O.IO
ions
lions considérées dans chaque articulation. Xous commençons par les luxât coxo-fémorales, les plus fréquentes et les mieux connues.
LiLvalions coxo- fémorales. Symptômes. Les luxations congénitales de la cuisse sont complètes ou incomplètes, simples ou doubles.
Les plus fréquentes sont les iliaques. On a cité des luxations iléo-pubiennes {Guérin, Chaussier, Delpech) sus-cotyloïdienne (Guérin, Pravaz). Au temps d'Hippocrate, les signes de la luxation se tiraient de l'aspect extérieur, de la démarche {Œuvres d'Hippocrate, éd. Littré, t. IV, p. 245), A. Paré, J. L. Petit ont donné comme symptômes « la cavité qui se trouve au lieu d'où l'os est sorti l'émiuence que l'on remarque au lieu où il s'est placé. »
A la naissance les symptômes sont peu marqués et passent souvent inaperçus. Cependant les auteurs qui ont eu occasion d'observer des luxations à ce moment de la vie, ont décrit quelques-uns des symptômes caractéristiques des luxations congénitales étudiées chez l'adolescent.
Verneuii (Union mecL, 1854, p. 5ô0), examinant une luxation iliaque incomplète chez un fœtus mort, s'exprime en ces termes :
« Je fus, dit-il, dès l'abord frappé de la conformation vicieuse de la hanche gauche et de l'attitude anormale du membre de ce côté... La hanche du côté gauche est plus élevée que celle du côté opposé; la cuisse, au quart fléchie sur le bassin, est dans une adduction assez prononcée, combinée avec un mouvement de rotation eu dedans... L'extrémité supérieure du fémur forme en arrière en dehors et en haut, une saillie considérable... Les mouvements de l'articulation sont gênés ; la flexion, la rotation en dehors sont restreintes ; l'extension est trèspeu étendue ; mais l'abduction surtout est impossible. »
Luxation iliaque simple. Chez l'adulte les symptômes sont mieux marqués
Changements de forme. La hanche est déformée et abaissée, le pli de l'aine plus profond que du côté .sain, le pli inguinal dévié et tiré en dehors; le pli fessier plus élevé, et la saillie et la rondeur de la partie supérieure de la fesse sont
augmentées.
La saillie du grand trochanter est plus marquée et plus rapprochée de la crête iliaque.
A la palpation. I" Le pli inguinal paraît creux et est déprimé; 2° la tête fémorale profondément située dans la fosse iliaque. Ces deux signes sont souvent obscurs et exigent un examen attentif. La conformation naturelle des os, la profondeur et l'épaisseur des parties molles qui les recouvrent peuvent laisser quelques doutes, et il faut, pour les dissiper, imprimer au membre des mouvements de rotation beaucoup plus faciles à percevoir.
Pendant les mouvements de flexion, la main appliquée sur la tète fémorale sent cette dernière décrire un arc de cercle dont le centre paraît être le point de
réunion du grand trochanter et du col. (Després, Expériences, t. I, p. 520.
Bouvier.)
La saillie du gr.ind trochanter est située au-dessus de la ligne iléo-ischiatique de Nélaton. En tirant sur le membre on diminue cette saillie et on la rapproche de sa position normale.
Le membre présente un changement d'attitude, de direction et de longueur très-manifeste. La quisse est dirigée en dehors et en haut; la jambe est parfois portée en dedans, et le genou fait un angle ouvert en dehors. La pointe du pied atteint seule le sol; le talon reste élevé, et la rotation du pied, habituellement en dedans, a été vue fortement portée en dehors. (Sêdillot).
Le membre mesuré comparativement à celui du côté sain est notablement raccourci de 2 à 7 centimètres, d'après Pravaz. Dupuytren croyait que des tractions exercées sur le membre en produisaient l'allongement. D'après Bouvier et Gerdy, ce ne serait que par un mouvement d'inclinaison du bassin que cet allongement apparent aurait lieu. Si, au lieu de traction, on chercbe à refouler la cuisse, ou ne sentirait plus la résistance habituelle qu'offre ce genre d'expérience. Les différences de laxité de l'appared ligamenteux nous ont permis d'expliquer ces divergences.
Les mouvements de la cuisse s'exécutent assez bien. L'adduction, l'extension sont normales, la ilexion étendue, l'abduction incomplète. Dans un cas exceptionnel présenté à la Société de chirurgie par Cliassaignac, un saltimbanque atteint de luxation congénitale des deux fémurs dans la fosse iliaque, possédait la singulière aptitude de convertir, par la seule action de ses muscles, ses luxations iliaques en luxations ischiatiques. {Bull, de la Soc. impér. de Chirurgie, t. III, 4 855, p. 591.)
Quand l'enflmt atteint de la luxation se tient debout, on remarque une inclinaison de la colonne vertébrale vers le côté sain. Le tronc est renversé en arrière et la région lomljaire fortement excavée, tandis que l'abdomen est proéminent.
Pendant la marche on remarque une claudication particulière. « tlle se révèle, dit Malgaigne [loc. cit., p. 890) aux premiers essais de progression L'enfant tient les pieds rapprochés, ne fait que de petits pas, vacille sur ses hanches d'un côté à l'autre et porte le corps en avant; on ne le redresse qu'en imprimant à la région lombaire une cambrure excessive. Peu à peu le déplacement augmente, la luxation incomplète devient complète. Dans la luxation complète le fémur remonte de plus en plus sur l'iléon, et le membre se raccourcit davantage. Quand enfin le sujet a acquis toute sa force, la marche offre un cachet particulier. Quelques-uns ne touchent le sol que par l'extrémité du pied, et un véritable pied équin s'ajoute à la luxation coxo-ft'morale. D'autres peuvent marcher sur le bout du pied, ou appuyer par toute la plante, ce qui est fort rare; la claudication est alors beaucoup plus forte. Chaque fois que le membre porte à terre, le tronc s incline de ce côté, et le sommet de la cuisse semble s'enfoncer dans le flanc. On remarque aussi qu'à c'iaque pas le tronc se porte beaucoup pins en avant du côté affecté que de l'autre, aussi la marche prolongée est généralement pénible, et produit même quelquefois dans la hanche une douleur qui oblige à garder quelques jours le repos. »
La luxation ne reste donc pas stationnaire quand l'enfant marche, le tronc pèse sur le bass n et la tète fémorale remonte dans la fosse iliaque. La capsule s'allonge de plus en plus pour suivre le déplacement. Cette ascension delà tête peut être plus ou moins considérable jusqu'à ce que la tète se creuse une nouvelle cavité articulaire qui peut ne pas rester définitive et se doubler.
