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qu'on trouve intt rposée à ces éléments figurés dans le cordon ombilical, le bulbe dentaire, dans diverses tumeurs, etc.
Il en est à plus forte raison de même de la substance amorphe d'un gris roiigeâtre, finement granuleuse qu'on voit interposée aux fibres laminouses fines et rares qui forment une trame fibrillaire déliée, lâche dans la moelle des os ; matière amorphe au sein de laquelle se trouvent les médullocelles et les autres éléments de ce tissu. Ces différences entre le tissu lamineux et les matières amor. plies, spécifiquement très-distmctes elles-mêmes les unes des autres, sont encore plus tranchées lorsque ces matières existent seules sans mélange de fibres laniineuses entre certains éléments anatomiqaes figurés. Telle est, par exemple, la matière amorphe finement granuleuse qui est abondamment interposée aux cellules et aux cylindres-axes de la substance grise des centres cérébro-rachidiens et de la rétine et qui se prolonge avec des capillaires sous forme de minces cloisons entre les faisceaux blancs des tubes nerveux de ces organes. Sous les noms de nevroglie {y irchov/, -1816), de reticulum, de substance ou de tissu conjonctif (Kolliker), elle est pourtant considérée par beaucoup d'auteurs comme n'étant autre chose que du tissu lamineux. Or, on sait qu'à l'état frais elle est molle, grisâtre, finement grenue, parsemée de myelocijtes forts différents en tous points des noyaux embryo-plastiques, et qu'elle ne renferme pas de fibres lamineuses, soit complètement développées, soit à l'état de corps fibro-plastiques. Ses différences avec le tissu lamineux deviennent surtout tranchées à cet égard, lorsque, dans les cas dits de sclérose cérébrale, d'induration rouge, etc., on voit se développer ces éléments au sein même de cette substance, et rendre fibrillaires les cloisons qu'elle forme; développement qui par ce seul fait caractérise un cas pathologique. Alors surtout, aussi bien qu'à l'état sain, on constate nettement que, non-seulement cette matière amorphe est très-distincte de celle qui normalement existe dans les parties du tissu lamineux que nous avons citées, mais encore qu'elle diffère sous tous les rapports des autres éléments de c^ tissu.
Or, non-seulement les noyaux dont elle est parsemée diffèrent des noyaux embryo-plastiques, non-seulement, à aucune époque de son évolution,' elle ne passe par l'état de corps fibro-plastiques fusiformes ou étoiles, mais encore ses réactions sont toutes différentes de celles du tissu lamineux. Elle n'est pas gonflée ni rendue hyaline par l'action de l'acide acétique et de l'acide azotique étendus comme l'est le tissu lamineux. Molle, grisâtre, finement grenue à l'état frais, se ramollissant promptement et se dissociant en flocons et en granules très-fins peu de jours après la mort, elle est durcie sans perte notable de volume par les acides c!:romique, hyperosmique, azotique, par l'alcool, par le perchlorure de fer, etc., ta'.idis qu'il n'en est pas de môme des éléments du tissu lamineux et de la substance hyaline, dans les organes premiers oii il en renferme. De plus, après ce durcissement qui la rend même plus ferme que les éléments figurés entre lesquels elle se trouve, ceux-ci peuvent sur les coupes être détachés et la laisser à l'état de masse solide ayant pris un aspect soit réticulé, soit spongieux, suivant l'épaisseur de la coupe par suite des vides régulièrement espacés résultant de l'enlèvement des éléments qu'elle tenait écartés, car il importe de remarquer que l'aspect réticulé qui lui a iait donner les noms de reticidum et de substance conjonctive réticulaire (KôUiker) ou spongieuse (M. Schultze) est purement artificiel. Avant le durcissement du tissu nerveux, l'exécution des coupes, puis l'enlèvement des éléments figurés qu'elle tient ainsi à la fois écartés ou réunis, elle forme en efiet non pas un réseau, mais des cloisons continues les unes avec les
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autres, très-différentes par leur étendue eu longueur et eu largeur, assez épaisses dans beaucoup de points de la substance grise, très-minces entre les myclocytes des couches lormées par ces éléments dans le cervelet, minces également dans toutes les parties de la substance blanche, surtout dans celle du cervelet, du corps calleux, etc., où elles n'ont souvent que 2 à 3 millièmes de millmiètre d'épaisseur. Mais, dans aucune de ces conditions, elle ne présente l'état fibrillaire qu'on retrouve en pareille circonstance au sein de toute partie constituante d'un organe réellement formé de tissu lamineux. Ce fait devient particulièrement frappant lorsqu'on suit dans le cerveau et dans la moelle les cloisons que forme cette substance jusqu'au contact de l'épendyme d'une part et de la pie-mère d'autre part, membranes qui, au contraire, présentent nettement cette disposition librillaire! Cet organe est en effet le seul, dans l'intérieur de l'appareil cérébro-spinal, qui soit principalement formé de fibres lamineuses, par suite de ce fait que les centres nerveux sont, au début de leur évolution, ouverts en arrière en une gouttière que tapisse le tissu lamineux ambiant qui, après l'occlusion de cette dernière, forme la pie-mère à l'extérieur et la séreuse veiitriculaire ou épendyme à l'intérieur.
