‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.55Chapitre 7 sur 65 · LONGÉVITÉ · texte numérisé non relu

LONGÉVITÉ

C'est en traitant de la Vie que cette question sera examinée sous ses diverses faces. Nous nous bornerons à en rappeler ici les termes principaux.

Buffon, le premier, a essayé de donner une base fixe à la mesure de la durée ordinaire de l'existence, laquelle serait, d'après ses observations, de 7 à 8 fois la durée de l'accroissement. Flourens, reprenant et précisant davantage cetle vue, limite l'accroissement à l'époque de la réunion complète des épipbyses, et ne multiplie que par 5 l'âge auquel cette réunion est accomplie. Selon ce calcul, les épipbyses étant réunies aux os, très-approximativement, à 20 ans cbez l'bomme, à 8 ans chez le chameau, à 5 ans cbez le cheval, à 4 ans chez le bœuf, à 4 ans chez le lion, à 2 ans cbez le chien, à 18 mois cbez le chat, la ànv ce ordinaire de la vie est de 90 à 100 ans chez le premier, de 40 ans cbez le second, de 25 ans chez le troisième, de 15 à 20 ans cbez le quatrième et le cinquième, de 10 à 12 ans cbez le sixième et d'environ 10 ans cbez le septième. Mais, en même temps, Flourens estime que la vie de rhonin7e, bien gou^■ernce, pourrait extraordincurement atteindre deux siècles. Ces deux siècles, il est des auteurs qui les accordent généreusement à la vie normale de l'honane, en multipliant la durée de l'accroissement, non plus par 5, mais bien par 10; base de calcul assurément beaucoup trop large.

On n'est pas tenu de prendre à la lettre, en cette matière, les expressions de la Bible. Un médecin distingué du Havre, M. Maire, résumant ce qui a été souvent rappelé, en l'honneur de l'Iiygiène, de la longévité des patriarches ^RecweiV de publications de la Société havraise, 1866), cherche à établir que, depuis Adam jusqu'à Noë, la moyenne de la vie était de 857 ans ; que cette moyenne était descendue à o08 depuis le déluge jusqu'à la vocation d'Abraham; enhn que, pendant le troisième âge, jusqu'à la mort de Lévi, elle n'était plus que de 144 ans.

Mais on ne peut en vérité s'en fier à la Bible pour la mesure du temps présent. Laissons la chronologie antédiluvienne. On dit que, postérieurement à Abraham, l'année était de huit mois. C'est précisément le compte qu'il l'audrait pour ramener sensiblement à la même durée la vie ordinaire (je ne dis plus la vie moyenne, pour laquelle les vrais termes de comparaison, faute de grarids nombres, manquent absolument], pour ramener, dis-je, à la même durée la vie ordinaire des peuples primitifs et celle des peuples modernes. Car, avec cette réduction, Lévi n'aurait \écu que 91 ans au beu de 157, et Joseph 73 ans au lieu de 110. A preudre même pour équivalentes les années des deux époques, il faudrait encore être assuré que la longue existence des patriarches cités n'était pas exceptionnelle, et qu'elle était en rapport avec la durée de la vie ordinaire de ce temps-là. Comme cas exceptionnels, ces exemples de longévité ne sont pas, pour un certain nombre, plus étranges que ceux dont aujourd'hui encore, on est de temps en temps témoin. Ainsi l'auteur de la galerie des centenaires, Ch. Lejoncourt, a étabb que la famille Rowir, qui vivait en Hongrie au dix-huitième siècle, a fourni une aussi longue carrière q\ie la famiBe d'Abraham. En effet, la femme de Bowir a vécu 174 ans ; Rowir lui-même 172 ans; son fils aîné a été perdu de vue à l'âge de 115 ans; en supposant qu'il ait vécu autant que sa mère, on a un total de plus de 500 ans. Or, Abraham, qui est mort à 175 ans, sa femme à 127, et son fils Isaac à 180, ne donnent qu'un total de 482 ans.

