‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.55Chapitre 61 sur 65 · MAGNOLIA (piiarîiacologie · texte numérisé non relu

MAGNOLIA (piiarîiacologie

d'une fleur cireuse comme les pmues ; le second, par ses larges fleurs blanche» et ses feuilles auriculées à la base. On emploie leurs feuilles et leur écorce. Celle-ci est souvent, il est vrai, mêlée à celle d'autres espèces, comme les M. g^auca, grandiflora, etc. M. Procter l'a analysée et y a trouvé « un acide qui précipite en vert les sels de fer, des sels, de l'huile volatile, une résine verte, » et ce principe cristallisable, comparable à la Liriodenclrine, dont nous venons de parler (Pereira, Elevi. Mat. med., éd. 4, II, p. II, 676). Les montagnards emploient sans cesse les écorces de ces Cucumber-trees, infusées dans des boissons alcooliques, pour se préserver et se guérir des alfections rhumatismales et des fièvres d'accès. Les feuilles sont peu usitées. Les graines sont fébrifuges, comme celles du M. glauca.

En Chine, les semences du M. Yulan\)ï.%T. {Arhr., II, 6) ou 3/. conspicua Salisb. {Par. lond., t. 58) sont recherchées pour l'odeur de citron de leur tégument charnu ; elles servent au traitement des rhumatismes chroniques et à la préparation d'une poudre sternutatoire. Les propriétés thérapeutiques des Magnolia sont en général bien plus prononcées dans les espèces des pays chauds qu'on a rapportées à des genres distincts et dont nous traiterons en leur lieu, quoicpie, comme nous l'avons dit plus haut, ces plantes appartiennent en réalilé pour nous^ au même genre que les Magnolia proprement dits. H. Bn.

L., Gen.. n. 690. — Certn., De fruct. et de semin., I, 345, t. 70. — J., Geii. plant., 281. — DC, Prodromas, I, 79. — Endl., Gen., n. 4757. — Michaux, Arb. forest., III, 77. — Exdl., Enchiridion, 429. — Pereiba, Etem. Mat. med., éd. 4, II, p. ii, 674. — Lixdl., FI. medic, 23. — GuiBouRT, Drog. sinipl., éd. 4, 111, 678. — Bexth. et J. D. Hooree, Gen. plant., I, î8, n. 4. — RosEXTii., Sijn. plant, diaphor., 593. — Baillox (H.), ia Adansonia, YII, 5, 5, 66; Histoire des plantes, I, 155, 179, 181, 188.

§ II. Pharmacologie. Les arbres et arbrisseaux de la famille des Magnoliacées sont utilisés pour la médecine, dans les pays où ils croissent. Les fleurs servent pour des infusions aromatiques ; les fruits et surtout les écorces sont employés comme toniques amers et comme fébrifuges.

Nous renvoyons à l'article Magnolia du Dictionnaire de matière médicale de Mérat et de Lens (t. IV, p. 192), pour les spécialités d'emploi de diverses espèces de cette famille, et nous ne nous occuperons ici que de l'espèce intéressante, naturalisée en Europe, dont les applications thérapeutiques ont été les plus nombreuses et les mieux appréciées ; c'est le liriodendron tulipifera, vulgairement tulipier.

La partie usitée de cette plante est Ve'corce, et mieux Y écorce de la racine, qui paraît jouir de propriétés plus actives que celle du tronc et dos rameaux.

L'écorce de la racine du tulipier est épaisse et spongieuse, lisse et gi ise à l'extérieur, d'une couleur rouge brun à l'intérieur, d'une saveur amère, d'une odeur légèrement aromatique. L'écorce du tronc et des rameaux est plus mince et d'un vert jaunâtre à l'extérieur ; on la récolte sur les branches au moment où larbre est en fleurs.

L'écorce de tulipier contient, d'après Bouchardat, une huile essentielle, du pipérin, une résine molle acre, du tannin, de la pectine, de la gomme, du ligneux, des sels. Elle contient, en outre, un principe immédiat particulier que Bouchardat avait pensé être un alcaloïde, qu'Eramer a isolé et nommé liriodendrine ; c'est, selon Guibourt, une substance cristalhne, non azotée, non alcaline, amère, et paraissant avoir quelques rapports avec la sahcine.

On prépare avec cette écorce : une poudre, un extrait alcoolique, un vin, Bou-

MAGNOLIACEES. 745

chaidat propose pour le vin de tulipier la formule suivante : écorce fraîche de tulipier concassée, grammes, 100 ; alcool, 100; vin blanc généreux, 1 litre. Laissez macérer huit jours, et filtrez.

