J8 LAWRENCE
n'avait pas seulement tiouvé les faits, mais ii avait encore trouve la méthode et jusqu'à ce jour on n'a pu que marcher dans la même voie.
Outre cette suite de recherches sur les théories chimiques, Lavoisier a publié quelques autres travaux où il a laissé l'empreinte de son génie sévère et méthodiiiue. Ainsi, dès 1765, il avait obtenu une médaille d'or pour ses recherches sur l'éclairage. Son traité sur les salpêtres a longtemps servi de guide professionnel; on connaît son beau travail avec Laplace sur la chaleur latente. Sou ouvrage d'économie politique sur la production et la consommation, en regard avec la population; un autre sur la richesse territoriale, attestent la variété de ses connaissances et ses prodigieuses aptitudes.
Pourquoi faut-il que le fanatisme politique, non moins cruel, non moins stupide que le fanatisme religieux, ait tranché le cours d'une si belle existence. Compris dans l'accusation portée contre les fermiers généraux, Lavoisier, malgré les services réels qu'il avait rendus au peuple dans l'exercice de ses fonctions, fut condamné à mort et exécuté le 8 mai 1794, sans que Ion voulût faire droit au sursis qu'il avait demandé pour mettre en ordre ses papiers et terminer quelques expériences.
A part la série de mémoires, au nombre de plus de quarante, qui ont été pubhés presque tous ])armi ceux de l'Académie des sciences, Lavoisier avait fait paraître les ouvrages suivants :
I. Opuscules physiques et chimiques. Paris, 1774, 2 vol. in-S». — II Instruction sur les nitrières et sur la fabrication du salpêtre. Paris, 1777, in-8° et ibid., 1794, in-8°. — III. Traite élcmcntnirc de chiniic. Paris, 1789, '2 vol. in-S"; 2= édit., Paris, 1793, 2 vol. in-S", etc. — IV. Delà richesse territoriale. Paris, 1791, iii-8°. — V. Mém. de chimie publiés par madame Lavoisier. Paris, 1805, 2 vol. in-S". — Une édition des Œuvres complètes de Lavoisier est en voie de publication. E. Bgd.
LA1VREMCE (WiLLiAJi), un des plus illustres chirurgiens anglais contemporains, était né le 1(5 juillet 1785, à.Cirensester, dans le Gloucestersliire, oii son père exerçait la chirurgie. Après d'excellentes études classiques, William Lawrence fut mis à Londres sous la direction d'Abernethy, qui sachant apprécier le mérite et les talents précoces de son disci[)le, le fit entrer comme démonstrateur d'anatomie à l'hôpital Saint-Barthélemi au bout de trois années d'études, place qu'il conserva douze ans, à la grande satisfaction et au grand profit des élèves. Reçu membre du Collège de chirurgie le 6 septembre 1805, il fut nommé, en 1813, chirurgienadjoint de ce même hôpital Saint-Ëarthélemi et, la môme année, il était élu membre de la Société royale. Dès lors, nous le voyons s'élever rapidement : en 1814, il est à l'intirmerie ophthalmologique et, en 1815, il obtient la position lucrative de chirurgien de l'hôpital de Bridewel et Bethlem; il faisait en même temps des cours d'anatomie et de physiologie qui attiraient un grand concour:^ d'élèves.
