LASSAIGNE
feuilles sont pennées, ou subternées et décomposées. Leurs fleurs sont blanches ou d'un jaune verdàtre. Le nom de ce genre \ient de ce qu'on a cru autrefois que le Laser provenait d'une de ses espèces; on a attribué cette substance aux L. S'der L., gummiferum Desf. et latifolium L. Le L. Siler est une plante française; c'est le Siler mnntamim C^î^ti {Ligusticum garganiciim Ten.); on le trouve dans le Daupliiné, la Lozère, les Pyrénées. Il a une souche amère qui a été employée comme vulnéraire, et ses iruits sont estimés comme stomachiques, emménagogues, diurétiques. M. Fée atttribue la production du Faux- Turbith ou T. des vwntagnes, au L. glabrum Grantz [FI. austr., t. 146), ou i. latifolium Jacq. {FI. austr., t. iA(j). Le L. Chironium L. est le Séseli d'Ètliicpie, et la Panacée d'Hercule des anciens, au dire de Paulet. La racine, qui a l'odeur de l'encens, était employée comme excitante, échauffante, carminative, antihystérique. On la prescrivait souvent sous le nom de Gentiana alba. Olivier et Bruguière ont, dans leur voyage en Orient, trouvé aux environs de Constantinople une espèce de ce genre que Ventenat nomme L. triquetrum, et dont la tige incisée donne un suc laiteux et visqueux qui se coagule en une gomme-résine Irès-odorante.
Le L. Chironium est un Opoi'anax {voy. ce mot). H. Bn.
L., Gen., n. 344. — Desf., Flor. allant., t. 75. — DC, Prodrom , IV, 204. — Lamk, Dirt., III, 42'2. — Paulet, in Joiirn de médec, LII, 422 — Venten., Jard. Cels, V, 97. — ÎIÉR. et Del., Dict., IV, 45. — Endl , Gcn., n. 4i92. — Guib., Drog. simpl., éd. 4, III, 229, — 1 ixDL , FI. med., 53. — Fée, Cours, II, 209. — Gren. et Godh., FI. de Fr., I, G79. — RosEXTu., Syn. pi. diaph., 551. — Bentii. et IIook., Gen. jilcint., I, 929, n. 149.
liASSAIGl^E (J. L.), un des élèves distingués de l'école de Vauquelin, naquit, le 22 septembre 1800, au Muséum d'histoire naturelle de Paris, oii son père exerçait la profession de mécanicien ; c'est là que le jeune Lassaigne étudia la chimie sous les auspices du célèbre professeur que nous venons de nommer. A peine âgé de dix-sept ans il publiait avec M. A. Chevalier, son condisciple et longtemps son ami, des recherches sur le Chenepodiiim olidmn et sur le Char a viilgaris ; en 1821 et 1822 il vit quelques-uns de ses travaux couronnés par la Société de médecine du département de la Seine. En 1825, l'Institut mentionnait honorablement un mémoire très-remarquable sur la digestion, qu'il avait composé en collaboration avec Leuret. Bientôt après il était nommé professeur de chimie à l'École de commerce de Paris, et l'illustre Dulong, professeur de physique et de chimie à l'École vétérinaire d'Alfort, le plaçait à la tête de sou laboratoire et lui laissait sa chaire lorsqu'il eut été appelé sur un théâtre plus digne de lui. C'est dans cette position que Lassaigne composa une foule de travaux dans lesquels la chimie organique eut une large part. On lui doit la découverte de différentes substances, telles que la delphine, l'acide pyrocitrique, les acides maliques pyrogénés. Il a introduit le chromate de plomb dans la fabrication des toiles peintes. On lui doit encore un certain nombre de rajjports sur des questions de médecine légale. Enfin, il a composé un abrégé élémentaire de chimie demeuré longtemps classique. Lassaigne succomba le 18 mars 1859 aux progrès d'une maladie qui, depuis près d'une année, le tenait éloigné de l'enseignement ; il était depuis longtemps déjà membre de l'Académie de médecine et d'un Irès-grand nombre de sociétés savantes.