Il est extrêmement probable que la durée naturelle de l'existence n'a pas sensiblement varié avec les différents âges de l'humanité ; et il est possible, au conti-aire, que le nombre proportionnel des centenaires soit plus considérable aujourd'hui que dans l'antiquité. Au temps de Yespasien et de Titus, le dénombrement

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opéré par ordre de ces empereurs constate, d'après Phlégon (de Mirahilibus et longœvis), qu'il n'y avait pas alors dans toute l'Italie plus de 65 centenaires. Or, d'après les relevés de Lejoncourt, de 1824 à J8o7, le cliiifre des centenaires par année, et pour la France seulement, a oscillé entre 111 et 175. Que serait-ce si la Russie était substituée à la France dans ce parnllèle : la Russie où l'on a compté, en 1814', 1 centenaire sur 245 individus décédés; oîi l'année 1827 a foiu'ni y 45 centenaires parmi les hommes seulement, et l'année 1838, 1238 centenaires des deux sexes.

Cen est assez sur le fond d'une question qui doit être examinée ailleurs dans toute son étendue et dans tous ses détails. A. Dech amure.

LOl^'ftl'fl'lJDE. On appelle longitude d'un lieu l'angle compris entre le méridien de ce lieu et un méridien fixe qui prend la dénomination de premier méridien. Cet angle, ou la longitude, a pour mesure l'arc d'équateur compris entre le méridien du lieu et le premier méridien.

Les longitudes se comptent de 0° à 180°, à l'est et à l'ouest du premier méridien; dans le premier cas, elles sont dites lo7igitude s or ieîitales el, dans le second cas, longitudes occidentales.

En Franco, on adopte maintenant pour jaremier méridien celui de l'observatoire de Paris. Autrefois, on comptait les longitudes à partir du méridien du bourg principal de Vile de Fer, la plus occidentale des Canaries ; ce bourg est à 19° — 53' — 45" à l'occident de Paris. On avait eu l'idée de reculer encore un peu à l'ouest le premier méridien, afin que la longitude de Paris, orientale par rapport à ce premier méridien, fût exactement de 20° ; longtemps cette détermination a été généralement adoptée.

En Angleterre, le premier méridien est celui de l'observatoire de Greenwich, dont la longitude, par rapport à celui de Paris, est occidentale et de 2" 20' — 24".

Du reste, pour avoir la longitude d'un lieu par rapport à un méridien déterminé, il suffit évidemment de connaître la longitude de ce lieu par rapport à tout autre méridien dont on connaît cà l'avance la longitude par rapport au méridien en question.

Supposons que deux lieux A et B soient munis de pendules sidérales réglées sur une même étoile ; chacune de ces pendules marque 0'' — 0' — 0" à l'instant du passage de cette étoile par le méridien correspondant. Si les deux lieux A et B sont sur le même méridien, c'est-à-dire ont la même longitude, les deux pendules sont nécessairement d'accord, puisqu'elles marquent ensemble le zéro de la graduation du cadran. Dans le cas contraire, l'une des deux pendules retardera sur l'autre du temps que l'étoile met pour aller de l'un à l'autre des deux méridiens ; d'ailleurs, évidemment le lieu dont la pendule retardera sera à Yoccident de l'autre. Les heures marquées à un même instant par chacune de ces deux pendules sont dites heures locales de A et de B. Par suite : la différence des longitudes de ces lieux est égale à la différence des heures locales traduites en degrés, à raison de \ heure pour 15 degrés. Tout se réduit donc, pour avoir la longitude de A, celle de B étant connue, à déterminer la différence des heures que marquent, cà un même instant, en A et enB, deux pendules sidérales réglées sur une même étoile. j^ q

LOi\«lTL'»i;^AL ISUPÉRIEIIR (SiNUs). Voy. SiNUS.