Ici se place un épisode qui n'est pas sans analogie avec certaine circonstance de la vie de Lalleniand que nous avons racontée. {Voy. L.«lllemand,p. 184 ) Lawrence avait fait paraître, en 1819, ses leçons de physiologie, dans lesquelles il déclarait (( que, de même que la digestion est une fonction de l'appareil digestif, que le mouvement est une fonction des muscles, de même les facultés intellectuelles sont des fonctions animales de l'appareil organique approprié, l'organe central du système nerveux. » il n'en fallait pas davantage pour exciter le zèle intolérant des dévots ou prétendus tels. Lawrence fut accusé de matérialisme, de professer des doctrines subversives, etc., etc. Vainement, dans ses réponses à son ancien maître Aber-
LAYARD. 109
nethy, qui avait cru devoir se joindre à ce concert, Lawrence déclara qu'il n'avait examiné les choses qu'au point de vue exclusivement physiologique, réservant la question du principe immatériel. Trop de mauvaises passions se trouvaient cacliées sous le masque de la rehgion et de la morale pour que l'on voulût seiendro. Menacé de perdre sa position de chirurgien à l'hôpital de Bridewell, Lawrence, sans y être cependant forcé par la même nécessité, fit comme Galilée, il céda... Dans une lettre devenue publique, il reconnaît que certains passages de ses leçons sont inconvenants {improper), et il promet de retirer son livre de la circulation. On a dit qu'il avait envoyé en Amérique ce qui restait de l'édition, mais son lils a tout récemment démontré qu'il y avait eu là une spéculation à laquelle AVilliam Lawrence était resté étranger. Une autre circonstance a permis d'apprécier le peu de fermeté du caractère de ce grand chirurgien. Après avoir attaqué avec violence le (lonseil royal de chirurgie et la pérennité des fonctions du corps des examinateurs, il s'y fit agréger quelque temps après et conserva ces fonctions presque jusqu'à sa mort. C'était, a-t-on fait observer, pour y introduire d'utiles améliorations !
Malgré son grand et incontestable mérite, Lawrence ne paraît pas avoir joui, auprès de ses compatriotes, d'un crédit à la hauteur de sa réputation à l'étranger, et Benj. Brodie l'emportait sur lui dans la confiance publique.
Lawrence appartenait à un grand nombre de sociétés savantes nationales et étrangères, et il par\int aux plus grandes dignités auxquelles puisse aspirer un chirurgien. 11 fut deux fois, en 1846 et en 1855, président du collège de chirurgie, premier chirurgien [sergeant Surgeon) de la reine, et peu de temps avant sa mort il avait été créé baronnet. Lawrence fut enlevé par une seconde attaque d'apoplexie, le 5 juillet 1867, à l'âge de 84 ans.
Voici la note de ses principaux ouvrages :
I. Treatise on Hernia ; being an Essmj, etc. (ouvr. cour, par le Collège de chir. en 1806). Lond., 1807, in-8»; 2= édit., iLid , 1810, m-8<>; 5-= édit., ibid., 1810 in-8», etc. frad. allem., ital ; trad. en français par Béclard et Jules Cloquet. Paris, 1818, in-8°. — II. Introduction to Comparative Anatomy. Lond., 1816, in-8°. — III. Lectures on Plujsioloijy, Zoologij and Natural Eistory of Man. Loiid., 1819, in-8° (devenu excessivement rare. Il y a eu depuis plusieurs édition^, mais expurgées).— IV. A Treatise on Venereal Diseases of the Eye. Lond., 1830, in-8° trad. allem. — V. Treatise on the Diseases of the Eye. Lond., 1853, in-8.; 2«é.,it.,ibid., 18il, in-8°. — VI. Hunterian Oration. Lond., 1854 et 1846, i'n-8°. — VII.' lectures onSurgenj. Lond., 1803, in-8\ — VIII Un très-grand nombre d'articles publiés dans les diflérents recueils anglais et notamment dans le Journal d'Edimbourg, dans les Transactions de Londres, mais surtout dans la Lancet où ses leçons étaient fréquemment reproduites. C'est là qu'il lit paraître d'abord ses le.Oiis sur les maladies des yeux, traduites en français par Billard sous le titre : Traité pratique des maladies des yeux. Paris, 1850 in-8°. — IX. On lui doit aussi une traduction de Tanatomie comparée de Blumenbach.' Lond., 1807, in-8°. E. Bgd.
LAWSOKIA. (Voy. Henné.)
LAXitTiFS. Ce sont comme le mot l'indique, des relâchants, tels que le miel, la mauve, la cassonnade, plutôt que des substances purgatives. Les considérations générales auxquelles peuvent donner lieu les médicaments susceptibles de rendre les garde-robes plus fréquentes et plus liquides seront placées au mot Purgatifs.
