‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.53Chapitre 39 sur 74 · LA MI NE UX · texte numérisé non relu

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portions de la ligne blanche et les gaines des muscles droits de l'abdomen, ainsi que sous celui cfui tapisse la plus grande portion du corps de l'utiTus.

Ce tissu lamineux est lâche dans le ligament falciforme et dans les portions sous-ombilicale et inguino-crurale de la paroi de l'abdomen. Il est très-làche et filamenteux, extensible, etc., aux régions lombaires, iliaques, vésicale, et sous le péritoine du petit bassin. Il est plus abondant et plus làohe encore dans ses por. lions qui avoisinent la colonne vertébrale. 11 en est de même entre les feuillets des mésentères, de l'épiploon gastro-hépatique et au niveau du point oîi ses leuiUets s'écartent pour tapisser les différentes portions abdominales du tube digestit. Quanta la couche de tissu lamineux qui est interposée au péritoine et à la Lunique musculeuse de l'intestion et de l'estomac, elle est mince, transparente, UK.lle, extensible et filamenteuse. [Voy. Séreusks (Membranes).]

]■'. Tissu lamineux d'interposition et d'enveloppement. Les parties similaires que forme le tissu lamineux interposé aux divers organes de la tète, du cou, des parois du tronc et des membres sont les plus étendues de toutes.

11 laut signaler d'abord la laxité, l'extensibilité, la facile réduction en filaments ou en lamelles des minces couches de tissu lamineux qui entourent la plupart des nerfs, des artères et des grosses veines du tronc et des membres, ainsi que celai qui est inter^josé aux aponévroses et aux muscles qu'elles envelopppent. Il en est de même dans les cas où deux muscles et encore deux divisions d'un muscle sont contiguës sans être séparés pM- une aponévrose.

Si l'on excepte les couches de ce tissu placées sous le trapèze, sous le grand dorsal, entre le sous-scapulaire et le grand dentelé, sous le grand pectoral, ws, couches de tissu lamineux sont minces tant qu'elles ne sont pas envahies ou remplacées par du tissu adipeux. Sous les muscles qui viennent d'être nommés, ainsi qu'autour du tendon d'Achille, des articulations de la hanche et scapulo-huméraie, autour des extenseurs des doigts, au poignet et au dos de la main, des extenseui's des orteils, ces couches sont assez épaisses pour former une lame grisâtre, qui masque plus ou moins la couleur propre des organes sous-jacents. Autour de ces tendons, le tissu offre un certain état de sécheresse, une laxité et une extensibilité remarquables, qui se prêtent on ne peut mieux au glissement réciproque des organes que ce tissu sépare les uns des autres. Les tractions les plus légères suffisent pour le réduire en lamelles et en filaments, au point qu'on a pu croire à la préexistence de cavités dites séreuses entre les organes enveloppés et le tissu ambiant, ou dans l'épaisseur de celui-ci.

A la tète on trouve des couches minces de tissu lamineux d'enveloppement ou d'interposition depuis les orifices et les crêtes ou saillies d'insertion des muscles à la base du crâne jusqu'à leurs terminaisons ou à leurs insertions à la face ou au cou. 11 en est de même pour la cavité orbitaire où le tissu lamineux lâche, extensible qui entoure- les muscles, les nerfs, la glande lacrymale et ^e contiur.e avec celui des paupières et de la conjonctive se distingue bien du coussinet adipeux de cette région.

11 y a une couche de tissu lamineux lâche accompagnée d'une plus ou moins, grande quantité de tissu adipeux dans le canal rachidien entre la dure -mère et les sinus veineux, les surtouts hgamenteux et le périoste intra-racliidien. Au dehors de la colonne vertébrale il y a en arrière plus de tissu adipeux que de tissu lamineux entre elle et les muscles transversaires épineux, long dorsal, etc. Mais on en volt davantage dans les trous de conjugaison et le long des nerfs rachidiens, surtout lorsqu'ils forment des plexus cervical, brachial, lom-

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baire et sacré. C'est particulièrement celui qui accompagne les troncs nerveux venant de ces plexus qui fait communiquer le tissu lamiucux du cou et du tronc avec celui des membres. Mais c'est à la face antérieure de la colonne vertébrale et cela dans toute son étendue sans interruption, que se trouve la plus grande .quantité de tissu lamineux. Il est remarquable par son extensibilité et sa laxité en arrière du pbarynx et de l'œsophage. Cette laxité est un peu moindre en arrière de l'aorte, et cette disposition du tissu se retrouve entre les piliers du diaphragme . jusque dans la cavité de l'abdomen. Toutefois ce tissu ne se prête guère moins facilement que le tissu lamineux rétro-pharyngien, etc., à la migration des liquides purulents ou autres et à leur passnge de l'une dans l'autre des cavités viscérales. Le tissu lamineux rétro-pharyngien du cou se continue sur les côtés avec celui qui, bien plus abondant, également extensible, existe entre les nerfs, les gros vaisseaux et les glandes lymphatiques du cou et autour du larynx et de la trachée. Le tissu lamineux placé en avant de celle-ci se continue avec celui qui existe autour du thymus, des ganglions lymphatiques du médiastin antérieur et avec celui qui forme derrière le sternum une couche mince. Cette couche se prolonge derrière l'appendice xyphoïde, jusqu'au-dessous du diaphragme entre le péritoine et la ligne blanche, ainsi que.les muscles droits de l'abdomen en concourant à remplir l'espace que laissent entre elles et l'appendice les digitations antérieures du diaphragme. Le tissu lamineux péri-œsophagien du cou se continue, ainsi que nous l'avons vu dans la cavité thoracique avec celui qui sépare les nombreux or<^anes que contient le médiastin postérieur et ce dernier est en continuité avec celui de la partie antérieure des vertèbres sous diaphragmatiques par les ouvertures que traversent l'œsophage et l'aorte, organes accompagnés d'une couche lamineuse extensible.

