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une baignoire profonde, spacieuse et en contre-bas du sol. Cet établissement est ouvert toute l'année ; on y prend des bains seulement ; il est très-convenablement installé et très-proprement tenu. L'eau de la source de Dona Clara a les mêmes caractères que l'eau de la source du Duc, seulement elle est moins chaude. Travers lui avait trouvé en 1809 , oO" centigrade, elle n'a plus aujourd'hui que 28°, 8 centigrade. Les bains de Dona Clara n'ont point de douches, et pourtant ils donnent de bons résultats, dans les affections rhumatismales et cutanées. Travers dit : « Quand on entre dans l'une ou dans l'autre des maisons de bains do Duque ou de Dona Qara, on sent une légère odeur de gaz hydrogène sulluré. » Il ajoute que dans les tuyaux qui servent à faire couler la surabondance d'eau des réservoirs, se rencontre un dépôt ou boue jaunâtre. Ce dépôt brûle avec une flamme bleue, donnant une odeur suiTocantc particulière au soufre. A l'analyse, ce dépôt contient, outre les principes sulfureux , du gaz acide carbonique, de l'alumine, des sulfates, des muriates calcaires et magnésiens, un peu de carbonate et de muriate de soude, mais en proportion si minime, et dans une telle combinaison, que tous ces éléments n'altèrent presqa'en rien la saveur des eaux. Leur peu de calorique naturel fait qu'elles sont beaucoup moins actives probablement qu'elles ne le seraient si elles avaient une thermalité plus élevée. Elles sont trèssensiblement résolutives cependant, et très-notablement efficaces en bains, surtout dans les affections rhumatismales si fréquentes en Portugal, à Lisbonne en particulier ; dans certaines affections de la peau ayant résisté à des traitements variés, à l'emploi même des eaux sulfureuses de l'Arsenal ou d'autres sources hépatiques.
Nous nç croyons pas nécessaire d'entrer dans plus de détails sur les autres établissements des bains minéraux de Lisbonne. Nous n'aurions à constater que la différence de la température de l'eau de leurs sources. Cette température varie de 35°, 5 centigrade {Banhos do Duque) à 23° centigrade [Banlios do Doctor). L'eau des sources de toutes les maisons de bains minéraux de Lisbonne a les mêmes caractères physiques et chimiques, et à peu près la même composition élémentaire. Tous ces bains sont conseillés pour la guérison des mêmes états pathologiques; il servent aussi très-souvent de bains de propreté. A. Rotureao.
Bibliographie. — Travers. Instruccones e cautelas praticas sobre a natureza différentes especies, virtudes en gênerai et uso legitbno das aguas mineraes, principalmenle de caldas ; cou a noticia daquellas, que sào conhecidas em cada huma das provincias do reine de Portugal, e 0 methodo de preparar as aguas artificiaes. Coimbia, 1810. — Jordao. Agua d'Âr< senalda marinha de Lisboa. Thèses de Paris, 1857. A. R.
I,1SEK«>X {Convolvulus) . On donnait autrefois ce nom à presque toutes les iplantes médicinales de la famille des Convolvulacées, notamment à celles qui fournissent les .lalaps, le Turbith végétal, les Scammonées, le Méchoacan, les Patates, le Bois de rose des Canaries, etc. Aujourd'hui cet ancien genre a été divisé, et les produits médicinaux dont nous venons de parler devront être étudiés isolément aux articles Coinvolvulacées, Convolvulus, Exogonium, Ipom^a, etc. H. Bn.