LJtTABD (Daniel-Peter), médecin anglais, né à Greenwich, reçu docteur à Oxford et mort le 5 février 1802 ; se fit une belle réputation à Londres dans la seconde moitié du siècle dernier. Il occupait les éminentes positions de médecin de
HO LEAMIINGTON (eaux minérales pe).
la princesse douairière de Galles, de vice-président de la maison d'accouchements de Greeiiwicli, directeur de l'hôpital français, etc. On lui doit les opuscules suivants :
I. Ofa Fracture of tlic Os Ilium and Us Cure. In Phil. Transact., 1745, et Abridg., t IX,p. lis. — W.OfaWomen who liad an Extraordinary Impostume formed in lier Stomach. Ibid., 1750. Abr., t. X, p. 29. — III. AnEssa^j on thc Nature Causes and Cure of tke Contacjious Distemper among the Horncd Catlle, etc. Lond , 1757, in-8°. — IV. Oh the Uscfulness of Inoculation of the horncd Cnltle to prevcnt, etc. Ibid., 1758, et Alir., t XI, p. 206. — V. An Extraordincmj Case of diseascd Eije. Ibid., p. 274. — VI. Essmj on the Bile of Mad Dog. Lond., 1762, in-8°. — VU. Pharmacopœia imman gravidanm, j)uerperarum, etc. Lond., 177G, in-8°. " E. Bon
LAZARETS. [Voy . SANITAIRES (Mesures).]
LEAKE (John), né à Ainstable, près de Kirkoswald, dans le Cumberland, vers 1720. U se destinait d'abord à l'état militaire, mais craignant de ne pas y trouver un avancement assez rapide, il se livra à l'étude de la médecine, se fit admettre à Londres, dans la corporation des chirurgiens, et se distingua surtout dans l'art obstétrical; c'est à lui que l'on doit la création de la maison d'accouchements de Westminster. Un forceps à trois branches, de son invention, et dont il vantait les avantages, n'a pu prévaloir contre celui de Levret. Il a donné après Hulme une des premières et des meilleures descriptions de la fièvre puerpérale. Rejetant formellement les hypothèses de la résorption du lait corrompu dans les mamelles, de la sujjpression des lochies, et de l'inflammation de l'utérus, il regarde cette maladie comme une affection tout à fait spéciale (Diseuse of a peculiar nature, and dist met o fait others). Leake mourut à Londres le 1" août 1792.
Il a j)ublié les ouvrages suivants :
I. Dissert, on the Properties and Efftcacy of the Lisbon Dietdriiik. Lond., 1757, in-8°, et ibid., 1790, in-8°. — II. Praciical Observations on thc Childbed Fever : also on the Nature, Treatment, etc. Lond., 1772, in-8°. — III. A Lecture Introductory to the Theory and Praclice of Midwifery, etc. Ibid., 1774, in-4'', etc. — IV. Practical Observations on the Acule Diseases incident to Woincn, ibid., 1774, in-4°.- V. Introduct. to the Theory and Praclice, etc., to which is added a Description of the Autliofs New Forceps, etc. Lond., 1777, in-S», iig. ; plus, autres édit. — VI- Médical Instruction iou'ards the Prévention, and Cure of Chronic and other Diseases peculiar to Wo7nen. Ibid., 1777, et plus. édit. Trad. ail., Leipzig-, 1793, in-8°. — Vil. Spécimen artis obstetricarice ; being a Syllabus, or General Ilcad, etc. Ibid., 1787, in-S». — VIII. A practical Essay on the Diseases ofthe Viscera, particularly, elc, Ibid., 1792, in-8°. E. Bgd.