108 LONS-Lli-SAULNIER (eaux minérales de).

L01VBCER (Les deux). Ces deux illustres médecins allemands, père et fils, n'ont [jas peu contribué, au seizième siècle, à étendre les connaisîanceshumaines, l'un en enrichissant la littérature médicale de plusieurs ou\rages, que la profonde connaissance qu'il avait de la langue grecque lui permit de publier, l'autre en consacrant particulièrement ses talents à l'étude de l'histoire naturelle, et surtout de la botanique.

Lonicer (Jean), né en 1499 à Arthren, dans le comté de Mansfeld, et mort à Marbourg, où il était professeur de belles-lettres, le '20 juillet 1569, a publié :

1. Mcandri theriaca et cdexipharmaca, cum scholis et interpretationc latina. Colonise, 1531. in-4°. — II. In Dloscoridœ Anazarhœi de rc mcdica libros à Marcello Vircjilio versos schoUa nova. Maipurgi, 1513, in-l'ol. — III. Erotcmata Galeni de Usu Partium in hominis corporc, libri XVII. FrancoL, 1558, iii-S".

Loniecr (Adaji), né à Marbourg, le 1.0 octobre 1528, mort à Fi'ancibrt-sur-le- Mein, le 19 mai 1580, après avoir été professeur des trois langues, médecin pensionné de Francfort, a écrit, nonsle répétons, sur la botanique, des livres qui sont restés dans la science, et dont la valeur a porté Linné à consacrer à leur auteur, sons le nom de Lonicera, le parfumé Chèvrefeuille, de la famille des Caprifoliacées. Voici, d'après Mercklin, la liste des ouvrages d'Adam Lonicer :

I. Ilistoria natwalis, opus noviiin. In que tractatur de Arborum, Fructicum, Herbarum, Animantiumque tcrrestrium, volalilium, et aqucdilium. Item, gcmmarum, metallorum, succorum concretorum, adeoque de vera cognilione, delectu, et usu omnium simplicium mcdica7ncntorum, rjtwriiin et mcdicis et officinis usiis esse débet. ïjna ciim corundem ad vivuin effiçjialis imagiiiibus. Accesseruiit quœdam de stillatitiovum liquorum ralione, ejus artis, et instrumentorum usu, atque de peculiaribiis medicamcntorum simplicium facultatibus. Francof., 1551, in-fol., etc., etc. — II. Naturalis hisloria To7mis II, de Plantarum, carumque potissimum, qiiœ locis nosLris rariores sunt, descriptione, natiira, et virihus. Accessit Ononiaslicon, continciis varias plantarum nomenclaturas, zitpote Grcecas, Latinas, Itahcas, Gallicas, Germanicas ; vocuniquc, quarum in plantarum descriptionibus frcqucns estusiis, cxplicationem. Francof., 1553, in-fol. — \\\. Metliodus rei herbariœ, et animadversiones in Galenum et Avicennaïu. Fi'ancof , 15i0, in-4°. — lY. Foresii commentaria in Aphorismos Ilippocratis. Fraiicol'., 1551, in-S". — V. Omnium corporis humani affecluum explicatio mcthodica, in qucc, mira brevitate, singulorwn niorborum causœ, etc., traduntur. Francof., 1594, in-8°. — VI. De purgationibus libri III. Francof., 1596, in-S». (Ces deux derniers ouvrages ont été publiés, après la mort de leur auteur, par T. A. Pi'ivée.) A. C.

LOiXiiCERA. Voy. Chèvrefeuille.

LOIMS-LE-^AUL^VIER (Eau MINÉRALE de), atliermale, pohjniétallUe forte, carhonique forte, sulfureuse faible. Chef-lieu du département du Jura, sur les jietiles rivières le Solvau et la Yallière, au fond d'un bassin formé par des élévations de oOO à 400 mètres de hauteur, est une ville de 8,417 habitants, au miUeu de laquelle on a creusé un puits appelé le Puils salé, qui alimente, depuis 1851, un établissement minéral. Une nappe d'eau douce a été trouvée auprès de la veine chlorurée et a été recueillie pour être utilisée dans la maison de bains, lorsqu'il est nécessaire de couper l'eau minérale. Lorsque les médecins ou les malades désirent, au contraire, activer l'effet de l'eau salée, ils additionnent cettedernière d'une quantité plus ou moins considérable d'eau-mère qu'on apporte tous les jours des salines de Montmorot, distantes de 1 kilomètre seulement. L'eau chlorurée est claire et limpide, d'une odeur sulfureuse assez prononcée, d'un goût très-fortement salé. Sa température est de 14" centigrade. M. Buquet a fait, en 1851, l'analyse chimique de l'eau du puits salé de Lons-le-Saulnier et de l'eau-mère de Montmorot. 1000 grammes lui ont donné les principes suivants ;

