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glamles que dans ceux de la peau, des muscles, du tissu lanilneus, etc. Dans plusieurs des premiers organes que je viens de citer, ils forment par place une couche continue qui laisse çà et là des espaces libres plus ou moins étendus ; tandis que, dans les derniers, ils sont épars et écartés les uns des autres.
Lorsqu'on examine, sur une lame de verre divisée eu carrés par des lignes écartées de 1 dixième de millimètre, combien il y a de leucocytes comparativement aux hématies dans le sang de la saignée ou qui s'écoule d'un piqûre faite à la peau, on arrive aux résultats suivants. On observe des différences considérables dans le rapport entr,e les globules blancs et les globules rouges d'un individu à l'autre et sans qu'il soit possible d'établir à cet égard aucune loi. C'est ainsi que sur des hommes adultes, également bien portants, de même âge à deux ou cinq ans près, on trouve que les leucocytes sont aux hématies comme i : 350 chez les uns, 1 : 500 ou environ chez les autres, et même comme 1 : 1000 ou 1200 chez d'autres. Généralement cette proportion est augmentée par tout ce qui active la circulation. Peut-être cela est-il dû à ce que les globules adhérents à la face interne des capillaires se trouvent détachés et entraînés alors en plus grand nombre.
En outre, une simple diarrhée, l'administration d'un purgatif tel que l'eau de Sedhtz, etc., suffiseaît pour amener une augmentation appréciable dans le nombre des leucocytes qu'on trouve mêlés aux disques rouges.
A partir de l'âge adulte jusqu'à la vieillesse avancée, c'est entre 1 : 300 et 400,
qu'oscille le rapport des leucocytes aux hématies. Chez les femmes, les globules
' blancs semblent un peu plus nombreux, car le rapport varie entre 1 : 250 et 300.
Chez les embryons humains jusqu'au deuxième mois environ, les leucocytes sont plus abondants qu'ils ne le seront plus tard. Ainsi dans le sang des vaisseaux placentaires le rapport est comme 1 : 80 ou 1 00. Il en est de même chez les carnivoi'es et le porc aux époques correspondantes. Chez les ruminants et les rongeurs le rapport n'est guère que 1 :* 170 ou 180. Plus tard ce rapport diminue, et chez le nouveau-né humain on trouve généralement que les globules rouges sont aux globules blancs comme 1 : 100 ou 130 ; au bout d'un au ou deux ce rapport devient 1 : 200 ou environ, et se conserve à peu près tel jusqu'à l'âge de puberté. D'autre part, il est des fœtus abortifs de 4, 5 ou 6 mois dans le sang desquels les globules blancs sont plus nombreux de près du double que ne l'indi-' quent les rapports signalés plus haut, et cela sans que rien puisse en faire soupçonner la cause.
Il est des conditions morbides nombreuses dans lesquelles on voit les leucocytes augmenter très-notablement de quantité : telles sont les dysenteries, les fièvres puerpérales, les infections purulentes, la diphthérite, etc. 11 est commun dans ces circonstances de voir le rapport devenir 1 : 100 ou environ.
11 est d'autres circonstances, morbides également, oîi le nombre des leucocytes devient le vingtième, le dixième, le cinquième et môme le tiers ou le quart de celui des hématies. Le sang reçoit de la présence de ce grand nombre de globules une teinte violacée grisâtre, ou rouge brique tirant au blanc grisâtre, qui l'a fait comparer à du sang qu'on aurait mêlé de pus. C'est là ce qui caractérise l'état anatomique du sang aççeU lei(cocijthemie{lîv/.6v, blanc; zutoç, cellule; «tj^ta, sang. Bennett). Cet état, connue on sait, accompagne un certain nombre d'affections générales dans lesquelles la rate, le foie et les ganglions lymphatiques sont hypertrophiés.
Dans nu cas de ce genre observé chez un enl'ant par ML Blachc, Isanibert et
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moi, le nombre des leucocytes était à celui des hématies comme 2 : 1. Ces éléments offraient cela de remarquable, que les globulins on petits leucocytes l'emportaient de beaucoup en quantité sur les leucocytes complètement développés. Ces derniers n'étaient réellement pas plus nombreux qu'à l'état normal. Ils présentaient leur diamètre habituel de 0'"'",008 à 0'"™,010. Leurs autres caractères étaient également normaux. Les noyaux libres étaient, au contraire, aux leucocytes de la variété cellule comme 80 : 1 . Du reste, ces globulins avaient les caractères qu'ils manifestent dans le sang normal. Leur bord pourtant paraissait un peu plus pâle.
On en trouvait beaucoup qui avaient 0'"'",006 et quelques-uns 0'""',007 : c'est à la quantité considérable de ces éléments qu'était dû sous le microscope l'aspect tout à fait inusité qu'a présenté le sang de ce malade. Au lieu d'être, comme à l'ordinaire, obligé de chercher les globules blancs et les globulins au milieu des globules rouges, c'était réellement les globules rouges et les leucocytes de la variété cellule qu'on était obligé de chercher au milieu des globulins.
Le sang des veines sus-hépatiques est de toutes les parties du corps celui qui renferme le plus de leucocytes. Chez l'homme, le chien et le chat, j'en ai trouvé par rapport aux globules rouges, tantôt comme 1:150, tantôt comme 1 : iOO ou 120 environ, jusqu'à 1 : 20, sans que rien à l'extérieur eût pu faire prévoir ces différences. L'oreillette droite, la veine splénique, la veine mésentérique supérieure, l'oreillette gauche, telles sont les parties dans le sang desquelles on trouve ensuite le plus de leucocytes, mais en progression décroissante.
Dans la lymphe, ils sont plus nombreux en général sur les herbivores que sur les carnivores, et plus nombreux dans les lymphatiques du cordon testiculaire, du cou, etc., que dans le liquide des chylifères.
Les petits leucocytes dits globulins sont plus nombreux dans la lymphe que dans une même quantité de chyle. Le nombre de ces éléments que renferme le sang est fort peu considérable à l'état normal, car on n'en voit guère habituellement que 1 pour 10 ou 20 cellules. Cette proportion reste à peu près la même sur l'embryon. Ils m'ont semblé plus nombreux chez les herbivores que chez les carnivores.
11 y en a, mais en fort petite quantité, dans le liquide qui s'échappe des fistules lymphatiques chez l'homme. Ils offrent les mêmes caractères' que les précédents, mais sont généralement un peu plus petits.
Dans le pus, les leucocytes sont l'élément anatomique principal de cette humeur, et sont en suspension dans son sérum. Il est plus ou moins séreux, plus ou moins épais et crémeux, selon leur rareté ou leur abondance. Cette humeur leur doit aussi sa coloration habituelle : c'est, eu effet, à la quantité variable de ces cellules qu'est due la teinte plus ou moins foncée du liquide, car sa couleur n'est que la résultante des rayons de lumière réfléchis par les parties solides en suspension.
Du reste, il ne faudrait pas se faire des idées exagérées sur la quantité des leucocytes existant dans le pus. Il résulte de recherches faites par M. Delore (Delore, Quelques recherches s U7' le pus. Paris, 1854, in-4°. Thèse pour le doctorat en médecine, n° 310), que, malgré leur densité plus grande que celle du sérum, les leucocytes n'existent dans le pus que dans la proportion de 25 p. 100 en poids à peu près. Le maximum trouvé a été 38 p. 100 ; mais, en général, ces cellules représentent le quart ou le cinquième du pus dit bien lié. Dans le pus séreux
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cur quantité descend à 8 ou 10 p. 100 au plus, et elle n'atteint pas 5 p. 100 dans le pus très-séreux de certains abcès froids ou ossilluents, etc.
Les leucocytes du sang ont à l'état normal, chez les mammifères adultes, un diamètre qui dépasse de 1 à 2 millièmes de millimètre celui des hématies. Ainsi la plupart sont un peu plus gros que ces dernières. Toutefois il y en a, mais en petit nombre, qui ne sont pas plus gros que les globules rouges de volume moyen. J'ai observé cette relation chez tous les mammifères domestiques, et le rat, la ouris, le blaireau, la chauve-souris, le hérisson, la taupe, etc. ; chez les ovi- [lares, ils ont le diamètre de la largeur des globules rouges ou un diamètre un peu moindre. Ainsi chez l'homme ils ont généralement de 8 à 9 millièmes de millimètre de diamètre, quelques-uns ont 7 milhèmes (pi. I, fig. 1). Ce sont là es dimensions observées sur des individus bien portants.
Chez les fœtus, et surtout chez les embryons de moins de quatre mois, on en trouve beaucoup qui ont les dimensions qui viennent d'être indiquées ; mais il en existe davantage encore qui ont de 10 à 15 millièmes de millimètre, et d'autres enfin, peu nombreux, atteignent 0'"''\019. Nous verrons plus loin qu'avec ces dimensions considérables se rencontrent quelques particularités de structure qui font de ces leucocytes une variété de forme fœtale et parfois aussi morbide chez l'adulte (pi, I, fig. 2, de a en g).
Dans la lymphe du cheval, de l'homme, du bœuf, etc., la plupart atteignent Qmm^QIO à 0'"'",015 (pi. I, fig. 6). Nous verrons plus tard que ces éléments varient un peu de diamètre selon qu'ils sont en suspension dans le sérum de telle ou telle humeur, soit normale, soit morbide, tel que celui du sang, de la lymphe, d'un kyste, etc.
Dans les cas dits de leucocythémie, on en voit beaucoup qui offrent les dimensions normales; mais en outre il y en a qui atteignent jusqu'à 12, 13, 15 et 18 millièmes de millimètre, c'est-à-dire qui sont un peu plus de deux fois aussi larges que les globules rouges.
Dans le pus, la plupart des leucocytes offrent un diamètre de 10 millièmes de millimètre (pi. II, fig. 5, aa, mm, nn) ; mais on en trouve qui ont 8 millièmes et d'autres qui atteignent 11 à 12 millièmes. Lors de leur genèse, ils n'ont encore à peine que la moitié de ces dimensions (fig. 6), et lorsqu'ils ont séjourné longtemps dans une cavité sans être en mouvement, il en est plus ou moins qui atteignent le triple de ces dimensions et même plus (fig. 4 et 5, s, l, u, v).
Dans le pus très-fluide provenant des parties malades entourant les os cariés, de certains ulcères, etc., la plupart des leucocytes offrent quelquefois 12, 14 et 16 millièmes de millimètre de diamètre (pi. III, fig. 4). Dans le mucus frais, dans la salive fraîche non altérée par le contact de l'air, dans l'urine non altérée par l'air ou un trop long séjour dans la vessie, les leucocytes sont plus petits que dans les conditions opposées et que dans les liquides signalés précédemment (pi II, fig. 2, de a en i; fig. 3, de a en f; pi. III, fig. o, a, h).
Ainsi qu'on le voit, ce ne sont pas les dimensions de ces éléments envisagées seules qui pourraient servir à les distinguer des autres espèces d'éléments ; aussi les caractères qu'il nous reste à étudier importent plus que ceux-ci.
Caractères physiques des leucocytes. La forme habituelle des leucocytes chez tous les vertébrés, lorsqu'ils sont plongés dans le liquide où ils flottent, est la forme sphérique (pi. I, II et III). Cependant on peut en rencontrer quelques-uns qui sont naturellement ovoïdes (pi. I, fig. 2, e) ou même un peu aplatis {y, g,j).
Quelques minutes après la mort de l'animal ou après l'extraction du liquide
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frais qui les coatient, ou encore dans le sang ou la lymphe qui stagnent dans les vaisseaux dont on étudie la circulation, les leucocytes peuvent offrir une forme irrégulière. Elle peut être ovoïde, presque polyédrique ou dentelée; ou encore ils sont comme hérissés çà et là de petits prolongements (pi. II, tîg. 1, 2 et o, et pi. I, fig. 6) ou expansions. Cette déformation est la conséquence d'une des propriétés de ces éléments qui sera étudiée plus tard. Elle n'est que passagère, car au bout de douze à vingt-quatre heures environ les globules ont repris leur forme sphérique. Dans les préparations placées sous le microscope, la déformation une fois produite peut persister plusieurs heures soit qu'elle reste stationnaire, soit qu'elle augmente ou diminue un peu. Aussi plusieurs auteurs ont-ils figuré ces éléments à l'état de déformation, Hewson par exemple.
Parmi les plus gros leucocytes des embryons et quelquefois dans ceux du sang leucocythémique on en trouve qui ont après la mort une forme légèrement polyédrique, ou ovale soit régulière soit irrégulière (pi. , fig. 2, 'g, e, f). Quelquesims de ces derniers sont aplatis au point d'être moitié plus minces que longs.
Dans le sang, comme dans le pus, dans le colostrum, etc., on en voit aussi de forme allongée persistante (pi. I, fig. 2, f, et pi. II, fig. 5, v, x)\ mais toutes ces variétés de figure sont rares à coté du grand nombre de ces éléments qui sont parfaitement sphériques.
Quels que soient du reste leur volume et leur forme, dès que celle-ci est devenue permanente et que le phénomène qui les rend dentelés momentanément, ou irréguUèrement contournés (pi. 11, fig. 2, a, /", et fig. 3, a, c, d) a cessé, il offrent tous un bord net et une surface unie. Par là et par l'observation directe lorsque ces éléments roulent dans le liquide de la préparation, il est facile de voir qu'ils ont une surface lisse et régulière et non mamelonnée, rugueuse ou framboisée.
La consistance des leucocytes n'est pas très-considérable ; leur facile déformation dans les circonstances que je viens de rappeler et les suivantes le prouve. On peut les aplatir en comprimant les lames de verre entre lesquelles ils se trouvent, et lorsqu'ils s'accumulent ils deviennent polyédriques par pression réciproque (pi. II, fig, 2, n, et fig, 5, g, g).
Cette particularité est la même pour toutes les parties du corps dans lesquelles existent ces éléments.