LEAMiRiGTOi^ (Eaux MINÉRALES de) protothermales ou lujpothermales, jwhpnétaUites fortes, carboniques ou sulfureuses faibles, en Angleterre, dans le Warwicksliire, sur la Lcam ; cette ville compte aujourd'hui 20,000 habitants, quand, en 1811, elle en avait 500 à peine; elle est à 65 mètres au-dessus du niveau de la mer. La température la plus élevée de toute l'année est de 25° centigrade, la moyenne de 8°, 8 centigrade et la plus basse de 5° centigrade au-dessous de zéro. (Le chemin de fer de Great-Western conduit en trois heures de Londr(S à Lcamington.) La ville est nouvelle et bien bâtie; ses rues sont plantées et larges comme des boulevards. Les arbres sont magnifiques; les ormes surtout sont d'une énorme grosseur. Les jardins publics et prives sont remarquablement tenus et très-grands : celui qui est derrière l'hôtel des bains de lord Aylesford est entouré d'une belle grille. Ses gazons et ses arbustes ont une verdure qui réjouit la vue; un orchestre y fait tous les jours de la musique. Le docteur Jefferson ayant gagné une immense fortune, a fait don à sa ville natale du jardin qui est en face de celui
LEAMINIITON (eaux minérales de). 111
de lord Âylesford : il est plus spacieux; encore et la haie vive qui l'entoure a plus de 500 mètres de lon"iieur. La saison dure toute Tannée à Leaminaton : mais ce poste minéral est surtout fréquenté pendant la cliasse aux renards, commençant au mois de novembre et finissant au mois d'avril.
Cinq sources alimentent les diverses parties de l'établissement; elles se nomment : 1" Lord Aylesford' s Spring (source de lord Aylesford); 2" Pump Boom (Chambre de la pompe); 5" Wood's Spring (source de Woodj; 4:°Hudsûns Spring (source d'Hudson); 5° Alexandra Spring (source Âlexandra).
1" Aylesford' s Spring est la plus anciennement connue ; elle émerge difns un puits du sous-sol de la maison des bains. Elle est claire, limpide, transparente, sans odeur, d'une saveur amère assez désagréable, rappelant très-bien celle d'une solution pharmaceutique faite avec parties égales de sulfate de soude et de chloriu'e de sodium. Sa réaction est franchement alcaline, sa température est de 23", 4 centigrade, celle de l'air étant de 25° centigrade. Elle ne contient aucune bulle gazeuse et elle ternit assez promptement les verres. L'analyse chimique de 1000 grannnes d'eau, faite en 1862 par M. le docteur Patrick Brown a donné les résultats qui suivent :
Sulfate de soude • 5,9929
Chlorure de sodium 5,i"245
— calcium 2,8o98
— magnésium 1,2335
Silice, peroxyde de fer.
lodure et bromure de sodium '
Total des matij^res fixes 11,5123
Sur une pinte anglaise égalant 0''',5679; l'eau minérale de Leamington renferme :
I Acide carljoni(iue. 3 pouces cubes anglais = 49,1610 cent, cubes.
Gaz < Azote ) . -, ,
( Oxygène ] f^"'^'° quanUto.
L'eau de la Saline Spring de l'établissement de lord Aylesford alimente la buvette intérieure, la buvette extérieure, les bains particuliers, la piscine, les étuves et les bains turcs. La pièce d'entrée et ses deux galeries supérieures, une à chaque bout, servent à la fois de buvette et de salle de bal et de concert. L'un des robinets de la buvette verse l'eau à la température de la source , l'autre, cette même eau chauffée au bain-marie et élevée à 51" centigrade. Elle se trouble aloi^s, elle devient rouillée et elle incruste beaucoup plus l'intérieur des conduits et des vases. La buvette extérieure ou buvette des pauvres est dans Victoria Terrace.