Les luxations congénitales incomplètes se réduisent [)arfo:s facilement par une simple traction ou près ion exercée sur la tête; mais ces luxations se reproduisent avec la même facilité.
Luxation iliaque double. Les symptômes des luxations doubles existent simultanément et se combinent. Chez l'enfant on peut déjà les constater. M. Adam, cité par Malgaigne, examinant un fœtus de 8 mois atteint de luxation double coxo-fémorale, la décrit ainsi : « La partie inférieure du corps présentait toutes les marques caractéristiques de la luxation congénitale des fémurs. Les membres, considérablement raccourcis et atrophiés étaient disproportionnés à la longueur
du tronc et obliquement placés dans leur rapport avec lui. Ils étaient aussi trèsl'acilement tournés en dedans. Les fémurs avaient très-peu de mouvement, et àes deux côtés les troclianters étaient projetés en dehors et faisaient saillie au-dessus du niveau de la cavité cotyloïde. Le dos pouvait être tléclii anormalement entre les régions dorsale et lombaire. (Adams, Monthly Journ. of Med. Se, 1854, et Malgaigne, loc. cit., p. 889.)
Chez l'adulte on constate des deux côtés, à la vue et à la palpation, les mêmes signes que dans la luxation unilatérale; les membres prennent une position symétrique; leur brièveté est très-notable par rapport an tronc.
La marche est caractéristique. Pravaz la décrit de la manière suivante : « Observés diuant la progression, les sujets ainsi conformés présentent en quelque sorte une double claudication : lorsqu'ils se disposent à marcher, on les voit se soulever sur la pointe du pied, incliner la partie supérieure du tronc vers le membre qui doit supporter le poids du corps, et détacher l'autre avec effort poiu' le porter en avant. Dans ce moment, l'un des trocbanters, celui qui correspond à la colonne de sustentation, parait se rapprocher de la crête iliaque d'une manière plus sensible que dans la station sur les deux pieds. De cette mobilité dans le sens vertical naissent des oscillations du tronc qui rendent la démarche aussi pénible que disgracieuse. Ces oscillations sont souvent accompagnées d'uu'j crépitation assez forte ];our être entendue à plusieurs pas de distance. (Pravaz, Irailé théorique et pratique des luxations congénitales du fémur.)
Diagnostic différentiel. On peut confondre une luxation avec une difformité ou une absence de tel ou tel organe. Ainsi, si la tête fémorale et la cavité cotyloïde ne sont pas formées, il peut en résulter des déformations rappelant celles des luxations congénitales coxo-fémorales ou des radio-carpiennes et cependant ne pas y avoir de luxation. (Paletta.) Plus tard le diagnostic devient plus facile s'il y a eu traumatisme, rarement la cause en échappe au chirurgien ; s'il n'y a eu aucune violence extérieure, on ne peut hésiter qu'entre une luxation congénitale et une luxation coxalgique. Les symptômes locaux caractéristiques existeront dans ce dernier cas.
11 est utile pour poser le diagnostic de s'enquérir des commémoratifs. Ils nous apprennent si la difformité existe depuis la naissance qu si elle s'est développée peu à peu. U est bon de prendre des renseignements sur les antécédents héréditaires. L'hérédité se trouve sur une, deux et trois générations et peut même avoir pour point de départ une vieille luxation traumatique non réduite. (Malgaigne.) Un connaît toute une longue série d'observations curieuses à cet égard. (Uobert.)
Si la lésion est double, le diagnostic ne peut souffrir de difficulté. La coxalgie double est excessivement rare.
L'existence d'autres vices de conformation peut être utile , mais manque dans la majorité des cas.
Parmi les luxations coxo-fémorales, c'est presque toujours la variété ihaque qui
existe.
L'atrophie considérable du membre, la déformation du squelette sont des
signes précieux.
Traitement. La curabihté des luxations coxo-fémorales a fait l'objet de longues discussions. Hippocrale ne recommandait pas de procédés particuliers pour leur guérison, qui, regardée après lui comme impossible, fut abandonnée. On se bornait, comme le fit encore Dujiuytren, à des moyens palliatifs, tels qu'appareils de contention, exercices répétés et méthodiques, bains, frictions, massages, DICT. ESC- 2" s. IIL 22
pour combaflre l'atrophie et la faiblesse du membre luxé. Lafond et Duval teutèrent cependant la réduction. Humbert et Jacquier inventèrent des appareils assez compliqués pour ramener la tète fémorale dans sa cavité et citèrent des succès, admis ou contestés par des juges d'une valeur indubitable. En d8o8, Pravaz présenta à l'Académie de médecine une jeune fille qu'il disait avoir traitée et guérie d'un déplacement congénital du fémur, et la commission chargée de l'examiner se rangea de sou avis et déclara la réduction réelle et complète. Gilbert d'Hercourt se montra partisan des mêmes conditions et ajouta de nouvelles observations à celles de Pravaz. Sur un total de 35 luxations de ce genre, dont 19 étaient simples et 8 doubles, il admit 22 succès. Le même auteur publia un autre exemple de réduction, sur une jeune fdle de quatre ans et demi, et Sinis Pirondi, dans son rapport à la Société de médecine de Marseille, sur ce dernier mémoire, conclut à la curahilité de ces déplacements et à la grande valeur des procédés de Pravaz. Enfin, en 1864, le docteur Pravaz fils envoya à la Société impériale de chirurgie un nouveau travail sur le même sujet.
