure des oranges, on l'épuisé par l'eau bouillante, on sature par un lait de chaux et on évapore à siccité. Le dépôt est épuisé par l'alcool; on filtre, puis on chasse l'alcool par distillation. On ajoute au résidu 20 parties d'eau distillée; au bout de huit jours l'hespéridine se sépare ; on la purifie par cristallisation dans l'alcool.

HESSELBACH (Les delx). 85

I/hespéridine cristallise en aiguilles blanches, soyeuses, groupées en aigrettes; «lie est inodore et sans saveur, fond à 245 degrés, se décompose à une température plus élevée. Elle se dissout faiblement dans leau bouillante, très-bien dans l'alcool bouillant, dans les huiles grasses et les huiles essentielles; elle est insoluble dans l'éther.

Les acides la dédoublent en glycose et en hespérétine, G"I^^O^ qui est en cristaux incolores, presque insolubles dans l'eau, solubles dans l'alcool et l'éther, fusibles à :i23 degrés. Chauffée à 100 degrés avec la potasse, l'hespérétine donne de la phloroglucine et de Yacide he$pérétique, C"'li"'0*, monobasique, fusible à 225 degrés. L. Un.

HESPERIS. Voy. Julienne.

HESSE (Les deux].

Hesse (Johann-Friedr.-Wilh.). Médecin allemand, né à Sandau sur l'Elbe, le 16 février 1782, mort à Berlin le 12 juillet 1852. 11 servit dans l'armée, puis fut reçu docteur à Halle en 18 11, et se livra à la pratique de l'art dentaire €t de la médecine avec un égal succès, à Berlin où il s'était fixé. Eu 1827, il se fit agréer privat-docent d'odontologie à l'Université, puis devint le médecin du prince héritier et du prince Guillaume (l'empereur actuel). Hesse a publié un assez grand nombre d'articles dans Ihifeland's Journal, Horns Archiv, Ruat's Uandbuch der Chirurgie, Rust's Magasin, etc. L. H.\,

Hesse (Karl-Gcstav). Né le 19 décembre 1795, à Suiza (Saxe-Weimar), mort le 20 mars 1851, à Wcchsclburg (Saxe royale), où il exerça la médecine pendant de longues années. Il publia avec Pierer les Allgem. medicin. Annalen, rédigea ou revit entièrement les articles médicaux de VUniversal- Lexikon, etc. il étudia expérimentalement les fonctions de la rate (Medicin. Annalen, 1825), fit des recherches sur l'hématémèse des nouveau-nés sur l'extirpation de la matrice, etc., et mit au jour un grand nombre d'ouvrac^es parmi lesquels :

I. Ueber die Erweichung der Gewebe und Organe des menschlichen Kôrpers. Leipzig, 1827, in-8°. — II. (Jebet- das Schreien der Kinder im MiUlerieibe. Leipzi", 18'29, in-8°.' — III. Ueber Varicellen, etc. Leipzig, 1829, in-8°. — IV. Ueber das nâchtlic'he Aufsckrecken der Kinder. Altenburg, 1845, in-8°. i,. h„,

HESSELB.4CH (Les deux).

Hesselbach (Franz-Kaspar). Né le 27 janvier 1759, à Hammelbouro, mort à Wurtzbourg, le 24 juillet 1816. Siebold, son maître, le fit nommer prosecteur à Wurtzbourg et il conserva longtemps cet emploi et enrichit trèsnotablement les collections anatomiques de l'Université. Il fit des cours privés sur l'anatomie et la taille et imagina un nouveau lithotome. Ses travaux les plus remarquables se rapportent aux hernies abdominales.

Citons de lui :

I. Vollslândige Anleilung zur Zergliederungskunde des menschlichen Kôrpers. Rudol- Stadt. 1805-1808, in-4°, pi. — II. Anat -chir. Abhandl. iiber den Ursprung der Leistenbruche. Wiirzburg, 1806, in-4'', fig. — III. I^eueste anat.-chir. Untersuchungen iiber den Ursprung und das Fortschreiten der Leislen- und Schenkelbritche. Wûrzburg, 1814, in-4<> fig., trad. en latin par Ruland, 1816. — IV. Beschreibung ... eines neuen Instrutnenles xur

sicheren Entdcckung und Slillung einer bei dem liruchschnille entêtandenen gefâhrlichen Bltitung. Wurzburg, 1815, in-4°, flg. L- Hn.

Hesseibach (Adam-Kaspar). Fils du précédent, né à Wurtzbourg, le 15 janvier 1788, succéda en 1817 à son père comme prosecteur à l'Université, passa en 1828 à Bamberg comme professeur de chirurgie à l'école chirurgicale et chirurgien en chef de l'hôpital général. Il a publié de nombreux ouvrages et s'est, comme son père, occupé avec prédilection de l'étude des hernies. Nous nous bornons à citer :

I. Die sichersie Art des Bruchschnitts in der Leiste, Bamberg, 1819, in-4">. — II. Die Lettre von deii Eingeweidebrûchen. VViirzburg, 1829-1830, 2 part. in-8°. — III. Med.-chir. Beobachtitngen und Erfahrungen. Bamberg, 1832-1855, in-S». — IV. Die Erkenntniês und Behandlung der Eingeweidebriiche. Niirnberg, 1840-1841, gr. in-fol., avec 20 pi. — V. Handbuch der Chirurgie, etc. Bamberg, 1838, in-S". — VI. Ilandbuch der gesammteu Chirurgie. Jena, 1842-1847, 5 vol. in-8°. — VII. Handbuch der chirurg. Operationslehre, 1 Bd. Jena 1840, in-8«. L. Hn.

HESiiiERT (Fhanz-Ferdi.n.-Ludwig von). Né à Bouxwiller, le 19 juilletl774, servit d'abord dans les armées allemandes, fut nommé en 1798 professeur de médecme à Giessen, puis en 180!2 vint occuper une chaire à Strasbourg. En 1828, il reprit du service dans l'armée hessoise et mourut à Darmstadt le 15 décmbre 1839. Il publia plusieurs opuscules sur la vaccination, puis en outre : Essai sur l'utilité de la réunion de la médecine et de la chirurgie. Strasbourg, 1804, et Précis historique et pratique sur la fièvre miliaire qui a régné épidéniiquement dans le département du Bas-Rhin en 1812 (avec Scliahl). Strasbourg, 1815. L. Un.

IIÉTÉRADELPIIES (de stïooç, autre, à^îXcpôç, frère). Nom donné par Is. Geoffroy Saint-Hilaire à ceux d'entre les monstres dits hétérotypiens [voy. ce mot), chez qui un sujet accessoire, très -imparfait, privé de tête et quelquefois de thorax, est implanté sur la face antérieure du corps de l'individu principal. 0. L.

HÉTÉRADÉISOniES. Voy. ÂDÉJiOMES et Épithéliales {Tumeurs).

HÉTÉRALIEXS (de etsooç, autre, â).wç, aire). Nom donné par Is. Geoffroy Saint-Hilaire à ceux d'entre les monstres doubles parasitaires {voy. ce mot)» chez qui un individu parasite, très-incomplet, est inséré sur l'une des extrémités du corps. 0. L.

HÉTÉROCÈRES. Voy. LÉPIDOPTÈRES.

HÉTÉRODOIV. Ainsi qu'il arrive trop souvent en zoologie, le nom d'Hélérodon (de èrepoioç, dissemblable, différent; o5ovç, dent) a été donné tout à la fois à un genre de Cétacé, à un poisson plagiostome et à un serpent ; il s'applique également à un genre de Mousses voisines des Bryiim ; quoi qu'il en soit, on l'a réservé aujourd'hui pour désigner, à l'exemple de Latreille, un Serpent agyphodonte, au museau relevé, obtus, anguleux et caréné, en forme de coin, à la tête plus ou moins distincte du tronc, qui est anguleux; toutes les dents sont lisses, non cannelées, les deux dernières étant plus longues que les autres et séparées

IIÉTÉROLOGUE. 85

de celles qui les précèdent par un intervalle dépourvu de crochets. Ce genre, qui fait partie de la famille des Diacrantériens de Duméril et Bibion, ou de la famille des Rhinaspidinôes de Jan, se compose de six espèces américaines; Duméril et Bibron y plaçaient également l'IIétérodon de Madagascar, dont Jan a fait depuis le type du genre Anamalodon. II.-E. Sauvage.

Bibliographie. — Latbeille. Hist. nat. Reptiles, t. IV, p. 92,1800. — Daudin. Hist. reptiles, t. \II, p. 153, 1804. — SciîLEGEL. Essai sur la physionomie des Serpents, 1857. — Dumébil et BiBBON. Erpétologie générale, t. VU, p. 765, 1854. — Jan. Arch. per la zool., l. II. — Di- MÈHE. Elenco degli ofidi, p. 44, 18G3. E. S.

nÉTÉRODl'MES (de erepo;, autre, ^tWo;, jumeau). Nom donné par Is. Geoffroy Saint-Hilaire à quelques-uns d'entre les monstres dits hétérotypiens {voy. ce mot), chez qui le sujet accessoire se compose d'une tête incomplète, reliée à la face antérieure du corps du sujet principal par un cou et un thorax rudimentaires. 0. L.

HÉTÉBOGÉNÉSIE. Voy. HybRIDITÉ.

HÉTÉROGÉXIE. Voy. GÉNÉRATION.

HÉTÉBOLOGUE (heterologm, etc/jo;, autre, et Xo'yo?, nature). Thsn hétérologue. Tissu morbide que Laennec appelait tissu sans analogue avec les tissus du corps (Ch. Robin). Burdach (Traité de physiologie, 1857, trad. franc, t. VIII, p. 551) classait les produits matériels hétérologues de l'organisme de la façon suivante : 1° Mélange de substances étrangères admises dans le sang (soufre, iodure de potassium, substances narcotiques et médicamenteuses diverses). Ces substances sont éliminées par la peau, par le poumon, les reins et les diverses sécrétions. 2° Dégénérescence. Au lieu de l'introduction de produits étrangers à l'organisme, la dégénérescence consisterait en un changement de composition des substances organiques, dépendant de circonstances vitales anormales. <( L'éloignement de l'état normal sous le point de vue de la proportion des principes constituants, ou de l'échange du caractère propre d'une formation contre celui qui appartient à une autre, peut être devenu totalement étranger à l'organisme en général » (Burdach). L'auteur cite parmi les causes de la dégénérescence : a la proportion anormale entre l'injection et l'éjection (scorbut, scrofules) &, les dyscrasies (putride, arthritique, syphilitique, etc.). Celte dégénérescence peut porter sur les parties liquides (diabète, sécrétions bleues, etc.) ou sur les parties solides. Les organes perdraient leur tissu propre (induration, ramollissement, inllammation et gangrène). A la suite de ces diverses causes de dégénérescence, Burdach parle de la formation de parties nouvelles hétérologues. Elle consisterait en une dégénérescence non des organes constituant l'économie animale, mais de l'activité organique elle-même, qui fait que cette dernière engendre des produits étrangers à l'organisme. Ce sont des pseudomor phases hétérologues, àoni feraient partie les excroissances, se divisant en piillidaiions et en hétéroplasmes. Les puUulations consisteraient en ce qu'un tissu organique outrepasserait les hmi tes de sa formation et se manifesterait sous des formes plus ou moins anormales. Il range dans les puUulations les ulcères simples, la télangiectasie, les lipomes, les condylomes, les exostoses, etc.

80 HETÉROPLASIE.

Nous renvoyons à l'article Hétéroplasie pour tout ce qui concerne la nature des produits liétérologues et les diverses théories qui ont eu cours sur celte question. Ed. PiEiTERtn.

Hlh-.TÉROPAUES (de kEpoç, autre, ■Kh^vui, je fixe). Nom donné par Is. Geoffroy Sainl-llilaire à ceux d'entre les monstres hétérotypiens [voy. ce mot) chez qui l'individu accessoire est pourvu d'une tête, assez grosse, mais mal ( onforniée, et de membres pelviens rudimentaires. 0. h.

iiif:TÉKOPLASlE {hepoç, autre, 7r>.«Tt;, formation). Lobslein en 1829 »■ désigne sous le nom d' hétéroplasie le mode de productioa des substances morbides dont l'origine, la constitution et la fin, paraissent différentes des tissus normaux.

Avant Lobslein, on avait émis une série d'hypothèses plus ou moins vraisemlilables sur l'apparition des tubercules, du cancer, etc. C'est ainsi que Hunter {Œuvres complètes, Irad. Riclielot, t. 1, p. 419) expliquait les aberrations de nutrition donnant naissance aux tumeurs (le la façon suivante : la lymphe plastique ou coagulable est épancliée dans les organes, et c'est elle « qui conlribue à former les tumeurs, au développement desquelles l'inllammation ne paraît

pas prendre la part principale La lymphe coagulable extravasée, qui produit

l'adhérence ou des tumeurs, participe toujours de la nature des solides raaladesqui l'ont sécrétée. S'ils sont atteints d'une disposition syphililique, la nouvelle substance possède le même caractère. S'ils sont cancéreux, la matière épanchée est cancéreuse, car l'absorption de celte matière qui a été sécrétée dans un sein cancéreux produit un engorgement cancéreux des glandes de l'aisselle. »

Lobbtein, contemporain deBichat et de Cuvier, introduisit en anatomie pathologique la mélliode d'observation qui avait fait faire aux sciences anatomiques et naturelles des progrès si étonnants au commencement de ce siècle. Dans son Traité d'anatoinie pathologique, 1829, Lobslein expose ses idées sur la formation des tissus normaux et morbides de la façon suivante :

« Il se développe dans les maladies, et par un travail vital particulier (auquel Lobslein donne le nom à' homœoplasie "[haoLoi, semblable, et7t/.«o-t;, formation] , des tissus nouveaux analogues et même identiques aux tissus naturels. Le plus souvent ces tissus de nouvelle formation changent totalement la structure primitive des organes qu'ils ont envahis. Lobslein réduit aux espèces suivantes lestissus naturels qui se développent accidentellemeut, savoir : 1" le tissu cellulaire ; 2° le tissu vasculaire; 5" le tissu membraneux; A" le tissu spongieux ou éreclile; 5" le tissu fibreux; 6° le tissu jibro- cartilagineux ; 1^ le tissu graisseux; 8" le tissti pileux et 9" le tissu corné, etc.

« Il se développe, en vertu d'un travail morbide particulier que nous nommerons hétéroplasie, des substances étrangères à l'économie animale, qui, déposées peu à peu dans les interstices des parties, les forcent à leur céder la place. soit en les pénétrant, soit en les convertissant en leur propre nature.

