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heure ou urt quart uiicuie suffisent pour qu'où y aperçoive des globules pâles transparents, larges de 3 à 4 millièmes de millimètre, tantôt sans granulations ou à peine granuleux, d'autres fois un peu plus ioncés, parce qu'ils renferment quelques granulations très-fines [a] .

Dès l'instant de leur apparition ils offrent une grande facilité à se déformer par production d'expansions sarcodiques et par pression réciproque ou contre les lames de verre ; ils sont mous, coamie giutineux, ils adhèrent les uns aux autres ou aux corps cjui les touchent. Dès ce moment aussi l'eau les gonfle un peu, les rend plus pâles, mais n'y fait pas apparaître de noyau. Pourtant l'acide acétique qui l'end le corps de chaque cellule très-pâle et le gonfle y fait apparaître dès l'origine de un à deux noyaux, et quelquefois trois. Du reste ces amas ou noyaux sont petits, larges de 1 à 2 millièmes de millimètre, proportionnés en un mot au diamètre des cellules naissantes. Il ne reste aucunes granulations entre eux et le contour de la cellule après l'action de l'acide acétique.

Ainsi, c'est par le mode dit de genèseque naissent les leucocytes, et leur multiphcation, quand il en existe en un point déterminé de l'économie, résulte de la répétition de ce même phénomène. Leur reproduction, leur multiplication par segmentation ou scission n'a en fait pas encore été observée.

Aujourd'hui, on sait en outre, d'après ce qu'ont montré les expériences souvent répétées par M. Onimus, qu'en introduisant sous la peau d'un lapin des petits sacs remplis par de la sérosité de \ésicatoires convenablement filtrée en baudruche, on trouve, au bout de douze heures, la sérosité encore transparente, quoiqu'elle ait perdu sa couleur citrine primitive. On y remarque déjà quelques leucocytes et des granulations. Les granulations sont assez rares, et les leucocytes sont en général assez petits, à contours nets et présentant les expansions et les déformations sarcodiques.

Au bout de vingt-quatre heures, la sérosité est trouble et renferme un grand nombre de leucocytes et de granulations.

Au bout de trente-six heures, la sérosité est blanche, laiteuse en raison du grand nombre de leucocytes et de granulations qu'elle contient. • Lorsqu'on examine imméchatement ces leucocytes, après avoir retiré la baudruche de l'animal où elle était maintenue, ils présentent les expansions et les déformations sarcodiques qu'on' voit sur les leucocytes du sang et de la conjonctive enflammée. De plus, ils ont également les autres caractères des leucocytes qui se forment dans l'organisme : action gonflante de Teau, mouvement brownien des granules, rupture, puis phssement de la paroi, etc. L'amm.oniaque les gonfle d'abord et les dissout ensuite. L'acide acétic[ue ne détermine pas la formation de noyaux sur tous ces éléments, ce qui démontre qu'il en est qui sont de la variété pyoïde, fait qui s'observe aussi dans le pus des vésicatoires. Mais il en est un certain nombre qui présentent de deux à quatre noyaux sous l'inflwence de cet agent, et un ou deux seulement au contact de l'eau, comme s'il s'agissait du pus d'un abcès.

Ces expériences ont de plus montré que cette genèse des éléments anatomis ques du pus, dans un blastème représenté par une sérosité filtrée, homogène, entièrement dépourvue de granules et d'éléments en suspension, a pour condition indispensable d'accomplissement les phénomènes d'endosmose et d'exosmose. Les leucocytes naissent d'autant plus vite dans ce blastème hyalin, homogène, que les phénomènes d'endosmose et d'exosmose sont plus rapides. La chaleur et la composition des solides et des liquides environnants ont une influence marquée sur

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la genèse des leucocytes, car il ne se forme ni leucocytes ni aucune espèce d'éléments anatomiques dans une sérosité dont la fibrine a été coagulée. En outre, fait important, la présence de leucocytes ajoutés artificiellement à la sérosité ne détermine pas le passage à l'état purulent de ce liquide quand sa fibrine a été coagulée. (Onimus, Expériences sur la genèse des leucocytes. In Journal de l' anatomie et de la physiologie. Paris, 1867, in-S", p. 50 et suivantes.)

Développement régulier et anormal des leucocytes. Les phénomènes de développement consécutifs à leur naissance sont très-simples dans les conditions habituelles ; ils sont au contraire très-variés dans un grand nombre de circonstances accidentelles.

Ces phénomènes consistent d'abord en une simple augmentation de volume, avec production de très-fines granulations moléculaires (pi. II, fig. 6, b, c, c,g,g). Lorsqu'ils ont atteint 6 à 7 millièmes de millimètre, l'eau les gonfle un peu et y fait apparaître un à deux noyaux [d, d). L'acide acétique agit sur eux comme à l'ordinaire et détermine la formation de un à quatre noyaux comme à la période de développement complet, mais déjà quelquefois il reste autour des noyaux quelques granulations jaunâtres, graisseuses ou grisâtres insolubles dans l'acide (i, k). Les noyaux qui se produisent restent encore pâles et petits (fig. 5, d). 11 est des régions, comme la surface des plaies profondes, où de très-bonne heure les leucocytes deviennent plus granuleux (fig. 4, a, è, c, (/) qu'à la surface des séreuses, de la peau, et que dans le sang ou les lymphatiques. Mais ces granulations sont fines et uniformément distribuées dans l'élément anatomique.

Bientôt enfin ces éléments acquièrent le volume et les autres caractères qui leur sont habituels et que nous connaissons déjà.

Hypertrophie des leucocytes . Sans changer notablement de structure ou en conservant entièrement celle qui leur est propre, les leucocytes peuvent s'hypertrophier plus ou moins. On ne voit généralement qu'un petit nombre de ces cellules qui soient dans ce cas-là. Cette hypertrophie va jusqu'à leur faire prendre le double de leur volume ou un peu au delà, mais ne dépasse que fort rarement ces limites (pi. IL fig. 4, q, r, s, v, x, n; fig. 5, </, q, r, r, t,t, x; et pi. III, fig. 1, i, n, n, et fig. 6, h).

C'est particulièrement dans les parties du corps où ils séjournent longtemps que les leucocytes deviennent le siège de ces modifications. Nous verrons bientôt qu'indépendamment de cette hypertrophie simple, ces éléments offrent souvent une augmentation de volume plus considérable encore, mais qui n'est que la conséquence d'autres altérations plus importantes.

Il est remarquable de voir que la plupart des leucocytes qui se trouvent dans des conditions telles qu'ils séjournent longtemps immobiles en un même endroit ttu lieu d'être soumis à un mouvement fréquent, sinon continu, comme dans les plasmas de la lymphe et du sang à l'état normal, augmentent beaucoup de volume et deviennent le plus souvent très-granuleux. C'est ce qu'on voit sur les leucocytes de la lymphe et du sangdorsqu'ils viennent à rester stationnaires dans quelque dilatation variqueuse des lymphatiques, des veines du scrotum, d'une tumeur érectile, etc., où du sang séjourne (pi. I, fig. 2, h,j,k). Les leucocytes du colostrum dans les conduits excréteurs de la mamelle, les mucus qui séjournent dans une cavité normale ou accidentelle, en offrent de fréquents exemples (pi. III, fig. 1). 11 eu est de même des leucocytes des séreuses enflammées ou non (pi. II, fig. 5) et de quelques-uns de ceux du pus des abcès lorsque la fluctuation y est devenue manifeste.

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Mais les conditions dans lesquelles on voit le plus de leucocytes devenir granuleux et atteindre Je degré d'hypertrophie le plus considérable sont les suivantes. Lorsqu'ils se sont produits dans les interstices des fibres ou des tubes d'un tissu, de telle façon qu'ils ne soient pas en suspension dans un liquide naturel ou accidentel, il n'est pas rare de les trouver presque tous granuleux. C'est ce dont o!"frent des exemples les leucocytes interposés aux tubes nerveux, brisés ou non, dans le lissu encéphalo-rachidien affecté de ramollissement (pi. IIl, fig. Set 9); ceux qui naissent dans beaucoup de tumeurs épithéliales ou d'origine glandulaire des fosses nasales et buccales, des ganglions lymphatiques, du gland, de l'anus, etc. ; ceux qui se rencontrent dans le parenchyme même du poumon affecté de pneumonie suppurée (pi. II, fig. 4, de o à s), etc.

C'est dans ces conditions-là qu'on voit marcher de front l'hypertrophie, quelquefois la déformation et toujours des modifications de structure de ces éléments, comme conséquence des phénomènes de développement dont ils sont le siège. C'est dans ces conditions-là qu'il faut s'attendre à trouver à côté des leucocyte? offrant les caractères de structure et autres décrits plus haut, ceux qui présentent l'état dit granuleux qui en cliange notablement l'aspect extérieur. Ces changements sont tels que si on ne s'en tenait qu'à l'examen des caractères d'ordre physique et mathématique, on prendrait les cellules arrivées au plus haut degré de ces modifications pour des éléments d'espèce particulière. [Voy. la synonymie page 225.)

Mais si au lieu de cela on se préoccupe davantage de suivre toutes les phases d'évolution normale et morbide de ces éléments comme de tous les autres, on observe bientôt des leucocytes encore manifestement reconnaissables par tous les caractères que nous avons étudiés jusqu'ici, mais contenant déjà des granulations graisseuses ; puis à côté d'eux on en voit nombre d'autres offi'ant toutes ks phases d'altération qui séparent l'état normal de ces cellules du degré de lésion le plus avancé.

Passage des leucocytes à Vétat granuleux. Dans les dilatations veineuses oh séjourne du sang, dans les kystes sanguins et synoviaux, etc., le dépôt de granulations est tantôt unil'orme, tantôt plus abondant sur un des côtés de la cellule que sur les autres (pi. I, fig. 2,j,;, /;, K). Généralement les leucocytes devenu.; granuleux ont doublé de volume (j, j, k, k) ou à peu près. Le noyau ou les noyaux, lorsqu'ils se sont produits durant les phases de la lésion ou lorsqu'étaut. formés ils ne sont pas masqués par de trop nombreuses granulations, sont devenus plus volumineux du tiers au double environ. Dans les caillots et dans les kystes veineux, il est commun de voir les granulations des leucocytes rougeàtres au lieu d'être jaunes comme celles qu'on voit dans les autres éléments {h,j, k).

