LACTATION
des contractions spontanées de leurs rôservoirs ou de leurs canaux d'excrétion, le produit des glandes manunaires a besoin pour être évacué d'un agent extérieur étranger exerçant sur le mamelon une succion ou une pression particulière. La sécrûtion du lait ne peut être entretenue qu'à la condition que les mamelles soient lelées ou traites régulièrement. La durée physiologique de la fonction est subordonnée à la durée de l'allaitement ou de l'extraction artificielle du lait : en l'absence de l'un ou de l'autre de ces actes la lactation n'a qu'une durée éphémère. Une autre particularité saillante distingue cette sécrétion de toutes les autres, c'est son existence temporaire et sa périodicité subordonnées i^ la gestation. Les glandes mammaires, considérées avec raison comme des annexes de l'appareil génital destinées à suppléer l'utérus après la naissance, sont associés parla nature de leurs fonctions aux alternatives d'atrophie et d'hy[)ertrophie par lesquelles passe cet organe. Elles réagissent à leur tour sur l'organe gcstateur en prolongeant la suspension de la menstruation tant que la sécrétion du lait est maintenue en pleine activité par l'allaitement.
L'exposition physiologique de la lactation comprend l'étude des transformations que subissent les mamelles, notamment les canaux lactifères et leurs vésicules terminales pendant la gestation, du liquide lactescent qui se produit à leur intérieur et de son mode de formation ; de l'évolution laiteuse qui se manifeste après la parturition et de la constitution définitive du lait, aliment complet approjirié à la nature du nouveau-né ; enfin, de l'ullaitenient dans ses rapiiorts avec la mère et l'enfant. L'étude de ces divers phénomènes et de leur enchaînement a été faite ou indiquée au mot Ali.aitemeint. Elle sera complétée aux mots Mamelles, Couches (Phénomènes physiologiques des), Lait.
La lactation subit, dans certaines conditions, des troubles dont quelques-uns constituent de véritables états pathologiques. Ces troubles portent sur la sérrétion, sur l'excrétion, sur le lait lui-même. Les plus communs sont consécutifs aux malformations, aux ulcérations du mamelon, aux engorgements des conduits galaclophores, aux phlegmons, aux abcès du sein. Nous n'avons pas à nous occuper ici de ces diverses affections si communes chez les femmes qui nourrissent, voyez MajiELLES (Pathologie des).
Nous avons déjà signalé et apprécié l'influence des maladies aiguës qui surviennent dans le cours de l'allaitement sur la sécrétion du lait et sur les chances de la rétablir lorsque l'allaitement est repris à leur terminaison. D'autres condilions pathologiques, physiologiques ou hygiéniques que nous a\ons également appréciées, amènent par degrés ou rapidement, malgré la continuation de l'allaitement, la diminution de la sécrétion du lait longtemps avant le terme de sa cessation normale. Quelques-unes de ces causes, à en juger par les effets déterminés sur l'eniànt, semblent vicier dans sa source même le produit de la sécrétion.
Il nous reste à signaler quelques anomalies primitives ou constitutionnelles de la lactation, parmi lesquelles l'état qu'on a décrit sous le nom d'agalaxie tient la première place par sa fréquence. 11 s'en faut de beaucoup que cet état à ses divers degrés soit toujours accidentel ; il est au contraire fréquemment une anomalie primitive ou conslitutionnelle. On rencontre effectivement dans toutes les classes de la société un assez grand nombre de femmes aptes à être fécondées, chez lesquelles le mouvement organique provoqué par la gestation s'étend à peine jusqu'aux mamelles, ou n'y éveille qu'une activité peu marquée ou de peu de durée, et après l'accouchement il n'y a pas, à proprement parler, établissement véritable d'une sécrétion biteuse sérieuse. Ce sont là des femmes affectées primitivement d'a^^a-
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laxie totale ou partielle. Il est à peiae nécessaire de l'aire observer que la première, dans le sens absolu du mot, est rare, taudis que la seconde est très-coiumune. Cette disposition n'est pas exclusivement propre à des femmes qui ont une constitution faible et chctive, un développement général ou mammaire incomplet, on la rencontre assez souvent dans des conditions opposées et suffisamment bonnes en apparence.