Des allributs du système lamineux. Les parties similaires formées du tissu lamineux sont douées de deux ordres d'attributs très-distincts, bien que souvent réunis sur le même organe premier. Les uns de ces usages sont purement pbysiques; les autres sont d'ordre organique et particulièrement relatifs à la nutrition des portions de tissu directement et essentiellement actives dans les organes seconds à la constitution desquels le tissu lamineux prend part.

\° Attributs d'ordre physique du système lamineux. Les parties similaires du tissu lamineux les plus étendues, comme aussi beaucoup des plus petites, ont pour attribut principal d'établir une séparation, plus qu'une union entre les organes et en même temps de faciliter le glissement de ces derniers les uns sur les autres. Elles remplissent ce rôle en raison des particularités de composition anatomiquê et de texture indiquées précédemment qui donnent au tissu sa mollesse et son extensibibté, si remarquables partout où des organes glissent les uns sur les autres dans une grande étendue; c'est ce que l'on voit à la verge et au scrotum, derrière le pharynx, autour de l'œsophage, entre le muscle ou mieux l'aponévrose sous-scapulaire et le grand dentelé, entre la face interne de ce muscle et les côtes, autour des tendons extenseurs des doigts et des orteils, entre les faisceaux de quelques muscles, etc. Parmi les faits qui prouvent le mieux qu'un des priiv cipaux attributs des parties similaires formées de tissu lamineux est de séparer les organes en se prêtant à leur mobilité réciproque, bien plus qu'il ne sert à leur conjonction, c'est que ce tissu manque partout où existe une cohérence trèsprononcée entre deux organes. Partout, c'est à quelque disposition de texture autre que la présence de ce tissu que sont dues toute forte adhérence et l'absence de mobilité entre deux organes. En outre, c'est seulement lorsque ce tissu est

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détruit ou remplacé par quelque autre tissu, comme le tisSu fibreux, fascicule e> rigide des cicatrices, qu'où voit s'établir cette adhérence entre deux organes; or, cette conjonction entraîne une absence de mobilité qui est précisément une cause de troubles fonctionnels des plus graves.

2° Attributs d'ordre organique du système lamineux. Ces attributs reposent en entier sur ce fait que dans l'épaisseur des organes seconds à la constitution desquels concourent certaines des parties similaires du tissu lamineux, ce dernier est essentiellement distributeur des capillaires aux organes seconds directement actifs, souvent moins vasculaires que lui, ou ne l'étant pas du tout par eux-mêmes ; c'est ce que l'on voit pour les acini glandulaires par rapport à la trame lamineuse qui les entoure, pour les cloisons formées du même tissu qui sont interposées aux faisceaux tendineux, ligamenteux et aponévrotiques, pour les cloisons interlobulaires du poumon lui-même, etc. Ce rôle est, d'autre part, des plus manifestes en ce qui touche la pie-mère par rapport au cerveau, et l'allantoïde qui va porter des capillaires dans les villosités du chorion qui par lui-même n'est pas vasculaire. Ce qui prouve nettement qu'en raison de leur vascularité les parties similaires formées de tissu lamineux ont surtout pour rôle de porter à d'autres tissus des capillaires qui ne sont pas pour lui une condition d'existence nécessaire, c'est qu'il est des régions de l'économie dans lesquelles il est complètement dépourvu de vaisseaux, ainsi qu'on le voit dans le cordon ombilical, l'organe de l'émail, etc. Or, bien que n'empruntant que de proche en proche des principes destinés à sa rénovation moléculaire et non d'une manière immédiate dans son épaisseur, il n'en continue pas moins à se développer au même titre que les autres parties du même tissu.

La grande vascularité de la plupart des parties de ce tissu fait qu'il présente les meilleures conditions pour l'apport et le déport des principes immédiats servant à la nutrition de ses propres éléments et de ceux des autres tissus entre les faisceaux desquels il est interposé. De là vient aussi qu'il présente les conditions les plus favorables qu'on puisse concevoir pour qu'aient lieu soit la multiplication de ses propres éléments, soit la génération d'éléments d'espèces différentes comme celle des leucocytes, etc., sans que pourtant il devienne lui-même générateur de ces derniers par l'intermédiaire de ses propres éléments qui se métamorphoseraient en ceux de quelque autre espèce.

