‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.54Chapitre 19 sur 86 · LÉGUMINEUSES · texte numérisé non relu

LÉGUMINEUSES

de la légumine ; les haricots présentent moins d'avantage ; car, nidépendemment de la fécule, ils contiennent une matière gommeuse qui rend la filtration des liquides extrêmement difficile. On écrase les pois et on les met en digestion dans l'eau tiède pendant deux ou trois heures, la légumine se dissout en grande partie. Pour extraire ce qui reste dans la pulpe, on écrase celle-ci dans un mortier et on y ajoute environ son poids d'eau froide. Au bout d'une heure de macération, on jette le tout sur une toile et on exprime. Au bout de quelque temps de repos, on liltre le liquide, et l'on y verse peu à peu de l'acide acétique étendu d'environ huit ou dix fois son poids d'eau en ayant soin de n'y pas mettre une trop grande quantité, car le précipité qui s'est formé d'abord ne tarderait pas à disparaître, la légumine étant soluble dans un excès de cet acide. Il se forme ainsi un précipité floconneux et très-blanc. Ce précipité, lavé, et épuisé d'abord par l'eau et ensuite par l'alcool, est séché et pulvérisé; un traitement par l'éther le débarrasse de toute matière grasse, on le dessèche ensuite de nouveau jusqu'à 140" dans le

vide.

La légumine ainsi obtenue ressemble à l'empois d'amidon quand elle vient d'être précipitée par l'acide acétique ; desséchée, elle forme une masse brillante et diaphane. Elle est insoluble dans l'alcool et dans l'éther, l'eau bouillante et l'alcool faible et bouillant ne la dissolvent pas. L'eau froide, au contraire, en dissovit de grandes quantités ; quand on porte la liqueur à une température voisine du point d'ébullition, elle se coagule (Dumas et Cahours) et laisse précipiter des flocons cohérents ressemblant à de l'albumine coagulée. La solution aqueuse est précipitée immédiatement par de l'acide acétique faible, un excès d'acide redissout le précipité. En saturant l'excès d'acide par de l'ammoniaque, on fait reparaître la légumine, qui se précipite de nouveau. Un excès d'ammoniaque ou d'un autre alcali le redissout à son tour. Des dissolutions faibles d'acides sulfurique, chlorhydrique, azotique, phosphorique tribasique agissent comme l'acide acétique.

La baryte et la chaux forment avec la légumine des combinaisons insolubles dans l'eau. Cependant une solution aqueuse de légumine froide ne précipite ni les sels de chaux ni les sels de magnésie ; mais il suffit d'une légère élévation de température pour produire immédiatement la décomposition de ces sels et la coagulation du mélange. C'est à cette formation d'une combinaison insoluble de chaux et de légumine qu'est dû le durcissement qu'éprouvent les légumes quand on les fait bouilhr dans une eau séléniteuse.

Une solution de légumine, telle qu'on l'extrait des légumineuses (avant la précipitation par l'acide acétique) ne se coagule pas par l'ébuUition, mais par l'évaporation, elle se couvre, comme le lait, d'une pellicule qui se renouvelle chaque fois qu'on l'enlève; la raison de cette différence est que, dans l'extrait des légumineuses, la légumine se trouve combinée à un aloali, et que cette conrbinaison ne se coagule pas par la chaleur.

Une macération de graines de légumineuses, abandonnée à elle-même à la température de 15 à 20" pendant vingt-quatre heures, se coagule comme le lait caillé. C'est que la liqueur a subi la fermentation lactique, et l'acide lactique formé a précipité la légumine. LuiZi

LÉGUMIIVEIISES. Famille de plantes dicotylédones polypétales périgynesj dont les fleurs sont régulières ou plus souvent irrégulières. Elles sont construites ordinairement-sur le type 5, et plus rarement sur le type 4, 3 ou 6. Le réceptacle est

14i LEGUMINEUSES.