(( Ou peut réduire à quatre le nombre de ces substances hétérogènes ; ce sont : 1" la substance tuberculeuse; 2° la substance lardacée ; 5» la substance squirrho- cancéreuse, et 4" le fongus médullaire. La substance particulière connue sous le nom de mélanose est rapprochée également de ces dernières substances [loc. cit., t. 1, p. 569).

UÉTÉROPLASIK. 87

« Le tubercule commence par des granulations d'une substance propre qui n'est point le résultat de la dégénérescence d'un tissu préexistant; ce n'est pas non plus un tissu nouveau, puisqu'on n'y découvre aucune apparence de structure ni aucune propriété vitale : c'est une matière nouvelle, sécrétée probablement par exhalation, déposée dans les mailles des tissus vivants et constitua» une masse entièrement inorganique. Baron n'est pas éloigné, dit Lobstein, d'attribuer la formation des tubercules à l'action des vers vésiculeux (hydatides). »

Les opinions qui ont régné sur l'origine de la substance squirrho-cancéreuse nous donnent une bonne idée de ce qu'on devait entendre par substances héléroplastiqiies. Richard Carmichael (1809) prétendait que le cancer était un être à part, jouissant d'une vie indépendante, se développant dans tous les endroits du corps où la vitalité a été affaiblie et dont la matière organique commence à se décomposer.

Adams a soutenu que l'essence du cancer résidait dans la présence d'un animal du genre des hydatides. L'irritation inflammatoire serait-elle cause de la formation des substances hétéroplastiques, comme le voulait Broussais ?

Les Anciens regardaient les tumeurs comme des obstructions, des matières épaissies, puis ramollies par une fermentation intérieure, etc. Plus tard on admit l'activité de certains virus ou de certains agents spécifiques, qui attaquaient particulièrement le système lymphatique, en changeaient les propriétés vitales, et altéraient le fluide qu'il est destiné à conduire. Du temps de Lobstein, on considérait comme agent principal de la formation des dégénérescences hétéroplastiques l'inflammation chronique du tissu qui compose ces parties.

« Si l'on veut bien réfléchir, continue Lobstein, sur tout ce qu'on observe dans le développement des substances tuberculeuses, lardacées, squirrho-cancéreuses, etc., on ne peut s'empêcher d'y reconnaître un travail physiologique, une action particulière, qui fait naître au milieu du tissu primitif une matière nouvelle. On est de plus forcé de convenir que ce travail est modifié et comme spécialisé dans la formation de chacune de ces substances; autrement elles seraient toutes identiques. »

La question est de savoir si ce travail est une inflammation. Pour Lobstein, la cause prochaine de la formation des produits pathologiques, des néoplasmes, comme on dirait aujourd'hui, gît dans une anomalie de la nutrition ; l'inflammation ne serait qu'une cause éloignée. La phlogose ne pourrait devenir productive sans mettre en jeu la force plastique.

f La première molécule de chacune des substances hétéroplastiques, une fois déposée dans le tissu d'un organe, s'y développe et s'y accroît, comme les organes eux-mêmes s'accroissent et se développent.

« Les organes primitifs et naturels d'un embryon se développent sans le secours d'une inflammation; il en est sans doute de même de ceux qui s'engendrent dans les maladies, car il est bien plus rationnel d'expliquer les altérations organiques par les lois de la vie dans l'état de santé que de créer une nouvelle physiologie pour l'état pathologique. »

Lobstein admet dans la formation des tissus nouveaux homœoplastiqnes : !<• une matière animale; 2" une force d'organisation. «Les mêmes éléments, ditil, se retrouvent dans le développement des substances hétéroplastiques, avec cette différence que la matière animale, au lieu de se convertir sous l'influence de la force plastique en tissu cellulaire, en membranes, en vaisseaux, etc., au lieu d'être, en un mot, euplastique, est en désharmonie avec les tissus nor-

88 HÉTÉROPLASIE.

maux : elle est ennemie de réconomie animale, qu'elle finit par altérer et corrompre. Ce sont ces qualités délétères qui m'ont engagé à lui donner le nom de cocoplastique (xazd;, mal, mauvais, TrXâfft;, formation). Autant la première a une tendance marquée à la solidification et à l'organisation, autant la seconde est disposée au ramollissement et à la désorganisation. L'une et l'autre sont soumises à la force formatrice : dans l'une, cette force réussit à former des tissus homologues-, dans l'autre, elle est insuffisante. »

Burdach [Traité (}e physiologie, 1857, t. Vlll, trad. franc.) compte également les tubercules et le squirrhe paimi les hétéroplasmes, La cause de ces productions tiendrait, selon cet auteur, à ce que l'activité plastique en général s'est éloignée de ses conditions normales, à ce que la formation du sang s'opère d'une manière incomplète ou à ce que ce liquide est dégénéré. L'air humide est ainsi capable d'occasionner des tubercules, comme la frayeur ou un chagrin prolongé peut déterminer le développement d'un squirrhe. Ces influences agiraient donc en troublant la faculté assimilatrice des organes.

Alibort {Monographie des dermatoses. Paris, 1852, p. 761) avait désigné sous le nom d'héléroviorphes les affections cutanées qui ne pouvaient rentrer dans aucun groupe naturel. Ce terme fut repris par les histologistes et fut employé dans un sens analogue à celui d'héteroplaslique. En effet, dès qu'on appliqua le microscope à l'étude des produits morbides, on crut pouvoir distinguer, d'après la forme des éléments, les tissus normaux des formations anormales. Non-seulement les éléments de certaines tumeurs et de certaines lésions pouvaient toujours, d'après leur lorme, être différenciés des éléments normaux, mais on leur reconnaissait des caractères spécifiques : qu'il nous sutfise de citer Lebert, Broca, Fol lin, etc., parmi les défenseurs de cette théorie.

Broca {Anat. pathoL du cancer, 1852) regardait le tubercule et le cancer comme des productions accidentelles sans analogues dans l'économie ou hétéromorphes.

Lebert (Analomie pathologique, 1857, t. 1, p. 92), d'autre part, prit pour base, dans la classification des tumeurs, la structure anatomique et physiologique des tissus normaux et morbides.

« Dans la première classe, dit-il, nous trouvons un simple accroissement nutritif d'un tissu ou d'un orgnne normal et physiologique {Hypertrophie homœomorphe). Quand le tissu homœomorphe se montre dans les parties de l'économie dans lesquelles il ne se trouve point à l'état normal, comme, par exemple, une tumeur cartilagineuse au milieu d'une glande, ce sont des productions homœomor plies, hétérotopiques (tissus normaux à siège anormal).

« La troisième renferme des productions qui, comme ensemble de tissu et de manifestation locale, ne se rencontrent point à l'état normal dans l'économie : tels sont, par exemple, le cancer et le tubercule. Ce sont les productions hétéromorphes. Les lois générales de formation sont bien, pour ces tissus, les mêmes que pour toute espèce de produit ou de tissu normal et pathologique; mais des caractères différentiels permettent de les distinguer, sous le rapport physique, des autres tissus, de même que des propriétés cliniques particulières en forment des groupes morbides distincts.

« L'hétéromorphie de ces tumeurs, continue Lebert (p. 92), consiste essentiellement en ce que, au microscope et à l'œil nu, on peut distinguer ces produits des autres tissus normaux et pathologiques, et qu'en même temps leur marche présente des caractères qui rendent leur diagnostic presque toujours possible. »

HÉTÉROPLASIE. 89

Cependant l'auteur ajoute qu'il n'admet pas une spe'cificité absolue de ces tumeurs.

Jusqu'à Yirchow on rattacha la maladie à un système organique, tel que le sang ou les humeurs, ou bien on la réduisit à des formules chimiques ou physiques. Dès 1858, cet auteur ramena la maladie à la cellule, de même qu'il regarda cette dernière comme le substratum de la vie. Yirchow {Cellularpathologie. A' édit. Berlin, 1871, p. 70) attribue la formation des néoplasmes et des produits morbides à un processus semblable à celui qu'on observe dans le développement du squelette aux dépens du tissu conjonctif. Nous avons montré {Périoste) que le tissu connectif est susceptible de passer par plusieurs stades successifs pour constituer l'os : les cellules conjonctives sont à même d'élaborer de la substance cartilagineuse, puis de la substance osseuse. C'est à un processus analogue que Yirchow a donné le nom de métaplasie; en d'autres termes, les éléments conjonctifs, par exemple, produisent par multiplication d'autres éléments qui s'éloignent des premiers en ce qu'ils sont aptes à évoluer dans un sens différent, à constituer des cellules et des tissus ayant des caractères physiques et chimiques distincts. La métaplasie n'est, en somme, comme \irchow l'a fait ressortir au Congrès international de Copenhague, que ce que les embryologistes appellent différenciation et ce que les zoologistes désignent sous le nom de transformisme. Les néoplasmes reconnaîtraient, selon N irchovv, une cause semblable : que le tissu adipeux, par exemple, prolifère abondamment en un endroit, que la graisse disparaisse, que les cellules persistent et se transforment en éléments muqueux,{on aura un lipome gélatineux ou colloïde.

Les enchondromes de même se développent souvent à la jonction de l'épiphyse et de la diaphyse, parce que l'ossification a respecté certaines portions cartilagineuses du squelette primitif et les a laissées à l'état de tissu cartilagineux soit dans l'extrémité terminale, soit dans le canal médullaire.

La doctrine de Yirchow a subi diverses fluctuations, bien que le fond de celle doctrine se retrouve dans la plupart des théories qui sont venues se grelfer sur elle. Yirchow a fait jouer un rôle prédominant, même exclusif, au tissu conjonctif, qui lui seul serait le point de départ de la plupart des néoplasmes et des substances morbides. Plus tard Cohnheim avança que les globules blancs, en émigrant des vaisseaux et en allant se fixer dans certaines régions, pouvaient donner lieu à des produits néoplasiques.

Remarquons que cette opinion se rapproche singulièrement de l'hypothèse ■des Anciens, qui pensaient que Yexsudat plastique était la cause unique des néoformalions pathologiques : les éléments figurés du sang connus sous le nom de leucocytes auraient l'importance de Vhumeur prise dans son ensemble.

Quoi qu'il en soit, tous les auteurs sont aujourd'hui d'accord pour reconnaître que les produits morbides et les néoformations sont des dérivés directs des cellules normales qui préexistent dans l'organisme. Que l'on admette autant de variétés de néoplasmes qu'il existe de groupes cellulaires distincts chez l'adulte ou bien que l'on se borne à dire que tous dérivent d'éléments indifférents, la formule de Yirchow : omnis cellula è cellulâ, a passé à l'état d'axiome.

Yirchow fait remarquer avec beaucoup de raison que l'hypothèse de Cohnheim, ainsi que l'opinion de ceux qui considèrent comme embryonnaires tous les tissus en prolifération, se laissent aisément ramener à sa théorie. En etfet, c'est un fait indiscutable que la grande majorité des néoplasmes dans les organes composés de divers éléments ne sont pas constitués par les cellules parenchyma-

90 HÉTÉROPLASIE.

teuses, mais par le tissu conjonctif interstitiel. Les tissus arrivés à un degré élevé de développement, tels que les fibres musculaires, les tubes nerveux, les cellules nerveuses, les cellules glandulaires, etc., sont peu disposés à la prolifération formative, qui se concentre de préférence sur les tissus conjonctif, lymphatique et épilliélial.

Ce ne sont pas habituellement des organes entiers qui subissent celte évolution : un petit groupe cellulaire, souvent bien délimité des éléments voisins, donne naissance à la tumeur, qui croît plus ou moins rapidement et peut acquérir des dimensions extraordinaires. Les éléments qui occasionnent la formation du néoplasme sont-ils semblables aux cellules de l'embryon et possèdentelles la même valeur physiologique; sont-ils, en un mot, des é\émenls embryonnaires? « Qu'une tumeur se développe, dit Ziegler [Lehrbuch des pathologischen Anatomie, 1885), dans la mamelle ou dans l'utérus pendant la gestation et les couches, qu'un sarcome ou un enchondrome apparaisse dans le tissu osseux, sur le périoste ou dans le tissu médullaire d'un os en croissance, il est très-probable et on peut admettre avec beaucoup de raison que les mêmes éléments cellulaires,^ (jui contribuent à l'édification du tissu et de l'os normal, peuvent concourir à la lormalion de la tumeur. »

\irchow a conservé les expressions de honui'oplaslique et de hétéropldsliquesen en modifiant la définition : il désigne par néoplasme ^ homœoplasliques ceux qui sont formés des mêmes éléments que les tissus de la région oij ils ont pris naissance, et par tumeurs hétéroplastiqiies celles qui sont constituées par des éléments autres que ceux du lieu d'origine. A ce point de vue la plupart des néoplasmes sont hétéroplastiques, puisque le plus souvent leurs tissus sont autrement constitués que ceux de la région.

Rindfleisch {Histologie pathologique^ trad. franc., 1873, p. 93) reconnaît une certaine valeur à l'opinion qui considère les néoplasmes comme quelque chose d'étranger {hcpoy) introduit dans l'organisme. « Il y aurait du vrai pour les néoplasies qui, comme la syphilis, le tubercule, le typhus abdominal, sont déterminées par l'introduction dans le corps d'un poison déterminé, et qui se manifestent d'une manière identique dans les différents organes. Chaque organe possède, en eflet, des néoplasmes particuliers qui se reproduisent sans cesse sous les mêmes formes avec des modifications insignifiantes, et tels que, arrivés à un certain degré de développement, on jieut en déduire un diagnostic et un pronostic rigoureux. Mais il n'est pas justifié et contraire au progrès de la science, continue Rindfleisch, de négliger, dans la description et l'étude des caractères communs aux néoplasmes des différents organes, l'influence exercée par chaque organe en particulier, qui demande qu'on regarde la néoplasie pathologique comme un trouble de son développement, de sa nutrition ou de sa régression, v

Ch. Robin n'admettait pas les éléments et les tissus hétéroplastiques ou hétéromorphes. Sa doctrine était celle-ci : tous les organes et tous les tissus nouveaux qui se produisent normalement dans l'organisme apparaissent par genèse à l'aide et aux dépens d'une substance fondamentale formée par les éléments préexistants. Pour les tumeurs et tous les produits morbides, il en serait de même : ils reconnaîtraient pour cause une génération nouvelle d'éléments. Des culs-de-sac glandulaires, des lobules de glandes et d'autres tissus, peuvent naître de la même façon chez l'adulte, accidentellement, mais avec errevr de lieu^ et non, comme chez l'embi'yon, en lieu normal. Ils naissent par suite d'une per-

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lurbation de la propriété végétative de naissance, perturbation telle que, au lieu de cesser à un certain âge, dit adulte ou de complet développement, celte propriété se manifeste au delà de cet âge, mais d'une manière pins ou moins irrégulière, suivant les individus et suivant les systèmes organiques. Cette perturbation porte presque uniquement sur les éléments et les tissus dits végétatifs. Ces éléments ne dérivent par directement des tissus normaux qui préexislaient (sauf les cas de multiplication des épithéliums d'une glande, de dilatation ou de multiplication de culs-de-sac Ch. Robin]).

