‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.55Chapitre 9 sur 65 · LORRY · texte numérisé non relu

LORRY

I. Pathogeniœ fragmentum. Ueidelb., 1800, in-i°. — II. Enlicurf clncr mcclicinischen Phannakologie nach dcn Principicn (1er Erregtingstticorie. Erloiigiic. J802, iii-8°. — III. Begeln zier Vei-Jœngerting des Lebens ans dein sicbcnzehnten Jnlirhnndcrt. llannbeim, 1804, in 12. — IV. Johannes Daptisla van Ilelmotit. Ueidelb., 1807, in-4°. — V. Syslonatische Beschrcibung der aitsscr Gebrauch gekommenen Arzneyin'ittel. Darmsiadt, 1808, )n-8°.

LOPEZ. Ce nom, très-vépandu en Espagne, a été porté pai' un grand nombre de médecins de la pénmsule, plusieuzs ont été des hommes distingués qui ont laissé quelques écrits, mais le plus célèbre est le suivant dont les historiens espagnols Morejon et Chinchilla ont analysé avec complaisance les importants ouvrages.

LOPEZ (Alfonso) dit de Corella, localité delà Navarre où il naquit au commencement du seizième siècle. Il fit ses études à Alcala de Henares,ste cet dans cette \ille qu'il prit ses degrés. Après avoir exercé pendant quelque temps dans sa ville natale, le bruit de son mérite s'étant répandu, il fut appelé à Tarragonc avec le titre de professeur en médecine. D'abord arabiste passionné, il regardait à peu près comme infaillibles les dires d'Avicennes, de Rhazès et d'Averroes, mais, plus tard, instruit par l'expérience, éclairé par l'esprit critique du temps qui avait pénétré même en Espagne, il modifia profondément ses premières opinions.

Il a écrit les ouvrages suivants ;

I. Scgredos de fdosophia, astrologia, mcdicinn y de las cuatro matematicas, etc. Zaragoza, 1547, in-l'ol. — II. Encldridion nicdicinœ in guo prœcipiia theorica et practica juxta classicoriiin dogmala d'ducidantur. Ibid., 1.^40, in-b" ; Valcncia, 1581. — III. De arte citrativa, L. IV. Estclla, 1555, in-S". — IV. Annotationcs in oninia Galeni opéra. Zaragoza.loëoi in- fol. ; Matviti, 1582, in-4°. — V. De natura Vence. Ibid., 1575, in-8°. — YI. De morho parlicidare quem nostrates TabardUlo appcUant liber iinus, atque de Galeni placitis, etc. Ibid., 1574, in-4° ; Valencia, 1581. — Vil. De vini commoditatibus, 1550 (d'après Ant. Nie, qui n'indique pas le lieu d'impress ). Haller cite encore divers opuscules comme étant de lui.

E. Bgd.

LORBiOSE (de IrjpSà;, courbé). On a donné ce nom plus spécialement à la courbure du rachis à convexité antérieure, la cî/;)/i ose étant la courbure à convexité postérieure, et la scoliose la courbure à conve.xité latérale. {Vo2j. Rachis.)

LORRY (Anne-Charles), a jeté un vif éclat dans le siècle dernier et quelquesuns de ses ouvrages, éloge bien rare, sont encore journellement lus et médités avec fruit; ajoutons que chez cet homme illustre, l'érudition, le génie pratique elles qualités du cœur étaient au même niveau. Il était né à Crosne le 10 octobre 1726; sou père, professeur de la Faculté de droit en l'Université de Paris, coutia son éducation au célèbre Rolhn, qui se plut à cultiver ses heureuses dispositions Désirant se consacrer à la médecine, c'est sous des maîtres tels qu'Astnic et Ferrein, que Lorry puisa ses premières connaissances, l'oçu docteur en 1748, après de brillantes épreuves, il se vit bientôt lancé dans une clientèle appartenant à la plus haute société; mais ses occupations, quelque nombreuses qu'elles fussent, ne l'empêchèrent pas de consacrer à des travaux scientifiques tous les instants dont il pouvait disposer. Il se livra à des expériences suivies sur la question alors vivement débattue de l'irritabilité et de la sensibilité ; il s'attacha ensuite à l'étude des maladies nerveuses qu'une civilisationraffméeavaitrendues très-communes, et fit paraître son célèbre ouvrage sur la Mélancholie qui eut un immense succès ; en même ten)ps, il poursuivait des recherches sur la niatière médicale, et en particulier sur l'opium, et enfin, d'un autre côté il déployait dans des ouvrages historiques, les trésors de sa vaste érudition. C'est alors qu'il paya sa dette de reconnaissance à son ancien maître Astruc en complétant et augmentant d'une

LOTICIIIUS. 145

préface et d'une notice biographique, les mémoires sur la Faculté de médecine <ie Montpellier, laissés inachevés. Lorry se montrait ainsi bien au-dessus de cet étroit esprit de clocher, dont on voit trop souvent animés certains savants de provinces, contre ce Paris, objet de leurs colères... et de leur ambition, ce Paris qui accueille et fait rayonner toutes les gloires sans s'informer d'où elles viennent. Le traité sur les aliments mériterait assurément une mention toute spéciale. Mais l'ouvrage le plus remarquable de Lorry, celui qui a surtout popularisé son nom parmi les médecins, c'est assurémerrt son beau Traité de Morhis cutaneis. Préparant de loin l'œuvre d'Alibert et de Willau, il s'est efforcé de jeter un peu de lumière dans le chaos des maladies de la peau. Les dermatoses sont partagées par lui eu deux groupes principaux: : dans le premier, il range les affections cutanées qu'il regarde comme la manifestation ou le produit de l'expulsion au dehors d'un vice latent de l'économie [Maladies générales ou dépuratoires); et il les subdivise en deux sections suivant que ces affections se montrent indifféremment sur toutes les parties du corps, ou dans une partie déterminée. Le second groupe comprend les maladies qui naissent dans la peau elle-même [maladies locales), cl, ici encore, deux sections pour les cas où la lésion se montre sur un point quelconque ou sur un point spécial de l'enveloppe (égumentaire.

Lorry souffrait depuis longtemps d'attaques répétées de goutte, un état paralytique était venu s'y joindre, c'est vainement qu'il était allé chercher quelque soulagement à Bourbonne-les-Bains, il succomba dans cet établissement thermal le 18 septembre 1785.

