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IV. — Oimension et surface du trou occipital

Longueur du trou occipital

Largeur du trou occipital

Rapiiorl des surfaces

La longueur étant 100, la largeur ou indice devient

l'iO 119,5 113,8

•ig»

2io 276,7

49° Il I 101,6 115,1

* La portion faciale RBest prise au compas et ajoutée à l'arc RFLmPB.

3" Etude de la face osseuse du Lapon comparée à celle du Parisien. Un simple coup d'œil jeté sur le premier tableau montre la régulière prédominance des chiffres gras dans la colonne des Parisiens, pour la première partie du tableau, et, par suite, prouve que leur face l'emiiorte sur calle des Lapons, soit par le développement de haut en bas, soit par la projection eu avant des parties avoisinant la ' ligne médiane ; tandis que la prédominance des chiffres gras dans la colonne des Lapons, pour la seconde partie du tableau, montre l'excès du développement transverse et latéral de sa face. Il en résulte n'cssairement uno face plate et large chez ceux-ci, longueet saillante au milieu chez ceux-là. On suivra facilement, sur lèpremier tableau, les détails de ces deux architectures. Nous ferons seulement remarquer, parla comparaison des longueurs des lignes B/i et BA et des longueurs AE, combien les Parisiens sont prognathes, comparés aux Lapons; l'os incisif est, chez nous, moins large, plus long, et projeté en avant au moins de G millimètres. Cependant, le prognathisme se rencontre aussi quelquefois chez le Lapon, car un des moules en plâtre (dit crâne de femme) est notablement prognathe.

4° Étude du crâne proprement dit. Les grands diamètres . Le trait caractéristique de la forme crânienne du Lapon résulte de sa tète courte et large. Il est sans doute le plus braihyc-phale des types humains. On voit que l'indice moyen de nos huit crânes (pour ces diamètres les moules en plâtre ont été compris), est de 85,6 ; il est seulement de 84,2 pour les crânes osseux; car, parmi les moules, il y en a un (dit crâne d'homme) qui a 167 millimètres de long sur 157 de large : ce qui donne un indice de 94, le plus fort que j'aie rencontré.

On voit sur ce 2^ tableau que tous les diamètres trans verses, soit antérieurs, soit postérieurs, l'emportent chez le Lapon; ainsi, il n'y a pas là seulement un excès de développement relatif, mais aussi absolu.

5° Courbes crâniennes. Même résultat pour les (.ourbes. i' y a pourtant une exception pour la courbe transverse sus-auriculaire, plus grande chez le Parisien, et l'inspection de la III'' partie du tableau montre que c'est parce que le crâne parisien, moins large, est plus élevé sur sa zone médiane ; ce qui allonge la courbe trans verse.

On remarquera que la circonlérence horizontale totale est à peu près la même sur les deux types. Mais, ce qui est sans doute inattendu, c'est que la partie antérieure l'emporte un peu chez le Lapon, et la partie postérieure, notablement chez le Parisien. Ainsi, si le crâne du Lapon est court, ce n'est pas aux dépens de son développement antérieur, mais plutôt de son développement postérieur. Ainsi par rapport au Lapon, la dolychocéphahe du Parisien est pariétale ou occipitale, absolument comme celle du nègre par rapport au Parisien !

6" Rayons basilaires, angles et côtés quils comprennent» Si l'on ne considère que la ligne médiane, tous les rayons basilaires (il en est de même des rayons auriculaires) sont plus longs ; les cordes et les arcs qu'ils limitent le sont aussi ; mais il n'y a plus la môme unité pour les ouvertures angulaires : l'angle frontal GBF et l'occipital supérieur LB&j sont les mêmes chez les deux types à très-peu près, mais l'angle pariétal FBL et l'angle plan qui mesure l'écartement des bosses frontales aux bosses pariétales sont décidément plus ouvertes chez le Parisien. On remarquera aussi la diftérence qu'il y a entre la longueur de l'arc pariétal et sa corde ; elle est de 9 (119— HO) chez le Lapon et s'élève à 13 (126—113) chez le Parisien : ce qui indique une voussure plus prononcée chez ce dernier.

Toutes ces mesures tendent à prouver que la plus grande dimension antéro-

postérieure du Parisien, comparée au Lapon, tient surtout au développement de

l'os pariétal.

L'épanouissement angulaire transverse est un peu moins significatif : ce qui peut tenir à un choix moins heureux des points singuliers essayi's. Nous aurions peut-être dû mesurer les angles transverses et la longueur des rayons aboutissant aux extrémités des grands diamètres transverses si caractéristiques.

7° Angle sphénoïdal. Enfin l'angle sphénoïdal de Welker mesuré sur les cinq crânes lapons, d'après la méthode Broca {voij. Angles cépii.) a donné un angle moyen de i45°,2 (moyenne obtenue par la construction d'un triangle fait avec les longueurs moyennes) et je trouve chez les vingt Parisiens 141»,5, différence assez notable et à l'avantage des Parisiens puisque l'angle sphénoïdal est en raison inverse du développement encéphahque. {Voy. Akgles céph.) Mais on n'oubliera pas que ces angles ont été obtenus |iar le procédé de M. Broca qui évidemment ne donne pas des valeurs comparables à la coupe crânienne de Welker, et que notre moyenne ne résulte pas de la moyenne des angles, mais de la moyenne des longueurs; il eût été mieux d'y joindre la moyenne des angles construits un à un, car ces deux moyennes, quoique le plus souvent fort rapprochées, ne sont pas

identiques.

8" Conclusions. Quoi qu'il en soit, il résulte de cette étude, que le crâne lapon se distingue et par sa largeur transverse et par sa brièveté antéro-postérieure qui porte notamment sur le pariétal, et, ce qui n'avait pas été aperçu des artistologues, par un aplatissement marqué de la voussure médiane ; mais il en résulte aussi que, et le volume total et l'ample développement des parties antérieures et frontales, sont beaucoup plus marqués que ne l'eût fait présumer l'intelligence bornée de ce type misérable. La cellule nerveuse serait-elle plus paresseuse dans desréTÏoRS glacées ou chez ces races polaires? Nous sommes portés à le présumer en présence du vaste crâne de ces petits hommes, et de celui d'une toute autre forme, mais non moins vaste du Groenlandais. ( Foi/. Groenland.) Nous avons encore une autre remarque à faire à propos du trou occipital. On voit par la IV*' partie du 2"^ tableau, que ce passage de la moelle est beaucoup plus large chez l'homme du Nord que chez le Parisien, puisque le rapport des deux surfaces (estimé par le rapport du produit des 2 diamètres) est comme 118,5 : 100. Ce caractère est si marqué, que d'une part, sur nos cinq crânes lapons, nous en avons deux dont la longueur atteint ou dépasse 40 millimètres, tandis que sur les cent vingt-cinq crânes parisiens du xix« siècle pas un seul n'atteint ce chiffre, et que de l'autre la longueur moyenne des crânes parisiens (35 millimètres) est la longueur minimum des crânes lapons. N'est-ce pas la preuve que, soit par sa race, soit par son milieu, le Lapon, malgré sa petite taille a un système nerveux organique et sensitif beaucoup plus volumineux que celui du Parisien. Il est donc assez naturel que l'encéphale qui est en grande partie occupé par l'épanouissement de cette moelle soit relativement plus volumineux, et ne peut-on pas penser que si la capacité crânienne du Lapon ne l'emporte pas davantage sur celle du Parisien, c'est que, s'il a une fibre nerveuse organique plus volumineuse, il a la substance nerveuse pensante en moindre proportion. Si cette hypothèse se vérifiait, le rapport de la surface du trou occipital et de la cavité crânienne prendrait une grande importance, puisqu'elle serait indicatrice du rapport entre le volume occupé dans l'encéphale par la i)artie organique et par la substance dans le sein de laquelle s'élaborent les conceptions intellectuelles. Mais aujourd'iiai ce n'est là qu'une hypothèse, qu'une vue jetée en avant dont l'étude subséquente dira la

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■valeur. En terminant cette notice, nous voulons remercier, et M. le professeur de <}uatrefages, et M. E. Rousseau, conservateur des galeries d'anatomie, de leur obligeance à nous faciliter l'étude des trop rares spécimens que no! re Muséum possède sur ce sujet. Bertillon.