Cornil et Ranvier {Manuel d'histol. pathoL, 1'''= édition) citent comme exemple de véritable hétéroplasie physiologique la formation du tissu osseux, soit aux dépens du cartilage, soit au-dessous du périoste, soit aux dépens dui tissu fibreux. « La substance fondamentale du tissu (capsules et cellules cartilagineuses, substance fibreuse) se dissout; les cellules prolifèrent, deviennent libres, s'entourant d'une substance fondamentale nouvelle, deviennent des corpuscules osseux » (Cornil et Ranvier). Plus loin [loc. cit., p. 65), ces auteurs font remarquer dans une note que les phénomènes d'hyperplasie et d'hétéroplasie constituent le mode de formation physiologique des cellules et des tissus de l'organisme, mais ils rejettent ces termes en raison de la confusion qu'ils jettent dans l'esprit et ils citent à l'appui l'exemple suivant : « Sous l'influence d'une irritation formatrice intense, les travées osseuses (du tissu osseux) se résorbent ; il se forme à leur place du tissu médullaire embryonnaire. C'est là une véritable hétéroplasie, mais que l'irritation cesse, ce tissu médullaire redevient de l'os, un os beaucoup plus compacte, beaucoup plus riche en corpuscules osseux, mais cette hyperplasie a été précédée d'une hétéroplasie. » Ces faits physiologiques bien établis.^voici comment ces auteurs décrivent le mode suivant lequel se développent les néoplasmes en général et les tumeurs en particulier : « Dans le cas où l'irritation aboutit à la formation d'un tissu différent du tissu générateur, les cellules embryonnaires éprouvent les mêmes moditications que dans le développement physiologique de chaque tissu. C'est de cette façon que naissent presque toutes les tumeurs... Nous citons comme exemple le carcinome, qui (( est caractérisé par une aberration hyperlrophique des éléments cellulaires nés dans les espaces plasmatiques du tissu conjonctif « ; dans d'autres tumeurs [productions syphilitiques, tuberculeuses, morveuses), ces mêmes éléments s'atrophient...; les auteurs ajoutent : ces trois espèces de tumeurs ont cela de commun que chacune d'elles est liée à une maladie générale constitutionnelle.

Les néoplasmes, se demande Ziegler [loc. cit.), sont-ils simplement des proliférations cellulaires consécutives à une inflammation? 11 paraît que non, puisque certains tissus renferment non pas des tissus analogues, mais des éléments de nature différente. La tumeur est un tissu atypique pour une région donnée (Ziegler). Tandis que Yirchow et d'autres font rentrer dans les tumeurs toutes les proliférations cellulaires et les formations inflammatoires, d'autres éliminent les productions précédentes des néoplasmes proprement dits. On ne peut meltre ces deux sortes de formation sur le même rang, puisque les unes sont constituées des éléments de forme et de nature identiques à ceux de la région qui leur a donné naissance, tandis que les autres laissent reconnaître des éléments de nature tellement différente, qu'ils finissent par amoindrir et par anéantir les propriétés vitales des tissus au miheu desquels ils ont apparu (Ziegler). Les néoplasmes peuvent présenter des foyers inflammatoires, mais l'bistogénèse et les phénomènes évolutifs de ces formations sont tout différents de ceux de l'inflam-

92 HÉTÉROPLASIE.

mation. Ces considérations permettent d'affirmer que les néoplasmes ne reconnaissent pas une cause traumatique.

Les néoplasmes existent à tous les âges, mais se montrent de préférence dans un âge avancé, ce qui donne à penser qu'ils pourraient résulter d'une évolution anormale, monstrueuse, de certains tissus embryonnaires. Cohnheim a émis l'hypothèse que les néoplasmes auraient pour origine certains groupes cellulaires embryonnaires, qui n'auraient pas contribué à la formation de l'organisme; les germes resteraient inactifs, dans un repos complet, pendant une certaine période de la vie de l'individu. Plus tard, quand les conditions différentes de milieu, de nutrition, etc., peut-être certaines lésions traumatiques, favorisent la multiplication de leurs éléments, ils proliféreraient et donneraient naissance aux néoplasmes.

Les tendances des morphologistes seraient de ramener la formation des produits morbides à l'évolution aberrante des tissus embryonnaires. Il est fort possible que l'atavisme ait une influence, malheureusement peu connue, sur le développement. La fin des éléments formant les néoplasmes étant différente, ainsi qu'une série d'autres phénomènes évolutifs, il y aurait lieu de se demander si les cellules génératrices des tumeurs ne proviendraient pas de groupes ou de germes cellulaires n'ayant pas subi la fécondation. On sait, en effet, d'après les recherches d'Oellacher, d'Agassiz, de Burneit, de Moquin-Tandon, de Mathias Duval, etc., pour ce qui concerne les œufs de Poissons, de Batraciens, d'Oiseaux et même de Mammifères (Bisclioff et Hensen), que la segmentation de l'œuf et le premier développement du blastoderme peuvent se produire en dehors de toute fécondation. Morel, cité par Mathias Duval (Soc. debiol.,31 octobre 1884), a observé un cas semblable dans l'espèce humaine. « Cette observation est demeurée complètement oubliée, inconnue; elle eût cependant singulièrement été précieuse à Oellacher et à Waldeyer, lorsqu'ils ont émis l'hypothèse que les kystes dermoïdes de l'ovaire pourraient bien avoir pour origine un développement parthénogénétique d'ovules encore contenus dans l'ovaire « (Mathias Duval).

Quelle que soit la théorie que l'on adopte, il reste certains points obscurs à élucider. Quelle est l'incitation originelle qui est cause de ce développement anormal des cellules embryonnaires indifférentes? Il n'y a pas, en effet, seulement une exagération dans l'accroissement des tissus et des organes, une simple hyperplasie, on est obligé de reconnaître que la plupart des formations pathologiques présentent une altération qualitative des processus normaux du développement et de l'accroissement. Où siège la cause prochaine de cette aberration de nutrition et d'évolution? Les groupes cellulaires eux-mêmes possèderaient-ils une disposition spéciale à devenir malades (prédisposition)! 11 y en a qui pensent, avec Ch. Robin, que les substances organiques composant les éléments et les humeurs sont modifiées dans leur ariangement moléculaire; ces modifications portent aussi bien sur la quantité de matériaux servant à leur formation que sur leur qualité. Il en résulterait une perturbation dans les actes que ces substances accomplissent. « De cette perturbation naît l'état pathologique, qui peut rester borné à une humeur ou, selon sa nature, se transmettre aux tissus qui entourent la partie malade, et ainsi étendre^son influence à toute l'économie » (Ch. Robin).

Après avoir passé en revue les principales opinions qui se sont succédé dans la science en ce qui concerne la formation des produits morbides, il s'agit de

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savoir si nous connaissons enfin la cause des néoplasmes. Disons-le tout de suite, la théorie actuellement en vogue est celle qui tend à faire dépendre tous les désordres qui surviennent dans l'organisme des influences extérieures et spécialement de l'action des micro-organismes ou microbes. Nous faisons remarquer à cet effet que les divers produits hétéroplastiques des anciens auteurs sont aujourd'hui classés dans deux groupes bien distincts, selon l'origine qu'on leur attribue et selon leur évolution : nous avons les tumeurs, d'une part, et les maladies infectieuses, d'autre part.

Les maladies infectieuses, qui nous occuperont d'abord, sont réparties en trois classes par Rindfleisch (£^/emen/s de pathoL, traduction française par J. Schmitt. Paris, 1886) selon l'adaptation de l'agent infectieux (microbe?) à l'organisme humain ou animal. Voici, d'après Schmitt {Microbes et maladies. Paris, 1886), quelles sont ces maladies : 1" certains agents habitent et se développent en dehors de l'homme (terrains paludéens), pénètrent dans l'organisme, déterminent la fièvre, mais ne se retrouvent pas dans les excrétions du malade sous forme de spores aptes à germer : ce sont les miasmes (malaria) ; 2° d'autres viennent du dehors comme les miasmes, mais, une fois dans l'organisme,! ils s'y multiplient rapidement, se retrouvent dans les excrétions et les exhalaisons des malades et sont susceptibles d'infecter d'autres organismes : ce sont les miasmes-contages (dysenterie, fièvre jaune, choléra, fièvre typhoïde); 5" d'autres enfin n'ont plus besoin du milieu extérieur et sont d'autant plus liés au terrain animal ou humain. Ils s'y développent et produisent des germes qui, transplantés sur un sujet sain, mais en état de réceptivité, sont immédiatement capables de reproduire la maladie première : ce sont les contages. Ceux-ci se subdivisent en quatre groupes : le premier comprend les contages qui, pour leur parfait développement, exigent encore l'intervention de certaines influences lelluriques, atmosphériques ou autres (suette, influenza, méningite cérébro-spinale, typhus exanthématique, typhus récurrent). Le second renferme les contages qui primitivement se développent non pas dans l'organisme humain, mais sur les animaux : ce sont les zoocontages transmissibles à l'homme par inoculation (charbon, morve, rage, actinomycose). Dans le troisième groupe se placent des contages appartenant à l'homme, mais transmissibles aux animaux (fièvres traumatiques, érysipèle, septicémie, pyémie, diphthérie, tuberculose). Au dernier groupe appartiennent les agents transmissibles directement d'homme à homme et non aux autres animaux (variole, scarlatine, rougeole, coqueluche et autres catarrhes contagieux, syphilis, lèpre).

Les agents infectieux de ces nombreuses maladies, donnant lieu aux produits morbides les plus divers, passent aux yeux d'un grand nombre comme n'étant autre chose que des organismes inférieurs, les microbes {bactéries, bacilles, micrococcus, etc.). Comment ces êtres peuvent-ils déterminer des désordres si variés? « II en est, dit J. Schmitt [lac. cit., p. 108), qui semblent d'une façon plus ou moins évidente en relation intime de cause à effet avec les maladies infectieuses de l'homme et des animaux; ceux-là sont les microbes pathogènes. Pour que cette relation soit parfaitement établie, il faut que l'on ait rempli certaines conditions, que l'on ait trouvé le même microbe dans tous les cas de la maladie en question et rien que dans cette maladie ; qu'isolé, c'est-à-dire purifié par des cultures artificielles de tous les autres organismes qui peuvent l'accompagner, cultivé dans un liquide indifférent un assez grand nombre de fois pour qu'on ne puisse soupçonner la présence d'un atome du liquide primitif

*ii lit. 1 MiUl'LASlt.

dans lequel on l'a puise', et inoculé à un animal sujet à la maladie, il reproduise la maladie première; qu'enfin tout animal ainsi alfecté contienne le microbe dans les mêmes points que le premier animal sur lequel il a été pris. »

Ces êtres produiraient dans les maladies infectieuses les mêmes altérations qu'on mettait, il n'y a pas longtemps, sur le compte de la disposition particulière ■de la matière organisée appelée état virulent ou virus, lorsque celle-ci avait subi, par actes isomériques, une modification telle que, sans que leurs caractères physico-chimiques fussent notablement changés, ils avaient pris la propriété de transmettre aux tissus et aux humeurs avec lesquels ils étaient mis en contact la modification acquise. L'altération isomérique aurait porté essentiellement sur les substances organiques ou sur le principe immédiat fondamental de ces formes de la matière organisée (Ch. Robin). Comme état virulent, on citait la variole, la vaccine, la syphilis. De même, la fièvre typhoïde, la scarlatine, le choléra, le charbon, etc., auraient pour cause des modifications isomériques analogues; «e serait une altération de la composition intime des substances organiques.

Quelle est l'origine de cette altération isomérique? Est ce un microbe? Et comment agirait ce dernier sur les éléments organiques? Excréterait-il une substance susceptible d'empoisonner les tissus ou apte à les décomposer, à faire subir la modification isomérique aux éléments?

M. A. Gautier a montré que les animaux en pleine santé excrètent des substances (leucomaïnes) qui sont des produits de désassimilation des éléments, mais qui en s'accumulant dans l'organisme constituent une intoxication. Les maladies naîtraient aux dépens de ces substances fournies par les animaux vivants, aussi bien que grâce à celles (ptomaïnes) qui prennent naissance pendant la putréfaction des matières albuminoïdes ayant vécu. Les microbes produiraient les ptomaïnes, cause des maladies, comme les cellules de l'organisme bien portant fabriqueraient incessamment des leucomaïnes éliminées, il est vrai, au fur et à mesure de leur production.

On voit que tout se réduit encore ici à savoir si les ptomaïnes résultent de la décomposition putride des substances albuminoïdes et si les microorganismes précèdent et déterminent cette altération des substances organisées.

La même observation s'applique à la cause déterminante du tétanos. En effet, Nicolaier {Revue scientifique, 23 avril 1887) croit avoir trouvé le microbe du tétanos dans un bacille anaérobie, ayant la forme d'un fin bâtonnet linéaire, avec une spore à l'une des extrémités. Introduit par injection sous-cutanée dans l'organisme de quelques animaux, il produit un ensemble de phénomènes qu'on peut considérer comme un véritable tétanos. MM. Xicolaier et Rosenbach ont émis l'opinion que leur bacille sécrétait un poison chimique {ptoma'ines) qui était la cause directe des accidents nerveux du tétanos. D'autre part, M. Ferrari (de Parme) vient de communiquer au Congrès de la Société italienne de chirurgie, tenu à Gênes du 6 au 7 avril dernier, qu'il avait obtenu, en cultivant le sang d'une opérée d'ovariotomie, morte de tétanos, unstaphylococcusqui, injecté à des lapins, les avait également rendus tétaniques.

Quel est le mode d'action des microbes? a Les microorganismes ont-ils un rôle purement mécanique, ne font-ils qu'enlever à l'économie les éléments indispensables à leur nutrition et à leur reproduction, comme les parasites ordinaires, ou déterminent-ils dans l'organisme certaines modifications, certaines décompositions chimiques à la manière des ferments? Sécrètent-ils quelque poison qui donne lieu à une véritable intoxication, ou bien ne sont-ils que les vecteurs d'un

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toxique dont ils se sont chargés ailleurs? Après avoir examiné ces diverses hypothèses, Schmitt est obligé d'avouer que nous ignorons absolument la façon dont les microbes agissent pour produire les maladies infectieuses.

