‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.52Chapitre 22 sur 67 · L. Hn · texte numérisé non relu

L. Hn

I.SOCROTOIVIQUE (Acide). C^H^O". Cet acide, encore appelé quarténylique, se forme par l'action de l'amalgame de sodium sur l'acide chlorisocrotonique.

C'est un liquide incolore, bouillant à 172 degrés, encore liquide à — 15 degrés, se transformant partiellement à la distillation et totalement quand on le chauffe longtemps à 180 degrés en acide crotonique. La potasse caustique en fusion le convertit en acide acétique. L. Hn.

ISOCYATVIIRIQVE (Acide). Voy. FuLMiNURiQUE {Acide)»

ISODULCITE. C^H'^O®. Sucre formé dans le dédoublement du quercitrin sous l'influence de l'eau et des acides. L'isodulcite cristallise en prismes clinorhombiques anhydres, très-solubles dans l'eau, assez solubles dans l'alcool, fusibles à 95 degrés. Elle forme aisément des solutions sursaturées. EHe est dexlrogyre, réduit rapidement à chaud la liqueur de Fehling, réduit les solutions alcalines de mercure, ne fermente pas au contact de la levure de bière.

ISOETES. 50

Chauffée quelque temps à 100 degrés, elle perd une molécule d'eau et donne un anhydride, Vlsodulcltane, CH^^O', amorphe. L. Hx.

ISODIXCITIQUE (Acide). C^H^'O". Se prépare en traitant l'isodulcite par l'acide nitrique. C'est le terme le plus oxygéné d'une série dont le sucre de lait, C^H'^O*, est le premier terme, et l'acide saccharique, G^H'"0», l'avant-dernier terme.

L'acide isodulcitique est en cristaux grenus, vitreux, de saveur acide, agréable, fusibles avec altération à 100 degrés, peu solubles dans l'alcool.

ISODUUOL. C'"!!*^ = C«H«(CH-')*. Hydrocarbure obtenu par Jannasch en faisant agir l'iodure de mcthyle sur le monobromomésitylène en présence du sodium. C'est un liquide bouillant à 190-192 degrés; il ne se solidifie pas dans un mélange réfrigérant. Le brome l'attaque en donnant un produit de substitution G'°H'^Br*, cristallisable, fusible à 199 degrés, soluble dans l'alcool chaud; l'acide nitrique fumant donne un dérive nitré cristallisable dans l'alcool, fusible à 165 degrés; l'acide nitrique étendu le transforme en un mélange de deux acides isoduryliques isomères, C'"H'-0-. L. Hn.

ISODURYLIQVES (AciDEs). C^^Il'^O^ On obtient deux isomères en faisant bouillir pendant deux jours l'isodurol avec l'acide nitrique étendu; on les sépare à l'état de sel de calcium; l'a-isodurylate cristallise, tandis que le p-isodurylale reste en solution.

L'acide a-isodurylique fond à 215 degrés et est sublimable, peu soluble dans l'eau chaude, mieux dans l'alcool, très-soluble dans l'éther qui l'abandonne en grands prismes.

L'acide p-isodurylique est en longues aiguilles fusibles à 120-123 degrés, assez solubles dans l'eau froide, très-solubles dans l'eau chaude, l'alcool, l'éther et le chloroforme. L. HiN.

ISOETES {Isoetes L.). Genre de Végétaux Cryptogames-vasculaires, qui compose à lui seul le petit groupe des Isoétées, tantôt considéré comme une famille distincte, tantôt réuni à celle des Lycopodiacées, dont il diffère plutôt par le port que par des caractères réels de fructification.

Ce sont des plantes vivaces, d'aspect graminiforme. Leur axe végétatif se réduit à un rhizome très-court, subglobuleux ou déprimé, portant en dessous des racines tubuleuses et en dessus un nombre variable de feuilles linéaires, plus ou moins longues, rapprochées en touffe, et parcourues chacune par quatre séries longitudinales de lacunes, que sépare un faisceau vasculaire central renfermant des vaisseaux spiraux et annulaires. Chaque feuille porte, à sa base élargie, qui embrasse plus ou moins complètement l'axe, un sporange ovoïde assez gi'os, uniloculaire, mais parcouru intérieurement par un grand nombre de filaments transversaux portant les corps reproducteurs ; ceux-ci consistent : 1" en microspores ou spores proprement dites, qui sont contenues dans les sporanges situés à la base des feuilles centrales et auxquels on donne le nom de microsporanges; 2° en macrospores ou spores à l'état embryonnaire, qui sont renfermées dans les sporanges placés à la base des feuilles de la périphérie et que l'on appelle macrosporanges.