LA PORETTA (Eaux MINÉRALES de), hyperthermoles , mésothermales onhypothermales, chlorurées sodiques fortes ou moyennes, carboniques et sulfureuses faibles. On va de Paris à La Poretta par Turin, Bologne et Vergato ; la station minérale est un des points d'arrêt du chemin de fer central italien. La Poretta est un bourg de 1,200 habitants, à o70 mètres au-dessus du niveau de la mer. sur le versant nord des Apennins, dans la vallée du Reno. La température pendant les mois de la saison thermale, c'est-à-dire du 20 juin au 20 septembre, s'élève dans lemiheudu jour jusqu'cà 31° et 33° centigrade, et s'abaisse Je matin et le soir jusqu'à 13° et même 12° centigrade. Le chmat est donc Irès-variable ; c'est un séjour assez triste où le confortable et les distractions manquent complètement. Le bourg se trouve comme enfermé entre deux branches du Reno, il Rivo et il Rivo Maggiore.

Un grand nombre de griffons émergent à La Poretta ou aux alentours, mais huit seulement sont captés et aménagés : nous ne nous occuperons que de ces derniers. On les nomme sorgente di Marte, sorgente Reale, sorgente délia Tromba, sorgente del Leone, sorgente del Bove, sorgente délie Donzelle, sorgente Puzzola, sorgente délia Poretta Vecchia.

1", 2° et 5° Sorgente di Marte (source de Mars), sorgente Heale (source Royale), sorgente délia Tromba (source de la Trompette). Ces trois sources, qui ont un captage distinct, émergent au bas du rocker de la Croix (Monte délia Croce), sur la rive droite del Rivo Maggiore. Leur eau est claire, limpide et transparente; elle n'a aucune odeur et aucune saveur; sa réaction est alcahne; la température de l'air étant de 15°,5 centigrade, celle de l'eau de la source de Mars est de 36°,2 centigrade; colle de la source Royale de 33°,2 centigrade, et celle de la source de la Trompette, de 35°, 1 centigrade. L'eau de ces trois sources ne sert qu'en bains et en douches à l'établissement thermal di Marte. Cet étabhssement se compose de six cabinets de bains dont trois sont munis d'appareils de douches. Les salles de bains et de douches occupant tout le rez-de-chaussée sont trop peu éclairées, trop peu ventilées et trop petites. Elles contiennent une baignoire de bois en contre-bas du sol et à laquelle on descend par une marche. Deux des baignoires sont alimentées par l'eau de la sorgente di Marte, deux par la sorgente Reale et deux par la sorgente délia Tromba. Les deux premiers et l'un des derniers cabinets ont des appareils de douches. On prend des bains généraux seulement dans les salles où se rend l'eau de la sorgente Reale.

4° et 5° Sorgenti del Leone e del Bove (sources du Lion et du Bœuf) . Leur émergence a lieu de l'autre côté de la petite place de l'établissement di Marte • elle viennent l'une et l'autre directement de la montagne, mais leur griffon ne sort que dans la baignoire du cabinet qui porte l'inscription : Bue Vecchio. L'eau àe ces deux sources a presque les mêmes caractères; elle est claire, limpide et transparente, sans odeur, d'une saveur franchement salée, celle de la sorgente del Leone surtout. Elle contient des bulles gazeuses très-petites qui mettent de quarante-cinq à soixante-cinq secondes à monter à la surface d'un verre. La réaction de l'eau de ces deux sources est alcaline ; la température de l'air étant de 16° centigrade; celle de l'eau de la sorgente del Leone est de 34",2 centigrade,

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et celle de la sorgente del Bove esl de 36°, 1 centigrade. L'analyse chimique de ces deux sources faite en 1857 par M. Sgazzi a donné par iOOO grammes d'eau les principes suivants :

SORGENTE DEL LEONE. SORGENTE DEL BOTE.

Chlorure de sodium 8,3472 7 m^g

lodure de sodium 0.0y72. . . . traces indéterminée*

Bromure de sodium traces indéterminées .... —

CarJjonate de soude 0,2861 0 5833

— chaux. . , 0,0416. ...',..'. o!o833

— magnésie 0,0f<53 —

Alumine • . . . 0,0il6 0,0416

S'I'ce — .... traces indélerminéeiw

Matière pseudo-organique 0.0694 0,0555 f

Perle 0,0556 0,0097 1

TOTiL DBS MATIÈRES FIXBS. . . 9,0000 8,5472

Acide sulfliydrique. ... 0 litre 019 0 litre 009

— carbonique 0 — 007 0 — 010

Hydrogène proto-carboné. 0 — 015. .... G — 067

Total des gaz 0 litre 041 0 litre 086

Les eaux de la sorgente del Leone s'emploient à l'intérieur et à l'extérieur; celles de la sorgente del Bove sont usitées à l'extérieur seulement. Ces deux sources alimentent un petit établissement qui se compose d'une buvette et de quatre cabinets de bains. Deux des quatre cabinets de l'établissement sont alimentés par les eaux des sorgenti del Leone et deux par les eaux de la sorgente del Bove. Les robinets, dans les cabinets del Bove donnent comme eau chaude Teau à la température de la source du Bœuf, et comme eau froide l'eau refroidie de la source délie Donzelle.

6» Sorgente délie Donzelle (source des Demoiselles). La source et l'établissement des Demoiselles sont à 5 mètres de l'étabhssement di Marte. Le griffon de cette source est aussi dans la montagne délia Croce ; il émerge près de l'un des cabinets de bains. Son eau est claire, hmpide, très-gazeuse, elle contient des bulles beaucoup plus grosses que celles des autres sources, elles ne mettent que trente-cinq secondes à arriver à la surface du verre ; elle n'a aucune odeur; sa saveur est beaucoup moins chlorurée que celle de la sorgente del Leone, sa réaction est à peine acide et pourtant elle fait virer au rouge le papier de tournesol ; sa température est de 31°, 7 centigrade au robinet de la buvette. L'établissement délie Donzelle se compose d'une buvette, d'un refroidissoir, d'une salle d'attente, d'une salle de douches en jet et en pluie (à pression trop faible), de trois cabinets de douches ascendantes et de trois salles de bains avec appareils de douches. Le réservoir où l'eau se refroidit permet de fournir d'eau froide les deux cabinets ahmenté par l'acqua délia sorgente del Bove et les cabinets de bains et de douches de l'établissement délie Donzelle lui-même dans les salles de bains, avec douches, deux robinets de cuivre donnent l'un, celui qui est à clef, l'eau à la température délia sorgente délie Donzelle, l'autre, l'eau refroidie de cette même source. La température de l'eau délie Donzelle est de 53°,1 centigrade au robinet à clef du cabinet de bains le plus rapproclié du griffon.

1° Sorgente Puzzola (source Fétide) Son point d'émergence est à 500 mètres de distance des trois établissements dont il vient d'être question. Une couche assez épaisse de soufre se dépose sur ses parois. Cette eau est hmpide, d'une odeur sulfureuse manifeste, d'une saveur à la fois salée et hépatique ; sa réaction est alcahne et sa température de 24» centigrade. Elle est gazeuse, ses bulles sont très-petites et mettent cent huit secondes à monter à la surface d'un verre. L'éta-

LA PORETTA (eacx minérales de). 44f

blissement de Puzzola se compose d'une buvette et de trois cabinets de bains sans appareils de douches. Les baignoires de marbre blanc sont en contre-bas du sol et desservies par deux robinets à clef dont l'un s'ouvre par la paroi inférieure, c'est celui qui verse 1 eau chauffée par la vapeur ; l'autre surmonte la paroi supérieure et iournit 1 eau à la température de la source.