Lss cabinets des bains isolés se trouvent au rez-de-chaussée ; ils sont tous précédés d'un beau vestiaire, éclairés et ventilés par leur partie supérieure. Leurs dimensions sont très-convenables et chacun d'eux a une baignoire un pou enfoncée dans le sol, d3 façon à ne faille saillie que de 55 centimètres au-dessus de l'aire des cabinets; les parois intérieures des baignoires sont émaillées. Trois robinets versent l'eau chaude ou froide par le fond de la baignoii\\ On a indiqué la djslination de chacun des robinets sur une plaque de porcelaine blanche, on a écrit sur celle de gauche : wasle (tuyau d'écoulement pour vider la baignoire), sur celle du milieu hot (chaud), et sur celle de droite coW {froid). Un corridor sépare l:s cabin- ts de bains d'eau de la pièce de la piscine. Trois jets d'eau minérale, d'un centimètre de diamètre chacun , jaillissent au-dessus d'une vasque s^mi-lunaire à huit écbancrures et entretiennent l'eau courante à la temp 'rai lire de la sou'ce et toujours à la mèm" hauteur. Trois ouvertures é^ale
112 LEAMINGTON (eaux minérales le).
ont été pratiquées au côté oppose de la piscine pour l'écoulement du trop-plein. Le bain commun d'Aylesford's Bath a 20 mètres de longueur, 8 mètres 25 centimètres de largeur et de 1 à 2 mètres de profondeur. Ses parois latérales sont de faïence émaillée; son fond est enduit d'asphalte. Des trottoirs également d'asphalte, de briques et d'ardoises, conduisent aux quatorze vestiaires établis tout autour, à 1 estrade d'où s'élancent les plongeurs, et aux trois escaliers qui descendent à la piscine. L'eau de cette piscine a 7i¥ centigrade, elle est jaunâtre et n'a plus la même limpidité qu'à la source, ce qui tient à la rouille qui se préci[jjte et altère sa transparence.
Chacun des trois cabinets d'étuves se compose de trois compartiments ainsi disposés : une pièce d'entrée dont la température est de 'h¥ centigrade, avec table de marbre pour ceux qui veulent être massés; une pièce du miHeu où le thermomètre monte à 51 "centigrade et oi!i un filet d'eau minérale à la température de la source jaillit d'un rocher artificiel pour que les baigneurs puissent se l'afraîchir la figure et la tète, s'ils se sentent un peu congestionnés. Des cadres de bois et des bancs de marbre blanc sont à la disposition de ceux qui veulent s'asseoir ou se coucher. Enfin, un troisième cabinet est garni d'ajutages de douches froides, de sièges mobiles et de lits de repos. La température de cette dernière salle est de 38° centigrade. Les étuves d'Aylesford sont éclairées par leur partie supérieure, chacun de leurs cabinets est à peu près carré et a 4 mètres de côté.
Les bains turcs se donnent dans un très-belle et très-vaste salle de 6 mètres carrés, éclairée à la fois par les côtés et par la partie supérieure de son dôme de 20 mètres de hauteur. L'architecture de cette salle, les mosaïques de son pavé, ses verres de couleur, ses divans, ses lits, son ameublement enfin, sont en harmonie avec la destination et les coutumes du pays auquel on a emprunté ces usages balnéaires.
2" Pump Room. Son puits est à 10 mètres au sud de l'établissement d'Aylesford, dans la partie voisine de la Leam, dont l'eau n'est pas à plus de 6 mètres de distance. Une autre source légèrement sulfureuse se mêle à Feau de Pump Room et l'on a donné à ces deux filets un captage distinct. L'eau du puits de Pump Room a les mêmes caractères physiques et chimiques que ceux de la source Aylesford, seulement son goût est presque nul; sa température est de dO^jS centigrade, celle de l'air étant de 25°, 4 centigrade. Cette eau n'a point encore été analysée.
3" Wood's Spring. La source de Wood est à 50 mètres de la buvette d'Aylesford. Son eau a un goût beaucoup plus désagréable que celui de toutes les autres sources de Leamington ; elle semble plus sulfatée et moins chlorurée. Sa température est de 21", 2 centigrade : sa densité n'est pas connue et son analyse chimique n'a pas été faite. L'eau de Wood's Spring alimente : la buvette où deux robinets distribuent l'eau à la température de la source ou chauffée au bainmarie à la volonté du public ; cinq cabinets de bains dont les baignoii^es doublées de carreaux de faïence sont en contre-bas du sol. Un bassin percé de trous et placé au-dessus de chaque baignoire sert à l'administration des douches en pluie et alimente les ajutages des douches en lames, en jet, etc., etc. Un appareil de bain de vapeur par encaissement se trouve aussi dans chacun des cabinets.