Parmi les nombreuses espèces à'Isoetes connues, les unes sont terrestres, les autres aquatiques ; ces dernières forment des gazons submergés aux bords des lacs et des étangs ou autour des mares, des pâturages marécageux ou humides. L'espèce type, /. lacuslris L., est commune dans les lacs des Vosges, de l'Auvergne et des Pyrénées. Ed. Lef.

ISOHEPTYLIQLE (\cide). C'FP'O'. S'obtient en transformant en cyanure l'iodure d'Iiexyle de la mannite et en saponifiant ce cyanure.

Il constitue un liquide huileux, peu soluble dans l'eau, bouillant à 2H- 215 degrés. Le bichromate de potassium et l'acide sulfurique le convertissent en acides carbonique, acétique et butyrique. L. Hn.

li>$OLE!nElVT DES AL1É\ÉS. Isoler un aliéné, c'est le soustraire, comme dit Esquirol, « à toutes ses habitudes, en l'éloignant des lieux qu'il habite, en le séparant de sa famille, de ses amis, de ses serviteurs, en l'entourant d'étrangers, en changeant toute sa manière de vivre. »

« L'isolement, ajoute le même auteur, a pour but de modifier la direction vicieuse de l'intelligence et des affections des aliénés ; c'est le moven le plus énergique et ordinairement le plus utile pour combattre les maladies menlales » (Esquirol, Mémoire sur l'isolement des aliénés. In Des maladies mentales. Paris, 1858, t. 11, p. 512).

L'isolement ou la séquestration, le confinement ou bien la collocation, comme on dit en Belgique, est donc essentiellement un moyen thérapeutique. En plaçant un aliéné dans un asile, on lui applique le premier des remèdes. C'est ce qu'avaient déjà compris les Anciens et que l'expérience moderne a largement confirmé.

11 est de toute évidence que l'aliéné ne saurait être soumis à un traitement régulier dans sa famille, mais que, dans son propre intérêt et dans celui de son entourage, il est urgent, dès que la maladie s'est déclarée, de séquestrer le patient.

Il est, en effet, impossible de maintenir dans sa famille un maniaque turbulent, sans cesse en mouvement, commettant les actes les plus déraisonnables, capable à la moindre contrariété de se livrer à la fureur. Il en est de même du mélancolique, que ses préoccupations tristes, ses angoisses, ses craintes continuelles, rendent surtout dangereux pour lui-même, qui ne pense qu'au suicide et saisira la première occasion pour mettre fin à ses jours, qui le plus ordinairement refuse de prendre des aliments et qu'il faut par suite soumettre à un régime spécial.

Si l'isolement est commandé pour de tels malades, il ne l'est pas moins pour les délirants partiels, pour les aliénés épileptiques, hystériques, etc., pour tous ces êtres dangereux, qui ne sont pas considérés sans raison comme de véritables fléaux, et de la famille et de la société. En les séquestrant, on ne fait que prendre une mesure de sage précaution.

Il serait non moins important de placer plus tôt dans les établissements spéciaux ces paralytiques généraux qui, au début de leur affection, se livrent à des dépenses exagérées, veulent mettre à exécution les projets gigantesques conçus par leur imagination en délire, contractent des mariages disproportionnés, écrivent des testaments bien difficiles à faire casser ultérieurement, et sèment ainsi souvent la honte et la ruine sur leurs familles.

Qu'il s'agisse donc d'aliénés curables ou d'aliénés incurables, qu'on ait affaire à des délires généraux ou à des délires partiels, à des délires toxiques ou à des paralytiques généraux, etc., la séquestration s'impose toujours. D'une part, il faut protéger le malade contre lui-même, il faut le traiter et, si possible, le guérir; d'autre part, il faut protéger la société et la famille contre le malade. Ce dernier point est capital. On semble trop l'oublier et en faire bon marché aujourd'hui, on se révolte contre celte idée qu'il faut enfermer les fous, mais que l'un de ceux-ci commette un crime, on ne manquera pas, par une de ces contradictions si fréquentes de l'opinion publique, de se plaindre qu'on laisse trop facilement sortir les aliénés des asiles où ils sont enfermés.

