EXPLICATION DE LA FIGURE
A, Sommier.
B, B. Courroies du sommier.
C G, Double épaulelte formanl par les courroies de dessus, bouclées à celles de dessous, deux
anses qui constituent des liens axillaires. D, Épaulette simple, en forme de croupière, qui reçoit le bras gauche et qui s'attache par une ■ longue courroie à l'extrémité du ressort E.
F, Plaque double, dite à souf/let, qui correspond au côté droit du dos.
G, Plaque simple, qui correspond au côté gauche des lombes, et qui est fixée par une longue
courroie à l'extrémité supérieure du ressort H, retenue par l'autre extrémité dans la gâche i.
K, Ceinture à courroies latérales obliques, pour agir sur le bassin tout à la lois dans un sens parallèle à l'axe du corps et perpendiculairement à cet axe.
F' Plaque à soufPet représentée à part; a, première plaque ou plaque de dessous, avec les courroies qui la fixent sur le sommier; b, seconde plaque, à pelote articulée, en charnière avec la première; c, c, petits ressorts d'acier placés entre les deux plaques et terminés à leur extrémité libre par une petite roulette en cuivre qui facilite le glissement réciproque des deux plaques.
G' Plaque simple lombaire, représentée à part; d, petites courroies croisées qui la fixent sur le sommier; e, portion de la longue courroie qui s'attache au ressort de Heine. Les plaques dorsales de la même forme ont deux courroies semblables, fixées à deux longs ressorts placés au côté opposé du lit.
Nous ne voulons pas proscrire entièrement l'emploi de ces moyens mécaniques dans le mal vertébral ; mais nous les croyons rarement nécessaires et parfois dangereux.
2° Difformités rachitiques. Celles qui affectent le rachis et le tronc sont con>
prises clans les paragraphes précédents. Les courbures rachitiques des membres, les déviations i^acbitiques de leurs jointures, sont traitées, pour la plupart, à l'aide d'appareils portatifs. Cependant, lorsqu'il existe en même temps une courbure de l'épine pour laquelle on fait usage du lit orthopédique, celui-ci peut également servir au redressement des courbures des membres. On y ajoute, à cet effet, vis-à-vis des parties affectées, des plaques, des pelotes, des courroies, etc., qui exercent les pressions et les tractions nécessaires, et qui trouvent des points d'appui solides dans la charpente du lit et du sommier. Jalade-Lafond, connu en orthopédie par sa méthode d'extension dite oscillatoire, a représenté un modèle de ce genre de lit à double fonction. (Recherches pratiques sur les principales difformités, 1829, t. II, pi. XX.)
3° Affections et déformations articulaires. C'est encore, le plus ordinairement, aux appareils portatifs que l'on donne la préférence dans les difformités produites par les affections articulaires, même lorsqu'on veut agir pendant le décubitus, parce qu'ils ont l'avantage de permettre au malade de se mouvoir en tout sens et de ne pas le retenir, comme les appareils de lit, dans une position fixe. On suit la même pratique pour la plupart des vices de conformation articulaires, accidentels ou congénitaux, du cou et des membres.
Néanmoins l'articulation de la hanche fait un peu exception à cette règle, en raison de la difficulté de trouver ici un point d'appui suffisant pour les appareils portatifs, et de l'utilité d'une position fixe du corps dans plusieurs affections de cette jointure.
C'est ainsi que, dans la coxalgie, on pratique souvent une véritable extension parallèle, au moyen de lacs extenseurs et contre-extenseurs fixés à la tête et aux pieds du Ht. La grande gouttière de Bonnet, d'un usage si fréquent dans cette affection, remplit l'office des lits orthopédiques, agissant, comme eux, par pression et par extension.
C'est surtout dans les luxations congénitales du fémur que l'articulation de la hanche a été soumise à l'action de lits orthopédiques non moins compHqués, non moins puissants que ceux qu'on a imaginés pour le redressement des courbures de l'épine. Malheureusement de tels efforts, on le sait, sont restés vains jusqu'à ce jour, et malgré les louables et nombreuses tentatives de Humbert, de Pravaz, de F. Martin et d'autres, la réduction de ces luxations est encore la ])ierre philosophale de l'orthopédie. Nous nous abstenons, par ce motif, d'exposer la construction de ces appareils réducteurs, qui ne sont point entrés dans la pratique, et dont la description, dans l'état actuel de nos connaissances, n'appartient qu'à l'histoire de l'art.
