L. Hn
JUSQUIAME (botanique). 715
JL'SQUIAME [Hyoscianuis T.). ^ I. Botaniquic. Getiœ de Solanacées, qui a donné son nom à la série des llyosciamées. On peut prendre pour type du genre la J. noire [H. nigerL.), la plus usitée de toutes en médecine. Ses fleurs, presque régulières, ont un calice gamosépale, tubuleux, supérieurement un peu dilaté et siibcampanulé, découpé sur ses bords en cinq larges dents triangulaires, un peu inégales, légèrement imbriquées dans îe très-jeune bouton, mais cessant de bonne heure de se toucher. La surface extérieure de ce calice herbacé est couverte de poils blancs et mous; il s'accroît et persiste autour du fruit. La corolle est un peu irrégulière, obliquement infundibuliforme, à tube un peu arqué et à limbe irrégulièrement dilaté en 5 lobes, dont deux un peu plus petits et plus profondément séparés l'un de l'autre que des trois lobes plus grands. Tous sont obtus, imbriqués dans le bouton, un peu réfléchis dans l'anthèse. Leur couleur est d'un jaune pide et terne, très-élégamment veiné-réticulé de pourpre violacé, et le tube de la corolle est uniformément de celte même couleur violacée trèsintense, sauf au-dessous de l'insertion des étamines où sa couleur est Itlancbàtre. Les 5 étamines sont alternipétales et insérées tout près de la base du tube de la corolle; leur lilet, hérissé de poils blancs, demeure dans sa partie inférieure adhérent à ce tube. Plus haut, il est graduellement atténué, un peu arqué et surmonté d'une anthère allongée, violette, introrse, déliiscentc par deux fentes longitudinales, indiquées d'abord par des lignes blanchâtres. Le pollen est blanc. Le filet s'insère en bas du dos de l'anthère vers le tiers inférieur de sa hauteur, et les loges sont indépendantes au-dessous du point d'insertion. Ces 5 étamines sont d'ailleurs un peu inégales, et c'est la plus courte qui répond à la fente la |)lus profonde de la corolle. L'ovaire lilire, ovoïde, verdàtrc, glabre, est surmonté d'un style grêle, un peu arqué, un peu plus long que les étamines, à sommet stigmatifère exsert, renflé transversalement, ellipsoïde, séparé en deux parties par un sillon transversal peu accentué. La cloison de séparation des deux loges ovariennes porte un gros placenta toutchnrgé d'ovules anatropes. Le fruit est entouré du calice en forme de sac globuleux à la base, puis prolongé en un tube légèrement infundibuliforme, à orilice oblique et inégalement quinquédenté, finalement sec et rigide. C'est une pyxide lisse et gibbeuse à sa base, membraneuse inférieurement, plus épaisse et plus dure en haut où se trouve le couvercle elliptique, pourvu d'un petit apicule, et dont la chute laisse voir le sommet de la cloison, les deux loges contenant de nombreuses graines petites, rapprochées sur les placentas spongieux, ovales-arrondies; très-finement réticulées, de couleur grise, avec un embryon très-courbé dans l'albumen charnu.
La Jusquiame noire est une herbe mono- ou dicarpienne, à racines é[ii\isses, cylindro-conique, peu ramifiée, d'un brun pâle à la surface et blanchâtre à l'intérieur ; à tige herbacée, cylindrique, toute chargée, comme les diverses parties de la plante, de poils blanchâtres et mous, et, comme elles, d'une odeur vireuse. Les feuilles sont alternes; les inférieures sont, dans la jeune plante, rapprochées contre le sol en une rosette imbriquée, pétiolée. Quand la tige monte, ces feuilles disparaissent et ne laissent siu- la ba<e que leurs cicatrices. Une reste plus, un peu plus haut, que des feuilles réduites au limbe. Celui-ci est alors largement sessile, ovale-triangulaire, à grandes divisions triangulaires, inégales, molles et plus ou moins ondulées. La nervure médiane est très-large à sa base, et les secondaires peu nombreuses, inégalement espacées, sont, comme elle, pâles, blanchâtres, très-saillantes à la face inférieure ; irrégulièrement ramifiées quelquefois dès leur base. Supérieurement la tige est ramifiée ; les branches
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courtes portent aussi des fleurs sessiles, qui dégénèrent graduellement en I)ractées, et les fleurs terminent ces axes, disposées en une cyme unipare-scorpioïde foliée, courte et contractée au dél)ut, s'allongeant plus tard, lors de la fructification, de telle façon que les fruits sont espacés, situés chacun sur le côté de l'aisselle d'une branche foliacée (dimensions : tige, de 50 centimètres à 1 mètre; racine, 40 cent, environ; feuilles 15-20 cent. ; calice, 1 1/4 cent, environ; corolle, 2 1/2 cent. ; gynécée, 5 cent.; fruit, 1 1/2 cent. ; calice fructifère, 2 cent, et plus).