« L'organisme pathogène, quelque constant, quelque caractéristique qu'il puisse être, n'est pas dans son action indépendant de l'organisme sur lequel il se développe; les deux organismes ne sauraient être isolés l'un de l'autre

(Schmitt).

Comment l'organisme, c'est-à-dire les tissus, réagissent-ils sous l'influence des microbes? Bard [Archives de physiologie normale et pathologie, 1887, p. 100) a examiné, à ce point de vue, les lésions qui accompagnent les tubercules, les gommes syphilitiques et les abcès métalastiques de l'infection purulente. Bard compare les tubercules, les gommes et les abcès développés dans le foie : « Ils ont une apparence nodulaire commune..,, et ces nodules sont contenus au sein du parenchyme de l'organe, mais sans que le dernier y prenne une véritable part. Le nodule est en effet plus ou moins franchement séparé du tissu do l'organe ainsi envahi par une zone conjonctive. La zone fibreuse est constituée par des couches concentriques de fibres conjonctives bien développées, adultes, formant une véritable membrane d'enkystement. En réalité, il n'y a rien là de caractéristique ni surtout de spécial à la cause de la lésion, c'est-à-dire au microbe... C'est en dedans de la zone limitante que se passe le véritable processus de cause microbienne... Pendant un temps très-court, les lésions sont identiques dans les trois processus et consistent essentiellement dans la présence de nombreuses cellules embryo?inaires conjonctives, provenant probablement de la prolifération du tissu interstitiel. Le premier effet du microbe est donc d'amener cette multiplication du tissu conjonctif. Mais le processus ne reste pas à ce stade et, dès qu'il se poursuit, les cellules embryonnaires à peine nées dégénèrent et succombent. Jusque-là tout est analogue entre les trois processus, mais dès ce moment les différences apparaissent nettes et profondes. La dégénérescence des cellules proliférées est en effet essentiellement dilTérente dans chacune des trois lésions prises pour point de départ de cette étude.

« Dans le tubercule, les cellules embryonnaires, après avoir grossi, quelquesunes jusqu'à devenir des cellules géantes, se fusionnent en une masse granuleuse à gros grains, grise, craquelée (dégénérescence vitreuse de Grancher ) ; dans la gomme, elles se fusionnent bien plus vite en une masse homogène, plus sèche, plus jaune, à grains plus fins que la masse vitreuse du tubercule. Dans l'abcès métastatique, les cellules dégénèrent plus rapidement encore, mais ne fusionnent nullement. Leur dégénérescence n'est autre chose que le passage de la cellule embryonnaire à celle du pus.

« Dans chacun des trois processus que nous venons de passer en revue, tubercule, gomme et abcès, on est parti de la même cellule embrvonnaire conjonctive, proliférée de la même façon, mais l'action des trois parasites distincts a déterminé sur elle, aussitôt après sa prolifération, une dégénérescence différente, toujours constante et parfaitement topique » (Bard).

Pourquoi cette différence d'évolution de la même cellule embryonnaire? Bard l'attribue à l'influence différente du microbe amenant une lésion variable : « C'est en effet sur les éléments anatomiques, sur les cellules, que s'exerce en somme l'action des milieux extérieurs, c'est dans les modifications intimes que les cellules subissent, du fait de leur contact ou de leur influence, qu'il faut chercher les meilleurs enseignements sur la nature et les propriétés spéciales

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des diverses causes pathogènes... Ce qui donne la physionomie spéciale à chacun des trois processus, ce qui doit être le résultat primordial de l'action pathogène du parasite, c'est précisément et tout d'abord la prolifération de l'élément cellulaire conjonctif qui est commune à tous les trois; c'est ensuite la dégénérescence de ce même élément, particulière à chacun d'eux, réellement spécifique à chaque microbe. Les cellules embryonnaires, sous raction directe d'un de ces parasites donné, ont perdu leurs caractères normaux et ont subi une dégénérescence spéciale. »

Nous arrivons au second groupe des produits héler opl astiques des Anciens, aux tumeurs proprement dites. Ici on remarque également une prolifération cellulaire pouvant aboutir pour certaines d'entre elles à un amas de cellules embryonnaires conjonctives, mais dans ce cas, au lieu de dégénérer, les éléments restent vivants, ils s'accroissent, se nourrissent et se multiplient. Mais que l'on admette, avec Virchow, que les cellules sont aptes à subir un changement de nature, à se transformer par mélaplasie en éléments d'un autre groupe, que l'on regarde les cellules indifférentes, embryonnaires, comme susceptibles de donner naissance aux divers néoplasmes, ou bien que l'on considère, avec Bard, toute tumeur comme tirant son origine d'un groupe cellulaire de même type de l'organisme normal, quelle que soit l'alternative adoptée, il s'agit de remonter à la cause déterminante de cette prolifération cellulaire qui est essentiellement active et formative. D'où provient ce vice de nutrition et de développement inhérent aux éléments des diverses tumeurs, telles que le cancer, l'épithéliome, etc.? Est-ce une prédisposition individuelle? Un état général de l'organisme amené par les lois ataviques , les causes externes ou l'altération des humeurs? C'est ici le lieu de citer les recherches de V. Galippe et Landouzy (Société de biologie, 1887, p. 103), qui ont cherché à élucider la cause pathogénique des tumeurs. Deux corps fibreux utérins (myomes), enlevés dans des conditions d'antisepsie rigoureuse, ont présenté des microbes (des microcoques en amas ou en chapelets, des bâtonnets, etc.). Ces microorganismes recueillis ont montré les mêmes formes et se sont comportés de la même façon vis-à-vis des réactifs colorants. Ensemencés dans des tubes de bouillon gélatinisé, ils se sont reproduits. Les bouillons ensemencés directement avec la tumeur ont servi à ensemencer de nouveaux bouillons qui, devenus à leur tour fertiles, ont montre les mêmes microorganismes.

L'une des conclusions les plus intéressantes de cette observation est « laconstatation de la pathogénie probable des fibro-myomes, les tumeurs utérines, nous apparaissant, continuent Galippe et Landouzy, comme la résultante d'une irritation proliférative provoquée par une épine parasitaire.

« Notre observation n'est pas, du reste, le fait d'une constatation fortuite; nous étions incités îi ces recherches par des visées doctrinales et des notionsd'anatomie pathologique générale.

« Nous pensions que les tumeurs, quelles qu'elles soient, les moins suspectées parasitaires, les myomes, par exemple, aussi bien que les tumeurs reconnues aujourd'hui d'origine parasitaire (kystes hydatiques, actinomycose, trichinose, tumeurs ladriques, etc., etc.), ne pouvaient, à bien regarder les choses, provenir que d'une prolifération des tissus, résultat de l'incitation provoquée et entrenue par l'apport d'un élément étranger, inerte ou vivant, ayant pénétré de vive force, par effraction, ou ayant cheminé au travers des voies lymphatiques : vaisseaux, lacunes ou interstices cellulaires.

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« Nous ne doutons pas que des recherches semblables aux nôtres et faites suides myomes aussi bien que sur des exostoses, sur des névromes, sur des chondromes, etc., etc., ne donnent la clef du développement de ces tumeurs en fournissant la preuve de l'incitation de tissus hyperplasiés par un parasite disséminé ou congloméré.

« Celte conception pathogénique des tumeurs nous paraît de mise pour la généralité des tumeurs, qu'elles soient solides ou liquides.

« Au reste, cette opinion que nous émettons aujourd'hui de l'origine parasitaire des fibro-myomes utérins, nous pouvons l'étayer d'analogies multiples. L'un de nous n'a-t-il pas récemment montré, avec notre collègue Malassez, le rôle joué par les parasites buccaux dans la genèse et le développement des kystes radiculodentaires ? Ces recherches prouvent que les parasites envahissant la dent ii la faveur d'une carie pénètrent le canal dentaire en suivant le faisceau vasculonerveux et, se répandant autour du sommet de la racine, arrivent au contact des masses épithéliales paradentaires dont ils provoquent la prolifération. Celleci aboutit à la formation de ces kystes bien connus sous le nom de kystes radiculo-dentaires .

« L'un de nous n'a-t-il pas antérieurement fourni la même interprétation pathogénique des calculs en général, quand il vous a fait connaître ses recherches sur les calculs biliaires, vésicaux, rénaux et salivaires, au sein desquels il a démontré la présence de microbes avec lesquels il a pu fertiliser des bouillons de culture?

« Au reste, ce n'est pas seulement de la genèse parasitaire des fibro-myomcs utérins, des kystes radiculo-dentaires, que nous apportons la preuve : nous démontrons encore la présence de microbes dans le liquide des kystes de l'ovaire. Déjà M. Malassez, dans son remarquable travail sur la pathogénie des kystes radiculodentaires, avait montré qu'ils présentaient une étroite analqgie avec les kystes de l'ovaire.

« Sur deux kystes ovariens, enlevés l'un sur une femme du service de notre ami Terrillon, l'autre sur une femme du service de l'un de nous, à l'hôpital Tenon, nous venons de démontrer la présence de microbes. Les parasites ont été par nous trouvés dans le liquide de ces kystes enlevés et étudiés dans des conditions d'asepsie assez rigoureuse pour que nous puissions affirmer que les microbes contenus dans le liquide des kystes avaient préexisté à la formation kystique. Les microbes en question, introduits parles voies vaginale ou lymphatique, acheminés jusqu'au contact de l'épithélium ovarien, auraient provoqué sa réaction et sa prolifération, d'où la formation de ces kystes ovariens ou paraovariens dont la morphologie a été minutieusement étudiée par nos collètrues Malassez et de Sinéty.

« L'un de ces kystes était uniloculaire et ne datait pas de plus de deux années. Au bout de quarante-huit heures, les tubes ensemencés s'étaient montrés fertiles. Les microbes témoignaient d'une vitalité considérable.

« Dans la seconde expérience, le kyste datait de 'cinq années environ et il était multiloculaire ; il y avait une grande et une petite poche, cette dernière de formation plus récente. Le liquide de la grande cavité était d'une coloration grisâtre et renfermait une quantité considérable de cristaux de cholestérine ; celui qui avait été extrait de la petite poche était jaune citron, assez transparent, et ne renfermait pas de cristaux de cholestérine. L'examen direct de ces liquides, colorés par les méthodes ordinaires, n'avait pas permis d'y découvrir DICT. ENC. i« s. XIV. 7

i^8 HÉTÉROPLASIE.

de microbes. Ce n'est qu'après trois jours [de séjour à l'étuve que les tubes ensemencés se sont troublés. Il serait possible que, dans les kystes très-âgés ou dans ceux qui montrent de la tendance à la calcification, les microbes présentassent une moindre vitalité.

« Du reste, cette conception de la pathogénie parasitaire des tumeurs, solides ou liquides, n'est, à tout prendre, qu'un fait de biologie générale : n'y a-t-il pas' une identité absolue entre certaines tumeurs des végétaux dûment reconnues parasitaires et les tumeurs des animaux? Certaines des tumeurs portées par les végétaux, les galles notamment, ne sont-elles pas le résultat de la pénétration du tissu végétal par un parasite dont la puissance détermine un afflux considérable de sève qui amène l'hypertrophie des éléments cellulaires? L'Erineum de la vigne n'est qu'une tumeur produite par la piqûre d'un acarien du genre Tetranichus dans le but d'y déposer ses œufs. Les larves se développent au centre des tumeurs ainsi produites. Notre collègue M. Mégnin a observé même particularité sur le coudrier et sur le tilleul. D'autant que ces tumeurs végétales auxquelles on donne le nom général de galles ne sont pas provoquées seulement par la présence de parasites animaux ; des parasites végétaux, certains champignons notamment, peuvent vivre sur des végétaux en donnant naissance, eux aussi, à de véritables galles auxquelles on réserve le nom de Mijcocécidies. Parmi les mieux connues de ces Mycocécidies, nous pouvons citer celles de la mercuriale, du chou et du poirier. Nous rappellerons que la galle ou mycocécidie de la mercuriale, cette tumeur qui 9* développe sur ses feuilles, est due au sijnchytrium, champignon de la classe des Oomycètes, qui, pénétrant dans les cellules de la feuille, détermine l'hypertrophie de ces dernières.

« Nous pourrions poursuivre cette étude de pathologie comparée qui ne laisserait pas que d'être aussi curieuse qu'instructive, nous nous bornons pour aujourd'hui à appeler l'attention sur la constatation de parasites au sein de tumeurs solides (myomes utérins) ou de tumeurs liquides (kystes ovariens), en rapprochant de ces faits absolument nouveaux ceux que l'un de nous a déjà publiés, en collaboration avec M. Malassez, touchant la pathogénie des kystes radiculodentaires. 11 y aurait lieu pourtant de s'étendre sur certaines considérations pathogéniques qui, dans l'espèce, paraissent avoir une importance majeure. Nous voulons parler de la promiscuité médiate et immédiate, normale et pathologique, qu'ont avec des cavités infestées de microbes (cavités buccale et vaginale) l'épithélium paradentaire, les fibres utérines et l'épithélium para-ovarien. Cette promiscuité donnerait peut-être l'explication de ce fait mis en relief par tous les anatomo-pathologistes, à savoir : que, d'une part, les myomes utérins sont à eux seuls beaucoup plus communs que les myomes de tous les viscères réunis; que, d'autre part, les kystes radiculo-dentaires et les kystes ovariens sont plus communs que les kystes développés en tous autres parages. II doit en être de même pom- certains organes en communication directe avec l'extérieur, tels que la glande mammaire, par exemple. Il y a dans cette remarque de l'analomie pathologique et de la clinique un enseignement bien fait pour appeler les rétlexions et l'examen sur les considérations pathogéniques que nous voulions seulement indiquer aujourd'hui, nous réservant d'y revenir ailleurs avec plus de développement,

« La conclusion à retenir de nos recherches est que l'étiologie des tumeurs, animales et végétales, doit être cherchée dans la pénétration des tissus animaux et végétaux par des parasites macrobes ou microbes. »

HÉTÉROPODES. 99

A l'heure qu'il est la pathogénie semble donc pouvoir se formuler ainsi, d'après l'expression de Vircho^Y : la lutte des cellules contre les microorganismes parasites. Ce sont des infiniment petits qui en représentent les champions : les cellules microscopiques des animaux supérieurs d'un côté, les microbes, de l'autre. A qui restera la victoire? La culture, l'atténuation des microbes ferat-elle pencher la balance en faveur des cellules animales? Quelles forces de résistance la cellule opposera-t-elle à l'envahissement des microbes? Peut-on espérer, d'après les recherches de Metschnikoff, que la cellule finira par prendre et incorporer le microbe dans son protoplasraa pour le digérer et pour s'en nourrir?