4" Contractures et rétractions musculaires. Dans ces lésions, de même que dans les précédentes, hors les cas d'autres difformités coexistantes, qui nécessitent l'emploi du lit orthopédique, on n'a recours aux appareils de lit que si le siège de la difformité est tel que les appareils portatifs n'ont pas facilement prise sur elle. On exerce alors des tractions en sens contraire sur les deux extrémités des muscles raccourcis, on les tend le plus possible en éloignant les parties qu'ils ont rapprochées, en redressant, en retournant quelquefois en sens inverse celles qu'ils ont infléchies, à l'aide de lacs extenseurs, de tirages perpendiculaires, de plaques de pression mues par des vis, ou de toute autre façon. On trouve dans YOrthomorphie de Delpech (atlas, pi. 71) un exemple de ce genre de lit, construit pour un cas de rétraction des psoas-iliaques ; les indications y sont parfaitement remphes ; seulement le mécanisme pourrait en être simplifié. Bouvier.
LITHIUM (chimie). 703
LITCHI. Voy. Euphorie.
LITHARGE. Voy. Plomb.
LITHIASE (de >t9oç, pierre). Formation de calculs dans les voies urinaires. On a aussi donné ce nom à des concrétions pierreuses formées sous la peau ou à la surface de la peau (comme on le voit dans la goutte), ou encore dans le tiss'J des paupières. A. D.
LlTHii%E. Voy. Lithium.
LITHIQUE (Acide). Voy. Ubique (Acide).
LITHIUM ET SES COMPOSÉS. § I. CluîHBîe. Poids atomicjue, 7; symbole Li. Le lithium est un corps simple appartenant à la classe des métaux alcilins. Il a été isolé pour la première fois par Brandes; mais on doit principalement à Bunsen l'étude de ses propriétés physiques. (Poggen., Ann., CXVI, p. 512.) L'oxyde de lithium ou lithineest connu depuis 1817, grâce aux travaux d'Erfvedsom.
Le lithium a été trouvé dans quelques minéraux provenant de la mine de fer d'Uto, tels que la péhalite et le spodumen, qui sont des silicates doubles d'alumine et de lithine, et qui en contiennent le premier 5 pour 100, le second 8 pour JOO. Le même métal a également été retiré de la tourmaline apyre, l'amblygonite (11 p. 100), le tryphillin (3 à 4 pour 100), le lépidolithe (espèce de mica), quelques eaux minérales de la Bohême. La source la plus abondante de lithine a été découverte en 1864 par A. Miller dans une eau minérale de Cornouailles, Elle se rencontre encore, mais en petites quantités, dans l'eau de la mer, dans les micas et les feldspaths, dans la cendre de plusievirs variétés de tabacs, dans la météorite de Juvenas (Bunsen), dans celui du Cap. L'emploi du spectroscope a permis en effet de retrouver la raie caractéristique de ce métal dans-une foule de minéraux où il avait passé inaperçu.