§ m Emitioi thérapeutique. On utilise depuis longtemps, en médecine, dans le Nord-Amérique, les diverses parties du tulipier. C'est de l'écorce, toutefois, qu'on parait avoir retiré le meilleur parti. On en a probablement exagéré les vertus. en l'appliquant à un grand nombre de maladies différentes, telles que la phthisie, l'hystérie, la goutte, le rhumatisme, la dysenterie, les affections vermineuses, etc. La composition de cette écorce nous révèle, en définitive, un tonique amer et astringent, qui peut agir là où les médicaments de ce genre sont indiqués.

C'est particulièrement à titre de succédané du quinquina, dans le traitement des fièvres intermittentes, que l'écorce de tulipier a attiré l'attention de quelques, thérapeutisfes. Cette propriété fébrifuge était connue des indigènes de l'Amérique du Nord. Vers la fin du dernier siècle, elle fut vérifiée par plusieurs médecins des États-Unis, Schœff, Chapman, Barton, Yung, Rusch; en Allemagne, Mayer,Tronsdorff, Hildenbrand ; en Italie, Carminati, la confirmèrent par leurs observations. Enfin, en France, Bouchardat patrona ce fébrifuge, et, citant quelques véritables succès à l'appui, il engagea les praticiens à l'expérimenter.

On prescrit, pendant l'apyrexie, la poudre d'écorce de tulipier, à la dose de 4, 6, 8 grammes ; l'extrait alcoolique ;î la dose de 1 à 4 grammes. La préparation à laquelle Bouchardat accorde le plus de confiance est le vin de tulipier, également employé avec le plus d'avantages aux États-Unis; il le donne depuis 100 jusqu'à 150 grammes.

BicLioGRAPHiE. — MAYEa fj. G. A.). Méiitoirc sur le liriodendron tuUpifera. In Mém. de i'Acad. de Berlin, 1796. — RrscH. 3Iém. sur le tulipier. In Tilloclis Maga::ine, 1791. — HiLDENBR.\XD. Essai sur un nouveau succédané du quinquina. \n Ann. de chini., LXXVf, 201. — Capmixati. Sur les propriétés médicinales de l'écorce de tulipier. In Mém. de l'Institut du royaume lotnbardo-vénitien, t. Il et III. 1821-182*. — Schœff. Matière médicale américaine. — Mérat et DE Lexs. .\rticles Liriodendrum tidipifera et Magnolia du Dict. univ. de matière médicale. — Bodcuardat. Mémoire sur l'analyse chimique de l'écorce de tulipier. In Bulletin gén. de thérapeutique, 1840, t. XIX, p. 243. — Du même. Recherches sur l'écorce de tulipier. In Annuaire de thérapeutique, 1841, p. 75. D. de Savigxac.

lHAG\OLlACÉES. Famille de plantes dicotylédones, dont les Magnolia sont le type. On y réunit un nombre assez considérable de végétaux, dont les fleurs sont régulières, presque toujours hermaphrodites et ordinairement construites sur le type ternaire. Leur réceptacle est généralement convexe; de sorte que l'insertion de leur périanthe et de leur androcée est manifestement hypogynique. Quelquefois même, comme dans les Magnoliers et dans les Tulipiers, l'allongement de ce réceptacle est tel, que la forme est à peu près celle d'un petit rameau cylindro-conique. Les pièces du périanthe sont presque toujours libres et imbriquées. Souvent elles forment trois faux-vertidlles, savoir : un calice et deux corolles, ou deux calices et une corolle, sans qu'on puisse toujours nettement, par la couleur et la consistance, distinguer les uns des autres. En d'autres termes : le périanthe des Magnoiiacées est formé d'un nombre variable de folioles imbriquées, nombre souvent multiple de trois, et il n'est pas toujours facile de distinguer ce qui, parmi ces folioles, appartiendrait à un calice et à une corolle. Les étamines sont ordinairement en nombre indéfini, plus rarement réduites au nombre de six ou neuf, rarement moins. Elles sont insérées suivant une spire à tours écartés ou rapprochés, plus rarement sur nu cercle, ou à peu près. Elles ont des anthères biloculaires, intrors-esou extrorses, déliiscentes suivant leur longueur

'■i^* MAGNULUGÉES.

Le gynécée est supère, libre ; il est formé d'un nombre de carpelles variable, rarement défini, quelquefois très-nombreux, insérés, comme les étamines, en cercle ou en spirale. Le plus fréquemment les carpelles sont libres, comme les autres pièces de lu tleur. L'ovaire renferme un nombre limité ou indéfini d'ovnles insérés dans l'angle interne des carpelles. Ceux-ci étant uniloculaires, la placentation est pariétale. Elle l'est encore dans certains types à carpelles unis en un ovaire uniloculaire, dont il sera question tout à l'heure, avec plusieurs placentas pariétaux. Quand il n'y a qu'un ou deux ovules, leur niicropyle est extérieur, inférieur dans le premier cas, supérieur dans le second. Les ovules sont toujours anatropes. Les fruits sont très-variables comme consistance et comme organisation. iJans les Magnoliacées proprement dites, ce sont des fruits multiples, tantôt secs, déhiscents ou indéhiscenis, et tantôt charnus. Leurs graines, en nombre variable, sont pourvues d'un petit embryon qu'entoure un albumen charnu. Leurs enveloppes sont dures en totalité, ou bien la plus extérieure d'entre elles devient plus ou moins épaisse et charnue.

