‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.55Chapitre 60 sur 65 · ANNÉE · texte numérisé non relu

ANNÉE

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Ainsi, en négligeant de légères irrégularités, on peut dire que, depuis 1671

MAGNOL (les). 73!j

jusqu'à nos jours, l'inclinaisou de l'aiguille aimantée, à Paris, a éprouvé une tliminution continuelle.

ladcpciidamraent de ces variations annuelles et séculaires, l'aiguille d'inclinaison exécute des oscillations quotidiennes, semblables à celles de l'aiguille de déclinaison, mais d'amplitude moindre. D'après les observations de M. Hansteen, l'inclinaison est de 4' à o' plus grande dans la matinée que dans Taprès-midi ; en été V inclinaison moyenne l'emporte d'environ 15' sur la moyenne de l'hiver.

Origines du magnétisme terrestre. Depuis Gilbert qui, en assimilant la terre à un vaste aimant, étuit parvenu à rendre compte, d'une manière satislaisante, des phénomènes généraux produits par l'action du globe terrestre sur le fer doux et sur les barreaux aimantés, jusqu'à Ampère qui rapportait les propriétés magnétiques de la terre à un ensemble de courauts circulant de l'est à l'ouest dans la croûte solide de notre planète, bien des hypothèses ont été émises sur les origines du magnétisme terrestre. Nous ne croyons pas utile de ]iasser ici en revue ces diverses et nombreuses hypothèses, aucune ne peut encore être considérée comme l'expression de la vérité, parce qu'aucune ne conduit à des conclusions qui s'accordent complètement avec les lois de l'action magnétique de la terre, directement déterminées par l'observation des boussoles de déclinaison, d'inclinaison et d'intensité. J. Gavap.ret.

m^eiKÉTis^iE AXiMAL,. Voy. Mesmérisme.

M.iifiîVlXl. Pseudonyme sous lequel Arnauld de Villeneuve fit paraître son Regimen sanitatis. Barthélémy Corteavaitdéjà signalé ce fait, et Ilaller l'a vérifié : « Comparavi enim, dit-il, editionem Regiminis Magnini Argenlorati 1505, /n-4 excusam, et reperi ne verbido differre a Regimine sanitatis Arnaldi de Villanova (Bibl. med. pract., t.I, p. 449). Voyez aussi l'article AriNauld de Villeneuve dans ce Dictionnaire (t. VI, p. 148, n° 6). E. Bgd.

mAGXOL (Pierre), né à Montpellier le 8 juin 1658, mort dans la même ville le 21 mai 1715. Fils d'un apothicaire, Magnol se consacra de bonne heure à l'étude des sciences et montra un goût tout particulier pour la botanique. 11 prit le bonnet de docteur en 1659, et, par la protection de Tournefort et de Fagon, il obtint un brevet de médecin du roi et une suppléance au jardin des plantes. Desgenettes raconte à ce sujet l'anecdote suivante ; « Lorsque Fagon présenta le nom de Magnol à Louis XIV, le monarque lui dit : « M. Magnol dont vous me par- « lez n'est-il pas de la religion (Téfbrmée).— Hé! vraiment oui, répondit le premier « médecin, aussi sera-t-on sûr qu'il en a une. » Nous ne croyons pas un mot de cette prétendue conversation; Fagon était trop bon courtisan pour tenir un pareil langage au Roi-Soleil, et il ne faisait pas bon alors plaisanter avec la religion ; il ne faisait pas bon surtout, si on voulait jouir des places et des honneurs, appartenir à la religion réformée. Magnol s'en aperçut bien, car à la suite d'un concours où il fut désigné pour la première place, il ne fut pas nommé professeur parce qu'il était protestant. Ce ne fut qu'en 1694 que, ayant abjuré le protestantisme à la suite de la révocation de l'édit de Nantes, Magnol fut pourvu d'une chaire à la iaculté de médecine de Montpellier. En 1697, il fut nommé directeur du jardni des plantes de cette ville, et enfin en 1709, il remplaça Tournelort à l'Académie royale des sciences. Sans être un savant de haut vol, sans qu'il soit possible de le coniiiarer aux Tournefort, aux Linné, etc., 3Iagnoln'en est pas moins un botaniste