Les leucocytes examinés dans le sang offrent un peu plus de consistance que les hématies. Pourtant ils peuvent être aplatis par la pression des lames de verre, ou devenir polyédriques par pression réciproque. Ils s'allongent aussi pour pénétrer dans des capillaires dont l'orilice a un diamètre plus petit que le leur, mais ils résistent un peu plus que les globules rouges ; parfois, chez les mammitères, ils bouchent pour assez longtemps un capillaire à l'orifice duquel ils s'arrêtent et le sang ne pénètre dans celui-ci qu'après que le leucocyte a été entraîné.
Dans le pus ils sont plus denses que le sérum et se déposent au fond du vase, tandis que le liquide surnage ; dans le mucus ils restent englobés et retenus par le liquide visqueux. Us ont une densité moindre que celle des hématies et plus grande que celle du sérum sanguin. Dans le sang défibriné on les voit en effet se rassembler, à la surface des globules rouges qui occupent le fond de l'éprouvette.
Cette couche est grisâtre, demi-transparente, moins blanche, moins crémeuse qu'une couche d'égale épaisseur formée par du pus qui se dépose dans une séro-
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site incolore. Ce fait est du à des particularités secondaires de structure telles que la présence d'un nombre un peu plus grand de granulations dans les globules; il en sera question plus loin.
Vus à la lumière réfractée sous le microscope, les leucocytes non déformés du sang et de la lymphe offrent un contour net (pi. I, fig. ] , et fig. 6, b, c, d) médiocrement foncé, une surface lisse, incolore, brillante, ayant dans le sérum du sang frais quelque chose de l'argent mat si l'on peut ainsi dire. Cet aspect est très-prononcé lorsqu'on les observe à l'aide de la lumière oblique.
11 est très-remarquable aussi sur les leucocytes examinés par transparence lor.squ'ds sont plongés dans l'urine fraîche. En même temps, leur partie centrale est brillante, tandis que leur périphérie est nette de teinte foncée avec un léger l'eflet ou cercle plus clair en dehors et ils paraissent alors nettement arrondis. Dans toutes ces circonstances ils sont un peu plus petits, plus resserrés que dans l'urine commençant à s'altérer ou que dans un sérum peu concentré. Si l'on ajoute un peu d'eau à ces Hquides, les leucocytes se gonflent et changent Jiotablement d'aspect parce qu'ils deviennent clairs, transparents. Si au contraire on ajoute un peu de solution concentrée de phosphate de soude à un liquide dans lequel ils sont très-transparents et un peu gonflés, comme dans la salive, ils se resserrent sous les yeux de l'observateur et prennent l'aspect que je viens de signaler.
Ainsi vus à la lumière transmise, ces éléments sont de petits corps arrondis grisâtres, plus ou moins foncés ou plus ou moins transparents selon la quantité de granulations qu'ils renferment, et selon qu'ils sont plus ou moins gonflés ou plus ou moins resserrés par le liquide qui les tient en suspension. Dans certaines conditions les granulations qui les rendent foncés sous le microscope peuvent devenir assez abondantes pour les rendre d'un noir jaunâtre ou presque complètement opaques (pi. II, fig. 5, s, u, y, et fig. 4, t; pi. 111-, fig. -] , 7 et 8). Lorsqu'au contraire ces éléments sont accumulés en quantité assez considérable pour former une masse visible à l'œil nu ou lorsqu'ils sont examinés à la lumière réfléchie, ils sont grisâtres ou jaunâtres selon la quantité de granulations qu'ik renferment ; la teinte est d'autant -plus jaune qu'ds contiennent davantage de granulations graisseuses qui les rendent plus opaques. C'est à leur couleur propre, dans ces conditions, qu'est due la teinte grisâtre ou jaunâtre des liquides qui les tiennent en suspension, qui par eux-mêmes sont incolores comme tous les sérumsettous les mucus, ou seulement doués d'une légère teinte citrine.
Les leucocytes de toutes les parties du corps peuvent offrir des particularités analogues aux précédentes. Mais partout,* à côté de leucocytes qui ont cette disposition, il en est quelques-uns qui, dépourvus de granulations, sont très-pâles, presque incolores (pi. II, fig. 6, e, e, et fig. 4, q, q; et pi. III, fig. 4, h, i,j, h, fig. 7, r, z, et fig. 8, b, e, f). Parfois même ceux qui sont dans ce cas l'empor- Jant sur ceux qui sont plus foncés, il en résulte une teinte plus claire pour le pus qui les contient, que cela n'est habituel (pus des synoviales, de la pie-mère quelquefois, des os cariés chez les scrofuleux, etc.).
Les leucocytes du sang et de la lymphe offrent une viscosité de leur surface qu'on ne rencontre pas sur les autres espèces d'éléments du sang. C'est là sans doute une des causes de leur adhérence à la face niterne des parois des capillaires. Elle se manifeste aussi par l'adliérence réciproque de ces globules lorsqu'ils viennent à se toucher dans les vaisseaux, contre leurs parois ; ils présentent alors une certaine résistnnce aux actions qui pourraient les séparer les uns des autres et
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quel([uefois plusieurs partent d'un seul bloc réunis ensemble. Dans les veines où ils sont abondants (veine spléiiique, veine porte, veines sns-hépaliqucs, etc.), on en trouve quelquefois d'agglomérés de la sorte. Le plus souvent ils sont réunis non pas seulement ensemble, mais encore à des hématies à l'aide d'une matière amorphe finement granuleuse plus ou moins abondante.
C'est encore cette viscosité de leur surface, plus que leur volume, qui fait qu'ils restent adhérents aux lames de verre sous le miscroscope, pendant que les hématies roulent autour d'eux ; car des corps plus volumineux, qui montrent que sans cette adhérence ils pourraient se mouvoir, se rencontrent souvent dans leur voisiuage au sein de la préparation.
Caractères d ordre chimique des leucocytes. — L'hygrométricité des leucocytes est très-prononcée, son étude conduit du reste directement à celle de l'inlluence des agents chimiques sur eux et ne peut eu être séparée.
L'eau gonfle ces éléments ; elle en augmente rapidement le volume d'un quart ou d'un tiers environ. En même temps elle les rend plus transparents et fait que leurs granulations intérieures se distinguent mieux les unes des autres, paraissent plus nettes (comparez pi. II, fig. 1, j, j à a, b, c, d, lîg. 3, s, s à a, h, c, d, e fig. 5, a, cf, m, m h g, b, n). Presque toujours ces particularités sont plus mani festes au centre qu'à la périphérie des cellules ; sur un certain nombre de ces dernières l'eau se borne à produire les changements précédents, mais sur la plupart elle détermine une sorte de coagulation du contenu ou de cohérence des granulations, sous forme de un, quelquefois deux et plus rarement trois petits amas granuleux, d'abord assez peu nettement limités (pi. I, fig. 4-, e, /", ^r, //). Bientôt ces amas deviennent de petits globules sphéroïdaux ou ovoïdes (fig. I , 0, 0, p,p, fig. 5, e, f, g, h, i; et pi. H, fig. 2, g, r, et fig. 5, s, t, w, v, x, y), larges de 2 à 4 millièmes de millimètre, à contour bien limité, peu foncé, semblables à des noyaux, de la production desquels l'observateur peut suivre les phases. Ce phénomène est important à signaler, et il l'est également de savoir que l'acide acétique, en causant un changement analogue, détermine la formation de trois ou quatre petits corpuscules ou noyaux habituellement, au lieu d'un ou deux seulement dont l'influence de l'eau amène la production.
C'est là un phénomène remarquable, dont les autres espèces de cellules n'offrent pas d'exemple et qui mérite d'être pris en considération d'une manière toute spéciale, car il diffère de tous les modes de naissance des noyaux que nous avons pu étudier jusqu'à présent.
L'action prolongée de la salive mixte, celle de l'urine surtout lorsqu'elle commence à répandre une odeur ammoniacale, ressemblent à celle de l'eau (pi. I, fig. 5, e, f, g, h et fig. 4), même lorsqu'on examine les leucocytes dans ces liquides au moment de leur sortie de la bouche ou de la vessie. Le séjour prolongé des leucocytes dans le sérum du sang sur le cadavre (pi. I, fig. 1 , k, l, m, n, et fig. 2, de a à g, et de l à o) ou dans celui du pus, produit un effet analogue à l'action de l'eau, ce qui fait que l'on trouve ces cellules avec un aspect un peu différent dans ces conditions de celui qu'elles ont sur le vivant. Sur le cadavre elles sont un peu plus grosses à granulations plus distinctes, et offrent de prime abord les corpuscules ou noyaux (pi. II, fig. 5, m, m). Toutefois il reste toujours, dans ces circonstances, un certain nombre de leucocytes qui ne changent pas au contact du sérum (pi. I, fin. 2, a, /, /, m, m).
Daus le liquide blanchâtre qu'on voit parfois au centre des concrétions fibrineuses poly[)iformes du cœur ou au centre du caillot des veines oblitérées, ils n'offrent
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pas non plus d'amas en forme de noyau ; dans quelques cas, cependant, il en est qui en présentent un seul. Mais tous sont devenus plus transparents, à. bords pâles, et leurs granulations sont plus visibles qu'à l'état normal. Les leucocytes du sang qui a séjourné dans les veines dilatées des tumeurs érectiles, dans les dilatations des veines variqueuses et liémorrboïdales ont leur contour net et fonce et Tintélieur de leur masse plus granuleux, ce qui pourrait faire croire d'abord que leur surface est rugueuse bien qu'il n'en soit rien.
En même temps que les hîucocytes se gonflent dans l'eau ou dans la salive, on voit les fines granulations moléculaires qu'ils renferment se prendre d'un mouvement brownien extrêmement vif, auquel participent quelquefois les noyaux de l'élément lorsqu'ils préexistaient cadavériquement à l'addition d'eau, ou après qu'ils se sont produits sous l'influence de cet agent. Que les leucocytes aient été pris dans le pus, dans un mucus ou dans le sang, le phénomène se produit de la même manière. Toutefois il est toujours un certain nombre de leucocytes dans lesquels il ne s'observe pas. Ceux du sang et de la lymphe olfrent une plus grande quantité d'entre eux qui sont dans ce cas, et cela particulièrement lorsqu'on les prend dans le sang fixais ; car si on les examine dans le liquide tiré des vaisseaux d"un cadavre dont on fait l'autopsie, il y en a plus qui manifestent ce mouvement brownien que dans les circonstances précédentes.
Enfin, après que le mouvement a duré un certain temps, l'observateur peut voir quelques-uns des leucocytes éclater brusquement par excès de la distension due à l'eau qui pénètre par endosmose. Leur contenu liquide s'échappe, estlancé avec force au dehors avec les granulations moléculaires (pi. II, fig. 3, œ) qui continuent à présenter le mouvement brownien avec au moins autant de vivacité que dans l'intérieur de la cellule. Quant à la paroi de celle-ci elle revient sur elle-même, se ratatine, se plisse, devient irrégulière et d'une très-grande transparence, en retenant dans son intérieur quelques granulations dont l'agitation continue.
L'action de l'acide acétique est importante à étudier. 11 détermine aussi l'apparition de plusieurs corpuscules nucléiformes, mais de nombre et de volume autres que ne le fait l'eau. Les phénomènes suivants s'opèrent dans l'espace de quatre à dix minutes au plus, selon le degré de concentration de l'acide et selon qu'il a agi plus ou moins directement sur les leucocytes. Je veux dire par là, selon que, pour arriver à eux entre les deux lames de verre, l'acide a rencontré plus ou moins d'hématies, de sérum ou de fibrine qui ont modifié la quantité ou la concentration de celui qui parvient aux éléments qu'on étudie.
Le premier effet de l'acide acétique est de resserrer et rendre plus petits et plus foncés les leucocytes lorsqu'on les examine dans le sang (pi. I, fig. 4, a, h, c). Cet effet dure peu, presque aussitôt l'élément anatomique se gonfle d'un quart ou d'un tiers, pendant qu'on voit son centre devenir plus granuleux qu'à l'état normal, à granulations plus grosses et plus foncées {d, e, f, g, h, i,j, k); elles forment un seul amas, plus ou moins large, à granulations plus ou moins serrées, placé au centre du globule dont le reste est extrêmement transparent, à contour bientôt tellement pâle qu'il faut beaucoup d'attention pour le voir. Peu à peu les granulations deviennent plus cohérentes et tendent à produire une masse homogène ou à peu près. En même temps cette masse se dispose en demi-cercle ou en fer à cheval (pi. I, fig. 2, r, r), soit formé d'une seule pièce, soit constitué de deux, trois ou même quatre petits fragments de 2 à 5 millièmes de millimètre de diamètre chacun. Quelquefois c'est un cercle complet que forme ce petit amas ou bien deux demi-cercles dont les ouvertures se regardent. En général cette
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masse centrale forme un, deux, trois ou quatre corpuscules ayant l'aspect de petits noyaux sphériques ou polyédriques, larges de 3 à 4 millièmes de millimètre, soit superposés les uns aux autres, soit placés sur le même plan à côté les uns des autres (tig. 4, /, m, n, o, p, q, r, s).
Lorsque l'acide acétique ugit sur les leucocytes du sang qui ont d'^à subi le contact de l'eau ou l'action prolongée du sérum du cadavre, ordinairement il ne lait que rendre très-transparente la masse de la cellule en dissolvant toutes les granulations et il met en évidence le noyau ou les noyaux déjà apparus sous l'inlluence de l'eau (pi. I, fig. i,o, o,p). En même temps il rend les contours de ces noyaux plus nets et plus foncés (fig. 2, p, p), sur d'autres de ces éléments il fait courber en fer à cheval les noyaux (fig. 2, s, s). Du reste ceux des leucocytes "qui n'avaient éprouvé encore aucune modification de la part du sérum (fig. 2, a, c, l, m) sont modifiés par l'acide {q, q) comme le sont les leucocytes pris dans le sang frais.