frcquemmeat concave, portant sur ses bords le péiiantbe et l'audrocée, tandis que le gynécée s'insère au fond ou plus rarement sur les côtés de la cavité réceptaculaire. Les sépales sont unis ou libres, égaux ou inégaux, valvaires ou imbriqués dans le bouton. Les pétales sont libres ou exceptionnellement unis. Ils sont, ou en même nombre que les sépales, ou en nombre moindre, ou quelquefois tout à fait absents. Leur ensemble forme une corolle régulière ou irrégulière. Dans le premier cas, la prélloraison est valvaire ou imbriquée. Dans le second, elle est indjriquée et parfois résupinée. Souvent l'imbrication est vexillaire, correspondant à la forme de corolle polypétale dite papilionacée. Cette dernière est formée de cinq pétales. L'un deux, postérieur, appelé l'étendard, recouvre dans le bouton les deux pétales latéraux nommés ailes. Les ailes recouvrent à leur tour les deux pétales antérieurs qui, libres, ou unis par leur bord inférieur, côns'tituent la carène. Les étamines, périgynes ou plus rarement hypogynes, sont au nombre de dix, superposées, cinq aux sépales, et cinq aux pétales, ou en même nombre que ces derniers, ou plus rarement en nombre indéfini. Leurs filets sont libres ou monadelphes, ou diadelphes ; et la diadelpliie est rarement égale, mais le plus ordinairement, avec la forme papilionacée de la corolle, inégale (9 et 1). Les anthères sont biloculaires, à déhiscence longitudinale, rarement porricide. Le gynécée est ordinairement unicarpellé, composé d'un ovaire uniloculaire, surmonté d'un style à sommet atténué ou dilaté, à tissu stigmatique terminal ou latéral. L'ovaire est uniloculaire, et sur le côté de sa paroi qui regarde l'étendard, on observe un placenta pariétal, chargé d'ovules en nombre variable, dirigés transversalement ou obliquement, anatropes ou plus souvent campylotropes . Le fruit est généralement une gousse [legumen], c'est-à-dire un fruit sec, polysperme, et déhiscent en deux panneaux ; mais quelquefois un achaine, une drupe ou une baie. La cavité de l'endocarpe renferme des graines en nombre variable, nues ou entourées d'une pulpe formée par l'hypertrophie du tissu de l'endocarpe ; la cavité de ce dernier est continue ou partagée en logettes plus ou moins complètes, monospermes, par de fausses cloisons, suivant lesquelles la gousse peut se séparer transversalement en un nombre d'articles égal à celui des graines (lomentiim). Les graines sont anatropes ou campylotropes, assez souvent arillées, renfermant sous leurs téguments un embryon charnu, parfois entouré d'albumen (charnu ou cartilagineux). Les cotylédons sont plans, foliacés ou épais. La radicule est ventrale, supère ou infère, droite, oblique ou infléchie et accombante aux cotylédons.

L'immense famille des Légumineuses habite toutes les régions du globe, sauf les îles glacées voisines du pôle antarctique. On en compte environ 6500 espèces, réparties dans 400 genres à peu près. On a subdivisé l'ensemble en trois sousfamilles dont les caractères principaux sont les suivants :

L Mimosées. Fleurs presque toujours de petite taille, régulières. CaHce à folioles libres ou unies dans une étendue variable, imbriquées ou plus souvent valvaires dans la préfloraison. Pétales valvaires, libres ou connés dans une certaine étendue. Étamines en nombre défini ou indéfini, libres ou monadelphes.

lï. CœsaJpiniées. Fleurs irrégulières et plus rarement régulières. Sépales hbres jusqu'à la base, ou unis dans une étendue variable. Corolle imbriquée, le pétale supérieur ou vexillaire tout à fait enveloppé. Étamines ordinairement libres, plus rarement unies, quelquefois hypogynes. Embryon à radicule droite ou trèsrarement légèrement oblique.

