‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.55Chapitre 47 sur 65 · MACÉRATIONS ANATOMIQUES · texte numérisé non relu

MACÉRATIONS ANATOMIQUES

et dans un espace de temps égal an^remicr ,àAm parties égales d'alcool et d'eau, enfin dans le liquide à 22°. Par ce moyen, la conlraclion est peu considérable. » L'acide azotique et l'acide clilorhydnque sont d'un usage constant dans les amphithéâtres pour faire durcir l'encéphale ou la moelle. A cet effet, les centres nerveux sont dépouillés avec soin des membranes, et placés dans un vase large contenant l'un des deux acides étendu de vingt parties son poids d'eau. 11 est bon de renouveler le liquide, et, au bout de quelque temps, une semaine au plus, les organes sont assez résistants pour permettre l'étude et des coupes en sens divers. Ou peut employer, dans le même but, des solutions d'alun ou de sublimé; la j liqueur de Goadby convient pour les pièces déhcates (encéphale de fœtus, encéphale de petits animaux); il a pour formule :

Sel gris 250 grammes.

Acide arsénieux 1 —

Sublimé corrosif 1 —

Eau distillée 1 kilogramme.

Mais ces M. ne serviront que pour des recherches faites à l'œil nu, et ne sont nullement favorables à l'étude de la texture.

L'acide azotique est un bon agent de macération pour les petites glandes qu'il durcit et colore en jaune. Il est alors étendu de 5 à 4 parties d'eau.

Les M. qui servent à ramollir les pièces ont rarement une action égale sur les divers tissus, et, en général, elles ont surtout pour effet de rendre transparent et de gonfler, en le ramollissant, le tissu cellulaire, permettant l'isolement facile des parties plus résistantes.

La macération dans l'eau pure est le procédé le plus simple, mais ne sert ordinairement que pour laver les pièces.

La M. dans l'acide chlorhydrique ou l'azotique, au vingtième ou en solution trèsdiluée, est utilisée dans l'étude des nerfs crâniens et de l'oreille. Ces acides dissolvent les sels calcaires des os, et l'on peut alors faire aisément des coupes à travers les os ramollis, et préparer les fines anastomoses des nerfs crâniens. Mallieureusement ces préparations sont d'un aspect peu agréable, et ne conviennent qu'à des examens rapides ou à des recherches spéciales et limitées, par exemple, à des anastomoses nerveuses délicates. En outre, toutes les M. acides ont le défaut d'altérer les instruments. Quand on prépare des nerfs qui nécessitent peu de dissection, comme pour le grand sympathique, on obvie à cet inconvénient en se servant de fines aiguilles droites ou courbes, d'aiguilles à cataracte qui ont été dorées.

L'acide chromique, comme nous le verrons plus loin, présente la propriété de ramollir les os, mais à un degré bien moindre.

Les propriétés des divers réaciifs d'agir sur certains tissus ont reçu de nombreuses ap|)lications, et l'on peut dire qu'à chaque tissu correspondrait une macération spéciale.

Les plus vulgaires sont les suivantes :

Pour le tissu glandulaire, les acides citrique, tartrique, acétique, pyroligneux, sont d'une grande utilité. On les emploie au 50*, au 40*, ou plus dilués encore. Les acides tartrique et citrique, au 50*, doivent être préférés pour l'étude des petites glandes ou des tumeurs épithéliales. En effet, ces acides rendent le tissu cellulaire transparent, tandis que les parties glandulaires ou épithéliales restent d'un blanc opaque ; on peut alors isoler les glandes, ou étudier les préparations par transparence. Ce procédé donne de beaux résultats pour les glandes des muqueuses et de la peau ; ou bien on dissèque un lambeau de muqueuse, ou mieux

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on fait des coupes fines sur des préparations durcies par l'alcool ou par l'acide chromique ; après une macération de quelques heures dans la solution, on place les coupes entre deux lamelles de verre et on les y comprime légèrement ; on peut alors étudier par transparence, ou mieux à la loupe, les glandes ou la disposition des revêtements épithéliaux et des papilles. Pour les glandes volumineuses, la dissection est facilitée, et en outre on peut étudier des portions isolées. On ne saurait trop vulgariser ce mode d'étude, parce que, combiné à l'étude de coupes sur des pièces durcies dans l'alcool ou l'acide chromique, il habitue l'anatomisle à interpréter l'aspect de? glandes en deux états diliérents, au milieu d'un lissu cellulaire durci, ou au milieu d'un tissu cellulaire ramolH. L'histologiste, dans l'examen des tumeurs ou des organes, ne procède pas autrement, et doit toujours avoir recours à ce mode préalable d'étude à l'œil nu ou à la loupe qui donne des renseignements indispensables pour l'étude de la texture. Les M. qui conviennent à l'étude de certains muscles délicats (muscles de l'oreille, muscles du pharynx, du voile du palais, de la langue, etc.) sont l'acide chlorhydrique et l'acide azotique, au i 5*=, surtout lorsqu'on doit faire des coujies osseuses. Pour l'étude des muscles lisses des viscères, des faisceaux de fibres lisses dans certains replis (ligaments larges) , on peut également se servir de ces acides ; mais nous préférons les solutions faibles d'acide pyroligneux (soit au 100%\ qui dissocient moins les faisceaux et attaquent moins les instruments. On peut ainsi isoler très-facilement les diverses couches des muscles du tube digestif, et de plus utiliser les préparations pour des recherches microscopiques.

Ces exemples suffisent à montrer que des réactifs utilisés en micrographie peuvent être employés dans les études d'anatomie descriptive faites à l'œil nu.

Anatomie microscopique. Les M. sont bien plus variées encore en 'echnique microscopique, et il serait difficile d'établir une distinction sérieuse entre les liquides sersant à des macérations et ceux qui sont employés comme réactifs. En général, on n'utilise dans les macérations que des liquides dont le prix n'est pas trop élevé; beaucoup de réactifs sont directement déposés entre les lames de verre, sur la préparation elle-même.

Certains agents sont appliqués à la plupart des recherches. Tels sont surtout ceux qui ont pour effet le durcissement des pièces, et qui ont été déjà signalés en partie.

11 existe quelques règles générales qui dominent leur emploi, et qu'il n'est pas inutile de rappeler Sauf des cas spéciaux, on u'usera que des solutions trèsétendues et progressivement graduées, pour éviter des déformations trop considérables, ou parce qu'avec des solutions trop concentrées le réactif n'agit qu'à la surface, et forme une croûte pulpeuse ou dure, qui s'oppose à une pénétration régulière. Pour la même raison, les parties macérées doivent être peu volumineuses. On évitera d'accumuler des pièces dans les vases à macération, et il est bon de maintenir les pièces en suspension dans le liquide pour éviter leur contact avec les parois du vase. On peut envelopper les pièces dans du linge qui les isole delà paroi, tout en permettant l'imbibition. Il faut s'habituer à n'employer que des solutions titrées ; le temps perdu dans les manipulations est bien compensé par la précision dans le mode d'action, et par l'habitude que l'on prend de juger nettement du temps nécessaire pour obtenir le résultat désiré.

Parmi les liquides employés pour le durcissement des pièces, condition indispensable pour exécuter des coupes fines servant à la démonstration, l'alcool dont il a été parlé et l'acide chromique tiennent le premier rang. L'emploi de l'acide

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