L'intérêt des familles demande aussi la prompte séquestration des aliénés. On sait combien fréquents sont chez ceux-ci les troubles des sentiments affectifs, avec quelle facilité et quelle promptitude ils prennent en haine les personnes qui leur étaient les plus chères avant leur maladie ; les soins les plus tendres et les plus affectueux des personnes de leur entourage ne parviennent pas à calmer leurs susceptibilités pathologiques. D'autres — certains mélancoliques, entre autres — se rendant compte des inquiétudes et des chagrins dont ils sont l'objet, en souffrent encore davantage et se croient plus indignes encore du dévouement dont ils sont entourés; leur délire, au lieu de se calmer par le traitement ft^milial, prend au contraire plus d'extension.

Esquirol avait parfaitement fait ressortir ce point de vue spécial, dans les passages suivants de son remarquable mémoire : « Les aliénés ont le sentiment du mal qu'ils font, dit-il, leur délire s'exaspère par la présence de leurs parents dont ils font le malheur. Le chagrin, les larmes qu'une mère, une femme, un fds, ne peuvent toujours dissimuler, augmentent la douleur morale du lypémaniaque. La physionomie inquiète, effrayée des parents profondément afiligés, ajoute à la crainte, aux frayeurs du panophobe qui voit dans ces signes d'effroi de nouveaux motifs de terreur.

« Je suis un objet d'effroi pour ma femme et mes enfants » , me répète souvent un maniaque horriblement malheureux pendant les paroxysmes du délire ; « leur vue me jette dans le désespoir, à cause du mal que je leur fais ; si mon délire oblige les personnes qui me soignent à m'enchaîner, qu'on me conduise dans un hospice: je ne survivrais pas à ma douleur, si ma femme était contrainte à permettre chez moi un pareil traitement, quelque indispensable qu'il fût. » Ce malade a des paroxysmes qui persistent pendant trois ou quatre mois. Pendant tout ce temps-là, et même plusieurs semaines après, il ne veut voir ni sa femme, ni ses enfants, tant leur présence lui est douloureuse.

« J'ai vu des aliénés, particulièrement des monomaniaques, dont l'impatience et le délire s'exaspéraient par l'exagération des soins de leurs parents : a Ah! ma mère, que vous me tourmentez! jamais je ne guérirai près de vous », répétait souvent un lypémaniaque impatienté par les questions perpétuelles de sa mère, qui à chaque instant demandait à son fils des nouvelles de sa santé et l'excitait à être docile au régime et au traitement qui lui étaient prescrits. »

Les considérations précédentes amènent à conclure qu'il est indispensable d'isoler les aliénés pour leur sûreté, pour celle de leurs familles et pour l'ordre public, et que cette mesure est non moins nécessaire pour soustraire ces malades a l'action des causes extérieures qui ont produit le délire et qui peuvent l'entretenir.

Il nous reste un point non moins important à étudier, c'est de démontrer

l'utilité de la séquestration pour l'aliéné lui-même, pour amener sa guérison. Comme l'a dit Esquirol, l'isolement n'est pas seulement nécessaire, mais il est aussi utile, et cela pour les raisons suivantes : 1° Pour vaincre la résistance des aliénés contre les moyens curatifs; 2" Pour les soumettre à un régime approprié à leur état ; 5° Pour leur faire reprendre leurs habitudes intellectuelles et morales. Pour arriver li ces fins, il est donc indispensable d'enlever le malade du milieu dans lequel il a contracté sa maladie; il faut qu'il sente une puissance, une volonté supérieure à la sienne, sacliant le diriger et pouvant même lui imposer. Ces conditions sont remplies dans les établissements spéciaux où le malade se trouve soumis à un règlement, où les moindres prescriptions médicales sont strictement exécutées et où les violences et les écarts de conduite sont vite réprimés.

