FIN DE LA LETTRE J
K4BVLES. Voij. Beubères et Algérie, p. 790.
KAEMFÉRIDE OU KAe:»IFÉRIi\IE. Substance cristallisée, extraite de la racine de Galanga qu'on épuise par l'élher; on fait ensuite évaporer à la température ordinaire la solution alcoolique du résidu. La kaemleride est en feudlets nacrés, jaunâtres, insipides, presque insolubles dans l'eau, peu solubles dans l'alcool et l'élher, solubles dans les acides et les alcalis; elle fond audessus de 100 degrés. L. Hn.
KAFiRS. Voy. Asie, p. 535.
KAGOL'. Le Kagou (Rhinochetiis jubatus Yerr. et Dos M.) est un oiseau propre de la Nouvelle-Calédonie qui, par ses formes extérieures, ressemble aux Hérons, mais qui, par la conformation de son squelette, manifeste des affinités incontestables avec les Grues {voy. ce mot), avec les Agamis ou Oiseaux-trompettes {Psophia) et avec les Causales ou Petits paons des roses (Heliornis) de l'Amérique du Sud. A l'âge adulte, cet Échassier atteint presque la taille d'un Héron butor {voy. le mot Héron), mais a des formes moins massives. Son bec, assez long et légèrement recourbé, est d'un rouge vif, de même que les pattes, qui sont allongées et se terminent par des doigts assez robustes et munis d'ongles crochus ; sa tète paraît plus grosse qu'elle ne l'est en réalité, grâce au développement des plumes de l'occiput qui, dans l'état ordinaire, retombent en arrière, mais qui peuvent se redresser à la volonté de l'oiseau de manière à former une huppe; ces plumes, de même que celles qui revêtent la majeure partie du corps, offrent, pendant la vie, une belle couleur grise, tirant au blanchâtre, mais prennent après la mort des tons jaunâtres, en même temps que le bec et les pattes se décolorent. La queue est développée et les ailes sont courtes et arrondies, avec les grands pennes ornées de raies en zigzags et de bandes transversales brunes et noires, se détachant sur un fond blanc.
Cette espèce, qui est confinée dans la Nouvelle-Calédonie, paraît, en raison même de son habitat insulaire et de l'imperfection de ses organes de vol, destinée à disparaître bientôt de la surface du globe, si l'homme ne la prend sous sa protection. Déjà les Kagous ne s'approchent plus comme autrefois familièrement des ouvriers occupés aux défrichements pour saisir les insectes et les
724 KAJ-MEUOU.
larves que les coups de pioclie niellaient à découvert, et l'on n'entend plus retentir dans le voisinage des habitations leur cri semblable à l'aboiement d'un chien. Us se sont retirés dans la brousse où ils se nourrissent de grandes Sauterelles et de larves et de nymphes de Capricornes, mais là encore ils sont en butte aux poursuites des indigènes qui les tiennent, non sans raison, pour uu excellent gibier.
Comme beaucoup de Kàles les Kagous ont liorreur du rouge et sont d'humeur querelleuse. On a pu s'en assurer en étudiant quelques individus de celte espèce qui ont vécu, il y a quelques années, au Jardin des Plantes et au Jardin zoologiquc de Londres. E. Oostalet.
BiELioGiiAi'iiiK. — Yeheaux (.1.) et DES Miins (P.-O.). Rev. et wag. de zooL, 1800, p. 440 et pi 'il. — lÎKNViir ((;.). Pioccd. Zool. Soc. Londun, 18(j!2, p. 84, 107. — Bartlett (A.-D.). Ibid., p. 218 L't pi. 30. E. 0.