Les cures de Humbert de Morlaix et celles de Pravaz furent attaquées et niées dès le début par Bouvier, qui soutint qu'il n'existait pas un seul exemple authentique de réduction. « Il y a tout lieu de croire, dit-il, que les faits pubhés sont le produit d'une illusion dont les auteurs ont été le jouet. J'ai pour ma part cherché plusieurs fois à constater l'état des parties, et j'ai constamment reconnu la persistance de la luxation, qui n'avait été aucunement modifiée. » {Revue médic, i85o.) Après le deuxième mémoire de Gillebeit d'Hercourt, la commission dont Bouvier était rapporteur adopta les conclusions suivantes : 1° Il n'est pas démontré que des luxations du fémur aient été réduites ; 2" si le traitement semble avoii' produit quelques améliorations dans l'étal du membre, le temps seul apprendra si cette amélioration est réelle et durable.
Malgaigne se montra très-réservé dans ses appréciations à ce sujet et jugea que les luxations dites réduises ne l'étaient qu'incomplètement et récidivaient dans un temps plus ou moins rapproché; E'ravaz fils ne se laissa pas décourager, et il présenta, il y a peu de temps, à la Société impériale de chirurgie une jeune fille de sept ans atteinte d'une double luxation coxo-fémorale congénitale dont il avait obtenu la guérison. La commission chargée d'examiner le cas et composée de MM. Bouvier, Broca et Ghassaignac, déclara que la tète fémorale n'était pas réduite, mais que la marche était rétablie d'une manière régulière et soutenue, et que le résultat pouvait être considéré comme excellent.
La question de la curabilité de ces luxations n'est donc pas encore résolue d'une manière définitive. Cependant elle paraît possible. Les observations de Pravaz sont assez nombreuses. La plupart des malades ont été examinés par un grand nombre de m^^ecins de Lyon et de Paris, et plusieurs d'entre eux n'ont pas douté de leur guérison. « La réduction, dit M. Nélaton, est devenue une méthode générale dont il ne reste plus qu'à préciser les cas particuliers d'application. » (i\élaton, loc. cit., p. 5 12.) « Lorsqu'aucune articulation nouvelle nà été produite, la réduction ne paraît possible qu'eu modifiant lentement par des tractions ef des exercices convenables les dispositions de l'appareil ligamenteux et en maintenant ensuite la tète du fémur en contact avec la cavité cotyloïde qui peut ne pas offrir au moment de la rétluction des conditions de réception favorables, mais on doit espérer les voir naître bientôt sous l'intluence de mouvements convenablement dirigés. Lorsqu'une fausse articulation s'est formée à peu de distance de la cavité cotyloïde et que la tête du fémur, ayant conservé soQ
LUXATIONS CONGENITALES. 559
libro-carîilage, s'est atrophiée eu même temps que sa cavité normale s'est rélrécie, la réduction immédiate est quelquefois possible, mais la mobilité du membre est loin d'être sur-le-champ rétablie et complète. » Nous avons fait connaître les résultats de la nécropsie d'une jeune fille de vingt ans, atteinte de luxation <X)ngénitale, assez facilement réductible ; seulement la cuisse ne pouvait plus être allongée et restait horizontale, mais des exercices répétés et la ténotoraie auraient triomphé des obstacles dépendant du raccourcissement des trousseaux fibreux périarticulaires. {Voy. Contributions, t. H, p. 299.)
Le traitement comprend trois périodes :
\° L'exte?ision préparatoire,
2" La réduction,
3° Le maintien de la réduction.
L'extension préparatoire exige quatre mois emiron et plus encore. On allonge les muscles, qui peuvent être raccourcis, contractures ; et on dilate la capsule articulaire qui, incessamment tiraillée pendant la marche, est notablement réfrécie à sa partie moyenne. Au fur et à mesure que les muscles se relâchent, la capsule revient de plus en plus sur elle-même ; son étranglement disparail*et la réduction devient possible. Le but de l'extension préparatoire est donc de relâcher les muscles et la capsule et de permettre à cette dernière de recevoir et de laisser passer la tète du fémur, à laquelle on imprime, dès qu'elle est ramenée au niveau du cotyle, de petits mouvements latéraux de va-et-vient, pour aider au déplissement ou à l'écartement de la capsule. Ce traitement est favorisé par une immobilitéprolongée, et, pour favoriser la nutrition, Pravazpère avait recours aux bains d'air condensé, auxquels il attachait une si grande importance, qu'à défaut de ces bains, il renoncerait, disait-il, au traitement de ces luxations.
Une extension continue était pratiquée à l'aide de poids suspendus, jour et nuit, à l'extrémité d'une gouttière en cuir enveloppant le membre dans toute son étendue. Le bassin était retenu par des sous-cuisses fixés à un lit mécanique.
Dans les luxations doubles, l'extension est appliquée simultanément des deux côtés. D faut avoir le soin de faire marcher paralièlement l'allongement des membres, pour pouvoir les réduire à une même époque.
La réduction se fait de la manière suivante : « Un pivot vertical, ayant été ajouté à l'appareil de sustentation du côté du membre luxé, un peu au-dessous et en dehors de Y encastrement, on y engage, par un anneau, l'extrémité d'un levier en fer, mobile dans différents sens. Le levier donne appui, par sou autre bout, à la chape d'une moufle, dont le second système de poulies s'attache à la boucle qui termine inférieureraent la gouttière par laquelle le membre du malade est embrassé. Cette disposition prise, l'opérateur fait tirer lentement, par un aide, sur le cordon de la moufle, pendant que lui-même, pressant d'une main sur le trochanter de haut en bas et de dehors en dedans, dirige de l'autre le mouvement latéral du levier, qui, tournant autour de son pivot, doit entraîner le membre dans une forte abduction. » (Pi-avaz.)