Bunsen isole le métal en décomposant le chlorure pur maintenu à l'état de fusion par un courant électrique de 4 à 6 piles. L'opération se fait dans un creuset de porcelaine étroit chauffé sur une lampe à gaz. L'électrode pQsitive est en charbon de cornue, l'électrode négative en fil de fer de la grosseur d'une aiguille à tricoter. Le métal mis en liberté adhère au fil de fer et se trouve préservé de l'oxydation parle chlorure fondu. M. Troost s'est servi du même procédé, mais il modifie avantageusement l'appareil. Il se sert d'un creuset de fonte de 12 centimètres de haut sur 52 millimètres de diamètre supérieur. Ce creuset est fermé par un disque de fer ajusté au tour et percé de deux ouvertures. L'une, de 5 millimètres, laisse passer le pôle négatif; l'autre a 31 millimètres, et est garnie d'un cylindre de tôle qui descend jusqu'à la moitié de la hauteur du creuset. Ce cdindre est muni intérieurement d'un tube en porcelaine dans lequel plonge le pôle positif L'appareil peut marcher plusieurs heures. Le lithium ainsi obtenu est solide, blanc d'argent, plus dur que le potassium et le sodium ; c'est le plus léger de tous les métaux ; densité 0,5936 ; aussi flotte-t-il sur l'huile de naphte. Il fond à 180". L'air et l'oxygène secs ne l'altèrent pas, même à la température de fusion. Aune température plus élevée, il se volatilise et brûle à l'air avec une flamme blanche. Il décompose l'eau à la température ordinaire sans fondre. Le chlore, le brome, ?;'iode s'y combinent à froid ; le soufre et le phosphore à des températures peu levées. Il attaque l'or, l'argent et le platine, et s'allie assez facilement au fer.
L'acide azotique fumant agit sur lui avec une grande énergie et détermine son ignition.
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Composés du lithium. Chlor m^e. IàC\. On le prépare soit en combinant dû'ectoment le métal au chlore sec, soit eu dissolvant la litliiue ou le carbonate de lithine dans l'acide chlorhydrique. Sa solution aqueuse, évaporée au-dessus de 15°, 5, laisse déposer le sel anhydre sous forme de cubes doués d'une saveur salée rappelant le sel marin; suivant Troost, le cblorure do hthium cristallise en octaèdres réguhers. 11 est moins volatil que le cblorure de potassium, plus que le cblorure de sodium. Cbauffé au rouge sombre dans des vases ouverts, il se volatilise lentement et se change partiellement en carbonate. Au-dessous de 10°, les solutions concentrées de cblorure de litbium abandonnées à elles-mêmes laissent déposer des cristaux prismatiques rectangulaires, surmontés de quatre facettes contenant 2 molécules d'eau ClLi-|-2H-0. Ces cristaux sont très-instables et s'allèrent dès qu'on les touche avec les doigts ; ils deviennent opaques et tombent en boudlie laileuse ; ils fondent facilement dans leur eau de cristallisation.
D'après M. Troost, on obtient le mieux ce sel en utdisiint les sulfates alcalins provenant du traitement delà lépidolithe(t'0(/. plus loin). A cet effet, on précipite par le chlorure de baryum, on iillre, on sépare le manganèse et l'alumine par l'ammoniaque et le sulfbydrate d'ammoniaque. La magnésie est éliminée par la chaux; l'excès de chaux est précipité par l'oxalate d'ammoniaque. Enfin, on calcine et on traite le résidu par un mélange d'alcool absolu et d'éther qui ne dissout que le cblorure de lithium.
Le bromure, l'iodure et le fluorure de htbium n'offrent pas de propriétés marquantes ; on les prépare par saturation directe de la base ou carbonate par l'acide correspondant.
Sulfure de lithium. Li^S. Composé jaune, soluble dans l'eau et l'alcool. Se prépare par union directe ou par la réduction du sulfate par le cbarhon.
Oxyde de lithium ou lithine. Li^O. L'oxyde anhydre se présente sous forme d'une masse spongieuse jaune; d s'obtient en brûlant le métal dans l'oxygène et en laissant le produit se refroidir dans un courant de ce gaz ; mais il renferme toujours une certaine proportion de peroxyde. L'hydrate de lithine LiHO se sépare de sa solution aqueuse concentrée sous forme de petits grains cristallins. Il a la saveur caustique de la potasse, mais est moins soluble; il fond aisément au-dessous du rouge et ne se volatilise pas. La lithine fondue attaque assez énergiquement le platine ; cependant, d'après M. Troost, ce caractère n'appartient pas aux sels de lithine pure, mais à des mélanges de sels de lithine, de cérésium et de rubidium.
On a proposé un grand nombre de procédés pour séparer la lithine qui l'accompagnait dans ses divers minerais ; nous nous contentons d'indiquer le mode de préparation de M. Troost au moyeu de la lépidolithe.
Voici la composition de ce minéral :