IIl. Papilionacées. Fleurs presque toujours irrégulières. Réceptacle plus ou moins prolongé en tube ou en coupe au-dessus du bord supérieur du disque,

LEIGHiNER. 145

et au-dessous de la base du cahce. Corolle dite papilionacée, le pétale supérieur enveloppant les latéraux. Embryon à radicule infléchie, accombante, ou plus rarement droite et très-courte.

Les plantes de la famille des Légumineuses ont quelques caractères communs dans les organes de la végétation. Ce sont des arbres, des arbrisseaux ou des herbes à feuilles alternes, rarement opposées, composées-pennées, ou digitées, ou décomposées, quelquefois réduites à une ou deux folioles, plus rarement transformées en phyllodes. Elles sont accompagnées de stipules, et les Tolioles ellesmêmes peuvent être munies de stipules. Les fleurs sont disposées en inflorescence uni ou nmltiflore, axillaire ou terminale, grappes, épis ou cymes, simples ou composés. Les pédicelles floraux sont placés à l'aisselle d'une bractée qui manque rarement, solitaires, géminés ou fascicules.

Les propriétés des Légumineuses sont trop nombreuses et trop variables pour pouvoir être indiquées ici d'une manière générale. Elles devront être étudiées à propos de chacune des sous-flmiillcs ou des genres qui contiennent des plantes employées en médecine. H. Bn.

Juss., Gen. plant., 545. — DC, Mém. Légiim., Paris, 1825 , in-4°; Prodr. , II, 95. — E>DL., Gcn., •1255, Cl. LSIl. — Li.ndl., Veg . Kiiigd., 5U. — Benth. etllooi;., Goi., I, 45i, — Uicii. (A.), Dict. de médec. (en 50 vol.), XYllI, 1 ; Élcm., éd. 4, II, 277.

LE DAVRE-DE-GRACE (Station mariîse), dans le département delà Seine- Inférieure, est un chel lieu d'arrondissement, situé sur la rive droite de la Seine, à son embouchure dans la Manche. Le Havre est une place forte, un sous-arrondissement maritime et une école d'hydrographie. La ville est peuplée de 80,000 habitants ; elle est bien bâtie, bien percée et remarquable par la beauté de sa jetée, de ses quais, de son avant-port et de ses six bassins, qui peuvent contenir 500 navires à la fois. Elle offre un aspect pittoresque, vue de la côté d'Ligouville, ou des dunes qui conduisent au phare de la Ilève, visité par tous les étrangers qui séjournent au Havre. La plage du Havre est formée de sable tin dans certains endroits, et de ga'cts dans certains autres ; elle n'est pas faite, par conséquent, pour attirer les baigneurs qui peuvent choisir le lieu de leur saison marine. Elle est très-suffisante cependant pour ceux qui demeurent dans la ville, ou qui ont quelques motifs d'y séjourner pendant les mois d'été. Les cabinets du sous-sol de l'hôtel Frascati sont munis de baignoires alimentées par l'eau de mer chauflée à la température du bain et de la douche. Si la plage du Havre laisse à désirer, an point de vue des bains de mer froids, l'installation des bains de mer chauds de Fi'ascati est plus complète que celle des autres stations mannes de la France.

La côte de Sainte- Adresse, couverte de villas, et qui domine la ville et la mer, attire beaucoup de baigneurs. A. R.

LEICHAIER (Eccard), professeur de médecine à l'université d'Erfurt, né à Saltzungen, dans la Thuringe, le 15 janvier 1612, mort le 29 août 1690. Ce fut un très-savant homme, un travailleur infatigable, mais d'un caractère aigre, ami du paradoxe, combattant tour à tour Descartes, van Helmont et la circulation du sang. Jourdan, dans le grand Dictionnaire de médecine en 60 volumes (biographie, t. V, p. 567), a donné une compendieuse liste des ouvrages de Leichner. Nous en détachons les suivants.