On a de lui :

I. Essai sur les aliments pour servir de commentaire aux livres diététiques d' Hippocrate . Paris, 1755, in-12; ibid., I'3ô2,'2 vol. in-12;puissous le titre : Essai sur Vusagc des aliments. Paris, 1781, 2vol. in-1'2. — II. Hifpocratis Aphorismi grcece et latine. Paris, 17ô9,in-16. — lll. De melanchoUa et morbis melancholicis . Paris, 1765, 2 vol. in-S". — IV. Tracfatus de morbis cutaneis. Paris, 1777, iii-4°. — V. De prœcipuis morborum miUationibus et conver- ' sionihus (Oiivr. poslh. édité par Halle.) Paris, 4784, in-fol. — VI. Lorry a, de plus, édité et commenté les ouvrages suivants : 1° Richnrdi Mead opéra ad editiones anglicas nuperrinie tijpis mandata, etc. Paris, 1751, in-S". 2° Mémoire pour servir à l'histoire de la faculté de médecine de Montpellier, par feu M. Astruc (Introd. hist., éloge d'Astruc et supplément). Paris, 1707, in-4°. 5° Essai sur la conformité de la médecine ancienne et moderne dans le traitement des maladies aiguës (Irad. de Tangl. de Baker p;ir Schomberg, avec des additions par Lorry). Paris, 1708, in-12. 4° Sanctorii de medicina statica aphorisnd; commentarianotasque addidit I.orrij. Pains, 1770, in-12. E. Bgd.

LOTicuiUS, OU liOTlcn. Famille de médecins et de poètes allemands. Il y en a deux qui doivent prendre place ici :

Lotichius (Pierre), né le 2 novembre 1528, à Schluchtern, bourg du comté de Hanau, près deFulde, et mort le 7 novembre 1560, à peine âgé de trentedeux ans, fut reçu docteur à Padoue et professa à l'université de Heidelberg. Mais nous ne connaissons de lui aucune œuvre médicale, taudis que ses poésies l'ont rendu très-célèbre, et que, de sou temps, il fut surnommé le Prince des poètes latins modernes. Ses poésies ont été publiées pour la première fois à Paris (1551, in-8»), et réimprimées par Camerarius (1560, in-S") ; par Burman (1754, in-4°, 2 vol.).

rotiehins (Jean-Pierre), petit neveu du précédent, né à Hanau, en 1598,

mort en 1652, après avoir été professeur de médecine à l'université de Rinleln,

a composé plusieurs ouvrages historiques et littéraires, entre autres, une Histoire

des empereurs Ferdinand H et Ferdinand lll [Rerum germanicarum, etc.,

DJCT E«C. 2" s. iiï. 8

lu LOTION.

Francf., 1646, iu-fol., 4 vol.), et un commentaire sur Pétrone {In Petronh satyricon commentarii, etc. Francf., 1629, in-4"). Mais nous devons nous contenter d'indiquer ici ses ouvrages afférents à la médecine :

I. De gummi [ut vacant) Gutta, sive laxativo indico, cliscursus theorico-practicus . Publié dans le Di^pematorium ckymicmn. Francf., 1620, in-8°. — II. Paradoxon, sive de febribus in génère dissertatio. Francf., 1627, in-4°. — III. ConsiUorum et cbservationum medicinalium libri V, etc. Ulmae, 1644, in-4». — IV. De casei nequitia, tractatiis medico-philologicus. Francf., 1C43, in-S". — V. Gynecologia, id est de nobilitate et perfectionc sexiis fœminei, contra magistros àiânvl^ii. Rintelii, 1650, in-8°. — VI. Oratio super fatalibus hoc tempore Academiarum in Gcrmania jyericulis, publiée recitata in Academia Rintelensi. Rintelii, 1631, in-4.— VU. Oratio de opinione. Francf., 1645, in-8°. — VIII. Bona mem, oratio. Francf., 1643, in-8". A. C

LrOTlER (Lotus L.). Genre de Légumineuses-Papilionacées, qui a donné son nom à la tribu des Lotées. Ses fleurs sont papilionacées, avec dix étamines, dont cinq ont des filets dilatés au sommet, des anthères uniformes, et sont diadeiphes (9-1). Leur ovaire est multiovulé, et leur fruit est une gousse oblongue ou linéaire, droite ou arquée, bivalve, ordinairement partagée par des fausses cloisons en autant de compartiments qu'il y a de graines. Celles-ci sont dépourvues d'arille et d'albumen et renferment un embryon épais, à radicule infléchie. LesLotiers sont des herbes ou des sous-arbrisseaux, à leuilles souvent 5-foliolées. Trois des folioles sont situées au sommet du rachis, et les deux autres, rapprochées de sa base, simulent deux stipules foliacées. Les stipules vraies sont réduites à de petites saillies tuberculiformes. Les fleurs sont solitaires ou réunies, au sommet de pédoncules axillaires, en ombelles souvent pauciflores, accompagnées d'mie bractée trifoholée. Les Lotiers habitent les régions tempérées du globe entier.

On emploie encore quelques espèces de ce genre dans la médecine des campagnes. Le Lotier corniculé [Lotus corniculains L.), cette herbe si commune dans nos champs, où on l'appelle vulgairement Trèfle cornu, Pied de pigeon. Mariée, est réputé vulnéraire et apéritif. Les L. major Sm. {uliginosus Schr.) et tenuifolm PoLL. ont, dit-on, les mêmesvertus. Le L. edulis L. a des graines nourrissantes qui se vendent en Orient sur les m arches. LeL.Gete/m Veint. se vend aussi à Alep comme alimentaire; c'est le Kaoué ou Gebelié des Orientaux. Le L. hirsutus L. passe, dans le midi de la France, pour guérir les hémorrhoïdes ; d'oii son nom de Lotier hémorrhoïdal. Le L. telragonolohns L. qui est devenu, pour plusieurs auteurs, le type d'un genre particulier, sous le nom de Telragonolobus, parce que ses gousses sont munies de quatre ailes longitudinales, et le L, purpureus L., qui appartient à la même section, ont aussi des semences comestibles. On les emploie quelquefois contre les affections intestinales. Leurs fleurs servent à préparer une eau qui sert à traiter les ophthalmies légères, comme l'eau de Méhlot.

Le Lotier odorant {Lotus odorata) des anciennes pharmacopées, est le Melihius cœridea. On le nommait encore Lotus urbana. {Voy. Méhlot.)

Le Lotier à feuilles de Frêne est uneMéliacée, YAzederach. {Voy. Melia.) On l'appelle aussi Lotier blanc.

Le Lotier d'Egypte est le Nymphœa Lotus L., du genre Nénuphar.

Le Lotier des Lotophages est un Jujubier. {Voy. Lotos.) H. Bn.

L., Gen., n. 897. — Endl., Gen., n. 6514. — Mér. et Del., Dict., IV, 147. — DlCb,, Répert., 275. — Rosenth., Syn. pi. diaphor., 994.

LOTIOIV. On appelle lotion {lotio) le lavage pratiqué sur la surface extérieure d'une partie du corps on du corps tout entier, dans un but d'hygiène ou de thé-

rapeutique, au moyeu de l'eau froide ou chaude, simple ou mélangée à divers principes mcdicaraeateux.