8° Sorgente délia Porelta Vecchia (source vieiUe de La Poretta). C'est la plus anciennement connue ; son griffon est à i 20 mètres plus loin que celui de la source Puzzola, en suivant aussi la route de Pistoja et du même coté du torrent • il a i tallu pour y arriver tailler à vif un rocher que traverse le grand tunnel du chemin de fer. L'eau de la sorgente de La Poretta Vecchia serait limpide, si des flocons de barégme ne nageaient dans le verre ; elle est moins salée mais plus sulfureuse que celle de Puzzola ; elle est aussi un peu moins gazeuse, ses bulles sont plus petites eUes mettent quatre-vingt-sept secondes à gagner sa surface ; sa réaction est alcaUne, elle a une température de 54" centigrade, celle de l'air étant de 17° 1 cen tigrade. Son analyse chimique a été faite en 1837, par M. Sgazzi, qui a'trouvé dans 1000 grammes d'eau les principes suivants :

Chlorure de sodium . o aah

lodiire de sodium •..,,, 0 0^77

Carbonate de soude. ...•,,,,.,,,,.[|' 0 "SBl

— magnésie * 0,0555

Uatière pseudo-organique 00277

Total des hatièbes fixes 2,9722

! Acide sulfhydrique 0 litre 028 — carbonique .»,. 0 012 Hydrogène proto-carboné ' Q 004

Total les oaz G litre 044

L'établissement de La Poretta Vecchia se compose d'une buvette, de quatre cabinets de bains et de deux appareils de douche. Les quatre cabinets de bain» précédés de leur vestiaires, sont trop sombres et trop petits. On administrait des douches dans les deux cabinets les plus rapprochés du griffon à l'aide d'une pompe à main qui montait l'eau, mais ce service est abandonné aujourd'hui. Deux conduits de plomb partent du bassin de captage et conduisent l'eau aux deux baignoires qui sont de chaque côté. Les bains se prennent à la température de la source, aussi l'établissement de La Poretta Vecchia est-il beaucoup plus fréquenté que celui de Puzzola, où on est obligé d'élever artificiellement la température de l'eau avant de l'employer en bains et en douches.

Mode d'administration et doses. Comme on l'a vu, on prend à l'intérieur les eaux des sources Leone, Donzelle, Puzzola et La Poretta Vecchia, qui servent aussi en bains et en douches. Celles des sources de Mars, Pvoyale, de la Trompette et du Bœuf n'ont que des usages extérieurs. Les eaux de La Poretta en boisson se conseillent à des doses variant de trois à six verres de 1 20 grammes chacun, pris à un quart d'heure d'intervalle le matin à jeun. La durée des bains est d'une ' heure en général. Le traitement par les douches est assez rarement suivi; il est prescrit quelquefois cependant, et la durée des douches est à peu près la même que dans les autres postes thermaux. Il n'y a donc rien de spécial à dire à cet égard.

Les eaux de La Poretta ont une composition chimique très-différente en raison de leur point d'émergence. Ainsi celles qui sortent du mont délia Croce sont hyperthermales, notablement sulfureuses, mais franchement et fortement chlo-

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rurées; elles contiennent un gaz qui ne se rencontre pas habituellement dans les eaux minérales et surtout en proportion si considérable. On lui a donné un usage économique en le recevant sous un gazomètre, et en l'employant à l'éclairage des établissements del Bove, Leone et Donzelle, sans qu'il soit besoin de lui faire subir aucune préparation particulière. Il se rend aux becs de gaz absolument tel qu'il se dégage de l'eau. Les eaux des sources de Puzzola et de La Poretta Vecchia sont protothermales ou mésothermales, sulfureuses et faiblement chlorurées ; leur gaz le plus abondant est l'hydrogène sulfuré quoiqu'elles laissent dégager aussi une petite quantité d'acide carbonique et d'hydrogène carboné. Ces deux groupes parfaitement distincts sous le rapport de leur composition élémentaire, ont aussi des propriétés physiologiques et curatives tout à fait différentes.

Emploi thérapeutique. Le groupe du haut du bourg ayant son origine dans le mont de la Croix, le groupe franchement chloruré et carboné agit sur l'homme sain comme les eaux chlorurées sodiques médiocrement fortes ; il détermine une purgation modérée et sans coliques, qui se produit en général après l'ingestion du troisième verre, il exerce une action diurétique incontestable et amène un effet tonique et reconstituant qu'exphque aisément le chlorure sodique qu'il renferme. Comme les eaux chlorurées encore, les sources del Leone et délie Donzelle constipent lorsqu'elles sont bues en petite quantité, à la dose d'un demi-verre ou d'un verre pris en plusieurs fois. Elles sont diaphorétiques. Continué pendant plusieurs jours en proportion assez élevée, l'usage interne de ces eaux détermine quelquefois l'excitation et la fièvre thermale. Les eaux sulfureuses chlorurées de Puzzola et de La Poretta Vecchia doivent être employées en assez faibles proportions dans les premiers temps au moins. Ainsi un verre ou un verre et demi seront permis au début, il ne faut jamais dépasser cinq ou six verres par jour. En petite quantité les eaux de ces deux sources constipent presque infailliblement, elles purgent à doses plus élevées. Dans ces deux circonstances l'appétit et la soif augmentent, la digestion se fait mieux et plus vite. Elles ont un effet tonique et reconstituant. Comme les eaux d'Uriage, les eaux de Puzzola et de La Poretta Vecchia ont une propriété que n'a pas la catégorie d'eaux minérales à laquelle elles appartiennent; nous voulons parler de la stimulation du système nerveux qu'elles déterminent à un assez haut degré. Lorsque les eaux de Puzzola et de La Poretta Vecchia purgent, elles ne sont ni diurétiques ni diaphorétiques; mais elles portent aux urines ou à la peau , si elles n'ont pas d'effet laxatif ; c'est le rein qui fonctionne avec le plus d'énergie, si le temps est froid ; c'est la peau, si le temps est orageux et chaud. L'usage interne seul de ces eaux sulfureuses produit rarement la poussée qui apparaît quelquefois lorsque les traitements interne et externe sont combinés. Les bains et les douches avec les eaux de Puzzola et de La Poretta Vecchia sont toniques, et pourtant leur administration est, en général, suivie d'une augmentation de la transpiration et de la sensibihté cutanée. Ils sont diurétiques et provoquent presque toujours une menstruation ou un flux hémorrhoïdal plus abondants.

Les eaux des sources del Leone et délie Donzelle en boisson, en bains et en douches, les eaux di Marte, délia Tromba et del Bove, à l'extérieur seulement, agissent très-avantageusement contre les accidents qui sont occasionnés par un lymphatisme exagéré ou par une diathèse scrofuleuse; c ntre les catarrhes des membranes muqueuses, les engorgements ganglionnaires, les ulcères de la peau, les caries et les nécroses des cartilages ou des os, etc. Le chlorure du sodium qu'elles tiennent en dissolution, les iodures et les bromures qu'elles renferment

La preste (eau\ minérales de). 449

rendent un compte suffisant de leur activité dans ces circonstances : mais il est à peu près certani qu'elles agissent plus efficacement encore par la présence du gaz hydrogène protocarboné qui s'en dégage. Les mêmes remarques s'appliquent aux rhumatismes. Les eaux des sources chlorurées sulffireuses de Puzzola et de La Poretta Vecchia sont opposées surtout aux affections cutanées. Ces eaux ont, à cet égc-n-d, une réputation sinon universelle, incontestée au moins dans l'Italie entière, car les médecins de ce pays adressent à la Poretta les dartreux, chez lesquels tout traitement est resté impuissant. On les emploie aussi contre l'ulcération, . les excoriations, les granulations, l'engorgement du corps ou du col utérin. Ce sont les eaux de la source de La Poretta Vecchia spécialement qui, en boisson et en bains, sont mis en usage dans les empoisonnements saturnins et mercuriels, dans la syphilis larvée.

Les indications secondaires des sources Puzzola et de La Porelta Vecchia, en boisson et en bains, s'appliquent à la dyspepsie atonique, au catarrhe chronique des voies respiratoires et de la vessie.

Les eaux du groupe de la Croix sont contre-imliquée^ dans la pléthore, la tendance aux congestions cérébrales ou pulmonaires, les maladies du cœur ou des gros vaisseaux. Celles du groupe de la route de Pistoja sont d'une application dangereuse dans la phthisie pulmonaire à toutes ses périodes.

Durée de la cure : de vingt à trente jours.

(inyï exporte pas les eaux de La Poretta. A. Rotcread.

BiDuoGiupiiiE. — Gentilis DE FuLiGiNEo. De balneis tractatus primas. Vicence, 1473 in-fol -bAvoxAnoLE (Micliael). De balneis et thermis naturalibus omnibus Italiœ, sicque totius orbis proprietatibusque earum Pnœmium Ferrare, 1485, in-fol. - Tuura de Castello Recepta aquebalneide Porecta, etc., faisant suite à la c/iirurgie de Gvh de Chahuac. Venise, 1490, in-lol et ui-8°. - Les auteurs suivants dont on trouve les .crits dans de Balneis omnia quœ extantapud Grœcos, Latinos et Arabas, etc., Venise, 1553, in-4», se sont occupés des eaux de La 1 oretta : Bover vs de Baverus. ConciUum de balneo Porettœ, page 144- — Bartholo- «.«vs A Clivolo Tavrinensis. De balneis Porretensibus, cap. 20, p. 261 ; - Mencus Blanchellus. JoZf.'"'^"'^ ^o«o;nen5/, page 72; - Ugo Senensis. Consilium pro aqua Porectana pay:e ^i2-2io. — Ugolinus phïsicus. De aquarum Porectœ virtutibus tractatus insignis page 52. — MA0NO1R (Bobert) La Poretta et Monfecatini. Firenze, 1848. in-8». A. R.

