MACÉRATIONS ANATOMIQUES
chromique, recommandé par Hannover, en 1840, aux histologistes, a certainement contribué considérablement à la vulgarisation des recberches micrograpliiques. Cependant, comme l'ont bien montré Schultze et Frey, l'usage de ce réactif demande des précautions assez minutieuses, et, suivant le degré de concentration, suivant le volume de la pièce macérée, peut donner des résultats trèsvariables, et tantôt servir comme moyen de durcissement, tantôt comme moyen d'isolement des éléments, c'est-à-dire de macération proprement dite. Autrefois, ! on se contentait, pour taire durcir les pièces, de solutions dont on jugeait la con-centration à la couleur, et l'on employait des solutions ayant une couleur jaune; claire, ou bien analogue au vin de Xérès. 11 est bien préférable de préparer à' l'avance des solutions titrées, soit à i pour 100, ou à 2 pour 100. Il est alors très-facile, avec une simple éprouvette graduée, de varier les solutions.
La solution à 1 pour 300 est la meilleure pour des pièces de moyenne grosseur, n'excédant pas le volume d'un œut de pigeon ; il est bon, pour les pièces plus grosses, de pratiquer un certain nombre de coupes incomplètes qui permettent une imbibition plus régulière. Le procédé le plus exact consiste à employer d'abord une solution faible, au 1000*, remplacée après vingt-quatre beures par une solution au 500", et enfin après deux jours par une solution au SOO*^. Lorsqu'on a obtenu un durcissement égal et complet, on peut conserver ces pièces très-longtemps dans une solution de 1 partie d'alcool à 36" pour 4 parties d'eau.
Les macérations d'acide cliromique ont l'inconvénient de laisser se développer rapidement, surtout en été, desbyssus ou moisissiu-es qui altèrent les pièces. J'ai ordinairement pu éviter ce développement de byssus par un moyen assez simple, c'est de faire tomber dans le vase à macération, à la surface du liquide, quelques gouttes d'acide phénique, et de conserver les vases bien bouchés. On trouve dans le conmierce des fermetures en fer-blanc garnies d'un anneau de caoutchouc, qui conviennent pour les vases qui ne sont pas trop larges. Des plaques de verre dépolies, ets'adaptant sur le bord dépoli des vases ou baquets à macération, sont également employées ; il est bon de les luter avec du suif, ou encore avec des bandes de diachylon. Quand on se sert des bouchons de liège, il faut les revêtir, soit de diachylon, soit avec la toile fine de caoutchouc, qui dans quelques hôpitaux de Paris remplace le tatfetas gommé. On peut se servir de vessies pour le même usage. Avant tout, il faut surveiller les macérations, les renouveler, nettoyer les préparations ou les bouchons avec de l'alcool lorsqu'il se forme quelques byssus.
L'acide chromique est un excellent moyen de macération légère et peut servir à isoler des éléments anatomiques de structure délicate. Tels sont les éléments du tissu nerveux, les éléments de l'embryon, les éléments des tumeurs. Dans ces cas, on emploie des solutions de 0,025 à 0,05 et même 0,01 pour 100. Il suffit, pour des coupes ou des particules de tissu, d'une macération d'une heure ; avec des pièces de petit volume, on obtient le résultat désiré au bout d'un à trois jours.
Le bichromate de potasse a été employé avec succès comme succédané de l'acide chromique; il faut à peu près quatre fois plus de bichromate de potasse en poids que d'acide chromique pour obtenir des effets analogues. Il sert de base à la solution de Millier, d'un grand usage pour l'étude de la rétine, des petites glandes et des embryons, et dont la tormule est :
Bichromate de potasse. . - 2 grammes à 2,30.
Sulfate de soude 1 gramme.
Eau dislillée 100 —
Faire macérer pendant 2 à 3 semaines.
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Parmi les agents les plus actifs de ma'^éraùon, il faut signaler le suc gastrique, applicable surtout à l'étude des cellules nerveuses ou des terminaisons des nerfs. On peut se servir du suc eastrique du chien, ou d'un suc gastrique dilué, plus facile à obtenir, suivant le procédé de Kœlliker, qui consiste à faire macérer pendant quelques minutes, dans de l'eau additionnée de quelques gouttes d'acide chlorhydrique, un estomac de grenouille. Pour activer l'action du suc gastrique; il fav\t chauffer légèrement les préparations ; à cet effet, on peut conserver dans la poche les macérations renfermées dans de petits tubes.
L'acide picrique eu solution saturée est un bon moyen de macération; il durcit rapidement les tissus et les colore en jaune. Il a l'avantage de laisser reconnaître facilement les globules rouges ; aussi convient-il pour l'examen de pièces pathologiques, car il conserve l'aspect de la congestion, et permet de reti'ouver facilement les vaisseaux. L'acide picrique est utile dans les préparations rapides, mais n'offre pas d'avantages réels quand les macérations doivent être prolongées, les pièces s'y altérant facilement.