Celte plante est commune dans toute l'Europe, sauf dans son extrême nord. Elle abonde également dans la région méditerranéenne, en Orient, et elle a été depuis longtemps introduite en Amérique. Elle croît surtout chez nous dans les terrains sablonneux, sur le bord des chemins, dans les décombres. On la cultive dans nos jardins et parfois en grand, dans les champs, pour l'usage médical. Toutes ces parties ont une odeur vireuse et fétide. Elles renferment, notamment les feuilles et les .semences, de l'hyoscyamine (C'^H-^AzO"), dont les graines contiennent 0,05 pour 100. Elles contiennent aussi de l'huile, et les feuilles sont riches en azotate de potasse (Atlield).
On a parfois substitué à 1'//. nicjer VIL agrentis Kit., qui en est une forme humble et annuelle; 1'//. palUdits Kit., qui en est une variété à corolle d'un jaune pâle, non veinée; VH. albusL., espèce annuelle et petite, à feuilles ovales, velues, et à fleurs d'un blanc jaunâtre, peu irrégulières; VH. aureus L., espèce bisannuelle, à feuilles pétiolées, presque glabres, à fleurs jaunes. Dans l'Inde, VH. inmniis Stocks, plante très-vénéneuse, originaire du Béloutchistan, est parfois employé comme antiasthmatique, de la même façon que chez nous les Datura.
UHyoscyamus midicus L. est le Scopolia mutica Don.
VIL physaloldes L. est le Physochlœna physaîoides G. Dox.
VH. Scopolia L. est le ScopoUna atrapoides Schult. H. Bn.
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§ II. Emploi médical. La jusquiame noire, préférée à la jusquiame blanche, qui possède les mêmes propriétés, possède une ancienne réputation thérapeutique qui l'a fait prescrire dans tous les pays, sous le nom de Bilsenkraut en allemand, Henbane en anglais, Beleno en espagnol et Giusquiamo en italien. C'était la fève des porcs, chez les Grecs, yocîiOapç, de ûo-, ûôiT, porc, et /.xixuoq, fève. Dans l'ancienne médecine, Dioscoride la prescrivait contre les maladies d'oreilles; il rappelle que les Gaulois lui donnaient le nom de Bilinountia, d'oià lui vient celui de Henbane et Belesse, chez les Anglo-Saxons. Hildens, Hamnus, Plater, Fortis, Craton, l'ordonnaient contre l'hémoptysie et les hémorrhagies ; Michea, dans les maladies mentales; Bresting, contre les névralgies; Tournefort et Hufeland, comme résolutif, et d'autres plus tard avec Macer Floridus sous celui de Jusquiamus. L'Arbolayre, herbier français du quinzième siècle, décrit la plante sous le nom de cassilago, la semence sous celui de hanebane ou jusquiame, et la préconise contre le rhumatisme et la
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goutte. En 681, Benedictus Crispus la recommandait sous le nom de Symphoniaca. Elle a eu aussi ses détracteurs, comme le fait remarquer Bazin, mais leurs critiques, d'après l'auteur du Traité des plantes médiciyiales indigènes, ne sont pas justifiées.
Matière médicale. Compositio-v chimique. Toute^s les parties de la plante, feuilles, racines et graines, sont actives; néanmoins la pliarmacie utilise seulement les feuilles et les semences, qui possèdent une odeur acre, surtout quand elles sont fraîches.
Brandes le premier en analysa les semences et y trouva les principes immédiats suivants : une huile grasse, une résine, delà cire,dumalate d'hyoscyamine, de chaux et de magnésie, de la potasse, de l'ammoniaque, des sels métalliques, de l'amidon, etc., etc. L'hyoscyamine fut étudiée par Rungis et d'autres, qui reconnurent son dédoublement en hyoscine et acide hyoscyamique [voy. IIyosciamike). Notons aussi que Buckheim en relira un autre corps auquel il donna le nom de sikeraninc.