LAPPA. Voy. Bardane.

LAPPAGO. Synonyme, d'après Mérat et Delens {DicL, IV, 42), du Galium Aparine. [Voy. Gratteron.) U g^^

LAPPUUER. Nom français appliqué à quelques espèces du genre Triumfetta {voy. ce mot), de la famille des Tiliacées, notamment au T. LappulaL.

H. Bn.

LA PRESTE (Eaux minérales de) hyperthermales , sulfurées sadiques faibles, azotées, dans le département des Pyrénées-Orientales, est un village de 90 habitants dont l'établissement thermal est éloigné de 2 kilomètres. (Chemins de fer de Ljon, Tarascon, Cette, Narbonne etPerpignan, ou de Bordeaux à Perpignan. De cette ville à Amélie-les-Bains, voiture publique, quatre heures, d'Améli^les-Bains à La Preste route muletière, 30 kilomètres en attendant la route d'Amélie à Prats de Mollo avec embranchement sur La Preste). Le torrent le Tech passe à 50 mètres de la station de La Preste qui, à l'entrée d'une vallée étroite, au fond de laquelle coule la Cadena, est un des nombreux afOuents du Tech. L'établissement thermal de La Preste, à 1H7 mètres au-dessus du niveau delà mer

DICT. ENC. 3* S. I. M

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et à 35 mètres au-dessus de l'eau du Tech, est sur un plateau environné de montagnes nues et escarpées qui l'entourent au nord, à l'ouest et à l'est. La vallée de la Cadena, ouverte au midi seulement, finit tout à coup sur le bord droit du Tech. La chaîne centrale des Pyrénées est à l'horizon, et à son sommet se trouve la frontière d'Espagne, à 5 kilomètres seulement de la maison des bains ; elle est ordinairement visitée par les hôtes accidentels de La Preste qui s'y rendent par le col Pragon. Les autres excursions pour les baigneurs qui ne craignent pas la fatigue sont la montagne de Costabona, derrière laquelle le Tech prend sa source, on découvre sur son plateau supérieur une partie du Roussillon et de la Catalogne • la Couma del Tech ; la solanetta de Costabona ; las Concas ; Sizern; le bac, la Tour del Mir et l'ermitage du Coral. Ceux qui ne peuvent se livrer à un long exercice se contentent d'une visite aux hameaux des Forges et de La Preste ou au moulin de Grafull. Les malades se promènent sur les vastes terrasses ombragées paide belles plantations qui entourent l'établissement thermal et forment une suite de ■îtelvédères d'où l'on peut voir sous différents aspects les gorges du Tech et de la Llabane. La température de l'hiver et du printemps, sans être rigoureuse, n'est pas à beaucoup près aussi douce qu'à AméHe-les-Bains, mais celle de l'automne permet aux baigneurs de prolonger leur séjour à La Preste jusqu'au miheu du mois d'octobre. La saison commence le 1" juin. La chaleur du miheu de la journée est quelquefois insupportable, mais il est indispensable de se garantir de la fraîcheur et de l'humidité du matin et du soir.

Cinq sources émergent à La Preste, elles s'appellent : Source n" i ou source d'Apollon, ou Grande fiource; source n° 2, ou source Chaude, ou source Basse Calente; source n" 3, ou source des Lépreux ou Bany-d' als-Mazells ; source de la Fargasseou de la Forge, et source n" 5 ou source Jaillissante.

La source n° 4 dont le griffon, sur la rive gauche, à 30 centimètres seulement des basses eaux du Tech, est submergé par les crues fréquentes du torrent. L'éloignement de cette source de l'établissement thermal et la difficulté de la capter hermétiquement, ont fait renoncer à son emploi. Nous nous contentons de donner sa température, qui est de 43°, 9 centigrade.

La source n° 5, trouvée en 1851, sort en gerbe du rocher d'où elle tombe de \ mètre 1/2 de hauteur, sur le bord gauche de la Cadena, à l'eau de laquelle elle se mêle à 1 mètre de son bassin et à 3 mètres du griffon de la source n" 2. M. le docteur Ferran indique encore dans sa thèse inaugurale une sixième source à laquelle il donne le nom de source de Diane. C'est un filet de la Grande source, qui ne mérite pas de description spéciale.

Les sources n" 2 et n' 5 n'ont aucun usage thérapeutique. La première sort en bouillonnant de la suriace du sol, à 20 mètres de la Grande source, son eau d'une température de43°,8 centigrade va retrouver la Cadena. L'eau de la seconde, ou source des Lépreux, est à 5 mètres de la précédente ; elle s'écoule au milieu des ruines d'une vieille piscine où se baignaient les lépreux; elles se rend aussi à la Cadena ; sa température, après avoir reçu un filet d'eau athermale, est abaissée à 21",5 centigrade.

Nous avons donné les noms et la position de toutes les sources de La Preste pour que l'on puisse comprendre les auteurs qui ont écrit sur cette station thermale, car ces sources n'ont aucun intérêt au point de vue de leur action curative. La Grande source de La Preste est intéressante à étudier, puisqu'elle alimente seule les moyens balnéaires de l'étabhssement thermal et que toutes les autres a'en sont que des filets inutiles.

LA PRESTE (eaux minérales de). 451

Source n« 1 , ou Grande source ou source fV Apollon. Carrère, Marcé et Anglada désignent la Grande source sons le nom de source n° 1. Ses griffons multiples émergent sur la rive droite du Tech ; l'eau du principal sort directement du granit d'où elle est conduite dans un réservoir voûté. C'est de ce bassin qu'elle est conduite par des tuyaux souterrains aux diverses parties de l'établissement thermal. Los sources n'yi, 2 et 3 sont connues depuis 1750; les caractères physiques et chimiques del'eau de toutes les sources de La Preste sont les mêmes, à l'exception de la thermalilé. Elle est limpide, incolore, d'une odeur faiblement sulfureuse qu'elle perd bientôtaprès avoir été en conlact avec l'air ; d'une saveur à la fois hépatique et alcaline, elle laissedéposer unegrandequantitéd'un liquideglaireuxetblanchàtre qui n'est autre chose que de la barégine. Ces eaux ramènent au bleu la teinture de tournesol préalablement rougie par un acide, elles cuisent parfaitement les légumes et servent à tous les usages culinaires et domestiques de la maison de bains. Un gaz qu'Anglada a reconnu pour être du gaz azote à peu près pur traverse l'eau et s'attache aux parois des verres qui la contiennent. La température de l'eau du griffon de la Grande source, seule employée aux besoins du service médical, est de 44" centigrade. Les autres filets ont une chaleur inférieure parce qu'ils ont reçu une plus ou moins grande proportion d'eau froide. La densité de l'eau de la Grande source est de 0,99998 ; son analyse chimique faite en 1830, par Anglada, a donné par 1000 grammes les principes suivants :

Sulfure de soHium 0,0127

Sulfate de soude après correction 0,0206

— cliaux o)i007

Carbonate de soude 0,0597

— ciiaux 0,0009

— magnésie 0,0002

— potasse trares.

Clilorure de sodium 0,0014

Silice 0,0421

Glairine 0,0103

Perte 0,0051

Total des matières fixes 0,1337

quant

Oïygéne peu.

Gaz i ^^°'^. quantité indéterminée.

Le débit de toutes les sources de La Preste est de 720 mètres cubes en vingtquatre heures.

L'étabhssement thermal de La Preste appartient à un particulier. Il contient huit cabinets de bains avec des baignoires de marbre blanc; une salle de bains (4 baignoires) et une buvette pour les femmes; un cabinet de grandes douches dont la pression est de 4'",20; une salle d'inhalation munie d'instruments pulvérisateurs ; une fontaine ornée de stalactites, qui fournit une partie de l'eau thermale destinée à la boisson, et enfin une petite pièce, située au nord, qui abrite le bouillon de la grande source.