II existe un préjugé, en quelque sorte courant : on s'imagine que la séquestration d'un aliéné, son placement au milieu d'autres malades, le spectacle des tristesses d'un asile, la séparation d'avec sa famille, tout cela ne peut qu'aggraver la maladie. Il n'en est rien d'ordinaire. De tout ce que craignent des parents trop soucieux, trop craintifs, rien n'arrive; ils s'imaginent que, reconnaissant des soins dont il a été entouré jusqu'ici, le malade ne pourra plus s'en passer et manifestera de la séparation la plus grande anxiété; grand est leur étonnement lorsqu'on leur apprend l'indifférence qu'il a manifesté de se voir sevré des attentions de la famille et d'avoir accepté avec une insouciance complète son nouveau sort. On oublie trop que l'aliéné, qu'il s'agisse d'un délirant partiel ou d'un délirant général, d'un paralytique général ou d'un dément ordinaire, est un être essentiellement égoïste, sur lequel les soins, les angoisses de son entourage intime, glissent sans laisser de trace.

A quel moment de leur affection est-il utile de recourir à l'isolement des aliénés? A cette question deux réponses sont faites : une première basée sur l'observation scientifique; une seconde, purement sentimentale, qui est soutenue avec passion par certains adversaires de loi du 30 juin 1838 sur les aliénés. Occupons-nous d'abord de cette dernière.

Pour certains, en effet, on ne devrait séquestrer les aliénés que lorsqu'ils sont un danger public; l'asile n'est pas un établissement où l'on puisse guérir ces malades, on ne fait qu'y augmenter leur folie, et par suite ce n'est qu'une fabrique d'incurables. Quant à vouloir placer un malade dès le début de son délire, c'est une violation de la liberté mdividuelle; qu'importent les actes qu'il pourra commettre, on verra plus tard s'il devient dangereux.

Ce sont là certes des raisoiuiements dont l'exagération est évidente, mais qui sont du genre de ceux qui ont cependant été tenus, soit dans la presse, soit autre part. Ils n'en sont pas plus justifiés, et encore moins fondés sur la réalité des choses. Que nous apprend, en effet, l'observation clinique, non pas d'aujourd'hui seulement, mais depuis plus d'un demi-siècle qu'on a pris l'habitude de placer des aliénés dans les asiles pour les y traiter?

Esquirol avait déjà écrit : « Des faits nombreux démontrent que l'isolement seul a guéri. Ces malades guérissent quelquefois dès qu'ils sont isolés. Les privera-t-on de ce moyen de guérison, qui est d'autant plus utile qu'il est employé plus promptement? »

Ces affirmations du célèbre médecin de Charenton ont été corroborées par de nombreuses statistiques, faites dans tous les asiles d'aliénés. Dans une excel-

lente Étude sicr l'isolement considéré comme moyen de traitement dans la folie (thèse de Paris, 187'2), M. le docteur Lasserre a réuni sur ces divers points des chiffres très-démonstratifs, on pourrait dire éloquents.

La démonstration porte sur un chiffre de 1771 aliénés; sur ce nombre, 759 ont été admis à l'asile de Blois pendant une période de dix ans, de 1854 à 1865; 554 à l'asile de Bordeaux et 455 à l'asile de Niort, pendant une période de cinq ans, de 1866 à 1870.

Pour les 759 de l'asile de Blois, on peut établir le tableau suivant donnant d'une part la durée de la maladie avant l'admission, et d'autre part le nombre de guérisons :

Nombre Durée avant l'admission. Entrées. de guérisons.

Moins de 3 mois 226 161

De 3 mois à 1 in 106 30

1 an et au-dessus 210 24

Durée inconnue 136 48

Affection congénitale 61 »

Totaux 759 286

Le tableau précédent prouve de la manière la plus évidente combien l'isolement provoque à une époque voisine du début de la folie augmente les chances de curabilité. En effet, les 2/3 des aliénés qui ont été amenés à l'asile de Blois, d;ms les trois premiers mois de leur affection, ont, guéri.

Les chiffres fournis par M. Lasserre pour les asiles de Bordeaux et de Niort confirment les précédents; ils apportent des preuves non moins concluantes à l'appui de la thèse, soutenue par tous les médecins, que les chances de curabilité diminuent dans la même proportion, à mesure que l'on s'éloigne du début de la maladie ; nous les publions dans les deux tableaux suivants ;

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