Qu;int à l'hypothèse d'après laquelle la paroi propre des tubes nerveux p.'riphériques, celle des tubes glandulaires, le myolène, le jtériiièvre, la membrane de Demours, etc., ne seraient que des couches de tissu conjonctif ou de substance conjonctive, elle est contredite aussi de la manière la plus formelle jjar l'observation. R-.en n'est plus nettement déterminé que les différences que présentent ces parties constituantes à côté de celles qui sont lormées de tissu lamineux sous le rapport de leur mode d'apparition, de leur constitution propre et des altérations qu'ils sont susceptibles de présenter. Ce serait, en outre, se mettre volontairement en contradiction formelle avec les données les plus élémentaires de toute observation que de vouloir considérer comme de même nature des éléments qui, tels que ceux du tissu lamineux, sont attaqués par les acides acétique, tartrique, etc., tandis que les précédents sont tellement peu modifiés par ces mêmes agents que ces derniers sont spécialement choisis pour mettre en évidence leur présence et leurs caractères essentiels.
Tous les anatomistes sont familiers avec les vues de Bichat touchant le tissu cellulaire, qu'd considère anatomiquement comme continu avec lui-même dans toutes ses parties au sein de l'organisme, en formant autour de chaque organe une enveloppe extérieure eu même temps qu'il se prolonge et entre essentiellement dans la structure de chacun d'eux en composant leur trame. Tous connaissent aussi les vues d'après lesquelles, au point de vue physiologique, Bichat considère le tissu lamineux comme formant chez l'embryon ce qu'il nomme le parenchyme générateur de chaque organe, semblable originellement dans tous, dans lequel se déposent les parties qui, graduellement, les rendent dissemblables anatomiquement et fonctioimeilement, mais en y restant toujours à l'état de trame OM parenchyme commun de nutrition. (Bichat, Anatomie générale, 1801 ; in-S'^ t. I, p. 2 à 8.)
On sait aussi avec quelle insistance de Blainville, s'appuyant sur les données de 1 anatomie comparée, a cherché {De l'Organisation des animaux, Paris, 1822, in-8% p. 13 et suiv; et Cours de physiologie comparée, Paris, 1853, in-8', t. Il, p. 10, 112, 172, etc.) à montrer que tous les organes des animaux n étaient formés que par trois éléments : 1" le nerveux ou sensible; 2° le musculaire ou contractile ; et enfin le générateur, ou tissu cellulaire ou celluleux. Suivant lui aussi, cet élément générateur ou système celluleux apparaît d'abord seul, est le
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premier dans l'ordre du développement et dans l'ordre de l'étendue, puisqu'il sert de base à toutes les autres parties de l'organisme ; partout il apparaît d'abord à l'état muqueux et, par des modifications graduelles peu profondes, il forme tous ies tissus qui ne sont ni contractiles ni sensibles, quelle que soit leur consistance • comme aussi, par des modifications toujours peu profondes, soit dans la forme soit dans la disposition de leurs parties propi es, l'élément contractile et l'élément nerveux constituent les variétés des tissus musculaires et nerveux tant centra] que périphérique.
