LE MONNIER
,.\ Bicarbonate de chaux anhydre 0,886
soude 0,794
— magnésie 0,547
fgr traces.
Silicate d'alumine 0,0û3
Chlorure de sodium ^'?^?
Sulfate de soude 0,535
— chaux 0,015
— magnésie 0,016
Total des matières fixes 2,674
Î Acide carbonique libre et demi-combiné ..... 992
— tout â fait libre -592
Azote ^
Total des gaz 1,508
L'eau du Moiiestier de Clermont est usitée en boisson seulement, soit à la source, soit en mangeant, pure ou mêlée au vin. Son action physiologique est apéritive et diurétique ; on l'emploie dans les affections où il est utile de stimuler l'appétit, de faciliter la digestion et de faire sortir le sable ou les petits graviers produits dans les reins.
Durée de la cure, un mois en général.
On exporte dans les environs l'eau du Moneslier de Clermont. La quantité coiiidérable de gaz acide carbonique qu'elle contient permettrait aisément une expédition beaucoup plus importante. Elle pourrait rivaliser avec les eaux de table et en particulier avec celles de Saint-Galmier, au voisinage desquelles elle doit trouver sa place dans le cadre hydrologique. A. Rotureau.
Bibliographie. — Dorgeval-Dubouchet. Guide du baigneur aux eaux thermales de La MoUeles-Bains. Paris et Lyon, 1849, in-8% p. 157-158. A. R.
LE RI0i:vN3ER (Locis-CtUILI,aume). Cet homme de cœur, ce botaniste distingué, ce médecin fidèle, courageux et dévoue de Louis XVI, naquit à Paris, le 26 juin 1717, et fut baptisé le lendemain dans l'égUse de Saint-Cosme et Saint- Damien. Le 2 septembre 1737, il était maître es arts ; docteur en médecine de la Faculté de Paris, le 17 octobre 1740. Ami de Cassini et de La Caille, avec lequel il alla, en 1759, dans le midi de la France, pour y prolonger la méridienne de l'Observatoire ; ami de Jean-Jacques Rousseau, avec lequel il a plus d'une fois herborisé; introducteur dans notre France de cette belle plante que les poètes appellent belle-de-nuit, et les savants, mirabilis longiflora, et de l'acacia à fleurs couleur de rose [robinia hispida), n'obtint pas de suite la confiance de Louis XVI. Il lui fallut suivre la hiérarchie ordinaire, tàter le pouls d'abord à la belle-sœur de ce roi, puis à Monsieur, comte de Provence (Louis XVIII), et attendre la mort de de Lassone. Il suffit d'écrire cette année 1788, pour dire combien court fut son règne in curiâ Palatini. Rien n'a transpiré des relations entre le roi et le médecin, dans ces premières, grandes et immortelles années de la Révolution française, depuis la prise de la Bastille, depuis le fatal voyage de Varennes, depuis le 25 juin 1791 , où. toutes les fonctions législatives de l'imprudent monarque furent suspendues, jusqu'à la sanglante journée du 10 août. Mais ce jour-là on retrouve Le Monnier ; on constate qu'il est à son poste, aux Tuileries, dans une chambre consacrée au service de sauté, tout prêt à voler au secours du maître... qui n'est plus là et qui entend, dans une mauvaise petite tribune de logographe de l'Assemblée constituante, le renversement du trône de saint Louis. Le Monnier est entouré d'une foule avide de sang et de massacres ; déjà il se prépare à une mort
ir»'2 LE M os.
sinon glorieuse, au moins passiYC... Tout à coup, un inconnu, sans armes, lui crie d'une voix dure et irapérative :
— Suivez-moi... !
— Mais le combat dure encore, répond le médecin.
— Ce n'est pas le moment de craindre les balles, riposte l'inconnu.
Et sans désemparer , il l' entraîne , le fait sauter par-dessus les cadavres des suisses, parvient à le faire sortir sain et sauf de cette boucherie, et le conduit jusqu'à son logement, au Luxembourg...