L'action de l'acide acétique sur les leucocytes pris dans le pus, dans les muqueuses, est la même que celle que je viens de décrire précédemment. Les particularités qu'elle peut offrir sont tellement secondaires qu'il est presque inutile de les signaler. Elles ne portent guère que sur le volume généralement un peu plus grand des noyaux dont le réactif détermine l'apparition dans les leucocytes du pus et des muqueuses. Mais du reste on voit que les phases de l'action de l'acide acétique sont les mêmes que lorsqu'on peut les suivre sur des leucocytes frais (pi. II, fig. 2, àQglit, fig. 5, de g à r, fig. 4, de h à m, fig. 5, de h-àl, et fig. 6, h,i,k), c'est-à-dire avant que l'influence de l'eau ou le séjour dans un sérum un peu altéré et fétide aient fait apparaître un ou deux noyaux seulement, qu'alors l'acide ne fait que rendre plus évidents (comparez fig. 3, s, u, x, ij h. t, t, v, z). L'acide acétique {acide acétique du verdet et acide pyroUgneux) employé en grande quantité ou très-concentré détermine l'appaiition de noyaux qui sont plus petits et plus irréguliers que lorsqu'on emploie ce réactif un peu étendu ou en petite quantité.
Selon les conditions dans lesquelles se sont produits les noyaux apparus sous l'influence de l'acide acétique, les leucocytes peuvent être incolores, ou légèrement teintés de couleur lie de vin ou au contraii'e en jaune orange, comme on le voit souvent dans les leucocytes des sérosités, de la synovie, etc, (pi. III, fig, 2, de Ias). Dans, le sang, les petits noyaux qu'on voit se former de la sorte offrent constamment une teinte d'un brun rougeàtre ou vineux, bien différente, du reste, de la teinte jaune rosé que présentent au microscope les hématies.
L'importance de la série des faits précédents ne saurait échapper un instant, car ils montrent que les noyaux depuis si longtemps décrits dans les leucocytes ne préexistent pas à l'influence des altérations cadavérique et chimique proprement dites, qu'ils sont un des résultats de ces actions ; cela est mis particulièrement eu relief par ce fait que l'eau ne fait apparaître que un ou deux noyaux sphériques, réguliers, à centre clair, dans les globules où l'acide acétique amène la formation de 2 à 4 corpuscules nucléiformes, plus petits, plus irréguliers, etc. Ils prouvent que ces corps n'appartiennent pas en propre aux leucocytes encore vivants ; et de fait on ne les voit pas pendant la durée de la production des expansions sarcodiques qui les déforment ; en sorte que leur formation marque leur passage à l'état cadavérique, l'époque de leur mort et jusque-là leur contenu n'était qu'une masse homogène visqueuse parsemée de fines granulations grisâtres. Enfin ces faits montrent que les hypothèses d'après lesquelles on a voulu voir dans la multiplicité des
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noyaux des leucocytes la preuve que ce sont des cellules aptes à une reproduction rapide et en voie de prolification, sont des vues sans aucun fondement.
A mesure que se prolonge l'action de l'acide acétique la masse de la cellule devient de plus en plus pâle, plus transparente, jusqu'à ce que, réduite à être invisible, elle laisse les deux, trois ou quatre uoyauv isolés dans le champ du microscope, sans enveloppe apercevable autour d'eux. Ils restent pourtant encore juxtaposés et légèrement adhérents les uns aux autres, mais on peut alors les séparer assez facilement par des mouvements des lames de verre.
11 est des circonstances rares dans lesquelles cette action généralement si constante de l'acide acétique peut manquer pourtant. C'est ce que l'on observe quelquefois sur le pus qui a séjourné longtemps dans l'économie, comme au sein de quelque tumeur, d'un ganglion lymphatique, de la moelle des os, des abcès dufoie, dans les kystes et abcès du testicule surtout, soit chez l'homme, soit chez le cheval, dans la plèvre, dans l'œil, etc. Bien que crémeux, verdàtre ou non, ce pus renferme des leucocytes, sur lesquels l'eau ne fait que causer un peu plus de transparence et de gonflement. L'acide acétique les pâlit beaucoup, dissout la plupart de leurs granulations, mais on ne voit apparaître aucune trace de noyaux sous l'influence de ce réactif; un très-petit nombre seulement d'entre eux eiioDreiit un, rarement deux, produits comme il a été dit plus haut, mais de dimensions moindres qu'à l'ordinaire. Tous les autres éléments restent uniformément pâles, transparents, avec quelques granulations moléculaires fort petites et plus rarement avec quelques granulations graisseuses.
L'acide nitrique gonfle d'abord les leucocytes et les rend plus gros d'un quart environ. En même temps il les rend pâles, transparents ou à peine granuleux et détermine assez souvent la production dans leur intérieurde une à trois excavations, pâles, sphériques, tellement claires qu'elles sont difficiles à voir. Peu à peu il dissout les leucocytes, plus rapidement que les hématies. ^L'acide sulfurique les gonfle et les dissout plus vite encore que l'acide nitrique.
L'acide chlorhydrique concentré rend les leucocytes d'abord un peu grenus et irréguhers, dentelés ou garnis de très-petites saillies pointues, en môme temps il les gonfle légèrement. Il détermine ensuite dans leur masse la formation de deux à quatre vacuoles claires sphériques, et enfin il les dissout.
L'ammoniaque produit dans les leucocytes des vacuoles autour desquelles sont rangées de fines granulations moléculaires. Les vacuoles vont en grandissant assez rapidement, et bientôt le globule disparaît presque subitement après avoir à peu près doublé de volume par accroissement rapide des vacuoles.
Le phosphate de soude rapetisse les globules blancs, il les rend quelquefois plus petits que les globules rouges, toute leur surface prend un aspect grenu, leur contour devient net, foncé et un peu jaunâtre en dedans. Le centre au contraire devient blanc, brillant, homogène, ou s'il paraît un peu granuleux, cela tient aux rugosités de la surface. Il agit de môme sur les leucocytes que leur séjour dans la salive mixte ou un sérum trop fluide a gonflés et rendus transparents.
Le carbonate de potasse produit à peu près le mcmeteffet, toutelois il produit des vacuoles au centre de quelques-uns. La potasse à 40 degrés n'agit guère autrement, mais si on lui ajoute de l'eau elle les gonfle, les rend d'abord un peu granuleux et plus transparents, puis ensuite on voit se manifester la môme action qu'après l'emploi de l'ammoniaque.
L'alcool rend les leucocytes un peu plus gros, jjIus granuleux d'abord, jiuis amène comme après addition d'eau la formation de un, deux ou quelquefois trois
Principes
LEUCOCYTE. 257
amas ou noyaux, clairs, très-ronds à bords nels, réunis vers le centre du globule dont le reste est transparaît. La teinture d'iode colore les leucocytes en brun rougeâtre, les rend plus petits, un peu plus granuleux et moins transparents qu'à l'état normal.
La glycérine pure mise en présence des leucocytes les resserre d'abord, en diminue le diamètre de moitié environ et rend ainsi leur contour plus foncé, leur centre plus brillant, d'aspect moins granuleux. En même temps leur surface devient moins régulière et présente de petits prolongements qui la hérissent. Peu à pgu elle les pâlit beaucoup, et sans les dissoudre entièrement les réduit à l'état d'une petite masse pâle et délicate.
Plusieurs des humeurs de l'économie agissent sur ces éléments. Déjà nous avons vu plus haut qu'elle est l'action du sérum du sang après la mort (p. !23o).
L'urine iraîche agit sur les globules blancs comme le phospate de soude, mais d'une manière un peu moins tranchée (p. 252-255).
COMPOSITIOS IBMÉDIATE DES LEUCOCYTES HOMIDES mis DANS LE PL'S.
1 Eau pour 100 parties de cellules . 790,00
Principes ) Sels environ 43,o0
de la 1" classe. 1 Fer faisant partie d'un principe
' encore indéterminé des traces.
Sels à acides d'origine organique
(lactales, etc.) quantité indéterminée.
/ Pyoline (Glénard), séroline du pus de quelques auteurs ..... 5,45 Choleslérine. . . 5,50 Lécythine. . . . 7,20 îraisse rouge unie à un peu depliospliatede
chaux 6,00
Oléine quantité indéterminée.
Margarine. ... id.
, Stéarine id.
Substance organique demi- solide Principes I formant principalement la masse de la 111" classe, j de chaque cellule environ . . . liO.OO
Albumine - des traces,
Structure des leucocytes. La structure des leucocytes chez l'adulte à l'état normal est fort simple, ils se distinguent même par là de la plupart des autres espèces de cellules. Mais ce sont surtout^ leurs réactions, décrites plus haut, qui empêchent de les confondre avec d'autres éléments.
Ils sont composés d'une masse sphérique de substance organisée incolore, un peu plus dense à la surface qu'à son intérieur, bien qu'ils n'offrent pas d'enveloppe nettement distincte et séparable du contenu avant d'avoir séjourné dans le sérum du sang du cadavre, dans la salive, ou subi le contact de l'eau, etc. Cette masse est uniformément parsemée de granulations ; leur sphéricité seule fait paraître ces firanules plus abondants au centre qu'à la péiipliérie. Ces granulations sont trèsfines, grisâtres, quelquefois un peu plus grosses et alors à centre brillant et jaunâtre (pi. I, fig. 1, a à i, fig. 5, a à e, lig. 5, 6 et 7, a, h; et pi. II, fig. 4, a, h, c, d, fig. 5, a, a, fig. 6, a, h, c). Nous avons vu comment, par suite d'altération du sérum ou de l'action des agents chimiques, elles deviennent cohérentes et forment des amas qui pourraient être piis pour des noyaux proprement dits, eri'cur encore souvent commise par les observateurs qui n'ont pas constaté
Corps gras et
de la 11" classe. , leurs analogues au moins 26,50 savoir :
Lé Gr
2o8 LEUCOCYTE.
leur production artificielle ou accidentelle, dont il est pourtant facile de suivre les diverses phases (p. 373).
Des variétés de structure des leucocytes. Tel est le degré de simplicité dans la structure que présentent généralement les leucocytes à l'état frais ; mais ces éléments vont nous offrir, selon les différentes conditions dans lesquelles ils peuvent se trouver, des modifications en nombre tel qu'il est peu d'autres cellules qui puissent leur être comparées à cet égard.
Dans le sang, surtout celui du foetus, après la mort, ,dans la lymphe, et plus rarement dans le pus de la vessie et diverses autres parties du corps (pi. 111, fig. 8, a, b, c, d, e), on trouve des leucocytes qui offrent les particularités suivantes de structure. Ils sont constitués d'une masse extrêmement claire et transparente, tout à fait homogène, sans granulations, qui renferme un et très-rarement deux noyaux, semblables aux leucocytes de la variété noyau libre. Ce noyau est placé souvent près du contour de la masse claire sphérique, plus rarement à son centre. Lorsqu'il y en a deux, ils occupent tout le diamètre du corps de la cellule. L'acide acétique dissout le corps transparent de ces cellules. Il agit sur leur noyau comme sur les leucocytes de la variété noyau libre décrits plus loin. Cette disposition des parties constituantes de ces leucocytes est le résultat de l'action sur eux du sérum altéré cadavériquement, qui les modifie à peu près comme le fait l'eau. Ce dernier liquide détermine en effet des changements semblables sur les leucocytes les plus petits ou globuUns qui sont granuleux et dont il gonfle beaucoup la masse ou corps de la cellule en laissant vers le centre les granulations sur lesquelles cette masse ou corps accumulé était en quelque sorte appliquée.
Dans ces conditions de gonflement, la dissolution concentrée de phosphate de soude contracte rapidement le corps de la cellule et l'applique sur cet amas ou noyau central, de manière que la cellule diminue de volume de près de moitié, et prend le volume d'une hématie ou même devient plus petite ; ce noyau cesse alors de se distinguer facilement du corps de la cellule. Cette solution contracte et l'esserre aussi les hématies de l'embryon, les rend plus foncées, plus rougeâtres, et alors la teinte de ces éléments tranche sur celle des leucocytes resserrés qui sont grisâtres. Cette particularité doit être notée, parce qu'elle montre que ces leucocytes paies, sans granulations, ne sauraient être considérés sans erreur comme des hématies embryonnaires à noyau. En outre les premiers sont sphériques, tandis que ces dernières sont aplaties.
L'eau rend cette masse seulement un peu plus pâle mais sans la dissoudre, même après une demi-heure d'action et lorsque tous les globules rouges qui sont autour ont été dissous. Le voisinage des disques rouges donne un reflet rosé trèspâle à la masse transparente. Les leucocytes de cette variété adhèrent aux lames de verre comme les autres, et restent immobiles sans s'aplatir, lors même qu'on presse la lamelle supérieure de la préparation et qu'on fait courir avec violence les globules rouges autour d'eux. Après l'action du phosphate de soude, si on étend la préparation de beaucoup d'eau, ces leucocytes se gonflent et leur masse incolore réapparaît de nouveau. L'action de cet agent est très-importante à constater dans l'étude de cette variété d'éléments, étude qui est souvent une des plus délicates en raison de leur petit nombre.
Prodiictio7i de vacuoles. Si au lieu de prendre les leucocytes dans les conditions précédentes, on les examine dans le sérum du sang ou de la lymphe qui viennent de sortir des vaisseaux (pi. I, fig. 3, de l à p, fig. 6, de d à h, fig. 7, e,
LEUCOCYTE. 25!)
d, et fig. 8, e, e), dans le sérum encore chaud d'un abcès à peine fluctuant (pi. lli, tig. 10,71, n), dans un mucus purulent aussitôt qu'il est retiré de la muqueuse et sans addition d'eau ou d'autres réactifs (pi. II, fig. 1 ; fig. 2, de akh, et fig. 3, de a à f), leur constitution parait d'abord toute différente. On est d'abord frappé des nombreuses variétés de forme et de volume d'un individu à l'autre, qui sont dues aux expansions sarcodiques et que nous avons déjà signalées; leur transparence est moindre et les portions de leur périphérie qui n'envoient pas d'expansions sarcodiques ainsi que toute leur masse sont plus foncées. Mais surtout, leurs granulations semblent beaucoup plus rapprochées, presque cohérentes, beaucoup moins distinctes les imes des autres et plus fines que dans toutes les autres conditions. Au bout d'un certain temps d'examen de la préparation, on voit aussi se produire dans un certain nombre de leucocytes de une à trois et même quatre petites vacuoles transparentes, incolores ou légèrement teintées en rose pâle (pi. Il, fig. 0, a, b, c, d, f). Leur contour est net, assez foncé, et on pourrait les prendre pour des corps solides tels que des noyaux, s on ne les voyait peu à peu changer de nombre, de forme, de volume et de situation dans l'épaisseur de l'élément anatomique. On n'y observe pourtant pas de noyau, ni pendant la durée des déformations causées par les mouvements des expansions sarcodiques, ni lorsqu'ils ont repris la forme sphérique après la cessation de ces phénomènes (pi. 11, fig. 2, c, d, e). Cependant l'eau les gonfle, les rend sphériques, pâles, et y fait apparaître un ou plusieurs noyaux (tîg. 2,j, k, n, o,p, a, r). L'acide acétique agit également sur eux comme sur les leucocytes pris dans toutes les autres conditions. [Voy. p. 254 et 235).