Dans le pus des abcès ou des fistules ossifluentes, dans les hquides non purulents des hydropisies, dans certains kystes, on peut rencontrer la plupart ou u;i grand nombre des leucocytes seulement, parsemés de quelques granulations graisseuses jaunâtres, qui ne changent pas notablement le volume ni les autres caractères de chacun d'eux (pi. III, fig. 4, /, m, n, o, p, g, et fig. 6, b, c, d, e, f). L'aspect général delà préparation est seul modifié par ces particularités de structure lorsqu'elle renferme beaucoup de ces leucocytes.

Dans toutes les espèces de pus, dans le tissu du poumon enflammé, dans les tumeurs, etc., on trouve des leucocytes en plus ou moins grand nombre arrivés à ce premier degré de modification (pi. II, fig. 5, b, b, g, n, n, n), et les granula. tioiis y sont tantôt uniformément dislribuécs, tantôt plus nombreuses d'un col;;

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tle l'élément que de l'autre. Mais en même temps on en rencontre qui, devenus plus gros du quart, de la moitié ou du double qu'à l'état normal, renterment un plus grand nombre de granulations soit éparse^ (fig. 5, n, t, q, et fig. 4, v, r, r), soit aussi plus abondantes d'un côté de la cellule que de l'autre (lig, 4, s, s).

Enfin ceux de ces éléments qui frappent le plus et qui parfois sont plus nombreux que les leucocytes n'ayant encore parcouru que les pbases précédentes, sont ceux qui sont devenus entièrement granuleux. Ces leucocytes sont sphériques, quelquefois o\oïdes (fig. 5, v, «), larges en général de 2 millièmes de mil- Imiètre, mais peuvent atteindre près du double, et plus rarement un diamètre plus grand encore. Us sont de teinte foncée, jaunâtres, peu transparents, d'aspect granuleux ; c'est particulièrement le centre de chaque granulation qui est jaunâtre, qui réfracte fortement la lumière, tandis que le contour de celle-ci est foncé noirâtre. Le contour delà cellule reste généralement régulier, mais il n'est pas rare de voir les granulations qui la remplissent faire saillie à sa surface, et par suite rendre cette dernière comme rugueuse ou mamelonnée (fig. 5, g) et, alors la périphérie paraît un peu irrégulière.

L'eau les gonfle légèrement, mais bien moins que les cellules non granuleuses ; son action ou le séjour prolongé dans le sérum du pus déterminent sur quelquesuns de ces éléments la distension et le gonflement vésiculilbrme de leur paroi (pi. 11, fig. S,/', f) comme sur ceux qui ont conservé l'état noi^mal, mais plus rarement.

L'acide acétique les gonfle plus que l'eau, ramollit leur substance, et si après son action l'on fait glisser les lames de verre l'une sur l'autre en les comprimant on peut écraser les leucocytes granuleux et en dissocier les granulations dans le champ du microscope. Arrivés à cette phase de leur altération granuleuse, ils se montrent comme composés de granulations accumulées les unes contre les autres et maintenues agglutinées par une substance homogène interposée à celles-ci, tantôt facilement apercevable [x, x), tantôt ne pouvant être reconnue qu'après l'action des réactifs ou même difficile à voir, tellement les granulations sont contiguès et pressées les unes contre les autres [s, s). Dans ce dernier cas, qui est commun, il ne se forme point d'amas en forme de noyaux dans ces leucocytes, ni avant ni après l'action des réactifs, soit pai'ce qu'il ne s'en produit pas, soit parce (ju'ils sont entourés et masqués par les granulations. Il n'est pourtant pas i-are de trouver des leucocytes devenus plus ou moins granuleux et hypertrophiés, dans lesquels se sont produits de 1 à 3 de ces noyaux (fig. 4, s, r, z, y, et fig. 5, q, r, t, z). Ces derniers peuvent être deux et même trois lois plus gros que dans les autres leucocytes. Tantôt ils sont rapprochés les uns des autres au centre des leucocytes comme à l'ordinaire (fig. 4, r, s, v. y, et fig. 5, q, r), d'autres lois ils sont diversement disposés plus ou moins près de leur surface (fig. 3, t, t,z, r). Dans quelques leucocytes on voit un, deux, ou la totalité de ces noyaux qui sont ovoïdes au lieu d'être sphériques (fig. 4, r, s, y, et fig. 5, q, t, z).

On peut trouver, bien qu'en petit nombre et assez l'aremenf, dans divers pus, tels que celui de séreuses et des ganghons lymphatiques, des leucocytes granuleux qui renferment 4, 5 et jusqu'à 10 noyaux tantôt bien visibles, larges de 3 à 5 millièmes de millimètre (fig. 5, p), tantôt en partie masqués par les granulations; ils sont alors difficiles à bien délimiter, mais paraissent plus larges qu'ils ne sont réellement [v, v), surtout lorsqu'ils sont placés au centre de la cellule.

Parmi les autres particularités de structure que peuvent offrir le; leucocytes granuleux du pus, il faut signaler la production, assez rare du reste, d'une ou

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de plusieurs gouttes d'huile dans leur épaisseur (pL II, fig. 5, ii). La coloration de ces gouttes peut être plus ou moins foncée, et lorsqu'il y eu a plusieurs leur présence change notablement l'aspect des leucocytes.

Le volume des granulations produites dans les leucocytes peut ne pas être le même, soit d'un leucocyte devenu granuleux à l'autre dans une même région, soit d'une parlie du corps à l'autre. lien est, comme parfois dans le pus des ganglions lymphatiques, etc., où les granulations sont volumhieuses (fig. b,j, y, z) et donnent aux leucocytes un aspect très-différent de celui que présentent ceux de ces éléments qui ne renferment que des granulations très-fines (s, f, u, etc.). Cet aspect varie en outre selon que ces granulations sont écartées les unes des autres ou nombreuses et rapprochées. (Comparez les figures y, z.)

Il est une autre particularité de structure importante à signaler, bien que plus rare que les précédentes. Elle s'observe tantôt dans le pus concret ou demi-coucret du parenchyme môme des poumons (fig. A, u, r, y), tantôt dans les leucocytes de quelques tumeurs, et plus rarement dans ceux du pus liquide. Elle consiste en ce que les granulations sont accumulées et rapprochées seulement vers le centre de la cellule où elles forment un amas foncé qui se trouve entouré d'une zone incolore ne contenant que les fines granulations propres à tous les leucocytes ; la transparence de cette zone qui tranche à côté de la teinte foncée granuleuse est due à cette disposition, qui donne à ces leucocytes un aspect difféi'ent des autres.

Il est quelques régions de l'économie où les leucocytes deviennent granuleux d'une manière tellement constante que ceux qui se sont ainsi modifiés sont plus nombreux que les autres et doivent être mentionnés spécialement en raison de particularités de structure qui s'y rencontrent presque constamment.

Les leucocytes qui naissent dans l'épaisseur du tissu cérébral enflammé sont ordinairement petits, tantôt pâles, le plus souvent assez granuleux et foncés (pi. III, fig. S, g, h,i), généralement sans noyaux, quelquefois en possédant un {n, n). Il n'est pas rare de les voir rendus moins transparents par les granulations qui se produisent dans leur épaisseur. Ces granulations sont quelquefois épai'ses dans le corps de l'élément, qu'il soit ou non hypertrophié (fig. 9, de n-àz); mais dans ces conditions plus fréquemment que dans toute autre on voit des leucocytes restés très-petits, non hypertrophiés, devenus opaques et tout à fait granuleux, offrant tous les caractères de Vetat granuleux décrit plus haut sauf le volume qui est demeuré ce qu'il est normalement (pi. III, fig. 9, a, a, h, cl).

La plupart pourtant ont subi un certain degré d'hypertrophie (de e à m) et il n'est pas rare d'en trouver en même temps un certain nombre qui sont défonnés {y, m, y); plus souvent aussi que* dans d'autres régions les granulations sont très-rapprochées les unes des autres, peu volumineuses et rendent ces éléments très-opaques (fig. 9, de / à jn, et fig. 8, i, m).

Certains des leucocytes qui naissent et se développent dans l'épaisseur du tissu des tumeurs, entre leurs fibres et leurs cellules et qui concourent accessoirement à former leur tissu deviennent aussi granuleux et deux à trois fois plus larges qu'à l'ordinaire. Dans les tumeurs d'origine glandulaire de la pituitaire, etc. , ils sont parfois assez nombreux pour donner à quelques parties du tissu une coloration jaunâtre. Cette couleur tient à la fois à leurs granulations graisseuses qui réfléchissent la lumière en lui communiquant cette teinte et à leur accumulation en quantité assez considérable pour former des amas apercevablcs ' à l'œil nu.

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Dans le colostnim normal et dans le lait, lorque la mamelle est endammée, les leucocytes devenus granuleux et liypertrophiés, déformés ou non (pi. 111, fig. 1), sont toujours plus nombreux que ceux qui ont conservé leurs caractères habituels (tig. 1 , de a à fc). Si pour obtenir le liquide ou a comprimé la glande, ou peut trouver là comme dans toute autre partie du corps des leucocytes aux diverses phases de leur altération, c'est-à-dire granuleuse, depuis le degré où ils ne renferment encore que quelques granulations {i,j,k,l, ?/), jusqu'à celui OLi ils offrent l'état granuleux qui les rend opaques, jaunâtres, d'aspect grenu, etc. (de oàî)).