MAÏ-MEUOU. Sous ce nom, dans l'Annam, et sous celui de tamanou ou ])ilt, en Ucéanie, on entend la résine de Tacahamaque de Guttifères fournie spécialement par Calophi/llinn hwplujUum L. C'est un grand et bel arbre, dont l'aire d'extension est beaucoup plus considérable que celle des autres espèces connues de même genre. 11 croît spontanément sur tous les rivages maritimes de la région indo-océanique, depuis les Indes Orientales et Madagascar, d'une part, jusqu'en Nouvelle-Calédonie et Tahiti, de l'autre. Comme les CalophtjUum Calaha Jacq (des Antilles), C. Mariœ Planclion et Triana (de lu Nouvelle-Grenade) et C. lacahamaca Wild. (de la lléunion et Madagascar], il donne par incision de sou tronc et de ses rameaux une matière oléorésineuse. Celte substance, connue sous la dénomination défectueuse de tacahamaque orientale, se retrouve dans les cotylédons de la graine où elle est mélangée à une huile spéciale. Cette huile et cette résine ont été l'objet d'un travail que j"ai fait en commun avec M. Schlagdenhauiben {Journal de thérapeutique, 1876), et dont je donne ici le résumé botanique, chimique et thérapeutique. — Mal décrite jusqu'ici par les auteurs allemands qui la nomment tacahamaque des Indes Orientales, celte résine est d'un vert foncé, en masses à éclat vitreux, non transparentes, formées de larmes agglutinées, à odeur d'angelique et à. saveur très-lcgèrement amère. Celte résine est le latex (du végétal), qui de blanc passe au vert par oxydation. Les vaisseaux laticifères qui le contiennent augmen- Icnt d'autant plus leur diamètre qu'ils sont situés plus profondément : c'est dans l'écorce moyenne toutefois que sont placés les plus volumineux. Cette résine existe également dans de larges lacunes laticifères qui régnent dans toute l'étendue des cotylédons dont la graine est entièrement formée; c'est par elle que l'huile renfermée dans la masse parenchymateuse du tissu cotylédonaire se trouve colorée en vert : c'est l'huile de kai-meuou ou huile de tamanou qui est contenue dans les graines sous la proportion de 40 pour 100 environ. Cette huile renferme : corps gras, 9,55; résine de tamanou, 0,52. Elle est très-épaisse, grumeleuse à la partie inférieure du vase qui la contient et d'une couleur d'huile de jusquiame; elle ne contient pas de chlorophylle; elle est soluble en toute proportion dans ïéther, le chloroforme, la benzine et ïamylène.
La résine est un mélange d'huile essentielle et d'une matière résineuse. Cette essence distille entre 120 et 155 degrés, elle est entièrement limpide et d'une odeur agréable particulière rappelant celle des Aurantiacées. Sa densité est de
KAKODYLE. 725
0,83, elle est très-faiblement soluble dans l'eau à laquelle elle communique son parfum. L'acide nitrique l'attaque énergiquement, l'acide sulfurique concentré la colore d'abord en jaune, puis en rouge. L'iode s'y dissout lentement; le potassium y dégage de l'hydrogène.
Quant à la résine, sa principale propriété est après solution alcoolique de ne colorer en bleu intense sous l'influence des perseU de fer. Cette coloration se manifeste toujours après évaporalion des liqueurs et, reprise par l'alcool ou le sulfure de carbone, l'alcool méthylique et amyliquc, ou le chloroforme.
Emploi thérapeuti(jue. Résine. La résine est employée en nature par les Annamites pour guérir les ulcères atoniques auxquels ils sont très-sujets. Loureiro {Flora Cochenchinensis) indique le fait ainsi ;: « Valet in curatione « \uliierum, quse non admodum cilô consolidât, sed prœvalet in prœcavendà « indammalione et putrednie «. Employée en solution alcoolique, elle est trèsexcitante des plaies atoniques et hâte sûrement leur cicatrisation.
Pour ce qui est de l'usage interne, contrairement à ce (jui a été avancé (Decaisne et Le Maout, Cauvet), elle n'est pas purgative, mais elle est émétique siu-ement. Cependant, bouillie dans l'eau, elle donne une décoction très-aromatique avec laquelle on peut obtenir un sirop qui a des propriétés réellement anticatanhales (bronchites, bronchoirhée, etc.), même très-précieuses.
Quant à l'huile de Kaï-Meuou, elle a été utilisée contre certaines affections de la peau avec succès, et on en a même fait un cérat qui a donné des résultats avantageux dans le traitement des plaies de mauvaise nature.
Edouard Heckel.
KAIOR (Ver de). Voij. Ver.
KAHODTLE. [CnPAs]'= [(CIP)-As]', et à l'état de liberté [As(GH )^]% Radical composé (arséniure de diméthyle), isolé par Dunseii, et qu'on ne connaissait avant lui qu'à l'étal d'oxyde sous le nom de liijueur fumante de Cadet ou à'alcarsine. On l'obtient par distillation de l'acétate de potassium desséché avec de l'acide arsénieux, puis on traite par l'acide chlorhydriquc concentré qui s'empare du caeodyle, on soumet ce composé à l'action du zinc en tournure dans une atmosphère d'acide carbonique, enfin, on extrait le chlorure de zinc au moyen de l'eau et il reste du caeodyle pur.