4° Hudsons Spring. L'établissement nouveau alimenté par ces sources est sous le pont du chemin de fer qui passe au-dessus de la rue de la fontaine Alexandra. Ces deux sources dont l'une se nomme : source Saline et l'autre so2<rce Sulfureuse, ont leurs points d'émergence au bout de l'allée qui conduit à l'intérieur de la maison. La source Saline a son griffon dans un puits de 20 mètres de profondeur-
Gaz
LEAMINGTO.N (b.u's minér.vles pe). U5
son eau claire, lim}>icle et transparente, est incolore et inodore; son goût est salé ; sa réaction est alcaline et sa température de 18" centigrade. Son analyse chimique n'a point été faite. La source Sulfureuse sort de la terre de bas en haut à un mètre plus loin, et sou eau a les mêmes caractères que ceux de la source Saline, à rexceptiou de son odeur d'œufs pourris et de sa saveur hépatique très-désagréable. Sa température est de 16°,1 centigrade. L'analyse chimique de l'eau de la source Sulfureuse d'Hudson, faite par Patrick Brown, a donné par 1000 grammes d'eau les principes suivants :
Sulfate (le soude 5,1967
Chlorure de sodium 2,85"23
— calcium 1,7112
— magnésium 1,0245
Total des matièfies fixes 8,7847
Le protoxyde de fer, les iodure et bromure de sodium s'y trouvent en proportion très-minime.
L'eau de la source Sulfureuse d'Hudson renferme encore dans une pinte anglaise égalant 0'",5679 :
Hydrogène sulfuré . . . 1,144 pouces cubes = 18,7467cc.
Acide carljonique . . . . 3,136 — = 51,71 65cc.
Oxygène 0,023 — = 0,40!*6cc.
Azote 0,423 — = 0,9644cc.
Total des gaz. . . . 4,750 pouces cubes = 71,8370cc.
L'établissement des bains d'Hudson se compose d'une buvette et d'un seul cabinet de bains d eau minérale. La buvette a deux i^obinets ; l'un verse l'eau de la source Saline, l'autre celle de la source Sulfureuse. La salle contenant une seule baignoire sans douche et sans appareil à bain de vapeur, compose toute l'installation balnéaire de l'établissement d'Hudson. Cette pièce, précédée d'un très-grand vestiaire, a une baignoire en conire-bas du sol; elle est doublée de carreaux de faïence. Deux robinets, dont l'un apporte l'eau saline préalablement chauffée, et l'autre l'eau sulfureuse à la températui'e de la source, sont fixés audessus de la baignoire.
5" Alexandra Spi'ing. L'eau de la source Alexandra est exclusivement employée en boisson. Elle alimente une fontaine publique dont la construction date de 1865. Son eau n'a pas été analysée.
Mode D'ADJihMSTPwUiOiX et doses. Le mode de l'administration et les doses des diverses sources de Leaniingtou n'ont rien de spécial. Deux verres de 200 grammes chacun sont ordinairement ingérés le matin à jeun et à un intervalle de vingt minutes ou d'une demi-heure. La durée des bains et des douches avec l'eau chauffée n'a rien de particulier, mais le temps que l'on doit rester dans l'eau courante de la piscine d'Aylesford, dont l'eau n'a que 21 '',5 centigrade, ne doit pas dépasser le moment où les premiers frissons viennent à se produire. Cette recommandation n'est pas assez observée à Leamington. Nous avons constaté plusieurs ibis, en elfet, que l'immersion était trop prolongée pour arriver à l'effet tonique reconstituant d'une cure hydrothérapique méthodiquement administrée.
Emploi thérapeutique. L'action physiologique des eaux sulfatées, chlorure'es sodiques, magnésiennes et calciques de Leamington, dont la plupart sont en même temps ferrugineuses, est très-complexe, et son étude présente des difficultés presque insurmontables. Toutefois le premier effet de ces eaux est de produire des coliques, des épreintes, des ténesmes et une ou plusieurs selles diarrhéiques.