Emploi TiiÉr.ArEuriQCE. Les eaux de la Preste sont employées en boisson, en baias et en douches d'eau, et en inhalations dans une pièce où est pulvérisée l'eau minérale. La dose de l'eau en boisson est de deux à six verres, pris le matin à jeun à un quart d'heure ou à vingt minutes d'intervalle. La durée des bains varie d'une demi-heure à une heure, et des douches de dix à vingt minutes. Le séjour dans la salle où l'eau est fragmentée est ordinairement de quarante-cinq minutes à une heure.

Le traitement par les eaux de La Preste en boisson détermine des effets physio-

452 LA PRESTE (eaux minérales de).

logiques princi|)alenient caractérisés par de l'excilatioii nerveuse et circulatoire, par de l'augmentation des sécrétions des membranes muqueuses, de la peau ou des reins. Quelques personnes sont constipées pendant les premiers jours, d'autres ont un dérangement de corps s'expliquant aisément par l'action des eaux de La Preste à l'intérieur qui augmentent manifestement les fonctions du pancréas et du foie. L'insomnie, l'agitation nocturne, la clialeur et la fièvre surviennent quelquefois après l'emploi isolé des bains et des douches ; mais ces effets sont rares et annoncent que les baigneurs et les douchés doivent être soumis à une médication thermale journalière d'une moins longue durée et par de l'eau moins chaude. La fréquentation de la salle où les malades respirent l'eau pulvérisée de La Preste ne donne pas lieu à des effets physiologiques différents de ceux qui s'observent aux autres stations minérales sulfurées ou sulfureuses.

L'action curative des eaux de La Preste qu'il faut signaler la première est assurément celle qui a été constatée dans les maladies des voies urinaires par tous les auteurs qui se sont occupés depuis le commencement du siècle des vertus de ces eaux sulfurées alcalines. C'est à Coste, professeur d'anatomie à l'école de Perpignan, que l'on doit les premières expériences sur l'effet lithontriptique des eaux de La Preste. 11 apporta, en effet, en 1738, deux pierres extraites delà vessie après deux opérations de taille. « La première, du poids de 5 onces, dit-il, d'une surface unie et polie, de couleur "de marbre blanc, fut placée dans un vase de terre, où tombait, à très-peu de distance, un petit filet des eaux de La Preste ; celte pierre diminua de 1 once dans l'espace de cinq heures ; les parcelles blanches qui s'en détachèrent recouvrirent le fond du vase. La seconde, également unie, du poids de 3 onces et demie, diminua d'une demi-once dans le même intervalle de temps. »

Ces observations ne firent pas conclure au professeur Coste que l'on doit employer les eaux de La Preste dans les cas où la présence d'une pierre d'un gros volume est manifeste dans un des points des voies urinaires et surtout dans la vessie. Ce médecin habile dit au contraire qu'il faut se garder de prescrire alors ces eaux minérales qui ne feraient qu'augmenter les accidents, puisque leur action tonique occasionnerait des contractions qui ne pourraient avoir pour effet une expulsion de la pierre par les conduits naturels. Coste avança seulement que les eaux de La Preste, à l'intérieur principalement, devaient être utiles aux graveleux et aux personnes qui avaient eu une ou plusieurs attaques de coliques néphrétiques. L'événement justifia les prévisions du sagace praticien de Perpignan, qui fit connaître bientôt les succès qu'il avait obtenus. Bordeu, Colombier et plusieurs autres mâlecins de la faculté de Montpellier, publièrent aussi des observations analogues à celles de Coste. L'efficacité remarquable des eaux de La Preste attira l'attention du gouvernement qui, en 1750, donna une mission scientifique aux professeurs Venel et Bayen qui, après avoir analysé les eaux de la Grande source, confirmèrent dans leur rapport les vertus curatives des eaux de La Preste contre la gravelle et les coliques des reins.

Ces eaux ont l'action sur le catarrhe de la vessie à la condition expresse qu'il n'y ait pas cystite aiguë ou subaiguë, car, sans cela, elles ravivent ou réveillent des douleurs non encore éteintes ou passées depuis un temps trop récent. Elles agissent aussi dans les états pathologiques du foie caractérisés par de la congestion et de l'hypertrophie ; dans l'ictère, comme celles des sources franchement et fortement bicarbonatées sodiques de Vais et de Vichy; leur élément sulfuré semble étranger à leur action. Il paraît en être de même dans le diabète. Nous avions pense, comme les médecins qui ont écrit sur cette station minérale, que leur em-

LA PRESTE (eaux minérales de). *^'

ploi devait être efficace dans la goutte à quelque moment qu'elle se présentât. La pratique, ainsi que cela arrive trop souvent en thérapeutique, n'est pomt venue confirmer les aperçus théoriques, et, à part les goutteux qui sont au début de leur maladie, les eaux de La Preste sont impuissantes à procurer des guérisons, des améliorations même qui fassent rentrer la podagre dans les indications de ces eaux alcalino-sulfurées. Elles sont plus efficaces contre le rhumatisme.

Les eaux de La Preste ont les mêmes indications que les autres sulfurées sodiques. On les emploie beaucoup contre les granulations de la membrane muqueuse de l'arrière-bouche ; les gargarismes, les eaux eu boisson et en douches sur la région cervicale forment la partie essentielle à la cure; contre les altérations de la voix ou l'aphonie, lorsqu'elles sont le symptôme d'une laryngite chronique simple ; contre les trachéites et les bronchites non inflammatoires et non compliquées de tubercules; contre l'asthme non accompagné de lésion organique du cœur ou des gros vaisseaux; contre les dyspepsies gastriques ou intestinales s'élant montrées après la disparition d'une dermatose. Les eaux de La Preste, en bains et en douches, ont, de tout temps, eu une réputation justement méritée contre les accidents occasionnés par un vice herpétique.

On les emploie avantageusement aussi dans le lymphatisme exagéré, la scrofule, l'anémie et la chlorose à défaut des eaux chlorurées fortes ou des eaux ferrugineuses, les roideurs nmsculaires, les engorgements articulaires, les suites de traumatisme, etc. Les crachements, les vomissements et les pissements de sang ne sont point une contre-indication absolue à l'emploi des eaux de La Preste; elles les arrêtent, au contraire, à la condition qu'ils soient occasionnés par un état simplement congestif dû la membrane muqueuse.

Les eaux de La Preste sont nuisibles à tous ceux chez lesquels il importe de ne pas surexciter l'innervation ou la circulation sanguine ; quand il existe certainement des tubercules dans le larynx ou dans le poumon, ou quand la présence d'une pierre, trop grosse pour passer dans les voies naturelles, a été constatée ou simplement soupçonnée dans un des points des voies urmaires.

La durée de la cure est de quinze à vingt jours.

On exporte peu les eaux de La Preste ; tout porte à croire cependant qu'elles conserveraient à distance les vertus qu'elles ont à la source dans les affections urinaires et hépatiques. A. Rotureau.

BiBLioGHAPHiE.— CosTE. Analijse chimique et propriétés des eaux de La Preste. Perpignan, 1735 — Masvesi (Sauveur). Ati verœ phtiujsi pulmonari uUimum gradumnondum assecutœ aquœ Prestenses vulgo de La Preste? Thèse inaugurale. Perpignan, 1748. — Venel professeur de chimie à la faculté de Montpellier, Baven, professeur de chimie a la faculté de Pans. RapiJort de la commission nommée par le gouvernement pour étudier et analyser les eaux de La Preste 1750. — Yenel. Observations sur les eaux de La Preste, tome I, page 180. — Marcé Dissertation en forme de lettre concernant les eaux de la Preste. Perpignan, 12 septembre 1755. - Carrère. Traité des eaux minérales du Roussillon. Perpignan, 1756. — Bonalos doyen de l'école demédecinede Perpignan. Rapport sur les eaux de La Preste en Roucv.llon, en date du 11 décembre 1777. In Mémoires de la Société royale de médecine, tome 1, page 387 — Carrère (J. B. F.) Catalogue raisonné des ouvrages qui ont été publies sur les eaux minérales en général et sur celles de France en particulier. Perpignan, 1785. — Hortet (Jacques). Esquisse sur les eaux de La Preste; 1825. — Arglada. TraUé des eaux minérales et des établissements thermaux des Pyrénées-Orientales Montpellier, 18.^o. — Bouis (Dominique). ina /(/se chimique des eaux de La Preste. In Journal de chimie médicale, tome III, page 326. — Ferran (P.). De V emploi des eaux thermo-minérales de la Preste dans les maladies des voies urinaires et l'affection calculeuse; 1850. — Filhol (E). Eaux minérales des Pyrénées Paris, 1853, in-12.— James (Constantin). Excursion aux eaux minérales de l'Artége et des Pyrénées-Orientales- Pai'is, 1860, page 26.— Auberge (P. J. F.). Hydrologie médicale de l'établissement thermal de la Preste (Pyrénées-Orientales). Perpignan, 1861, in-8«.