C'est un liquide incolore, visqueux, d'une odeur nauséabonde, presque insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, l'éther et l'acide sulfurique; il se solidifie à — 7 degrés en cristallisant, et bout à 170 degrés; il fume au contact de l'air et s'enflamme; ses vapeurs sont vénéneuses; il s'unit au chlore, au brome, à l'iode, au soufre, à l'oxygène, etc., et se comporte comme un métal.
L'oxyde de kakodijle, [(CII^)-As'l-O, s'obtient soit par oxydation directe du kakodyle, soit eu calcinant de l'acétate de sodium ou de potassium avec de l'acide arsénieux. C'est un liquide volatil, spontanément inflammable, d'une odeur désagréable; sa densité est de 1,-iG; il se solidifie à — 'J5 degrés, bout vers 150 degrés. Quand l'oxydation est poussée plus loin, il se forme de l'acide kakodylique, As(CH^)2II0^ Cet acide prend naissance en particulier quand l'oxyde de kakodyle est maintenu sous l'eau à l'air libre. Il est cristallisable, soluble dans l'eau, inodore et insipide, non vénéneux, ot forme des sels cristallins.
72G KALTBÂD (Eau minérme de).
On connaît des chlorure, hromure^ iodure, cyanure, sulfure, etc., de kako^ dijle, la plupart liquides. L. H>.
KALAiVCUOE {Kalanchoc Adans). Genre de i»lante de la famille des Crassulacées, voisin des Cotylédon [voy. Cotylet), dont il diffère par les fleurs télranières, à sépales libres et à corolle tubuleuse, hypocratérimorphe, souvent renfle'e à la base.
Les Kalanchoe sont des herbes on des sous-arbrisseaux, à feuilles opposées et à fleurs disposées en grappes de cymes. Les espèces les plus importantes au point de vue médical sont le A', laciniata DG {Cotylédon laciniatus L.) et le A', brasiliensis Cambess (Cotylédon brasilica Velloz.). Les feuilles du prenner sont employées topiquement, dans l'Inde et à Bourbon, dans le traitement des ulcères. Celles du second sont préconisées, au Brésil, comme vulnéraires. Ed. Lef.
liALliiii (L.). Genre d'Ericacécs-Rhododendrées, à fleurs régulières; la corolle largement campauulée ou subliypocratérimorphe. Son tube porte dix fossettes, c'est-à-dire autant que d'étamines, et ces dernières, appartenant à deux veiticilles, ont leurs anthères mutiques d'abord retenues cliacune dans une de ces fossettes de la corolle, jusqu'au momeiit où les hlels acquis se redressent avec élasticité et dégagent d'un mouvement brusque les anthères qui lancent alors vivement leur pollen. Le gynécée supère est accompagné d'un disque hypogyne à 10 lobes courts et obtus. Il est à cinq loges mulliovulées, et le fruit est une capsule obtusément lobée, 3-valve, seplicide, avec de nombreuses graines pourvues d'un albumen charnu. Les Kahnia sont des arbustes de l'Aniciique du A'ord et des Antilles, à feuilles opposées ou alternes, souvent persistantes; à fleurs élégantes, disposées souvent en cymes composées corymbiformes. On cultive chez nous ces plantes comme ornementales. Elles sont vénéneuses, à la façon de plusieurs autres Rliododendrées. Le A'. latifoUa L. nuit à l'homme et aux animaux (Bigelow). Ses feuilles sont usitées, en décoction et on poudre, contre la gale, la teigne; on les prescrit à l'intérieur comme antidartreuses et antisypliilitiques. On les dit narcotiques. La poussière brune qui les recouvre en partie est usitée aux Etats-Unis comme sternutatoire. Les Indiens emploient aussi ces plantes comme astringentes, notamment les A. hirsuta \\a.lt., angustifoUa L., glauca Ait., rosmarinifolia Pcrsh, cuneata Mieux. On dit qu'en hiver les oiseaux qui mangent leurs fruits sont empoisonnés. Dans les A", angustifolia et hirsuta, l'épais disque hypogyne sécrète un nectar abondant, mielleux, qui est, dit-on, vénéneux, de sorte qu'en somme les propriétés de ces plantes sont celles des Rhododendron et des Azalées. il. BiX.