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très-recomniandable, et surtout un herborisateur du premier mérite. 11 a étudié la flore de Montpellier et de ses environs, il a parcouru plusieurs fois les Alpes et les Pyrénées et consigné ses recherches dans un ouvrage très-remarquable, le Botanicum. Monspelieme . Quelques auteurs pensent que c'est lui qui a introduit dans l'étude de la botanique le terme de famille, expression exacte d'un groupe naturel. Plumier lui a dédié le genre Magnolia, Voici la liste de ses ouvrages :

I. Botanicum Monspeliense sive plantarum circa Monspelium nascentlum index. Lvon 1676, in-8°; Montpellier, 1686, in-8", avec un appendice. — II. Prodromm historiœ genè-

ralis plantarui». iii quo familiœ per tabulas disponuntur. Montpellier, 1689, in-S". 111

Hortus reghtx Monxpelienxif;, sive catalogus plautarnm, qitœ in horto regio Monspelknsi detnonstranlur. Ibid., 1697, in-8°. — IV. hovus character ]>lantarum. Ibid., 17-20, in-4°. Ce dernier ouvrage, moins que médiocre, fut trouvé dans les papiers de P. Magnol et publié par son fils. H. Mr.

illagnol (Antoine), fds du précédent, né à Montpellier en 1676, mort dans la même ville, le 10 mars 1759. Docteur eu 1696, il abandonna la carrière de la médecine pour celle des armes. Il revint plus tard à ses premières études, obtint la survivance de son père en 1707 et le remplaça délinitivement comme professeur titulaire en 171 5. On a de lui :

I. Disscrtntio de naturali sccretione bilis in jecore. Montpellier, 1719, in-12. — II. Bissertatio phijsioloyicn de respiratione. Ibid., 1)29, in-4°. — III. Questio an cataractœ confirmatœ operatio clùrurgica unicum remedium? Ib d., 1731. — IV. De natura et causis fiuiditatis sanguinis naturalis et deperdilœ. Ibid., 1741, in-S". H. Mb.

l!NLtGl\'OLlit L. §1. Botaniqae. Genre de plantes, qui a donné son nom à la famille des Magnoliacées, et qui doit le sien à ce qu'il a été dédié par Linné au célèbre Magnol. Les Maguoliers ont les fleurs fort belles, régulières et hermapbrodiles. Leur réceptacle a une forme allongée, cylindro-conique ; c'est une sorte de rameau, qui porte, de bas en haut, un périanlhe à folioles libres, un androcée et uu gynécée formés d'un nombre indéfini d'éléments. Le périanthe a souvent trois folioles inférieures, vertes ou verdàtres, qu'on a considérées comme des sépales, et, au-dessus d'elles, six folioles pétaloïdes, blanclies, rosées, rouges ou jaunâtres, qui forment deux corolles trimères, à pièces imbriquées. Mais il n'en est pas de même dans toutes les espèces du genre. Certaines d'entre elles ont six folioles verdàtres, ou, si l'on vent, deux calices trimères, puis une seule corolle. D'autres n'ont que des folioles pétaloïdes et n'ont, pour ainsi dire, que des pétales au périanthe. I.es pièces de ce dernier peuvent même être plus nombreuses, quelquefois en nombre indéfini. Les étaniines sont insérées suivant une ligne spirale à tours assez écartés; elles sont libres et composées chacune d'un filet et d'une anthère à deux loges adnées, introrses et latérales, déhiscentes par des fentes longitudinales. Les carpelles forment vers le haut du réceptacle une sorte d'épi ou de capitule. Chacun d'eux se compose d'un ovaire, surmonté d'un style en forme de cerne, garni en haut et en dedans de papilles stigmati jues. Les ovules sont souvent au nombre de deux dans chaque ovaire, plus rarement en nombre indéfini. Le fruit est multiple ; c'est une sorte de cône, dont l'axe persistant et lignifié forme la partie centrale. A sa surface se trouvent les carpelles, un peu charnus d'abord, puis secs, indéhiscents et séparés de l'axe par leur base, ou incomplètement déhiscents, ou s'ouvraiit sur le dos dans toute leur longueur, pour laisser échapper une ou plusieurs graines, longtemps retenues au placenta par un (aisceau de trachées après lequel elles demeurent suspendues. Le tégument ex-