LA PUDA (eaux MIMÉRALES de).

84 pages. — Vincent. Notice snr rétablissement thermal de Ta Pre.fP Tn A^./,,,,. w -w cme navale, tome IX, 1«69. - B.«.. et Foa^■K. Note manuscr. tes 1868 ^''^'"''1^^;''''^

LAPSAIVE. Foi/. Lampsane.

LA PUDA (Eaux MiNÉnALES de), hypothermales, chlorurées sadiques moyennes sulfurées sodiques faibles, carboniques fortes, azotées moyennes (voie de fer par Bayonne, Saragosse, Barcelone et Olesa, voie de mer par Marseille, Barcelone et Olesa, d où une voiture conduit en une heure à La Puda).

La Puda, dans une des plus fertiles et des plus riantes vallées de la Catalogne dans la province de Barcelone, possède l'élablissement le plus important et le plul confortable de toute l'Espagne. Il n'est cependant pas encore fini. 11 s'élève sur la rive gauche du Llobregat, torrent impétueux déjà grossi des eaux du Cardaner qui va se jeter dans la mer dans le port même do Barcelone, et dont les eaux jaunâtres se distinguent à une distance considérable de la côte. La Puda, à l'6 mètres au dessus du niveau de la mer, est une des rares stations espagnoles, la seule peutêtre, qui soit entourée de sites intéressants et variés. Il faut citer en première ligne le monastère de Montserrat, si curieux à visiter, tant à cause de sa position topographique que des nombreux souvenirs qui y sont attachés. C'est au haut de son rocher que l'on découvre les plus beaux points de vue de l'Espagne et quel'on admire la riche végétation du vallon arrosé par le Llobregat, et en particulier celui de La Puda de Montserrat. La température moyenne des mois de la saison thermale, qu, commence le 15 juin et finit le 15 septembre, est de 28^8 centigrade et cependant les malades doivent être prévenus que les matinées et les Toiréel sont assez froides pour exiger qu'ils apportent des vêtements épais et chauds Ceu.x qui ont des alfections des voies aériennes ou d'origine rhumatismale agiront prudemment en se souvenant de cette recommandation

Trois sources existent à La Puda, mais deux qui sortent sur la rive droite du Llobregat ne sont pas utilisées. La première alimentait l'étabhssement ancien qui est aujourd hm complètement abandonné. La deuxième, plus abondante, émergeant plus a 1 ouest, vient de la montagne et se rend au torrent sans avoir été employée a aucun usage balnéaire. La troisième, composée de trois griffons principaux, désignes par des numéros, sert à tous les usages hydrothérapiques de 1 établissement, et son abondance (1,000,000 hlres en vingt-quatre heures) explique les nombreux usages qu'on en foit, et comment, malgré cela, une partie de son eau n est utile à rien. En étudiant l'origine des sources de La Puda, il est indispensable de la.re deux sections, car les n- 1 et 3 réunis et le n» 2 distinct sont assez éloignes les uns des autres et complètement séparés. Occupons-nous d'aboni du grillon n° 2, nous parlerons ensuite des n"» 1 et 5. ;

Griffon n" 2. Il faut descendre à 3 mètres au-dessous du sol de l'établissement pour trouver le réservoir des trois filets qui constituent ce grilfon et sortent d un rocher de formation tertiaire. Une pellicule noirâtre, épaisse de 1 milimetre environ, s'étend sur l'eau du griffon n» 2 et ne laisse pas distinguer sa transparence. Lorsque cette pellicule est détruite ou lorsque l'eau est contenue dans un verre, elle est parfaitement claire et limpide ; son goût et son odeur sont assez légèrement hépatiques ; elle est chargée de bulles gazeuses qui viennent former de gros bouillons au-dessus de la surface de l'eau du réservoir; mais dans un verre, les bulles sont très-nombreuses, très-petites, et s'attachent à ses parois comme des perles ; elles mettent cinquante secondes pour se dégager du liquide l^tte eau rougit légèrement le papier et la teinture de tournesol. Sa température est

LA PUDA (eaux minérales de). ^^^

de28»,4centigiade, la températurede l'air étant de 25° centigrade. L'analyse chimique de l'eau de ce grilfoa, faile en 1863, par M. le docteur Don Vicente Munner, professeur au collège de pharmacie de Madrid, a donné par 1000 grammes d'eau les principes suivants :

Gilorure de sodium 1,023

— calcium 0,346

— magnésium 0,0o2

Sulfure de sodium 0,043

Silicate de chaux 0,04t

Sulfale de soude O.IS»

— cliaux 0,434

Bicarbonate de chaux 0,210'

— magnésie 0,035

Alumine 0,011

Oxyde de ter 0,004

Malicre organique azotée 0,026

Bromure, iodure et acide borique traces.

Total des UATiËHEâ fixes 2,355

- 1 Acidi! carbonique libre 122,98 cent, cubes.

'î" 1 Azote 21,35 -

Total des gaz 144,53 cent, cubes.

Griffons n" 1 et n° 3. Jusqu'en 1861, ils émergeaient au dehors du bâtiment et les malades étaient obligés de sortir pour se rendre à la buvette. L'administration a pensé avec juste raison qu'il iallait les capter à l'intérieur de l'établissement. Des canaux de terre cuite amènent à la buvette une partie de l'eau du griffon n' 2 et les eaux des trois filets sont conduites à Llobregat. L'eau des lilets n" 1 et n" 3 a les mêmes caractères physiques et chimiques que celle du n° 2, mais elle laisse déposer plus de soufre et plus de matières organiques le long du mur ou des rigoles avec lequels elle est en contact. Le tilet n" 1 étant plus abondant que le filet n° 3, la couche de soufre et de barégine est plus épaisse. La coloration de la matière organique du n° l n'est pas la même que celle des deux autres filets; elle est brune, presque noire, tandis que celle des n"* 2 et 3 est grisâtre. La réaction de l'eau du n° 1 est moins franchement acide que celle des deux autres; sa saveur et son odeur hépatique sont mieux marquées. Son eau est gazeuse, mais les bulles sont plus petites et mettent soixante-sept secondes à monter à la surface d'un verre. La température de l'eau du griffon n" 1 est de 30», 1 centigrade, la température de l'air du prétoire étant de 20" centigrade. La saveur et l'odeur du griffon n° 5 sont moins sulfureuses que celles de l'eau du n" 1, mais elles le sont beaucoup plus qu'à l'origine du n° 2. L'eau du n" 3 est beaucoup moins transparente, moins hmpide, plus louche et plus laiteuse que celle des deux autres. Elle est la plus froide des trois, quoique l'on éprouve auprès de toutes une fraîcheur plus marquée que ne semble l'indiquer leur température réelle. L'eau du griffon u° 3 a 27", 5 centigrade, elle est la moins gazeuse, ses bulles se dégagent aussi plus rapidement, elles ne mettent que dix-sept secondes à monter à la surface du verre. On se souvient des caractères de l'eau de la branche n° 2 à son origine; il ne reste qu'à indiquer sa température lorsqu'elle est arrivée au robinet de la buvette. Elle s'est légèrement abaissée, elle n'est plus qu'à 28 ' centigrades ; l'eau contient aussi beaucoup moins de gaz dont les bulles ne mettent que vingt secondes à monter à la surface des verres. Un trottoir conduit au dehors sur la rive même du hlobregat, au robinet de l'eau minérale destinée à l'exportation. Un tube de roseau, s'adaptant à l'orifice du

^56 LA PUDA (eaux minérale» de).

tuyau, descend jusqu'au fond de la bouteille qui est remplie de bas en haut, bouchée et cachetée par les procédés ordinaires.