L'établissement d'une sécrétion laiteuse régulière, après l'accouchenient, n'est pas un indice certain d'une lactation suffisante et suffisamment prolongée. Dans quelques cas, malgré une santé normale et un allaitement régulier, elle s'affaiblit peu de jours après son établissement ; dans d'autres, elle se soutient assez bien pendant deux ou trois mois, puis elle diminue graduellement ou rapidement pendant que l'utérus reprend son activité menstruelle. Cette disposition peut exister après un premier accouchement et cesser dans les suivants ou n'apparaître que tardivement.
Le diagnostic de l'agalaxie n'est embarrassant que lorsque la femme a intérêt à dissimuler. Une fois l'attention éveillée, on reconnaît facilement le défaut de lait aux signes suivants : les mamelles se gonflent peu, ne se durcissent pas dans l'intervalle pendant lequel l'enfant ne tette pas. Celui-ci reste affamé en quittant le sein, il le demande souvent, et bientôt après l'avoir pris, d le quitte avec impatience et souvent en criant; il urine peu, son sommeil est court, il maigrit et dépérit promptement.
Chez quelques femmes d'une constitution nerveuse, l'agacement produit par la succion ré|)étée que l'enfant exerce sur le mamelon, développe une surexcitation et une fièvre qui amènent un prompt dépérissement si l'on ne fait pas cesser l'allaitement.
En dehors de l'action des causes accidentelles qui peuvent être éloignées, l'agalaxie survenant au milieu de conditions hygiéniques bonnes est au-dessus des ressources de l'art. Les médicaments galactopoïétiques sont depuis longtemps tomb^'s daiis un oubli mérité.
On rencontre une autre anomalie de la lactation, connue sous le nom de galactorrhée, qui est en quelque sorte l'opposée de la précédente. Il y a, à proprement parler, galactorrhée toutes les fois que l'écoulement spontané du lait se produit et se prolonge anormalement. Cet état, (pi'il n'est pas rare d'observer après la fièvre da lait chez les femmes qui ne nourrissant pas, pendant le cours de rallaitement et après le servage, peut être plus complexe et revêtir, dans quelques cas rares, un caractère pathologique. L'excrétion spontané du lait est liée à un excès de sécrétion et le liquide sécrété est remarquable par sa fluidité. Lorsque cet étal, véritablement pathologique, est porté à un haut degré et qu'd se prolonge longtemps, on voit quelquefois se manifester cette consomption (tabès nutricum), si bien décrite jar Morlon, et qui ne diffère pas de celle que produit l'allaitemenL chez quelques femmes. Mais le plus souvent la gidadorrhée ne constitue qu'une simple incommodité. Les femmes qui en sont ailectées sont incessamment moudiées, malgré le soin qu'elles prennent de garnir leur poitrine ou de maintenir sur leiirs seins ces petits api areds en verre destinés à recevoir le lait qui s'écoule. La galacloniiée, qui se nuuul(sle chez les femmes qui no..rnsseiit, cesse souvent au bout de quelques mois; elle se maintient quelquefois pendant tout le cours de l'allaitement et persiste (iitore quelque temps après le se\rage. Pour peu qu'elle soit intense, elle co!ii|,rouict plus ou moins la nourri! ure de l'enfant, soil que le lait soiL altéré, so;' qii ■ sou (■couleinent cuntinue laisse le sein en partie vide. La galactorrhée qui iip|iarait après l'é\olution laiteus chez les femmes qui ue nourrissent | as, n'a
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pas, en général, une durée très-longue, elle cesse ordinairement au bout de quelques semaines, de quelques mois. L'excrétion facile et spontanée du lait entrefient sa sécrétion comme si la femme était soumise à la succion naturelle. Au dire de Sauvages, ce ne serait pas seulement les nouvelles accouchées qui seraient sujettes à la galactorrhée, ce phénomène aurait été observé chez des femmes enceintes qui perdaient chaque jour, dès le cinquième mois de leur gross. sse, une livre et demi de liquide.
Certaines conditions constitutionnelles semblent prédisposer à cet écoulement spontané et prolougé du lait. Toutes les femmes chez lesquelles je l'ai observé à divers degrés étaient éminemment lymphatiques, à formes extérieures molles, déveioppées par un tissu cellulo-adipeux lâche, à mamelles volumineuses et lombautes ; d'autres présentaient un mamelon aplali ou rentrant. On peut conclure de ces dispositions coïncidant avec l'écoulement spontané du lait que les libres )uuscuhires plates qui forment en grande partie le mamelon sont relâchées ou font en partie défaut, et que dans l'un comme dans l'autre cas, elles sont peu aptes à renqilir leur rôle de sphincter.