« Embrassez, dit Gilleberl, la partie supérieure externe de la cuisse avec une main, de manière que les quatre doigts, dépassant le grand trochanter, viennent appuyer sur les muscles fessiers au milieu de la fosse iliaque et que le pouce, croisant le pli de l'aine de dehors en dedans, aboutisse à environ un centimètre eu dehors du point où Ton sent les battements de l'artère crurale; alors, si vous imprimez au membre avec l'autre main, des mouvements répétés de rotation en dehors, vous sentirez rouler sous votre doigt uu corps orbiculaire, si la tète est bien à sa
pLice ; flans le cas où cette sensation ferait défaut, vous pourrez, en toute assurance, diagnostiquer un déplacement delà tète du fémur, ou l'insuccès des tentatives de la réduction. » (Gillebert d'Hercourt, loc. ci'f., p. 19.)
Consolidation des nouveaux rapports articulaires. C'est la partie la plus longue, la plus délicate, la plus complexe du traitement. Le but qu'on se propose est de reproduire l'articulation et la liberté des mouvements. La réduction est maintenue par un bandage et deux plaques courbes métalliques qui pressent les hanches l'une contre l'autre, et par la position du membre dans un certain degré d'abduction. Plus tard, quand les déplacements par cause musculaire ne sont plus à craindre on leur substitue une ceinture en cuir. Pour reformer l'articulation on exécute, à l'aide d'un appareil, des mouvements de rotation au fémur, desorteque le cot\ le se trouve, peu à peu , creusé par une action à peu près semblable à celled'un taraud. Pendant ce temps, le membre passe successivement par divers degrés de flexion et d'extension sans avoir h supporter le |;oidsdu corps et la nouvelle articulation devient solide. Si la cavité avait disparu, il s'en formerait une nouvelle, comme à la suite d'une luxation non réduite. On termine la cure par des bains, des douches, et des exercices gradués.
La réduction est ordinairement suivie de quelques phénomènes inflammatoires: douleur, gonflement, léger mouvement fébrile, de peu d'importance.
D'après Pravaz, les signes de la réduction sont la présence de la tête fémorale au-dessous de l'aine, son roulement sous la main pendant la flexion et la rotation. Le rétablissement des formes normales , la saillie du grand trochaiiter, la disparition de la claudication. Ces appréciations sont très-difficdes et, à la Société de chirurgie, ils ont plusieurs fois été l'objet de discussion, Broca, Cbassaignac, Bouvier ont continué à soutenir que les preuves de sa réduction restaient entourées d'obscurité et d'incertitude. {Bull, de la Soc. imp. chirurgie, 1864, p. 220.)
Les avantages du traitement sont cependant reconnus. La difformité est moins grande et la marche devient plus facile.
Les sections ligamenteuses pourraient rendre de grands services, comme nous l'avons dit.
Dans un certain nombre de cas, on a positivement transformé les luxations iliaques en ischiatiques. Le membre devient plus long, beaucoup plus solide, puisque la tête fémorale trouve un point d'appui, résistant sur le contour de sa cavité où elle a été portée, et la saillie du grand trochanter disparaît en parliie. Les fonctions du membre s'exécutent avec plus de force et de liberté, et ou croit la réduction opérée et complète. Hippocratc avait déjà signalé cette transformation et les changements favorables qui en lésultaient.
Les luxations congénitales du genou sont excessivement rares. Gruveilhier, Bouvier, Guérin en ont vu d'incomplètes ; Chaussier une double en arrière, Bouvier et Robert, quelques-unes en dedans. Malgaigne met en doute, néanmoins, les luxations latérales, signalées par Robert et Guérin.
D'autres exemples de luxations congénitales du genou ont encore été signalés par Kleeberg, Mayer, Friedleben.
Luxation congénitale de la rotule. Paletta , Chélius , Wurtzer ont vu la rotule placée sur le condyle externe du fémur pendant la flexion de la jambe. La palpation fait reconnaître facilement ce déplacement qui n'empêche par les mouvements.
Les appareils orthopédiques et les genouillières peuvent atténuer la difformité.
Les sublusations congénitales de l'articulation tibio -tarsienne seront étudiées avec les pieds-bots. {Voy. ce mot.)
Les luxatio)is congénitales des extrémités interne ou externe de la clavicule se révèlent par la saillie sous-tégumentaire qu'elles déterminent. Gucrin en cite un cas sur un fœtus de trois mois ; Martin de Bordeaux, un autre sur un homme de trente ans {Joiirn. de méd. de Vandermonde, t. XXIII, p. 450); Chaussier, Verueuil en ont rapporté également des observations.
Les luxations congénitales de l'humérus ont été vues par W. Schmit [Journ. de Dublin)^ Gaillard {Méni. de l'Acad. de médecine, I8il), Duval [Fievue des spécialités, 1841), J. Guérin, ^^élaton (Elém. path., t. II, p. 518).
On en admet deux variétés : i° la sous-coracoïdieime, et 2' la sous-épineuse. Tantôt elles sont simples, tantôt doubles. En voici les caractères symptomatiques :
Déformation de la région articulaire; aplatissement et disparition du moignon de l'épaule.
Le bras est pendant le long du corps, dans une légère rotation en dedans ou en dehors, selon que le déplacement a lieu eu arrière ou en avant.
La voûte acromio-caraeoidieune est très-saillante ; au-dessous d'elle on trouve une dépression formée par l'absence de la tète osseuse.
L'extrémité humérale forme saillie au-dessous de l'apophyse coracoïde ou de l'épine de l'omoiilate et suit les mouvements imprimés au bras.