Mais on sait aujourd'hui que dans ces vues il n'y a de vrai que quelques données physiologiques, tandis qu'elles ne sont pas acceptables au point de vue anatomique. Ce qu'il y a de vrai, c'est que, dans les animaux, se trouvent des éléments anatomiques qui ne jouissent que des propriétés végétatives, et les espèces qui sont dans ce cas sont même bien plus nombreuses que celles qui, en outre, possèdent une propriété de la vie animale. C'est là un fuit digne de l'attention des médecins et qui met en reliei l'importance de l'étude des actes nutritifs, que la présence chez les animaux des espèces d'éléments doués des seules propriétés vé"-éiatives, en nombre bien plus considérable que ceux qui jouissent des propriétés de la vie animale. Il est vrai que, à l'exception des os, des cartilages, des tissus lamineux et des épithéliums, les éléments végétatifs n'existent qu'en masses peu considérables dans l'éconoujie et qu'ils s'y trouvent à l'état d'éléments accessoires seulement ; mais ce sont eux seuls qui sont le point de départ des productions morbides accidentelles par hypcrgenèse ou multiphcation exagérée. Quant aux éléments doués des propriétés de la vie animale, muscles, nerfs, ils existent, il est vrai, en masses considérables dans l'économie ; mais ils ne sont jamais l'origine directe de tumeurs, sauf les iibres-cellules, mais ils sont toujours accompagnés par des éléments végétatifs qui, au milieu des autres, deviennent fréquemment par hypergenèse l'origine de ces productions. Les éléments nerveux et les deux sortes de libres musculaires sont les seuls éléments qui, aux propriétés végétatives, joignent une des deux propriétés de la vie animale.
On emploie souvent d'une manière générale, d'après ce qui précède, le nom d'éléments végétatifs pour désigner collectivement l'ensemble des éléments nombreux qui ne sont doués que des propriétés de génération, de développement et de nutrition, par oppositiou à ceux qui sont doués des propriétés animales (les éléments nerveux et les éléments musculaires), ce qui ne prouve aucunement qu'il y ait une transition de l'un à l'autre ni une impossibilité de transformation de l'un dans l'autre, contrairement à ce que l'on admet.
On voit par conséquent que ces mots, éléments, végétatifs, ne désignent pas en anatomie une classe naturelle d'éléments ; ils servent seulement, en physiologie, à indiquer un ensemble d'éléments appartenant anatomiquement à des espèces très-distinctes, mais doués exclusivement des mêmes propriétés fondamentales, bien que cependant avec des différences d'intensité très-marquées d'une espèce à l'autre: ce qui iait que malgré cette communauté, chacun joue un rôle particulier relatif à la nutrition ou au développement du tissu dont il l'ait pai'tie, ou bien est doué de quelque quahté d'ordre ph\sique, comme la flexibihté (fibres lamineuses), l'élasticité (fibres élastiques), la rigidité avec ou sans élasticité (cartilages, etc.) qui l'ait que les organes qui en sont formés sont aptes à remplir tel ou tel usage bien déterminé ; en même temps aussi que chacun est susceptible de présenter des altérations en rapport avec sa constitution immédiate propre, naturellement distinctes de celles que subissent les autres éléments.
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On sait en effet que sur chaque espèce de ces parties, il est nécessaire d'étudier : l" leurs caractères d'ordre mathématique relatifs à leur siège, à leur volume, à la durée de leur existence par rapport à l'organisme ; 2» leurs caractères d'ordre'physique relatifs à leur consistance, à leur élasticité, à leur couleur; 5" leurs caractères d'ordre chimique relatifs aux actions colorantes, coagulantes ou décomposantes des agents physiques et chimiques, ainsi qu'à leur composition immédiate. La valeur logique et l'importance pratique de la connaissance de chacun de ces ordres de caractères vont en augmentant à mesure qu'on approche davantao^e de l'examen des caractères chimiques ; elle devient particulièrement prédominante lorsqu'on arrive à l'examen des réactions décelant les analogies et les différences de la composition immédiate de chaque espèce. La raison de ce fait est que la connaissance de ces données nous place plus [irès des conditions moléculaires des actions exercées par chacune d'elles, et elle nous conduit plus près des notions relatives à leur état d'organisation, c'est-à-dire des conditions les plus directes de leur activité organique.