Si maintenant au lieu de prendre les leucocytes à l'état Irais le plus rapproché de l'état vivant, on les considère dans l'état cadavérique qui n'est pas encore à proprement parler l'état de destruction spontanée, ils montrent un grand nombre de particularités qui ne sont pas absolument les mêmes d'une région du corps à l'autre, ou dans la même partie selon les conditions dans lesquelles l'élément s'est produit. Ce sont ces faits qu'il s'agit d'examiner ici.
Dans le sérum du sang, ils ont repris la forme sphérique d'une manière permanente et régulière. On y trouve vers le centre généralement ou à la périphérie le plus souvent un, mais quelquefois de deux à quatre noyaux arrondis ou un peu polyédriques qui se sont formés comme nous l'avons dit plus haut (p. 233). Autour d'eux les granulations sont devenues plus apparentes, plus distinctes, et semblent plus grosses que dans les leucocytes frais ; parfois elles manifestent un mouvement brownien plus ou moins vif qui indique la présence d'une paroi distincte de la cavité.
Etats fœtal et leiiCocythémique. Chez les fœtus, jusqu'au cinquième mois et même jusqu'au septième, ainsi que dans beaucoup de cas où le sang offre l'état leucocythémiqiie, beaucoup de leucocytes présentent un diamètre qui dépasse 8 miUièmes de millimètre et qui s'élève jusqu'à 15 et 18 millièmes. Dans tous, l'état cadavérique amène la production d'un noyau de volume proportionné au leur (pL I, fig. 2^ de a à ^ et n, o). Quelquefois il s'en produit deux [d, d) et même trois. Le noyau est généralement au centre de la cellule, parfois un j^eu sur le coté {b,o). Il est ordinairement sphériqtle, plus rarement un peu irréguliet (g) ou en forme de biscuit. Ces noyaux sont tous finement granuleuXj larges de 5à 7 mifiièmes de millimètre, mais quelquefois ils atteignent jusqu'à JO millièmes de milhmètre {f, g, n). Néanmoins ils manquent de nucléole; entre le noyau et la périphérie de ces leucocytes se renconlrent de fines granulations moléculaires
240 LEUCOCYTE.
comme à l'élat normal. Quelques-uns pourtant en offrent d'assez nombreuses et assez foncées pour donner une teinte noirâtre et un aspect grenu à tout le globule. Ces leucocytes que rendent foncés leurs granulations nombreuses et assez grosses, existent en petit nombre d'une manière constante à côté des autres dans le sang et dans la lymphe de tous les vertèbres. Us y ont été décrits depuis longtemps par divers auteurs (Warthon-Jones, etc.).
L'acide acétique rend rougeàtre le noyau central des globules qui en sont pourvus. Mais ici comme à l'état normal cette teinte rougeàtre est un rouge brun ou vineux qui n'est pas analogue à la teinte propre aux globules rouges. Ces noyaux prennent en même temps sous cette influence un contour plus net, des granulations plus foncées et quelquefois une forme un peu allongée, droite ou légèrement recourbée en demi-cercle (pi. I, fig. 2, r, r). Quant à ceux qui n'offrent pas de noyaux, ils se comportent comme les globules du sang frais et normal.
Leucocytes sans noyaux. Dans le liquide jaunâtre, limpide, des séreuses, dans les kystes de l'ovaire et autres à liquide séreux, les leucocytes sont pâles, transparents, pourvus la plupart de fiues granulations seulement, quelquefois plus nombreuses à la phériphérie que vers le centre (pi. 111, fig. 2, b, c, d, e). Plus qu'ailleurs peut-être on en voit de volumineux (fig. 2, a, k, s, et fig. 6, g, h) à côté d'autres de volume ordinaire ou très-petits (e, c). Dans ces conditions cadavériques et après l'action de l'eau, après celle de l'acide acétique môme, la plupart de ces leucocytes manquent de noyau (pi. II, fig. 5, a, a, c, g ; et pi. III, fig. 2, b, c, d, e, f, h, /<.-, fig. 6, b,d, e, f, g, h, m, n, o) ou n'en présentent qu'un seul (pi. II, fig. 5, h; et pi. III, fig. 2, g, i,j, fig. 6, a) ; ce noyau est souvent très-pâle, régulier, assez large (pl. III, fig. 2, a, a), mais ne dépasse pas 5 à 6 millièmes de millimètre. L'acide acétique détermine toutefois sur un petit nombre, la production de uu, plus rarement deux ou ti-ois noyaux dans des cellules où ni les modifications cadavériques du sérum, ni l'eau n'avaient pu en faire apparaître (pl. III, fig. 2, /, m, n, o, p, q, r, s). Ce sont ces leucocytes sans noyaux ou à un seul noyau, ceux surtout qui sont pâles, qui ont reçu de Lebert le nom de globules pyoïdes. (Voy. la Synonymie, p. 225.)
Dans le pus des séreuses et des synoviales, dans la sérosité produite par des séreuses entlannnées et tenant en suspension des leucocytes qui la rendent plus ou moins trouble, plus ou moins purulente, ces cellules offrent pour la plupart comme ci-dessus les caractères de pâleur, de finesse et de distribution des granulations uniformément ou vers la périphérie, puis enfin l'absence de tout noyau qui viennent d'être décrits (pl. III, fig. 2 et 6, etpl. II, fig. 0, a, a, b, g). Pourtant on eu trouve plus que dans les sérosités limpides qui ont un ou deux et même trois noyaux (fig. 5, m, m), visibles surtout après l'action de l'eau ou de l'acide acétique {h, i, /i-, l) qui souvent en déterminant leur production leur donne une teinte jaunàtro. Il est de ces leucocytes qui sont un peu plus foncés parce qu'ils renferment j.lus de granulations moléculaires (fig. 5, b,b, n, n, g). Bientôt aussi nous verrons que dans ces conditions-là beaucoup de leucocytes deviennent trèsgranuleux.
Leucocytes sur les muqueuses. La structure des leucocytes pris à l'état cadavérique, mais non encore en voie de putréfaction, sur les muqueuses, varie assez notablement d'une de ces parties du corps à l'autre.
Ils sont assez généralement sphériques, finement et uniformément granuleux, grisâtres (pl. 111, fig. 3, de a à h), souvent pâles, comme gonflés, turgescents , dans la salive, et alors leurs granulations manifestent un
LEUCOCYTE. 241
mouvement brownien très-vif avant toute addition de liquide. Avant comme après l'action de l'eau les leucocytes pris dans la salive n'offrent qu'un seul noyau sphérique, à contour net ou quelquefois deux noyaux (/), très-rarement trois. Il en est toujours un certain nombre qui restent dans ces conditions sans présenter de noyau {b, d, g), et n'en montrent qu'après l'action de l'acide acétique. {Yoij. page 255.)
Dans le mucus vésical à l'état normal, ils sont (fig. 5, e, e) au contraire petits, resserrés, à contour net, à surface brillante et ne montrent de noyau qu'après l'action de l'eau ou après celle de l'acide acétique, ce dernier en fait apparaître trois à quatre, sans gonfler d'une manière notable le corps de la cellule (^, /;, i). Lorsqu'ils y naissent abondamment dans des conditions d'inflammation, ils offrent les caractères de ceux du pus en général ; c'est-à-dire qu'ils sont plus gros, plus granuleux que les précédents (pi. III, fig. 10, de i à s), et il s'y forme deux ou trois noyaux (p à s) après le contact de l'eau, etc. II est pourtant des conditions dans lesquelles ils présentent dans la vessie un volume considérable (0°"",012 à 0""",015) ; c'est ce qu'on voit lorsque les urines deviennent ammoniacales, alors ils sont comme turgescents, gonflés, finement granuleux. Dans la plupart aussi, il ne se produit qu'un seul noyau spUérique (pi. III, fig. 4, b, e, /", (J) ou plié en demi-cercle (a) et volumineux (0""",005 à 0'"'",007).
L'état cadavérique, sans putréfaction, des leucocytes des muqueuses nasales, trachéales et de la conjonctive n'offre pas de différences essentielles à signaler qui les distinguent notablement de ceux de la cavité buccale (pi. H, fig. 4, de Z à n, et pi. III, fig. 5). Ceux qui naissent dans les conditions inflammatoires sont plus granuleux, plus foncés et présentent en plus grand nombre trois noyaux. Toutefois dans ceux de la conjonctive, ces noyaux sont plus longs à apparaître avant l'action de l'eau ou de l'acide acétique que sur ceux des autres muqueuses. Cela tient à la viscosité naturelle du mucus conjonctival produit en même temps, car le même phénomène s'observe dans les leucocytes des crachats visqueux du catarrhe bronchique.
Les leucocytes qui pendant la pneumonie se produisent dans les canalicules respirateurs et ceux qui naissent dans l'épaisseur de la trame du poumon offrent des caractères semblables. Souvent ils sont de volume assez variable, un peu irréguliers ou nettement sphériques selon les cas (pi. III, fig. 7). Ils sont généralement assez foncés, à cause du nombre de leurs granulations qui en même temps sont fréquemment moins fines et moins arrondies que dans d'autres conditions (fig. 7, p, 0, q). Chez certains sujets, ils n'ont que un ou deux noyaux pour la plupart {t, s, p, n, b, q), chez d'autres presque tous en ont trois {k, l, m, t).
Dans l'humeur vitrée on trouve toujours un petit nombre de leucocytes, surtout pendant la vie intra-utérine et pendant les premiers temps de la vie extra-utérine. Or dans ces conditions ils sont assez gros, pâles, sphériques, pourvus ou non d'expansions sarcodiques (pi. III, fig. 10, g, h). Ils offrent de un à trois noyaux sphériques ou ovales recourbés (c, d) et de fines granulations moléculaires seulement. Or il est remarquable de voir que dans les conditions d'inflammation telles que celles dues à l'iritis, la choroïdite, on à la présence de certaines tumeurs, les leucocytes qui se produisent sont plus petits qu'à l'état normal, tous ou presque tous sans noyaux dans l'état cadavérique (pi. II, fig. 4, g, b, c, d, et pi. I(J, fig. 6, m, 71, o), et beaucoup n'en montrent pas après l'action de l'eau ni même après celle de l'acide acétique, ou il ne s'en forme que un ou deux. Ces leu-
DICT. ESC. 2* s. 11. 16
242 LEUCOCYTE.
cocytes sont quelquefois peu réguliers, à bords pâles, et leurs granulations sont très-faies.
Leucocytes des abcès. Les éléments anatomiques appelés globules du pus ne sont que les leucocytes qui naissent dans l'épaisseur des tissus, dans les interstices de leurs éléments, quelles que soient du reste les conditions dans lesquelles se passe le phénomène ; ou bien ce sont encore ceux qui naissent à la surface d'un tissu prolond mis à nu, à la surface d'une plaie en un mot, ou enfin ceux dont nous venons de nous occuper qui apparaissent à la surface de la peau, d'une muqueuse ou d'une séreuse, mais dans les conditions dites d'inflammation et en quantité assez considérable pour troubler les mucus ou les sérosités.
Déjà nous avons vu que dans le pus encore chaud, ils offrent des expansions sarcodiques et des contractions qui les déforment plus ou moins, comme des leucocytes de toutes les autres parties du corps. Lorsqu'ils ont cessé de présenter ces déformations ils deviennent sphériques, finement granuleux et sans corpuscules en forme de noyaux (pi. III, fig. 10, i, j, k, l, m). Bientôt se produisent comme premier effet cadavérique un, deux, trois ou quatre de ces corpuscules dans leur intérieur. Mais ce n'est que de vingt-quatre à quarante-huit heures, au plutôt, après leur sortie d'un abcès ou après la mort que ce fait est entièrement accompli, que ces noyaux sont visibles sur la plupart des cellules (fig. 10, p, q, r, s). C'est ainsi que se passent les choses sur les leucocytes des abcès chauds ou des plaies des tissus mous.
Mais sous ce rapport on observe de notables différences entre les leucocytes produits dans un tissu et ceux qui naissent dans un autre, ou entre ceux qui apparaissent dans un même tissu, mais sous l'influence de conditions différentes.
A la surface delà peau, par exemple, dans les pustules delà variole, du vaccin, dans le pus d'un vésicatoire, on trouve toujours un assez grand nombre de leucocytes dans lesquels ne se forme aucun noyau à côté d'autres qui en possèdent de un à trois. Les premiers sont pour la plupart plus petits et plus pâles que les autres (pi. Il, fig. 4, a, h, c, d).
Dans le pus des abcès ossifluents, dans celui des abcès froids, dans le pus trèsséreux dont la production est déterminée par la carie ou la nécrose des os, les leucocytes sont en général pâles, transparents, peu granuleux (pi. III, fig. i,j, k); quelquefois même ils sont tellement dépourvus de granulations qu'ils se présentent sous le microscope, sous forme de globules extrêmement pâles, à contour net, à centre incolore et n'offrant de granulations qu'à leur périphérie ({, l) ou dans un seul i^oint de leur étendue [h). On en trouve parfois de semblables dans le pus des synoviales produit pendant la durée d'une affection chronique des articulations. Dans ces circonstances ils ont généralement un assez grand volume (0°""jOiO à 0™™,015), et pas de noyau.
