LA VOIS 1ER
préaluble, stipule, article 4 : que les |)ermissions de tenir bateaux à lessive ne seront accordées qu'à la condition qu'il y sera réservé des places où les indigents pourront laver leur linge sans payer aucune rétribution, le préfet se réservant de lixer le nombre de ces places en proportion de la grandeur et du produit présumé des bateaux. Article 5 : Il est défendu d'étendi-e du linge sur les berges, etc. En 1840 (25 octobre) on ajoute à ces prescriptions l'obligation d'établir des cbemins solides, garnis de garde-fous à liauteur d'appui, pour faciliter l'accès de ces bateaux. Exiger encore que les bateaux soient solidement amarres et munis de cordes, crocs, perches, etc., pour porter secours en cas de besoin. Dans le même but un bacbot, muni de ses agrès, devra toujours être attaché à chacun de ces établissements, et les propriétaires sont, en outre, tenus d'avoir constamment à bord de leurs établissements un gardien, bon nageur, et une boîte de secours en bon état.
Aujourd'hui, les bateaux sont organisés à l'instar des lavoirs ; lessivage en commun à la vapeur, eau chaude à 5 centimes le seau ; prix des places, tout est semblable, seulement le rinçage se fait à même l'eau courante. La plupart de c:s bateaux appartiennent à des compagnies qui les font tenir par des gérants.
E. Beauguand.
BiBLioGRAniiF:. — Bnth and Washhoiises for tke JMbouring Classes, etc. In Lond. Med. Journ., t. XXYIi, p. 1063 ; 1846: — Bains et lavoirs publics. Rapp. de la commiss. instituée par ordre de M. le Président de la Republique. Rapp. de MJI. Pinède, E. Trélat et Gileem, I).\ncY, VVooLcoTT, De SAnT-LKCM. Paris, 1850, in-i", pi. U. — Aran {F. A.). Les bains et les lavoirs jmbhcs In Union méd., 1850, p. 607. — Thompeo. Cenni .sui hagni et lavatoj pubblici. Torino, 1850. — Loi relative à la création d'établissements modèles des bains et lavoirs publics (5 févr. 1851).— Bai.y (P. P.). A Statement of Ihc Proceeding of thc Comiltee appoinled to promotc tlie Establishments of Ballis and Washhouses, etc. Lond., 18 >2. — Quelles sont les règles à suivre pour rétablissement des bains et lavoirs publics dans les principaux centres de populalioti (Compte rendu du congr. d'hyg. de Bruxelles). In Ann. dlujg., 1" sér., t. XLYIU, p. 453; 1852. — Tardieu. Art. Lavoirs. In Did. dlï'jg. publique. Paris, 1852. cl 2° édit., ibid., 1864.— Beiirend (F. J.). Die ôffentliche Bade und Waschanstalten, ikr Nutzen und Ertrag. Berlin, 1854, in-8. — Bourgeois d'Orya.vxe (A.). Bains et lavoirs publics à prix réduits. Paris, 1854, in-8°. — Liyois. Bcs ctablissetnents de lavoirs et de bains publics, au point de vue de l'hygiène, ttc. Boulognesur-Mtr, 1857 g. Bgd.
LAV®lSîEra (jEAN-Fr.AAçois), médecin fort instruit du siècle dernier qui, après avoir été chirurgien des hôpitaux des armées du roi, se retira dans la ville d'Eu, oii il pratiqua la chirurgie. On lui doit un excellent Dictionnaire Icxicographique des sciences médicales, avec un vocabulaire des termes de médecine grecs et latins, ouvrage qui a servi de modèle à ceux qui sont venus après.