Quoi qu'il en soit des causes, les divers moyens qu'on emploie pour faire cesser la sécrétion laiteuse chez les femmes qui ne nourrissent pas ou qui sèvreut r'ussissentpeu, et il arrive souvent que le temps s"ul fait cesser cette sécrétion et excrétion anormales du lait. On peut utilement seconder cette disposition de la nature par une médication tonique, par des apphcations astringentes sur les mamelons. {Foy. Sevrage.) Jacquemieii.
LACTÉS (Vaisseaux). Voy. Chylifères.
LACTI!\E OU Lactose. Noms donnés au sucre de lait. (Voij. Lait.)
LACTIQUE (Acide). €'HW= ^*^^"jj^,^ j 0»
g L c;iiimie. Cet acide fut découvert par Scheele dans le lait aigri. Braconnol observa, dans l'eau sure des ainidonniers et dans le jus fermenté d'une foule de végétaux, la présence d'un acide que Berzelius reconnut comme idoitique avec l'acide lactique, B.rzelius et Liebig l'ont extrait du suc musculaire frais; cependant l'acide lactique des muscles n'est pas identique, mais seulement isomérique, avec celui du lait aigri. Les travaux de Shrecker {Ann. ch.pharm., LXXXl, p. 247, XCI, p. 552); de Wïirtz et Fricdel {Ann. ch. phys. (3), LIX, p. 161, LXllI, p. 101)de Kolbe {Chem. soc. qu. J., XII, p. 15); de Pelouze {An7i. ch. phys. (5) XIII, p. 257), et d'Engelhardt et Maddrel {Ann. Ch. Pharm., LXII, p. 83, LXX, p. 241), ont récemment jeté im grand jour sur la constitution de ce corps.
L'acide lactique pur se présente sous forme d'un liquide sirupeux incolore ; densité = 1,215 à 20", 5. Il est sans odeur ; sa saveur est fortement acide. L'eau et î'alcooUe dissolvent en toutes proportions. !1 ne se solidifie pas l'i — 24".
Mode de formation. L'acide lactique prond naissance par l'altération des lUverses espèces de sucres, sucre de lait, glucose, sucre de canne, sous rmfluence d'un ferment spécial. D'après les recherches de Pasteur, la levure lactique ressemble beaucoup à la levure alcoolique. Elle est formée de très-petits globules ou d'articles très-courts, isolés ou en amas. Dans loutes les fermentations lactiques on peut en reconnaître la présence par un examen attentif.
La fermentation lactique s'observe dans beaucoup de circonstances, et notamment quand le lait, abandonné à lui-même, se caille et devient acide. La production de l'acide se fait aux dépens du sucre de lait, elle s'arrèlc dès que la
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rôaciion de la liqueur s'est développée, et que le caséum est précipité ; mais il suffit de saturer avec un carbonate pour la voir recommencer. En se plaçant dans ces conditions, c'est-à-dire en réunissant dans une même liqueur du sucre, une matière azotée convenable et de la craie, la réaction est complète au bout d'un certain temps, le sucre a disparu et se trouve remplacé par du lactate de chaux.
Toutes les glucoses, même celles qui ne peuvent donner de l'alcool, lermentent lactiquement : les sucres de formule C^^H-^O" se changent préalablement en glucose. L'acide lactique est le seul produit de cette fermentation. Sa composition centésimale étant la même que celle de la glucose, sa production est le résultat d'une transposition moléculaire. On a G^H'^0^ = 2G'H*'0^
La fermentation lactique exige une température comprise entre 20° et 40°.
Cet acide se forme encore dans les circonstances suivantes :
1" Par l'oxydation du propylglycol sous l'influence du noir de platine et de l'air (Wùrtz).
2° Par l'ébuUition de l'acide chloropropionique en présence de l'eau et de l'oxyde d'argent :
CMPClÂgO'- -t- H^O = ClAg + C^H^O'.
3" Par l'action de l'acide azoteux surl'alanine.
C^H^AzO^ ^ AzO'H = C^H«0^ + H^O + Az«
¥ Par la réduction de l'acide pyruvique par l'amalgame de sodium en présence de l'eau.
CsH*05^-H2 = CTP0^
5° Par la combinaison directe de l'oxycblorure de carbone avec l'éthylène on oblieut du chlorure de lactyle :
COCP + G'^H* = G'H*0G1*.