Les granulations des leucocytes arrivés à ce degré d'altération sont généralement petites, très-rapprochées les unes des autres, comprimées réciproquement en quelque sorte et comme un peu allongées plutôt qu'arrondies; elles rendent les leucocytes presque tout à fait opaques, parce qu'eu raison de leur petit volume et de leur superposition, leur centre brillant ne se voit plus étant masqué par le contour des autres granules (o, o). Cependaut, chez certains sujets, ou voit un grand nombre de leucocytes dont presque toutes les granulations sont grosses, c'est-à-dire larges de 2 à 4 mdlicmes de millimètre [ii) et montrent leur centre brillant, ce qui fait paraître moins foncés les éléments qui les renferment. Ces granulations sont généralement un peu irrégulières, polyédriques. Qu'elles soient petites ou volumineuses, de volume égal ou non, elles sont habituellement distribuées d'une manière uniforme dans toute la masse de la cellule (/, /, n, o) ; mais on trouve un petit nombre de celles-ci dans lesquelles les granules sont accunmlés d'vui seul côté du leucocyte, taudis que le reste de son étendue n'est pas plus granuleux qu'à l'état normal {m, y).

Lorsque les leucocytes naissent dans les conduits mammaires, il en est qui englobent dans leur substance des gouttes butyreuses du lait [a, b, c, cl, e, f, g, k, x). Or ces leucocytes peuvent devenir granuleux comme les précédents. Ils offrent alors un et quelquefois plusieurs globules de lait dans leur épaisseur. Ceux-ci tranchent parleur volume, leur centre large, brdlant, d'aspect homogène» et par leui' teinte plus claire, sur les petites dimensions et sur la teinte jaunâtre foncée des granulations habituelles des leucocytes. Tantôt ces globules de lait sont placés vers le milieu même du leucocyte, granuleux ou non (/, s, x), tantôt ils sont contigus à leur surface (/, ii, v, v) ; d'autres fois ils sont manifestement en partie saillants hors de la cellule, en partie enclavés dans son épaisseur (r).

Lorsque des leucocytes englobent plusieurs corpuscules du lait (pi. III, fig. 1, d, f, g), des granulations graisseuses viennent à se produire {k,l), si ces dernières sont toutes ou en partie d'un volume assez considérable {p,p, q, r), il n'est pas toujours possible de les distinguer avec certitude des globules de lait qu'elles entourent. Les plus grosses de ces granulations (?/) ont en efl'et le volimie des plus petits globules de lait {p.,p, q, r), pourtant on remai'que avec un peu d'habitude que ceux-ci sont plus pfdes, à centre plus large et plus clair, à contour plus net etmoins foncé que les granulations graisseuses de production accidentelle. Déformation et autres altérations des leucocytes. Il n'est pas rare de trouver des leucocytes déformés d'une manière permanente. Ce sont surtout ceux qui sont à la fois hypertrophiés et devenus granuleux qui offrent cette altération. Tantôt ils sont devenus ovoïdes (pi. III, fig. 1 , m, f, y), tantôt ds tendent à prendre une forme irrégulière ou sont resserrés vers le milieu [v, v) ; d'autres présentent une sorte de prolongement ou d'expansion latérale conique ou d'une autre forme, gramdeuse ou non (pi. 111, fig. 9, y, et pi. If, fig. 5, o,p, q). Ces déformations

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permanentes peuvent du reste être observées sur des leucocytes qui ne sont pas granuleux (pi. III, fig. 6, q, et pi. II, fig, 4, x, x) ou qui ne le sont que dans une petite partie de leur étendue (5, s).

On remarque enfin une autre altération des leucocytes qui bien que fort rare méi'ite d être signalée. Elle consiste en une production de vacuoles ou excavations pleines d'un liquide clair et limpide, le plus souvent sans granulations moléculaires (pi. III, fig. 6, i,j,k, l,s, t). C'est surtout dans le liquide non purulent de kystes ovariens, ou dans la sérosité du péritoine produite depuis longtemps que s'observe cette lésion. Elle n'est pas rare dans les leucocytes du corps vitré cbez les adultes tant à l'état normal que dans le glaucome. Les éléments qui la présentent n'offrent habituellement pas de noyau et restent finement granuleux. D'autres ne montrent qu'une excavation ou vacuole centrale, qui selon qu'elle est plus ou moins grande détermine une augmentation de volume du leucocyte pouvant aller 'lu quart au quadruple de ses dimensions ordinaires (/, i, k). Dans ces dernières circonstances la substance du leucocyte est réduite à une mince enveloppe finement granuleuse ou non, épaisse de 1 à 3 millièmes de millimètre (pi. III, fig. 6, k, et pi. 11, fig. 4, q, q). On trouve d'autres leucocytes creusés de 2 à 5 vacuoles arrondies, séparées par une mince épaisseur de la substance de l'élément anatomique (pi. lll, fig. 6, j, s, t), et quelquefois un peu déformées par oression réciproque (t). Ces vacuoles transparentes déterminent un changement tel dans le volume et dans l'aspect extérieur des leucocytes, qu'il serait impossible de les reconnaître sans l'emploi de l'acide acétique et si on ne trouvait tous les degrés intermédiaires entre l'état normal et les phases les plus avancées de l'altération {p, q, r, l,s,j, i, k). Il est remarquable aussi de voir que trèssouvent ces éléments adhèrent les uns aux autres tant qu'on les examine dans

liquide où ils se sont développés, dans l'humeur vitrée par exemple ; mais une fois placés dans l'eau ils se séparent, comme le fout habituellement ces éléments.

De la fin des leucocytes. Une fois nés, les leucocytes présentent une existence dont la durée varie d'une région ù l'autre de l'économie. Ceux de la lymphe en disparaissent par leur passage dans le sang. On ne sait encore ce que deviennent ■eux qui existent dans le sang. La firéquence et la facilité avec laquelle se montrent les conditions nécessaires à leur hypergenèse portent à soupçonner qu'ils sont susceptibles de s'atrophier jusqu'à disparition complète avec aussi peu de difficulté ; car le retour de ces éléments à leur nombre normal est aussi prompt dans certaines circonstances que leur multiplication. On ne sauvait nier cette atrophie jusqu'à disparition complète dans les cas, par exemple, ou le sang après en avoir présenté plus qu'à l'état sain, comme on le voit manifestement dans les cas de fièvre puerpérale, etc., revient à l'état normal. Seulement les phases de ce phénomène sont complètement inconnues.

Les leucocytes ont été considérés comme disparaissant par métamorphose en hématies. Mais le fait n'est aucunement prouvé; ni les phases de l'évolution de l'une et de l'autre espèce de ces éléments, ni le mode de naissance des hématies ne sont eu faveur de cette hypothèse. Les hématies, bien qu'à peu près incolores à l'époque de leur apparition première chez l'embryon, ne ressemblent en rien aux leucocytes ; d'abord elles naissent avant ces derniers dans le plasma des vaisseaux de l'embryon, et de plus lors de leur naissance elles n'offrent ni leurs granulations, ni leurs expansions. Enfin leur noyau ne présente rien de semblable à ce que nous ont montré les amas nucléiformes des leucocytes (page 25 i). Cette

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supposition n'est du reste qu'une manière illusoire de reculer une difficulté, car il faudrait toujours déterminer le mode et les conditions de la naissance des leucocytes. Or les conditions de la naissante des hématies dans le sérum du sang conservent des analogies avec les conditions de la naissance des leucocytes dans les réseaux lymphatiques ; ou en d'autres termes, il n'y a rien de plus étonnant sous le rapport des conditions de la geni!?sc des éléments anatomiques, de voir naitre des hématies dans le plasma sanguin, que devoir apparaître les leucocytes dans le plasma de la lymphe, ou encore les éléments divers qui naissent successivement de toutes pièces dans les tissus de l'embryon, dans ceux de l'adulte lors d'une cicatrisation, de la production d'une tumeur, etc.

Il est manifeste que cette hypothèse et nombre d'autres de ce genre n'ont été suscitées que par limpossibilité de se rendre compte des phénomènes de la genèse des leucocytes, faute de connaître l'ensemble des faits relatifs à la naissance des éléments anatomiques en général. (Foy. Élément.) Il est probable aussi qu'elle n'eût pas été émise si les leucocjtes avaient préalablement été étudiés sous les trois points de vue de leurs états embryonnaire, adulte et pathologique ; si la similitude spécifique des leucocytes du sang, des séreuses, des muqueuses et du pus eût été connue ou appréciée à sa véritable valeur.

Les faits relatifs à l'atrophie jusqu'à disparition complète des leucocytes sont malheureusement encore trop peu connus pour qu'on puisse rien dire de précis sur la durée et sur le mode de fin de ces éléments dans les cavités séreuses, dans l'épaisseur des tissus solides, tels que le tissu cérébral, certaines tumeurs, etc. Rien n'en prouve l'impossibilité, seulement les conditions de cette atrophie semblent se rencontrer rarement, et être plus difficiles à obtenir que celles de leur multiplication.

Les leucocytes des muqueuses et des conduits des parenchymes glandulaires et autres séjournent peu de temps dans l'économie après leur naissance et sont expulsés avec les mucus, etc. Ceux du pus et des liquides purulents disparaissent de l'économie lorsque ces liquides sont évacués naturellement ou chirurgicalement pour se détruire au dehors par putréfaction. Mais il est des observations pathologiques qui prouvent que du pus peut disparaître complètement, que des collections purulentes peuvent être résorbées plus ou moins rapidement. Il est certain que dans ces conditions les leucocytes s'atrophient peu à peu jusqu'à disparition complète, seulement les phases du phénomène sont inconnues. Toutefois les faits que nous avons signalés plus haut (page 244) touchant les leucocytes du pus concret des os marquent peut-être certaines de ces périodes.

Les phénomènes particuliers de la nutrition des leucocytes sont peu connus. Quels sont les principes qui pénètrent dans leur substance, quels sont ceux qui se forment pas assimilation ou désassimilation, et quels sont ceux de ces derniers qui en sortent pendant leur rénovation moléculaire nutritive ? On ne saurait le dire à l'époque actuelle d'une manière un peu exacte, faute de connaissances assez précises sur leur composition immédiate.