I. De motu sanguinis exercitatio anliharveiana . Arnstadt, 1645, in-12. — II. De alomo- DicT. ENC. 2° s. II. 10

146 LEMBERT.

rum subcœlestium stjiidiacrasi exercitationes. Erfurt, 1645, in-4°. — III. De gencratione seu propagativa animalhim, i^lantarum, et mtnerallum muUiplicatione in génère, excitationes plnjsicœ antiperipatetkœ XX. Erfurt, 1649, in-4°. — IV. De indivisibili et totali cujusque animœ in toto suo corpore et slngulis cjus partibus existeniia, dissertatio tripartita. Erfurt, 1C50, in-12. — V. Isagogicmn de jMlosophica, seu apodictica scholarum emendatione. Erfurt, 1652, in-4». — VI. Hypomemnata vu de cordis et sanguinis inotu, lenae, 1655, in-12. A. C.

LGIDEMPROST (Joh.-Gottlob), Médecin instruit et très-laborieux, né à Ortenberg, comté de Stollberg-Rossla, le 24 novembre 1716. Il étudia d'abord à Giessenpuis àLeipzig et prit défmitivement ses degrés à l'université de Halle ; après plusieurs voyages pour compléter son instruction, il pratiqua pendant quelque temps à Berlin, et accepta du service dans l'armée prussienne lors delà guerre de Silésie. En 1755, il occupa avec beaucoup de distinction une chaire de médecine à Duisbourg où il mourut le 2 décembre 1794, âgé de près de quatre-vingts ans. Leidenfrost a publié une foule d'opuscules sur différents points de physiologie, de pathologie et de matière médicale qui ont été réunis après sa mort sous le titre suivant : Opuscula physico-chemica et medica antehac seorsim édita, nunc post ejus obitum collecta, Lemgo, 1797-98, 4 vol. in-4°. Beaucoup de dissertations, dictées par lui, ont été soutenues sous sa présidence par ses élèves ; enfin il a fait paraître également beaucoup d'articles dans le journal de Duisbourg.

E Bgd-

LÉiomiOME. Voy. LioMioMÉ.

LÉIOTRIQIJE.| Voy. LiOTRIQUE.

tiÉIPOPSTCHlE. Voy. Adïnamie et Asthénie.

LEMAîTKE OU IW4GISTRI (Les). Il y a deux médecins de ce nom, qui n'appartiennent pas à la même famille :

Lemaitre (Claude), fils de Geoffroy Lemaître, prévôt de Montlhéry, et de Catherhie Lefèvre, appartient à l'école de Paris, mourut le 8 décembi'e 1544 et fut ienterré à Saint-André des Arts. Il était chanoine de Meaux et du Mans, prieur de Saint-Denis en France et de Chaumont. Je ne lui connnais pas d'ouvrages.

tiemaitre (Piodolphe) était de Tonnerre, médecin de Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII, qu'il accompagna dans son voyage en Lorraine, et mourut en 1632, laissant :

I. De temponbus humant partus. Nîmes, 1591, in-8°. — II. Doctrina Hippocratis. Apho^ rismi nova interpretatione ac mcthodo exornati. Paris, 1615, in-12. — III. Préservatif des fièvres malignes de ce ternies. Paris, 1619, in-8°. — IV. Conseils préservatifs et curalifs contre la peste^ plus contre les piqûres venimeuses. Épinal, 165:i, in-16. A. C.

LËIUBËRT (ANTomE). Ancien interne des hôpitaux de Paris, lauréat de l'Académie des sciences pour des recherches sur la méthode endermique, médecin des épidémies pour le département de la Seine, né à Nancy le 19 avril 1802, mort d'un cancer de l'estomac en 1851, Lambert a attaché son nom à un procédé opératoire pour la suture intestinale qu'il publia peu après Jobert de Lamballe, et à la méthode iatraleptique, sur laquelle il a publié un très-bon travail.