Celui-ci est très-mobile et oscille à la moindre impulsion. L'élévation du membre met la tète en contact avec la voûte acromio-coracoïdieniie. .Mais la luxation se reproduit. Les muscles de l'éj aulc (deltoïde) et ceux du bras (triceps, biceps coraco-brachial, brachial antérieur) sont atrophiés. L'avant-bras et la main conservent leur développement normal.
Les os du bras, de l'épaule sont atrophiés et raccourcis. Le thorax entier est arrêté dans son développement, dans la moitié correspondante à !a luxation.
Voici les mesures prises sur un malade de M. Nélaton :
Humérus droit lusé longueur. 25 centimètres.
— iiaiiclie — 50 —
Clavicule dioito — 13 ceniim. 1/2
— gaudie — 16 centirnètces.
Dcmi-ciiconfércncede la poitrine mesurée
Dii-dessui du mamelon, à droite. ... — ôi caitim. -|/'2
— — à gauclie ... — 87 centimètres. Circonférence : bras droit — 16 —
— — gautlie — 26 —
■Les mouvements étaient possibles mais offraient quelques particularités : « L'épaule a conservé tous les mouvements de totalité ; elle peut être élevée, abaissée, portée en avant et en arrière. Le bras a perdu complètement le mouvement d'abduction : quant aux mouvements eu avant et eu arrière, ils existent à peine, l'extension active de l'a vaut-bras sur le bras est impossible, et si le membre thoracique est habituellement étendu, cela tient à son propre poids qui tend à le faire pendre verticalement le long du tronc. » (Nélaton, Elém., loc. cit., p. 517.) Le sujet peut encore iléchir l'avant-bras sur le bras; mais ce mouvement s'exécute par un mécanisme tout particulier. « Les fléchisseurs pour ainsi dire normaux, de l'avant-bras sur le bras, c'est-à-dire le biceps et le brachial antérieur étant paralysés, la flexion ne peut être opérée que par quelques-uns des muscles de l'avant-bras. Ces muscles sont le long supinateur, le premier radial,
5^2 LUXATIONS CONGÉM'IALES.
ro'jd proiialeur, le grand et le petit palmaire, le flëcliisseur superficiel, le cubital antérieur. Mais il est iacile de voir que les muscles sont disposés d'une manière trà>défavorable pour produire la llexion, car étant dirigés presque parallèlement au radius et au cubitus, ils se bornent, si le membre est dans l'extension, à appliquer les os de l'avant-bras contre l'extrémité inrérieure de l'imuiérus; il faut, pour qu'ils agissent comme iléchisseurs, que les axes de ces deux sections du membre supérieur cessent d'être parallèles, c'est-à-dire qu'un commencement de flexion ait déjà été confirmé à l'avani-bras. Or voici par quel artifice cette flexion préliminaire est obtenue : le malade imprime à son épaule un mouvement de projection en avant, de manière à lancer, pour ainsi dire, tout le membre supérieur dans le même sons; lorsque cette impulsion est communiquée, il contracte subitement le grand pectoral elle grand dorsal, qui arrêtent brusquement l'humérus; l'avantbras continue à se porter en avant en vertu de l'impulsion première; mais comme fl se trouve arrêté par son articulation avec le bras, sa partie inférieure obéit seule à ce mouvement, et il en résulte une flexion toute passive d'abord, à laquelle succède immédiatement la contraction des muscles que nous avons indiqués. » (Nélaton, Elém., loc. cit., p. 515.)
La main et les doigts jouissent de tous les mouvements normaux.
Si la luxation est accompagnée de paralysie, tout traitement est ordinairement inutile, autrement la curabilité est démontrée par une observation de Gaillard. La réduction fut obtenue par ce cbirurgicn sur nue jeune fille de 16 ans; la réduction produite par des extensions prolongées fut maintenue par un appareil analogue à ceux employés pour les luxations coxo-fémorales congénitales.
Luxation congénitale du coude décrite par Hippocrate sous le nom de coude ce belette. Elle a été observée par Dupuytren, Adams, Cruveilbier. Les mouvemenis sont fiiciles, mais moins étendus. L'irréductibilité semble absolue. La la.xittdu ligament permet parfois à l'avant-bras d'être renversé en arrière comme en avant , mais est-ce alors une luxation véritable?
Les déplacements congénitaux du radius ont été observés d'un côté ou de> deux à la fois. Ordinairement la tête radiale se place en dehors et en arrière et semble prolongée en haut et en partie atrophiée. (Adams). L'allongement porte sur la diaphyse. (Adams.) Nélatou a observé une luxation de ce geme, directement en dehors.
Sandifort, Dubois (Bulletin de la Soc. anat., 1852, p. 67), Verneuil (Union méd., 1852, p. 421) ont vu des déplacements du radius en arrière où existait mie soudure du radius et du cubitus. Deville [Bull. Soc. anat., 1849, p. 155) ■ constate, dans un cas analogne, l'atrophie d'une partie du cubitus. Adams [Arch. gén. méd., 1840) et Smith publièrent d'autres exemples de ces luxations.
Récemment Chassaignac a décrit une luxation radiale double qu'il considère comme congénitale. La partie supérieure des deux os de l'avant-bras était considérablement augmentée de volume; l'olécràne élargi; la tête du radius, hypertrophiée, était rejetée en avant et en dehors, ki difformité était tout à fliit symétrique. Morel-Lavallée, Houel, Giraldès, Ad. Richard rejetèrent la congénitalité de l'affection et l'attribuèrent aune arthrite sèche. Verneuil, Bouvier, au contraire, partagèrent l'avis de Chassaignac en se fondant sur la symétrie parfaite de la lésion des deux côtés, et la rareté de l'arthrite sèche chez les enfants. (Bull. soc. dur., t. Y, 1855, p. 400.)
Poignet, garrigues (Journ. de méd., t. Il, p, 51 ; 1755) trouva sur un enfant mort-né, le radius ibrlemont écarté du cubitus, et la main tournée eu dedans.