Pourtant les leucocytes du pus des abcès ossifluents et des abcès froids sont fré- ([uemment transparents, uniformément granuleux, à contour très-pâle (pi. III, fig. 4, k, k) , peu régulier quelquefois et ne montrant pas de noyau dans l'intérieur, ni après l'action de l'eau, ni après celle de l'acide acétique. Parmi ceux-ci s'en trouvent plus ou moins qui, un peu plus gros que les autres, sont parsemés de quelques granulations graisseuses jaunâtres, éparses {l, m, n, o, p), qui leur donnent au premier abord un aspect assez différent des autres.
Les leucocytes qui se produisent dans les kystes de diverses tumeurs du testicule, ou lorsque des tumeurs ou le tissu même de l'organe suppurent, sont généralement petits, à contour assez foncé; leur masse est peu transparente, parce
LEUCOCYTE. 243
qu'ils sont remplis de fines granulations moléculaires (pi. lll, fig. 2 f, g, h, i,j). Il est rare qu'un ou deux noyaux s'y forment, même après l'action de l'eau et de
l'acide acétique.
Les leucocytes qu'on trouve dans le tissu cérébral atteint de ramollissement, dans le co/osfrwm, dans le lait lorsque la mamelle est enflammée, dans les divers kystes de l'ovaire et autres, offrent encore plusieurs particularités de structure curieuses; mais leur description se rattache d'une manière si intime à celle des phases d'évolution et des altérations des leucocytes en général, que j'en parlerai seulement plus tard.
Ainsi on voit d'après ce qui précède que les leucocytes comme toutes les autres espèces d'éléments anatomiques offrent d'une région du corps à l'autre et selon les conditions dans lesquelles ils sont nés de légères différences de volume et de structure. Ces dernières portent particulièrement sur le nombre et le volume des granulations qui se produisent dans leur épaisseur, ainsi que sur le nombre et le volume des noyaux qui se forment vers leur centre dans certaines conditions. Ces différences ne s'étendent jamais assez loin pour faire méconnaître la nature de ces éléments, pour en faire disparaître les caractères spécifiques, pour qui du moins connaît les phases de leur développement. Mais elles sont suffisantes pour permettre que l'observateur qui les a étudiés dans tous les tissus ou les organes où on peut les trouver, puisse déterminer d'après ï'examen de leur aspect et de leur structure quelles sont les régions dans lesquelles ils sont nés. [Voij. Ch. Robin dans Hervé. De la cautérisation de la vessie clans les hématuries vésicales, Thèse. Paris, 1849, in-4°, p. 21.)
Altérations cadavériques delà structure des leucocytes du pus. Les modifications dont il a été question dans les pages précédentes ne tiennent qu'à un léger changement de la constitution du sérum où se trouvent les leucocytes, sérum qui agit alors sur ceux-ci, leur fait perdre quelques-uns des caractères qu'ils avaient étant vivants, mais sans qu'ils soient encore altérés à proprement parler. Or un séjoui* plus prolongé des leucocytes dans ce sérum, une altération un peu plus avancée de celui-ci sans qu'il y ait encore décomposition putride pourtant, modifie bientôt certains d'entre eux d'une manière particuhère ; sans qu'on ait ajouté de l'eau ou quelquefois seulement après cette addition, on voit se produire sur un côté du leucocyte un gonflement vésicuHforme de sa paroi propre, très-mince, incolore, transparent, tout à fait homogène. Tantôt il reste presque apphqué sur le corps de la cellule (pi. II, fig. 2, o), tantôt il s'en écarte au point de doubler presque son diamètre (pi. II, fig. 5, e, f, et pi. III, fig. 6, m, n, o, fig. 12, e, /", ry, A). Ce gonflement vésiculiforme de la paroi propre du leucocyte peut offrir plusieurs dispositions particuhères par rapport à la masse de l'élément. Quelquefois elle est sim^ plement appliquée sur une petite portion de sa surface et fait une légère saillie, à la manière d'un verre de montre (pi. III, fig. 12, d, e, g, h), de telle sorte que le contour de la dilatation s'écarte à peine de celui de la masse granuleuse de l'élément. Plus rarement elle se détache de la moitié environ de la circonférence de ce dernier et se dilate au point d'être plus large que lui (fig. G, m, n). D'autres fois l'enveloppe transparente entoure presque entièrement le reste du leucocyte qui n'adhère à la première que par une petite portion de sa surface (pi. II, fig. 5, e, f^ et pi, lll, fig» 12 e, f, cj). Le plus ordinairement le corps granuleux des éléments conserve parfaitement la forme sphérique et la netteté de ses contours (pi. II, fig. 5, e, f, et pi. m, fig. 6, m, n, o, fig. 11, d, e, fig. 12, e) ; mais parfois au contraire il est peu réguhcr, mal limité; le contenu ressemble à un amas de
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granulations appliquées contre la face interne de la dilatation vésiculiforme transparente (pi. Il, lig. 5, e,,et pi. lll, fig. 12, /', g). Enfin dans la vésicule même, remplie d'un liquide tout à fait limpide, il n'est pas rare de voir flotter quelques granulations douées d'un mouvement brownien très-vif. Ces granulations se sont manifestement détachées de la surface du contenu granuleux et s'observent même dans les cas où ce contenu est parfaitement limité (pi. 1, fig. 5, e, f).
Les altérations cadavériques des leucocytes peuvent être portées jusqu'à la destruction plus ou moins complète de ces éléments dans le pus qui a séjourné longtemps dans des cavités des os altérés sans pouvoir s'échapper, soit que le pus ait perdu son sérum pour devenir concret, soit qu'il conserve sa fluidité. Des altérations analogues s'observent aussi dans les leucocytes du pus de certaines pneumonies chroniques, dans les cavernes ou dans le détritus de la gangrène pulmonaire, dans les abcès où le pus entre en putréfaction, dans les leucocytes du sang des caillots apoplectiques ou dans ceux de diverses régions du corps dont la fibrine est en voie de résorption ou de putréfaction, etc. Dans les premières de ces conditions les leucocytes sont presque tous devenus irrégulièrement polyédriques, comme flétris, ou bien leur surface est partie sphérique, partie irrégulière; leur contour est comme dentelé, peu foncé, leur masse est pâle, tantôt peu granuleuse, ou d'autres fois renferme quelques granulations éparses. L'eau les gonfle légèrement, mais ne rend qu'à un petit nombre leur régularité et ne fait pas ap. paraître de noyau dans leur masse, car la plupart en manquent. L'acide acétique lui-même, qui les pâlit considérablement, ne met en évidence que un ou deux noyaux, rarement trois, petits, irréguliers, ordinairement un peu écartés les uns des autres, et même beaucoup de leucocytes ne montrent plus de noyaux dans ces conditions au contact de cet agent.
Dans les abcès en putréfaction, dans le pus des gangrènes pulmonaires, etc., on voit généralement de un à trois noyaux sur la plupart des leucocytes, mais ils sont irréguliers, bien qu'à contour assez foncé. La masse de la cellule est peu foncée, à contour le plus souvent très-pâle aussi, et comme dentelé; la cellule est en un mot, à sa surface rugueuse, irrégulièrement polyédrique. Quelques granulations foncées sont éparses dans la masse de la cellule ou adhérentes à sa surface. Ces éléments prennent ainsi des caractères qui les éloignent notablement de leur régularité habituelle, mais qui ne les rapproche d'aucune autre espèce d'élément anatomique. L'observation de cas de ce genre peut seule donner une idée précise des variétés d'aspects et d'irrégularités qu'ils présentent alors et qu'une description ne peut que signaler. L'eau et l'acide acétique sont nécessaires souvent pour fixer l'esprit sur la nature des corps qu'on a sous les yeux.
Leucocyte du pus de divers animaux. Chez les animaux herbivores ruminants, solipèdes ou rongeurs, etc., les leucocytes du sang et de la lymphe ne diffèrent de ceux de l'homme que par un volume un peu moindre (pi. I, fig. 3, a), tant qu'ils sont dans le sérum du sang et de la lymphe. Ces derniers se déforment et se gonflent plus rapidement et d'une manière plus prononcée que les autres. Chez les carnassiers ils sont également un peu plus petits, mais la diflérence est moins sensible et quelquefois à peine notable.
Les leucocytes du pus des abcès et des plaies du cheval sont remarquablement petits (0""%006 à 0"™,009), pâles, uniformément granuleux (pi. III, fig. o, a, h, c), quelquefois à contour un peu irrégulier. Ces mômes particularités s'observent sur le Chien, Chez ce dcj'nier, ils sont seulement souvent un peu plus gros et
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presque toujours un peu plus foncés, un peu plus granuleux (fig. 12, a, b, c) sur les uns et sur les autres. Sur le cbeval et le chien, ils sont dans le pus à peu près de iJême diamètre que dans le sérum du sang frais, mais ils sont un peu plus petits que dans la lymphe.
L'état cadavérique amène la production de un ou deux, rarement trois noyaux dans les leucocytes du Cheval, plus tard et sur un moindre nombre de cellules que chez le chien ; chez ce dernier, en outre, sur beaucoup d'entre eux, il se produit trois noyaux. Chez ces deux animaux, chez le Lapin, etc., l'état cadavérique détermine de très-bonne heure et sur un très-grand nombre de leucocytes le gonflement de la paroi propre de ces éléments sous forme d'une goutte claire (fig. 1 1 , d, e, /', g, h, i, et tlg. 12, e, f, 9), transparente, vésiculeuse, rendant ainsi presque double le diamètre de l'élément. Ce phénomène se produit chez ces animaux bien plus rapidement et sur un bien plus grand nombre de cellules que chez l'homme, ce qui, joint à leur transparence et à leur volume plus petit que chez ce dernier, donne aux préparations qui les renferment un aspect très-différent.
Du reste, l'action de l'eau et celle de l'acide acétique est la même que chez l'homme. Leur structure ne diffère pas essentiellement non plus de ce qu'elle est dans ce dernier. Ils sont aussi le siège de tous les phénomènes et des altérations morbides dont nous parlerons bientôt.
Leucocytes des vertébrés ovipares. Dans le sang des oiseaux les leucocytes sont peu nombreux. Leur volume et leur forme sont à peu près les mêmes que chez l'homme (pi. I, fig. 5). Ils eu offrent aussi tous les caractères physico-chimiques, ils sont toutefois un peu moins transparents. L'eau les gonfle et y fait apparaître un ou deux noyaux sphériques, ou bien les rend seulement plus granuleux (pi. I, fig. 5, c, d). L'acide acétique agit sur eux comme chez l'homme ; seulement presque toujours les granulations sont réunies au centre eu un seul amas large ou en demi-cercle mince ; rarement elles se disposent sous forme de deux ou trors noyaux polyédriques teintés de jaune rougeàtre et accompagnés de quelques granulations.
Ils sont formés d'une masse homogène parsemée de granuLltions dont quelques-unes allongées, brillantes, siègent ordinairement à la périphérie du globule. Les leucocytes du pus des oiseaux ne diffèrent de ceux de leur sang que par un peu plus ou un peu moins de granulations selon les circonstances dans lesquelles ils se sont produits.
Dans le sang et dans la lymphe des reptiles les leucocytes sont plus nombreux que chez les animaux dont il a été question jusqu'à présent. Ils sont sphériques, mais ils se déforment et deviennent polyédriques (pi. 1, fig. 6, deçà k, et fig. 7, b, c, d, h, g), etc., par production d'expansions analogues à celles dont il sera question plus loin et dont nous avons déjà parlé. Ces expansions sont les unes irrégulières, très-granuleuses et pouvant se séparer de la masse principale de l'élément, de manière à réduire celui-ci en deux ou trois fragments ; phénomène qui peut se manifester encore plusieurs heures après la mort de l'animal. D'autres expansions sont claires, de teinte faiblement rosée, arrondies à leur extrémité et offrent quelquefois une petite excavation ou vacuole sphérique au centre.
Leur diamètre est de 0""",010 chez les plus petits, de 0™'",015 pour les plus
gros avec des intermédiaires nombreux. Tous présentent une certaine mollesse,
ils se déforment par pression réciproque, se courbent et s'allongent contre les
obstacles.
Beaucoup de ces globules ont une teinte foncée, ce qui est dû an grand nombre
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de granulations qu'ils renferment ; d'autres moins abondants, sont très-pàles, et transparents (fig. 6, a, b, c, et fig. 7, a, b, e, f, g, h). L'eau gonfle tous ces éléments et en augmente le diamètre d'un quart, elle rend les granulations plus nettes, plus isolées; souvent elle détermine l'accumulation de toutes les granulations d'un seul côté du leucocyte dont le reste de la masse devient en quelque sorte limpide (fig. 1,1); sur d'autres elle fait apparaître vers leur milieu ou leur bord un noyau spbérique très-pàle {i, k, l). Quant à ceux qui sont naturellement très-clairs et transparents, elle en augmente beaucoup la pâleur et les dissout tout à fait si la quantité d'eau est abondante, mais lentement. L'acide acétique rend spliériques, pîdes et transparents tous ces globules et il les gonfle un peu. Il réduit le contenu à un ou deux noyaux sphériques, finement granuleux, latéraux ou centraux, larges de 4 à 6 millièmes de millimètre, toujours accompagnés d'un nuage de petites granulations. Quelquefois on trouve au contraire qu'il s'est formé trois ou quatre noyaux rangés en demi-cercle ou entassés. Ainsi tous ces globules sont formés d'une masse homogène parsemée de granulations jaunâtres, brillantes au centre à contours foncés dans les uns , grisâtres peu abondantes dans les autres qui offrent alors une bien plus grande transparence que les premiers. Ces cellules pâles ont parfois un noyau central spbérique large de 5 millièmes de millimètre environ ; quelques-unes renferment une ou deux granulations moléculaires, brillantes. 11 existe donc deux variétés de leucocytes chez ces animaux, les uns granuleux foncés, et les auti"es pâles transparents peu granuleux. Sur les batraciens on trouve ces deux variétés de globules comme chez les reptiles ; ils sont seulement plus petits, sauf peut-être les globules pâles.