A côté des M. qui agissent sur les éléments, il importe de signaler un liquide qui, depuis l'emploi qui en a été fait par Schultze, est devenu d'un usage précieux en histologie. Ce liquide a plutôt pour but de servir de véhicule neutre; mais, comme il peut être utilisé comme moyen de macération légère, nous le signalerons ici. Ce liquide est désigné sous le nom d'ioJsérum; il est constitué par la sérosité amniotique recueillie pendant la parturition de la vache et traitée par l'iode. On ajoute 5 à 6 gouttes de teinture d'iode par 50 grammes de sérosité; le mélange, d"abord jaunâtre, pâlit au bout de quelques heures; on ajouté de nouveau quelques gouttes de teinture d'iode, et ou filtre. Suivant Frey, il faut, dans ces macérations, n'opérer que sur de très-petits fragments et les placer dans une grande quantité de liquide. D'après ce même auteur, on peut constituer un sérum artificiel équivalent, en mélangeant 50 grammes de blanc d'œuf, 270 grammes d'eau, 40 centigrammes de chlorure de sodium, et la quantité voulue de teinture d'iode.
A la suite de ces notions générales, nous énumérerons les principaux agents de macération employés suivant les objets de l'étude, afin de réunir des renseignements qu'on trouverait épars dans les divers articles d'histologie.
Éléments anatomiques . Les M. sont employées dans l'étude des éléments anatomiques comme acte accessoire, et pour l'examen des éléments arrivés à une période complète de développement et faisant partie des tissus. L'usage des réactifs, qui offre une grande importance, constitue des opérations différentes de la macération. C'est surtout chez l'embryon qu'on étudie les phases diverses du développement des éléments, et les macérations conviennent peu, à moins d'être très-faiblement actives. Telles sont les solutions d'acide chromique à 0,0001. les dilu ions d'alcool, les solutions de sucre ou de sel marin. L'iodsérum, le sérum artificiel sont ici d'une grande utilité.
Quand il faut distinguer certains éléments au sein des tissus, ou dans les |iroductions pathologiques, la M. préalable est fort utile. Les agents les plus habituellement employés sont les suivants :
Cellules épithéliales... Les acides lartrique, citrique, azotique, chlorhydriques, concentrés ou dilués, suivant la résistance et la disposition des éléments. Par exemjile, pour les cellules des poils, on se sert d'acide sulfiu-ique conce-itré ou de soude ; ]iour les épithé.iums cylindriques, vibratiles, on emploie des solutions très faibles d'acide citrique ou tartrique, soit 1 |:our 100. ■'
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Médullocelles... L'acide taitrique au 5^, l'acide chlorhydrique à 5 pour 100.
Mijeloplaxes... Acide clironiique, 0,01 pour 100 ; solution de perchlorure de fera 1 pour 100;. l'acide chlorhydrique à 5 pour 100,
Fibres-cellules, éléments des muscles lisses... Pour l'isolement des fibres, un des meilleurs moyens de macéralion est un liquide composé de parties égales d'acide nitrique et d'acide chlorhydrique dilués dans la proportion de 20 pour 100, ou l'un ou l'autre de ces acides à la même dilution.
Les solutions alcalines, soude et potasse, à 55 pour 100, font apparaître les noyaux.
Le perchlorure de palladium est un réactif nouveau et excellent pour la démonstration des fibres lisses qu'il colore en jaune, les noyaux devenant plus foncés et très-apparents. On l'emploie en solution dans l'eau, à 0,25 pour 100. 11 faut ajouter quelques gouttes d'acide chlorhydrique pour faciliter la dissolution. Sous l'induence de la macération, les organes ou les tumeurs qui renferment ces éléments deviennent, au bout d'une semaine environ, à la fois durs et élastiques. 11 faut renouveler le liquide des macérations chaque jour, pour accélérer l'action du réactif.
L'acide chromique à 0,01 pour 100, pour une macération de quelques heures, est très-boa pour l'étude des diverses parties de l'élément.
Chondroplastes, éléments cartilagineux... m. dans l'acide chromique 1 pour lOU ; l'acide picrique, etc.
Ostéoplastes, éléments osseux... m. prolongée dans l'acide chlorhydrique 20 pour 100, ou dans un mélange formé d'acide chlorhydrique, 1 partie; acide tartrique en solution saturée, 4 parties; eau, 10 parties; ou encore l'acide chromique à 1 pour 100.
Tissus embryoplastique, blastodermique... m. neutre, m. dans l'acide chromique 0,01 pour 100.