Voici la liste de ses publications :

I. Exposé sommaire d'une médecine nouvelle par la voie de la peau privée de son épi-

LÉMERY (les deux). 147

demie (avec Lesieur), lu à l'Acad. des se. lu Arch. gêii. de mccL. 1" sér., t. V, p. 158 ; 1824. — l\. Propositions sur le système nerveux. Th. de Pai'is, 1828 ; n" 56. — \ll. Essai sur la méthode endermique. Paris, 1828, in-8''. — IV. Nouveau procédé d'entéroraphie. In Ecpert. danat., etc. , t. L, II, p. 100 ; 1826. — V. Du principe du mouvement dans les corps organiques. In Arch. cjén. de méd., i"' sér., t. XXII, p. 27G, 430; 1850. — VI. Du délire sous le rapport du diagnostic. Th. deconc. (af^régat. méd.). Paris, 1852, in-4°. — VII. Dansqucl cas la doctrine de la dérivation et de la révulsion est-elle applicable? Th. de conc. (id.j. Paris, 1855, in-4°. E. Bgd.

ïiÉMERY (Lesdeïîx).

Lémery (Nicolas), l'un des chimistes les plus érainents du dix-septième siècle, né à Rouen le 17 novembre 1645, mort à Paris, le 19 juin 1715. A une époque où la chimie était à peu près nulle comme science, et où l'alchimie régnait encore en souveraine, ce savant et judicieux homme sut y introduire de la clarté, y employer un langage précis, intelligible, substituer aux anciennes explications purement hypothétiques , des théories fondées sur l'observation attentive et exacte des phénomènes. Il fonda, en un mot, cette science, que Lavoisier devait transformer et que les recherches modernes ont portée si haut. Mais Léniery était calviniste : c'est assez dire les persécutions qu'il endura, dans ce siècle d'intolérance ; on ne se contenta pas de lui retirer son brevet de pharmacien ; on le força à se réfugier en Angleterre (1683) ; l'infâme révocation de l'édit de Nantes, signé par un roi fou de bigoterie et mené par une dame de Maintenon, ne fit qu'augmenter les malheurs de notre chimiste, lequel, privé de son état, dépouillé de sa fortune obligé de se cacher, se trouva placé entre ces deux alternatives: s'expatrier ou renoncer à ses croyances religieuses. La vérité oblige à dire que Lémery opta pour ce dernier parti, et qu'il abjura en 1686. 11 mourut le 19 juin 171 5, laissant les ouvrages suivants, qui ont fait sa gloire :

l. Traité de l'antimoine. Paris, 1707, in-12. Traduit en allemand par Jean-André Mahlern (1709), et Journ. des savants, année 1707, t. III, p. 290. — II. Coias de chimie contenant la manière de faire les opérations gui sont en usage dans la médecine, par une méthode facile, avec des raisonnements sur chaque opération , pour l'instruction de ceux qid veulent s'appliquer à cette science. Paris, 1675, in-S" ; plus un nombre énorme d'éditions et traductions dans presque toutes les langues de l'Europe. — III. Pharmacopée universelle. Paris, 1697, in-4°, etc., etc. — IV. Dictionnaire universel des drogues simples contenant leurs noms, origine, choix, principes, vertus, étymologie, et ce qu'il n a de partie culier dans les animaux, dans les végétaux et dans les minéraux. Paris, 1698 in-4° etc

I^émery (Louis), fils du précédent, fut en tous points digne de son père, et s'adonna pareillement, d'une manière spéciale, à la culture des sciences chimiques et physiques. Né à Paris, le 25 janvier 1677, licencié à la Faculté de médecine de cette ville, le 17 août 1698, il mourut d'une leuco-phlegmasie, le 9 juin 1745, et fut enterré à Saint-Sulpice. Il avait été médecin du roi, membre de l'Académie des sciences, professeur de chimie au Jardin royal, médecin de l'Hôtel-Dieu (1710U Il a laissé :