Les leucocytes du pus et des muqueuses de ces animaux ne diffèrent des précédents que par un bord plus foncé, un corps un peu plus pâle dans lequel les granulations moléculaires sont un peu plus grosses, moins cohérentes et plus faciles à distinguer.
Chez les poissons osseux les leucocytes sont assez nombreux, autant ou plus que chez les reptiles. Ils ont généralement 10 millièmes de millimètre de large, mais il en est qui ont 1 ou 2 millièmes en plus ou en moins. Ils sont parfaitement sphériques, mais ils se déforment rapidement et envoient des expansions souvent très-longues. La plupart sont pâles et finement granuleux ; il en est peu d'aussi foncés que ceux qu'on trouve chez les reptiles (pi. I, fig. 8, a, b, c, d, e). L'eau agit sur eux comme sur ceux de ces derniers, et réunit les granulations sous forme de noyau spbérique, même dans les globules les plus pâles. Il reste aussi des granulations fibres élégamment groupées autour ou sur un des côtés de ce noyau. Sur ceux qui sont très-pâles on ne voit pas ces granulations, le noyau existe seul. L'acide acétique les gonfle moins que ne fait l'eau, elle coagule le contenu qui forme de un à trois noyaux généralement situés sur le côté du globule, et disposés soit en demi-cercles, soit sans ordre particulier (pi. I, fig, 8, f, g, h). La structure de ces globules ne diffère pas de celle des éléments correspondants chez les reptiles.
Chez les cyclostomes, les animocètes en particulier, les leucocytes sont plus nombreux que dans les poissons osseux ; ils ont pourtant le même volume, qui oscille entre 9 et 11 milhèmes de milh mètres. L'eau les gonfle et ne fait rassembler les granulations en forme de noyau que sur la moitié environ ; mais sur la plupart celles-ci sont douées de mouvement brownien dans le globule, ce qui indique la fluidification de la substance centrale de l'élément à la suite de l'action de l'eau. L'acide acétitjue y fait apparaîti^, dans tous ou presque tous, deux et
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quelquefois trois petits noyaux sphériques à bords nets, généralement séparés les uns des autres, rarement disposés en demi-cercle ou en groupe.
Classification, spécificité et nomenclature des leucocytes. L'analogie et souvent l'identité d'aspect extérieur des leucocytes contenus dans la lymphe, le sang, le pus, etc., l'identité surtout de l'action de l'acide acétique sur eux et sur les globules blancs pris dans le sang, montrent de la manière la plus évidente que ce sont des éléments anatomiques de même espèce. La comparaison directe des uns aux autres ne saurait laisser à cet égard le moindre doute.
L'expression de globules de pus est inexacte et devra disparaître, en tant que dénomination spécifique, puisque le même élément anatomique se rencontre dans des régions de l'économie où il n'y a manifestement pas de pus, ni les conditions de sa production ; et ce que l'on a attribué aux leucocytes (dits globules du pus), comme caractérisant le pus, doit être rapporté au sérum lui-même, de même que c'est à ce liquide et non aux éléments solides qu'il faut attribuer ses propriétés nuisibles.
Les caractères qui font que ces éléments anatomiques représentent une seule et même espèce de cellule, quel que soit le lieu dans lequel ils naissent, sont d'autre part en corrélation avec leurs propriétés, et ici la physiologie confirme eu tous points les données de l'anatomie.
On distingue anatomiquement dans les leucocytes deux variétés principales d'après le volume de ces éléments, les uns représentant les globules ou cellules proprement dits, les autres plus petits sont appelés glohuUns. La première à son tour se subdivise parfois en deux autres variétés, selon que l'état cadavérique et l'action de l'eau, etc., y amènent ou non la production d'un ou de plusieurs noyaux, ces derniers étant alors distingués, mais accessoirement, sous le nom de globules pijoides.
On a ainsi pour ces éléments trois variétés : la variété cellules à 7wyaux, la variété cellule sans noyaux et la variété dite des globulins.
On observe en outre dans les deux premières variétés que les phénomènes du développement peuvent y déterminer des modifications assez nombreuses de' volume ou de structure, mais elles sont en corrélation avec les conditions spéciales dans lesquelles ces éléments se trouvent durant leur séjour dans l'économie ; de telle sorte qu'avec telle condition donnée, comme l'inflammation, par exemple, on peut s'attendre à rencontrer telle modification déterminée. Par conséquent en tenant compte de ces conditions, comme on doit le faire dans l'examen de tous les éléments anatomiques, on ne sera point conduit à considérer ces modifications secondaires comme représentant des variétés ou même des espèces diverses; bien que leurs différences soient assez tranchées, pour qu'avec un peu d'habitude on puisse d'après l'examen de chacune d'elles, déterminer le lieu où est né le leucocyte quilcs présente. C'est ainsi que nous avons vu ci-dessus (p. 258, etc. que selon les régions où se trouvent les leucocytes, que selon les conditions, par conséquent, dans lesquelles ils sont nés, ils offrent des différences qui permettent d'en déterminer la provenance. Mais nous verrons aussi que lorsqu'à la surface de muqueuses différentes l'inflammation apporte des conditions semblables, les leucocytes cessent d'être aussi différents qu'ils l'étaient et prennent les principaux caractères de ceux qui sont nés dans un loyer purulent. Les leucocytes en un mot partagent avec tous les autres éléments la propriété de varier entre certaines bmites selon les régions qu'ils occupent, selon les conditions au sein desquelles ils sont nés et se sont développés , mais sans cesser d'être eux-mêmes, sans jamais surtout
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tendre à prendre les caraclères de quelque autre espèce d'élément analomique que ce soit, ni s'éloigner d'un type abstrait qu'on se représente facilement pour chaque espèce après un certain nombre d'observations.
Description des leucocytes de petit volume dits globnlins. Sur les embryons et lorsque le sang devient leucocythémique, les glolndins sont plus nombreux que chez l'adulte à l'état normal, mais ils sont loin de lêlre dans la même proportion que les cellules. Cette petite proportion fait qu'ils passent inaperçus dans ijeaucoup d'observations, ou que souvent on ne peut les retrouver dans les caillots et dans les régions, où le sang est épanché, bien que pourtant les autres variétés s'y rencontrent.
Ces dernières particularités tiennent aussi à leur petit volume ; celui-ci est toujours moindre que celui des globules rouges de un quart ou même de moitié suivant les espèces. Ils ont en général, tant chez l'homme que chez les mammifères domestiques, 4 millièmes de millimètre. Beaucoup n'ont que 3 millièmes; quelques-uns en atteignent 5 ; chez les herbivores et sur le fœtus humain ds ont presque tous ce dernier diamètre, que fort peu dépassent de un demi-millième au. plus. Dans le sang leucocythémique, il en est aussi un certain nombre qui atteignent 5 et 6 millièmes de millimètre.
Les globulins sont tout à fait sphériques, rarement un peu polyédi^iques. Leur contour et par suite leur surface sont nets, non dentelés, ni rugueux, ce qu'on peut constater lorsqu'ils roulent lentement dans le champ du miscroscope.
Un phénomène physique, particulier à beaucoup de granulations ' incluses, a fait dire qu'ils sont hérissés à leur surface, etc. Ils sont grisâtres, très-transparents, à bords nets et pâles ; mais les granulations qu'ils renferment, bien que petites, sont foncées et apparaissent comme en relief- d'oi!i la teinte générale grisâtre du globule et l'aspect rugueux de la surface, aspect d'autant plus prononcé que le grossissement employé est plus faible. Alors en effet la substance pâle homogène interposée aux granulations cesse d'être visible, en quelque sorte, à côté d'elles.
Les globulins sont visqueux à leur surface, en sorte qu'ils adhèrent au verre, bien que d'une manière moins tranchée que les gros globules blancs. Outre ceux qui existent dans les amas de matière amorphe, il en est qui adhèrent ensemble au nombre de dix à trente ou environ et constituent ainsi des amas particuliers, qui reconnaissent pour première cause la viscosité des globules. Ces amas sont rares du reste et se rencontrent plus souvent sur les fœtus d'herbivores, que chez d'autres animaux.
C'est sans doute à leur viscosité ou peut-être à leur petit volume qu'est dû ce fait que chez les animaux sur lesquels on étudie la circulation, ces petits éléments adhèrent aussi à la face interne des parois du capillaire çà et là entre les leucocytes de la variété cellule dont on voit quelquefois une certaine quantité avant de rencontrer un ou deux noyaux, qui s'en distinguent facilement par leur petit volume.
L'acide acétique, en agissant sur les globulins, tantôt les resserre seulement un peu, rend leurs bords plus foncés, tantôt il détermine en eux une modification, qui les amène à ressembler beaucoup aux noyaux qu'il produit dans les leucocytes de la variété cellule (pi. I, fig. 2, q, r, s). Sous l'influence de cet agent on les voit en effet se rétrécir un peu, prendre des bords plus foncés, et devenir comme un peu rougeâtres vers la partie centrale. En même temps quelques-uns d'entre eux offrent une sorte d'incisure vers leur partie médiane, qui les divise incomplètement en deux, ou bien qui les fait paraître comme recourbés en un fer à cheval à
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brandies rapprocliées. 11 en est sur lesquels cette incisure peut aller jusqu'à les diviser eu deux ou en trois parties distinctes, lesquelles toutefois restent agglutinées ensemble, comme les noyaux des leucocytes proprement dits, mais avec un volume moindre toutefois. Dans tous les cas, un examen attentif à l'aide d'un grossissement suffisant permet de reconnaître la substance du corps de la cellule, devenue très-pàle, restée très-petite et comme appliquée sur le noyau ou sur les noyaux précédents, dont elle est bien moins écartée c^ue lorsqu'il s'agit des leucocytes ayant tout leur volume.
Ainsi en général, c'est après l'action de l'acide acétique seulement, que l'on peut constater que certains de ces éléments, qu'on aurait pu prendre d'après leur volume pour des noyaux libres, étaient de petites cellules daus lesquelles l'acide détermine l'apparition d'un ou deux noyaux semblables à ceux des autres leucocytes, et entourés d'un corps de cellule très-petit presque appliqué sur le noyau ou amas central de granulations, tandis que l'eau gonfle au contraire le corps de la cellule.
C'est à cette variété des leucocytes que ressemblent les éléments qui existent en quantité variable d'un vaisseau à l'autre sur un même sujet, dans la cavité de la gahie perivascnlaire des capillaires cérebro-rachidiens (Ch. Robin, Journal de la physiologie, 1859). Toutefois ces éléments qui sont plus petits c{ue les épithéliums nucléaires des ganglions lympatbiques ne sont pas attaqués par l'eau et. par l'acide acétique comme les globulins. Quoiqu'd en soit, ds se rencontrent aussi abondamment dans ces gaines sur les suppliciés et chez les animaux domestiques bien portants et tués rapidement que sur l'homme mort de maladie ; ce fait suffit pour démontrer que ces éléments ne sont pas le produit d'une altération vasculaire comme l'ont prétendu quelques auteurs d'après des observations faites sur l'homme mort de maladie seulement. [Voy. Hayem. Thèse 1868, p. 24.)
Chez les oiseaux, ces petits leucocytes ressemblent beaucoup à ceux de l'homme. Ils ont de 4 à 5 millièmes de millimètre de large. Ils sont peut-être un peu plus uniformément granuleux. Cliez eux, chez les pigeons entre autres , on en trouve beaucoup dans la veine porte qui sont réunis en amas, englobant un ou plusieurs de ces éléments de la variété cellule et même des hématies. Le sang de la veine porte renferme ici plus de globulins que celui des autres parties du corps. L'acide acétique agit comme chez l'homme et met en évidence les fines granulations du globule.
Chez les reptiles et les batraciens , ces leucocytes sont un peu plus gros et un peu plus granuleux que dans les oiseaux. Ils ont de 0""",005 à O^^jOO?. On peut constater sur l'animal vivant, à un grossissement de 300 diamètres réels, que les globulins interposés aux globules blancs à la ûice interne des capillaires ont bien les mêmes caractères que ceux qui sont dans les lymphatiques accompagnant ces vaisseaux sanguins.
Les globulins sont un peu plus nombreux dans le sang des lézards que dans celui des couleuvres.
Cliez les poissons , les leucocytes de cette variété ont 4 à 5 millièmes de millimètre. Ils atteignent rarement 6 millièmes. Us sont par conséquent plus petits que dans les reptiles. A part cela, ils olfrent les mômes particularités de réaction et de structure que chez les animaux dont il a été question précédemment. Sur les cyclostonies , les aminocètes particulièrement, ils offrent les mêmes caractères; leurs granulations un peu plus nombreuses sont très-nettes et ils sont plus nombreux que sur les autres poissons.
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Les petits leucocytes ou globulins sont peu nombreux chez les invertébrés; toutefois on en rencontre sur les arachnides, les crustacés, les mollusques et les anuclides. On sait en effet que les globules du sang de ces animaux et des insectes sont uniquement des leucocytes tant sphériques que lenticulaires. Us sont analogues à ceux du sang et de la lymphe des vertébrés au point de vue de leur aspect, de leurs modifications cadavériques, réactions chimiques, de leur structure, de leurs déformations par production d'expansions sarcodiques, ainsi que l'ont depuis longtemps fait connaître et représenté divers auteurs et particulièrement Warthon-Jones (The Blood-corpuscle in the animal séries. Philosophical Transactions. London, 1846, in-4^ part. 2, p. 65 et suiv., pi. 1 et 2).
Bes diverses espèces d'éléments qui ont été confondues avec les leucocytes. Il est plusieurs espèces d'éléments anatomiques qui ont été considérés comme semblables aux leucocytes et qu'à l'époque actuelle même divers auteurs regardent comme semblables à eux, ne pouvant en être distinguées et formant une seule et même espèce d'éléments, anatomiquement et pbysiologiquement, devant par conséquent recevoir le même nom.