Enfin, par la distillation de ses graines, Morris retira une huile empyreumatique, l'huile de jusquiame.
11. Propriétés physiologiques et action toxique. Elles sont empruntées en partie à celles de l'hyoscyamine et de l'hyoscinc. Néanmoins Schroff a étudié en 1855 {Wochenhlatt der Zeit. der le. k. Gesselischaft der Aerzte zu Wien) son action sur Thomme en état de santé. A doses faibles, il constata le ralentissement du pouls; à fortes doses, sa diminution, mais cette diminution passagère était suivie de son accélération, phénomènes dont on ne saurait méconnaître l'analogie avec ceux de la belladone. En même temps il existait de la tendance au sommeil, de la pesanteur de tète, de la sécheresse buccale et de la faiblesse musculaire. A doses moyennes, la jusquiame produisait la mydriase et l'hypnose.
A doses plus grandes, ces troubles nerveux s'accentuent : on observe de l'assoupissement et du sommeil. Puis, en élevant encore les doses, ce sommeil devient profond et comateux. Il survient de la céphalalgie, de la rougeur de la lace, des vertiges, des étourdissements et un délire avec rêves pénibles. Les fonctions sensorielles sont troublées, la vision s'affaiblit, l'olfaction diminue et la voix devient rauque.
L'ingestion de la jusquiame à doses élevées provoque aussi des troubles gmtro-inte^iinaux, de la soif et de l'état nauséeux, puis, d'après Fouquier. à une période plus avancée, des coliques et des effets purgatifs.
Sous l'influence des doses toxiques les troubles neiveux s'accentuent, et l'on observe des hallucinations violentes, l'obnubilation de la vue, un délire maniaque, des convulsions dans les membres et hnalement la paralysie. La mort peut survenir alors dans le coma.
On a comparé les effets de la jusquiame à ceux de la belladone. L'une et l'autre, en effet, provoquent une hypnose faible, du délire, de la mydriase, de la presbyopie, des hallucinations, de la sécheresse des muqueuses et des troubles cardio-vasculaires. D'autre part, autre analogie, les herbivores possèdent une même immunité h l'égard de ces deux plantes vireuses. Enfin, troisième analogie, on peut mettre en parallèle les propriétés physiques et chimiques de l'a'tropine avec celles de l'hyoscyamine et conclure que, si la première est plus sédative, la seconde possède une action plus somnifère, et par ses vertus vasculaires peut être comparée à la digitale [voy. Hyoscyamine).
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Les empoisonnements par la jusquiame se traduisent donc par des i>liénomènes comparables à ceux de l'empoisonnement par la belladone. Au début, le malade éprouve de lu sécheresse buccale, des nausées et des vomissements; c'est la période des troubles gastriques. Puis la Tace se congestionne, la vue se trouble, on constate la mydriase; les troublts oculaires caractérisent cette période. La respiration s'accélère, il existe du vertige, de la tendance au sommeil, des tremblements, du délire, en un mot, à cette période, les troubles nerveux dominent. Finalement, les extrémités se refroidissent et le malade succombe dans le coma et la stupeur.
Orfila, qui a étudié expérimentalement ces phénomènes toxiques, remarquait l'absence de lésions inflammatoires du tube digestif chez les animaux auxquels il administrait l'extrait de jusquiame. Par contre, Flourens avait cru reconnaître des suffusions sanguines à la surface du cerveau et comparait celte lésion aux hémorrhagies des centres nerveux que l'on observe dans les empoisonnements par l'opium.
Les accidents toxiques sont rares d'ailleurs, selon la remarque de Cazin, après l'emploi de l'extrait ou de la décoction de jusquiame. Ils sont plus fréquents, comme il en existe des exemples, par l'ingestion des parties vertes sous la forme de salades. Cet observateur rapporte l'empoisonnement de cinq personnes, dont deux succombèrent pour avoir mangé par erreur des feuilles de jusquiame qu'elles avaient confondues avec des herbes sauvages. Ajoutons que Boeiliaave et d'autres admettaient la toxicité des émanations de cette plante et qu'on a cité des exemples assez nombreux d'accidents provoqués par son usage sous la forme de topique.
m. Substances antagomstes et synergiques. D'après ces propriétés physiologi(jues, il est inutile d'insister pour remarquer que la belladone et le datura sont les auxiliaires et, dans une certaine mesure, les succédanés de la jusquiame noire ou blanche. Le café, le thé, sont les agents antagonistes delà jusquiame.
