‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.53Chapitre 5 sur 74 · LABORATOIRE · texte numérisé non relu

LABORATOIRE

très-nombreuses en espèces et en genres ; elles croissent dans tous les pays du monde. Parmi leurs propriétés médicinales, qui seront spécialement étudiées à propos de chacun des genres employés en thérapeutique, la plus remarquable est leur arôme, dû à la présence d'une huile essentielle volatile. Cette substance est renfermée dans des réservoirs spéciaux dont l'apparence est celle d'une petite cavité, sphérique ou à peu près, transparente, plus ou moins saillante à la surface de l'épiderme. Ces réservoirs servent donc en partie à caractériser les Labiées; ils existent sur la plupart des organes , notamment les feuilles et autres parties vertes. Les Labiées sont voisines des Vcrliéiiacées, dont elles partagent les propriétés, et elles en diffèrent essentiellement par la gynobasie de leur style. Elles se rapprochent encore des Borraginées, dont elles représentent à beaucoup d'égards la forme irrégulière, mais dont elles n'ont pas les propriétés médicinales. H. Bn.

Juss., Gênera plantarum, HO. — Endl., Gen., 607, 1400. — Payer, Fam. nat., 190. LABlfflÉTRE. Voy. FoRCEPS.

LAKLAB. Nom donné quelquefois aux fruits des Acacia, c'est-à-dire aux Bahlobs [voy. ce mot), mais appartenant uniquement en réalité au Dollclws Lablab, L., devenu pour quelques auteurs le type d'un genre Lablab (Savi) ou Lablavia (G. Don). Il n'est guère possible de le séparer du genre DoUchos. {Voy. DoLicnos). H. Bn.

LABORATOIRE. On appelle généralement ainsi le heu dans lequel les pharmaciens préparent divers médicaments officinaux ou magistraux ; cehii dans lequel les chimistes, les physiciens, les physiologistes, etc., se livrent à leurs expériences; enfin on donne encore ce nom aux localités qui servent à certaines opérations industrielles restreintes. Les laboratoires peuvent donc être considérés comme des usines, des manufactures en petit, et, dès lors, ils n'en présentent les inconvénients que dans une proportion nécessairement très-réduite.

On les a imphcitement rangés dans la troisième classe des établissements incommodes et insalubres. Une ordonnance de police, en date du 12 février 1806 (antérieure au classement officiel des industries), exige la déclaration préalable et un examen.

Les plaintes à l'occasion des laboratoires de chimie se renouvellent fréquemment, et elles sont surtout causées par la crainte qu'inspirent les émanations gazeuses, dont le public s'exagère les qualités nuisibles. Ces plaintes remontent au siècle dernier, comme nous le voyons dans un rapport fait en 1774 parBellot de la Rivière, Desessartz et de Valun, sur le laboratoire de Charlard, situé à côté de la porte Saint-Denis, et dans lequel ce célèbre apothicaire distillait des eaux-fortes. De l'examen des commissaires il résulta, comme il arrive souvent, que les plaintes n'étaient pas fondées, que les conditions dans lesquelles se faisait la distillation étaient très-convenables, et que les gaz non nuisibles qui en provenaient étaient promptement entraînés et dispersés dans l'atmosphère.

Au total, les laboratoires des chimistes et des pharmaciens ne peuvent être insalubres; tout au plus peuvent-ils être passagèrement incommodes, soit par le fait de l'issue de gaz ou de vapeurs odorants, soit par l'écoulement d'eaux acides ou dégageant des odeurs désagréables. Les seules précautions à prendre, la déclaration une fois faite, sont les suivantes : 1° isoler les fourneaux des murs mitoyens;

10 LA BOURBOULE (eaux minérales de).

2" les surmonter de hottes adaptées à des cheminées s'élevant à une hauteur si; ffisaiite au-dessus des maisons voisines; 3" ne laisser écouler les eaux acides qu'après les avoir saturées, et désinfecter par des réactions chimiques les gaz odorants ; 4" établir une bonne ventilation dans le laboratoire ; 5° prendre de grandes précautions quand on emploie ou quand on prépare des substances facilement inflammables, et tenir habituellement les matières très-combustibles éloignées dos foyers et des fourneaux. (Trébuchet, Trav. du Cons. d'hyg.publ. Paris, 1861, m-i°, p. 599, et Yernois, Traitéd'hyg. industr. et administ.,t. Il, p. dOl, Paris, 1860, in-8°).

Quant aux accidents qui peuvent se produire dans les laboratoires chez ceux qui y travaillent, il en sera question à l'occasion des différentes substances délétères que l'on peut y préparer, comme nous l'avons fait pour l'arsenic, l'acide azotique, etc., et surtout aux mots Chimiques {Fabriques de produits) et Chimiste? {Maladies des). E.Bgd.

