‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.54Chapitre 15 sur 86 · LE CAIRE · texte numérisé non relu

LE CAIRE

L,EBRETOi^ (Jacques-Alexar'dre-Exupère), naquit en 1784 à Paris, où son père s'était lait, connue accoucheur, une très-brillante position. Se destinant à la même spécialité, Lebreton dirigea très-sérieusement ses études de ce côté, et en fit le sujet de sa dissertation inaugurale. Les succès de sa pratique, l'instruction dont il avait fait preuve dans quelques publications, lui avaient ouvert les portes de l'Académie de médecine. Lebreton est mort subitement le 18 avril 1849, à deux heures du matin, au moment où il rentrait chezlui, après avoir terminé un accouchement.

On a de lui :

I. Observ. et réflex. sur l'emploi du forceps. Th. de Paris, 1810, n° 53. — II. Oh&. sur une iJrétendue phthisie laryngée et recherches anatomiques, etc. In Joiirn. univ. des se. méd., t. XII, p. 241 ; 1818. — III. Recherches sur les causes et le traitement de plusieui^s maladies des nouveau-nés. Paris, 1819, in-8°. Ti'aduct. allem., Leipzig-, 1820,111-8°. — IV. Tableaux optomatigues des accouchements. Pains, 1821, in-fol., pi. 5. E. Bgd.

LE CAIRE (Station hivernale), en arabe Misr-el-Gâhirah, qui veut dire le Yictorieux, est la capitale de l'Egypte, située dans la basse Egypte, sur la rive droite du Nil, au pied du mont Mokattam. C'est une ville d'environ 560,000 habitants, remarquable par ses belles places, sa forte citadelle, ses palais, ses mosquées, ses bains, ses aqueducs, ses canaux, ses citernes, ses bazars, ses caravansérails, ses jardins et ses cimetières. On cite parmi ses curiosités le puits de Joseph qui a 90 mètres de profondeur, dont la rampe en spirale permet aux bêtes de somme de descendre jusqu'à son fond. Le Caire a deux parties distinctes : le nouveau Caire dont nous venons de parler et le vieux Caire [Fostatt des Arabes), à 2 kilomètres sud-ouest de la ville actuelle, qui fut d'abord la capitale de l'Egypte et qui n'est plus aujourd'hui qu'un des faubourgs (chemin de fer de Paris à Marseille, bateau à vapeur de Marseille à Alexandrie, chemin de Ter d'Alexandrie au Caire) .

Le Caire est abrité des vents de l'ouest et de l'est par le Mokattam sur la pente occidentale duquel est bâtie la ville, distante de 1 ,800 mètres seulement des eaux du Nil. Ce terrain est occupé par des massifs de beaux palmiers et par de vastes avenues plantées d'acacias et de sycomores. Les plaines sablonneuses et incultes qui séparent le nouveau Caire de l'ancien se trouvent au sud-ouest de la ville nouvelle. Les prairies qui unissent Le Caire aux campagnes fertiles du Delta bornent le Caire au nord.

Le climat du Caire serait intéressant à étudier aux diverses époques de l'année; nous devons nous contenter d'indiquer, pour être fidèle à notre titre, ses particularités pendant les mois de la saison hivernale. L'automne dure au Caire jusqu'au milieu de décembre et le printemps commence dès le miheu du mois de février. C'est ordinairement pendant la première quinzaine de janvier que l'on passe les plus mauvais jours de l'année et pourtant le thermomètre descend rarement à -f-2" ou 5"^ centigrade. La température moyenne est de 5° centigrade à huit heures du matin et de 14° centigrade à midi, et de 4°,5 centigrade à six heures du soir. Les nuits sont ordinairement très-fraîches et surtout très-humides. Les malades européens ne peuvent trop s-e garantir contre l'abaissement de la température du matin et du soir, ou mieux ne sortir qu'entre dix heures du inatin et deux heures de l'après-midi pendant la saison hivernale. Le vent d'est est presque exclusif au Caire pendant les mois de janvier et de février, il dure de dix heures du matin au coucher du soleil, et c'est contre sa fraîcheur, quelquefois assez piquante, que les promeneurs doivent surtout se prémunir. Lorsque le vent d'est est violent, il rend

