‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.53Chapitre 4 sur 74 · POLAILLON · texte numérisé non relu

POLAILLON

LABIÉES» [Labiatœ Juss.) Famille de plantes dicotylédones, monopétales, dont les fleurs sont en général irrégulières et hermaphrodites. Leur réceptacle est convexe; le calice est gamosépale, à cinq divisions plus ou moins profondes, quelquefois en nombre moindre, par suite d'avortemeuts ou de développements inégaux de quelques-unes de ses pièces. La corolle est gamopétale, et quelquefois presque régulière, ou plus ordinairement irrégulière, bilabiée, l'une de ses lèvres étant formée de deux pièces postérieures, et l'autre de trois pièces antérieures. Il n'y a quelquefois qu'une seule lèvre bien développée, et l'autre avorte plus ou moins complètement. L'androcée est inséré sur la corolle. Il ne se compose ordinairement que de quatre étamines, la place de la cinquième, qui est postérieure, étant vide ou rarement occupée par une petite languette stérile. Les quatre étamines sont didynames, les deux plus grandes étant ordinairement antérieures, tandis que le contraire n'a lieu que rarement. Deux de ces quatre étamines, tantôt les antérieures, tantôt les latérales, peuvent seules arriver à leur entier développement, et quelquefois même il n'y a que deux demi-étamines fertiles, une seule des deux loges de l'anthère contenant du pollen dans les deux étamines qui subsistent. Les anthères sont introrses et s'ouvrent par des fentes longitudinales. Le gynécée supère est formé d'un ovaire à deux loges, l'une antérieure et l'autre postérieure. Dans chacune d elles se trouvent deux ovules ascendants, anatropes, avec le micropyle inférieur et extérieur. Entre les deux ovules d'une même loge, la paroi de l'ovaire se déprime et s'avance de manière à former une fausse-cloison et à dédoubler cette loge en deux demi-loges uniovulées. En même temps le sommet organique de l'ovaire se déprime jusqu'au voisinage du réceptacle, et c'est de ce point que part la base du style, nommé pour cette raison gynobasique. Simple dans une grande étendue, le style se partage en haut en deux branches couvertes à leur sommet de papilles stigmatiques. Autour de la base du gynécée est un disque hypogyne glanduleux, ou circulaire, ou inégalement lobé et plus développé d'un côté que de l'autre. Le fruit est formé de quatre achaines (tétrachaine) réunis sur le réceptacle commun, et dont un certain nombre peuvent avorter. Dans chaque achaine se trouve une graine dressée qui renferme sous ses téguments un embryon dressé, entouré d'un albumen peu abondant ou même réduit à une simple membrane. Les Labiées sont des plantes herbacées ou ligneuses à la base, à rameaux opposés et quadrangulaires dans leur jeune âge, cylindriques à partir d'une époque plus ou moins avancée. Les feuilles sont opposées, rarement verticillées, sans stipules. Les fleurs sont, ou solitaires, ou bien plus souvent réunies en cymes ou en glomérules, à l'aisselle des feuilles, ou des bractées qui remplacent celles-ci. Dans ce dernier cas, les inflorescences sont des épis terminaux de cymes ou de glomérules. Les Labiées sont

Page 1