IV. Applicatio>s THÉR,\PEUTinuEs. Ce végétal a été et est encore employé comme sédatif, antispasmodique, narcotique et analgésique. De plus, on lui attribuait dans l'ancienne médecine des propriétés résolutives.
Comme sédatif, on l'a employé contre Vépilepsie (Frank, Gilibert), le tétanos et les convulsions. C'est surtout Storck qui, au siècle dernier, et, après lui, Muller, Folhergill, Colin, etc., conseillèrent la jusquiame à la dose quotidienne de 95 centigrammes à 1 gramme et 1 gramme 1/2. Hufeland la préférait à l'opium pour combattre l'éclampsie ou la toux convulsive et Amslrong la prescrivait contre la coqueluche.
Comme atialgésique, Stoltz l'employait pour calmer les coliques saturnines et les névralgies. Chailly, Bardin, Meylin [Journal de Leroux, t. XX à XXXY) et surtout Breiting (d'Augsbourg [Journal de Hufeland, t. XXV]), obtenaient des succès en administrant l'extrait de ce végétal contre ces dernières, mais à la condition de le prescrire à doses élevées. D'autres, avec Trousseau et Pidoux, en recommandaient l'usage à l'extérieur, tandis que Barbier en proposait l'introduction dans l'organisme par la voie sous-cutanée. C'est ainsi encore que l'on conseillait les cataplasmes de feuilles de digitale sur la tête pour soulager la céphalalgie, que Cazin a fait usage de ce topique sur l'abdomen contre les cystites douloureuses, et qu'on a combattu l'odontalgie avec l'huile de jusquiame ^t, — remède de réputation populaire, — par les inhalations de la fumée des
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semences de jusquiame, projetées sur des charbons ardents (Cazin). C'est sans nul doute à ces vertus sédatives que faisaient appel les observateurs qui prescrivaient la jusquiame contre le rhumatisme aigu et la blennorrhagie, en remplacement de l'opium (Delioux, Magendie).
Les propriétés hypnotiques auxquelles elle doit en partie sa renommée thérapeutique ont été de tout temps utilisées pour calmer la surexcitation nerveuse et produire le sommeil. Chez les aliénés Michéa employait dans ce but l'extrait de la plante fraîche. Enfin Winter et Cazin en ont obtenu des succès contre le delirium tremens, en substituant celle préparation à l'opium. Pour ce motif, des observateurs enthousiastes de la jusquiame la désignaient sous le nom (\''anlimaniaque.
Comme résolutive et anlicongeslive la jusquiame a eu naguère ses heures de succès. Storck et Caizergues la prescrivaient contre l'hémoptysie, Plater et Forestier contre les hémorrhoïdes, d'autres contre les adénites slrumeuses et les arthrites chroniques, Tournefort contre les engelures, Hufeland contre la phlegmasia alba dolens, P>enaud et Labrousse contre la goutte articulaire, Claudius contre la dysenterie, dans un temps où cette affection passait pour une simple inflammation, et Cazin contre l'orchite blennorrhagique. C'était à litre de succédané de la belladone.
Comme antispasmodique, Triboulet la proposait contre la laryngite stridulcuse, Thompson pour modérer la toux des phthisiques, d'autres contre le spasme vésical et anal et Chomel pour faciliter la réduction des liernies.
Ses vertus mydriatiques l'ont fait employer dans le traitement des affections oculaires, la cataracte au début, l'iritis et les ophthalmies. Il est vrai qu'à cette époque on n'utilisait pas les propriétés mydriatiques de la belladone et de son principal alcaloïde, et que l'on ignorait l'analogie physiologique de l'hyoscyamine avec cet alcaloïde.