Voici le titre de cet ouvrage :
Dictionnaire des termes français et latins de médecine, d'anatonnc, de chirurgie, de pharmacie, de chimie, d'histoire ncdnrelle, de bolanique et de physique. Paris, 176i, in-i2 • '^° èd\\.., m\.\i\x\<iG: Dictionnaire portatif de médecine, d'anatomic, ctc Paris 1771 '> vol* iii-I2; 5<= édit., Paris, 1795, in-8». j;' ^^^[ " "
E^^'WBSIEK (Aktoiine-Laurekt), un des plus grands génies que la France ait produits; c'est le créateur de la chimie moderne, dont il peut, à juste titre être regardé comme le Newton. Lavoisier naquit à Paris le IG août 1745, d'une famille de riches négociants. Après de brillantes études au collège Mazarin, laissé libre sur sa vocation, il se livra avec ardeur à l'étude des sciences; les mathématiques, la botanique, la géologie l'occupèrent tour à tour, enthi la cbimie devint le principal objet de ses études. Dès les premiers pas, il mesure la porti'e du Lut qu'il s'est
donné, et il dispose sa vie en conséquence. Il lui fallait une grande po.>ition de fortune; à peine îigé de ving-huit ans, déjà membre depuis trois ans de l'Acadérnie des sciences, il sollicite et obtient une place de fermier général, et épouse la lille d'un de ses nouveaux confrères. Ses travaux de finances l'occuperont tout le jour, les matinées, les soirées et les dimanches seront exclusivement consacrés à la chimie. Bientôt les recherches, les découvertes se succèdent sans interruption. De même qu'il a arrangé sa vie pour ses occupations diverses, il cherche et choisit un procédé tout nouveau qui va lui servir de guide infailhble dans ses études. « Rien ne se perd, rien ne se crée, a-t-il dit; la matière reste toujours la même; il peut y avoir des transformations dans sa forme, mais d n'y a jamais d'altération dans son poids. » Tel est son point de départ; quel sera son critérinm? La balance, dont, par un ensemble de précautions minutieuses, il rend l'emploi d'une rigueur mathématique. t( Pour lui, dans toute réaction chimique désormais, les produits formés doivent peser autant, et pas plus, que les produits employés. Si cette condition d'égalité ne se manifeste pas, c'est que la chimie n'a pas tout su recuedlir, ou bien qu'elle a méconnu l'intervention de quelque corps occulte. La balance vous apprend donc à l'instant qu'il faut retrouver le produit perdu ou reconnaître lu nature des causes qui viennent compliquer l'expérience. Son application à l'étude des phénomènes naturels devait donc révolutionner la chimie et pouvait seule la révolutionner. » (Dumas, Leçomsur la philosophie chimique, p. 120, Paris, 1827, in-8».)
Nous n'avons pas à examiner ici en détail la série des belles découvertes deLavoisier, l'ordre merveilleux qui les rattache l'une à l'autre, l'invincible ténacité avec laquelle il les poursuit jusqu'à démonstration complète, évidente, incontestable; comment, laissant de côté, sans la discuter, la théorie de Stahl, qui tenait encore sous son joug les chimistes français et étrangers, il ne s'en occupe à la fui que pour la montrer renversée, anéantie à tout jamais. Tout cela a été exposé avec une précision, une éloquence à la hauteur du sujet, par le juge si autorisé auquel j'empruntais tout à l'heure quelques lignes, notre illustre Dumas. Du reste, cet ensemble merveilleux de faits, la doctrine qui les relie, les rapports de celle-ci avec les doctrines antérieures, les modihcations qu'elle a éprouvées, etc., seront mieux à leur place dans l'article consacré à l'histoire de la chimie. [Yoy. Chimie, Histoire.) Nous allons seulement donner ici le résumé des idées de Lavoisier, tel qu'd l'a lui-même formulé, dans ce style aphoristique dont, seuls, les hommes de génie possèdent le secret. « Le phlogistique n'existe pas; l'air du feu, l'air déphlogistiqué est un corps simple ; c'est lui qui se combhie avec les métaux que vous calcinez ; c'est lui qui transforme le soufre, le phosphore, le charbon en acides; c'est lui qui, dans la respiration des animaux, change le sang veineux en sang artériel, en même temps qu'il développe la chaleur qui leur est propre; il forme partie essentielle de la croûte du globe tout entière, de l'eau, des plantes et des animaux ; présent dans tous les phénomènes naturels, sans cesse en mouvement, il revêt mille formes, mais je ne le perds jamais de vue et puis toujours le faire reparaître à mon gré, quelque caché qu'il soit. Dans cet être éternel, impérissable, qui peut changer de place mais qui ne peut rien gagner ni rien perdre, que ma balance poursuit et retrouve toujours le même, il faut voir l'image de la matière en général ; car toutes les espèces de matière partagent avec lui ces propriétés fondamentales et sont, comme lui, éternelles, impérissables; elles peuvent, comme lui, changer de placg, mais non de poids, et la balance les suit sans peine à travers toutes leurs modifications les plus surprenantes. » Ainsi Lavoisier