Il n'est certainement pas de tissu qui ait été le sujet d'un nombre plus considérable d'hyjothèses les plus diverses tant au point de vue de sa nature anatomique que sous le rapport du rôle physiologique qu'il remplit. L'examen de ces hypothèse fait partie de l'histoire du tissu lamineux, aussi bien que celui des données^ qui ne permettent pas d'admettre ces suppositions. On ne pourrait du reste citer f aucun exemple plus fra[ipant de la confusion que peut apporter entre des individualités anatomiques nettement distinctes une tendance systématique à l'uniformisation sous prétexte de généralisation synthétique, lorsque celle-ci est faite en dehors d'une conqiaraison minutieuse de tous les caractères de même ordre des éléments anatomiques ou des tissus observés >

Quelques auteurs ont considéré les faisceaux de fibres lamineiises comme les éléments du tissu, éléments qui seraient homogènes et simplement très-finement striés dans le sons de leur longueur. (Todd et Bowman, Physiological anatomy. London, 1845, in-8% p. 68, 69, 73 et 74.) D'autres, comme Reichert, considèrent le tissu lamineux comme composé d'une masse ou substance homogène dont l'aspect fibrillaire est dû à son propre plissement et dont la subdivision en

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fibres est un résultat artificiel des moyens employés pour les observer. (Reichert. Dorpat, 1845, et Zur Streitfrage ûber die Gebilde der Bindesubstanz , ûber Spiralfaser tind ûber den Prhnordiaîschàdel. In Arch. fur Anat. undPliysiol. Berlin, 1852, in-S", p. 521.) Cette hypothèse ne peut être soutenue en face des cas nombreux dans lesquels on voit les fibres lamineuses isolées avant toute dilacération, entre-croisées en diverses directions, soit complètement développées, soit à l'état de corps fibro-plastiques au milieu de la substance amorphe transparente, homogène ou plus ou moins granuleuse de tumeurs offrant l'asiiect colloïde au milieu de celle du tissu lamineux normal de même apparence du cordon ombilical, du tissu lamineux interposé au chorion et à l'amnios, du rostre des plagiostomes, etc. {Voy. plus haut, p. 236.) Elle ne peut Têtre davantage devant l'observation du mode de développement de ces éléments tant chez l'embryon que dans les tumeurs, etc.

Dès 1845, aussi Reichert {Bemerkungen zur vergleichenden Naturforschung und vergleichende Beobachtung ûber das Bindgewebe und die verwandte Gebilde. Dorpat, 1845, in-S") a, sous le nom de tissus de substance conjonctive, considéré comme étant de simples variétés évolutives d'un même tissu, non-seulement les tissus lamineux, fibreux et tendineux, fibro-cartilagineux, cartilagineux et osseux, mais encore le squelette et les tendons chilineux des articules, la chorde dorsale, la membrane de Demours, le myolème, la paroi propre des tubes glandulaires et la capsule des glomérules de Malpighi du rein.

Depuis lors et en particulier depuis que, dès 1851, plusieurs de ces vues ont éié appuyées par Virchow, on trouve dans la plupart des écrits modernes le nom de substance conjonctive ou encore de tissu conjonctif employé pour désigner toute partie molle interposée dans les tissus sains ou pathologiques aux fibres musculaires, aux tubes et aux cellules des tissus nerveux, aux tubes glandulaires, distendus ou non par des épithéliums, etc.

Or, à cet égard, rien, en premier lieu, ne justifie l'hypothèse qui conduit quelques auteurs à considérer le tissu lamineux, quelque mou et gélatiniforme qu'il soit, comme une substance homogène dont les éléments se seraient fondus ensemble ; rien ne justifie non plus l'hypothèse d'après laquelle les fibres de ce tissu seraient de même nature que la substance amorphe qui leur est interposée soit normalement dans le cordon, dans les bulbes dentaires, dans l'organe de l'émail, dans diverses tumeurs, etc. Dans toutes ces conditions, les phases suivies par les fibres dans leur évolution à compter de l'époque de leur apparition et l'examen direct permettent toujours de distinguer celles-ci de la substance amorphe hyaline ou plus ou moins grenue qui leur est interposée. Les altérations de ces éléments figurés, le passage à l'état adipeux de ceux qui ont la forme de corps fibroplastiques, puis, surtout, les différences dans les réactions chimiques qui existent entre ces éléments et la matière amorphe interposée en quantité variable, n'autorisent en aucun cas à considérer ces deux espèces de parties constituantes du tissu lamineux comme étant de même nature et n'en formant qu'une seule.

L'erreur est plus ^ande encore de la part de ceux qui, sous le même nom de substance conjonctive ou unissante, confondent les matières amorphes avec le tissu lamineux et considèrent comme ne formant qu'une seule et unique espèce des éléments aussi différents partout oii ils les rencontrent, soit isolés, soit réunis dans des tissus sains ou morbides. Il est manifeste pourtant qu'on ne saurait considérer comme identiques les fibres lamineuses entre-croisées en diverses directions et la matière hyaline qui nait, se développe et réagit tout autrement qu'elles.

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