LUXATIOINS (bibliographie). 343
D'autres faitfc signales par Guérin, Smith, Cruveilhier se rapportent plutôt à des vices (le conformatio{i qu'à des luxalions.
Doigts. Cliaussier a signalé un déplacement des trois derniers doigts de la main gauche, à la face palmaire de la main.
Phalanges. A Bérard (Dicf. en "50 vol., art. Main, p. 514), Robert {Thèse, loc. cit., p. 103), Malgaigne citent quelques exemples de ces luxations.
Les luxations congénitales de la mâchoire inférieure ont été vues par Smith, V. Ammon, Guérin et coïncident ordinairement avec un développement incomplet de la face. G. SiiuiLLOi et F. Guoss.
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LVXEnBURGlil. A. de Saint-Hilaire a donné ce nom à un genre du Brésil, qui appartient à la famille de.s Ochnacées et qui se distingue des antres types de cette famille par son ovaire uuiloculaire à placentas pariétaux et par ses étaniines, toutes rejetées d'un côté de la- fleur. Le L. pohjandin A. S. H. est un joli petit arbnste à feuilles serrulées, apiculées, et à fleurs Jaunes disposées en grapiies. Ses feuilles sont employées au Brésil au même usage que celles du Mate. On en prépare une infusion qui est excitante, apéritive, digestive, et qui se prend, comme le thé, après les repas. H. Bn.
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irUXEUli, (K AUX MINÉRALES de) , hijpotkermales , mésothermales on lujperthermales, amétallites, manganésiennes ou ferrugineuses faibles, carboniques et azotées faibles. (Chemin de fer de l'Est , station de Saint-Loup-lès-Luxeuil, que 10 kilomètres séparent de Luxeuil). Dans le département de la Haute-Saône, dans l'an'ondissement de Lure, Luxeiul estunclief-lieu de canton dont la ville et peuplée de 5,706 habitants; elle est à il 7 mètres au-dessus du niveau de la mer, et arrosée par deux cours d'eau, le Breuchin et laLantène. Le pays, qui du côté du naidi s'étend en plaines fertiles, est au nord défendu contre les vents les plus froids par un coteau boisé, par des collines et des accidents de terrain faisant suite à la chaîne vosgienne. Aussi le climat est- il beaucoup moins variable à Lu.vuoil qu'à Bains-en-Vosges et à Plombières, situés à quelques kilomètres, et dont le voisinage offre un but d'excursion intéressante. Si les promenades des environs de Luxueil sont moins variées et moins pittoresques que celles des autres stations des Vosges, elles n'ont pas encore cependant la monotone uniformité des pays plats; car elles traversent des forêts qui viennent jusqu'aux portes de la ville. La douceur et la constance de la température permettent de commencer la saison thermale dès le 15 mai, de la prolonger jusqu'aux premiers jours d'octobre, et les malades n'ont pas à redouter autant le froid humide qu'à Bains ou à Plombièies, remarque importante pour les rhumatisants qui viennent chercher leur guérison à l'une de ces stations. Les couches superficielles du sol où domine la silice et l'alumine laissent échapper presque à chaque pas des sources froides, de nombreux ruisseaux contribuent encore à la fertilité des campagnes. Les couches piofondes retiennent des nappes thermales qui, par suite de travaux de creusement, arrivent à la surface de la terre et augmentent à volonté les sources déjà très-nombreuses du bel établissement de Luxeuil, situé à 200 mètres seulement de la ville. Le gouvernement, auquel il appartient, le fait exploiter directement. Douze sources l'alimentent; elles se nomment : les première etdeu^cième sources du Grand Bain, la source des Cuvettes, la source du bain des Capucins,
LUXEUIL (eaux minérales de). 549
la source du bain Gradué, la source Ferrugineuse, les sources du bain des Fleurs et Gélatineuse, la source du bain des Dames, la source du bain des Bénédictins, la source d'Hygie, la source des Yeux et la source de Labiénus. C'est avec intention que nous ne parlons pas de Yancienne source des Abeilles iiui n'est pas captée, et des deux sources ferrugineuses du Puits romain et du Temple.
1° Première source du Grand Bain. Elle se trouve au milieu de la salle du Grand Bain. Lorsqu'on enlève la plaque qui couvre son enchambrement, on constate que son griffon émerge par une ouverture circulaire creusée dans le rocher. L'eau suit une rigole de pierre qui la fait passer sous les étuves avant de l'amener au grand réservoir. L'eau de la première source du Grand Bain, comme celle de toutes les sources hyperthermales de Luxeuil, est parfaitement limpide, transparente, inodore, sans couleur, presque sans saveur, d'une densité à peine diflérente de celle de l'eau ordinaire ; sa réaction est à peu près insignifiante sur les préparations de tournesol, qu'elle rougit très-légèrement. Sa température est de 51" centigrade, celle de la galerie étant de 22^ centigrade. Toutes ces sources dont l'eau est traversée par des bulles gazeuses venant s'épanouir à sa surface, ne se distinguent réellement les unes des autres que par leur chaleur plus ou moins
élevée.
2° Deuxième source du Grand Bain. Cette soiu'ce a son point d'émergence sous un pavillon carré ; son eau monte à 45 centimètres au-dessus du niveau du sol • sa température est de 490,9 centigrade. Elle se rend aussi dans le grand réservoir. Une turbine fait mouler l'eau qu'il contient à un bassin établi sous les combles de l'établissement, où elle se refroidit pour être employée au degré convenable dans les salles de douches et de bains isolés. Le grand réservoir ahmente encore d'eau chaude le bain impérial et la salle du bain ferrugineux. M. Leçon te a fait en 1 860, l'analyse chimique de l'eau des sources de Luxeuil. Nous donnons la composition de l'eau du Grand Bain avec celle des sources Ferrugineuse, des Cuvettes et du bain des Capucins.