On pratique les lotions do deux manières différentes : tantôt on se borne à exprimer au-dessus de la partie que l'on veut lotionner une éponge ou un linge imbibé de liquide ; tantôt au moyen de l'éponge, du linge ou des mains bumides, on exerce sur le corps des frictions plus ou moins énergiques. La lotion est alors accompagnée de Frictiojss (voy. ce mot) et emprunte à ce dernier moyen des propriétés particulières.

Il y a deux sortes de lotions : 1" les lotions simples, 2" les lotions médicamenteuses.

I. LoTio.NS SIMPLES. EWessoïit générales, partielles, froidcs, chaudes, hygiéniques, thérapeutiques .

Lotions générales . L'appareil instrumental se compose essentiellement : 1° d'une

ou deux grossts éponges; d'un ou deux seaux d'eau froide ou cbaude; 5" d'un

grand baquet ou d'une baignoire dans lesquels le patient devra se tenir debout

ou assis sur un siège peu élevé; ou bien d'un lit de sangle muni d'un matelas re-

' couvert d'une toile cirée pour les malades que leur état de souffrance ou de fai-

' blesse oblige de rester couchés.

I Voici maintenant de quelle manière se pratiquent les lotions. * 11 importe de faire remarquer d'abord que le patient devant être entièrement ''' nu pour subir cette application, il est indispensable qu'elle se fasse dans une I'- pièce chauffée, en hiver, à la température d'au moins 15" centigrade, afin d'évi û» ter les inconvénients ou les dangers d'un refroidissement.

itï. Tout étant disposé pour l'opération, le sujet se tient debout ou assis au milieu «^ du baquet ou de la baignoire, ou bien il est étendu sur le lit de sangle préparé tïad hoc.

,^k S'il est debout, il prend d'une main, pour être plus commodément, un point

ildd'appui sur un meuble, une chaise, une table, tournantle dos à l'opérateur. Celui-ci

maisaisit l'éponge trempée dans l'eau, puis il la porte et la promène vivement, à di-

àiltfverses reprises, par des mouvements de va-et-vient, de haut en bas et de bas en

iliiilhaut le long du rachis; trempant ensuite une seconde fois l'éponge dans l'eau, et

jgjfaisant retourner le patient, il lotionne de même la poitrine et le ventre; cette

jj^jj'manœuvre est répétée une troisième fois sur les épaules et les bras, une qua-

^piptriènie sur les hanches, les cuisses et les jambes ; on termine la séance en expri-

ppant l'éponge au-dessus de la tète du patient, de manière à baigntr aussi cette partie

Ijjiu corps. Cette partie de l'opération doit être laissée, quand faire se peut, aux

gsoins du sujet lui-même qui, ayant à sa portée, sur la table à laquelle il s'appuie,

le l'eau et une éponge, peut, de sa main restée libre, s'éponger la tète, le cou et

Ad poitrine, tandis que l'aide lotionne le reste du corps.

'i Après avoir promené méthodiquement l'éponge sur toutes les parties du corps, , l'U s'arrête ou l'on recommence une ou plusieurs fois l'opération si on le juge ' lécessaire.

Lorsque le sujet est trop faible pour se tenir debout, on le fait asseoir sur un

'n iége au milieu du baquet vide ou de la baignoire, dont le fond contient une

uantité d'eau suffisante pour une lotion. Un ou deux aides placés à côté du pa-

j, lisent trempent les éponges ou leurs mains dans l'eau de la baignoire, et procè-

ent à la lotion suivant le mode que nous venons d'indiquer. , jH Si la faiblesse du sujet est telle, qu'il ne puisse se tenir ni debout ni assis, on . .,; place sur un lit de sangle muni d'un matelas et d'un oreiller recouverts d'une

\i6 LOTIOxN.

toile cirée ; deux ou plusieurs aides sont alors nécessaires, les uns pour pratiquer la lotion, les autres pour faire exécuter au malade les évolutions commandées par les besoins de l'opération.

Quand, au contraire, le sujet est un individu bien portant, il peut s'administrer à lui-même la lotion sans le secours d'un aide. Il se place, nti, dans le baquet vide, ayant à ses côtés, un seau d'eau et une grosse éponge. Saisissant à deux mains l'éponge trempée dans l'eau, il la porte et la promène vivement sur la partie antérieure et sur les parties latérales du thorax, sur le ventre, sur la partie postérieure du bassin et toutes les parties de la région postérieure du tronc qu'il peut atteindre. Trempant ensuite de nouveau l'éponge dans l'eau, il lotionne la tête, le visage, le cou et les bras; il réitère la même manœuvre sur les membres inférieurs, et rermine en exprimant au-dessus de sa tète l'éponge trempée une dernière fois dans l'eau, dont le flot inonde la tête, le cou, les épaules, et coule le long de toutes les parties du corps.

On peut assez commodément encore se servir, pour c:;t usage, d'un bain de siège à moitié ou au tiers plein d'euu et dans lequel, armé de l'éponge, on se lient debout ou assis.

Dans les campagnes assez pauvres pour être privées de baignoires ou de bains de siège, on aurait toujours à sa disposition une benne, un baquet à lessiver. Enfin, à la rigueur, tout l'appareil instrumental se réduirait à l'éponge et au seau d'eau; et dans le cas où l'on n'aurait pas le choix d'une pièce convenable, on pourrait, dans une remise, une écurie, une étable, S3 [jrocurer à peu de frais les avantages d'une pratique excellente et éminemment hygiénique.

L'opération terminée, le sujet est essuyé et frictionné, ou s'essuie et se frictionne rapidement avec un peignoir de toile grossière ; on ajoute parfois un supplément de friction î l'aida d'un gant de crin, d'une brosse [voy. ce mot) de chiendent, de crin ou de métal que l'on promène sur les différentes parties du corps jusqu'à rubéfaction de la peau. Le sujet s'habille ensuite promptemeut et va se livrer soit à des exercices de gymnastique, soit à une promenade en plein air, dans le but de provoquer ou de développer le mouvement de la réaction, ou bien il est replacé dans son lit, vêtu d'un peignoir de laine dans lequel il reste enveloppé pendant une demi hcire, trois quarts d'heure ou une heurt; environ, jusqu'à ce que la réaction soit bien établie.

Tels sont les principaux détails du manuel opératoire généralement en usage pour pratiquer les lotions. Ajoutons, pour être complet, que, dans cette opération, l'éponge peut être remplacée par un linge, une serviette, une pièce quelconque de toile grossière, ou bien encore, purement et simplement, par les mains nues de l'opérateur. Nous pensons que l'éponge est de beaucoup préférable et d'un maniement plus commode.