Tissu adipeux... m. dans l'acide tartrique, l'éther, l'essence de térébenthine.
Tissu tendineux... m. dans l'alcool et surtout l'eau de chaux, l'eau de baryte, qui isolent les fibres. Le sérum agit ici comme véritable agent de macération.
Tissu lamineux. Les procédés communs.
Tissu élastique... m. dans les acides concentrés.
Tissu dermo-papillaire. La macération simple dans l'eau démontre les papilles ; les macérations acides le ramollissent et le rendent transparent, et montrent les glandes. L'acide nitrique colore les glandes et les durcit. L'alcool, l'acide chromique servent au durcissement.
Les mêmes procédés conviennent au tissu muqueux.
Tissus cartilagineux, osseux, médullaires. {\oy. les éléments de ce nom.)
Tissu musculaire rouge ou strié... Pour voir le sarcolème, m. dans les acides acétique 20 pour 100, chlorhydrique 20 pour 100, soude 1/50 ; l'imbibition seule suffit. Pour étudier les fibrilles, m. dans l'acide chlorhydrique à 0,20 pour 100 ou 1 pour 100. Pour les nerfs, liquide de Kœlliker, 8 à 16 gouttes d'acide acétique pour 100 grammes d'eau, ou l'acide chlorhydrique 0,1 pour 100- Le suc gastrique dissout le sarcolème et montre la disposition en disques.
Glandes ou parenchymes glandulaires, foUicules et glandes en grappe... m. dans les acides azotique, citrique, tartrique; durcissement par l'alcool ou l'acide chromique. On peut également se servir de la liqueur de Beale, qui a pour formule :
MAC GRIGOR. 591
Ean 50 grammes- Glycérine 50 —
Alcool GO —
Acide acétique 6 —
Acide azotique 3 —
Glandes vasculaires (rate, ganglions, (liynuis, thyroïde, capsules surrénales, plaques de Peyer)... m. dans l'alcool, l'acide cliromique 1 pour 100, leperclilorure de fer 1 pour 100.
Poumon... Les procédés communs, m. dans l'acide picrique; pour les poumons de fœtus, les acides azotique, cilrique, tartrique, l'alcool.
Ovaire et testicules... L'acide chlorliydrique 20 pour 100, et les mêmes macérations que pour les glandes.
Reins... m. communes, m. dans l'acide chlorliydrique pur.
Système nerveitr... Ou emploie, pour étudier les éléments, les macérations dans l'acide cliromique très-dilué, le bichromate de potasse, le suc gastrique, l'acide pyroligneuv à 2 pour 100.
Pour l'étude de la texture, il faut faire durcir les parties à examiner, soit en employant des solutions graduées d'acide chromlque, soit par le bichromate de potasse, soit enfin par l'un des procédés suivants :
Procédé de Clarke. Les portions de substance nerveuse sont plongées, pendant 1 ou 2 heures, dans un liquide formé de 1 partie d'acide acétique, 5 parties d'alcool ; puis de nouveau mises dans l'alcool pendant 1 ou 2 heures, et enfin traitées par l'essence de t'rébentliine, qui leur donne de la transparence.
Procédé de KœlWier. On fait macérer dans une solution de bichromate de potasse de 1 <à 2 pour 100, puis dans une solution de 5 à 4 pour 100, et on emploie la soude à 1/35 pour donner de la transparence. A. IIé.nocque.
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MAC CRIGOR (J.xMEs). Né à Strathspey, d'autres discuta Cromdale dans le comté d'Inverness, le 9 avril 1771. Après avoir fait ses études à Aberdeen oii il prit ses degrés, il entra, en 1795, comme chirurgien au 88*^ régiment, dans l'armée anglaise et servit en Hollande sous le duc d'York, puis dans les Antilles alors que la fièvre jaune décimait l'armée anglaise; de là il passa dans l'Inde, puis en Egypte dans l'armée de lord Abercrombie, où il eut à lutter contre la peste; à AValcheren, il se trouva en présence d'un nouveau fléau, les fièvres pernicieuses i{ui firent là tant de victimes. C'est encore lui qui dirigea le service de santé, en Espagne, sous les ordres de Wellington. .\près tant de services rendus il fut placé comme directeur général à la tète du département médical de l'armée ann^laise. Là ne se borna pas la reconnaissance du gouvernement, il fut créé baron, commandeur de l'ordre du Bain ; la Société royale de Londres et d'autres corps savants lui ouvrirent leurs portes. Mac Grigor mourut le 2 avril 1838 à l'âge de quatrevingt-sept ans, et, quelques années après, le 2 septembre 1865, sa statue fut érigée sous le péristyle de l'hôpital de Chelsea.
Mac Grigor a laissé peu d'écrits importants, nous citerons cependant les suivants :