11 a fait paraître les ouvrages suivants :
I. liechcrches plnjsiologiques et chimiques , pour servir à l'histoire de la digestion (avec Leuret). (Ouvr. ment. lion, par l'Acad. des se.) Paris,1825, in-8°.— 11. Abrégé éicmentaire de
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chimie considérée comme science accessoire, etc. Paris, 1829, 2 vol. in-8% fig., col,, 2* édit., ibid., 1859 ; 5", 1842; 5», 1846, 2 vol. in-8, fig. — III. Dictionnaire des réactifs chimiques employés dans toutes les expériences. Paris, 1859, in-8°, lig. — IV. Hist. naturelle et médicale des médicaments employés pour les animaux domestiques (avec Delaf'ond). Paris, 1841, in-8°. 2' éd. sous ce titre : Traité de mat. méd. et de pharmacie vétérinaires. Paris, 1855. jn 8'. — Voir un grand nombre de mémoires dans les Annales de chimie et de physique, dans le Journal de chimie médicale, dans les Annales d'hygiène, Rapports à l'Académie de médecine, etc. E. Bgd.
liASSERRE (Eau minérale h'e) , athermale ^ amétallite , carbonique faible . Dans le département du Lot-et-Garonne, dans l'arrondissement de Nérac, à 2 kilomètres environ du village de Francescas, émerge d'un terrain calcaire la source de Lasserre. Son eau limpide, claire et transparente, n'a ni odeur ni saveur caractéristiques, elle est sans action sur les préparations de tournesol ; sa température est de 12%5 centigrade. Sa densité n'est pas connue; Dulong a fait en 1825 son analyse chimique, il a trouvé que 1000 grammes de cette eau contiennent les principes suivants :
Carbonate de chaux 0,2o4
— magnésie 0,005
Sulfate de magnésie ciistallisé O.loa
— soude cristallisé 0,060
Chlorure de sodium 0,048
— magnésium cristallisé 0,Oil
Sulfate de chaux O.OÛS
Silice 0,005
Total des matières fixes 0,612
ç ( Air atmosphérique 48,191 cent, cubes.
I Acide carbonique 47,000 —
Total des gaz 95,191 cent, cubes.
L'eau de Lasserre est exclusivement employée en boisson par les habitants des pays voisins qui viennent chercher auprès de cette source une panacée à toutes leurs affections dans lesquelles l'appétit a diminué, les digestions sont laborieuses et les garde-robes diiTiciles. Pour arriver à une guérison rapide, ils croient devoir ingérer une quantité énorme d'eau minérale tous les matins à jeun. Ils obtiennent alors un effet laxatif, purgatif même, dont la composition élémentaire de l'eau de Lasserre ne peut donner la clef et qu'une indigestion seule peut expliquer d'une manière satisfaisante. A. R.
LASSEiaOi'^. {Voy. L.aisseron.)
LASSîS. Né à ChîililIon-sur-Loire, le 21 octobre 1772 ; reçu docteur en 1805, il servit d'abord dans les armées, puis étant revenu dans sa ville natale, il y remplit les fonctions de médecin en chef de l'hôpital. Lassis s'est surtout fait connaître lors des grandes luttes sur la transmissibilité des maladies épidémiques qui occupa si vivement les observateurs de 1815 à 1850. Dans son ouvrage publié en 1819 sur les causes du typhus, il combattit énergiquement sous le drapeau des noncontagionistes, fit voir le danger des croyances contraires, insistant partitulièrenient sur les effets déplorables qui en résultent, terreur, affaissement intellectuel, délaissement des malades. Il a, dans ces recherches, déployé un vrai talent de discussion et une érudition sérieuse. .Après la grande épidémie de Barcelone qui donna lieu à des débats si passionnés, il fit le voyage d'Espagne, pour recueillir des documents; mais dès cette époque e.xagérant ses idées sur les effets de la crainte qu'inspire la contagion, il en vint à rapporter en quelque sorte à cette seule
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cause toutes les maladies pestilentielles, qu'il regarde comme des maladies ordinaires exaspérées par la terreur qu'elles occasionnent; il en vint, enfin, à nier l'infeclion à laquelle il les rapportait autrefois, quand il disait que « ces maladies (les typhus) se développent dans tous les lieux oîi s'élèvent des émanations méphitiques et, surtout, dans ceux où les hommes sont en trop grand nombre. » C'est alors qu'il eut le malheur de s'attaquer à Cher\in dont il contestait les idées sur l'infection, et dont il semblait déprécier les immenses recherches. Chervin lui adressa une de ces répliques dont il avait le secret, le raillant sur ses tergiversations et sa manière d'emprunter ses idées aux autres observateurs anciens ou modernes. Au total, les derniers opuscules de Lassis, mis de côté, son ouvrage sur le typhus doit prendre un rang distingué parmi les pièces qui figurent dans le grand procès relatif aux causes et au mode de propagation des maladies épidémiqvies.