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les sorties impossibles à cause des nuages de poussière qu'il soulève et qu'il fait pénétrer dans les appartements les mieux clos. Sa durée à ce degré d'intensité est heureusement très-courte au Caire, elle ne dépasse pas six à huit jours par an, en général. Les vents du nord-est, du nord et de l'ouest soufflent quelquefois, mais n'existent jamais assez longtemps pour être dangereux. Le kamsin (cinquante), ou vent du midi, ne se fait sentir au Caire qu'après la mi-février, c'est-à-dire, après le retour du printemps ; aussi n'est-il redoutable que pour ceux qui sont obligés de séjourner au Caire après l'époque où les hivernants se sont habituellement retirés. Le kamsin devance cependant quelquefois son époque, et alors les malades doivent éviter avec le plus erand soin son influence fâcheuse. Pendant sa durée, qui est en moyenne de onze jours par an, un peu avant et un peu après Pâques, le ciel devient obscur, le soleil se voile, et l'on ne distingue sa lumière qu'à travers une couche épaisse d'une poussière fine et noirâtre oppressant la poitrine et latigant même les babitants du pays. La rosée est très-abondante au Caire en toute saison et quel que soit le vent qui souffie. Le rayonnement de la terre commence dès que le soleil approche de l'horizon. La condensation de la vapeur occasionne souvent des brouillards qui ne se dissipent qu'entre neuf heures et dix heures du matin, lorsque le soleil est déjà assez cbaud pour réduire les vésicules aqueuses en vapeurs invisibles.

Les phthisiquesqui n'ont pas un système nerveux très-irritable, les lymphatiques, les scrofuleux mêmes, les anémiques et les chlorotiques, les catarrheux, les rhumatisants et les asthmatiques, sont les malades qui se trouvent le mieux d'un séjour d'biver au Caire. Mais il finit se garder d'y envoyer les Européens cbez lesquels l'excitabilité et trop grande et l'innervation trop accentuée.. Ceux qui souffrent de l'un des points des voies aériennes ne doivent pas quitter leur appartement avant que le soleil n'ait réchauffé et purifié l'atmosphère, et garder la chambre, et même le ht, pendant les quelques jours que soufflent les vents et que tourbillonne la poussière. Il ne doit pas en être de même des enfants lymphatiques, scrofuleux, anémiques ou chlorotiques auxquels convient un air agité, sec, et, par conséquent, tonique. Les rhumatisants ont à éviter, comme les poitrinaires, les catarrheux et les asthmatiques, les promenades du matin et du soir pendant les jours où la température varie de J5 à 20° centigrade en quelques heures, oii les plantes sont couvertes de rosée, et o\i le brouillard obscurcit un ciel ordinairement sans nuages. A. Rotureau.

Bibliographie. — Malte-Brun. Précis de géographie universelle, t. IV, p. 488. — Cortem- BERT. Géographie universelle, t. \'III, p. 52i. — Destolxhes. Observations mctcorologiques mr le climat du Caire en 1855, 1836, 1837, 1838, 1839. — Vv^vt^-ev.. Topographie médicale du Caire. W\mc\\e\-\, 1847, p. 28. — Reyer (A.). De V influence du climat d'Egypte sur les tubercules jjulmonaires. In Gazette hebdoni. de médecine et chir., 14 novembre 1850. — JoAXNE et IsAjiBERT. Itinéraire en Egypte, p. 907. — Lauhe (J.). L'eau d'Allevard et les stations d'hiver au jwint de vue des maladies des poumons. Paris, 1869, in-8°, p. 108-109. — GiGOT-SuAiiD (L.). Bes climats sous le rapport hygiénique et médical, etc. Paris, 1862, in-12, p. 421-159. — Lambron (Ernest) . Les Pyrénées et les eaux thermales sulfurées de Bagnèresde-Lucho7i... indications générales pour le choix d'une station d'hiver. Paris, 1804, in-12, t. II, p. 1036-1041. A. R.

LE CAIXET. {Voij. Cannes).

.. LE€Al!VORJl (Foy. Lecanore.)