* I. Traité des aliments, oh Von trouve : la différence et le choix qu'on en doit faire ; les bons et les mauvais effets qu'ils peuvent produire, leurs principes, les circonstances oii ils conviennent,, Paris, 1702, in-12, etc.; revu, corrigé et augmenté par Jacques-Jean Bruliier 1755, in-12, 2 vol. — II. Dissertation sur la nourriture des os. Paris, 1704, in-12 etc ~ Plus divers mémoires insérés dans les Mém. de l'Acad. des sciences, et dont voici las principaux : — III. De l'urine de vache, de ses effets en médecine, et de sou anali/s chimique ; année llQl , p. 53. — IV. Observation historique et médicinale sur une préparae

tion d'antimoine, appelée Poudre des Chartreux ou kermès minéral ; année 1720, p. 417

V. ^uv un fœtus monstrueux; année 1724, p. 44. — VI. Sur le trou ovale; année 1759 p. 31 et 97. — VII. Remarque sur un nouveau monstre, dont M, Winslow a donné depuis l>eu la description ; znnée il ^'d, ]}.'ù'è'\. ^ ^

11^ LEMNISOllE.

LEiMMEXS, Cil latin LEmiViL'S (Les deux). Deux médecins zéloiiilais (jiiiout joui dans leur temps d'une grande réputation , dont l'un a beaucoup écrit, mais dont les ouvrages restent aujourd'hui ensevelis sous la poussière des bibliothèques.

Lemmens (Loiiis), OU le père, né à Ziricnée, le 20 mai 1505, mort chanoine je ne sais pas de quelle confrérie, lel^judlet 1568, a laissé les ouvrages suivants :

I. De aslvolofficc liber tiniis , in quo ohiter indicatur qtiid illa veri, quid ficti fahiquc Jiahcal, ctc , e!c. Anvers, lo5i, in-S°, — ]I. De occuUis nnliirœ miracnlis Ubri duo. Anvers, 1550, in-1-2, etc. Trad. en français par Ant. Dupinet et Jean Gaborry (1567). — III. J)e habita et constitiitionc corporis, quam triviales complexioncm vacant, Ubri duo. Anvers loOl, in-12. — IV. Similitudinum cl paraholarum giiœ in Bibliis et herbis atqiie arboribus desinmtnlur , dilucida expUcatio. Anvers, 1509, in-S", etc. Trad. en français (1577).

Lemmens (Guillaume), ou le fds, né pareillement à Ziricnée, vers l'an 1530, s'acquit assez de réputation pour que Eric IV, roi de Suède, l'eût appelé à sa cour, et l'eût comblé de bontés. Tant de faveur devint fatale au médecin, qui fut jeté en prison et étranglé en 1568, lorsque son prolecteur lui-mcme fut précipité du trône par Jean III. On n'a de lui qu'un opuscule tendant à prouver que l'éducation a plus d'influence que le climat sur le développement des facultés intellectuelles. Cet opuscule porte ce titre:

Epislola qiiâ obiter docetur educationcin plus cfficeve in animis homimcm, quam acris anibicntis mit loci qiialitatcm. Anvers, 1554, iii-8°. A. C.

LEMIVA, Lenticule ou Lentille d'eau. Genre deMonocotylédonées, établi par Linné, et donnant son nom à la famille des Lemuacées. Les plantes qui le composent flottent à la surface des eaux tranquilles sous forme de petits disques lenticulaires, de couleur verte, réunis deux ou plusieurs ensemble, et émettant par leur partie inférieure une ou plusieurs radicelles. Les fleurs sont unisexuées, et réunies d'ordmaire par trois, deux mâles et une femelle, dans une petite spathe commune. Elles sont extrêmement simples, les fleurs mâles se réduisant ;i une seule étamiue, les femelles à un seul pistil. Le fruit est indéhiscent, uniloculairc et contient une ou plusieurs graines à testa coriace, entourant un embryon monocotyiédoné, droit, place dans un albumen très-peu abondant, nul d'après quelques auteurs.