Au demeurant, les applications thérapeutiques de la jusquiame sont aujourd'hui restreintes; on lui préfère avec raison l'hyoscyamine; le seul avantage qu'elle présente, c'est sa substitution à l'opium comme hypnotique, en raison de l'absence de constipation et de troubles gastriques par son emploi. Cet avantage sio^nalé par Hufeland est appréciable dans la médecine infantile et dans le cours des affections congestives des centres nerveux.
V. Modes D'ADMimsTRAxioN et posologie. On prescrit à l'intérieur les feuilles et les semences de jusquiame, mais il convient de remarquer l'inégale activité des uns et des autres de ces organes. A l'extérieur on fait en outre usage de
l'huile de jusquiame.
La poudre des feuilles ae jusquiame, peu employée d'ailleurs, se prescrit aux doses de 10 à 50 centigrammes, en pilules ou bien en cachets.
Vinfusion s'obtient avec 2 à 4 grammes de feuilles sèches pour 1000 grammes
d'eau.
Vextrait alcoolique de semences doit se prescrire à une dose plus faible, 3 à 10 centigrammes par jour. 11 ne faut pas le confondre avec Vextrait aqueux que l'on administre à raison de 1 à 15 centigrammes.
La teinture alcoolique de feuilles sèches de jusquiame au cinquième se véhicule dans des potions à la dose de 10 à 50 gouttes. Elle diffère de la teinture alcoolique de feuilles fraîches au -dixième, qui est plus active, et de la teinture éthérée que l'on obtenait avec 1 gramme de feuilles pour 6 d'éther et qui, plus active encore, se prescrivait à raison de 5 à 10 gouttes.
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Le sirop de feuilles de jmqidame du Codex contient par cuillerée à Louche ls'-,oO de teinture alcoolique, quantité correspondante à 26 grammes de poudre de feuilles sèches. On a préparé aussi un sirop d'extrait de semences de jusquiame contenant 1 partie d'extrait pour 575 parties d'eau et de sirop de sucre. On prescrit ces sirops à la dose quotidienne de 5 à 20 grammes que l'on véhicule dans des potions.
La jusquiame entre dans la composition do nombreuses masses pilulaires : les pilules de Green, contenant 5 centigrammes d'extrait de jusquiame et 3 centigrammes d'oxyde de zinc; lespilules deMéglin, renfermant parties égales d'extrait de jusquiame, d'extrait de valériane et d'oxyde de zinc; les pihdes d'OErsllen, composées chacune de 2 centigrammes 1/2 d'extrait et de poudre de jusquiame et 12 milligrammes 1/2 de poudre de digitale; enfin, lespilules de jusquiame et de ciguë, contenant chacune 5 centigrammes d'extrait de jusquiame et 3 centigrammes d'extrait de ciguè.
A l'extérieur, la décoction de 20 à 30 grammes de feuilles sèches pour 1000 grammes, et les cataplasmes avec 50 grammes de feuilles sèches, ont été utilisés par la médecine populaire.
Les pommades à la jusquiame se préparent avec l'extrait et le savon de jusquiame avec la teinture alcoolique (3 parties pour 1 partie de savon).
Les liniments à la jusquiame sont nombreux. On les obtient en mélangeant soit l'extrait avec la glycérine, soit l'huile de jusquiame avec le chloroforme, et en complétant l'action sédative par l'adjonction des extraits d'opium ou de belladone.
On prépare un emplâtre de jusquiame contenant 9 grammes d'extrait de ce végétal pour 1 gramme de résine de pin et 2 grammes d'emplâtre de diachylon. Uemplâtre de jusquiame opiacé s'obtient en additionnant 20 grammes de l'emplâtre précédent avec 2 grammes d'extrait d'opium.
h'unguent populeum contient parties égales de feuilles de jusquiame, de pavot, de morelle et de belladone. Additionné de 5 grammes de tannin et de 5 grammes de jusquiame pour 40 grammes de son poids, il constitue l'onguent antihémonlioïdal.
Dans la pommade antirhumatismale de Guéneau de Mussy l'extrait de jusquiame est associé à ceux d'opium, de belladone et de ciguë et dans la pommade calmante de Ricord à l'onguent napolitain.
Les suppositoires à la jusquiame conùennenl 7 à 10 centigrammes d'extrait pour 5 à 5 grammes de beurre de cacao. Le suppositoire calmant de Ueliquet contient en plus de l'opium, et le suppositoire fondant de Stafford de l'iodure de potassium et de l'extrait de ciguë.