Pour la préparation de l'acide lactique on utilise généralement la fermentation des sucres. Nous nous contenterons d'indiquer l'un des procédés proposés.
A une solution de glucose marquant 8" à 10" Baume et représentant 100 parties de sucre, on ajoute 8 à 10 parties de fromage blanc et 50 parties de craie, on abandonne la liqueur dans un vase ouvert, au soleil, en agitant fréquemment jusqu'à ce que le liquide se prenne en masse sobde de lactate de chaux. 11 convient même de laisser la fermentation butyrique consécutive se développer quelque \emys pour être sur de la transformation totale du sucre. Le lactate de chaux formé, purifié par plusii^.urs cristallisations, est décomposé par une quantité un peu insuflisante d'acide sulfurique. Le mélange est chauffé avec de l'alcool jusqu'à séparation complète du sulfate de chaux; on filtre et on évapore à sirop. Celui-ci est dissous dans l'éther, on filtre et on évapore ; le résidu représente de l'acide lactique pur.
On peut aussi saturer l'acide brut extrait du sel de chaux par du carbonate de zinc et purifier le lactate de zinc, qui cristallise facilement. Le lactate de ziuc dissous est ensuite précipité par l'hydrogène sulfuré, et le liquide filtré est concentré par évaporation.
L'acide lactique chauffé graduellement commence à perdre de l'eau v ers 1 30». 11 reste un résidu solide, jaune, très-fusible et amer; acide lactique anhydre ou dilactiqiie C^q, ^ 2c«H''0^ — H^O. Entre 250" et 300% l'anhydidre lactique se décompose plus profondément ; il se dégage un mélange d'oxyde de carbone et
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carljoni(jue; en même temps il passe à la distillation une substance qui se fige en une masse cristalline, lactide.
C«H«0* = SCMl-'O"^ — 2IP0
Lactide Ac. lactique.
L'acide azotique bouillant convertit l'acide lactique en acide oxalique.
Distilk- avec un mélange d'acide sidfurique étendu et de peroxyde de manganèse, l'acide lactique fournit beaucoup d'aldhéyde. Le percblorure de pbosphore donne du chlorure de lactyle :
CTFO \ 02,.piici3 ^ c^iiioCP -H PhCPO+lPO.
L'acide iodhydrique le convertit en acide propionique : CM^^O'^ + 2H2 = CHP02 + IPO.
Acide sarco ou paralaciique. On appelle ainsi l'acide lactiquedu jus de viande. Découvert en 1806 par Berzelius, qui le confondit avec l'acide lactique ordinaire, il a été reconnu comme distinct par Liebig. L'acide sarcolactique libre possède la composition et les propriétés de l'acide lactique, mais ses sels se distinguent nettement des lactates de fermentation.
L'acide sarcolactique chauffé pendant longtemps à 130 ou 140° se transforme en acide lactique anhydre qui, avec l'eau, reproduit l'acide ordinaire. (Strecker, Ann. ch. pharm., GV, p. 515.) On obtient l'acide lactique des nmscles en épuisant la viande hachée par l'eau froide. Le hquide est précipité par l'eau de baryte et débarrassé d'albumine par l'ébullition. Après fdlration on évapore à consistance sirupeuse, on ajoute de l'acide sulfurique, enfin on épuise par l'éthor. Le liquide éthéré laisse, après évaporation, un résidu d'acide lactique. C'est surtout par leurs sels de chaux et de zinc que l'on distingue facilement les deux acides lactiques.
M.Smilhadmet encore l'existence d'un troisième acide lactique que l'on trouverait dans les eaux-mères de la préparation de la morphine (acide thébolactique).
Parmi les dérivés de l'acide lactique qui peuvent servir à fixer sa véritable constitution et son poids moléculaire, nous citerons :
(C^IPO) I L'acide acélolactique C*H^O > 0*
(DfPO) j L'acide benzolactique C^H^O > 0'^
H ) L'acide dilactique ou lactique anhydre (C^H*0)*H*02 ; l'éther diéthvlactique (G'H*0) (C^H^j^O^ ; le chlorure de lactyle C^H^OGl^
L'acide lactique se rencontre toujours en petite quantité dans l'organisme. On le trouve d'une manière assez constante dans le suc gastrique, où il acconipaq-ne l'acide chlorhydrique. C'est à lui qu'est due la réaction acide de l'intestin grêle observée fréquemment après une alimentation végétale. Le chyle et !a lymphe des herbivores en contiennent aussi. Sa présence dans le sang n'a été démontrée avec certitude que dans quelques cas pathologiques (pyoémie, leuchémie, fièvre puerpérale). On trouve l'acide lactique dans les muscles, le cerveau et certains oro^anes glandulaires (rate, foie, thymus, thyroïde, pancréas). L'urine en contient quelquefois. Enfin, on en a trouvé dans les os atteints d'ostéomalacie. [Gaz. hehd 1867, p. 222.)