LÉCii.NORE. Genre de Lichen appartenant à la tribu des Lécanorés, lapins nombreuse en genres et en espèces dans la classification de M. Nylander. Le nom

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de Lecanora a été appliqué par Acharius à un certain nombre de Lichens à thalle crustacé {voy . Lichens) rangés plus tard, par Sprengel {Syst. vegetabiL), dans le genre Parmelia {voy. Parmélie) et, par de CandoUe, dans le genre Patellaire {FI. franc., t. II). Les Lécanores ont un thalle crustacé de couleur variée, tantôt déterminé et marginé d'une teinte plus foncée, tantôt diffus. Les apothécies sont sessdes à teinte pâle, jaunâtre, brunes ou noirâtres à bord épais formé par le tlialle. Les thèques renferment de4 à 8 spores et même plus, moyennes, ovoïdes ou ovales et ovales allongées quelquefois cloisonnées. Les spermogonies sont enfoncées dans le thalle, leur ouverture est à peine visible dans le L. Parella Ach. Chez d'autres espèces, les spermogonies sont soulevées et émergent sous forme de petits tubercules noirs. Les spermaties ont la forme d'aiguilles droites ou courbes. On trouye les Lécanores sur les écorces lisses ou rugueuses d'un grand nombre d'arbres, sur le bois, la terre, les rochers, les schistes. C'est un des genres de Lichen les plus répandus, et quelques espèces (L. subfusca Ach., L. atra Ach ) se rencontrent presque partout sur des points du globe les plus éloignés entre eux.

Les Lécanores fournissent des espèces comestibles et des produits tinctoriaux, entre autres le tournesol si employé comme réactif des acides et des alcalis. ija Parelle d'Auvergne qui sert à fabriquer le tournesol se compose en partie de l'espèce appelée L. Parella Ach. et de diverses espèces appartenant aux genres Isidium, Endocarpon, Ujnbilicaria, Variolaria en particulier, du Variolaria orcina, espèces qui, pour la plupart, ne paraissent pas être des Lichens autonomes, mais des individus qui, par suite d'une anamorphose bien connue chez les Lichens, se sont désagrégés et appartiennent à d'autres espèces connues. {Voy. Lichen.) Je renvoie donc à l'article Parelle la description des espèces qui concourent à former le produit vendu sous le nom de Parelle ou Orseille de terre. Parmi les espèces tinctoriales on connaît encore le Lecanora tartarea Ach.; il présente l'aspect d'une croûte irrégulière grenue, verruqueuse, blanchâtre, fendillée, s'effleurissant en une poussière blanche. Les apothécies sont éparses, sessiles, irréguUères à disque plan, roux foncé, abords épais blancs et calleux. Les Suédois retirent une couleur brune {Boeltelet) de cette espèce très-abondante sur les rochers de leur pays et qui se trouve aussi en France dans les montagnes des Vosges et des Pyrénées. Le L. tinctoria Fée présente un thalle diffus, granuleux, rouge, rugueux ; les apothécies éparses sont inégales, à marge annuUaire peu renflée, à disque concave brunâtre. Cette espèce abonde sur l'écorce des ai^bros au Brésil, elle est remarquable par sa couleur de cinabre, on en retire une laque violette magnifique. M. Fée suppose que c'est la plante analysée sous le nom de cochenille végétale par Vauquelin. {Ann. du Muséum, t. VI, p. 145.)

Les Lécanores comestibles, qui ont fait l'objet d'un très-grand nombre d'écrits, sont connus depuis les voyages de Pallas, qui décrivit, sous le nom de Lichen esculentus, des petits corps de la grosseur d'une noisette, trouvés à terre mais sans adhérence avec le sol dans les steppes de la Russie méridionale. Ces petits corps présentaient les caractères d'un thalle de Lichen roulé sur lui-même, crustacé, épais, coriace, blanc à l'intérieur, rugueux et de couleur gris cendré à l'extérieur. De rares apothécies concaves étaient enfouies dans l'intérieur ou émergeaient comme de petites verrues. Le professeur Eversmann reconnut trois espèces et des variétés de coideur gris verdàtre ou ferrugineuse; il donna à ces espèces les noms de Lecanora escvlentn, L. afftnis et L. fruticulosa.

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