II y a donc dans l'étude des réactions et des autres caractères d'ordre chimique des éléments anatomiques, des humeurs comme des tissus, une question de méthode qui nous donne la raison scientifique de ce qui rend leur connaissance plus importante encore que celle des caractères physiques, ou de ceux de forme et de volume, lorsqu'il s'agit de distinguer les éléments anatomiques d'une espèce de ceux d'une autre espèce. C'est ainsi, par exemple, que deux éléments de même forme, de même volume, de même consistance, etc., ne peuvent être considérés de même espèce s'ils réagissent différemment, si l'un par exemple est attaqué par l'acide acétifjue lorsque l'autre ne l'est pas. Aussi nulle description des éléments n'est-elle acceptable, quand il s'agit de déterminer une espèce de l'un d'eux, si l'indication comparative des caractères de cet ordre a été omise. Or c'est précisément parce que l'on n'a pas tenu compte de la composition immédiate des tissus lamineux, cartilagineux, osseux, élastique, chitineux, etc., que Ton a pu admettre que ces divers tissus, les trois premiers surtout, n'en formaient qu'un à des phases un peu différentes d'un même ordre de modifications. Nous avons vu en effet (p. 234) que loin de conserver une composition immédiate senihlable au fond en ce qui touche leurs principes coagulables ou prédominants, celle-ci était nettement différente en ce qui regarde l'un de ces tissus servant d'intermédiaire dans ces transformations, le tissu cartilagineux entre autres par rapport au tissu lamineux antécédent d'une part et au tissu osseux d'autre part. Il faudrait en particulier que cette composition disparût dans le passage du tissu lamineux ou fibreux au tissu cartilagineux pour reparaître lors de l'arrivée de celui-ci à l'état osseux. Ces dilférences ne sont pas, moins tranchées également en ce qui touche les tissus élastique, chitineux, etc. Loin donc qu'il y ait simple transformation par pure suraddiiion de principes accessoires ne venant que modifier la consistance, la couleur, sans changer au fond la composition anatomiquc et la texture, on voit qu'il y a là manifestement un fait de substitution moléculaire complète d'éléments anatomiques d'une composition immédiate et d'une structure propre qui prennent graduellement la place d'autres éléments offrant une constitution moléculaire et une structure nettement différentes. Il est manifeste, en effet, que pour que fût vraie l'hypothèse de la simiHtude de ces tissus en ce qu'ils ont de londamental, en dehors des différences quant à leurs dispositions extérieures , dites secondaires malgré ce qu'elles ont de frapjjant , il faudrait qu'on y trouvât un principe immédiat constitutif fondamental d'ordre organique ou coa^ulable
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qui iùt commun à tous et ne variant de l'un à l'autre qu'au point de vue de sa quantité proportionnelle à côté des principes cristallisables, tels que les corps gras et les sels ; car, ainsi que le dit de Blainville lui-même, la question de la composition chimique ou immédiate des tissus prime celle de leur structure microsco. pique. Or, nous avons vu que de l'un à l'autre de ces tissus qui son. considérés comme des formes ou des degrés d'évolution divers d'un seul d'entre eux, on trouve au contraire des principes immédiats composants très-distincts, en même temps qu'une constitution anatomique différente. • ,
Rappelons maintenant pour achever de traiter ce sujet, que l'on sait combien Bichat insistait sur l'unité et Vutiiformité du parenchyme commun de nutrition représenté par le tissu cellulaire, ses vaisseaux et ses nei fs, parenchvme nutritif (ju'il proposait d'appeler canevas cellulaire. Selon que dans ce canevas seraient déposés de la fibrine, de la gélatine ou des sels calcaires en telle ou telle proportion, il serait arrivé à l'état d'organe musculaire, fibreux, cartilagineux ou osseux.
Parmi les vues de l'ordre des précédentes, l'une de celles que poursuivent de Blainville et ses élèves, tels que Laurent [Mémoire sur les tissus animaux, dans les
Annales françaises et étrangères d'anatomieet de pJtysiologie, Paris, 1801,1.1,111-8 p. 59, 412, etc.), en s'appuyant sur les données fournies par l'anatomie comparée, l'embryologie, etc., parmi ces vues, dis-je, l'une de celles sur lesquelles ils reviennent le plus est celle d'après laquelle l'élément générateur ou celluleux passe "raduellement de l'état gélatineux à l'état de tissu cellulaire, puis aux états hyposcléreux ou fibreux par condensation progressive, protoscléreux ou cartilagineux et enfin deutoscléreux ou osseux par addition de molécules calcaires venant s'interposer aux mailles ou cellules de son tissu. De plus, ces tissus offrent, suivant eux, cette particularité, que les parties qu'ils forment étant continues les unes avec les autres, il en résulte qu'il est impossible de les séparer les unes des autres sans les couper ou les rompre, en raison de cette continuité qui s'ajoute aux données embryologiques pour prouver que ces quatre tissus ne sont que des modifications évolutives d'un même élément, ne sont que du tissu celluleux générateur modilié seulement dans ses propriétés les moins essentielles et pouvant recevoir le nom commun de tissus sclereux. Enfin, de Blainville revient plusieurs fois, à propos de leur description, sur les faits d'anatoniie comparative qui montrent que chacun d'eux tient la place de l'autre dans des organes de tels ou tels des êtres de la série animale, organes qui ont pourtant les mêmes connexions et les mêmes usages. Il insiste sur l'importance qu'il croit pouvoir attribuer à ces faits en tant que démontrant que le tissu cellulaire peut se translormer en tissu fibieux et celui-ci en tissu cartilagineux ou même directement en tissu osseux, soit normalement dans la voûte crânienne du lœtus, soit accidentellement dans l'enveloppe de la rate, etc. (De Blainville, loc. cit., 1853, t. Il, p. 154, 148, 171, etc.)