1° hes celhdes embryonnaires ou de la tache embryonnaire, c'est-à-dire formant par leur réunion les feuillets de la tache embryonnaire du blastoderme sont les premières dont nous ayons à nous occuper ici. Elles ont au premier coup d'œil quelque analogie avec les leucocytes quant à leur aspect extérieur et leur vohune. On peut parfois les trouver réunies dans une même préparation des tissus des très-petits embryons, lorsque les leucocytes du sang épanché sont mêlés à des cellules embryonnaires dissociées.
Les caractères qui permettent de distinguer ces deux espèces de cellules sont les suivants :
Les cellules embryonnaires sont un peu plus grosses que les leucocytes. Elles sont polyédriques sur les pièces fraîches et ne donnent jamais des expansions sarcodiques ou auribiformes. Isolées elles deviennent un peu sphéroïdales, mais avec des angles mousses et non régulièrement sphériques ; leur contour est plus foncé que celui des leucocytes. Qu'elles soient tout à fait fraîches ou non, elles offrent un et rarement deux noyaux avant l'action de tout réactif, noyaux moins transparents, plus larges et moins réguliers que celui ou que ceux dont l'état cadavérique amène la formation dans les leucocytes.
Les granulations interposées entre le noyau et le contour des cellules embryonnaires sont plus volumineuses et plus foncées que dans ces derniers. Le contact de l'eau ne détermine pas de mouvemeut brownien de ces granules comme sur ceux des leucocytes, bien qu'il gonfle un peu tes premières et les rende assez régulièrement sphériques.
Cet ensemble de caractères établit déjà entre ces deux sortes d'éléments des différences qu'il est facile de constater avec un peu d'habitude de cet ordre d'examen. Enfin, l'action de l'acide acétique établit une différence tranchée entre eux. Il ne fait que pâlir le corps des cellules embryonnaires, sans le dissoudre ni le rendre aussi pâle et aussi peu perceptible que sur les leucocytes ; il ne fait que l'csserrer un peu et rendre plus foncé le noyau des cellules embryonnaires qui, après Comme avant l'emploi de cet agent, reste unique dans chaque cellule, ou double s'il y en avait deux. Or, on sait que dans les leucocytes, l'acide acétique resserre, fait se recourber en fer à cheval, ou fait paraître comme incisés les amas nucléiformes qui se sont formés sous l'influence de l'eau ou de l'altération cadavérique, et en fait apparaître de deux à quatre bien plus petits et plus irréguliers
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qufi ceux des cellules précédentes, quand les leucocytes n'ont pas encore été ainsi modifiés.
Il n'est pas mutile de bien spécifier qu'il s'agit ici de la distinction de deux espèces d'éléments analomiques ayant forme de cellules, dont l'un porte le nom de cellules embryonnaires, en raison de sa prédominance dans l'organe blastoderraique appelé f«c/ie embryonnaire, mais qu'il ne s'agit pas encore de l'hypothèse dont les fauteurs donnent le nom de cellules embryonnaires aux leucocytes, en raison de ce que, suivant eux, les leucocytes du pus comme ceux du sang et de la lymphe pourraient se transformer en toutes sortes d'éléments anatomiques, même en ceux des os, et seraient par conséquent des cellules représentant l'état embryonnaire de ces aufres éléments. Cette spécification est importante à faire, nonseulement parce que rien dans les faits ne justifie la supposition précédente, mais parce que ceux qui l'ont émise n'ont jamais comparé entre eux les leucocytes et les cellules formant les feuillets de la tache embryonnaire.
2° Les leucocytes offrent, au premier coup d'œil, de véritables analogns de forme, de volume, et de teinte grisâtre avec les niédulloceUes . H est des auteurs qui s'en tiennent à ces seuls caractères pour déterminer la nature des éléments anatomiques sans recourir à l'examen de ceux qui, bien plus importants, concernent leur structure propre et leur composition immédiate, que révèlent en partis leurs réactions chimiques. Aussi, ces auteurs ont-ils été amenés à considérer les deux espèces précédentes d'éléments comme n'en constituant qu'une seule, c'està-dire les méduUocelles et les leucocytes comme identiques, ou en d'autres termes les éléments qu'on trouve dans la moelle des os comme étant des cellules de la nature des corpuscules du pus, (Virchow, 1858.)
Les différences pourtant sont frappantes entre ces deux espèces d'éléments, et d'abord en ce que, à l'état frais, les méduUocelles ne donnent pas d'expansions sarcodiques comme les leucocytes. De plus, tandis que dans ces mêmes conditions les méduUocelles montrent un ou deux noyaux a^ec la même netteté que plus tard, les leucocytes n'en possèdent pas, et il ne s'en produit en eux que sous l'iu' fluence de l'eau ou des modifications cadavéï'iques qu'ils subissent.
De plus, beaucoup de méduUocelles ont une forme un peu polyédrique, que l'eau ne fait pas disparaître. Bien que ce liquide les rende un peu plus transparentes, il ne les gonfle pas et ne détermine pas l'apparition du mouvement brownien de leurs granulations, comme il le fait pour les leucocytes, et cela que les uns ou les autres de ces éléments soient à l'état frais ou non. Enfin, l'acide acétique, dans les unes ou les autres de ces conditions, ne fait jamais apparaître de deux à quatre petits noyaux au sein des méduUocelles; aussi son action permet-elle de distinguer les uns des autres ces éléments lorsqu'ils sont mélangés. Ce réactif pâlit en effet le corps de la cellule bien plus lentement qu'il ne pàht sur les leucocytes, en laissant intact son noyau, ou ses noyaux quand il y en a deux ; il les resserre toutefois un peu, et rend leur contour plus net, mais il ne leur donne pas une teinte rougeàtre, et il ne détermine pas sur eux une sorte d'étranglement en forme d'incisure, comme il le fait sur les amas nucléiformes des leucocytes, dont la production a été amenée antérieurement par l'eau ou par l'altération cadavérique.
Notons enfin que dans les tumeurs ayant pour point de départ la moelle des os, qui renferment des méduUocelles et dans celles particulièrement qui ont pris l'aspect encéphaloïde, on peut constater l'existence de méduUocelles à toutes les phases d'une hypertrophie souvent considérable, avec ou sans production de nucléoles dans les noyaux hypertrophiés, faits dont nul élément, offrant les carao-
252 LEUCOCYTE.
lèrcs dos leucocytes, n'offre d'exemple en aucune région de l'économie tant à l'état normal qu'à l'état pathologique;
3° Les épithéliums nucléaires des ganglions lymphatiques, ceux de la rate, du thymus et de la thyréoïde ont quelques analogies avec les leucocytes, sous le rapport de l'aspect extérieur résultant de leur forme, de leur volume, de leur couleur, et de leur état finement et uniformément grenu. Un certain nombre aussi de ces épithéliums présente, après qu'on les a isolés, un corps ou masse de cellule trèspetit, qui est comme appliqué sur le noyau, et qui s'en écarte un peu en se gonflant par altération cadavérique ou après l'action de l'eau.
Aussi ces éléments ont-ils été considérés comme n'étant pas des épithéliums, mais bien des cellules de même nature que les leucocytes de la lymphe, du sang, du pus, etc., comme étant de même espèce qu'eux et les glandes lymphatiques, etc., ont été regardées comnje étant les organes formateurs ou sécréteurs de ces éléments; au fur et à mesure qu'a lieu leur production ceux-ci tomberaient dans les lyftphatiques ou dans les veines.
Il est pourtant difficile de comprendre qu'une pareille confusion ait pu être faite en présence des différences si tranchées et si iaciles à constater qui séparent ces deux espèces d'éléments. Indépendamment de ce que ces épithéliums ont un volume assez uniformément le même et plus petit de 2 à 4 millièmes de millimètre que celui des leucocytes, ils se distinguent aisément de ces derniers à l'état frais, en ce qu'ils ne présentent jamais de déformations ni d'expansions sarcodiqaes. L'état cadavérique et l'eau ne les modifient pas. Us ne font que gonfler un peu le corps de cellule très-pâle appliqué sur quelques-uns de ces noyaux, quand toutefois le fait existe, car il n'est pas très-commun dans les ganglions sains; mais il ne tait jamais apparaître le mouvement brownien de granulations moléculaires incluses dans l'élément anatomique.
Les faits précédents et les suivants sont d'autant plus importants à signaler, que les rapports des capillaires lymphatiques avec les épithéliums nucléaires réunis en groupes ou amas dans la trame réticulée de la portion centrale des ganglions sont tels, qu'il n'est pas impossible que, dans certaines conditions morbides, la mince pai^i vasculaire se rompant, il ne tombe de ces noyaux d'épithélium dans la lymphe. Entraînés dès lors avec ce liquide, ils peuvent, si ce fait a lieu, être retrouvés dans le sang et circuler avec ses autres éléments. Mais avant que ce fait fût admis comme fréquent, sinon comme habituel, il serait nécessaire de voir si ces noyaux se trouvent mêlés aux leucocytes dans le réservoir de Pecquet ou dans le canal thoracique, et cela en particulier sur les individus morts leucocythémiques avec hypertrophie ganglionnaire ou non ; ordre de recherches qui n'a pas encore été fait.
L'acide acétique resserre un peu ces noyaux, rend leurs contours plus nets, plus foncés, moins réguliers, quelquefois comme un peu incisés sur un ou deux points, et il rend leur centre un peu plus clair qu'il n'était. Jamais il ne rend la masse de l'élément pâle et plus grosse qu'elle n'était, pas plus qu'il n'y fait apparaître de deux à quatre noyaux ou amas nucléiformes.
Ces diverses actions permettent aussi de distinguer sans grande peine les leucocytes de ces épithéliums nucléaires lorsqu'ils sont mélangés dans les cas d'adénites, etc. Ces actions montrent en toutes circonstances qu'ils ont les caractères de difficile altérabilité, et antres, propres aux noyaux en général, aux épithéliums nucléaires en particulier, et aucun des caractères que possèdent les leucocytes, lors même qu'il s'agit des leucocytes très-petits, comme ceux de la vessie ou de
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ceux qui, en voie de se iormer sur une plaie récente, etc , n'ont pas encjre leurs dimensions habituelles. Enfin, sur aucun de ces noyaux, ces réactifs ne font apparaître des modifications telles qu'il soit possible de les considérer comme présentant certains caractères des épithéliums, unis à certains de ceux des leucocytes, comme étant des noyaux d'épithéliums surpris au milieu de quelqu'une des phases de leur passage à l'état de leucocytes.
Les faits qui précèdent s'appliquent du reste en tous points aux cas dans lesquels des noyaux uniques ou multiples hypertrophiées ou non dans des cellules plus ou moins modifiées de l'épithéhum des muqueuses ou des séreuses eullanimées, ont été considérés comme des leucocytes du pus en yoie de formation endogène par scission continue et métamorphose du noyaux de ces cellules.
Pour achever d'exposer les difiérences qui existent entre les leucocytes et les épithéliums nucléaires, différences qui infirment formellement l'hypothèse de l'identité ou même des analogie? de ces deux espèces d'éléments, il importe de noter encore les faits qui suivent. D'une part, on voit, dans un grand nombi^e de lésions, des glandes lymphatiques [adénies, etc, , voy. Lymphatiques (Maladies)] thyréoïde et splénique, leurs épithéhums nucléaires dépasser graduellement par hypertrophie leur volume normal (0"'™,006), pour arriver à des dimensions doubles et triples, en même temps qu'ils deviennent moins grenus, et qu'un ou plusieurs nucléoles brillants, plus ou moins gros, se produisent en eux. Et ces modifications qui sont les mêmes que celles qu'on voit survenir aussi sur les épithéliums, nucléaires ou non, de diverses autres glandes ne sont jamais présentées par les leucocytes dans quelque condition que ce soit.
D'autre part enfin, comme bien d'autres épithéliums nucléaires, ceux des glandes lymphatiques passent souvent dans des conditions accidentelles à l'état d'épithéliums cellulaires polyédriques, par production entre eux de matière amorphe et segmentation de celle-ci autour de ces noyaux comme centre, avec ou sans hypertrophie de ces derniers. Or les leucocytes ne montrent jamais quoi que ce soit de semblable.
Les données qui précèdent montrent nettement l'importance qu'il est nécessaire d'attacher à la comparaison des faits accidentels ou morbides aux faits normaux, toutes les fois qu'il s'agit de déterminer la nature réelle des éléments anatomiques et de juger les questions de relations de similitude onde succession que certains peuvent offrir eu égard aux autres.
Le mode d'individualisation des cellules épithéliales, les phases de leur évolution, les caractères physiques et chimiques du noyau ou des noyaux de chacune d'elles à l'état normal ou dans les cas d'inflammation, ceux du corps de la cellule qui entoure celui-ci, montrent de la manière la plus nette combien sont grandes les différences qui séparent les épithéliums des leucocytes, à quelque période de leur développement que ce soit. Ils montrent par suite que ces derniers, à la surface des muqueuses, etc., {corpuscules muqueux, globules de jnis, etc.), ne sont nullement une provenance des noyaux, et qu'ils ne sont pas non plus de jeunes cellules épithéliales détachées des couclies profondes, contrairement à une opinion erronnée encore fort répandue parmi ceux qui jugent de la nature des éléments anatomiques et qui les nomment d'après des idées pi'éconçues et non d'après la connaissance de leur origine et de leur constitution.
Prépeiration des leucocytes. Pour observer ces éléments dans le sang et dans la lymphe, il suffit de placer une goutte de ces liquides entre deux lames de verre ; sans addition d'eau si l'on vent en constater les caractères réels. Peu nombreux
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dans l'un et l'autre de ces liquides, il faut souvent les chercher dans telle partie de la préparation plutôt que dans telle autre. Ce que nous avons appris de l'action de l'eau sur les leucocytes et des modifications que leur fait subir l'état cadavérique suffit pour faire sentir dans quelles conditions il faut se placer pour étudier ces éléments, non-seulement dans les humeurs précédentes, mais encore dans les mucus, dans les sérosités purulentes ou non, dans le pus, etc. Autrement on les voit déjà modifiés par l'influence des sérums, quelque peu altérés que soient ceux-ci. (Comparez les fig. 1, 2 et 3 de la pi. II aux fig. 4 et 5.)