De leur étude ressort pourtant à cet égard un fait important et qui le deviendra beaucoup plus encore s'il est reconnu comme s'appliquant à tous les éléments anatomiques, ce que tout porte à croire. C'est que, lorsqu'ils deviennent granuleux, les corpuscules graisseux qui modifient leur structure se produisent bien dans leur épaisseur, à l'aide des principes qu'ils empruntent aux blastèmes par endosmose assiniilalrice, et ne résultent point d'un passage à l'état graisseux

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par changement d'état s} cciilque des principes mêmes albumiuoïdes ou autres qui composent leur substance à l'état normal.

Nous avons tu eu effet, qu'à mesure que les granulations augmentent de nombre dans les leucocytes, ceux-ci augmentent de volume, sont en quelque sorte distendus par les granulations qui se forment dans leur épaisseur, et cela au point que souvent les granulations soulèvent la surface de la cellule, la rendent mamelonnée, framboisée, en faisant saillie au dehors (pi. 11, tig. 5, g). Du reste on observe l'hypertrophie sans production de granulations graisseuses (pi. H, fig, 5, r, r, et fig. 4, x, v) , et la produclion de granulations graisseuses sans hypertrophie (pl.lll,fig. 4,j, et fig, 6, a, (^,p, 5,1), w) ; mais celle-ci est plus fréquente que celle-là ; eu outre l'état granuleux se complique si habituellement d'hypertrophie qu'on ne saurait s'empêcher de voir dans cette dernière une conséquence habituelle aussi de l'altération granuleuse, plutôt que de regarder l'état granuleux comme une complication de l'hypertrophie par passage à l'état graisseux de la matière de l'élément hypertrophié.

La [irésence constante des leucocytes contre la face interne des vaisseaux capillaires, oi!i ils forment souvent des couches d'une certaine étendue, porte à croire qu'ils jouent uu rôle j^elatif soit à quelque modification des principes qui arrivent au plasma et qui les traversent lorsqu'ils sont appliqués contre les parois, soit à quelque changement dans la nature de ceux qui sortent du plasma pour être assimilés ou pour servir aux sécrétions. Mais on ne peut encore à cet égard que faire des hypothèses.

Hypothèses sur l'origine des leucocytes. Il est peu d'éléments à l'histoire desquels se rattache l'examen d'un plus grand nombre de questions d'anatoinie et de physiologie cru'à celle des leucocytes. 11 en est ainsi du reste, comme on le comprend facilement, de tous les éléments anatomiques remplissant un rôle spécial qui demeure encore mal déterminé. Ils deviennent alors le point d'appui de toutes les hypothèses de ceux encore si nombreux qui, dans les sciences, confondant les explications basées sur des vues subjectives avec les démonstrations objectives et inductives, ne se lassent jamais de multipher les premières. En lisant l'énoncé de toutes les hypothèses qui ont été émises concernant l'origine des leucocytes d'une part et ce qu'ils deviennent ensuite d'autre part, il sera facile en effet de voir que l'admission de chacune de ces suppositions explique bien chacune des difficultés pour la solution de laquelle elle a été faite, mais ne démontre rien.

1° La plus ancienne des vues émises sur l'origine et la fin des leucocytes est celle de J{. Donné {Comptes rendus de VAc. des sciences, 1842, t. XIV, p. 366, et Cours de microscopie, Paris, \Wl, in-8°, p. 87), déjà ébauchée du reste par Nasse et par Schultze en 1836, qui, sans se préoccuper du mode de production des globulins, consiste à les considérer comme les premiers rudiments des globules blancs, ceux-ci comme intermédiaires aux globulins et aux globules rouges, en lesquels se transformeraient normalement les globules blancs, sous l'inOuence élaboratrice de la rate; glande dont les capillaires contiennent plus de globules blancs à tous les degrés de formation et de développement que toutes les autres parties, et qui est Vorgane véritable de cette importante fonction, le laboratoire oii s'opère cette transmutation (Donné, p. 98 et 100); d'où la surabondance des globules blancs dans le sang des individus cachectiques comme résultat naturel d'un arrêt de développement dans ces particules transitoires, (Donné, p. 156.)

LEUCOCYTE, 267

Dans l'hypothèse précédente, la question du mode de génération des globulins destinés à se transformer en globules blancs complets n'est pas résolue, et à cet égard la difficulté n'est que reculée. Quant à l'hypothèse de la transmutation de ces derniers en globules rouges opérée par la rate, elle est en contradiction tormelle avec les données de l'observation anatomique et de la physiologie normale et pathologique.

D'une part les hématies naissent dans l'aire vasculaire de l'embryon des vertébrés avant les leucocytes, et en naissant ces éléments offrent dès l'origine un on deux noyaux visibles avant l'action de l'eau et de l'acide acétique, et ne pouvant être confondus avec ceux que l'eau et l'acide acétique font apparaître dans les leucocytes. A cet égard, on ne peut trouver ni dans l'aire vasculaire, ni dans la rate, des transitions entre les leucocytes et les hématies embryonnaires à un ou deux noj'aux qui se rencontrent chez tous les mammifères pendant le premier tiers de la vie intra-utérine. D'autre part les leucocytes, aussi bien que les liématies, existent abondamment dans le sang des embryons pendant une période relativement assez longue de l'évolution, avant qu'ait lieu la première apparition de l'organe s{ lénique. Enfin les cyclostomes, poissons dont le sang est le plus riche en globules rouges, qui môme sont circulaires et biconcaves comme chez l'homme, etc., restent dépourvus de rate pendant toute leur vie sans que leurs leucocytes soient sensiblement ni plus ni moins nombreux que dans les autres poissons. 11 n'est pas inutile d'ajouter que chez l'homme et les chiens auxquels on a enlevé la rate les globules rouges et les globules blancs continuent à exister dans les mêmes proportions qu'avant cette opération, ainsi que je m'en suis assuré par un examen direct sur un chien.

Ce qui précède montre nettement qu'on ne saurait à aucun titre considérer les leucocytes comme disparaissant dans la rate par transmutation en hématies, puisque ces éléments apparaissent l'un et l'autre et continuent à exister dans les mêmes proportions, quelle qne soit celle des conditions normales ou accidentelles dans lesquelles on voit des animaux vivre sans cet organe.

2" Il est aisé de voir que ces données anatomiques et physiologiques infirment avec tout autant de rigueur l'hypothèse d'après laquelle la rate aurait pour fonction ■physiologique non plus la transmutation des globules blancs en globules rouges, mais de donner naissance aux globules blancs. (KoUiker, Histologie, Paris, 1856, p. 505.) Ici j'ajoute encore cette particulaiité que les mollusques et les articulés qui n'ont pour éléments anatomiques en suspension dans leur sang que des leucocytes sont dépourvus de rate comme les poissons cyclostomes.

5" A côté des hypothèses précédentes vient se placer celle de Virchow, Briicke, Doaders, Bennet, Kœllikeret autres auteurs, qui admettent que h principale fonction des glandes lijinphaticjues consiste à former la grande majorité des corpuscules du chyle et de la lymphe. (Kolhker, loc. cit.,^. 635.) Ici encore il faut noter que les leucocytes existent dans le sang des embryons avant que des ganglions lymphatiques soient formés, indépendamment de ce qu'on en trouve tant dans la lymphe que dans le s:mg des oiseaux, des reptiles, des batraciens et des poissons, qui pourtant sont dépourvus de tout ganglion lymphatique. Ce fait doit être rapproché de cet autre que des leucocytes de dimensions diverses, mais présentant tous des expansions sarcodiqucs, etc., existent déjà aussi abondamment dans la lymphe des conduits qui n'ont pas encore atteint les ganglions que dans les vaisseaux efférents de ces derniers. C'est ce dont il est facile de s'assurer eu comparant le liquide recueilli dans les lym]ihatiques du cordon testiculaire des che-

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vaux qui viennent d'être tués à celui des lymphatiques du bassin. On peut le constater nettement aussi dans les cas de fistule lymphatique du pied, de la jambe et de la cuisse, ainsi que j'ai eu occasion de le faire à plusieurs reprises.

I Quelques auteurs admettent implicitement ou explicitement que les leucocytes que l'on dit tomber tout formés de la trame de la glande dans les conduits lymphatiques, ne sont autres que les épithéliums de cette trame, ou si l'on veut que les globules de cette trame, qui cependant ont tous les caractères des épithéliums, ne seraient autres que des leucocytes. Mais nous savons déjà que les réactions chimiques et Ils manières de se modifier normalement ou accidentellement jiropres à ces divers éléments ne permettent pas de prendre les épithéliums nucléaires du parenchyme ganglionnaire ni du parenchyme splénique pour des leucocytes, malgré quelques analogies dans l'aspect extérieur. Or, comme indépendamment de ces faits les fauteurs de ces hypothèses ne s'exphquent pas sur la manière dont les glandes lymphatiques ou la rate forment ces épithéliums nucléaires, ces suppositions ne sont manifestement qu'un moyen de reculer la difficulté d'une manière illusoire, c'est-à-dire sans la résoudre.

4° Les leucocytes du mucus et du pus ont aussi été considérés par quelques auteurs comme des cellules épithéliales à un état anormal partiaiUer de développement (Henle et autres anatomistes), 'comme des cellules épithéliales d'un âge différent de celui des autres cellules (Virchow, 1847-1858, etc.), et par plusieurs médecins comme une provenance du noyau des cellules épithéliales venant à proliférer par scission continue.