5" Source des Cuvettes. L'eau de cette source est traversée par des bulles plus nombreuses et plus grosses que celles de l'eau des souices du Grand Bain. La turbine du Grand Bain la fait monter à un bassin supérieur qui la distribue complètement refroidie aux baignoires et aux douches du Grand Bain. Une partie de cette eau thermale prise à la température de la source, se rend directement à la salle des Capucins pour fournir d'eau chaude quatre baignoires. Un autre filet est amené à la buvette des Cuvettes, étabhe en tace de celle de la source Ferru- «^ineuse dans le bain des Capucins. La température de cette eau est de 43°, 8 centiorade au griffon , l'air ds la salle étant de 19° centigrade. Son analyse se trouve avec celle de la source Ferrugineuse.
4° Source du bain des Capucins. Elle jaillit au miUeu de la salle de ce nom, dans un bassin dans lequel son eau est amenée pour retomber ensuite dans des piscines oîi les femmes et les hommes prennent des bains à l'eau courante. L'eau de celte source n'est employée qu'à l'extérieur ; sa température est de 40" centigrade, celle de l'air étant de 25° centigrade. Son analyse est avec celle de la
source qui suit.
5° Source Ferrugineuse. Les parois mternes du bassm de cette source sont enduites, surtout à fleur d'eau, d'un dépôt jaunâtre ressemblant à de l'ocre. La source Ferruo^ineuse alimente la buvette, les baignoires, les piscmes du bain 1erru'ineux et les baignoires des cabinets situés aux angles de la salle des Capucins.
550 LUXEUIL (eaux minérales de).
L'eau de la source Ferrugineuse n'a plus la limpidité des sources hyperthermales. Elle est louche, au contraire, sans odeur ; elle paraît à peine tiède à la bouche. Son effet est absolument neutre sur toutes les préparations de tournesol ; sa température est de 270,9 centigrade au griffon, et de 25", 3 centigrade au robinet de la buvette, l'air de la salle étant à 24°, 5 centigrade. M. Lecoute a trouvé, dans 1000 grammes de l'eau des quatre premières sources de l'établissement de Luxeuil, les principes suivants :
SOURCE DD CnAND IIAIN SOURCE SOCKCE DU BAIN SOUnC;:
ET EAU DES CUVETTES. DES CAPUCINS. rF.HRUCINEDSi; .
DU r.KSEIlVOlr, .
Sesquicarhonate de potasse. . . 0,02707. . . 0,n2j3'2. . . 0,0177.ï. . . 0,0100!)
sourie. ... X a 0,00280. . . O.OOSGj
Sesquioxyde de fer » » » 0,00499
Chlorure de potassiu 11 0,04ô40. . . 0,00350 » >,
— so.lium 0,06050. . . 0,57168. . . 0,50750. . . 0,23590
Fluorure de calcium » » » 0,0n239
Sull'aie de soude 0,16466. . . 0,10932. . . 0,10212. . . 0,0C«6 1
Carbonate de chaux 0,05670. . . 0,05556. . . 0,02i27. . . 0,01011
— magnésie 0,00417. . . 0,00525. . . 0,00252. . . 0,00090
Oxyde rouge de manganèse. . . » » >. 0,00499
Acide silicique 0,11371. . . 0,06832. . . 0,05104. . . 0,04100
matières organiques 0,02559. . . 0,01622. . . 0,02137. . . 0,00911
Iode ( traces traces (races traces
Arsenic ( très-laihles. ti-os-liiibles. très-rail)lcs. tièï-f.iiWes.
Perle résultant des calculs . . . 0,000002... 0,00006. . . 0,00001. . . 0,aoaW
ToTii DES MiTiÈRES FIXES. . . 1,09562. . . 0,85101. . . 0,5202J. . . 0,50485
cent, cubes, cent, cubes. cent, cubes. cent, cubes.
! Oxygène 0,54. . . 1,70. . . non déteiminûos. . . 0,42
Acide carbonique 4,86. . . 5,10. . . non dctermmces. . . 30,58
Azote 14,05. . . 15,31. . . non déteiminées. . . 9,42
Total des gaz 20,45. . . 22,11. . . non déterminées. . . 40,42
6" Sources du bain Gradué. Deux sources, l'une hyperthermale et l'autre mésothermale alimentent le bain Gradué. La source hyperthermale venant de l'extérieur de la salle marque 58" centigrade à son arrivée, et la source mésothermale qui vient de l'intérieur de la coquille du centre de la salle, correspondant à son griffon, n'accuse que 55° centigrade. La piscine du bain Gradué étant divisée par quatre cloisons qui ne laissent pas passer l'eau, cliaque sexe peut prendre un bain à la température qui lui convient. L'eau la plus chaude a 55° centigrade, celle qui l'est le moins a 52°, 5 centigrade seulement. L'analyse des deux sources du bain Gradué est annexée au tableau des deux sources suivantes.
