MAGNÉSIUM
MAGI\'ÉSIIIM. Dès 1828 M. Woliler avait montré ([n'en traitant les chlorures des métaux dits terreux (magnésium, aluminium, gluciuium, zirconium, etc., etc.) par les métaux alcalins (potassium, sodium, etc.), ces derniers s'emparaient du chlore, et le métal terreux devenait lihre. Trois ans plus tard, en 1851, M. Bussv fit une heureuse application du procédé général indiqué par M. VVôhler, etobtiut assez de magnésium pour en étudier les principales propriétés, [Aiin. de Ch. et dePhys., t. XLYl, p. 434, année 1831.)
En 1855, M. Bunsen isola une quantité plus considérahle de ce métal, en décomposant le chlorui'e de magnésium fondu par un courant électrique. (Annales der Cliemie und Pharmacie, t. LXXXIf, p. 137.) Dans ces derniers temps, MM. H. Deville et Caron ont préparé le magnésium par un procédé qui est essentiellement le même que celui de M. Bussy, mais tellement modifié, qu'il peut servir comme d'expérience de cours. {Ann. de Chim. et de Physique, 3^ série vol. XLVII, p. 340.)
On fait un mélange, intime autant que possible, de 600 grammes de chlorure de magnésium, 100 grammes de chlorure de sodium (sel marin fondu), et autant de fluorure de calcium pur et de sodium en petits morceaux. On introduit ce mélange, au moyen d'une petite main en tôle, dans un creuset de terre chauffé à la température du rouge vif et qu'on ferme de suite avec son couvercle. La réaction terminée, on retire le creuset du feu, et quand la masse liquide est près de se figer on l'agite avec une tige de fer pour rc'unir le plus possible les petits globules métalliques épars dans la masse. On coule le tout sur une plaque de fer, et après refroidissement, on concasse la scorie pour en retirer les globules de magnésium dont le poids collectif sera de 45 grammes. On purifie le métal brut en le chauffant au rouge vif dans une nacelle de charbon enfermée dans un tube de la môme matière que traverse un courant d'hydrogène. Le tube étant incliné, le métal se condense en avant de la nacelle. On le fond ensuite avec un mélange de chlorures de sodium, de magnésium et de fluorure de calcium ; le magnésium pur se rassemble au fond du creuset.
Le magnésium bruni a presque l'éclat de l'argent ; il se laisse limer et il est assez malléable, sa densité est 1,75; il fond vers 500° et se volatilise à la chaleur blanche. Son équivalent est 12, et le poids de son atome est 24,
Ce métal brûle avec une flamme éclatante au milieu de laquelle on distingue de temps en temps des aigrettes bleu-indigo ; en brillant dans Tair il passe à l'état de magnésie.
La lumière émise par le magnésium en combustion est une des plus intenses, et dépasse, pour la blancheur, celle du soleil : aussi n'altère-t-elle pas l'aspect des couleurs, ainsi que le font certaines flammes- artificielles, telles que celles du gaz à éclairage, de l'huile, des bougies, de la luciline, etc., etc. La flamme du magné' sium peut servir à éclairer les alehers des peintres, les galeries de tableaux, les magasins ou l'on vend des tissus coloriés, car la lumière qu'elle répand est égale, à l'intensité près, à colle du soleil. Un fil de magnésium de 0°'™,12 produit, en brûlant, une lumière égale à celle de 74 bougies stéariques.
Quand il est pur et que sa surface est polie, le magnésium se conserve assez bien dans l'air, d décompose très-lentement l'eau froide, mais assez rapidement l'eau chaude, surtout lorsqu'il est très-divisé.
Chlorure. Si l'on traite la magnésie par de l'acide chlorhydrique, on obtient une liqueur qui, évaporée, donne des cristaux de chlorure de magnésium pentahydraté MgGl-|-5aq. Ces cristaux ne peuvent abandonner leur eau d'hydrata-
lion qu'en se décomposant. Pour que le chlorure de magnésium devienne anhydre, il faut augmenter sa stabilité en le mêlant avec du chlorhydrate d'ammoniaque (sel ammoniac). Il se forme amsi un chlorure double ammoniaco-magnésien, qui résiste à une.température assez élevée pour devenir anhydre. Si dans cet état on le soumet à une chaleur plus intense, le composé ammoniaco-magnésien se dédouble, le chlorure ammoniacal se volatilise, et le chlorure de magnésium reste à l'élat de fusion pour prendre, en se figeant, la forme d'une masse qui se partage en belles lames blanches micacées qu'il est nécessaire de conserver à l'abri do l'bumidité de l'air à cause de leur facile déliquescence. Ce composé est formé de
Magnésium 26.0i
Chlore 75,96
Sans parler de l'eau de la mer, il est rare que les eaux naturelles ne contiennent pas du chlorure de magnésium. Aussi arrive-t-il souvent que, quand ou les distille, et qu'elles deviennent trop concentrées, elles dégagent de la vapeur d'acide chlorhydrique, résultant de la décomposition du chlorure de magnésium sous l'influence de l'eau et de la chaleur. Malaguti.
MAGXÉTISME. Les minerais ferrugineux de la formule Fe^O* jouissent de la propriété d'attirer le fer et sa limaille; on leur donne le nom d'aimants naturels ou de pierres d'aimant. L'agent qui leur communique cette propriété [jrend le nom de magnétisme. A l'aide de procédés que nous décrirons plus tard, on peut communiquer, d'une manière permanente, à des aiguilles ou à dos b.u'reaux d'acier trempé, toutes les propriétés des aimants naturels. Ces aiguilles et ces barreaux sont alors dits aimantés ; ils prennent le nom d'aimants artificiel, et nous ser\iront à étudier les lois générales des phénomènes magnétiques. L'expérience démontre q\ie tous les corps solides, liquides ou gazeux sont intluencés par les aimants; les uns sont attirés comme le fer, les autres sont repoussés. Cette action générale du magnétisme sur la matière pondérable, et même sur la lumière, est étudiée dans un article spécial. {Voy. Di.\magnétiqde.) iXous nous contenterons de donner ici un tableau de métaux dont les uns sont attirés, les •lutres repoussés par les aimants.
METAOX ATTIRES PAR LES AIMASTS.
Fer.
Palladium.
iNickel.
Platine.
obalt.
osmium.
Manganèse.
Lanthane.
Chrome.
Molybdlène
Césium.
Uranium.
Titane.