Il est inutile de revenir ici sur les faits mentionnés plus haut (p. 252) qui infirment de la manière la plus formelle cette hypothèse quant à la transformation des noyaux d'épithélium (et aussi des cellules) en leucocytes. Mais il ne le sera pas de rappeler les différences qui, à la surface des muqueuses, des séreuses et de la peau séparent les modes de naissance des cellules épithéliales et des leucocytes. Lors de la naissance des cellules épithéliales, le noyau apparaît le premier, large de 4 à 5 millièmes de millimètre, pâle, homogène, à peine gi^enu à l'état frais et devenant finement granuleux dans l'état cadavérique. C'est ensuite, lorsque s'est produite entre ces noyaux une certaine quantité de substance amorphe homogène, finement grenue, que celle-ci se divise entre les noyaux par formation de plans de scission qui se rencontrent sous des angles divers ; elle se trouve ainsi partagée en autant de cellules ayant un noyau central qu'il y a de noyaux, sauf le cas oîi la segmentation embrasse plusieurs noyaux comme centre dans une seule cellule. Chacune de ces cellules étant ainsi individualisée, le noyau qu'elle renlerme grandit ensuite, soit en conservant la forme cellulaire polyédrique originelle, soit en prenant les formes lamellaires ou prismatiques. Lors de la génération des leucocytes, au contraire, à la surface de la peau, des muqueuses, des séreuses, comme dans l'épaisseur des tissus, le corps de la cellule lui-même est, au moment de son apparition, plus petit que le noyau naissant des cellules épithéliales. Large de 3 à 4 millièmes de millimètre, il est dès cette époque attaquable par l'acide acétique comme plus tard, alors que les noyaux d'épithélium ne le sont pas, ni au moment où ils apparaissent ni plus tard. Comme pour les leucocytes, de q\ielque provenance et de quelque degré de développement que ce soit, étudiés avant leurs modifications cadavériques, le noyau ou les noyaux qu'ils présentent ne sont que le résultat de l'action des réactifs, et leur nombre varie selon qu'on emploie l'eau ou l'acide acétique. (Voyez ci-dessus p. 255 et

LEUCOCYTE. 2C0

Ch. l{ijhm,Surranatomieet la physiologie des leucocytes. Iii Journal de la physiologie, Paris, ISaDjin-S", p. 56.)

6° L'examen direct des phénomènes de la genèse des leucocytes, de leurs réactions, du mode de formation de leurs noyaux, ne permet pas non plus d'admettre que dans l'épaisseur des tissus enflammés les globules du pus puissent naître par une division prolifiante des noyaux embryo-plastiques (dits corpuscules du tissu conjouctif ou cellulaire), amenant la production de cellules rondes, d'abord à un seul noyau, puis à plusieurs noyaux (Vircliow, 1855), de môme que de ces mêmes noyaux du tissu cellulaire proviendraient dans d'autres conditions d'irritation formatrice, soit les noyaux des tubercules, soit des épithéliums des tumeurs. Déjà nous avons vu, du reste {voy. Lamineux [tissai], p. 257), que dans les cas où la scission des noyaux de cette espèce a réellement lieu, ce sont toujours des noyaux de même espèce et bientôt semblables à leurs antécédents, qui résultent de ce phénomène. Là on rencontre des noyaux qui ont été surpris en quelque sorte à telle ou telle des phases de leur division et qui en montrent ainsi toutes les périodes. Or, indépendamment des différences de forme, de teinte et d'état granuleux qui permettent déjà de distinguer les leucocytes des noyaux embryo-plastiques de même volume récemment nés, on peut coustaler aisément que jamais ces derniers noyaux, attenant encore ù leurs antécédents ou en étant déjà séparés, ne présentent au contact de l'eau et de l'acide acétique l'une quelconque des modifications que ces agents font subir aux leucocytes, quelque petits qu'ils soient. Us ne cessent au contraire d'offrir la résistance à leur action, qui est un de leurs caractères essentiels à toutes les périodes de leur existence; en sorte qu'il est impossible de saisir une période de transition métamorphique quelconque des noyaux embryo-plastiques naissant ou déjà individuahsés passant à l'état de cellules sphériques, douées de mouvements sarcodiques, gonflées et rendues transparentes par l'acide acétique avec production de noyaux, différents selon que l'on use de tel ou tel de ces deux réactifs.

Ces données infirment aussi nécessairement l'hypothèse d'après laquelle les globules du pus dans l'épaisseur des tissus seraient formés par suite d'une mul tiplication des noyaux de la tunique adventice ou lamineuse des capillaires dans les cas d'inflammation ; par suite d'une scission avec métamorphose du noyau des cellules épithéliales des séreuses ou des muqueuses enflammées, etc.

1° A la suite des hypothèses précédentes qui sont, ou contradictoires les unes par rapport aux autres, ou qui, si on les admet toutes partiellement, attribuent à un seul élément une paternité tellement multiple qu'elle n'offre plus rien de légitime, il faut encore ranger les suivantes :

On sait que Home, MM. Gendrin, Andral et autres savants avaient admis que, dans l'inflammation, les globules rouges du sang sortant des vaisseaux, soit par des pores, soit par rupture, se transformaient en globules du pus. A côté de ces vues c|ue contredit l'observation, il faut ranger celles de Conheim ; placé à un autre point de vue que celui qui nous occupe, et par suite, en dehors de toutes considérations sur le mode de formation première des globules blancs du sang, il considère ceux du pus comme n'étant autres que ces derniers, sortis des vaisseaux et s'accumulant graduellement. Il est en effet parfaitement vrai que, ainsi que l'a vu cet observateur et d'autres après lui, on peut, dans certaines conditions expérimentales voir soit des globules blancs, soit des globules rouges du sang (Stricker, Prussac) sortir de la cavité dès capillaires les plus petits des grenouilles, eu traversant leur paroi, sans qu'il y ait rupture de celle-ci sur toute sa circon-

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férence, ni sur une grande longueur. Mais rien n'autorise à conclure de là que c'est directement du sang que viennent delà sorte les leucocytes du pus des abcès, des sérosités purulentes, des pustules varioliques ou autres, etc.

En effet, quoi qu'en aient dit quelques auteurs tels que Conbeira, Keber et autres, les capillaires ne sont nullement percés de ces pores ou ostioles qui laisseraient ainsi sortir les leucocytes plus gros que les globules rouges, à l'exclusion de ceux-ci, et cela dans certaines conditions seulement, telles que l'inflammation ainsi qu'on le suppose, et quelques conditions expérimentales. Il est parfaitement vrai qu'au niveau des angles de réunion des cellules, dans certains endroits éloignés les uns des autres, sur la couche épitliéUale des séreuses, de l'endocarde, des gros vaisseaux, etc., on voit ces cellules écartées par suite de la forme arrondie de ces glandes, de manière à limiter un espace ou orifice stomatique. Mais indépendamment de ce que ce fait ne s'observe pas sur les plus petits capillaires, il importe de faire remarquer qu'il ne se voit jamais sur les lambeaux d'épithélium frais, des séreuses, de l'endocarde, etc., tandis qu'il apparaît, sur ces mêmes lambeaux après qu'ils ont séjourné dans la solution étendre d'azotate d'argent. Du reste, il est facile de voir que ces dispositions sont trop peu répandues sur les couches épithéliales examinées, quelles qu'elles soient, pour que, dans le cas même où elles ne seraient pas le résultat de l'influence des réactifs, il fût possible de les considérer comme pouvant remplir le rôle qu'on leur fait jouer, de manière à rendre compte des phénomènes qu'on cherche à exphquer à leur aide.

A ces faits dont l'importance ne saurait être niée, il faut ajouter qu'il est manifesle que ce n'est pas d'une issue de ce genre que proviennent les leucocytes des abcès de la cornée, non plus que ceux du pus des pustules varioliques, vaccinales et autres qui, logés dans un dédoublement épidermique, restent sépai'ées du derme par une couche relativement épaisse d'épiderme. Enfin, il est évident que si telle était rorigine des leucocytes du pus en général, c'est-à-dire que s'ils provenaient de ceux du sang qui sortiraient tout formés par des orifices préexistants, et cela dans les points enflammés seulement, bien que ces orifices soient regardés comme existant partout, il est évident, dis-jc, que ces éléments seraient tous, ou du moins presque tous, d'égales dimensions ; ou du moins les leucocytes de petit volume ne sez\aient pas plus nombreux que les globulins du sang. Or il est aisé de constater qu'il n'en est pas ainsi, et que le pus qui commence à se former dans la profondeur des tissus, à la surface de la peau ou d'une autre plaie, contient beaucoup plus de leucocytes encore très-petits que quelques heures ou quelques jours plus tard, époque à laquelle on observe l'inverse.

Hypothèses sur le rôle rempli par les leucocytes. Nous savons que chacune des espèces des éléments anatomiques qui ne sont pas doués de propriétés de la vie animale, remplit pourtant aussi un rôle spécial dans l'économie par suite d'un certain degré de développement, en excès par rapport aux autres espèces d'élé* ments anatomiques, de quelqu'une de leurs propriétés ; et cela soit de leurs • propriétés physiques comme la ténacité (libres tendineuses, os, cartilages, etc.), ou l'élasticité (libres élastiques), soit de leurs propriétés d'ordre organique végétatives, comme par exeinple un excès dans la propriété d'assimiler, ou au contraire de désassimiler tel principe immédiat à l'exclusion de certains autres; c'est de cette manière qu'elles sont appelées à jouer im rôle dans les actes d'absorption ou de sécrétion, dans la nutrition ou l'évolution générale de l'économie organique, etc. Or, ce rôle particulier qui est déterminé pour quelques espèces d'éléments anatomiques ayant forme de cellules, tels que les épithéliums, les

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globules rouges du sang, etc., ne l'est pas encore nettement pour les leucocytes.

Aussi, voit-on ce fait, commun en pareille circonstance, que les hypothèses émises sur la nature du rôle physiologique rempli par les leucocytes, pour être niouis nombreuses que celles qui concernent leur origine, ne sont pas moins singuUères.

Nous n'avons pas à revenir sur la plus ancienne de ces hypothèses, dans laquelle les leucocytes étaient considérés comme des globules rouges du sang eu \oie de développement, ou du moins susceptibles de se transformer en éléments de cette dernière espèce, dans les vertébrés seulement, et encore dans le système circulatoire sanguin seul, avec ou sans l'intermédiaire de la rate, mais non dans le pus, les mucus, les sérosités, etc. Il suffit de rappeler cette hypothèse, qui aujourd'hui n'est plus admise, pour faire comprendre d'avance quelle peut être la valeur de celles qu'on lui a substituées.

