‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.54Chapitre 2 sur 86 · KS DE · texte numérisé non relu

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source. L'établissement de La Saxe est complètement dépourvu d'ajutages de douches.

Emploi théuapeutique. L'eau de h source Ferrugineuse ne sert qu'en boisson; celle de la source Sulfureuse sert en boisson, en bains, en gargarismes, en applications topiques, et en inhalations gazeuses. L'eau de la source Ferrugineuse se donne le matin à jeun, à la dose de trois à huit et même dix verres pris à un quart d'heure d'intervalle. La plupart du temps les malades en font usage pendant leurs repas, soit pures, soit mêlées au vin. L'eau de la source Sulfureuse se prescrit depuis un demi-verre jusqu'à quatre et même six verres. Elle est en général bien acceptée par l'estomac, et il est assez rare que l'on soit obligé de l'étendre avec du lait ondes infusions aromatiques, émollientes ou béchiques. Les bains de La Saxe sont le plus souvent d'une demi-heure à une heure de durée. La longueur du séjour dans la salle d'inhalation peut être aussi longue que les malades le désirent.

L'étude de l'action physiologique des eaux ferrugineuses ou hépatiques de La Saxe, ne présente rien de remarquable. La source martiale est tonique et reconstituante. La source Sulfureuse donne de l'appétit, mais elle constipe souvent assez pour nécessiter l'emploi des purgatifs ; si la constipation n'occasionne pas d'accidents trop prononcés, il ne faut pas s'en inquiéter, car elle disparaît presque toujours seule après les quatre ou cinq premiers jours. Il est bon de noter que les eaux sulfureuses de La Saxe tendent à accroître l'embonpoint ; elles accélèrent les pulsations artérielles, mais elles n'augmentent sensiblement ni les fonctions des organes urinaires, ni celles de la peau. Elles occasionnent de la toux dans les maladies chroniques des voies aériennes et rendent plus abondantes les sécrétions de la membrane muqueuse du larynx, de la trachée et des bronches ; ces effets ne se produisent qu'au début de la cure.

Les bains sulfureux de La Saxe n'ont guère plus d'effets physiologiques que ceux d'eau ordinaire ; il est bien rare qu'ils produisent la fièvre thermale ou la poussée; mais ils élèvent presque toujours la caloricitédu tégument externe en le rendant moins sensible aux transitions de la température.

Un séjour assez prolongé dans la salle de la buvette fournit un moyen de diététique respiratoire que l'on trouve seulement dans les stations minérales possédant des salles d'inhalation gazeuse. Les résultats obtenus à La Saxe sont dus à l'abaissement de la proportion normale de l'oxygène dans l'air de la buvette et à ce qu'il est chargé d'un certain volume de gaz acide sulfhydrique, de soufre en cristaux d'une ténuité extrême et de quelques sels contenus dans l'eau minérale. Les malades éprouvent d'abord dans cette salle une lourdeur de tête et souvent une céphalalgie intense, une sensation de chaleur dans la gorge, un goiit à la fois sucré et amer, et un chatouillement laryngien provoquaut la toux. Après quel- > ques jours, l'expectoration devient plus facile et les crachats plus visqueux ; la | toux disparaît progressivement, et les mouvements respiratoires sont plus amples ' et moins précipités. Les battements du cœur et les pulsations artérielles dimi- ■ nuent d'uue manière notable. ' '

L'eau de la source Ferrugineuse de La Saxo est utile dans les anémies, la chlorose, les diarrhées atoniques, la spermatorrhée ; il rend des services, enfin, dans les paralysies qui reconnaissent pour cause une hystérie ou une chorée, et dans les cachexies survenant après des pyrexies graves et longues, après des fièvres intermittentes prolongées, ou une lactation excessive ayant altéré l'économie ; après des empoisonnements virulents ou métalliques.