Si le rôle pathogène des divers microbes se vérifie aussi bien dans les maladies infectieuses que dans les néoplasmes, il restera cependant à élucider un certain nombre de conditions de milieu et particulièrement les circonstances qui rendent les tissus et les cellules d'un organisme aptes à fournir un terrain à l'évolution du microbe. En d'autres termes, il s'agit de savoir quelle part il convient de faire aux microbes, d'un côté, à la prédisposition des tissus et des cellules de l'autre? L'expérimentation d'un côté, la clinique de l'autre, dit Ziegler {loc. cit., 1881, p. 293), montrent qu'il faut tenir compte de ces deux facteurs. En injectant à un animal un mélange de diverses bactéries, on ne voit qu'une partie de ces dernières se développer et produire certaines lésions dans les tissus. Les autres espèces de bactéries meurent. Si l'on injecte le même mélange à une autre espèce animale, ce ne sont pas les mêmes bactéries qui se développent comme dans le premier cas. Les poules jouissent d'une immunité parfaite contre le Baccillus anthracis. Cependant, comme l'a montré Pasteur, elles perdent cette immunité dès qu'o» abaisse leur température. Ici l'influence du froid se traduit par le développement du bacille. Ed. Réitérer.

HÉTÉROPLAS3IE. Produits morbides qui seraient constitués par des éléments différents, par leur nature et par leur forme, de ceux qui forment les tissus normaux [voij. Héteroplasie, p. 86 et suivantes). E. R.

HÉTÉROPLASTIE. Les uns emploient ce mot comme synonyme de héteroplasie [voy. ce mot), les autres comme synonyme de greffe animale {poy. Greffe). E. R.

HÉTÉROPLASTIQUES. Les tissus hétéroplastiques étaient ceux de certains néoplasmes qu'on regardait comme constitués par des espèces d'éléments anatomiques distinctes de celles de l'organisme normal [voy. Héteroplasie, p. 86 et suivantes). E. R.

HÉTÉROPODES [Heteropoda Lamk). Groupe important de Mollusques- Gastéropodes, correspondant au Nucléobranches de Blainville.

Les Hétéropodes sont des animaux essentiellement pélagiques, qu'on ne voit près des rivages que lorsqu'ils y sont poussés par la tempête. Leur corps est allongé, transparent et gélatineux, à téguments parfois très-résistants et couverts d'aspérités, consolidés par des noyaux cartilagineux et doublés par une couche musculaire très-forte; son extrémité postérieure, aplatie bilatéralement, ressemble beaucoup à la queue de certains Poissons. La tête, saillante, prolongée en forme de trompe, porte des yeux mobiles très-développés, des tentacules, et renferme une langue cornée, armée de dents puissantes et protractiles.

100 HETRE.

Le pied est transformé en une nageoire foliacée verticale, souvent accompagnée d'un su£oir. Les branchies, portées sur une petite omiiience de la région dorsale {7iiideus), sont tantôt à découvert, comme dans les Firoles {Pterotrachea Forsk.), tantôt protéj^ées par une petite coquille mince, fragile, transparente, cupuliforme, h sommet spirale, comme cela a lieu cliez les Carinaires {Carinaria Lamk). Dans les Atlantides, au contraire [Atlanta Les. et Oxtjgyrus Bens.), les branchies occupent le plafond de la cavité branchiale, à l'intérieur d'une coquille spirale, discoïde, dans laquelle l'animal peut rentrer complètement et se clôturer au moyen d'un opercule. Les sexes sont séparés. Les femelles pondent leurs œufs tantôt isolément {Atlanta), tantôt réunis en longues chaînes glaireuses cylindriques [Pterotrachea coronata Forsk., de la Méditerranée), ou bien enfei'més dans des sortes de tubes qui se divisent bientôt en plusieurs parties [Carinaria mediterranea Lamk). Les embryons sont remarquables par la présence d'un vélum bilobé, dont un des lobes peut être profondément divisé (Atlanta). A cette période, les Pterotrachea et les Carinaria sont pourvus d'une coquille spirale et d'un opercule. Mais après la période larvaire l'opercule disparaît chez les Carinaires, tandis que les Pterotrachea perdent à la fois la coquille et l'opercule.

Les llétéropodes se rencontrent surtout dans les mers des pays chauds. Ils abondent sous la zone torride où, dans certains parages, leurs myriades couvrent littéralement la superficie des mers. Tous nagent sur le dos, la nageoire en l'air. Les Firoles [Pterotrachea coronata Forsk.), notamment, sont très-nombreuses dans la Méditerranée; c'est par milliers qu'on les voit souvent, durant les temps calmes, nager à la surface des flots, ou qu'on les trouve à la suite des gros temps rejetés sur la grève. Dans le détroit de Messine, les pêcheurs s'en servent pour amorcer leurs filets. Ed. Lef.

HF.TÉROPTÙRES. Voy. HÉMIPTÈRES.

HÉTÉROTYPIEXS (de stepoç, autres, et type). Nom donné par Is. Geoffroy Saint-Hilaire à tout un groupe de monstres doubles parasitaires [voy. ce mot), unis antérieurement, et dont l'un est conformé normalement ou à peu près, tandis que l'autre n'est développé que très-imparfaitement. 0. L.

HÊTRE [Fagus Tourn.). Genre de plantes de la famille des Castanéacées et du groupe des Quercinées, dont on connaît une quinzaine d'espèces, répandues dans les régions tempérées du globe, sauf en Afrique.

La plus importante est le Fagus sylvatica L. , qu'on appelle vulgairement Hêtre commun, Hêtre blanc, Fayard, Foyard, Fau, Fouteau, etc. C'est un bel arbre, à écorce lisse, blanchâtre ou grisâtre, à feuilles alternes, pétiolées, ovales ou ovales-oblongues, sinuées-ondulées et ciliées sur les bords, accompagnées de stipules longues et étroites, de couleur brunâtre, qui se détachent de bonne heure. Les fleurs sont monoïques; les mâles, disposées en chatons globuleux, longuement pédoncules et pendants, naissant à l'aisselle des feuilles inférieures des rameaux de l'année, ont un calice campanule, à six lobes aigus, longuement ciliés, et douze étamines dont les filets longs et grêles, insérés au fond du calice sur un disque glanduleux, supportent des anthères oblongues, à deux loges extrorses, déhiscentes par deux fentes longitudinales. Les fleurs femelles, situées à l'aisselle des feuilles supérieures des rameaux de l'année, sont

HEUCIIERA. 101

réunies, au nombre de une à trois, à l'intérieur d'un involucre accrescent, urcéolé, à quatre folioles soudées entre elles à la base. Chaque fleur se compose d'un réceptacle concave, au fond duquel est un ovaire infère, ù trois loges biovulées, surmonté d'un style court, dont les trois branches stigmatiques, filiformes, sont entourées à leur base des six lobes aigus et dressés d'un calice intérieurement soudé avec l'ovaire. L'involucre devient peu à peu sec et ligneux, se couvre d'un grand nombre d'épines mousses et s'ouvre, à la maturité, en quatre valves pour laisser échapper les fruits. Ceux-ci , bien connus sous le nom de faines, sont des achaiues indéhiscents, d'un brun luisant, en forme de pyramide triangulaire, renfermant, sous leur péricarpe coriace, velu à la face interne, un embryon dépourvu d'albumen, à cotylédons épais, charnus, oléa-

gmcux.

Le Hêtre croît naturellement en Europe, où il forme souvent de vastes forêts, surtout dans le nord, le centre et l'ouest. On le rencontre également dans l'Amérique du Nord. Il peut atteindre jusqu'à 40 mètres de hauteur et 1 mètre de diamètre. Son bois, de couleur pâle et à grain très-serré, sert à confectionner une foule d'ouvrages de menuiserie et de charronnage, tel que tables, bois de lit, rouleaux, rames, pelles, sabots, jantes de roues, etc. Mais on l'emploie peu comme bois de charpente parce qu'il est naturellement sujet à se fendi-e. Ses fruits, comestibles, servent dans quelques contrées à faire un pain grossier; on en retire, par expression, une huile très-épaisse, inodore et de saveur fade, dite huile de faines, usitée pour la table et l'éclairage dans certaines parties de l'est de la France et du nord de l'Allemagne.

On emploie aux mêmes usages industriels et éconoioiques : 1" dans l'Amérique du Nord, le F. ferruginea Ait. ou Hêtre rouge; 2° au Chili, les F. obliqua Mirb. et F. Domheyi Mirb. ; 3« en Australie, le F. Cunninghami Ilook. ou Myrtle tree des colons anglais. Ed. Lef.

Bibliographie. — Tournefort. IiistiL, 584, tab. .351. — Linné. Gen., n" 728. — Mirbel. In Mém. mus., XIV, t. 23-20. — Endlicher. Gen., n-ISiV. — De Caxdolle. Prodrom., XVI, 118. — Rosenthal. Syn. pi. diaph., p. 188. — Bâillon (H.). Histoire des plantes, VI, pp. 234, 251, 257. Ed. Lef.

HELXHELOUP (Eau ml^érale de). Athermale, bicarbonatée, ferrugineuse faible, carbonique moyenyie. Dans le déparlement des Vosges, dans l'arrondissement et à 8 kilomètres de Mirecourt, sur les bords de la rivière de Malon, émerge une source minérale dont l'eau est claire et limpide, mais recouverte d'une pellicule irisée et laissant déposer sur les parois intérieures de son bassin une couche notable de rouille. Cette eau est traversée par des bulles assez nombreuses, qui viennent s'épanouir à sa surface, ou se déposer en perles brillantes dans l'intérieur des vases avec lesquels on la puise. Sa température est de 12 degrés centigrade. On ne connaît ni sa densité, ni son analyse quantitative. On sait seulement qu'elle renferme un principe ioduré et arsenical. Aucun établissement n'existe à Heucheloup, dont l'eau est exclusivement employée en boisson par les personnes de la contrée, qui viennent y soigner les accidents occasionnés par les maladies sous la dépendance d'une anémie [.rofonde ou d'une chlorose. j^^ p,

HELXHERA [Heuchera L.). Genre de plantes de la famille des Saxifragacées, dont on connaît une vingtaine d'espèces toutes originaires de l'Amérique

102 HEUDREVILLE (Eau minérale d').

du Nord. Ce sont des herbes vivaces, à feuilles radicales, orbiculaires ou cordées, accompagnées de stipules membraneuses adnées au pétiole. Les fleurs, petites, disposées en grappes ou en épis, sont hermaphrodites, avec un périanthe double, pentamère ou hexamère, et des étamines en nombre égal à celui des divisions de la corolle. Le fruit, infère, est une capsule s'ouvrant, à la maturité, en deux valves, pour laisser échapper de nombreuses graines muriquées ou hispidules.

L'espèce la plus importante est VH. americana L., qui croît communément aux États-Unis. Sa racine possède des propriétés astringentes énergiques et figure dans les pharmacopées sous la dénomination de Radix Heucherœ americanx. C'est VAlum-root des colons américains. On la substitue souvent à la racine de Ratanhia.

Les H. caulescens Ilarsh, H. reniformis Rafin., et H. villosa Michx, ont des propriétés analogues. Ed. Lef.

BiuLiOGRAPHiE. — Linné. Gen., n° 320. — De Candolle. Prodr., IV, 51. — Endlicher. Gen., n 46Ô9. — RosENTiiAL. Syn. pi. diaph.. p. 578. — Bâillon (H.). Hisl. des pi., III, pp. 330, 421, 426. Ed. Lef.

HEUDELOTIA. Voy. Balsamodendro.n.

IIEL'DRE VILLE (Eau Jii.NÉRALE DD PRIEURÉ d'). Athermole, amétalliie, non gazeuse. Dans le département de l'Eure, dans l'arrondissement et à 55 kilomètres d'Évreux, dans le canton et à 8 kilomètres de Nonancourt, sur la commune de Mesnil-sur-l'Estrée, et dans une vallée terminée par le plateau d'Ivry-la-Bataille, est un hameau de quelques habitants sur le bord de l'Avre, au pied d'une colline qui fait partie de la campagne Saint-André, où s'élève le prieuré qui lui donne son nom. La source émerge à 155 mètres au-dessus du niveau de la mer, dans un puits d'environ 58 mètres de profondeur, occupé par une nappe d'eau de 2'", 25 de hauteur, et dont les murailles sont taillées dans les couches d'un terrain rocheux, composé de rognonsj siliceux agglomérés. Cette eau est claire, transparente et limpide; sa saveur, peu prononcée, n'est pas désagréable. Elle n'a pas d'action sensible sur les préparations de tournesol et aucune bulle gazeuse ne semble la traverser. Sa température est de 12°, 2 centigrade, l'air au fond du puits étant à 15°, 8 centigrade. Sa densité est de 1,0091. Son analyse chimique faite par M. Bonis, chef du laboratoire de l'Académie de médecine, a donné pour 1000 grammes d'eau les résultats suivants :

Azotates de chaux et de soude 0,303

Carbonate de chaux 0,320

— magnésie ... 0,0^6

Clilorure de sodium 0,139

Sulfate de soude. . , , 0,030

Rcbidu insoluble el perte 0,016

Total des matières fixes 0,'JO-i

Les azotates alcalins donnent à cette source une place à part dans le cadre ])ydrologique et expliquent les effets physiologiques et thérapeutiques que nous allons constater plus loin.

L'eau du prieuré d'Heudreville est exclusivement employée en boisson par les gens de la contrée, car les étrangers y vont rarement suivre une cure minérale. Aucun établissement de bains et de douches ne s'y trouve, et c'est de l'exportation de l'eau que le propriétaire de la source retire son principal profit. Un

HEUERMA.NN. 105

treuil, établi au-dessus du puits, permet d'y descendre un panier contenant 25 bouteilles vides, qui peuvent ainsi être remplies sous l'eau et sont de là conduites sur un chariot au bouchage à la mécanique.

Mode d'admi.mstratio>- et doses. Beaucoup de buveurs n'ingèrent le matin ù jeun qu'un seul verre d'eau minérale, d'autres vont jusqu'à 3 et même à 4 verres pris à une demi-heure d'intervalle. Certaines personnes se contentent de boire pure ou mêlée de vin l'eau du puits du prieuré transportée.