La description qui précède s'applique principalement aux lotions froides ; c'esi de ce genre de lotions que nous allons surtout nous occuper.

Lotio7îs froides. Elles présentent à considérer deux conditions essentielles ; 1° la température du liquide; 2° la durée de l'application.

Nous avons déjà longuement traité, à propos des affusions et des bains, \i question des rapports de la durée des applications de l'eau froide avec le degré de la température de celle-ci, l'état du sujet, la nature des effets que le médecin cherche à obtenir. Nous n'y reviendrons pas. Nous nous bornerons à rappeler le? j^~.Tincipales propositions que nous avons émises dans les articles précités auxquels nous renvoyons le lecteur.

LOTION. Vi7

La température et la durée de l'application froide varient : 1° suivant l'effet slimidant ou sédatif que l'on veut oblenir; 2° suivant la température du corps ; 0° suivant la force et le degré de réactionnabilité du sujet; 4" suivant son impresrsionnabilité nerveuse.

La lotion pratiquée dans le but de stimuler l'organisme doit être faite avec de l'eau à la température moyenne de 8 à 12" centigrades, et avoir une durée de quelques secondes à une minute.

Si l'on recherclie les effets sédatifs plutôt que l'action stimulante, ou se servira d'une eau à la température de 15 à 18" centigrades, et l'on augmentera de rO secondes à 1 ou "2 minutes la durée de l'appliGatiou.

La durée de l'application sera d'autant plus courte, surtout au début du traitement, que le sujet est plus faible, plus nerveux, [»lus impressionnable, et qu'il montre moins d'aptitude à la réaction.

La leuipi.' rature de l'eau et la durée de l'application doivent être graduées d'après la différence de la cbaleur du corps : plus la température du corps est élevée, plus l'eau doit être froide, et plus l'application doit être prolongée. • Action physiologique. Elle se résume, ainsi que nous avons eu plus d'une fois l'occasion de l'exposer, notamment aux articles Affusions et Baiks, en une double série de plu'nomènes déconcentration et d'expansion alternatives, de mouvements de va-et-vient, de resseri'ement et de dilatation vasculaires, etc., qui aboutissent finalement à des effets de stimulation ou de dépression organiques. Nous avons fait voir que tous ces pbénomènes résultent d'une impression qui, reçue par la peau, transmise par les nerfs de sensibilité générale, répercutée par les centres nerveux cérébro-spinal et sympathique, est réilécbie de là sur le système nerveux périphérique, externe ou interne, et principalement sur le système nerveux vasomoteur. Tout le monde a abandonné aujourd'hui l'ancienne explication, toute mécanique, des effets du froid pour adopter celle-ci, -plus conforme aux progrès de nos connaissances anatomiques et physiologiques. Nous ne la développerons pas ici, ren\oyant le lecteur aux articles Aff'Jsions, BaiiNS, et surtout à l'article Hydrothérapie, dans lequel nous nous proposons d'exposer plus tard in extenso la théorie complète de l'action des diverses applications de l'eau fi'oide sur l'organisme.

Nous ne nous étendrons donc pas longuement sur V action et la réaction qui suivent l'application de l'eau froide sous forme de lotion.

Nous nous résumerons dans les propositions suivantes : dans la forme dont il s'agit ici, la réaction cutanée est favorisée et accrue par les frictions qui accompagnent la lotion et qui remplacent jusqu'à un certain point la percussion de la douche. {Voy. Douche.)

Une lotion courte, de quelques secondes à une mitmte, avec de l'eau à la temj[)érature de 8 à 12° centigrade, laisse, après la réaction, un sensation de bienêtre et de force due à la stimulation générale des grandes fonctions d'innervation, de respiration, de circulation, de calorification et, consécutivement, de digestion et de nutrition.

Au contraire, si la lotion est prolongée au delà d'une certaine limite, la réaction ne se produit pas, la stimulation fait défaut et les effets toniques sont remplacés par des phénomènes de sédatiou et même de dépression caractérisés par une sensation de malaise général, de faiblesse, de courbature, de refroidissement, d'oppression, de gêne de la respu'ation et de la circulation, d'inaptitude à l'acte vite physique et intellectuelle, par la ptàleur des téguments et la teinte violacédes extrémités.

us LOTION.

Les mêmes phénomènes peuvent être produits par une lotion trop longue avec de l'eau à la température de 1/i à 18° centigrade. La réaction n'a pas lieu, ou se fait d'une manière incomplète ; on n'obtient que des effets sédatifs.

Une lotion courte, dans des conditions de température semblables à celles du cas précédent, ne donne lieu qu'à des phénomènes d'action et de réaction faibles. La lotion est alors indifférente et ne mérite plus que le nom de lotion de propreté.

On peut donc distinguer au point de vue de l'action physiologique , un lotion indifférente, une lotion stimulante, une lotion sédative ou hyposthénisante, une lotion mixte, suivant la température du liquide et la durée de l'application.

Effets hyqiéniques et thérapeutiques. Ils découlent naturellement de l'action physiologique.

L'usage habituel des lotions froides générales entretient la propreté, la souplesse, la perméabilité, la tonicité, la sensibihté de la peau. Elles tempèrent les effets de l'excès de latcmpcratuie atmosphérique, rafraîchissent le corps, ravivent la source de la stimiilaficn nerveuse épuisée par la chaleur, le travail, la fatigue. Combinées avec les frictions, elles activent la circulation périphérique, régularisent les phénomènes d'absorption et d'exhalation cutanées, développent l'aptitude à la réaction. L'habitude de réagir sous l'aclion de l'eau froide donne à la peau l'ajilitude à réagir sons l'impression de l'air froid; elle diminue rimj)ressioiinabilité aux courants d'air cl aux variations atmosphériques; consécutivement elle prévient les maladies produites par le contact rie l'air froid sur la peau: rhinites, amygdalites, laryngites, bronchites, névralgies, rhumatismes, etc.

Les lotions froides pratiquées une ou deux fois par jour constituent un moyeu excellent de conserver la santé des entants robustes, de fortifier celle des enfants faibles, délicats, lynq^haliques, nerveux, et de développer en eux un tempérament sanguin artificiel qui devient déliiiitif si l'on continue avec persévérance, pendant des années, ou même pendant) tout le cours de la vie, l'emploi de celte pratique éminemment hygiénique. En habituant les enfants, dès le berceau, à la sensation de l'eau froide, on les rend moins sensibles à l'impression du froid, ou les garantit des inconvénients plus ou moins fâcheux des refroidissements, ou les préserve de beaucoup de misères, on les trempe, en quelque sorte, au physique et au moral, ])0urles rudes épreuves de la vie. Si les principes d'une éducation forte et vraiment virile des enfants, parvenaient à pénétrer dans les mœurs publiques, ou verrait moins de ces générations pâles, chétives, étiolées, justement flétries de nos jours d'une épithète vulgaire de mépris appliquée aux apparences d'énervement physique et moral d'une foule de jeunes gens. Les lotions froides une fois commencées chez les enfants, doivent être continuées tous les jours, eu hiver comme en été, en se conformant aux préceptes que nous avons tracés et aux conditions que nous avons indiquées, relativement à la durée de l'application, à la température de l'eau, à celle de l'air de la pièce oi!i la lotion est pratiquée, enfin aux soins à prendre pour assurer la réaction. Il est remarquable que la réaction s'accomplit généralement d'une façon plus rapide et plus énergique, toutes choses égales d'ailleurs, chez les enfants que chez les adultes et les vieillards.