DICT. EKC. 2" S. IL , 8
114 LEAMINGTON (eaux minérales de).
Ces phénomènes apparaissent successivement, une heure en général, après l'iu- "estion du dernier verre. Les eaux de Leaniington déhihteut assez pour qu'on s'en aperçoive du huitième au quinzième jour et pour que souvent on soit obligé d'en suspendre l'usage. 11 semble, au premier abord, que la composition chimique de ces eaux chlorurées ferrugineuses doit les rendre assez analeptiques pour qu'où n'ait pas trop à redouter leur action déprimante occasionnée par la présence d'un sulfate neutre. 11 n'en est rien pourtant, et il serait dangereux d'en continuer l'emploi avec ces idées préconçues. On pourrait croire aussi que ces eaux qui sont assez énergiquement purgatives, doivent dériver sur le tube digestif et ne pas a"-ir en activant la circulation cérébrale. La pratique ne confirme pas ces données élémentaires en thérapeutique, et il serait très-imprudent d'administrer ces eaux sans surveiller avec soin la circulation générale, celle de la partie supérieure du corps et spécialement celle de la cavité du crâne. Les eaux de ces sources excitent aussi l'innervation à un point tel, chez quelques personnes au moins, qu'il est de toute impossibilité d'en continuer l'emploi. Enfin, elles sont diurétiques.
En bains et en douches tièdes et chaudes, elles ne donnent lieu à aucun phénomène qui ne s'observe aux autres stations minérales ; mais en bains dans la piscine de natation et à l'eau courante, elles sont toniques, reconstituantes, à la condition expresse que les baigneurs observent les précautions indiquées ci-dessus, qu'ilsne prolongent pas trop la durée de leur séjour dans une eau qui n'a pas plus de 25° centigrade, et la plupart du temps de 21" à 21'',5 centigrade. Un phénomène qui manque bien rarement d'arriver auprès des sources sulfureuses de Leaniington, est la surexcitation de la circulation et de l'innervation, ce qui rend leur application extrêmement délicate et exige une surveillance continuelle et trèsattentive.
Les eaux chlorarées et sulfatées de Leamington sont très-utilement conseillées en boisson aux dyspeptiques et aux gastralgiques, chez lesquels on ne doit pas craindre d'activer trop la circulation générale, et aux personnes qui soufl'rent de congestions hépatiques. Ces eaux en boisson rendent de très-grands services dans les accidents si fréquents chez les Anglais qui ont habité les Indes, qui surviennent du côté du tube digestif ou de ses annexes. Les eaux sulfatées et chlorurées sodiques de Leamington doivent être conseillées à la fois en boisson, en bains et en douches dans le lymphatisme exagéré et dans la scrofule. Sous leur influence combinée, les malades reprennent bientôt une carnation meilleure, leurs engorgements ganglionnaires diminuent ou disparaissent et leurs ulcères se détergent, prennent un bon aspect et finissent par se cicatriser. Les engorgements périarticulaires, les tumeurs blanches, même d'origine strumeuse, sont très-avantageusement modifiées par les eaux chlorurées et sulfatées de Leamington en boisson en bains, et surtout en douches en jet appliquées sur le siège du mal.
Les eaux sulfureuses de cette station minérale doivent être administrées en boisson et en bains contre des affections de la peau caractérisées par des sécrétions plus ou moins abondantes (dartres humides), contre certaines manifestations syphilitiques ; elles font supporter plus facilement enfin un traitement hydrargyrique indispensable dans les accidents primitifs. 11 n'y a pas d'années où elles ne prouvent leur efficacité dans les empoisonnements mercuriels ou saturnins, communs dans une contrée où un grand nombre d'ouvriers travaillent les métaux. L'anémie et la chlorose, les laryngites et les bronchites chroniques, les engorgements du mésentère, la pléthore abdominale, les catarrhes vésicaux, la goutte et la gravelle, le rhumatisme chronique et la polysarcie trouvent encore à