Les diverses espèces de Lemna, fraîchement retirées de l'eau, étaient jadis appliquées comme réfrigérantes sur les organes enflammés. De nos jours, elles n'ont plus d'usage médical. C'est une nourriture très-recherchée par certains oiseaux aquatiques.

Lk^é. Gcncr. Plant. 900. — Endlicheii. Gen. Plant. — J. Bauhix. Hist. Plant. III, 78G.

G. Planciion.

LEMîXISfJL'E ()>vîpt(7v.oî , bandelette, ruban). Les chirurgiens grecs donnaient ce nom à des tentes ou mèches introduites dans une plaie, pour obtenir une cicatrisation isolée des bords de cette plaie, pour dilater une cavité étroite, ou pour faciliter l'écoulement d'un liquide après l'ouverture d'une collection. Ainsi, Celse qui, le premier, se sert de ce mot, conseille d'introduire un Jemnisque enduit de vinaigre après l'opération qui consiste iî ouvrir un conduit artificiel dans un vagin oblitéré par une masse .charnue (1. Vil, ch. xxviii). Âetius fait observer qu'après la ponction d'une hydrocéphale aqueuse, il ne convient point d'introduire un lemnisque dans l'incision, comme on a coutume de le faire pour les abcès. (Tctrab. 2, 1. II, c. i.) Et, en effet, Paul d'iilgine remarque que quand l'abcès

LE MONKSTIEU DE BP.IANÇON ieaox minkrai.es de). 119

que l'on ouvre est petit, on ne fait qu'une ouverture, et on n'y place qu'un icmnisque (l. VI, cli. xxxiv). C'est le plus ancien procédé de drainage chiiurpical.

E. Bgd.

LEMOî^-GRASS . On donne ce nom, en Angleterre, à plusieurs espèces qui ont été indiquées au mot AxDr.opoGo.N. Les feuilles de V Androjwgon Schœnanthum sont employées comme stimulantes et digestives. L' Andropogon citratum passe pour abortif.

LE MOXESTîEB DE BRIAIVÇOIV (Eaux MINÉRALES de), mésothermales on hyperthermales, bicarbonatées ou sulfatées calciques moyennes, carboniques moyennes. Dans le département des Hautes-Alpes, dans l'arrondissement de Briançon et à 15 kilomètres au nord-ouest de la ville de ce nom, près de la Guisane, est un chef-lieu de canton peuplé do 1250 habitants, remarquable par ses mines de graphite ou plombagine, de houille et de cuivre. Des vestiges de constructions romaines ont été découverts dans plusieurs endroits des environs.

Deux sources émergent au Monestier de Briançon, l'une au nord et l'autre au midi de l'établissement ; on nomme la première source du Nord ou source de la Rotonde, la seconde source du Midi. Le captage de ces souixes est très-défectueux ; aussi leur température varie-t-elle considérablement lorsque l'atmosphère change et que l'eau de pluie se mêle à l'eau minérale. Ainsi l'eau de la source du iS'ord a quelquefois 50" centigrade, et quelquefois 22" centigrade seulement. La température de la source du Midi est un peu plus fixe ; elle oscille d'habitude entre 39" et 45" centigrade. L'eau des deux sources est claire, limpide et transparente, sans odeur, d'une saveifr alcaline peu marquée; elle ramène au bleu les préparations de tournesol rougies par un acide lorsqu'on la laisse exposée à t'air pendant un cerlain temps et que ses gaz se sont évaporés. Des bulles, les unes petites, les autres d'un plus gros volume, la traversent et viennent s'épanouir à sa surface; lorsqu'elle est reçue dans un verre, les plus grosses s'attachent en partie à ses parois, les plus petites se mêlent à l'air après avoir promptement gagné la couche supérieure du liquide. La densité de cette eau minérale n'a pas été cherchée; M. Tripier a fait son analyse chimique et il a trouvé, dans 1000 grammes de l'eau de chacune des deux sources du Monestier de Briançon les principes suivants :

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