En 1 845, Reichert reproduisant exactement l'idée de de Blainville a, comme nous Tavous dit, décrit de nouveau, sous le nom de substance conjonctive et comme variétés d'une même substance, les tissus lamineux, fibreux, élastique, cartilagineux, osseux, dentaire, etc. Il s'est fondé pour cela sur les mêmes faits que de Blainville, savoir la succession des uns aux autres dans la succession des âges, l'existence des uns au lieu des autres dans divers organes, ayant les mêmes usages criez des animaux différents. Ces vues se sont particulièrement répandues à partir de l'année 1851, après que Virchow, Donders, Kôlliker et autres les eurent adoptées et eurent cherché à prouver : 1" que les corps ou cellules fibro-plastiques lusiformes ou étoilées, les fibres élastiques en voie de développement et les ostéo-
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plastes seraient une seule et même espèce d'éléments dits corpuscules du tissu conjonclif; 2° que dans les tissus laniineux et (ibreux, la substance fibreuse s'ossifierait et que les deux premières de ces espèces d'éléments persistant à leur état primitif formeraient les corpuscules ou cellules à canalicules radiés des os (ostéoplastes), tandis que dans le cartilage ce seraient, soit les cellules de celui-ci, soit ces cellules passées à l'état de cellules médullaires ou médullocèles qui reproduiraient autour d'elles des couches d'épaississement de nature osseuse dans la substance fondamentale intermédiaire.
Mais en ce qui concerne ce dernier point, ces vues sont formellement en contradiction avec l'examen de la réalité.
L'observation montre en effet que le début de tout point d'ossification qui naît au sein d'un cartilage préexistant, vers le centre ou vers la superficie de celui-ci, selon qu'il s'agit d'os court ou d'os long, a lieu de la même manière, qui est la suivante.
Dans l'endroit, large de quelques dixièmes de millimètre, on la substance osseuse propre ou fondamentale va paraître bientôt, les chondroplastes perdent leur forme étroite et allongée, anguleuse ou non, dite embryonnaire ou fœtale, si remarquable dans tous les cartilages de même forme que l'os qu'ils précèdent. Ils deviennent ovoïdes ou arrondis, bien plus larges, à cellules bien développées, nettes, souvent multiples, parfois comprimées réciproquement. Quelquefois aussi ce sont plusieurs chondroplastes à une seule cellule qui sont réunis en groupes de quatre à huit, séparés par une très-mince bande de substance fondamentale hyaline; de sorte que le premier coup d'oeil fait croire cà l'existence d'un grand cliondroplaste à cellules multiples. Les chondroplastes devenus arrondis ou les groupes qu'ds Ibrment se disposent en séries parallèles entre elles ou irradiées à partir du centre du cartilage, avec une mince bande de substance fondamentale généralement hyaline, parfois très-finement striée.
Le point d'ossification débute par la production de groupes de granulations disposés sous forme de traînées vers le milieu même de ces bandes de substance fondamentale et nullement sous forme de couches ou capsules autour de chaque cellule cartilagineuse ni immédiatement contre chaque chondroplaste contenant plusieurs cellules. Ces granules constituent bientôt des lamelles continues entre les chondroplastes et elles les circonscrivent peu à peu en se rejoignant les uns aux autres. A la coupe ces lamelles se présentent, sous forme de minces trabécules entre-croisées et se continuant ensemble sous des angles divers. Dans les aréoles qu'elles circonscrivent alors, on reconnaît encore les chondroplastes et leurs cellules n'ayant guère diminué de diamètre, d'autant plus irrégulières et plus grenues qu'on les examine plus près du centre de chaque point d'ossification. On reconnaît ces cellules soit directement sur des coupes fraîches, soit sur des pièces traitées par les acides chlorhydrique ou azotique étendus ou même par l'acide acétique, qui dissout ces lamelles bien plus lentement toutefois que les réactifs jirécédents. On reconnaît aussi alors que ces cellules ne se multiplient nullement par scission prolitiante dans ces circonstances et surtout qu'elles n'ont aucune similitude avec les médullocèles qu'on trouvera plus tard dans ce même os ou qu'on voit dans les portions d'os tout à fait développées. Rien déplus inexact par suite que de considérer l'os comme dû à .des couches d'épaississement fournies par les niéduUocelles et que de regarder celles-ci, avec quelques auteurs, comme des cellules cn;bryonnaires ou formatrices de l'os, provenant soit des cellules du cartilage, soit des corps fibro-plastiques ou corpuscules du tissu conjonctif.