Dans ces nouvelles hypothèses, en effet, le rôle des leucocytes au sein des humeurs précédentes ou même dans le sang, ne se trouve pas indiqué pour ce qui touche les conditions habituelles de leur existence, ou ils sont regardés comme des cellules destinées à un développement ultérieur, mais restant indifférentes jusqu'à ce qu'ait lieu ce développement; et ce dernier offre cela de singuher, qiril n'a lieu qu'eu cas d'accident, bien que les éléments existent normalement d'une manière permanente.

Le passage suivant de Billroth résume du reste très-bien la nature des vues admises en Allemagne, concurremment ou non avec celles qui ont été exposées dans ce qui précède.

« Il n'en est pas moins avéré, dit-il, que les cellules blanches viennent du système lymphatique, et que là, elles naissent en partie des gangUons, et en partie du tissu conjonctif; ce sont des cellules dont la plupart dérivent assez directement des cellules de tissu conjonctif. La preuve qu'elles portent en elles le germe d'un développement ultérieur, c'est que leurs noyaux se partagerit pendant, que les cellules sont entraînées dans le torrent de la circulation, car il n'est pas rare de trouver des ce Wu/es incolores à deux, à trois et à quatre noyaux. Cette scission des noyaux peut bien, dans des conditions physiologiques, préparer la désagrégation de la cellule ; mais si le sang vient à s'ai'rèter avec ces cellules, et si le caillot se trouve dans des conditions favorables à la nutrition, les corpuscules incolores du sang subissent une transformation ultérieure, dans le cas présent en cellules fusiformes, et la fibrine devient de la substance conjonctive fibreuse. » (Billroth. Éicments de pathologie chirurgicale générale, ^dîh, 1868, in-S'^, trad. française, p. 154-155.)

Or, déjà nous avons vu que nul des éléments anatomiques qui commencent par l'état de cellules et offrent des phénomènes réguliers de développement ultérieur, comme les libres élastiques, les fibres kmineuses, les vésicules adipeuses, etc., ne commencent à avoir des caractères qui permettent de les laisser prendre pour des leucocytes. Nous savons aussi que la présence de deux à quatre noyaux dans les leucocytes est ou le fait d'une altération cadavérique ou le résultat de l'inlluence de divers réactifs, et que, par conséquent, elle n'indique ni la désagrégation physiologique de ces éléments, ni leur prohfication active comme le supposent au contraire quelques auteurs. Mais le mode de génération des fibres lamineuscs tant sur l'embryon que dans la régénération de divers tissus, leur passage par l'état de corps libro-plastiques, fusiformes ou étoiles, précédant l'apparition des libres ou filaments représentant l'élément anatomique complètement développé, sont autant de faits qui ne permettent jamais d'admettre que précisément

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dans le cas de coagulation du sang, ce sont des éléments de celui-ci, les leucocytes, qui se transformeraient ainsi en éléments qui normalement naissent et se développent d'une manière tout autre.

Rien déplus aisé à constater que, ni durant la formation des cicatrices pas plus que pendant la production du tissu lamineux normal, les corps fibro-piastiqi.es fusiformes ne ressemblent aux leucocytes en quoi que ce soit et à quel moment do leur évolution que ce soit, tant au point de vue de leurs caractères extérieurs que sous celui de leurs réactions. Il eu est de même aussi des leucocytes par rapport aux corps fibro-plastiques. Il en est, à plus forte raison, ainsi en ce qui concerne sous ce rapport les transitions métamorphiques qu'on a supposées se proJuirt; dans ces mêmes caillots, de ces mêmes leucocytes qui se métamorphoseraient non plus en corps fusiformes, mais en vaisseaux capillaires et passeraient ainsi de l'état de contenu à celui de contenant. ]\ est \raiment difficile de comjirendre quel ordre de données objectives a pu conduire à dételles suppositions. {Voy. Lamineux. )

La continuité des fibres du tissu lamineux {substance conjonctive fibreuse de divers auteurs) avec les corps fibro-plastiques est du reste tellement manifeste dans quelque condition que ce soit de la génération et du développement du tissu lamineux, qu'il n'y a pas lieu de discuter l'hypothèse qui, dans cette prétendue organisation des caillots, donne à ces fibres une origine indépendante de celle des corps fibro-plastiques pour les faire provenir directement de la fibrine.

Enfin, en présence des faits qui viennent d'être' exposés et en rapprochant ce qu'offrent d'hétérogène et de contradictoire l'une par rapport à l'autre toutes ces hypothèses, soit sur la fin, soit sur l'origine des leucocytes, leur multiplicité même montre leur peu de valeur à côté des faits, quelque peu nombreux qu'ds semblent être, cjui montrent que ces éléments apparaissent par genèse et subissent une succession de phases évolutives tant normales que morbides qui ne les conduisent aucunement à se changer en élément de quelque autre espèce.

De la contraclililé dans les leucocytes. Lorsqu'on examine une goutte de sang fraîchement tirée du doigt, du pus récemment formé, encore dense, mêlé de sang, dans un foyer encore petit, ou du mucus purulent non refroidi, les leucocytes manifestent de la manière suivante la propriété de contractilité dont ils jouissent et à laquelle est due la déformation qu'ds présentent lorsqu'ils sont arrêtés entre les deux lames de verres de la préparation.

D'un point de la circonférence des globules s'avance une expansion plus transparente que le reste de l'élément anatomique. Celui-ci devient ainsi ovoïde, prismatique à angles arrondis, ou irrégulier, suivant la forme de l'expansion qui emporte ou non avec elle un ou plusieurs granules de l'intérieur de l'élément. Quelquefois les choses en restent là et un globule peut demeurer déformé pendant plusieurs heures. Mais en général bientôt après il se montre sur un autre point une nouvelle expansion qui détermine une nouvelle forme de globule, soit que l'expansion première rentre dans la masse de celui-ci, soit qu'elle reste étalée au dehors. D'autres expansions continuant i!i se produire en même temps que des retraits s'opèrent sur divers points de la circonférence du globule, donnent incessamment à ce corpuscule un aspect nouveau et différent des précédents. Ces expansions et ces retraits se produisent avec une grande lenteur ; il faut beaucoup d'attention pour en suivre les diverses phases et souvent on ne prend garde à elles qu'alors qu'elles sont produites et ont changé la forme de l'élément étudié. Ces expansions et les clinngomcuts qui en résultent sont plus rapidement formés et plus considérables dans les lymphatiques que dans le sérum du sang; dans la

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lymphe fraîche des fistules lymphatiques de l'iiomnie ils le sont peut être plus encore que dans toute autre condition.

Pendant que s'opèrent ces expansions et rétractions de la suhstance du leucocyte, on voit apparaître dans Tintérieur une ou deux petites vacuoles se présentant sous forme de points sphériques, clairs à bords nets, pâles, quelquefois légèrement rosés . Ces vacuoles persistent autant que dure le phénomène des expansions et rétractions, mais elles peuvent grandir, changer de place et passer du centre à la périphérie du globule. Chaque expansion ne reste sadlante au dehors du globule ]Vh: quelques secondes ou deux ou trois minutes et se contracte aussitôt après, .l'ai parfaitement vérifié l'exactitude de l'assertion de M. Davaine qui a bien décrit ces phénomènes, lorsqu'il dit qu'en une demi-heure on observe une vingtaine de changements de forme (Davaine, Recherches .mr les globules blancs du sang, in Comptes rendus et Mémoires de la Société de biologie, Paris. 1830, in-8°, p. 102-105. Voy. aussi Lebert et Ch. Rohm, Kurze l\otiz ûber allgoneine verqleichenden Ânatomie niederer Thiere, m Archiv fiir Anaiomie und Physiologie, vonJ. MiUler, 1846, p. 121-122), et que toutes les fois qu'une forme a persisté plus de cinq minutes sans se rétracter, le leucocyte n'en montre plus d'autre. Une fois le dernier changement de forme opéré, il peut persister un temps qui n'a pas encore été déterminé ; mais on sait que sur le sang des cadavres les globules ont repris leur forme sphérique. Pourtant chez les reptiles et les batraciens morts depuis plusieurs heures ces éléments restent souvent irréguliers, polyédriques à angles arrondis, mais ce ne sont pas des expansions qui leur donnent cette figure.

L'addition d'un peu d'eau dans, le sérum fait cesser les expansions et leurs retraits. Elles disparaissent brusquement sur les globules qui en offraient, et ceux-ci reprennent leur forme sphérique.

Ces expansions se présentent avec une grande longueur et déterminent de nombreux et très-variés changements de forme sur les leucocytes pris dans la lymphe; elles peuvent même être observées vingt-quatre heures après la mort de l'animal, lorqu'on a eu soin de conserver la lymphe entre deux ligatures dans les vaisseaux eux-mêmes. Elles précèdent la modification causée par le sérum qui amène une apparition de deux ou trois noyaux au centre du leucocyte et parfois coexistent avec cette apparition graduelle.

La production de ces expansions est très-énergique, et celles-ci acquièrent une très-grande longueur dans les leucocytes des muqueuses enflammées ou non et ilu pus frais. (Voy. Ch. Robin, Sur l'anatomie et la physiologie des leucocytes, ni Journal de la physiologie, Paris, 1859, in-8', p. 43, 46; et Littré et Robin, Dictionn. de médecine, Paris, in-8", 10^ édition, 1855. art. Pus, p. 1041 et art. Leucocïte H^édit. suiv.-).

Les mouvements de ces expansions et les déformations qui en résultent pour les leucocytes se retrouvent chez tous les animaux vertébrés et invertébrés qui en ^possèdent; c'est ce qu'a très-bien figuré et décrit Warthon Jones [loc. cit., 1846) pour les divers degrés des changements de forme que présentent en se contractant et en poussant au dehors çà et là des prolongements les globules blancs de l'homme et d'autres mammifères, des grenouilles, des insectes, des arachnides, des crustacés, des insectes, des annélides et des mollusques.