Les leucocytes des tissus se préparent comme les éléments de ces tissus eux-mêmes, ou mieux c'est en cherchant à isoler ces derniers et à les observer qu'on sépare les leucocytes et qu'on en constate l'existence. 11 faut souvent alors, pour les distinguer, donner une grande attention à l'examen de la préparation, parce que leur petit nombre fait qu'ils sont en quelque sorte perdus au milieu des éléments fondamentaux du tissu. Comme les préparations de ces tissus se font dans l'eau, c'est toujours tels qu'ils sont après l'action de ce liquide qu'on y voit les leucocytes.
Dans le pus concret il faut dissocier les leucocytes agglomérés en délayant la substance dans l'eau. Comme ils sont déformés par pression réciproque, etc., le léger gonflement que leur fait éprouver ce liquide tend à les rendre plus facilement reconnaissables.
Une fois placés entre les deux lames de verre et suffisamment observés, il suffit, pour étudier l'action des réactifs sur eux, de faire ghsser entre les deux lamelles l'eau, l'acide acétique, la glycérine, etc., dont on a placé une goutte près des bords de la lame mince.
Physiologie des leucocytes. De la naissance des leucocytes. Les leucocytes naissent dans toutes les régions de l'économie oii nous avons vu qu'on les rencontre normalement, savoir : dans les capillaires, dans le corps vitré, à la surface de toutes les membranes muqueuses et cutanées, de toutes les séreuses, dans les conduits excréteurs de diverses glandes, etc. Ils apparaissent aussi dans un grand nombre de circonstances morbides, comme par exemple dans toutes les cavités accidentelles, telles que les kystes et dans l'épaisseur de tous les tissus mous, surtout vasculaires ; mais il en naît aussi dans ceux qui ne le sont pas, tels que l'épaisseur de la cornée sans qu'elle soit devenue vasculaire, les culs-desac glandulaires tels que ceux de la mamelle, etc.
On voit que les conditions générales de la naissance de cette espèce de cellules sont, non pas très-nombreuses, mais se rencontrent à un degré plus ou moins prononcé dans des régions très-variées et de dispositions anatomiques très-différentes, que ces éléments naissent et se développent rapidement.
Il n'est point nécessaire qu'il y ait inflammation pour que naissent ces éléments. Il est vrai que, dans le cas où le phénomène a heu, ils apparaissent en quantité considérable et rapidement ; qu'alors par conséquent les conditions nécessaires à la production du blastème qui fournit les matériaux de leur production sont plus favorables que toute autre circonstance ; mais le fait est que l'inflammation n'est pas la condition indispensable de la naissance des leucocytes du pus. {Voy. Blastème.) La seule énumération des régions de l'économie oii se rencontre cette espèce d'éléments anatomiques suffit pour démontrer le fait précédent, puisque dans la plupart de celles oîi on en voit nul phénomène inilammatoire n'existe, puisqu'on les trouve normalement dans le sang, etc. ; puisque ceux qu'on rencontre à la surface des muqueuses normales sont semblables à ceux qui
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existent dans le pus de ces mêmes membranes, sauf des différences insignifiantes. Si donc les phénomènes de l'inflammation sont une des conditions les plus favoi"ables à la naissance de ces éléments anatomiques, ils n'en sont point la seule ; les leucocytes ne doivent par conséquent pas être considérés en eux-mêmes comme MU produit de V inflammation.
On ignore encore quelle est la substance organique du sang, de la lymphe ou des blastèmes qui, par catalyse isomérique passe à l'état de substance organique fondamentale des leucocytes.
L'existence des leucocytes dans le sang de l'embryon à une époque oii les lymphatiques manquent encore, leur présence dans le sang des invertébrés dépourvus de système lymphatique montre qu'il en naît dans les vaisseaux sanguins, et que chez l'embryon les articulés et les mollusques, du moins, ceux du sang ne, proviennent pas nécessairement de la lymphe.
Leur présence dans le canal thoracique à tous les âges montre qu'il en naît pendant toute la vie dans les lymphatiques, puisque ceux de ces derniers arrivent dans le sang avec la lymphe. Comme on trouve des leucocytes dans les réseaux et les conduits lymphatiques, du pied, du testicule (Ch. Robin dans Atlee. Lectures on the Bloocl Philaclelphia, 1854, in-12, p. 174 et 176, Kœlliker, 1855), etc., avant leur arrivée aux ganglions correspondants, il est manifeste aussi que ce ne sont pas ces derniers organes qui seraient spécialement chargés de les former, et qu'ils naissent dans le liquide même qui les charrie, dans toutes les parties du système lymphatique probablement. C'est du reste d'après une hypothèse contredite par les faits les plus élémentaires que celle qui a pu faire admettre que produire cette espèce d'élément anatomique était l'usage, le rôle que tel ou tel organe pourrait être appelé à remplir.
Leur naissance dans des conditions qu'on peut dire normales et incessamment renouvelées dans la cavité des vaisseaux comme à la surface des muqueuses, leur présence dans le corps vitré, au moins des jeunes sujets, leur production accidentelle à la surface des séreuses, de la peau dénudée, dans les interstices des fibres ou des cellules des tissus, sont autant de faits qui, avec les précédents prouvent que ces éléments anatomiques naissent d'après le mode dit de genèse ■ qu'ils peuvent naître au même titre que les éléments anatomiques des tissus, et qu'ils ne sont pas produits et fabriqués en quelque sorte par tel ou tel oro-ane spécial, comme les glandes lymphatiques par exemple.
Dans les régions où naissent naturellement les leucocytes peuvent se trouver parfois des conditions qui en amènent l'hypergenèse. De même que pour les éléments des tissus on voit souvent dans des parties du corps où n'existent pas normalement ces cellules se montrer les conditions de leur génération, de même cette aberration dans la genèse des leucocytes est fréquente dans la profondeur de tous les tissus, et ce sont les leucocytes nés dans ces conditions anormales qui ■ ont reçu le nom de globules de pus.
Ainsi cette espèce de cellules ne fait pas exception aux faits généraux d*hypet'genèse et d'erreur de lieu dans de phénomènes de naissance; {Voy. Éléments anatomiques.)
Dans le sailg et dans la lymphe les conditions spéciales de l'hypergenèse des leucocytes sont mal déterminées. Le résultat de celle-ci est la multiplication de ces derniers qui peut aller jusqu'à détermmer l'état dit leucoojthémiqiie du sang. C'est ce que l'on observe dans plusieurs maladies diathésiques, dans divers états de cachexie tels que ceux causés par les fièvres intermittentes ou autres, ordinaire-
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ment avec hypertrophie de la rate ou des ganghons lympliatiques, mais pouvaiit exister sans cela. L'hypergenèse des leucocytes s'observe aussi dans les fièvres typhoïdes, les dysenteries, dans les cas dits d'infection purulente, de fièvre puerpérale et autres affections analogues, mais atteint rarement assez d'intensité poiï arriver jusqu'à produire la leucocythémie.
A la surface des muqueuses et des séreuses les conditions indirectes de l'hypergenèse des leucocytes sont la congestion ou l'inflammation de ces membranes ; les conditions directes sont la production d'un blastème dont la nature intime est encore inconnue. Le résultat de ce phénomène est la multiplication des leucocytes, pouvant ou non aller jusqu'à colorer le mucus ou la sérosité produite par ces membranes ou par leurs glandes.
A la surface de la peau et dans l'épaisseur des tissus les conditions indirectes de la genèse des leucocytes sont souvent, mais non toujours, ce trouble de la circulation des capillaires appelé inflammation, et les conditions directes sont la production d'un blastème dont le sérum du pus représente en quelque sorte l'excédant. Le résultat est la naissance de leucocytes en quantité parfois assez considérable pour produire des tumeurs liquides, au même titre que l'aberration dans la genèse des autres espèces d'éléments amène la formation de tumeurs solides .
Ainsi les leucocytes comme les autres espèces d'éléments anatomiques peuvenî naître en des points de l'économie où ils manquent normalement, tels que l'épaisseur des solides et cela dans des conditions qui se produisent facilement. Ce fait est l'origine de la production des tumeurs liquides connues sous le nom d'abcès comme l'hypergenèse et la genèse avec erreur de lieu des éléments propres aux tissus de l'économie sont le point de départ des tumeurs solides. Ces éléments partagent aussi avec tous les autres les propriétés de ronger et â! envahir les tissus voisins, c'est-à-dire que loKsqu'ils se multiplient considérablement en un point de l'économie où ils n'existaient pas dans l'épaisseur d'un organe, ils en écartent, en distendent, puis en compriment les fibres, etc., déterminent l'atrophie de celles-ci et en prennent peu à peu la place. C'est ainsi que s'opèrent la formation du foyer de l'abcès, sa migration parfois et peu à peu son ouverture dans une cavité naturelle ou au dehors. Cet envahissement par le pus des tissus qui l'avoisinent ne diffère pas essentiellement du phénomène analogue offert par les tumeurs sohdes; il s'opère d'après les mêmes lois, seulement il s'accomplit plus rapidement, comme aussi la genèse, et le développement des leucocytes sont plus rapides que ceux des espèces d'éléments qui entrent dans la constitution de ces tumeurs.
Les conditions nécessaires à la genèse des leucocytes se rencontrent encore dans l'épaisseur de certains solides, avec cette particularité qu'ils naissent sans qu'il y ait en même temps production d'une grande quantité du fluide appelé sérum du pus, qui entre communément pour 75 p. 100 dans la composition du liquide des abcès. Ils sont alors interposés directement aux éléments des tissus dont il s'a^^it (voy. p. 227) ou, selon les cas, plongés dans la matière amorphe qui fait partie de ces tumeurs. C'est ce dont offrent des exemples certaines tumeurs demitransparentes delà coxmç.,\Q's, tubercules auaiojîifçî^es, quelques tumeurs, molles, rougeàtres, vasculaires, qui se produisent à l'extrémité de la racine des dents cariées, beaucoup d'épithéliomas, etc.
En outre on peut voir au sein des épithéliomàs des mâchoires, de la peau, du rectum, du gland, du col de l'utérus, etc., les leucocytes naître dans le li-
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qnide qui remplit les cavités des cellules épithéliiilcs qui se sont creusées d'excavations ou vaciToles {voij. pi. 1, fig. 9) au mcrae litre qu'il en naît dans les interstices même des éléments de quelque tissu que ce soit, les conditions étant là ni plus ni moins favorables dans les cavités de ces cellules qu'au dehors. Ces leucocytes restent généralement un peu plus peLits que ceux qui sont libres dans les mêmes tumeurs et un peu moins réguliers, surtout lorsqu'ils sont culasses les uns sur les autres (/, m); mais ils réagissent de la même manière au contact de l'acide acétique (e, f); ils peuvent naître en quantité assez considérabh pour combler la cavité qui s'est produite dans le corps des cellules épithéliales (/, m, o), comme aussi ils peuvent ne la remplir qu'en partie {a, h, c, d eih, i,j, k). C'est généralement dans les plus grandes cellules que le fait s'observe non-seulement chez l'homme, mais fncore sur le bœuf, le chien, etc.
On en constate aussi la présence dans quelques cellules épithéliales devenues deux à trois fois plus grandes que les autres, sphéroïdales, vésiculeuses, soit dans les pustules vaccinales et varioliques, soit dans les séreuses enflammées, etc. C'est dans des circonstances de ce genre qu'on a considéré les leucocytes comme provenant du noyau de ces cellules épithéliales par division prolifiante de ce dernier, et transformation de ces noyaux en cellules du pus. Mais ici, on constate souvent la présence d'un noyau, hypertrophié ou non, dans la substance de cellules dont une ou plusieurs vacuoles sont pleines de leucocytes dont l'acide acétique permet de déterminer nettement la nature; car il n'est pas rare de voir sur des muqueuses et des séreuses enflammées et dans la muqueuse utérine de la femme, des lapines ou autres rongeurs, pendant la grossesse, des cellules épithéliales qui, au lieu de leucocytes, contiennent deux noyaux ou un plus "rand nondjre de noyaux, sphériques ou non, que leurs réactions montrent bien ne pas être des leucocytes malgré qu'ils en aient quelquefois la forme et le volume. D'autre part enfui, comme dans tous les cas où l'on a admis la formation des leucocytes attaquables par l'eau et par l'acide acétique aux dépens de novaux inattaquables par ces agents plusieurs données manquent pour qu'on puisse admettre cette hypothèse. Il reste encore à démontrer: 1" le fait même de la division du noyau en plusieurs corpuscules successivement, ou de ceux-ci en leurs semblables dans la cellule épithéliale ; 2° il reste réellement à donner la preuve, par la description d'essais faits dans ce but sur ces cellules épithéliales, de la production gemmipare ou tissipare de eellules que l'eau et l'acide acétique attaquei'aient à l'aide et aux dépens d'un noyau que ces agents ne modifient pas; car jusqu'à présent, ces expériences n'ont pas été faites, tandis que toutes les observations connues et faciles à répéter mettent en évidence les différences existant entre ces éléments dès leur apparition. Quant à la transformation directe (soit lente, soit aussi rapide qu'elle devrait être ici) des noyaux épithéliaux inattaquables par l'acide acétique, etc., en cellules solubles dans ce réactif, aucun fait expérimental connu ne la prouve, et tous la contredisent.
Les seules régions de l'économie dans lesquelles on ait pu suivre les phénomènes de la naissance des leucocytes sont la surface dénudée de la peau et la surface des plaies.
Ces phénomènes sont les suivants. Lorsqu'à la surface du derme dénudé ou d'une plaie récente ou observe successivement les petites gouttes transparentes ou à peine troublées par des hématies venant d'un peu de sang épanché, on aperçoit d'abord seulement un liquide ou blastème hyalin parsemé de fines granulations éparses ([1. Il, lig. 0, e, e). Une heure au | lus, mais souvent une denii-