L'eau brune de Warlomont s'obtient en faisant dissoudre 5 grammes d'extrait de jusquiame et 10 grammes de borate de soude dans 180 grammes de décoction d'althœa. C'est une eau ophlhalmique. La lotion calmante à la glycérine contient, d'après M. Yvon, 10 grammes d'extrait de jusquiame pour 50 grammes de glycérine et 450 grammes d'eau pure. Enfin on prépare une lotion narcotique par l'ébullition dans 1 litre d'eau et par parties égales de 5 grammes de feuilles de jusquiame, de morelle, de belladone et de douceamère.
La racine fraîche et le suc de jusquiame ont été employés dans la médecine populaire et possèdent, d'après Cazin, des vertus très-énergiques. Enfin ajoutons que la jusquiame entre dans la composition de nombreuses préparations
JUSTIGIA. m
de iv|r)!,)!ioa vulgaire, telles que le baume tranquille et les pilules de cyuoglosse. Ch. Éloy.
JUSSIEC (Les de). Famille de naturalistes français, parmi lesquels :
Jussien (Antoine de). Né à Lyon en 1686, mort à Paris le 12 avril 1738. 11 étudia la médecine à Montpellier et succéda à Tournefort, à Paris, en 1708. Il sullit aux exigences d'une clientèle très-étendue et à celles que lui imposait la direction du Jardin des Plantes. Il entra avant Tàgc de trente ans à l'Académie des sciences.
Antoine de Jussieu publia une nouvelle édition des Institutions de Tournefort, un éloge de Fagon (1718), l'ouvrage posthume de Barrelier sur les plantes de la France, de l'Espagne et de l'Italie (1714), et un grand nombre de mémoires. L. IL\.
Ju»is!eu (Bernard de). Frère du précèdent, né à Lyon en 1699, mort à Paris le 6 novembre 1777. Reçu docteur à Montpellier en 1720, puisa Paris en 1726, il succéda a S. Vaillant dans les fonctions de démonstrateur de botanique ?u Jardin du Roi en 1722, publia en 1725 une édition nouvelle de Vllisl. des plantes des environs de Paris de Tournefort, et entra à l'Académie des sciences la même année. Il publia une foule de mémoires sur la botani(jue et la zoologie. Bans un petit manuscrit, il a posé le premier les fondements de la Méthode naturelle de clussilication des plantes, établie plus tard par son neveu, A.-L. de Jussieu. C'est Bernard de Jussieu qui a planté le fameux cèdre du Jardin des plantes. L. Hx.
Jussieu (Aisïoine-Laurent de). Neveu du précédent, né àLyonenavril 17 i8, mort en 1856. Il fut appelé en 1770 à professer au Jardin du Roi comme démonstrateur de botanique. Dès l'année 1773, il exposait à l'Académie des sciences les principes de la classification naturelle; il publia plus tard l'exposé complet de la méthode : Gênera plantarum secundum ovdiaes naturales disposita, JHxta methodum in liorlo Recjio parisiensi exaratam, anno 1774 (Paris, 1789).
Au moment de la Révolution, A.-L. de Jussieu fut ch;irgé de l'administration des hôpitaux de Paris, puis en 1793 chargé de choisir dans les bibliothèques des communautés religieuses les livres scientifiques au moyen desquels on fonda nos établissements publics. En 1808, il fut nommé membre du conseil de l'Université. Un des titres de gloire de A.-L. de Jussieu, c'est l'organisation du Muséum effectuée par lui en 1790. L. Hx.
Jussieu (Adrien de). Fils du précédent, né à Paris le 23 décembre 1797, mort dans la même ville \-i 29 juin 1853. Reçu docteur en médecine en 1824, il se consacra à la botanique, et en 1826 fut nommé au Muséum professeur de' botanique rurale. Il fut appelé en 1845 à la Faculté des sciences comme professeur d'oro^anoi-raphie végétale. Il a publié un grand nombre de mémoires sur la botanique, vrais modèles du genre, et un Cours élémentaire de botanique, qui a été traduit dans toutes les langues de l'Europe. L. H.\.
JUSTICIA {Justicia L.). Genre de plantes de la famille des Acanthacées, qui a donné son nom au groupe des Justiciées.
DICT. ENC. i' s. XVI. ^6