LA BOURBOULE (Eaux MINÉRALES de), hyperthermalcs ou hypoiher maies, chlorurées et bicarbonatées sadiques fortes, carboniques fortes. Dans le département du Puy-de-Dôme, dans l'arrondissement de Glermont-Ferrand, dans la commune de Murat-le-Quaire, au milieu de la chaîne des montagnes du Mont-Dore, à 846 mètres au-dessus du niveau de la mer, est un petit village de 97 habitants, composé de maisons très-modestes. (Chemin de fer de Paris à Clermont-Ferrand, d'oii une voiture publique partant tous les jours, pendant la saison thermale, effectue le trajet en 8 ou 10 heures.) La Bourboule est dans une vallée qui porte son nom ; ouverte à l'est et à l'ouest seulement, elle est traversée dans toute sa longueur par la Dordogue, qui n'est encore qu'un ruisseau à 10 kilomètres tout au plus de sa source. La climatologie de La Bourboule n'offre rien de particulier ; elle serait à peu près la même que celle du Mont-Dore {voy. ce mot), si le pays n'était moins élevé et n'était, par conséquent, moins exposé aux variations brusques de la température. Les matinées et les soirées y sont cependant froides, même pendant les mois de juillet et d'aoïit, quand le temps n'est pas pluvieux; la chaleur du milieu du jour est souvent accablante. Les vents régnants sont ceux de l'ouest et de l'est, car La Bourboule est abritée de ceux du nord et du sud par une suite ininterrompue de montagnes.

La saison officielle commence le 25 mai et finit le 30 septembre ; mais, en réalité elle ne s'ouvre que dans les premiers jours de juin pour se terminer vers le 15 septembre.

Le sol de La Bourboule est constitué par du granit recouvert d'un couche assez épaisse de tuf; le village est bâti à la base d'un rocher granitique, d'où émerge directement une seule des sources de cette station thermale ; les autres sortent de conglomérats et de tufs trachy tiques. Un nombre considérable de griffons qui devraient être captés et aménagés jaillissent de tous les points de la vallée, mais toujours sur la rive droite de la Dordogue. Le régime propre à La Bourboule n'en comprend pourtant que sept, qui se nomment : 1° la source du Grand- Bain; 2" la source Nouvelle; 3° la source du Bagnassou ; 4° la source du Coin; 5° la source des Fièvres ; 6° la source de la Rotonde; 7° la source du Communal.

1" Source du Grand Bain ou source Principale, ou Vieille source, ou Grande source. C'est la plus anciennement connue et celle qui a le plus contribué à faire' la réputation de La Bourboule; elle fournissait, avant l'année 1857, la ma-

LA BOURBOULE (eaux minérales de). H

jeure partie des eaux qui alimentaient les bains et les douches. Depuis les travaux de 1857, le débit de la source du Grand-Bain est tombé à 82,000 litres en vinstquatre heures. Son eau est parfaitement limpide, inodore, incolore, traversée fréquemment par des bulles gazeuses, elle est chaude à la bouche, sa saveur surtout chlorurée est assez désagréable ; sa réaction est acide au premier moment ; mais les préparations de tournesol qui viennent d'être rougies reprennent à l'air leur couleur bleue. La température de la pièce où émerge la source du Grand-Bain étant de 18° centigrade, celle de l'eau est de 48°, 3 centigrade. Sa densité est de 1,008.

M. Jules Lefort a fait, en 1862, l'analyse chimique des quatre sources principales de La Bourboule. Nous renvoyons, pour la composition élémentaire de l'eau de la source du Grand-Bain, au tableau qui suit la description de la source du Bagnassou.

2" Source Nouvelle. Elle a été découverte en 18Ô7. C'est la plus abondante des sources de La Bourboule, après celle du Communal; son débit est en eflet de 20,160 litres en 24 heures. Cette eau a les mêmes caractères physiques et chimiques que celle de la source du Grand-Bain. La température de la source Nouvelle n'est pas la même à tous les griffons; elle est de47",5 centigrade en moyenne; sa composition chimique exacte n'est pas encore connue.

L'eau de la source Nouvelle alimente une buvette, elle fournit l'eau hyperthermale aux bains et aux douches des deux établissements de La Bourboule.

5° Source du Bagnassou (Petit-Bain). Son griffon est dans un puits carré de maçonnerie ; un canal creusé dans le tuf l'amène ;\ la partie la plus haute et à une ouverture pratiquée à la paroi du fond de la baignoire n" 1 , qu'elle alimente presque exclusivement et par refoulement. Les bains sont pris à l'eau courante dans cette baignoire. Le débit de cette source est de 5,040 litres en 24 heures. Les propriétés physiques et chimiques de l'eau du Bagnassou sont les mêmes que celles des sources du Grand-Bain et Nouvelle, à la ditH'renco de sa saveur à la fois alcaline et chlorurée, de sa température, qui est de 55°,!} centigrade, et de sa densité, qui est de 1,005.