Les Magnoliacées sont des plantes Hgneuses, souvent de grands arbres, ailleurs des arbustes, dressés ou grimpants. La plupart de leurs parties sont aromatiques, notamment les feuilles, qui sont assez souvent ponctuées-glanduleuses. Les unes ont des stipules caduques; les autres en sont dépourvues. Les fleurs sont souvent grandes, belles, sohtaires à l'extrémité des rameaux. Plus rarement, les feuilles étant remplacées par des bractées, des sortes de grappes ou d'ombelles constituent les inflorescences. Les Magnoliacées habitent souvent les régions les plus chaudes du globe, tant en Asie qu'en Amérique. Elles sont alors remarquables par l'arôme de leurs écorces, de leurs feuilles et par le parfum, quelquefois excessif, de leurs fleurs. On les trouve encore néanmoins en assez grande abondance dans les régions tempérées des deux mondes, notamment en Chine, au Japon, dans les Etats-Unis et le Mexique.

Il n'est pas possible de donner une bonne caractéristique absolue de cette famille, parce qu'elle est formée d'éléments assez hétérogènes. Ainsi les Magnojiées proprement dites, qui ne peuvent pas être nettement séparées des llliciées, en diffèrent par des caractères auxquels on accorde en général une assez grande valeur dans la classification. Ainsi les Magnoliées, c'est-à-dire les Tuhpiers et les .Magnoliers, ont des stipules, un réceptacle floral allongé, deux ou un plus grand nombre d'ovules, descendants avec le micropyle en haut et en dehors. Les llliciées ont le réceptacle floral surbaissé, les ovules en grand nombre, ou solitaires, avec le micropyle en bas et en dehors, et leurs feuilles n'ont pas de stipules.

On a placé encore dans cette famille les Canellacées ou Ganellées, plantes que plusieurs auteurs ont rangées à côté des Clusiacées, des Hypéricinées, des Cistinées, etc. {Voy. Canella, Canellées.) Ces plantes ont les qualités aromatiques et les feuilles sans stipules des llliciées. Mais leurs carpelles, au heu d'être indépendants les uns des autres, sont unis par leurs bords de manière à former un seul ovaire uniloculaire, avec plusieurs placentas pariétaux pluriovulés. Il en résulte que le fruit, dont la consistance est charnue, est d'une seule masse et renferme plusieurs graines.

Les Schizandrées, autrefois isolées dans une famille particulière, ont été aussi intercalées par MM. Bentham et .1. Hooker parmi les Magnoliacées; et cela avec raison; car, construites, quant aux caractèues essentiels, comme les llliciées, elles n'en diffèrent que par la diclinie de leurs fleurs. Leurs étamines et leurs carpelles sont d'ailleurs indépendants et en nombre ind'fini, insérés dans l'ordre

MÂGNOLIER. 715

spiral sur ua réceptacle court, cylindro-coaique ou globuleux, mais qui, dans certains fruits, devient allongé et cylindrique, à la façon de celui des Magnoliées, ou même davantage ; de sorte que Vensemble du fruit multiple simule alors une véritable grappe de fruits.

Les Magnoliacées sont aromatiques, chaudes et amères. Leurs feuilles, leur écorce, leurs fruits, leurs fleurs quelquefois sont riclies en une huile essentielle volatile, souvent excitante, stimulante. Ailleurs, les feuilles, ou surtout les écorces sont toniques, astringentes, stomachiques, fébril'iiges. 11 suflit d'indiquer ici d'une manière sommaire ces propriétés qui seront étudiées à propos de chacun des types principaux employés en médecine, et qui sont les Magnolia, les Tulipiers, les Badianes, les Drbnys, les Schizandra, la Cannelle blanche, les Cinnamodendron {Voy. ces mots). H. Bn.

i.,Geii., ÎSO. — De Candolle, Prodromu^, 1, ^7. — Endl., Gen., 846; Eiichiiidion, 426. LiNDLEï, Veget. Kingdoni, 417. — Bâillon- (H.), Histoire des plantes, I, 152.

ItIAG\OLIER. Voy. M.\GX0LU.

UN OU TROlSIliME TOLUMÏ

Page 1