Effets physiologiques et thérapeutiques. L'eau nitrée d'ileudreville a deux caractères physiologiques principaux : une diurèse très-marquée et une purgation légère. Les 30 centigrammes d'azotates alcalins que chacun des litres de celte eau tient en dissolution donnent aisément l'explication de l'augmentation notable des urines, de même que le chlorure de sodium, le sulfate de soude et surtout le carbonate de magnésie, justifient son action physiologique qui augmente les sécrétions intestinales et favorise les selles. Les effets produits sur les individus sains conduisent aux indications dans les maladies des voies urinaires, où il importe d'augmenter la sécrétion de l'urine, et dans les affections des organes digestifs ou de leurs annexes, où il convient de provoquer ou de rendre plus facile une exonération intestinale naturelle. On doit attendre, pour conseiller l'eau d'Heudreville en boisson, que la période aiguë des affections des voies urinaires soit complètement éteinte : sans cela elle serait beaucoup plus nuisible qu'utile. Les malades atteints de néphrites, de pyélites, d'inflammation des uretères, de cystites, d'urélhrites chroniques, so trouvent bien de ces eaux minérales, qui entraînent mécaniquement d'abord et finissent par tarir les mucosités ou le pus. Nous ne voulons pas allonger cet article en donnant plus de détails sur les maladies de l'estomac et de l'intestin dans lesquelles il convient d'entretenir ou de déterminer des selles régulières ou faciles. Nous nous contentons de signaler en passant les états généraux qui, comme le rhumatisme et la goutte, sont souvent associés à la gravelle ou à la formation de calculs dans les conduits urinaires. Enfin tous les praticiens connaissent le profit qu'ils retirent de l'administration des azotates ou des sulfates alcalins dans les hydropisies, quelles que soient leurs causes, lors même qu'elles sont produites par une maladie du cœur ou des gros vaisseaux. L'eau du Prieuré, à la lois diurétique et purgative, paraît indiquée dans ces circonstances et semblerait devoir rendre des services, comme plus agréable au goût et moins nuisible sur les oi'ganes que les préparations officinales qui répugnent promptement aux malades devant les continuer longtemps. Notre expérience personnelle nous a appris que ces conceptions théoriques ne sont pas justifiées, et le plus grand nombre des hydropiques auxquels nous avons prescrit l'eau d'Heudreville l'ont trouvée d'une assimilation difficile et ont refusé d'en continuer l'usage. Il en a été de même de plusieurs nourrices, arrivées à la fin de leur lactation, qui ont préféré les diurétiques et les minoratifs pharmaceutiques à l'emploi de l'eau minérale du Prieuré. La durée de la cure varie de vingt à trente jours. On exporte l'eau de la source du prieuré d'Heudreville. A. Rotureau.

Bibliographie. — Bremond (Félix). Notice sur l'eau minérale nitrée du prieuré d'Heudreville (Eure). Paris, 1878, in-8°. — Cloûet (J.). Étude sur Heudreville et sa source minérale. C'est de ces deux travaux contenus dans la même brochure que nous avons tiré les documents principaux qui nous ont permis de rédiger cet article. A. R.

HEUER.^IAXW (Georg). Né à Oldesloe, en Danemark, en 1723, a fait ses

104 IIEURTELOUP (Les deux).

études médicales à Copenhague, où il fut reçu docteur eu 1749, médecin des gardes de la marine en 1754; il fut ensuite attaché aux troupes françaises dans le Holstoin, pendant la guerre de Sept ans, devint médecin de l'hôpital de Kellinghusen et fut nommé professeur extraordinaire de médecine à Copenhague en 1760; il occupa cette chaire jusqu'à sa mort arrivée le 8 décembre 1768. Il est l'auteur des ouvrages ci-après : Diss. de lingua humana. Copenhague, 1749, in-4°. — Physiologie. Copenhague et Lepzig, 1751 à 1755. — Ahhandlung der vornehmsten chirurgischen Operationen am menschlichen Kôrper. Copenhague, 1754 à 1757, in-8". — Vermischte Bemerkiingen vnd Vntersuchungen der aiisiibenden Artiueywissenschaft. Copenhague, 1765 à 1767. A. D.

HEl'RXE (Jan van), de son nom latinisé IIelrmus. Il naquit à Utrecht, le 25 janvier 1543, et mourut à Leyde le 11 aoiit 1601. Il fut reçu docteur à Padoue en 1571, puis exerça dans sa ville natale, enfin fut nommé en 1581 professeur de médecine à Leyde, Heurne fut l'un des restaurateurs de la médecine hippocratique au seizième siècle; le premier, à Leyde, il a fait ses démonstrations sur le cadavre humain. Ses ouvrages les plus importants sont : Institiitiones medicinae. Accessit modus raiioque studendi eorum qui medicinae operam dicarunt . Lugduni Balav., 1592, in-4°; 1609, in-12 et nombr. édit. — De studio medicinae hene instituendo. Amstelodami, 1645, in-12; Lltrajecti, 1651, in-12. — Praxis medicinae nova ratio. Lugd. Batav., 1587, 1590, in-4'' et autres éditions. Ses Opéra omnia furent publiés à Leyde en 1609, in-4°. Il a en outre donné une édition avec commentaires des œuvres d'Hippocrate. L. Hn.

HEt'RTELOUP (Les DEUx).

Heiirteioup (NicoLAs). Chirurgien français, né à Tours, le 26 novembre 1750, mort à Paris, le 27 mars 1812. Il fut chirurgien major des hôpitaux de la Corse, et en 1786 directeur de l'hôpital militaire de Toulon. En 1795, ri entra au Conseil de santé, et en 1808 fut chargé de la direction du service chirurgical à la Grande Armée, enfin fut nommé inspecteur général en 1814. On a de Heurteloup plusieurs traductions d'ouvrages italiens, des articles dans leDict. des se. médicales, et de plus : Précis sur le tétanos des adultes. Paris, 1792, in-S". — Notice sur Manne, chirurgien de la marine, etc. L. Un.

Heurteloup (Charles-Louis-Stanislas). Fils du précédent, né à Paris h 16 février 1793, mort en octobre 1864. Il s'occupa avec succès de lithotrilie aussitôt après avoir été reçu docteur en 1825. L'Académie des sciences lui décerna eu 1828 un prix de 5000 francs, mais c'est en 1851 qu'il fit subir à la lithotritie le dernier de ses perfectionnements, 11 séjourna en Angleterre de 1828 à 1852; l'Académie des sciences lui accorda un autre prix de 6000 francs pour le nouveau procédé décrit dans : Mém. sur la lithotripsie par percussion et sur l'instrument appelé percuteur-courbe à marteau, etc. Paris, 1835, in-8", 1 pi. En 1857, il fit un voyage en Russie et fit des cours sur la lithotritie à 3I0SCOU et à Pétersbourg. Citons encore de lui :

I. Principles of Lithotritie or Tieatise of the Art of extracting the Stoiie without Incision. London, 1851, in-8°. — II. De la lithotripsie sans fragments, etc, Paris, 1846, iu-8°.

HEUSTRICHBAD (t.vu minérale de). Ko

— III. De la guerison immédiate des re'lrécissements de l'urèthre, etc. Paris, 1855, in-S".

— IV. Rélrécissevienls de l'iivèthre. Paris. 1855, in-S"; 2° édit., ibid., 1859, in-8°. — V. Litholripsie. L'art de broyer les pierres dans la vessie humaine. Paris, 1858, in-8°.

— VI. Une foule d'articles dans les revues périodiques, des Lettres relatives à ses débats avec Leroy d'Étiolle, etc. L. IIx.

HEUSrVGER VOX WALDEGCJ (Joh.-Christ.-Friedr.-Karl ). Médecin allemand, né à Farnroda, près d'Eisenach, le 28 février 1792, mort le 5 mai 1885. Reçu docteur à léna en 1812, il alla se perfectionner à Gottingue, puis servit dans l'armée prussienne. En 1821 il fut nommé professeur extraordinaire à léna, et en 1824 remplaça à Wurtzbourg DoUinger dans la chaire d'anatomie et de physiologie, enfin en 1829 prit celle de médecine pratique et de clinique à Marbourg; il se démit de ses fonctions en 1867.

Heusinger a été l'un des plus savants médecins de l'Allemagne; il s'est distingué comme clinicien et a, d'autre part, le mérite d'avoir en quelque sorte créé la pathologie comparée et la géographie médicale. Son ouvrage capital est Gnindriss der Encyklopàdie und Méthodologie der Natur- nnd Heilkiinde, Eisenach, 1839, in-8''. Outre une foule d'articles dans les recueils périodiques, nous citerons encore de lui :

I. Ueber den Bau und die Yerrichtung der MHz. Eisenach, 1817, in-8°. — II. Betracht. und Erfahrungeii ûber die Entzûndung und Vergrôsserung der MHz. Eisenach, 1820-1825, in-S". — III. System der Histologie. Eisenach, 1824, gr. in-4''. — IV. Physiologisch-patliol. Uîitersuckungen. etc. Jena, 1823, in-8°. — V. Grundzùge der verglcichenden Physiologie. Leipzig, 1851, in-8''. — VI. Rech. de pathol. comparée. Cassai, 1844-1855, 2 vol. in-8°. — VII. Mihbrandkranklieiten der Thiere und der .Menschen. Erlangen, 1850, in-S". L. Hn.

HEL'i>>TRiCHBAD (Eau MINÉRALE de). Alhemiale, amétallite, sulfureuse faible et azotée. En Suisse, dan.^^ le canton de Berne, à 12 kilomètres de Thun> à 1900 mètres au-dessus du niveau de la mer, dans une des plus belles parties des Alpes bernoises, émerge une source claire et limpide à lodeur fortement sulfureuse, au goût franchement hépatique. Elle est traversée par des bulles gazeuses assez rares et qui semblent monter lentement à sa surface. Sa température est de 8",4 centigrade. Sa densité n'est pas connue, et son analyse chimique a été faite en 1855 par G. Muller, qui a trouvé dans 1000 grammes^ d'eau les principes suivants :

Bicarbonate de soude 0,4310

— chauï • 0,0196

— magnésie 0,0110

— fer traces.

Sulfate de soude. . 0,2087

— potasse 0,0057

Silicates terreux 0,0089

Chlorure de sodium 0,0080

Phosphate de chaux 0,0029

0,6958 Gaz hydrogène sulfuré 172==

Pagenstecher a fait deux remarques qui, si elles sont exactes, indiquent que les principes gazeux de l'eau d'Heustrichbad forment une exception. D'après lui, seule peut-être parmi les eaux minérales l'eau sulfureuse de cette source ne contient pas d'acide carbonique et laisse dégager de l'azote en grande quantité, puisque 1 litre en renferme 629«,û77, ce qui, dans sa composition gazeuse, la rapproche d'une eau sulfurée. Un établissement bien installé existe à cette

106 HÉVÉENE.

station avec cabinets de bains et appareils de douches auxquels se rend l'eau employe'e aux usages extérieurs. Une seconde fontaine, faiblement ferrugineuse et carbonique, sert en boisson aux malades qui ont besoin d'une médication analeptique et reconstituante. L'eau sulfureuse d'IIeustrichbad est aussi employée à l'intérieur dans les affections catarrhales des membranes muqueuses et spécialement de celles des organes respiratoires et des voies urinaires, ainsi que dans certaines maladies de la peau avec prédominance d'un état névropathique. On prescrit cette eau minérale chez les rhumatisants très-nerveux, mais c'est surtout en bains et en douches qu'on doit l'appliquer alors, et l'expérience a prouvé qu'il faut l'employer d'abord chauffée, puis abaissée successivement à la température native de la source. Les bains et les douches ne doivent pas dépasser cinq à dix minutes chez les personnes dont le système nerveux est susceptible à l'excès. Il faut même débuter par des douches et des bains froids.

L'élévation considérable de la station d'Heuslrichbad au-dessus du niveau de la mer, la fraîcheur et l'agitation de l'air qu'on y respire, concourent certainement aussi à la puissance sédative de l'eau en douches et en bains froids dans les névroses.

La dui'ée de la cure varie de vingt jours à un mois. La saison commence dans les premiers jours de juin et fitiit le 15 septembre.

On n exporte pas l'eau d'Heuslrichbad. A. Rotdreau.

1IEVE4. Aublct {PL Guian., p. 871, tab. o5o) a établi, sous ce nom, un genre de plantes de la famille des Euphorbiacées et du groupe des Jatropbées, dont on connaît environ huit espèces originaires du nord-est de l'Amérique méridionale.

La plus importante est YE. guianensis Aubl. [Jatropha elastica L., Siphonia elastica Pers., S. Cahuchu Willd.) ou Bois de seringue {Pao seringa des Galibis, Hévé des Caraïbes), qui croît dans les grandes forêts de la Guyane. C'est un grand arbre, à suc laiteux abondant, à feuilles alternes, composées chacune de trois folioles entières, cunéiformes. Ses fleurs, dioïques, ont un périanthe simple pentamère et cinq étamines réduites à des anthères extrorses, biloculaires, déhiscentes par des fentes longitudinales. Dans les fleurs femelles, il y a un ovaire à trois loges uniovulées, qui devient, à la maturité, une capsule ta trois coques s'ouvrant chacune en deux valves élastiques.

L'/f. guianensis Aubl. peut atteindre jusqu'à 20 mètres de hauteur. Son bois est blanc, peu compacte ; son ccorce est épaisse, grisâtre ou rougeàtre. Le lait qui en découle, soit naturellement, soit par incision, l'enferme beaucoup de caoutchouc. C'est lui qui fournit les plus belles qualités de cette substance que l'on vend sur les marchés de l'Europe et des États Unis d'Amérique (voij. Ca.oot- CHOUc), • Ed. Lef.

Bibliographie. — Linné. SuppL, 422. — Persoon. Syn., II, 588. — Willdenow. S/?ec., IV, 567. — Endlicher. Gen., n° 5799. — Rosenthal. Syn. pi. diaph., p. 825. — Bâillon (H.). llist. des pi., ■V,pp. 116, 169, 187, et Tr. de bot. médieale, 1884, p. 933. Ed. Lef.

HÉVÉÈ\^E. C-H*. Hydrocarbure isomérique avec l'éthylène, extrait par Bouchardat des portions les plus lourdes de la distillation du caoutchouc. C'est une huile ambrée, non solidifiable par le froid, soluble dans l'alcool, l'éther et les huiles; sa densité est de 0,921 ; elle bout vers 515 degrés. L. Hn.