Les enfants qui ne marchent pas encore seront enveloppés dans des vêtements de laine suffisamment épais pour empêcher la déperdition de l'augmentation delà chaleur animale jiroduite par la réaction spontanée qui suit l'apphcation de l'eau froide.

Les mêmes principes peuvent être appliqués avec succès à l'hygiène des indi-

vidus de tout sexe et de tout âge, en tenant compte des différences d'impvessionnabillté et de réactionnabilité individuelles, nées des diverses conditions de sexe, d'âge, de tempérament, de constitution, etc. Grâce à ces précautions, et en se conformant aux règles générales que nous avons établies, nous osons afiirmcr, avec la plus entière confiance, qu'il n'est pas d'enfant si faible, pas de vieillard si débile qui ne puisse réagir sous l'influence d'une application suffisamment courte d'eau suffisamment froide.

Les lotions froides, faites tous les jours, une ou deux fois par jour, constituent une des meilleures pratiques hygiéniques que l'on puisse conseiller aux classes pauvres, aux paysans, aux ouvriers qui, faute de temps et d'argent, jic peuvent se donner le luxe du bain, si nécessaire cependant à la propreté du corps, condition indispensable de la conservation de la santé. La lotion froide prise soit le matin, au lever, soit le soir, au retour du travail, mieux encore le matin et le soir, remplace le bain à peu de frais ; elle nettoie le corps des impuretés concrétées sur la peau par le mélange de la poussière avec la sueur, impuretés dangereuses lorsqu'elles sont constituées par des poussières irritantes ou toxiques aux quelles sont exposés les ouvriers exerçant certaines professions. Un grand nombre de maladies de la peau, beaucoup d'accidents plus ou moins graves, chez les individus des classes pauvres, seraient prévenus par l'usage quotidien des lotions froides générales. En même temps qu'elles entretiennent le propreté du corps, elles ont pour effet de délasser l'ouvrier des rudes travaux de la journée, de le préparer à en entreprendre de nouveaux, de faire cesser la fatigue musculaire, d'exciter l'appétit, de ranimer les forces, de raviver, en un mot, la source de l'innervation générale épuisée parle travail et la fatigue.

Les lotions froides quotidiennes ne sont pas moins utiles à l'homme d'affaires, à l'homme de cabinet, tant pour calmer l'excitation ou modérer le fatigue cérébrale, résultant d'une tension intellectuelle excessive, que pour combattre la torpeur physique consécutive à l'habitude de la vie sédentaire.

En résumé, les lotions froides quotidiennes constituent une pratique éminemment utile dont les avantages peuvent s'étendre à toutes les classes, à toutes les conditions, à tous les âges, à toutes les constitutions, à tous les tempéraments et dont on ne saurait trop recommander l'usage au point de vue de l'hygiène publique et pi-ivée.

Effets thérapeutiques. Si maintenant, du domaine de l'hygiène nous passons sur celui de la thérapeutique, nous trouvons que les lotions froides sont souvent indiquées et employées dans le traitement d'un grand nombre de maladies aiguës ou chroniques.

Elles conviennent à toutes les maladies aiguës ataxo-adynamiques , dans lesquelles nous avons ^\i les af fusions froides {voy . ce mot) préconisées et em ployées avec le plus grand succès par des praticiens tels que Wrigbt, Currie, Jackson, Mac-Lean, Gregory, Bateman, etc., en Angleterre : par Hann, Frôlich, Reuss, Pistchaft, Nasse, etc., eu Allemagne; par Récanner, Trousseau, Jolly, Beau, Andrieux, Tessier, Stackler, etc. , en France. Telles sont la fièvre typhoïde, le typhus, la fièvre jaune, les fièvres éruptives (variole, rougeole, scarlatine) et, en général, toutes les pyrexies à type continu ou rémittent.

Dans tous ces cas, les lotions froides, comme les affusions, diminuent la chaleur fébrile, la soif, la séclieresse de la langue, ralentissent le pouls, impriment une sédation rapide, en quelque sorte immédiate, aux phénomènes nerveux les

plus violents, à l'agitation, au délire, etc. En outre, dans les fièvres éniptives, anomales et compliquées, elles favorisent la sortie de rexantlième, l'exalieiif, loin de le répercuter, simplifient la maladie et la font rentrer dans les voies normales et régulières. Elles produisent donc, à la l'ois, des effets stimulants et sédatifs, une sédation tonique, une action taxo-dyaamique, si l'on peut ainsi dire; elles relèvent les forces et font cesser l'ataxie.

Les lotions froides sont également indiquées dans les fièvres inlern attentes, bénignes ou graves, soit un peu avant l'accès, soit dans le stade de chaleur, cas dans lesquels nous avons dit que Currie employait avec succès les alfusions et Giannini les immersions.

Ou les a mises aussi en usage, avec des résultais douteux, dans les deux périodes du choléra sporadique ou épidémique.

Leur emploi est rationnel dans les /le'morr/ta^/ies ; — dans les névroses cérébrales, cérébro-spinales, trisplanchniqnes (épilepsie, éclampsie, convulsions infantiles, tétanos, contractures , paralysies , delirium tremens, spasmes de la glotte, asthme nerveux , toux spasmodique, jjalpitations nerveuses, angine de poitrine, névralgies, migraine, gastralgie, gastro-entéralgie, hypochondrie, hystérie, nymphomanie, satyriasis, etc.) ; — dans les hypémies on anémies (chlorose, chloro-ancmie) ; — dans les hypcrémies chroniques du cerveau, des poumons, du coeur, du foie, de la rate, des rehis, de l'utérus, etc ; — Dans les flux chroniques (diarrhée, dysenterie, leucorrhée, diabète, etc.); — dans la dysménorrhée, \ aménorrhée; — dans les cachexies rhumatismale, goutteuse, syphilitique, albuminuri([ue, glycosurique, etc. ; — dans le rachitisme, la scrofule et autres maladies diathésiques ; — dans tons les cas, enfin, oîi il s'agit de stimuler l'innervation, d'activer la circulation périphérique, les fonctionsd'absorption et d'exhalation cutanées, d'exciter l'appétit, de relever les forces, d'imprimer, en un mot, à l'organisme tout entier une stimulation favorable à la guérison des maladies de nature asthénique.