Cliez ces divers invertébrés le globule devient quelquefois un peu irrégulier à sa circonférence, puis ensuite, ou immédiatement, d'un point de celle-ci une expansion plus claire que le reste des globules s'avance lentement, à la manière d'un lif|ui(Jc DicT. ENC. 2" s. U. iS

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qui coule. Tantôt l'expansion est aussi large à sa base qu'à son extrémité, tantôt elle se termine en pouite très-e!filée ; quelquefois, vers sa base, elle est entourée par une ligne irrégulière très-fme ; ce fait, qu'on observe aussi chez les vertébrés, indique une rupture de la partie superficielle, plus dense, du globule, pour laisser sor tir l'expansion formée par la parlie centrale de sa substance qui est plus molle. Le plus souvent, bien qu'il n'en soit pas toujours ainsi, il y a expansion directe de la parlie superficielle même du globule. Cette expansion rentre et ressort plusieurs fois, toujours très-lentement, ou reste plus ou moins longtemps immobile. Avant ou pendant son retrait s'en montrent une ou plusieurs autres dont les sorties et retraits successifs doiment au globule un aspect un peu différent pendant vingt à quarante minutes que dure le phénomène. Les mêmes faits s'observent sur les leucocytes des vertébrés, même de l'homme, et parfois un globule entier peut être déplacé par une expansion qui, fixée à quelques corps étranger, attire l'élément à elle, empêchée qu'elle est de rentrer dans sa masse. Si quelque obstacle s'oppose trop énergiquement à la fois au retrait de l'expansion ou au mouvement en sens inverse du leucocyte, l'expansion se brise quelquefois et sa substance forme un petit globule indépendant, byahn.

Ces expansions et leurs mouvements ont été observés et décrits par un grand nondjre d'auteurs dans diverses conditions de température et de composition du liquide au sein duquel ils plongent. Souvent ils amènent une véritable reptation de l'élément à la surface de la lame de verre et entre les autres éléments qui les accompagnent, tels que les hématies, etc. Parfois il y a comme un étalement de lu substance du globule sous forme de plaque plus ou moins irrégulièrement triangulaire ou éloilée, qui change trop souvent de grandeur et de largeur pour qu'on puisse en décrire et en figurer les dispositions. Ces globules étalés se séparent dans certains cas en deux plaques distinctes qui, en revenant sur elles-mêmes spontanément ou après addition d'eau forment deux globules distincts. Cependant quelles que soient ces déformations pendant la durée desquelles on voit souvent se former un noyau dans la substance de l'élément, ce dernier reprend toujours rapidement sa forme sphérique et devient immobile au contact de l'eau ea même temps qu'il se gonfle, qu'il s'y forme un ou deux noyaux ; puis bientôt ses granulations moléculaires montrent le mouvement brownien qu'elles ne manifestaient pas jusque-là.

L'acide acétique agit aussi sur ces éléments comme sur ceux qui ont déjà repris la régularité de leurs formes. Toutefois comme son action est plus énergique et plus rapide que celle de l'eau, il surprend en quelque sorte un certain nombre des globules ainsi délormés, les pâlit et fait apparaître en eux de deux à quatre petits noyaux avant qu'ils aient recou\ré la régularité habituelle de leur forme sphérique, et ils retient dans cet état. Des faits de ce genre s'observent aussi bien sur les invertébrés que sur les mammifères, etc.

Différentes circonstances importantes à rappeler font cesser ces mouvements. Cette cessation qui a pour conséquence le retour de ces éléments àl'élat sphérique, au moins lorsqu'ils ont subi un léger gonflement, est la conséquence du conctact de l'eau et des autres réactifs, ainsi que celle du séjour des leucocytes dans le sérum non circulant du pus et dans celui du sang après le dédoublement de la plasmine et la coagulation cadavérique de la fibrine. Ce retour à l'état globuleux et cette immobilité des leucocytes caractérisent en quelque sorte leur ropre état cadavérique . On constate en outre que les leucocytes qui sont arrivés à l'état dit de globules granuleux dans le pus réuni en foyer ou infiltré ne pré-

LEUCOCYTE. 275

sentent plus d'exjjansions sarcodiques ou amibiformes ; mais il n'en est pas ainsi des globules normaux rendus un peu plus granuleux que les autres par des granules à contour foncé et à centre brillant qu'on trouve dans les leucocytes du sang vivant et qui ont été bien étudiés par Warthon Jones.

On peut constater parfois l'existence de ces mouvements sur les leucocytes du sang arrêté contre la face interne des capillaires des batraciens pendant la durée de la circulai ion du liquide, ainsi que M. Davaine l'a signalé le premier. Mais on ne saurait conclare de ce fait dont il n'est pas difficile de vérifier l'exactitude que ces expansions se produisent naturellement d'une manière incessante dans les liquides réellement normaux et que leur production joue un rôle important dans l'existence de ces éléments ou dans les modifications accidentelles dont ils sont le siège. 11 est certain en effet qu'on ne les observe que sur un très-petit nombre des leucocytes, soit du sang, soit de la lympbe en voie de circulation. Il est certain aussi que dans les vaisseaux des membranes disposées pour y étudier la circulation les globules immobiles ne se trouvent pas dans des conditions naturelles au ]ioint de vue de la rénovation moléculaire régulière des principes nutritifs, tant en ce qui toucbe le plasma lui-même h. cet égard, qu'en ce qui regarde l'élément anatomique. Il en est à plus forte raison de même lorsqu ils sont bors des vaisseaux dans un mucus, dans le sérum du sang ou autre, qu'il soit ou non maintenu sous le microscope à une température convenable. Or l'énergie et les variétés que montre la production de ces expansions bors des vaisseaux, comparativement à ce qu'on voit quand on la rencontre dans les capillaires mêmes, prouvent qu'on ne saurait regarder ce phénomène comme autre cbose qu'un excès dans la manifestation d'une propriété normale de ces éléments, excès déterminé par l'état normal dans lequel ils se trouvent.

Ce phénomène est donc la manifestation d'une propriété que possède la substance des éléments anatomiques de beaucoup de vers, d'acalèpbes et surtout d'infusoires, lors même qu'elle s'est réunie en globules après avoir été séparée du corps de l'animal où elle s'est formée, et dont elle faisait partie. Ces lobules, de formes et de volume variés, se creusent de vacuoles, et présentent des mouvements dus à des resserrements et expansions de leur substance ; substance que M. Dujardin a appelée sarcode ; d'où les expressions de mouvements et expansions sarcodiques employées ci-dessus. Il est des circonstances dans lesquelles les expansions sarcodiques qu'à décrites M. Dujardin {Recherches sur les organismes inférieurs et sur une substance appelée sarcode, in Annales des se. nat., Paris 1855, t. IV, p. 364) finissent par se séparer complètement de l'animal sous forme de globules, dont les resserrements et les dilatations continuent encore (juelque temps après leur sépartion ; elles ne se montrent que lorsque l'animal se trouve dans un milieu devenu peu à peu défavorable aux actes de l'animal, actes de respiration ou autres. On peut, sur les planaires ou les gros infusoires, eu hâter l'apparition par addition d'un peu d'ammoniaque ou autre alcali en faible quantité. Elles se montrent lorsque le milieu est évidemment modifié; elles sont, dans l'animal, le signe indiquant anatomiqueinent des modifications correspondantes dans la substance de ses éléments anatomiques, par suite de l'échaufre continu qui a lieu entre toute partie de la substance organisée, et le milieu dans lequel elle se trouve. 11 faut du reste bien spécifier ici que la description de ujardin comprend deux ordres de faits distincts, qu'il importe de ne pas confondre. Ce sont d'une part la production des expansions sarcodiques ou amibiformes telles que celles dont les leucocytes sont le siège, et de l'autre celle des exsuda-

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tions de gouttes hyalines susceptibles de se déformer et de se creuser de vacuoles, se produisant ordinairement lorsque déjà se ralentissent les formations des expansions et se continuant encore lorsqu'elle a tout à fait cessé. Telles sont les exsudalious dont sont le siège au début de leur altération cadavérique, certaines cellules épitliéliales, les corps ou cellules fibro-plastiques iusiformes {voy. Lami- XEVx), les cellules delà corde dorsale {voy. Notocorde) et autres.

Les expansions des leucocytes des vertébrés et des invertébrés ont tant de ressemblance avec les expansions sarcodiques proprement dites, soit quant à la nature du mouvement, soit quant à l'aspect des prolongements de substance organisée, sauf le volume, qu'on ne saurait mettre en doute leur analogie de nature dans l'un et l'autre cas. Comme il est bien évident que le sérum placé sous le microscope dans lequel sont les globules blancs du sang n'est pas dans des conditions normales ; comme les expansions n'apparaissent pas immédiatement après que le sang est tiré, mais quelque temps après, lorsque le sérum a pris une température différente de celle qu'il avait, ou lorsqu'il a perdu un peu d'eau : il reste donc bien évident, pour quiconque a étudié le phénomène, que les expansions ne se montrent qu'autant que le milieu est modifié, soit quant à sa température, soit quant à la proportion d'eau, etc. Les expansions sont, je le répète, dans l'élément auatomique, un signe indiquant des modifications dans la substance organisée, correspondantes à celles qu'a éprouvées le milieu, par suite de l'échange continu qui a lieu entre toute partie de la substance organisée, et le milieu dans lequel il se trouve.

Pieste maintenant à déterminer la question de savoir si cette propriété de lu substance organisée de certains éléments anafomiques, tels que les leucocytes, etc., de divers infusoires ou des fragments qui en proviennent, doit être rapprochée de la propriété de contractilité et en particulier de la contractilité des fibres musculaires de la vie végétative ; ou si au contraire elle ne se rapproche pas des actes d'ordre organique observés sur les filaments muqueux des champignons myxomycètes, sur le contenu des algues appelées psôrospermies, de la même manière que sur les amibes et autres infusoires, sur le vitellus de l'ovule de beaucoup d'animaux, etc.; phénomènes qui eux-mêmes ont leurs analogues dans les actes et les mouvements de la segmentation et de la gemmation du vilellus. {Voy. Cli. J\ohm, Anatomie et physiologie comparée des éléments anatomiques, Paris, \ 868, in-8", p. 90.)