HEXAPODES. 107

HÉVIA' (Prudent). Né à Paris, le io janvier 1715. Fils d'un chirurgien, il embrassa la profession médicale, dès qu'il eut achevé d'excellentes études classiques, et il devint successivement chirurgien gagnant maîtrise, chirurgien-major de l'hôpital de la Charité, professeur au\ écoles de chirurgie, membre de l'Académie royale de chirurgie, secrétaire, puis vice-directeur de cette compagnie, inspecteur des hôpitaux militaires et des colonies, premier chirurgien du dauphin. Les Archives de V Académie de chirurgie, qui appartiennent maintenant à l'Académie de médecine, témoignent de l'activité de Ilévin. Il est l'auteur de l'édition d'un Cours de pathologie et de thérapeutique chirurgicales, ouvrage posthume de M. Simon (Paris, 1780, in-S") ; mais, ayant considérablement augmenté cet ouvrage, il fît paraître une nouvelle édition (Paris, 1785, 2 vol. in-8°; S*" édition, 1795). Il a encore publié plusieurs travaux importants dans les Mémoires de V Académie de chirurgie, un entre autres dans le tome I porte le titre : Précis d'observations sur les corps étrangers avalés et arrêtés dans V œsophage et dans la trachée-artère, avec des remarques sur les moyens qu'on a employés ou qu'on peut emploijer pour les retirer. Hévin est mort à Paris le 5 décembre 1789. A. D.

HEAVSOiv (William). Médecin anglais, né à Ilexliam (Northumberland), le 14 novembre 1739, mort à Londres le 1" mai 1774. Il fut le prosecteur des deux Hunter, puis fit des cours d'anatomie très-suivis et fut reçu en 1772 membre de la Société royale. Il a fait des recherches très-importantes sur le sang et surtout sur le système lymphatique (Londres, 1771, 1772, 1774, in-i2, et Philosoph. Transactions, 1768,1775). L. IIx.

HEXACAXTHE (EmBRYON). Voy. CestOÏDES, T.EMA.

HEXACANTHES. Voy. Diptères, p. 755.

HEXAPODES [l\, six, et :toûç, r.o^h; pied, patte). On donne parfois aux Insectes proprement dits le nom d'Hexapodes, parce qu'en effet chez tous les vrais Insectes les pattes sont au nombre de six. Cette règle ne souffre aucune exception chez ces animaux arrivés au terme de leur développement, à l'état dit complet, d'imago ou de perfectose, et sexué {Voy. Insectes).

Les Crustacés ont plus de six pattes, beaucoup en ont dix et sont décapodes {Uv.v., dix, et TToû;, 770^6;) ; les Arachnides, développées, ont huit pattes et sont par conséquent octopodes (ojctw, huit, et ttoùç, 7:0004). Mais dans les derniers groupes d'Arachnides, chez les Acariens, par exemple, les larves et les nymphes n'ont parfois que trois paires de pattes visibles. La dernière paire, ou postérieure de l'adulte, manque. Ces animaux sont, de la sorte, hexapodes pendant le jeune âge. On a établi à tort des genres sur ces Arachnides incomplètement développées, genres qui doivent disparaître de la nomenclature [voy. Arachnides, Leptus, Trombidium).

Les Myriapodes (/AÙpta, neutre de f^ypioi, pris adverbialement, dix mille fois, et 7:o0ç, TToiîo;) ont toujours un grand nombre de pattes, d'où leur nom vulgaire de Millepattes ou Millepieds; ils ont été distingués des Insectes et placés dans une classe à part qui sert de transition entre ces derniers et les Crustacés. Il est bon de savoir que Newport a vu de jeunes Myriapodes, tels que les Iules, après être sortis de l'œuf, acquérir dix-sept jours après la naissance six pattes seulement,

108 HKXÂTUYRIDIUM.

puis le corps se segmente en arrière et les autres pattes se développent. Il en est de même des jeunes Strongylosomes, autres Myriapodes venaut d'éclore et qui n'ont que six pattes {voy. Myriapodes).

En résumé, le terme Hexapodes, pris seul, désigne les Insectes. S'il est pris adjectivement pour caractériser uu animal arthropode, il indique nettement et uniquement que cet animal au moment oiîil est examiné est pourvu de six pieds ou pattes ambulatoires plus ou moins développée^. A. Laboulbè>£.

HEXATUTRiDitJM. En 1793, Treutler a décrit sous ce nom deux helminthes dont il a été déjà (juestion en différents articles de ce Dictionnaire [voy. Douves, p. 540; Helminthes, p. 637; Hématozoaires, p. 50).

Treutler donne le nom de H. venarum à un Ver plat qu'il aurait extrait de la veine tibiale antérieure, ouverte spontanément chez un jeune homme, pendant que celui-ci se baignait à la rivière. Voici en quels termes il rapporte l'observation : « Jam igiiur enarrabo historiam morbi adolescentis sedecim circiter

(( annorum Hic nimirum adolescens sordidam fabri ferrarii artem ediscens ad

« munditiem corporis servandam frequenti lavatione in flumine uti admonitus « est. Is igitur cum aliquando pedetentim aquam intrasset, vix per horae momen- « tum ibl commoranti sponte i upta est vcna tibialis antica dexlri pedis, atque non « levis hc'cmorrhagia eam rupturam scciitaest, qua> modo intermisit, modo velie- « mentior rediit. Qiiod sanguinis profluvium neo remediis slipticis, nec firmiori « fascia cohiberi poterat; in quod diligentius inquircndum ea propter sum pro- « vocatus. Et dum huic examini prseessem, sanguis modo lenliori, modo citatiori « flumine promanavit, atque cum ea vena materiem aliquam densiorera eminere (( viderim, eam pro cruore sanguinis coagulato prinium habui, sed accuratius (( inluenli duo animalcula vivendi et se movendi facultate instructa se obluleruntj « quibus sine magna opéra e vena rupta extractis, confestim sanguis effluere u desiit : vulnus autem rnptum post très fere septimanas demum coaluit. »

Depuis lors, ce même parasite semble avoir été revu par plusieurs observateurs. Brera dit que Bertoli, chirurgien à Milan, le trouva, en 1807, dans le sang enlevé à une nonne par une saignée. Délie Chiaje assure également qu'il a été vu deux fois par Folinea dans le sang d'individus héraoptysiques, comme Gallo et Civinini le lui ont affirmé : la première observation, faite chez un jeune homme de 25 ans, date de 1824; la seconde est de 1859. Brera cite encore d'autres cas qui sont plus incertains que les précédents.

L'observation de Treutler a donné lieu à bien des controverses. Maintenant que la présence de Douves erratiques dans les vaisseaux sanguins est un fait incontestablement démontré {voij. Douves, p. 531), on doit admettre que les parasites de Treutler n'étaient autre chose que des Distoma lanceolatiim ou, plus vraisemblablement, de jeunes D. hepaticum, ainsi que semblent l'indiquer les ramifications latérales portées par chacun des cœcums intestinaux.

Treutler a encore décrit sous le nom de H. pingidcola un prétendu Trématode trouvé par lui dans une petite tumeur adipeuse entourant l'ovaire d'une femme de vingt-six ans, morte à la suite d'un accouchement laborieux. L'observation est vraisemblablement apocryphe, ainsi que cela ressort du passage suivant de Piudolphi : ({ Phialam quidem bénévole inecum communicavit (Treutlerus), quae Pinguicolam forsan contineret, sed eamdem Berolini attentissime perscrutando non nisi corpusculum nigrum contractum et durum reperi, quod omnem organisationis notam denegavit. »

HEXYLIQUE. 109

Enfin, Diesing a appelé //. affine un helminthe indéterminé, découvert par Schmitz dans les vaisseaux mésentériques du Bomhinalor icjneus [voy. Hématozoaires, p. 51). Raphakl Blanchard.

Bibliographie. — Blanchaud (R.). Traité de zoologie médicale. Paris, 1880-1888, p. 596.

— Bbera (V.-L.). Memorie fisico-mediche sopra i principali vermi dcl corpo umatio vivente e le cosi dette malattie venninose. Crema, 111-4°, 2» ediz., 1816, p. 104. — Delle Ciiiaje (S.). Compeiidio di elmintografia umana. Napoli, 2» ediz., 183Ô, p. 15 et 117. — Du sième. Elmintografia umana, 4* ediz., 1844, p. 18 et 241. — Diesi.vg (C.-M.). Systema helminthum. VindobonEB, 1850, I, p. 410. — IIudolpiii (C.-A.). Entotoorum synopsis. Berolini, 1819, p. 437.

— Schmitz. De vermibus in circiûatione vii'entibits. Inaug. Diss. Berlin, 1826, p. 15. — Tkeotler (Fr.-Â.). Observationes pathologico-anatomicœ auctarium ad helminihologiam humani corporis continentes. Lipsias, 1795. R. Bl.

HEXOYLÉXE. CH'". Hydrocarbure homologue du valérylène. 11 se forme pendant la pré[)aration de l'alcool hexylique ; on le prépare le mieux avec l'hexvlène monobromé. L'hexoylène bout à 76-80 degrés. 11 est isomère du diallUe. ' L. En.

MEXT1.E. C^H*^. Radical théorique des alcools hexyliques et de leurs dérivés.

On donne encore le nom d'hexijle à l'hydrocarbure C^H'^.C^Il'^ = C"H-*, qui est en réalité du dihexyle et qu'on obtient par décomposition de l'œnanlhylate de potasse. C'est une huile incolore, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et l'éther; elle bout à 202 degrés; sa densité à 0 degré est 0,7574. L. Hn.

HEXYLE (Hydrure d'). C*H^'' = C*H'5.H. Ce corps, encore appelé hexane, se rencontre dans le pétrole; il bout à 71°, 5 et a pour densité 0,665 à 17 degrés. Il en existe plusieurs variétés isomériques dont les propriétés sont peu différentes, L. Hn.

HEXYLÈXE. C^H'^. Cet hydrocarbure, encore appelé caproylène ou oléène, présente plusieurs variétés isomériques : l'hexvlène obtenu en traitant i'iodure hexylique par l'hydrure d'hexyle monochloré bout à 67 degrés et a pour densité 0,699 à 0 degré; la variété qu'on prépare avec l'hydrure d'hexyle bichloré et le sodium bout vers 68-71 degrés, etc. L. Hn.

HEXTLÉXIQUE (âlcool). C«Hi*0- = C«H*-2(0H)*. Liquide incolore, miscible à l'eau, l'alcool et l'éther, bout à 207 degrés, a pour densité 0,967 à 8 degrés. (Vest un isomère de l'hydrate de diallyle et du pinacone. L. Hn.

HEXYLIQUE (Alcool). C^H'^O =C«H*^0H. Se trouve à l'état d'éther butyrique dans l'huile volatile de la graine de VHeracleum gujanteiim; s'obtient en traitant le chlorure d'hexylènepar de l'acétate de potassium ou d'argent. C'est un liquide incolore, peu soluble dans l'eau, d'une odeur aromatique ; bout à 157-158 degrés; la densité est de 0,819 à 25 degrés ; il donne par oxydation de l'acide capronique. Il existe un grand nombre d'isomères de l'alcool hexylique ; nous ne pouvons les étudier ici. L. Hn.

HEY (William). Chirurgien distingué, né près Leeds, le 5 septembre 1756, mort dans cette ville le 25 mars 1819. Il fit ses études à Londres, puis en 1759

110 niATuo uci vvii\&iiU\\.

revint à Lecds, où il devint le senior surgeon de l'hôpital général, fonda le Médical Society, et à la suite de recherches sur l'action antiseptique de l'acide carbonique dans les fièvres putrides fut nommé fellow de la Société royale. Outre un grand nombre de mémoires présentés aux sociétés savantes ou insérés dans les recueils périodiques, il a publié :

I. Practical Observations m Surgery, etc. London, 1805, 1810, 1814, in-8°. —II- A Trea- Use ou the Puerpéral Fever, etc. London, 1815, ln-8°. L- U'*-

HEYERDAHL (Valentin-Christ.-Wilh.-Sibber:;). Accoucheur distingué, né à Christiania, le 26 octobre 1821, mort à Berghem, le 26 janvier 1870, servit dans l'armée et la marine, voyagea en Angleterre et en France, et à son retour fut nommé en 1860 médecin en chef de la Maternité et directeur de l'École d'accouchements de Berghem. Il est l'auteur d'articles très-estimés insérés dans Norsk Magaz. f. îaegevid., dans les Transactions de la Société des naturalistes Scandinaves, etc. L. Hn.

HEYFELDER (Joh.vms-Ferdinand). Célèbre chirurgien, né à Kûstrin, le 19 janvier 1798, mort à Wiesbaden, le 21 juin 1869. Reçu docteur en 1820 à Breslau, il fit un long séjour à Paris, où il s'acquit la sympathie des savants les plus éminents, puis se fixa à Trêves. Il étudia le choléra en Russie en 1831, puis en France en 1852, fut médecin des bains à Imnau et publia plusieurs opuscules sur l'efficacité de ces eaux et de celles des pays avoisinants, et en 1841 fut appelé à Erlangen comme professeur de chirurgie et d'ophthalmologie et directeur de la clinique chirurgicale ; en 1850 il obtint en outre la direction de l'hôpital de l'Université. En 1855 il passa en Finlande avec le titre de chirurgien en chef des troupes russes, puis se fixa à Pétersbourg, où il fonctionna comme professeur et comme chirurgien d'hôpital.

Les travaux de Ileyfelder sont très-nombreux. Nous nous bornerons à citer :

I. Studienaiis dem Gebiete der Heilwissenschaft. Stuttgart, 1838, 2 vol. in-S". — II. Ueber Reseclionen und Amputationen. Breslau und Boni, 1855, in-4°.

Son fils, Oscar Heyfelder, né à Trêves en 1828, est au service de la Russie; il est bien connu par ses importants travaux sur les résections. L. Hn.

HETHIAIWIV (Les deux).

Heymann (Johanx-Peter). Né à Muck, le 14 août 1787, mort à Coblence, le 15 octobre 1832, fut médecin vaccinateur, puis prit le diplôme de docteur à Duisbourg en 1810, et s'établit successivement à Remagen, puis à Coblence. Son ouvrage le plus important a pour titre ; Die Enibindung lebloser Schivangeren mit Bezichung auf die Lex regia. Coblenz, 1832, in-S". L. Hx.

Heymann (Friedrich-Maritz). Né à Schneeberg (Saxe), le 24 mai 1828, reçu docteur à Leipzig en 1850, se fixa en 1851 à Dresde et y dirigea pendant huit ans le service des maladies des yeux de l'établissement des diaconesses; il mourut le 21 octobre 1870.

Heymann était un ophthalmologiste distingué; l'Académie de médecine belge lui accorda une médaille d'or. Ses travaux sont disséminés dans les recueils périodiques. L. IIn.