On retrouve encore Le Monnier le 22 novembre 1792. Celte fois, c'est dans la grande tour du Temple. Que l'on se figure sa douleur en revoyant Louis XVI, séparé de sa famille depuis deux mois, réduit au strict nécessaire, relégué au deuxième étage de la tour. Dans une ti-iste chambre, dont tout l'ameublement consiste en une table à dessus de maroquin vert, une commode en bois d'acajou, un secrétaire plaqué en bois de rose, une bergère à coussins en damas vert, deux fauteuils, deux petits tabourets en paille, deux lits, l'un pour l'ex-roi , l'autre, de sangle) pour son jeune fils... ! Il n'avait pas été facile d'obtenir l'entrée delà prison, quoique Louis fût atteint d'un rhume et d'une fluxion qui réclamaient des soins. La Commune de Paris avait des raisons pour craindre un enlèvement. Aussi, toutes les fois que Le Monnier venait à la tour (deux fois par jour), on le fouillait avant sa visite. On ne lui permettait de parler qu'à haute voix ; le respect qu'il montrait devant le maître tombé de si haut le faisait traiter de courtisan et d'aristocrate ; ses ordonnances mêmes étaient contresignées des commissaires et des municipaux.
Louis-Guillaume Le Monnier mourut àMontreuil, petit village entre Yiroflay et Versailles, sur la hsière du joli bois de Ville-d'Avray, le 7 septembre 1799, âgé de quatre-vingt-deux ans . Les dernières années de sa vie furent dignes de sa grande àme. Ce n'est pas sans émotion qu'on lit dans les mémoires du temps que le noble vieillard, presque sans fortune, se mil bravement à ouvrir à Monlreuil une boutique d'herboriste, et à y vendre, moyennant un modique salaire, les plantes qu'il allait récolter lui-même dans la campagne, et qu'il vendait mortes et desséchées, après les avoir cueilhes fraîches et pimpantes. A. C.
liEMOS (Lmz be), médecin et commentateur du seizième siècle, dont la vie nous est peu connue. Il était de Frontelra en Portugal. Après avoir étudié la philosophie et la médecine à l'université de Salamanque où il occupa pendant quelque temps la chaire de philosophie, il alla ensuite pratiquer à Llerena avec le titre de médecin juré. Plus tard, il obtint le grade de médecin de la chambre du roi de Portugal, qu'il conserva jusqu'à sa mort.
Lemos est le premier parmi les modernes qui se soit occupé de la critique des œuvres d'Hlppocrate. Son ouvrage est assez rare pour que Sprengel n'ait pu se le procurer. M. Littré qui l'a lu, en fait peu de cas. « Louis Lemos, dit-il, s'appuie uniquement sur les dires de Galien, et il n'a pas d'autre avis que celui du médecin de Pergame; c'est là la seule base de sa critique » (OEuvr. fVHipp., introd., t. I, p. 169. Paris, 1859, in-8'\) Lemos a, en outre, écrit sur la séméiotique et quelques commentaires sur divers ouvrages d'Âristote et de Galien. En voici l'indication.
I. Paradoxorum dialecticorum, llbri II. SalamanlicEe, 1358, in-S". — II. In lihrum Aristotelis Perihermenias rommentaria. Ibid., 1558, in-i". — III. Commentaria in Galennm de facitUatibus gcneralibiis. Ibid., 1850, in-4° ; ibid., 1594, in-4°. — IV. In libros XII
LENOIB. ^'^?
ck morbis mcdeudis conimcutarii. Jbid., 458], in-lol. —Y. De oplhiia ^Jrm/iVrnJv ralwne, libii \I. Item. Judicii miigni Hippocmtis, liber unus. Ibid., 15S5, iii-4\ D'après riiislonen Morejon donl nous avons suivi les indications, il aurait laissé aussi ua manuscrit intitulé : Comrneniaria in Hbros posteriorum analyticoriim Aristolelis. E. Bgd.