Quelque bons et utiles services que les lotions froides générales soient appelées à rendre dans tous les cas que nous venons d'énumérer en dernier lieu, c'està-dire dans les fièvres intermittentes, les névroses, les anémies, les congestions sanguines chroniques, etc., il importe de déclarer que leur efficacité est de beaucoup au-dessous de celle des douches froides qui restent le moyen héroïque par excellence pour combattre et vaincre ces affections.

Lotions froides partielles. Elles sont pratiquées sur le visage, le cou, les mains, les pieds, les organes génitaux, etc. Nous ne nous étendrons pas sur l'usage vulgaire que font les gens, un peu soigneux de leur personne, des lotions froides partielles. L'habitude de se laver tous les jours et plusieurs fois par jour le visage, les mains, les pieds, les organes génitaux, le périnée, les aisselles, les aines, les ouvertures naturelles, etc., est une excellente pratique de propreté et d'hygiène. Ces lotions ou ablutions préviennent les gerçures, les crevasses, l'intertrigo, etc.; elles débarrassent les parties de leurs impuretés et de leurs souillures, principalement des dépôts de matière grasse, destinés à lubrifier l'entrée des voies génitales et qui s'accumulent entre le gland et le prépuce, entre les grandes et les petites lèvres, autour de l'orifice du vagin, où la matière sébacée se mélangeant avec les mucosités vaginales, avec le liquide des leucorrhées et le sang des règles, s'altère par son séjour, prend une odeur forte et repoussante, acquiert des propriétés irritantes , occasionne des rougeurs, des inflammations (balanite, vulvite), des éruptions diverses,

des érosions, des ulcérations des parties génitales. Il en résulte une sensation de chaleur, de cuisson, de démangeaison jjIus ou moins vive, {larfois insupportable, qui devient souvent, chez les enfants, la cause occasionnelle d'habitudes vicieuses.

Tous ces inconvénients, plus ou moins graves, sont prévenus par les lotion quotidiennes pratiquées sur les parties génitales, de manière à enlever soigneusement les dépôts sébacés au fiu' et à mesure de leur formation. Les lotions des organes génitaux sont utiles pour prévenir, et même pour guérir le varicocèle.

La loi de Moïse, celle de Mahomet, d'accord en cela avec les principes de l'hygiène, prescrivaient les ablutions aux femmes après les règles, aux deux sexes après le coïL

Ces ablutions, toujours utiles, au point de vue de la propreté, devraient être rigoureusement pratiquées toutes les fois que l'on a quelque raison de suspecter la pureté de l'acte vénérien, afin de tâcher d'en prévenir les suites fâcheuses. L'eau destinée aux ablutions des parties génitales doit avoir une température moyenne de 15 à 20" centigrades. A plus basse température, les ablulions seraient excitantes par la réaction provoquée.

Le lavage du périnée, du pourtour de l'orifice anal, les purifie des souillures qui accompagneut l'acte de la défécation.

Le lavage fréquent des mains et des pieds n'a pas besoin d'être justifié par de longues considérations. Les lotions quotidiennes des pieds, en particulier, utiles à tout le monde, sont d'une nécessité impérieuse pour les individus affligés de transpirations fétides de ces parties.

Les lotions froides de la tête ont pour effet d'entretenir la propreté du cuir chevelu; de raffermir les bulbes des cheveux; d'en retarder ou d'en empêcher la chute; de conserver l'aptitude au travail intellectuel ; de dissiper la torpeur ou la fatigue cérébrales qui naissent de la congestion produite soit par le sonuueil, soit par le travail prolongé, soit par l'exposition à la chaleur du soleil ou d'un feu trop ardents; de prévenir la céphalalgie, la migraine, les névralgies faciales, les ophthalmies, les rhinites, etc.; de tempérer la rougeur, la chaleur, la douleur et le gonflement de Térythème et de l'érysipèle de la face.

Les lotions troides partielles servent encore à nettoyer les plaies, les ulcères; à les rafraîchir; à en modérer l'irritation inflammatoire ; à calmer la douleur d'une entorse, d'une contusion, d'un coup, d'une blessure; à arrêter les hémorrhagies locales; à détourner, enfin, par révulsion ou par dérivation, les congestions des organes internes : cerveau, poumons, cœur, foie, rate, reins, utérus, etc.

Lotions chaudes. Très-rarement employées. Elles sont générales ou locales et, dans les deux cas, on peut les rendre à volonté, comme nous l'avons dit des affusions, sédatives ou excitantes, suivant la température du liquide. De 25 à 35° centigrades, leurs effets sont généralement sédatifs ; ils deviennent de plus en plus excitants à mesure que la température de l'eau s'élève de 35" à 45" centigrades. Dans ce dernier cas, on ne les emploie guère que localement et pour produire une action révulsive ou dérivative quand il s'agit de porter, dans une partie voisine ou éloignée de l'organe malade, ou sur l'organe lui-même, une irritation substitutive.

On les administre de cette manière, dans l'hypérémie aiguë, comme dérivatif; dans les congestions sanguines chroniques, comme révulsif ou excitant de la circulation capillaire languissante; dans les névralgies; dans le rhumatisme musculaire

et articulaire chronique ; dans la céphalalgie qui dépend d'un état d'anémie cérébrale.

Dans tous ces cas la température du liquide doit être assez élevée pour déterminer, sur la partie où on l'applique, un afflux sanguin plus ou moins considérable, une rougeur plus ou moins vive, voire une douleur plus ou moins aiguë, mais passagère.

On emploie les lotions cliaudes sédatives pour calmer les accidents nerveux des fièvres graves, les lotions chaudes révulsives pour provoquer l'apparition d'un exanthème tardif ou pour le rappeler.

Les lotions tièdes sont journellement employées dans le pansement des plaies et des ulcères, pour les nettoyer, les humecter, en calmer l'irritation inflammatoire.

Lotions cosmétiques. Entre les lotions simples et les lotions médicamenteuses proprement dites se placent les lotions cosmétiques ou de toilette qui s'emploient en mélangeant avec l'eau des ablutions certaines substances cosmétiques, tels que savons, laits, vinaigres, hydrolats, alcoolats, teintures, etc.; préparations de toute sorte que l'art de la parfumerie a multipliées à l'infini pour les besoins des sociétés délicates et raffinées.

Nous n'entrerons pas, à cet égard, dans des détails qui trouveront plus logiquement leur place à l'article Cosmétiques. Nous devons dire seulement que l'usage modéré des lotions cosmétiques est généralement exempt d'inconvénients sérieux et qu'il a souvent des avantages réels.