LA SAXE (Eifï^?i

L'action curative de l'eau sulfureuse de la Saxe s'exerce priacipalement sur les maladies des voies respiratoires, sur les laryngites, les tracliciles et les bronchites chroniques, si fréquentes avec le climat froid et variable du voisinage du mont Blanc. Son emploi est très-profitable encore contre les pharyngites et les angines granuleuses. Elle est vantée aussi contre l'asthme dont elle éloigne les accès, qu'elle parvient même à empêcher tout ù fait. Qu'il nous soit permis de faire deux observations à cet égard : nous accordons que dans l'asthme spasmodique, dans la névrose des bronches connue sous le nom d'asthme essentiel , les eaux hépatiques de La Saxe , en boisson surtout, agissent sur l'mnervation d'une manière assez profonde pour que des accès de contractions bronchiques soient modifiés heureusement, entravés complètement même ; nous accordons encore qu'elles améliorent cette maladie, lorsqu'elle est sous la dépendance d'un catarrhe des bronches antérieur ; mais nous ne pouvons admettre qu'eiles méritent la réputation qu'on leur a faite de s'opposer aux accès de dyspnée reconnaissant pour cause un état anatomique du poumon, comme dans la rupture et la dilatation des bronches. L'altitude de La Saxe, l'air pur et vif qu'y respirent les emphysémateux, expliquent suffisamment les cures merveilleuses que l'on a publiées à une époque où les services que la percussion et l'auscultation ont rendus à la médecine n'étaient pas ou étaient mal connus. Les asthmatiques retirent souvent, même pendant leur accès, un grand bénéfice des douches en jet reçues entre les deux épaules et sur les parois thoraciques ; ces résultats favorables font regretter plus vivement encore qu'on n'ait pas cru devoir installer, à La Saxe, les ajutages nécessaires à l'administration de ce moyen balnéothérapique.

On emploie également l'eau de la source Sulfureuse dans les dyspepsies, les gastro-entéralgies, les douleurs rhumatismales, les maladies de l'utérus d'origine herpétique, et dans plusieurs maladies de la peau caractérisées par des vésicules, des pustules ou des papules. Comme toutes les eaux sulfureuses, elle est utile dans les empoisonnements saturnins, arsenicaux et mercuriels. Enfin, peu d'eaux sulfureuses sont mieux indiquées qu'elle dans les affections des voies urinaires se traduisant à l'extérieur par l'excrétion d' urines avec dépôt de pus, de muco-pus ou de mucus. Les malades doivent se baigner, mais ils doivent surtout prendre l'eau en boisson et à dose progressivement croissante ; s'ils vont trop vite, ils déterminent un état aigu dont le moindre inconvénient est de forcer de suspendre la cure. Pour que le traitement hydrosulfureux de La Saxe donne les meilleurs résultats, il faut que l'amélioration augmente de jour en jour, sans que l'économie éprouve une violente secousse. De temps immémorial, ainsi qu'on peut s'en assurer dans le curieux Traité de Mollo, les eaux sulfureuses de La Saxe ont donné des résultats favorables, en applications topiques, sur les plaies anciennes , les vieux ulcères et les affections chroniques des paupières.

L'eau ferrugineuse et sulfureuse de La Saxe est tonique, reconstituante et excitante ; ces effets indiquent qu'il faut craindre de la prescrire dans les circonstances où il est dangereux de donner au sang trop de plasticité et à la circulation une trop grande activité. Ces eaux sont donc contre-indiqiiées chez les pléthoriques, chez tous ceux qui sont doués d'une constitution faisant redouter des congestions ou des hémorrhagies cérébrales ou pulmonaires, chez les malades enfin qui portent des altérations du cœur ou des gros vaisseaux.

Durée (le la cicre:Ae quinze à vingt-cinq jours.

LASERPITIUM. 5

On n'exporte pas les eaux des deux sources de La Saxe. A. Rotureau.