Quoi qu'il en soit de ces questions, dont la solution ne saurait être poursuivie ici en raison des empi'unts à toute l'anatomie comparée qu'elle exige pour qu'il soit possible de la donner, il demeure évident que ce n'est pas dans les manifesta'iions de la propriété précédente que doit être recherché quel est le rôle spécial rempli par cette espèce d'élément auatomique.

Leur distribution dans les capillaires sanguins et lymphatiques des vertébrés, leur présence en quantité relativement considérable à l'exclusion de toute autre espèce d'éléments dans le sang des invertébrés qui sont pourvus d'un appareil circulatoire, leur multiplication en excès dans presque toutes les affections nutritives profondes de l'économie, portent à penser que leur rôle se rattache particulièrement à quel([ue acte d'assimilation oudedésassimilation.

On sait en effet que pour la plupart des espèces d'éléments qui ne possèdent d'autres propriétés d'ordre vital que les propriétés végétatives, le rôle spécial que remplit chacune d'eUes tient à ce que l'une ou l'autre de leurs qualités élémentaires s'y manifeste sous quebiue rapport remarquable, soit d'une manière ab-

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solue, soil coniparativemeiil aux autivs espèces d'élémoats qui l'aiiuoiiipaguciit dans un tissu ou dans une humeur. Plusieurs espèces, par exemple, remplisseiit un rôle spécial par suite des particularités qu'elles préseni eut relativement à la nutrition, soit parce que, par suite de leur compositiou propre, elles assimilent certauis principes immédiats à l'exclusion des autres, ou, au contraire, parce que une fois formés dans l'épaisseur de ces éléments, certains principes, sont désassimilés aussitôt, ou du moins en proportion considérable comparativement à ce qui a heu dans les autres espèces d'éléments. 11 en résulte que, indépendamment de leur nutrition propre, ces éléments remplissent un rôle particulier qui a cette dernière pour condition d'existence et qui se rapporte à la nutrition générale du tissu ou de l'humeur dont ils font partie.

Bien que quelques autres éléments anatomiques, tels que le vitellus dans l'ovule, les cellules des cartilages incluses dans les chondroplastes et les fibres lamineuses encore à l'état de corps fibro-piastiques offrent des déformations lentes sous les yeux de l'observateur par suite de resserrement et d'expansions alternatifs eu des points divers de leur superficie, ces mouvements sont loin d'être aussi prononcés que ceux des leucocytes et de les faire ressembler à ces éléments, quoiqu'ils soient dus certainement à des propriétés analogues de la matière organisée.

Aussi les particularités dont il vient d'être c[uestiou, relatives aux mouvements sarcodiques ou amibiformes et aux réactions propres aux leucocytes, constituent pour les éléments de cette' espèce un ensemble d'attributs caractéristiques des plus nettement tranchés, quelles que soient les régions de l'économie dans lesquelles on les observe et les conditions dans lesquelles sont nés ces éléments.

Lorsque les expansions amibiformes des leucocytes viennent à adhérer à quelque corpuscule mobile, elles les font rentrer avec elles eu se rétractant dans la masse de l'élément, ainsi que Virchow l'a indiqué le premier et que le fait est facile à vérifier. La manière dont ils attirent et englobent ainsi parfois sous les yeux de l'observateur des gouttelettes graisseuses des granules colorés ou autres ajoutés au liquide sanguin de la préparation portent à penser que c'est ainsi que ces éléments englobent dans le colostrum les globules de lait que renferment souvent quelques-uns des leucocytes de cette humeur.

Des faits précédents quelques auteurs ont conclu que c'est par ce même mécanisme déjà observé souvent sur les amibes et autres infusoires que se produit le passage des globules à l'état granuleux dans les abcès et dans les infiltrations purulentes. On sait de plus que dans les épanchements sanguins des poumons, delà rate, du foie, des muscles, etc. , beaucoup de leucocytes sont rendus plus ou moins granuleux, par des grains d'hématosine, fait qui s'observe dans les leucocytes du sang même, pendant la durée de certaines maladies avec altération du sang (??ielanémie, etc.). Des leucocytes du mucus, du larynx et de la trachée sont également rendus granuleux par des granules de noir de fumée qui les colorent alors en noir et non en rouge brun foncé comme dans les cas précédents. Mais comme dans ces circonstances les cellules épithélialcs isolées ou en plaques qui se rencontrent avec les leucocytes, et les corps fibro-plastiques fusiformes et étoiles, s'il s'agit de l'épaisseur des tissus, sont au moins aussi remplis de granules que les leucocytes ; on ne saurait considérer le passage à l'état granuleux de ceux-ci comme dû exclusivement et régulièrement à l'introduction successive de ces divers granules par les expansions sarcodiques. Il se ])asse là certainement des phénomènes de pénétration directe des leucocytes comme des autres cellules et des fibres par ces granules, comme le fait s'observe toutes les fois que des élé-

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ments auatomiques se trouvent au contact de quelque particule plus dure que ne l'est leur propre substance. {Voy. Ch. Robin, Comptes rendus et Mémoires de la Société de biologie, Paris, 1852, p. 181, et Hist. naturelle des végétaux parasites, Paris, 1853, in-8", p. 285).

Quant aux leucocytes passés à l'état dit de globules granuleux : 1» l'uniformité de l'aspect deleurs granules graisseux, quelles que soient les conditions dans lesquelles on les observe; 2" leur présence dans les liquides où ne se trouvent pas des granidations graisseuses semblables, montrent que c'est à des actes moléculaires intimes qu'est due lenr formation dans les leucocytes ; formation amenant par sa continuation l'hypertropbie souvent considérable de ceux-ci ; au contraire l'absence de toute expansion dans les leucocytes, même encore peu hypertropbiés qui .sont à cet état granuleux accidentel si distinct des autres, ne permet pas d'admettre que ce soit par une intussusception mécanique de grains formés hors des leucocytes que se produit ce passage à l'état granuleux. Ch. Piobin.

Bibliographie. — Voyez les auteurs cités dans la synonymie au commencement de cet article, ceux qui ont été cités dans le corps de l'article et les suivants. — Bôcker. Ueher die verschiedenen Arten und Bedeutung der gewoUen Blutkôrperchen. In Archiv . filrphysiol. Heilkunde, 1851, p. 565. — Moleschott. Ueberdas Verhàltniss der farbigen Kôrperclien zu denuiifarbigcji. In Wiener Wochenschrift, 185i. — Kôllikeii. Ueberdas Vorkommen'von Jjjmphliôrperchen in den Anfangen der Lyniphgefâsse. In Zeits. fiir Wiss. Zool., 1855, vol. 7, p. 182. — Sur le même sujet -voyez aussi Ch. Robin dans Atlee. On thc blood. Pliiladelphîa, 1854, in-12, p. 176. — Huit. De copia relativa corpusculoriim sanguinis alborum. Leipzig, 1855. — Loranglr. Quomodo ratio ccllularum sanguinis albarum et rubrorum mutelur ciborum advectione, etc. Regiomont. 1856. — Markfels. Ueher das Ver hàltniss der farhloscn Blutkôrperchen . In MolescliotVs Untersueliungen, 1857, t, I, p. 61.

IIasimond. Sur les globules blancs du sang. In American Journal, 1859, p. 548. — Beale.

Thc colourless corpuscles of the blood quaterly summary of the improv. an discover, in the niedic. sciences. London, 1804, p. 504. — Davaine. Recherches sur les globules blancs du sang. In Comptes rendus et méni. de la Société de biologie.' Paris, 1850, p. 103, et 1855, p. 56. — Recklingsuausen . Ueber Eiter, etc. In Virchow's Archiv, 18G3, t. XXVIII. — Vmciiow. Ueber bewcgliche ihicrische Zellen. Ibid. — Preyeb. Ueber amœhoide Blutkôrperchen. Ibid., 1864, t. XXX. — Hayeh et Henocque. Sur les mouvements dits amiboides observés particulièrement dans le sang. In Archives génér. de médecine. Pai'is, 1866, in-8°, t. VII, p. 64, et t. VIK, p. 61. — Ch. Bernard. Rapport sur les progrès de la physiologie, Paris, 1867, in-8, p. 62 et 105. Cii. Rorm.

Explication des piancfaes . Planclio I. LEUCOCYTES DU SANG. Fig. 1. a kj. Divcrs 3spect et forme des leucocytes chez l'adulte dans le sang fraîchement extrait de la veine.

/>:à;). Aspect que présentent les mêmes éléments dans le caillot sur le cadavre, ou dans les préparations faites avec du sang' frais, après que les expansions sarcodiques ont cessé, au bout d'un certain nonibi^e de minutes ou d'heures, selon le soin avec lequel la préparation a été faite ou conservée.

mtip. Globules dans lesquels les granulations se sont réunies, en prenant l'aspect de noyaux, sous les yeux de l'observateur quelquefois.

00. Les mêmes leucocytes traités par l'eau, devenus pâles et montrant les granulations rassemblées, cohérentes sous forme de noyau. Quelquefois l'eau fait apparaître deux masses nucléiformes au lieu d'une, ou des amas grenus moins nettement limités.

Fig 2. a à g. Leucocytes d'un embryon de six mois. On a ligure surtout ceux dans lesquels l'état cadavérique avait déjà amené la formation de noyaux.

abc. Leucocytes offrant l'aspect qu'ils ont chez l'adulte, quelques-uns {b et c) sont assez foncés et granuleux.

ddd. Leucocytes à deux noyaux.

ee, ff. Leucocytes singuliers par leur forme et leur volume ou ceux de leur noyau,

g, g. Quelques-uns des leucocytes sont aplatis, quels que soient du reste leur forme ou leur volume; g représente un même leucocyte vu de face et de côté.

Fig. 2. Ih. s. Leucocytes pris dans le sang d'un individu adulte atteint de leucocythémie.

Um. Leucocytes ayant conservé les caractères qu'ils offrent chez l'adulte à l'état normal.

Dict.Encvcl, des Scméd.a^ ST. II. P. 278,

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