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térieur de ces graines est charnu, huileux. Dans Tintérieur de Ja semence il y a un albumen charnu abondant, vers le sommet duquel se trouve un petit embryon à radicule siipère. Les Magnolia sont de beaux arbres ou des arbustes, à feuilles alternes, persistantes ou caduques, accompagnées à leur base de deux stipules plus ou moins adnées au pétiole et finissant presque toujours par s'en séparer. Leurs fleurs sont terminales ou axillaires, ordinairement solitaires, presque toujours gtatides, éclatautes, d"une odeur forte et suave. Les Magnolia sont originaires de l'Inde, de la Cliine, des régions voisines de l'Asie et de l'Archipel indien, de l'Amérique tropicale et sous-tropicale, et des portions méridionales de l'Amérique du Nord. Nous avons cru devoir, pour des raisons qui ne sauraient ici trouver place, réunir au genre Magnolia, dans noire Histoire des plantes, les types auxquels on a donné les noms de Talauma, Yulania, Manglietia, Michelia, etc., et qui ne diffèrent des Magnolia pro[iremL'iit dits que par la constitution un peu variable du pjiiaulhe, le nombre des ovules et la façon dont le fruit se comporte à son entière maturité. (Ici, cependant, celles de ces plantes, qui donnent à la médecine des produits utiles, seront étudiées séparément.)

Considérés comme médicaments, les Magnolia ont ceci de commun avec uu ^rand nombre d'autres plantes de leur famille, qu'ils sont riches en principe amer, aromatique, tonique, dont le siège est l'écorce de la tige ou de la racine. Le M. grandiflora L. {Spec, 755), cette belle espèce à feuilles persistantes, qu'on voit cultivée dans nos jardins, est originaire de l'Amérique du Nord. On le nommait autrefois (par suite, sans doute, d'une confusion avec un autre arbre utile de cette famille) Laurier-Tulipier. C'est \eBig La ?<re/ des Américains. Ils emploient son écorce comme tonique et fébrifuge. Ses graines servent, dit-on, au Mexique dans le traitement des paralysies. Le M. glauca L. est aussi un arbre américain; il est bien plus connu que le précédent, sous le nom d'Arbre au castor {Beaver tree), comme pouvant fournir des médicaments utiles. Les Américains l'appellent également Magnolier bleu, Magnolier des marais, Quinquina de Virginie et Swamp-Sassafras. Dans le midi des États-Liiis, c'est le White Bay ou Sweet Bay. On a cru longtemps, mais à tort, que son écorce constituait ÏAngustm'evraie (qui provient d'une Rutacée). Cette écorce est la partie ordinairement employée. Au printemps et en automne, on la sépare de l'arbre. Desséchée, elle se présente sous la forme de morceaux longs de quelques pouces, larges d'un ou deux pouces, légers, lisses, un peu roulés, d'une couleur cendrée et argentée au dehors, blanchâtres, fibreux en dedans. La saveur en est forte, chaude, piquante, ,amère. L'odeur est agréable, assez aromatique. L'écorce de la tige serait moin.s active que celle de la racine; on les réduit en poudre pour l'usage, ou bien l'on emploie une décoction dans l'eau ou une inlusion alcoolique. Les fruits sont aussi souvent employés que l'écorce. Souvent, dans les bois ou les campagnes où croissent ces arbres, les habitants se tonifient et se garantissent de l'influence paludéenne, en prenant le matin un verre d'une liqueur alcoolique dans laquelle on a fait infuser cette écorce ou ces fruits. On suppose que ces parties contiennent un principe analogue à celui que M. Procter a découvert dans le .V. grandiflora (in Amer. Journ. of Pharm., XIV, 95), et qui lui-même ressemblerait à ce qu'on a appelé la Liriodendrine. Les graines du M. glauca sont également fébrifu'Tos. Dans le même pays, on fait un certain cas, dans la médecine domestique, des arbres appelés Cucîimber-trees, c'est-à-dire Arbres à concombres. Ce nom tient à la forme des fruits verts des Magnolia acuminata et auricidata; le premier, remarquable par ses fleurs odorantes, d'un jaune verdàtre et chargées

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