BiDLioGRAPiiiE. — L., Gen., n. 545. — DC, Prodr., VU, 729. — Enpl., Gen.; n. 4359. —
G.ERT.\. Fruct., t. 65. — Lamk, llluslr., t. 503. — Spacii, Suites à Buffon, t. 159. — Bemh.
HooK, F, Gen., 11,596. — Mér. et de L., Dict. mat. méd., III, 705. — RosEym., Syn.
nt. diaphor., 520.^— II. Cs, Tr. Bot. tnéd. phanér., 437, 438, fig. 1056, 1057. H. il.v.
KALUOL'IiS. Yoy. Sibérie et Tartarie.
UALTitAD (Eau minérale, hydrothérapie et cure de petit-lait). Athermaie, a}nétallite, non gazeuse (ligne de Paris à Bàle et à Lucerne, bateau à vapeur qui traverse le lac des Qualre-Cuntons, puis chemin de fer du Pvighi). En
KAMICHl. 727
Suisse, dans le canton de Lucernc, est une station située sur le Righi, où émerge une source nommée la Fontaine des Sœurs et qui sert en boisson, mais qui est surtout employée dans un petit établissement où se trouvent des baignoires et des appareils variés pour l'administration des douches. On vient chercher aussi dans cette maison de bains le petit-lait préparé tous les matins par les bergers, dont les troupeaux de vaches, de brebis et de chèvres, paissent les herbes aromatiques qui croissent dans les pâturages de la montagne. Ce poste était naguère surtout fréquenté par les touristes nombreux qui viennent en été jouir de la vue splendide que l'on a du Righi. Son air pur et si facilement renouvelé y attire maintenant des plilhisiques de tous les pays. L'établissement de bain cl d'hydrothérapie de Kallbad avait une grande réputation chez les rhumatisants et chez ceux qui souffraient des suites de fièvres intermittentes. Les poitrinaires ne se baignent que dans l'air, et font usage de la cure interne de petit-lait, qui leur redonne de l'appétit et modifie heureusement la diarrhée accompagnant si souvent le second et surtout le troisième degré de la phthisie pulmonaire.
La durée de la cure est d'un tnois en général, mais elle se prolonge pendant toute la belle saison lorsque les malades éprouvent un résultat heureux de leur séjour sur le Righi. A. R.
KAMALrA.. Voy. EcwiAus.
KAMICIII. Le genre Kamichi [Palamedea L.), type de la famille des Palamidéidés. comprend des Échassiers de forte taille, aux formes massives, ressemblant un peu à des Gallinacés et particulièrement à des lloccos et à des Pénélopes par leur corps épais, leur tête petite, leur bec court, crochu à l'extrémité et abrité à la base sous une sorte de cire, et leurs pattes robustes et de hauteur médiocre, dont les doigts antérieurs externe et médius sont rattachés l'un à l'autre par une petite membrane. Toutefois dans leur squelette et même dans quelques-uns de leurs caractères extérieurs les Kamichis manifestent des affinités incontestables avec les Râles, les Poules d'eau et les Agamis. Ainsi leur front est souvent sui-monté d'un appendice corné qui peut être considéré comme le représentant de la plaque frontale des Poules d'eau, leur pouce est armé d'un ongle droit et acéré rappelant l'éperon des Hydrophasianus ou Râles-Chirurgiens et leur tête est revêtue de plumes courtes et veloutées analogues à celles des Agamis. Leur queue, formée de douze pennes, est arrondie légèrement, et leurs ailes amples et obtuses sont munies au poignet d'un double éperon, plus fort que celui des Vanneaux armés.
Les Kamichis ont pour patrie le Brésil, la Guyane et la Colombie, ils se tiennent dans les forêts humides, au bord des cours d'eau, et font leurs nids dans les endroits marécageux. Quoiqu'ils aillent fréquemment à l'eau pour chercher leur nourriture, qui consiste principalement en feuilles et en graines de plantes aquatiques, ils se tiennent le plus souvent perchés sur des arbres, où ils se dissimulent au milieu du feuillage, ne révélant leur présence que par leurs cris retentissants, assez semblables au roucoulement du Ramier.
On ne connaît qu'une seule espèce de ce genre, le Kamichi cornu [Palamedea cornula L.), auquel les Brésiliens donnent le nom d'Aniuma. A l'âge adulte, cet oiseau mesure 80 centimètres de long et porte une livrée d'un brun noirâtre