7° Sources du bain des Fleurs et Gélatineuse. Les griffons de ces deux sources émergent sous le même pavillon ; l'on s'y rend par le couloir du bain Gi"adué. En traversant une cour intérieure autour de laquelle ont été disposés les cabinets du bain des Fleurs, dont les baignoires sont alimentées d'eau chaude par la source du bain des Dames, et d'eau froide par la source d'Hygie. Un tuyau de plomb de 2 centimètres de diamètre verse sans cesse l'eau de la source des Fleurs. Une borne conique, percée dans le sens de son axe, d'un conduit revêtu d'un sédiment jaunâtre, rugueux et dur est appliquée sur le griffon de la source Gélatineuse. L'eau sort constamment avec la même abondance; mais les bulles de gaz ont un dégagement intermittent et sans périodicité réglée. Les caractères physiques de l'eau de ces deux sources n'ont rien qui les distingue non-seulement l'une de l'autre, mais encore de toutes les sources hyperthermales de Luxeuil;
LUXEUIL (eaux minérales de). 551
elle? ne diflerent que par leur température; l'air du pavillon étant à 49° centigrade, l'eau de la source des Fleurs, marque ô8° centigrade, et celle de la source Gélatineuse 35" centigrade seulement. La thermalité de l'eau des deux sources du bain Gradué et Gélatineuse convenant si bien aux douches et aux baius, fait regretter que leur captage soit incomplet, et que leur eau serve surtout en boisson. M. Leconte a trouvé dans 1000 grammes de l'eau des deux sources du bain Gradué, des Fleurs et Gélatineuse, les principes sui/ants :
SOURCE bODRCE
HTPERTIIERUALE KÉSOTHEr.MALE
DO »n
BAIN GR\DCÉ. B»IN GnADUf:
Sfisquicarbonale de pota-se. . . 0,0-'36'). . . 0,0171S. .
— soude. ... » 0,00114. .
Chlorure de potassium » .,
Sulfate de soude 0,lo46i. . . 0,08872. .
Carbonate de chaux 0,056o5. . . 0,(iri5l7. .
— magnésie 0,OOI9S. . . 0,Oi-2-25. .
Oiv de rouge de manganèse. . . 0,01374. . . 0,00401. .
Acide silicique 0,07663. . . 0,03ri07. .
Matières organiques 0,0-22S6. . . 0,01615. .
Iode et arsenic très-faibles traces, tr.-f. ir. .
Perte résultant des calculs. . . 0,00002. . . »
Total DES luriÈREs FITES. . . . 0,21369. . . 0,03007. .
cent, cubes.
Î Oxygène non déterminé. 0,."i6
.\cide carbonique non déterminé. 5,94
Azote non déterminé. 19,44
Total BES CAZ non déterminé. 23,94
; SOLTICE
SOIRCE
Di;
GELATINEDSE.
BAIS DES FLEDRS.
0,(i0lo7. . .
tr.-f. ir. . .
tr.-f. tr.
0,226al
non déterin.
non détorm.
non déterin.
non déterm.
non déteira.
non délerm.
non délenn. non déterin.
8** Source du bain des Dames. Elle sort par quatre tuyaux du fond de la piscine octogonale ; son eau recouvre les parois d'un dépôt d'une couleur noire très-prononcée; il est en si grande abondance que l'on doit, à la fin de chaque saison, opérer le grattage complet de l'intérieur du réservoir. M. le docteur Delacroix, inspecteur des thermes de Luxeuil, a constaté que des pots de terre brute plongés dans l'eau perdent leur couleur et prennent, au bout de huit jours, une teinte uoirc qui devient marquée au bout de quinze, et qui, apiès trois semaines, est très-intense, vernissée et d'un retlet brillant, irisé et métallique. L'eau ne sort des tuvaux que par saccade^, et cjs intermittences, irrégulières d'ailleurs, coïncident sans doute avec le dégagement plus ou moins abondant du gaz qu'elle contient en plus grande quantité que toutes les autres sources de cette station. On peut s'en assurer facilement en suivant les nombreuses bulles qui montent à la surface de l'eau dans un verre rempli sous le jet; quelques-unes s'attachent à ses parois et ressemblent à des perles déjà grosses. La sourcj du bain des Dames, que l'on n'emploie pas en boisson, alimnite d'eau chaude les baignoires du bain Gradué et presque toutes celles des salles de la cour du bain des Fleui-s. Sa température est de 4l3^o centigrade, l'air de la salle étant à 25° 5 centi"Tade. Son analyse chimique est annexée au tableau qui suit la description de la source de Labiénus.
9° Sources du bain des Bénédictins. Une pyramide semblable à celle du bam des Dames verse l'eau de cas deux sources par deux tuyaux semblables. L'eau de chacune d'elles n'a pas la même température et emplit l'un des deux compartiments de la piscine dans laquelle elles émergent. L'eau de la source Chaude ou source du Milieu, plus abondante que celle de la source tempérée ou source latérale, a une température de 41°, 5 centigrade. La se-
355 LUXEUIL (eaox minérales de).
coude source a son griffon au bord méridional de la piscine du bain deô Bénédictins ; sa température est de 57° centigrade, l'air de la pièce étant à 24° centigrade. Nous donnons l'analyse chin)ique de l'eau des sources du bain des Bénédictins avec celle de la source de Labiénus.
1 0. Source d'UTjfjie. Elle émerge dans le jardin de l'établissement tbermal : un tube de verre adapté au tuyau de plomb qui aboutit à son griffon, donne constamment passage à l'eau de cette source, exclusi\enient employée en boisson. La température de l'air étant de 20° centigrade, celle de l'eau est de 29°,5 centigrade. Il est regrettable qu'on ne profite pas de la température hypothermale de la source d'Ilygic pour donner des bains frais à Luxeidl. Son analyse se trouve à la suite de la description de la source de Labiénus.
H" Source des Yeitx. La source de la fontaine des Yeux sort de terre à plus de \ mètre en contre-bas du sol, dans la cour d'bonneur de l'établissement, par un jet inégal et peu abondant. Sa 1cm] érature est de 51)° centigrade, celle de l'air extérieur étant de 25° centigrade. Elle est exclusivement employée comme topique dans les affections des organes de la vue. Son analyse exacte n'est pas connue.
12° Source de Labimus. M. Leconte rrmarqua, le i" septembre 1857, au nord-est de l'établissement, un aqueduc dirigé du nord au sud, où coulait l'eau limjiide, d'une température à 54°, G centigrade de la source de Labiénus. Cette eau abandonne un sédiment qui contient une notable quantité de fer, de manganèse et d'arsenic. M. Leconte a trouvé les principes sui\antsdans lOCO grammes de leau des sources du bain des Dames, du bain des Bénédictins, d'Hygie et de Labiénus.