Ii2 LACTIQUE (emi'LOi médical).
11 est très-probable que l'acide lactique de l'organisme a une double origine, suivant le lieu où on le prend. Nul doute que les aliments sucrés et amylacés ne subissent dans le canal digestif un commencement de fermentation lactique. L'acide ainsi produis et absorbé éprouve dans le sang une combustion rapide, comme l'ont montré, du reste, des expériences directes. Quant à l'acide des muscles, il doit plutôt se former parla décomposition chimique des tissus et représente un produit excrémentitiel.
Le rôle pbysinlogique de l'acide lactique peut être multiple. Dans l'estomac il concourt avec l'acide chlorbydrique et la pepsine à la dissolution des aliments azotés; ses fonctions acides hii permettent de produire, vis-à-vis des liquides alcalins, des phénomènes de saturation dont la répétition alternative peut avoir une certaine valeur pour l'entretien du jeu d'un organe tel qu'un muscle ; enfin, la facile combustibilité des lactates introduits dans le sang conduit à le faire considérer comme l'une des sources multiples du calorique animal. P. ScauTZE>BERGER.
§ IL Emploi médical. L'acide lactique faisant partie du suc gastrique, on a dû songer à l'employer contre les d\spepsies attribuées à une quantité insuffiiante de ce suc et qui se caractérisent par une sensation de pesanteur épigastrique après le repas et quelquefois le rejet d'aliments non. digérés. C'est ce qu'ont fait princip;ilement Magendie, Glandfielil Jones et O'Ccnnor. Il faut remarquer que le second de ces praticiens applique surtout ce médicament à la dyspepsie qu'il nomme irriiative, mais api es que l'irritation est en parlie calmée. M. Gubler fait lemarquer que certains mets aigres, comme la choucroute, contenant de l'acide lactique, conviennent particulièrement à certains estomacs. (Commentaires thérapeutiques, p. 581.) On a administré également cet acide dans raiïectioii calcnleuse phosphatique, avec alcalisalion ou trop laible acidité de l'urine.
Tout récemmenL, M. Pétrequin a étudié de nouveau l'action médicamenteuse de ' l'acide lactique, ou plutôt des lactaLes alcalins [Gaz. hebd., t. IX) ; car l'auteur rejette l'acide lactique, un peu comme ayant un goût désagréable, mais surtout comme n'étant pas utilisable dans la généralité des cas, spécialement dans la dyspepsie acide, ainsi que l'avait remarqué Gl'UsouI. Il emploie le lactate de soude et celui de magnésie en p;ist!lles, en y ajoutant souvent de la pepsine, et les administre soit dans la première phase de la digestion ou phase buccale, soit dans la seconde phase ou phase gastrique, ioit enfin dans la phase iulestinaL-. Quand la salive est trop acide ou fait défaut, le sujet prend deux ou Irois pastdles avant ou après le ropas. Contre l'état gastrique, ces p istilles ont réussi entre les mains de M. Pétrequin, et, ajoute t-il, de plusieurs autres praticiens, dans les dyspepsiesacide, gastralgique, tlatulente et neutre ou atonique. Dans le premier cas, les pastilles sont administrées avant et après le repas ; dans le second, elles le sont après 1>: repas, un peu avant le moment où les douleurs gastriques ont l'habitude de se faire sentir. Ou agit de même dans le cas de flatulence ; enfin, dans la dyspepsie atonique, avec iusulfisance de suc gastrique, les lactates sont administrés avant et après le repas. Le f .it général auquel l'auteur rattache l'efficacité des lactates dans ces dilTérentes circonstances, c'est la propriété qu'ils ont à' activer la sécrétion du suc gastrique, après avoir d'abord détruit les acides qu'ils rencontrent {Cl. Bernard). Quant à l'action des lactates dans la troisième phase de la dioestion M. Pétrequin pense qu'ils augmentent également la sécrétion intestinale ; il les a administrés, dit-il, avec succès contre la diarrhée des enfants à la mamelle, l'entéralgie, la flatulence intestinale.