L'établissement thermal contient trente-deux cabinets, une division pour les douches, trois piscines, une salle de pulvérisation et une salle d'inhalation Une belle galerie à l'une des extrémités de laquelle on a érigé la statue de Gimbernat, donne accès de chaque côté aux cabinets de bains. Des robinets de cuivre laissent arriver par la partie inférieure de la baignoire l'eau préalablement chauffée par une chaudière à vapeur, d'où elle est amenée par des tuyaux de plomb, et réchauffée, s'il en est besoin, par des serpentins établis au fond de chaque baignoire. Une section est consacrée aux douches, ses cabinets sont pourvus de tous les ustensiles nécessaires pour leur bonne administration. Des trois piscines de La Puda, deux seulement sont utihsées. Elles ont les mêmes dimensions et peuvent contenir six personnes. Un sceau fixé à la partie supérieure de la pièce, au-dessus de chaque piscine, est rempli par l'eau des griffons n°^ 1 et 2 et sert à donner les douches à percussion. La salle de pulvérisation, au rez-de-chaussée est installée sur le modèle de celle de Pierrefonds ; seulement à La Puda les appareils sont de zinc au lieu d'être de cuivre. La pulvérisation se fait au moyen d'une petite pompe à main, avec laquelle on obtient une pression de cinq atmosphères. La température de la salle étant de 25%! centigrade , celle de l'eau pulvérisée a la sortie de l'appared est de 2t»,2 centigrade. Les séances dans la salle de pulvérisation de La Puda ne peuvent donner d'aussi bons résultats que ceux obtenus dans la plupart des établissements sulfureux ou sulfurés de France; cela tient à ce que les grands appareils du milieu et de chaque bout de la table ne fonctionnent presque jamais. Aussi l'atmosphère de la pièce n'a presque aucune odeur sullureuse. La salle d'inhalation, située en face de la salle de pulvérisation, dont elle n'est séparée que par une anticliambre, est loin d'avoir une installation aussi convenable que celles d'Allevard et de Marlioz ; elle est alimenté^ par l'eau du griffon n" 2, dont le réservoir, ouvert au moment des séances, permet aux vapeurs et aux gaz de se mêler à l'air; pourtant lodeur hépatique s'y perçoit à peine.

Mode DADMiKisTRAifON ET DOSES Lcs caux de La Puda sont employées en boisson, eu bains et en douches d'eau, en inspirations d'eau fragmentée et en inhalations gazeuses. On doit commencer l'usage de l'eau en boisson par de petites quantités et arriver progressivement à prendre chaque jour trois ou quatre verres d'eau pure ou coupée d'une certaine quantité de lait, d'infusions ou de sirops béchiques. Lorsque ces précautions sont prises, les buveurs supportent parfaitement les eaux de La Puda ; mais lorsqu'ils veulent aller trop vite, ils ne tardent pas à éprouver des phénomènes d'excitation générale, et alors il survient des malaises, delà répugnance pour la boisson, de l'embarras gastrique, de l'inappétence, des formications à la peau et de la prostration accompagnée d'une agitation nocturne avec laquelle le sommeil est impossible. ^ Emploi thérapeutique. L'eau de La Puda, à l'intérieur, prise en quantité mol dérée, occasionne une augmentation sensible des mouvements cardiaques. Gomme les eaux d'Allevard avec lesquelles elles ont plus d'une ressemblance physiologique et thérapeutique, les eaux de La Puda doivent être administrées avec beaucoup de prudence aux personnes d'un tempérament nerveux et sanguin, aux sujets à la fois pléthoriques et irritables. Elles modifient promptement la quantité et la qualité des produits de l'expectoration. Elles activent les fonctions gastromtestinales, l'appétit revient et les digestions sont beaucoup plus faciles. Les foiic-

LA PUDA (eaux minérales de). 457

lions des organes uropoiétiques à l'état de santé ne sont guère iniluencées par l'action des eaux de La Puda qui ont, au contraire, un effet marqué sur les sécrétions de la membrane muqueuse de ces oiganes dans certains états pathologiques que nous allons bientôt spécifier. La transpiration cutanée est à peine augmentée par l'eau en boisson seulement, mais elle se fait beaucoup plus activement lorsque les bains et les douches constituent le traitement principal. Les bains et les douches produisent une excitation des systèmes nerveux, sanguin et cutané, assez prononcée pour ne jamais être oubliée par le médecin chargé de diriger la cure hydrominérale. Les bains et les douches, aidés de l'action de l'eau en boisson, occasionnent des troubles de l'innervation tels qu'il est indispensable de modifier le traitement thermal, de le suspendre complètement et d'employer quelquefois les antispasmodiques les moins infidèles. Cette eau détermine aussi assez souvent des perturbations de la circulation, des battements cardiaques ou artériels, qui, pouvant amener des accidents beaucoup plus sérieux que l'affection qu'on voulait combattre, forcent ù abandonner la cure. Enfin, les eaux à l'intérieur, concurremment avec l'administration journalière des bains et des douches, produisent souvent d'une manière assez prompte la saturation minérale et la poussée. Il est assez difficile d'indiquer l'action pliysiologique de l'eau de La Puda pulvérisée: on se souvient, en effet, du mode imparfait du fonctionnement des appareils de la snlle de pulvérisation. Les phénomènes importants à signaler et à retenir consistent dans un picotement à la gorge qui fait tousser les malades pendant les premières minutes durant lesquelles ils reçoivent dans le fond de la bouche les parcelles d'eau fragmentée. On n'a jamais observé de coryzas onde bronchites à la suite d'un séjour prolongé et journalier à la salle de pulvérisation. Si l'action physiologique est peu marquée à la salle où l'eau est pulvérisée, en raison de la timidité qui préside à l'application de ce moyen, en raison du fonctionnement incomplet des appareils, la salle d'inhalation ne peut donner des résultats beaucoup plus satisfaisants. Ou se souvient, eu effet, de l'absence d'odeur sulfureuse dans cette pièce et de l'état par trop primitif de sou installation. Il aurait fallu pratiquer une ouverture plus grande donnant un passage facile aux vapeurs et aux gaz du réservoir, établir des ruisseaux, des jets d'eau, des cascades, des bassins multiples ; on aurait obtenu ainsi une désulfuration suffisante de l'eau au profit de l'air de la salle.

Les eaux de La Puda sont particulièrement indiquées contre les affections de la peau, devenues chronir|ues. Les eczémas, les lichens chroniques, les psoriasis, les pityriasis anciens, etc., sont peut-être traités à La Puda avec plus de succès que dans les établissements d'eaux sulfurées et sufureuses les plus renommés.

C'est l'efficacité des eaux de La Puda dans les affections catarrhales qui a le plus contribué à leur réputation. Dans les bronchites chroniques, dans les bronchorrhées les plus opiniâtres, lorsque l'expectoration est d'une abondance extrême, elles ont une efficacité incontestable et incontestée. Ce que nous disons des affections catarrhales des voies aériennes s'applique aux maladies des membranes muqueuses des autres appareils, à celles du tube digestif, à celles surtout des organes génito-urinaires.

Si les eaux de La Puda limitaient leur sphère d'action aux maladies qui viennent d'être indiquées, nous croyons qu'elles n'auraient rien à y perdre; mais elles sont vantées encore comme guérissant la phthisie pulmonaire. Nous avons déjà exprimé notre incrédulité au sujet de la résorption des tubercules par quelque traitement que ce soit, pour qu'il soit utile de revenir fur un sujet qui

458 LA PUDA (eadx minérales de).

trouvera sa place naturelle à l'article Eaux MiAÉnAiEs au nioment où nous traiterons de leurs effets sur les phthisies pulmonaires et laryngées. Bornons-nous à exprimer l'opinion de M. le docteur Manuel Arnùs, médecin directeur de La Puda qui, le premier, a appliqué, avec nos instruments nouveaux, ces eaux et les gaz qui s'en dégagent, en pulvérisation et en inlialations dans les maladies de poitrine, répétant et complétant les essais de son compatriote Gimbernat qui expérimenta la thérapeutique respiratoire dès l'année 1806, à Baden-Baden, dont il dirigeait les eaux. Parlant des malades atteints de « phtliisie atonique, scrofuleuse, )) il ajoute : « De tels malades peuvent espérer guérir à La Puda, même quand il y a une altération profonde, pourvu qu'elle soit parfaitement circonscrite... » Les eaux de La Puda sont plus ou moins contre-iniliquees, au contraire, dans la phtliisie floride, dont elle accélère la marche galopante ; dans les asthmes essentiels, dans les irritations hémorrhagi(jues de toutes les membranes muqueuses, spécialement dans les hémoptysies accompagnées de signes de pléthore et de congestion active du poumon ; et, finalement, dans toutes les affections du canal aérien, caractérisées par une notable irritation, par une activité excessive de la respiration et de la circulation. [Acla de la Academia de medicina y cirurgia de Barcelona, y hisloria topografica , quimica y medica de La Puda de Montserrat, Barcelona, 18G2 y 1863.)