Les lotions savonneuses, par exemple, sont indispensables pour maintenir la propreté du corps, surtout des parties qui, comme les mains, les pieds, les organes génitaux externes, le cuir chevelu, etc., ont plus particulièrement besoin d'être débarrassés des impuretés produites par les sueurs locales, les matières grasses, les exfoliations épidermiques,etc., qui les souillent et leur communiquent luie odeur désagréable.

Tout le monde sait que l'irritation produite par le passage du rasoir sur la peau du visage, que le prurit, les irritations diverses de la surface cutanée sont calmées par certaines lotions cosmétiques ; que certaines autres exercent sur le,-: organes génitaux une action astringente et tonique très-favorable. — Leur emploi est donc sanctionné par l'hygiène, mais il importe de ne pas oublier qu'en cela omme en beaucoup d'autres choses, l'abus est souvent bien près de l'usage.

II. Lotions médicamenteuses. Les lotions médicamenteuses s'appliquent eu exprimant, sur les parties malades, des linges ou des éponges imbibés de divers liquides qui sont des décoctions, des infusions aqueuses, de liqueurs vineuses, alcooliques, éthérées, des solutions d'acides, d'alcalis, de sels, des huiles, des émulsions, etc. On les applique également soit avec un pinceau, soit à l'aide des mains trempées dans le liquide de la lotion.

Elles sont désignées soit d'après leur composition, soit d'après la nature des effets physiologiques ou thérapeutiques qui leur appartiennent ou qu'on leur attribue. Dans la première catégorie entrent les lotions : végéio-minérales, acides, alcalines, ammoniacales, boratées, chlorurées, iodées, ferrugineuses, mercuvielles, sulfureuses, aromatiques, alcooliques, gélatineuses, savonneuses, etc.; dans la deuxième catégorie se rangent les lotions : émollientes, sédatives, irritantes, excitantes, résolutives, astringentes, antidartreuses ou antiherpétiques, antiseptiques ou antiputrides, parasiticides, etc.

Sans attacher une signification absoliie à cette dernière classification un peu arbitraire, nous l'adoptons faute de mieux.

Nous énumérerons donc, en les rattachant à ces divisions, quoique factices et arbitraires, les principales formules des divers liquides employés sous forme de lotions, en indiquant leur usage thérapeutique.

Lotions émoUientes, sédatives, antiphlogistiques. Elles se préparent avec des infusions ou des décoctions de plantes émollientes (racines, tiges, feuilles, fleurs, <' raines), et avec des principes extraits des dilférentes parties de ces plantes et et mélangées à divers liquides, particulièrement à l'eau et au lait. C'est ainsi que l'on pratique des lotions avec les eaux de sureau, de guimauve, de graine de lin, de son, d'amidon, etc. Le lait que l'on mélange quelqueiois à ces substances pour les rendre plus émollientes, a l'inconvénient de fermenter, de s'aigrir et d'ac-~ quérir par là des propriétés irritantes contraires au but que l'on se propose. On emploie ces lotions tièdes sur les parties irritées, enflammées, dans l'érythème, l'érysipèle, les plaies qui sont le siège d'une inflammation violente, etc.

Elles agissent en humectant, imbibant et assouplissant les tissus, dont elles diminuent la sécheresse et la tension inflammatoire. La température du liquide contribue à produire ce résultat.

Certaines plantes dont on emploie les infusions et décoctions sous forme de lotions, agissent, dans les mêmes cas, non-seulement par leurs propriétés émollientes, mais encore par les principes anodyns qu'elles contiennent et qui diminuent l'inflammation en calmant la douleur : telles sont, par exemple, les lotions faites avec des infusions ou des décoctions de morelle, de têtes de pavot, etc., qui contiennent des principes stupéfiants ou narcotiques.

Lotions toniques, excitantes, irritantes, résolutives, astringentes. Nous réunissons ensemble ces diverses sortes de lotions parce que leurs propriétés sont à peu près les mêmes et que leurs effets ne se distinguent, le plus souvent, que par des nuances.

Elles agissent en modifiant la vitalité des parties sur lesquelles on les applique, la circulation et l'innervation des tissus dont elles augmentent ou régularisent les actions organiques. Appliquées sur les lésions chroniques et plus ou moins torpides qui ont la peau pour siège, elles animent,. pour ainsi dire, le tissu malade, en excitent la vitalité, en fovorisent le retour à l'état normal, hâtent la résorption des exsudats, des épancbements sanguins ou séreux, la résolution des tumeurs, la cicatrisation des plaies et des ulcères atoniques, la chute des eschares, etc.

Telle est l'action modificatrice générale de ces sortes de lotions ; en l'analysant on trouve qu'elle est le résultat d'effets complexes qui dépendent à la fois de la température du liquide et des propriétés chimiques et dynamiques des éléments qui entrent dans leur composition.

Nous savons déjà que les lotions froides ont pour effet d'abaisser directement ou d'exalter indirectement, par réaction, la vitalité des parties sur lesquelles on les applique. Le phénomène est inverse dans les lotions chaudes ; elles exaltent directement ou primitivement et dimiiment indirectement ou consécutivement le dynamisme organique. 11 y a donc lieu de faire la part de la température du liquide dans l'explication des effets produits par les lotions.

En vertu de leurs propriétés chimiques, les solutions ou les liquides médicamenteux exercent une action salutaire sur les tissus morbidement atteints dont ils modifient chimii|uement la surface et les produits de sécrétion, soit qu'ils escharifient superficiellement ou profondément la surface du tissu malade, d'une

iU LOTION.

plaie, d'un ulcère, soit qu'ils neutralisent un poison, détruisent un virus, décomposent un principe septique dépos,'', mis en contact avec celte plaie, cet ulcère, ou sécrétés par des solutions de continuité ichoreuses, putrilagineuses, affectées de gangrène, de pourriture d'hôpital, de diphthérite infectieuse.

Les lotions astringentes tirent leur nom de leur principale propriété qui est de produire l'adstriction, le resserrement des tissus, l'oblitération des vaisseaux capillaires qui laissent échapper le sang; elles ont pour effet de diminuer et de tarir les sécrétions morbides, elles modifient les surfaces diphlhéritiques el gangreneuses et tannent les eschares.

Les lotions irritantes, qui peuvent aller jusqu'à la cautérisation des parties, agissent en irritant les surfaces malades et torpides et en substituant au travail pathologique une irritation artificielle franche et médicatrice.

Un effet secondaire des applications astringentes et irritantes est de déterminer consécutivement la sédation de certains phénomènes d'éréthisme nerveux et circulatoire, tels que les démangeaisons de la peau, le prurit qui accompagne la plupart des maladies cutanées. Ainsi agissent les lotions alcalines, les lotions au bichlorure de mercure, au cyanure de potassium, et autres applications employées à titre de sédatives.