I.EXGSFEL» (Joseph), médecin de Vienne, né en 1765, mort le 5 décembre 1798 ; s'est livré particulièrement à l'étude des entozoaires, si peu comuis alors, et sur lesquels il a publié les deux ouvrages suivants :
I. Beschreibnng dcr Bandwiirmer tind deren Heilmittel. Vienne, 1794, in-8°. — II. Uebcr die Kr.'inhhciten von Wilrmern und deren Kennzcichcn. Vienne, 1795, in-8% deux planches.
LENICEPS. Voy. For.cEPS.
EÉXITIF (Électuaire). C'est une de ces vieilles formules complexes que l'on conserve par respect pour la tradition, qui réunissent une foule de substaïues et dans l'élaboration desquelles nos devanciers se complaisaient tant. Cet électuaire, appelé aussi Conserve de séné, Electuarium de Ssnnia compositiim, a été mainteiuie dans la nouvelle édition du Codex. 11 ne renferme pas monis de quinze substances, que l'on peut classer ainsi : 1" substances féculentes ou berbacées (orge mondée, racine de polypode de cbêne); 2" substances sacrées (réglisse, raiisins secs, jujube, sucre); 3" substances aromatiques (fenouil, anis); A" substances purgatives (feuilles de mercuriale et de séné, poudre de follicule de séné, pulpe de tamarin, de casse et de pruneaux). Les proportions du séné (tant feuilles que follicules) sont d'un dixième. Il s'administre à la dose de 30 à 45 grammes, contenant 5 à 4 grammes de séné. Si on le donne en lavement, oujiorte la dose à 60 grammes. Cette sorte de tbériaque purgative est tombée eu désuétude. FOKSSAGRIVES.
LÉRIITIFS (Médicaments). Le mot lénitif est tiré du latin lenire, adoucir. On l'employait autrefois comme synonyme d'adoucissants, d'humectants, de relâchants, vieilles désignations qui n'ont plus de sens et que la médociiic a définitivement abandonnées à la comédie. Le sens le plus général de ce mot est celui de laxatif, connnc le montre le nom de l'électuaire de séné dont nous venons de donner la formule. C'est la signification que lui donne Argant dans la ilroJatirjue discussion de la note de Fleurant l'apothicaire ; c'est celle qu'on peut lui conserver, quelque peu scientifique que soit l'autorité sur laquelle s'appuie cette proposition. La vieille terminologie dont ce mot fait partie n'offre, du reste, qu'un intérêt historique ; elle consacre maintes fois des erreurs, devient souvent une source de confusion et pourra disparaître sans laisser de regrets. FoxssAcnivEs.
LE!VOIR (Adolphe), un des chirurgiens distingués de notre temps, naquit à Meaux en 1802, et commença ses études médicales dans cette ville, sous la direction de Ilouzelot, chirurgien en chef de l'hôpital. Lcuoir vint ensuite à Paris où il conquit successivement au concours les grades d'élève des hôpitaux, puis d'aidj d'auatomie(1831), de prosecteiu"i83o,et, enfin, il parvint à l'agrégation eu 1835. Ses cours d'anatomie et de médecine opératoire à l'École pratique attiraient une très-grande allluence d'élèves; en qualité d'agrégé, il suppléa à plusieurs reprises, et avec le succès le plus éclatant, Sanson et M.-.l. Cloquct, chirurgiens des hôpitaux ; enfin il était regardé comme uu de ceux qui pouvaient le plus légitimement prétendre au professorat, ce bâton de maréchal de notre profession. Mais le sort en avait décidé autrement. Miné depuis longtemps déjà par une niala-
(ib4 LENS (de).
die chrouique des organes hépatiques et rénaux, qui ne l'avait pas empêché de continuer ses travaux, il succomba le 17 juin 1860.