Bibliographie. — Mollo. Traité des eaux minérales de Courmayeur. Genève, 1728, in-12. La Saxe, pages 52 et 115.— Behiin!. Idrologia mincrale degli Statisardi. Torino, 18i3, in-8°. — Garelu (Giovanni). Délie acque minerali dltalia e délie loro appliLazioni terapeutiche, Torino, 1X64, in-8. A. R.

LASER, nom appliqué par les anciens médecins à un ou peut-être à deux médicaments dont l'un était probablement VAsa fœtida. {Voy. ce mot.) L'autre était certainement leur Sitccus cijrenaicus. ])'a])rès Geoffroy (TmcL de Matermedic, II, 609), la plupart des auteurs qui l'ont précédé ont considéré ces deux substances comme identiques. Mais on a retrouvé la plante que les Grecs appelaient ffO^ffitov, et les Romains Laserpitium, et qui produit le Suc cyrénaïque. C'est le Thapsia Silphion de Viviani, plante du groupe des Ombellifères, comme hFerida {Narthex) Asa fœtida. On suppose, dit Pereira(Elem. Mat. med., éd. 4, If, p. II, 174), que le Succits cyrenaicus étant devenu rare dans le commerce, les anciens lui substituaient une substance de propriétés analogues, quoique inférieures, et qu'ils appliquaient aux deux objets le nom commun de Laser. Pline {Hist. nat., livr. 19, cb. 15, éd. Valp.) dit que le Laser ou Silphion ne se trouvait plus depuis longtemps en Cyrénaïque, parce que les publicains qui affermaient les pâturages de ce pays trouvaient avantage à détruire la plante pour la nourriture de leur bétail. Un seul pied put être recueilli pour être envoyé à Néron. On savait alors quand les bestiaux en avaient rencontré et brouté les jeunes pousses, parce que les moutons en éprouvaient, dit-on, des éternuments. Le seul Laser introduit depuis longtemps à Rome était récolté en abondance en Perse, en Médie et eu Arménie, mais il était fort inférieur à celui de la Cyrénaïque. (( Il n'est pas du tout improbable, ajoute Pereira, que le Laser de Perse ait été notre Asa fœtida. Le mot Assa fœtida, dit Murray [Appar. medic, I, 561), parait avoir été introduit par les moines de l'école de Salerne. Mais il semble aussi être d'origine orientale et pourrait bien être dérivé, comme on l'a soupçonné, du mot Laser. Nicolaus Myrepsus (An^jrfotar., ch. xxvii, p. 565, cité par Alston, Mat. med., Ll,438),ledeirnier à peu près des médecins grecs, lequel vivait, d'après Sprengel {Hist. de la médec., IV, 368), vers 1227, parle del'Ao-a yotTfîa. 11 y a, dit Avicenne (lib. Il, tr. 2, cap. 53), deux sortes à' Asa (i. e. Laser lat.), l'un fétide et l'autre odoriférant. » Ce dernier serait seul le Laser, employé autrefois, non-seulement comme médicament, mais encore comme condiment; ce qui s'appliquerait d'une façon moins vraisemblable à l'/iso /te^V/a, {Voy. sur ce point le mot âsa.,) il. Rr,-.

LASERPBTIUM L. Genre de plantes, de la famille des Ombellifères, qui a donné son nom à une tribu des Laserpiliées. Ses fleurs sont disposées en ombelles composées, avec involucrect involucelles. Leurs sépales sont nuls ou très-courts. Leur disque hypogyne est conique ou déprimé, et leur fruit oblong est })resque de la même largeur dans tous les sens sur une coupe transversale, un peu rétréci vers la commissure. Il y a quatre ailes à chaque carpelle ; elles sont formées par les côtes secondaires et se présentent sous forme de lames verticales, entières ou ondulées. Les bandelettes sont solitaires sous les ailes. La columelle se partage en deux baguettes. La graine est comprimée suivant le dos, et sa face verticale est plane ou légèrement concave. Les Laserpitiiim sont des plantes herbacées, vivaccs, européennes et asiatiques, ou originaires de l'Afrique boréale. Leurs

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