Lassis, après avoir volontairement bravé la terrible épidémie du typhus à Mayence en 1813, et notre épidémie cholérique de 1852, alla mourir à Marseille, en 1855; victime de son dévouement, en soignant les habitants de cette ville décimés par le choléra.
Voici l'indication de ses principaux travaux :
ï. Dissertation &U7- les avantages de la paracentèse pratiquée dès le commencement de
l'hijdropisie abdominale. Ih. de Paris, an XI, n° 521 (aUribuée à Cliaussier). — II. iîe-
cherclics sur les véritables causes des maladies appielées typilius ou de la non-contagion des
ma.adies /î/^j/ioWes. Paris, 1819, in-S°. — III, Causes des maladies épidémiques, moijen de
l es pirévemr, d'y remédier; avec quelques réflexions sur la maladie d'Espagne. faris, 1822,
in-S" (c'est l'ouvi'age précédent avec un autre titre et une introduction). — IV. Etat de la
science relativement aux maladies épidémiques, ou nouvelles recherches, etc. Paris, 1851,
in-S". — V. Description d'un -nouveau bandage propre à maintenir réduite la luxation de
l'extrémité scapulaire de là clavicule. In Bullet. des se. méd., t. VU, p. 242. — VI. Ap-
jwreil jjour les fractures avec contusion, in Arcliiv. gén. de méd., t. XXIV, p. 146; 1830.
E. Bgd.
ïiASSOXE (JosEPH-MAUiE-FriAKçois de). Naquit à Carpentras le o juillet 1717. Son père, qui renqilissait les fonctions de médecin ordinaire du roi, le plaça sous le célèbre chirurgien Morand à l'hôpital de la Charité, oii il fit de solides études, si bien qu'à l'âge de 21 ans il partagea avec le célèbre et éternel lauréat, Lecat, de Rouen, le prix proposé par l'Acadéiiiie de chirurgie sur le cancer des mamelles. Après avoir, pour des raisons de famille, refusé d'occuper à Padoue une chaire de médecine, il se fit agréger à la Faculté de médecine de Paris, et, malgré sa jeunesse, il n'avait alors que vingt-cinq ans, il fut admis à l'Académie des sciences; d'autres honneurs l'attendaient encore : en 1751, il devenait médecin delà reine» puis de Marie -Antoinette et de Louis XVL C'est alors que voulant alléger le poids des attributions dont le premier médecin du roi était alors investi, celles que l'examen des remèdes secrets, la surveillance des eaux minérales, la police sanitaire, l'étude des épidémies, etc., sentant bien que tant de questions et de si importantes ne pouvaient être examinées et jugées par un seul homme, il provoqua la formation d'une société qui devait s'en occuper avec l'ensemble et la maturité convenables. Telle fut l'origine de cette Société royale de médecine quj ]oua dans la science un si beau rôle à la fin du siècle dernier, donna tant de lahlature à la vieille et jalouse Faculté de médecine de Paris, et attira tant d injures au pauvre Lassone. Cet honorable et savant médecin mourut le 8 décembre 1788.
11 a publié un très-grand nombre de mémoires parmi ceux de l'Académie des