1 Gomme l'a dit sur sa tombe, M. H. Larrey, « Lenoir ne fut pas seulement un chirurgien habile, il fut encore et surtout un chirurgien honnête, moins préoccupé de faire valoir la nouveauté d'une opération ou d'en vaincre les difficultés, que d'en reconnaître les indications ou d'en éviter les dangers. Peu soucieux de rechercher la clientèle ou la renommée, quoiqu'il fût l'un des premiers opérateurs des hôpitaux, il montrait de l'éloignement pour la chirurgie d'aventure. Son jugement di'oit et sévère blâmait ouvertement et en face, mais jamais dans l'ombre ou à l'écart, certaines doctrines ou opérations hasardeuses de ses confrères, fussent-iis ses amis. »
La notice suivante fait connaître les principales publications de Lenoir :
I. Sur quelques points d'anatomîe, de jjhysiologic et de ]}athoIogie. Th. de Pains, 1833, n° 315. — II. Quels sont les lieux et quels sont les cas où il convient d'amputer la jambe? Th. de conc. (agrég. chir.). Paris, 1835, in-i°. — III. Lettre sur la lithotritie. Paris, 1837, in-S°. — l^'. Note sur une modification de la méthode circulaire appliquée à l'amputation de la jambe au-dessus des malléoles. In Arck. gcn. de méd , 3'= sér., t. VIII, 18î0. — Y. De la bronchotomie. Th. de conc. (ch. de méd. opérât,], 18il, in-4°. — VI. Mém. sur deux cas d'anévrysmes qui ont j)résentc quelque chose d'insolite dans leur trcdtement. In Arch. gén. de méd., 4° sér., t. I, 1845. — VII. Des opérations qui se pratiquent sur les muscles de l'œil. Th. de conc. (ch. d'opéi'at. et d'appareils). Paris, 1850, ia-4''. — VIII. Fausse articulation du fémur traitée avec succès par l'acupuncture , etc. \\\ Mém. delà Soc. de c/iir., t. II, 1851 . — IX. Atlas complémentaire de tous les traites d'accouchements, Paris, 1800-1805, gr. in-8°. — X.Un grand nombre d'articles dans divers journaux ; sur la désarticulation de la cuisse. In Journ. hcbd. , t. XIII ; sur les bourses synoviales de laplanle du pied. In Presse méd. — Un Manuel des préparcd'ions tcncdomiques, à la suite de l'anatomie descnptive de Bichat. In Édit. de l'Encyclopédie, 1834 ; — divers articles dans le Dict. des études médicales, 1858-59 ; — sur différents vices de conformât, du bassin. In Arch. de méd., 4« sér., t. XXYI, 1851; t. XVIII. 1852; addition aux Nouv. élém. de pathologie médico-chir . de Roche et Sanson (5 vol. in-8°, 1844); communications à la Société de chirurgie, dont il fui un des loudatcurs. E. Bgd.
JLE^'S. Foy. Lentille.
LEMS (Adrien-J.\cques de) FORITEI^OIS. Médecin-naturaliste distingué, né à Paris, le 25 avril 1786, d'une famille qui comptait plusieurs illustrations dans ce qu'on appelait alors la robe. D'abord élève de l'École polytechnique, il fut distingué par Fourcroy qui le lança dans l'étude des sciences naturelles et de la médecine. Sa thèse inaugurale sur l'application de la chimie aux diverses branches de la médecine, depuis l'anatomie jusqu'à la thérapeutique, montre les connaissances étendues qu'il possédait déjà et ses vues nettes, précises sur le rôle que la chimie est appelée à jouer dans les sciences médicales. Ses publications dans le Journal général de médecine et dans la Bibliothèque médicale, les nombreux articles qu'il donna au grand Dictionnaire des sciences médicales, mais surtout sa part active de collaboration au Dictionnaire universel de matière médicale et de thérapeutique lui assurèrent une place, au premier rang, parmi les médecins naturalistes. Aussi avait-il été compris, en 1820, dès la création, parmi les membres titulaires de l'Académie de médecine. Enfin, son caractère si droit, si honnête et lout à fait à la hauteur de ses précieuses facuKés le désigna-t-il au choix de l'Adujinistratiou pour succéder à Royer-Collard, dans les fonctions d'inspecteur des Facultés de médecine; position élevée qu'il perdit en 1850, ce dont l'étude et les travaux de sa profession surent bientôt le consoler. DeLens, d'une santé délicate, s'affaiblissait de jour en jour, et il succomba en février 1846, à peine âgé de soixante ans.