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Le tissu osseux reste ainsi aréolaire à aréoles larges en moyenne de 40 millièmes de millimètre circonscrivant de toutes parts les cbrondroplastes ; les acides en dissolvant les sels calcaires gonflent la substance organique qui reste après leur action et déterminent la production d'une couche hyaline sinueuse, épaisse d'un centième de millimètre, bordant la face interne des aréoles. Ce n'est qu'à l'époque oii le point d'ossification déjà blanchâtre et opaque offre un diamètre de 1 millimètre et parfois plus que se montrent vers son centre les cavités caractéristiques ou, en d'autres termes, que se produisent les canalicules radiés autour des cavités précédentes (pstéoplastes) , réduites alors à un diamètre de 18 à 25 millièmes de millimètre, canalicules nombreux, se formant par résorption graduelle de la substance fondamentale de l'os et ne préexistant jamais à la formation de celle-ci.
Tant que le tissu osseux d'un point d'ossification est à l'état aréolaire, celui-ci diminue notablement de volume lors de la dessiccation du cartilage qui le renferme, parfois de moitié ou environ.
Un tissu osseux semblable (dit osiéoïde par quelques auteurs, spongoïde par d'autres), c'est-à-dire aréolaire et sans ostéoplastes radiés, dépasse toujours, sur une épaisseur d'un tiers à un demi-milhiiiètre, la partie osseuse bien fbruiée, pendant toute la duré de l'ossification du squelette de l'enfant.
11 reste maintenant à examiner l'hypothèse d'après laquelle, soit les noyaux du tissu cellulaire (noyaux embryo-plastiques), soit les corps ou cellules fibreplastiques fusiformes ou étoiles, soit les fibres élastiques incomplètement développées formeraient les ostéoplastes, en restant à leur état primitif comme résida en quelque sorte du passage à l'état calcaire des tissus lamineux ou fibreux interposés. Or, celle-ci n'est pas plus fondée que la précédente.
J'ai déjà indiqué que dans la génération de l'os au sein d'un cartilage de nième forme préexistant, il est impossible de voir un seul ostéoplaste proveiiii* des noyaux dits du tissu cellulaire, non plus que des corps ou cellules fibro-plastiques fusiformes ou étoiles, ces éléments n'existant pas dans ces cartilages.
Lorsque l'os nait par autogenèse directe, au sein du tissu embryo-plastique des arcs maxillaires de l'embryon, les noyaux de ce tissu sont réguliers et ovoïdes, longs de 7 à 9 millièmes de millimètre. Or les ostéoplastes naissants n'ont là pour la plupart que de 4 à 6 millièmes de millimètre de large ; puis ils grandissent rapidement, vont jusqu'à atteindre 30 millièmes de millimètre, sans montrer des noyaux ni des cellules dans leur intérieur, ainsi qu'il est facile de s'en assurer dans ces conditions.
Dans les enveloppes fibreuses du crâne et sous le périoste, les phénomènes osteogeniques observés sont semblables à ceux-ci. Là encore aucun fait ne peut permettre de considérer les ostéoplastes comme une provenance des corps fibroplastiques fusiformes ou étoiles, ni de regarder leurs noyaux comme englobés et contenus dans les osti'oplastes. 11 y a une certaine analogie générale de forme entre les corps fibro-plastiques étoiles, tels que ceux de la cornée, de l'organe de l'email, etc., et les. ostéoplastes dont le développement est achevé, dont la forme est devenue allongée, d'irrégulièrement globuleuse qu'elle était, quand les canalicules radiés sont développés. Mais leurs dimensions sont très-différentes ; de plus ces analogies deviennent fort éloignées dès qu'on tient compte du mode de génération de ces corps fibro-plastiques mêmes et de celui des ostéoplastes, de la grandeur des uns et des autres, de lem- nombre en un espace donné comparativement dans le crâne fibreux puis osseux du fœtus, dans le périoste, etc.; ce. analogies s'éteignent enfin quand on tient compte du nombre et de la gran-