LOOCII. '109

lUITS EAU-MÈRE

SALÉ. DE MO.NTMOnOT

Chlorure de sodium 10,298 J80,33

— magnésium 1,009 GO, 15

— calcium 1,090

— potassium -0,11

Bromure do potassium 0,55

lodurc do sodium traces

Carbonate de cliaux i,56l

— magnc?ic 0,558 ••••

— protoxyde de fer 0,124

Sull'iiie de soude 0,050 ''0,80

— magnésie i0,06

— potasse O.'/O

Silice 0,048

Acide sulfuriquo libre 0,812

Total des MATiÈr.Es fixks. . . . 15,388 315,06

l Acide carbonique libre 2,500 grammes.

^^' \ — sulfhydrique non dosé.

L'eau de la saline de Montmorot maiY|iie 28 et 29 degrés à l'aéromèire. La couche de marne irisée recouverte d'un banc de sel gemme qu'elle traverse, la charge de chlorures et la rend une des plus concentrées de notre pays. On en extrait le sel marin eu la taisant chauffer dans des chaudières au fond desquelles se cristallise le chlorure de sodium dont ou livre au commerce 20,000 quintaux jiar an. Les matières hquides, réfiactaires à la cristallisation, conslituent l'eau-mère dont nous avons donné l'analyse. Elle ressemble à toutes celles dont nous avons parle; nous renvoyons aux généralités que nous présenterons en traitant des Eaux-mères (î;oy. ce mot).

Emploi thérapeutique. Avant l'année 1851, l'eau du puits salé était exclusivement employée en boisson. Depuis cette époque elle s'administre encore en bains et en douches dans un établissement spécial, après avoir été artificiellement chauffée. Cette eau est prescrite à l'intérieur à la dose d'un quart de verre à un verre pris en deux fois, à un quart d'heure d'intervalle, si l'on tend à obtenir un effet astringent sur le canal digestif, ou si le médecin veut ari'èter nue diarrhée existant depuis longtemps, par exemple. Il conseille trois verres tous les matins à jeun, à vingt minutes ou à une demi-heure de distance, s'il désire provoquer une ou deux selles liquides qui, ordinairement, arrivent sans coliques et sans le moindre malaise. Comme les autres eaux chlorurées sodiques fortes, l'eau de Lons-le-Saulnier remonte les forces de ceux-mêmes qu'elle purge. Sou indication spéciale eu boisson est d'agir très-favorablement à dose moyenne sur les accidents du lymphatisme et de la scrofule , et, à dose faible, sur les diarrhées atoniques anciennes ayant résisté souvent à tous les moyens pharmaceutiques les plus rationnels. Les bains et les douches sont un adjuvant très-utile dans l'un et l'autre cas.

Durée de la cure. Un mois en général.

Ou n exporte pas l'eau de Lons-le-Saulnier, et peu l'eau-mère de Montmorot,

F.cocn. Le mot looch, qui est d'origine arabe, est employée pour désigner un médicament magistral formé d'une émulsiou à laquelle on ajoute un mucilage qui lui donne une consistance sirupeuse plus ou moins grande, suivant la quantité qv\i en fait partie. On donnait autrefois ce nom à des médicaments mucilagineux et sucrés, d'une consistance moyenne entre celle des sirops et des électuaires, que l'on faisait sucer aux malades au bout d'un morceau de réglisse effilé en forme de pinceau.

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