M. Jules Lefort a trouvé, dans 1,000 grammes de l'eau de la source du Grand- Bain et de la source du Bagnassou, les principes suivants :

SOURC K SOCHCE

DU GBA.ND-BAIN. DO BAGNASSOD.

Chlorure de sodium 3,ôi57 3,1972

— potassiniii 0,23j5 0,2295

— magnésium 0,0590 0,0352

— lithium I I

— cœsium \ indices. .,.,..< indices.

— rubidium ) (

Sulfate de soude 0,27S8 0,2829

Bicarbonate de soude 2,2719 2,0157

— chaux 0,1964 0,1911

— protoxyde de fer. .j 0,0053

— manganèse . . . . ( l

— ammoniaque . . . [ indices. ...•..< indices.

Phosphate de soude | (

Arséniate de soude 0,01-26 0,0146

Acide silicique 0,10;i5 0,1075

Alumine 0,0301 0,0218

lodure et bromure de sodium . . i jj.,^^^^ i ^^^^^

Matière organique bitumineuse. . ) • • • • (

Total des matières fixes. . 6,5191 6,0968

Gaz acide carbonique libre .... 0,3852 gramme. . . 0,8780 gramme.

42 LA BOURBOULE (eaux minérales de).

4" Source du Coin. Elle sort par une fente ovalaire placée entre les deux pavés du fond de la baignoire n" 3, qu'elle alimente ; elle n'a pas d'autre usage. Son débit est de 5,456 litres en 24 heures. Ses caractères physiques el chimiques sont les mêmes que ceux des sources précédentes; sa température est de 40°, 8 centigrade ; son eau n'a point été analysée.

5° Source dea Fièvres. Le dernier captage de cette source, dont le débit est de 6,480 litres en 24 heures, remonte à 1859. Depuis cette époque, son eau est reçue dans un réservoir de maçonnerie qui lui est commun avec la source de la Rotonde, d'où elle est conduite par un tuyau souterrain jusqu'aux étabUssements de bains de La Bourboule. Un robinet extérieur, adapté à chacun des canaux a^ant l'arrivée de leur eau au réservoir, permet aux buveurs d'mgérer l'eau de l'une ou de l'autre des deux sources. Le bassin commun alimente d'eau hypothermale les baignoires de La Bourboule.

La source des Fièvres a des intermittences périodiques ; son eau coule pendant 70 ou 75 secondes de suite, et s'arrête pendant 8 ou 10 secondes. Le jet acquiert son summum d'intensité au bout de 57 ou de 40 secondes d'écoulement.

L'eau de cette source a une odeur sulfureuse très-marquée, perceptible quand on entre dans le pavillon, mais sensible surtout quand on a reçu l'eau dans un verre. Elle est claire, transparente et gazeuse ; son goût est à la fois bicarbonaté et ferrugineux; elle rougit à peine le papier bleu de tournesol. L'air extérieur marquant 20°,5 centigrade, la température de l'eau de la source des Fièvres est de 31", 4 centigrade ; sa densité est de 1 ,005.

Nous donnons son analyse avec celle de la source suivante.

6° Source de la Rotonde. Cette source émerge directement du granit. Le débit de la source de la Rotonde est de 14,400 litres en 24 heures. Cette eau a une odeur sulfureuse moins prononcée que celle delà source des Fièvres. « Une pièce d'argent placée immédiatement sous le jet des sources, dit M. Lecoq, noircit au bout de quelque temps, tandis qu'éloignée de 7 centimètres seulement de la chute d'eau, elle conserve son éclat pendant plusieurs jours. » Cette expérience ne nous a pas donné les mêmes résultats, et deux pièces d'argent exposées pendant une heure seulement, à 33 centimètres au-dessous du jet des sources des Fièvres et de la Rotonde se sont colorées l'une en beau noir (source des Fièvres) et l'autre en jaune foncé (source de la Rotonde).

L'eau de la source de la Rotonde a les mêmes caractères extérieurs que celle de la source des Fièvres; sa saveur seulement est plus sensiblement chlorurée, moins bicarbonatée et moins ferrugineuse. Elle est plus chaude et fait monter la colonne thermométrique à 35",7 centigrade. Sa densité est aussi de 1,005.

M. Jules Lefort a trouvé, dans 1,000 grammes des eaux de la source des Fièvres et de la source de la Rotonde les principes suivants :

SODBCE SODRCE

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