Pour compléter l'énumération des affections auxquelles conviennent les eaux de La Puda, nous devons signaler les accidents consécutifs à la syphilis ou aux diverses intoxications métalliques ; contre les suites de blessures par armes de guerre, de fractures, de luxations, de contractures, de rétractions, de caries et de nécroses des cartilages ou des os.

La durée de la cure varie de quinze à vingt jours.

Trois à quatre mille flacons des eaux de La Puda sont exportés chaque année» livrés au commerce et consommés surtout en Espagne et dans les possessions espagnoles.

A. RoinREAU.

BiBMOGRAPiiiE. — Coca y Rabassa (Don Antonio) asociado con el doctor Caubonel y Bbavo- (Don Francisco). Examen qitimico de las aguas de La Puda; 1815. — De la Paz Graei.ss (doctor Don Mariano y el doctor Foix (Don Juan Cautista) El resimen de la anâlisis del doctor Coca. Barcelona, 1819. — Munner (catedralico de farmacia en Universitad de Madrid). Una excursion à La Puda de Montserrat. — HIoueno (Don Antonio, segundo bolicario de Camara). Examen quimico de las aguas de La Puda; 1845 — Arnu de Ferrer (Don Manuel), la Puda. Estai licimiento de aguas minérales sulfurosas situado en la marjcn izcjuicrda del rio Llobregat en el termina de Esparraguera en la provincia de Barcelona. Barcelona, 1853, in-8». — Du jiÊME. Descripcion del sistema actual balnerio de La Puda con la demonslracicn de sus graves imper fecciones y de las principales bases en que deberia fundarse su reforma termal ; i8o5. — Du jiêjie. Acla de la scsion pàblica inaugural que celcbrô la Academia de medicina y cirurgia de Barcelona; La Puda y Panlicosa. Barcelona, 18G'2, in-8». — Dir MÊME. Ilisturia topografica, quimica y medica de La Puda de Montserrat, precedida de algunas generalidadcs de liidrologia gênerai y balnearia Barcelona, 1865, in-8° A. R.

LA PYR®:^'ÉE et coi\CHE.s (Eaux MINÉRALES de), athermales, bicarbona' tées ferrugineuses faibles, carboniques faibles. Ces deux sources émergent dans le département du Cantal, à 5 kilomètres au nord d'Allanches; la première est sur le territoire de la commune de Chanet et la seconde sur celui de la commune de Molèdes. Elles sont, l'une et l'autre, trop peu importantes pour qu'il soit utile de leur consacrer à chacune d'elles un article spécial. Leurs griffons sont très-rapprochés d'ailleurs, puisqu'ils se trouvent dans une gorge très-étroite

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de la même vallée et sm^ chaque rive de la petite rivière de la Sionne. Le pays est d'un accès très-difficile, mais il est très-accidenté et très-curieux à visiter. Deux montagnes, à base de granit presque complètement recouvert de basalte, ferment la vallée au nord ; l'horizon est limité au sud par les montagnes les plus élevées du Cantal dont la cime est toujours sous la neige. Des rochers abrupts, avec leurs cailloux mobiles, dominent le lit de la Sionne ; quelques-uns de leurs versants sont cependant occupés par des terres cultivées que les grandes pluies et les orages entraînent peu à peu au fond de la vallée. Les pentes sont moins rapides au midi, aussi sont-elles garnies de hêtres et de pâturages dont l'ombre et la fraîcheur contrastent avec l'aridité de la roche complètement dénudée.

La source de La Pyronée, la plus anciennement découverte, est fréquentée par un assez grand nombre de buveurs pendant les mois les plus chauds de l'année; ils trouvent des logements simples, mais convenables, à l'hôtel du Moulin de La Pijronée, situé à environ 1 kilomètre de la source qui émerge sur la rive droite de la Sionne, à la partie la plus basse du petit bois de hêtres qui appartient aux terrains communaux de Combalu. L'eau sort du granit par plusieurs filets, se réunissant dans un même bassin au-dessus duquel on a élevé un pavillon d'une architecture primitive. Cette eau est claire et limpide ; elle laisse déposer cependant une boue rouge;Ure assez abondante, elle n'a aucune odeur; sa saveur est piquante et nullement désagréable; sa température est de 10" centigrade. Son analyse chimique n'a jamais été faite ; on sait seulement que le gaz qui s'en dégage est de l'acide carbonique et qu'elle tient en dissolution du bicarbonate de 1er et des sels alcalins et terreux.

A 40 mètres de la source de La Pyronée, en remontant le bord gauche de la Sionne, à ï kilomètre environ du hameau de Couches, se trouve le point d'émergence de la source de Conches. Les propriétés physiques, chimiques et thérapeutiques de cette eau sont les mêmes que celles de la source précédente, mais à un degré moins prononcé ; aussi les visiteurs y sont-ils moins nombreux.

Emploi thérapeutique. Trois praticiens de la contrée, MM. les docteurs Farradesche-Cliaubasse, Labranche et Mourguyc ont conununiqué à M. le professeur Nivet des observations qui prouvent que les eaux de La Pyronée et de Couches, mais surtout les premières, sont efficaces dans l'anémie et la chlorose, dans les suites de lièvres paludéennes et dans les catarrhes chroniques de la vessie.

BiBLiOGiiAPiiiE. — Farradesche-Chaubasse, Ladhanche, Mourgdye. Annuaire du Cantal, 1828- 1829. — Nivet (V.). Eaux minérales du département du Cantal. Clermont-Ferrand, pages 27-28. A. R.

i LAQUE. Chimie et pharmacologie. Matière d'apparence résineuse, de couleur brune, plus ou moins jaunâtre ou rougeàtre, qui se récolte dans l'Inde, jla Malaisie, à Guatemala, etc., et qui est exsudée par certains arbres, sous l'in- / tluence d'insectes hémiptères dont le rôle, dans la production de cette substance, devra être examiné à l'article Coccus. Les rameaux chargés de laque sont enduits d'une croule creusée de cellules particulières, qui renferme des œufs, des cadavres d'insectes fécondés et un duvet blanchâtre. Toutes ces matières agglutinées dans la masse résineuse constituent la laque {Résine-laque ou Gomme-laque). Elle se nomme!/, en bâtons quand elle se présente sur les rameaux de la façon qui vient d'être dite. Détachée et divisée en fragments , elle devient la L. en sortes ou. en grains. La L. en plaques ou écailles ou L. plate est la même substance fondue dans l'eau bouillante et coulée sur des plaques polies. On prépare encore dans'

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l'Inde une L. filée ou en fils, un Lac-lacque, qui s'obùeut en précipitant par l'alun une dissolution alcaline de gomme-laque, et un Lac-dye, employé dans la teinture, qu'on dit être la matière colorante de la laque, mèléo à de l'argile et réduite par évaporation.

La laque en bâtons colore la salive, lorsqu'on la mâche pendant quelque temps ; elle répand une odeur forte et agréable quand on la chauffe ou qu'on la farùle. Il faut choisir, en pharmacie, la laque en grains la plus foncée en couleur, car on la décolore souvent dans l'Inde oij son principe colorant est très-usité dans la teinture des étoffes. La même chose a lieu pour la laque eu écailles. Il faut préférer celle qui est rouge et transparente comme étant plus rapprochée de son état naturel.

La laque n'est pas une résine pure ; elle est composée cependant d'une résine qui en fait la plus grande partie, d'une matière colorante rouge soluble dans l'eau ,' et les acides, de cn^e et de gluten ; elle est aussi quelquefois altérée par quelques corps étrangers, comme, par exemple, l'écorce des arbres qui la fournissent. Ces matières varient en proportions non-seulement d'une laque à une autre, mais ' encore dans la même sorte, selon les soins apportés dans sa préparation et les ' usages qu'on lui a fait subir. Nous présentons ici l'analyse comparative de ces trois sortes, par Hachette ; elle fait voir leurs valeurs respectives :

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