LISFRAI^C (Jacques), célèbre chirurgien contemporain, dont la réputation a été vivement contestée. Il était né à Samt-Paul (Loire), le 2 avril 1790, et il étudia la chirurgie d'abord à Lyon, sous Viricel, puis à Paris sous Dupuytren. Reçu docteur en 1813, il entra immédiatement au service de santé mihtaire, et fit la dernière campagne d'Allemagne; licencié en 1814, il revmt à Paris et se livra à l'enseignement de la chirugie, mais surout de la médecine opératoiz^e, qui
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lui dut de nombreux perfectionnements. Ses cours eurent beaucoup de succès, et la publication de divers mémoires sur la désarticulation de l'épaule, sur l'amputation partielle du pied, etc., attirèrent fortement l'attention. Nommé en 1818 chirurgien du Bureau central, il entra à l'hôpital de la Pitié, où, quelques années après (1 826) , il succédait à Béclard . Il était alors, depuis 1 824, agrégé à la Faculté de médecine de Paris. L'enseignement clinique qu'il inaugura à la Pitié a été célèbre à divers titres. Animé d'un profond ressentiment contre Dupuytren, qu'il accusait de l'avoir desservi traîtreusement dans une circonstance importante, jaloux de la réputation d'émulés qui le valaient bien et qu'il affectait de mépriser, Lisfranc donnait, dans ses leçons, Hbre carrière à des colères qui se traduisaient par des saillies, des boutades quelquefois spirituelles, mais le plus souvent triviales et grossières ; sa haute stature, ses traits énergiques, sa voix retentissante donnaient à ces philippiques un caractère particuher de violence et d'emportement. Aussi, le succès de scandale qu'il obtenait à sa clinique a-t-il amoindri, pour bieu des gens, le succès très-réel et très-séneux que méritaient les progrès imprimés par lui à la chirurgie sur beaucoup de questions. Lisfranc était membre titulaire de l'Académie de médecine depnis la fondation, et il eut l'honneur de présider ce corps savant en 1855. Malgré la vigueur de sa constitution d'athlète, Lisfranc, usé tout à la fois par les fatigues de son hôpital, de son immense clien\ tèle, de ses travaux de cabinet, mais surtout par la lutte que toutes les passions violentes se livraient incessamment dans sou cœur, fléchit avant l'âge ; sa santé s'était altérée profondément, et, le 13 mai 1847, il succomba aux atteintes d'une angine couenneusc compliquée de fièvre pernicieuse ; il n'avait que cinquantesept ans.
Quoi qu'on en ait pu dire, Lisfranc a marqué sa place parmi les chirurgiens distingués de notre siècle. Tout en faisant la part de l'exagération qu'il apportait dans ses opinions, il faut reconnaître qu'il a donné plus de précision et de rigueur aux procédés opératoires; qu'il a tracé des règles utiles surtout pour la pratique des ligatures et des amputations ; l'ablation du cancer du rectum reste acquise à la science. S'il a beaucoup exagéré la fréquence et la gravité des affections du col de l'utérus, il a contribué à attirer l'attention sur ces maladies trop négligées avant lui; l'amputation dn col de l'utérus, dont il a certainement fait abus, est encore une opération qu'il a contribué à faire entrer dans le domaine de la chirurgie, et dont il a fixé les règles au point de vue des procédés à suivre.
Lisfranc a écrit les ouvragés suivants; nous laissons de côté un certain nombre de notes et de leçons cUniques, qui ont été d'ailleurs, reproduites pour la plupart, dans le premier volume de la Clinique de la Pitié:
I. Quelques propositions de palhologie, précédées de recherches, réflexions et observations sur l'amput. de la mâchoire inférieure, elc. Th. de Paris, 1813 , n» 155. — II. Mém. sur l'amputation du bras dans l'articulation de l'épaule (avec Cliampesme). Paris, 1815, in-S". — III. Mém. sur l'amputation du pyied dans son articulation tar so-métatar sienne , etc. Paris, 1815, in-S". — lY. Mém. sur quelques j>oints obscurs de la gonorrhée. In Journ. de t7iéd. de Leroux, etc., t. XXXIII, p. 42; 1815. — Y. Nouvelle méthode opératoire pour l'amputation du pied. Paris, 1815, in-S". — YI. Mém. sur de nouvelles applications du stéthoscope du professeur Laennec, suivi d'un mém. sur une nouvelle 7naniere de pratiquer la taille chez la femme (pi. in-fol.), etc., et Nouv. procédé pour V amputation dans l'articulation des phalanges. Paris, 1825, in-S". — VII. Nouvelles considérations sur la saignée du bras. Paris, 1825, in-S". — YlII. Mém. sur des méthodes et des procédés nouveaux pour i)ratiquer l'amputation dans l'articulation scapulo-humérale. In Arch. gén. deméd., 1'° sér., t. II, p. 18, pi.; 1825. — IX. Mém. sur un nouveau procédé opératoire pour pratiquer l'amputation dans l'articulation coxo-féniorale. Ibid., p. 161. — X. An eadem contra varias tirethrœ coarctationis species medela? Th. de conc. (agrég. chir.). Paris, 1824, in-i»; trad. fr. avec notes par