HIBOU. m

HIATUS DE FALLOPE. Petite ouverture de la face antéro-supérieure du rocher, correspondant au premier coude du nerf facial dans l'aqueduc de Fallope et donnant passage aux nerfs pétreux {voy. Crâne). L. Hn.

HIATUS DE WUVSLOW. L'ouverture qui fait communiquer l'arrièrecavité des épiploons avec la cavité générale du péritoine [imj. PÉRixoiiNE). L. Hn.

HIBISCUS. Voy. Ketmie.

HIBOU. On donne vulgairement le nom de Hiboux à tous les Rapaces nocturnes qui ont la tète surmontée d'aigrettes, et le nom de Chouettes à ceux qui ont la tête lisse ; mais, si cette distinction, fondée sur des caractères extérieurs peu importants, paraît assez naturelle quand on ne considère que les Oiseaux de nuit de nos contrées, elle devient complètement artificielle quand on examine aussi bien les espèces exotiques que les espèces indigènes. On reconnaît en effet que, dans chacune des deux sections que l'on peut établir dans le sous-ordre des Striges {voy. le mot Oiseaux de proie), il y a également des Hiboux et des Chouettes, des espèces à aigrettes et des espèces sans aigrettes. Dans ces conditions il vaut mieux reserver le nom de Hibou à un seul genre, au genre Otus de G. Cuvier ou Asio de Brisson, qui a pour type le Hibou vulgaire [Asio otiisL.).

Le Hibou vulgaire, qui mesure à l'âge adulte 55 centimètres de long, porte une livrée d'un roux jaunâtre, avec des taches confuses et des raies irrégulières grises et brunes, très-serrées, sur les parties supérieures du corps, et des taclies oblongues, plus ou moins dentelées, sur les parties inférieures. Sa queue est recoupée par huit ou dix bandes transversales brunes et sa tête est surmontée de deux touffes de plumes très-développées. Ce dernier caractère distingue toujours le Hibou vulgaire d'une autre espèce, dont les aigrettes sont très-courles et qui est désigné, pour ce motif, sous le nom de Hibou brachyote {Asio hrachijotus Forst. ou A. accipitrinus Pall.). Chez le Hibou brachyote les taches des parties supérieures du corps sont plus nettes, plus régulièrement disposées, et les bandes transversales des pennes caudales sont au nombre de quatre seulement.

Ces deux espèces sont répandues sur toute la plus grande partie de l'iiémisphère septentrional, les Hiboux vulgaires et brachyotes de l'Amérique du Nord ne pouvant pas, comme on le croyait jadis, être séparés spécifiquement de nos Hiboux européens et constituant tout au plus des races locales. Le Hibou brachyote est d'ailleurs celui des deux qui occupe l'aire géographique la plus considérable ; en outre, il est moins sédentaire que l'autre et émigré régulièrement chaque année du nord de l'Europe aux provinces septentrionales de l'Afrique, en traversant la Hollande, la Belgique et la France. Comme le Hibou vulgaire, il dépose souvent dans un tronc d'arbre, dans une fente de rocher, ou dans le nid abandonné de quelque Piapace, ses œufs, qui sont de forme oblongue et d'un blanc pur. Comme son congénère aussi, il a des instincts sociables et se réunit volontiers durant l'arrière-saison à quelques-uns de ses semblables pour former de petites bandes de sept ou huit individus ; comme lui enfin il se nourrit principalement de petits Rongeurs et rend par conséquent de très grands services à l'agriculture.

Les autres espèces du genre Asio, l'i. mexicanus, qui habite non-seulement le Mexique, mais l'Amérique centrale, la Colombie et le Brésil, VA. madagascariensis,

412 HIERA-PICKA.

qui ne se trouve qu'à Madagascar, VA. capensis, qui vit dans le sud et l'ouest du continent africain et qui s'avance jusqu'en Espagne, et 1'^. stygius des Antilles et du Brésil, diffèrent des A. otus et hrachyotus par leurs dimensions et les nuances de leur plumage, mais ils ont les mêmes mœurs et mériteraient au même titre d'être l'objet d'une protection spéciale. Malheureusement il est bien difficile de diminuer les préjugés stupides dont les Hiboux, comme tous les Oiseaux de nuit, sont victimes depuis un temps immémorial. E. Oustalet.

Bibliographie. — Daubexton. Pl.enl. de Bu ff on, 1770, pi. 20, et t. II, pi. 458. — Godld (J.). B. of Europa, 1838, pi. 39. — Degland et Gerbe. Ortuth. europ., 2« édit., 1867, t. I. p. 225. — Sharpë (R.-B.). Cat. B. Brit. Mus., 1875, t. II, p. 225. E. 0.

fliDROTiQUE (Acide). C^H^AzO''(?). C'est le même que l'acide sudori^yMe, dont on a dit par erreur {voy. Sudoriqde) qu'il accompagne Vacide tarlrique dans la sueur; il s'agit ici à' acide lactique et non tartrique. L'acide hidrotique est incristallisable et dégage de l'ammoniaque par la chaleur. Les sels, incristallisables, sont solubles dans l'eau et l'alcooL L. HiN.

niÈBLE. Voy. Sureau.

liiEKAClL'.n (T.). Genre de Composées-Ciclioriées, qui a donné son nom à une sous-série des Hicraciées, et qui s'y distingue par une tige aérienne ou souterraine vivace ; les divers organes couverts de longs poils laineux ou de poils étoiles, avec le plus souvent des soies glanduleuses ou rigides interposées. Le réceptacle du capitule est nu ou très-courtement fimbrillifère, et les soies de l'aigrette sont d'ordinaire persistantes, un peu rigides et fragiles. Les uns admettent dans ce genre une centaine d'espèces, et les autres plus de oOO. Elles habitent l'Europe, le nord et le midi de l'Afrique, l'Asie, l'Amérique du Nord et la région des Andes. La Piloselle {E. Pilosella L.), herbe indigène, est astringente, apéritive, fébrifuge et vulnéraire, dit-on. On indique VH. sabaudum L. comme ayant à peu près les mêmes propriétés. VH. murorumlj. passe pour vulnéraire et adoucissant; VH. Auricula L., pour vulnéraire et apéritif. Plusieurs espèces sont tinctoriales et quelques-unes, dit-on, vénéneuses. VH.. umhellatum L. a été recommandé contre la bronchite chronique, sous le nom de Pulmonaire des Français, donné parfois aussi à YH. sylvaticum L. ; VH. venosum L., en Amérique, contre les morsures des serpents venimeux; VH. Gronoviih., en Pennsylvanie et en Virginie, contre l'odontalgie. Ce sont, en général, des plantes peu actives. H. Bu.

Bibliographie.— T., Imt., 469, t. 267. — L.,Geji., n. 915.— Endl.. Gen., n. 5026.— DC, Prodr., VII, 199. — Benth et Hook. f., Gen., II, 516. — Mer. et deL., Bict. Mat- méd., III, 492, V, 315. — Cazln, Ti-. prat. et rais, des plant, me'dic. indig., éd. 3, 835. — Rosenth , Syn. iHant. diaphor., 512, 1118. — H. Bn, Hist. des pi., VII, 20, 109. H. B.n.

HIÉRA-PICRA.. Ancien éleetuaire d'aloès composé, renfermant :

A'oèi 90 parties.

Safran g

Cannelle g

Macis g

Racine d'asaret g

Mastic ' ' g

Miel .'.'..'.'.'.".'. 580 -

C'est un purgatif emménagogue, peu usité aujourd'hui, sauf parfois en lavement. L. Hk.

UILDEBRÂNDT (Les dkux). 113

llIÉRO:^ (Fontaine d'Esculape). Dans l'IIiéron de l'Epidaure [(en ArgoJide) on trouve des bassins avec des baignoires en marbre poli et des aqueducs. Près de l'ancien bassin jaillit actuellement une source d'eau claire, salée et inodore, d'une température de 19 degrés (source anière salée).

ANALYSE DE LANDERER

Chlorure (le sodium i.,56i

Garbouute de chauï 0,591

Gaz acide carbonique i78",913

Azote traces.

Elle s'emploie comme remède purgatif. Stéphanos.

HIÉROSCOPIE. Voy, Divination, p. 44.

HIG6I1\S (Charles). Né à Monaghan (Irlande) en 1804, fit ses études médicales à Dublin et à Edimbourg oià il fui reçu docteur en 1825. Sa thèse avait pour litre De ictero. Il vint ensuite en France, s'établit à Bordeaux, puis à Paris, où il fut autorisé, en 1833, à exercer la médecine. Son ouvrage : Ohservaliom on Climate, Diet, and Médical Trealmenl in France and England, Londres et Paris, 1835, 1857, a eu plusieurs éditions. Nommé médecin du Collège des Irlandais, il était licencié en accouchements de Dublin, membre du Collège de chirurgie de Londres, etc. Il est mort à Paris le 17 janvier 1867. A. D.

HICiHMORE (Antre d'). Voy. Maxillaire [Os].

HICiHIilORE (Corps d'). Voy. Testicule.

HlGHinoRE (Nathaniel). Anatomiste célèbre, qui a attaché son nom à la découverte de l'antre et du corps dits d'IIighmore. Né le 6 février 1615, à Fordingbridge (Hamptonshire) reçu docteur à Oxford en 1642, il exerça avec succès à Sherburn (Dorsetshire) jusqu'à sa mort arrivée le 21 mars 1685. On a de lui :

I. Disq. corporis humani anatomica, in qua sanquinis circulationem . . . pvosecutus est. Hagae Comit., 1651, in-fol. — II. The History of Geiieralion, etc. London, 1651, in-8°. L. Hn.

HIKESIUS. Médecin grec, né à Smyrne, contemporain de César, enseignait avec éclat à l'école de médecine de sa ville natale. C'est le fondateur de l'École d'Érasistrate. De ses écrits on ne connaît que celui qui s'occupe de la matière médicale, Ilspî ûXïjî, dont quelques fragments ont été conservés par Athénée le Deipnosophiste. L. Hn.

HlLARAl^T (Gaz). Voy. Gaz.

HILDEBRA1\DT (Les DEUx).

Hîldebrandt (Georg-Friedrich). Anatomiste et physiologiste distingué, né à Hanovre, le 5 juin 1764, mort à Erlangen, le 23 mars 1816. Reçu docteur à Leyde en 1783, il fut nommé en 1786 professeur d'anatomieau collège médical de Brunswick, puis en 1793 professeur de médecine et de chimie à Erlangen. Ses ouvrages ont été longtemps classiques. Nous mentionnerons seulement : DICT. ENC. 4* s. XIV. 8

114 HILDENBRAND (Les deux).

I. Lehrbuch der Analomie des Menschen. Braunsclnveig, 1789-1792, 4 vol. in-8°, et autres éditions. — II. Geschichte der Unreinigkeiten ini Magen und in den Gedàrmen. Braunschweip:, 1790, 3 vol. in-8°. — III. Ueber die blinden Uâmorrhoiden. Erlangen, 1795, in-S". — IV. Le/irbiich der Physiologie, etc. Erlangen, 1796, 1799, 1809, 1828, in-8°. — V. Eucyclopaedia der gesammteii Chemie. Erlangen, 1799-1818, in-8'. — YI. Lehrbuch der Chenue, etc. Erlangen, 181G, in-8°. L. Hx.

Hiidebrandt (Hugo-Alfred-Otto). Né à Kônigsberg, le 6 octobre 1853, mort dans cotte ville le 3 juillet 1882, fut professeur de clinique gynécologique et obstétricale à l'Université de Kônigsberg. Il remplit une foule do fonctions en rapport avec sa profession et publia un grand nombre de monographies et d'articles dans Volkmanns Sammlung klin. Vortràge, etc., et de plus :

I. Die neue gynàkologische Vniversitâtsklinik zu Kônigsberg. Leipzig, 1875, in-8°. — II. Krankheiten der âusseren weibl. Genitalien. In Pitha-Dillroth' s Handbuch. L. Hn.

DILDEGARDE (de Binge>). Née dans le comté de Spanheim en 1098, morte en 1182, abbesse d'un couvent à Rupertsberg près de Bingen. Elle fut en grand honneur de son temps pour ses visions; on possède sa correspondance avec les personnages les plus illustres de l'époque. Elle a aussi éciit un ouvrage intitulé : PJujsica, dont on a contesté rautheuticité, et dont elle ne parle en effet nulle part dans sa correspondance. Ce traité, tout rempli d'une superstition grossière, est partagé en quatre livres et écrit dans le latin du moyen âge; on y trouve beaucoup de locutions tirées de la médecine populaire et beaucoup de locutions allemandes très-anciennes, exprimant des objets d'histoire naturelle ou des maladies. Beaucoup de passages démontrent, dit Choulant, que ce livre n'a pu être écrit par une religieuse ni par des religieuses : ainsi, il y est question de la rétention du sperme dans le coït avec sensations très-vives (II, 29), des tumeurs des parties génitales de l'homme (II, oJ), de l'infécondité de l'homme causée par la diffluence du sperme (III, 29), des moyens de refréner l'ardeur des passions génitales, etc. Mais, quand on songe aux mœui's et aux habitudes du temps, quand on voit les questions que posaient les femmes médecins de Salerne, il est permis de croire que sœur Ilildegarde a bien pu, en toute innocence de creur et en toute sûreté de conscience, écrire les pages dont s'étonne Choulant. Voyons ce qu'en dit Sprengol : « Elle laissa, dit-il, une espèce de matière médicale qui bien certainement n'est pas puisée dans les écrits des savants, mais renferme une foule de remèdes superstitieux. Ainsi elle conseille la fougère commune contre toutes les espèces de diableries (IF, 92), le hareng, allei, dans la gale (IV, 20), la cendre de mouches contre toutes les affections de la peau (IV, 50), etc. » (Sprengel, II, 552). Voici le titre de l'ouvrage attribué à Hildegarde : Physica sancta Hildegardis. Argentorati, 1555; ibid., 1544, in-fol. L. Hn.

H1I.DE:vbra]VD (Les deux).

Hildenbrand (Johanjn'-Valentin). Célèbre médecin de Vienne, né dans cette ville le 8 avril 1763, mort le 51 mai 1818. II devint, en 1795, professeur de médecine pratique à l'Université Joséphine de Lemberg et, lorsque cette Université fut réunie à celle de Cracovie, fut chargé du même enseignement et nommé directeur de la Faculté de médecine. En 1806, il fut appelé à Vienne pour y être professeur de clinique, et cinq ans après devint directeur de l'hôpital général. Ses principaux ouvrages ont pour titres :

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