Nous avons dit que les lotions irritantes modifient chimiquement les surfaces sécrétantes des plaies et des ulcères de mauvaise nature dont elles décomposent les liquides de sécrétion altérés par le contact de l'air, ou par la nature des lésions qui leur donnent naissance (pourriture d'hôpital, gangrène, diphthérie, etc.). De là les lotions antiputrides ou antiseptiques.

Enfin les éléments dont se composent les lotions irritantes sont fréquemment des poisons pour les organismes inférieurs, végétaux et animaux, qui vivent sur la peau de l'homme et deviennent le point de départ d'altérations ou de maladies diverses de ce tégument. Tel est le rôle de certaines lotions dites pour cette raison parasilicides .

Voici maintenant les formules des principales lotions usitées en thérapeutique.

Lotion mercurielle antiherpétique.

IDOLTES. ENFASTS.

Sublimé corrosif • < • . 8 grammes. 4 grammes.

Alcool Q, S. Q. S.

Pour faire dissoudre, ajoutez :

Eau distillée 190 grammes.

De une à quatre cuillerées abouche dans 500 grammes d'eau très-chaude. Se servir d'une cuiller de bois, de porcelaine ou de verre. Pour lotions dans le pityriasis, l'acné, l'eczéma chronique, les démangeaisons.

Autre ;

Bichlorure de mercure 0,10 centigrammes.

Sel ammoniac 2 grammes.

Alcool 15

Eau distillée d'amandes amères 15

Dissolvez les sels dans l'eau distillée et dans l'alcool et ajoutez :

Émulsion d'amandes amères oOO grammes.

Dans les mêmes cas que la précédente.

Autre :

Biclilorure de mercure 0,50 centigrammes.

Sullate de zinc et acétate de ii'.oiuli, Sli. . 2 grammes.

Alcool 0. S. pour dissoudre le sel.

Eau -i>0 grammes.

Contre les éphélides. (Hardy.)

Au Ire :

Cichlorurc de mercure 0,07 à 0,.-)0 ccnligrainmes.

Eau yOO à lOOt) grammes.

• Essence ou alcoolat do mcntlie. . . 50 gouttes à JO grammes.

Dans les mêmes cas que les précédentes. Lotion ferrugineuse. SoUilion martiale :

Tartralc lerrico-potassiqiie fiO grammes.

Eau 500

Contre le chancre phagédénique et les ulcérations de mauvaise nature qu'il s agit de tonifier, d'exciter, ou dont il faut détruire la virulence.

Lotion astringente (avec l'eau végéto-minérale).

Sous-acétate de plomb liquide (extrait de Saturne). de i à ôO grammes.

Eau de rivière ou de fonlaiiic de 250 à 5-0 grammes.

Alcool à 5(5° de 2o à 50 granuues.

Slèlcz ; pour lotions dans l'eczéma aigu ou chronique, dans le prurit de la vulve. Autre : ^ ■

Sous-acélato de plornlv l à 50 grammes.

Eau .- . 500 à 1000

Dans les mêmes cas que la précédente.

Autre :

Acétate de zinc 1 gramuie.

Eau de rose 50

Astringent et tonique local.

Lotion alunée .

Alun 3 à 50 grammes.

Eau ûOO à 1000 grammes.

Esssnce ou alcoolat de menthe 50 gouttes à 10 grammes.

Dans les mômes cas que les précédentes. Lotion hor citée.

Borax . 30 grammes.

Eau 500

Dissolvez ; quatre cuillerées à bouche dans un litre d'eau chaude. En lotions dans le prurit de la vulve ; dans le muguet des parties génitales chez les jeunes filles ; sur les parlies atteintes d'engelures.

Autre

Porax 4à6 grammes.

Émulbion d'amandes douces 125

Lotion alcaline.

Sous- Eau.

Dissolvez ; une cuillerée à bouche dans un à deux litres d'eau très-chaude. Pour

Sous-carbonate de soude ou de potasse. . , 100 grammes. Eau 500

lotions dans les affections prnrigineuses de la peau ; dans le prurit et l'eczéma de la vulve.

Lotion ammoniacale.

Sel ammoniac 20 grammes

Eau 40

alcoolat vulnéraire 10

Dissolvez le sel dans l'eau et ajoutez l'alcoolat. En lotions sur les pieds et les mains pour prévenir les engelures.

Lotion iodée. (Trousseau.)

Teinture alcoolique d'iode 40 grammes.

Alcool à 20° ICO

Jlêlcz; — faire avec un pinceau des lotions sur le ventre dans les cas d'épancliement ascitique dû à une péritonite chronirpie; — dans le cas de kyste de l'ovaire; — sur le sein, dans les engorgements de la glande mammaire ; — sur les articulations atteintes d'hydarthrose; — sur le scrotum dans les cas d'hydrocèle congénitale des enfants.

Autre :

Iode 0,23 centigrammeà.

Sel commun 30 grammes.

Eau 625 à 1250 grammes.

Autre

Iode 2 grammes.

lodure de potassium 8

Eau 1000

Contre la gale. (Cazenave.) Lotion sulfO'iodurée.

Autre

lodure de soufre 15 grammes.

Eau 1000

lodure de soufre 6 grammes.

lodure de potassium 6

Eau 1000

Contre la gale. (Cazenave.) Lotion sulfureuse.

Sulfure de sodium 15 grammes.

Eau disliHée 150

Dissolvez; une cuillerée à bouche dans un litre d'eau très-cliaude. En lotion sur la lète dans les croiites de lait des enfants; — sur le visage dans les dartres à forme humide ; — dans le prurit de la vulve ; — pour inspirer dans les narines atteiates d'eczémas chroniques.

Lotion au cyanure de potassium.

Cyanure de potassium 0,60 centigrammes.

Emulsion d'amandes améres 200 grammes.

Lotion essentiellement sédative des démangeaisons dans les maladies cutanées avec irritation. — On fait également une lotion cyanhydrique avec 4 à 5 grammes d'acide médicinal dans un litre d'eau de laitue.

LOTIOiV. 127

Lotion au sulfure de potassium (de Dupuytren).

Sulfure de potassium 90 à 123 gramme».

Acide sulfui'ique 4 à 15 grammes.

Eau 500 à 1000

Eu lotion contre les affections dartreuses anciennes, principalement celles de forme sèche et squameuse.

Id. deBaiiow :

Sulfure de potassium 8 grammes.

Savon blanc 10

Alcool rectifié 8

Triturez dans un mortier de porcelaine et ajoutez :

Eau de chaux 230 grammes.

Dans les mêmes cas que la précédente .

Lotion chlorurée.

Chlorure de soude (liqueur de Labarraque). ... 50 à 100 grammes. Eau 500

Pour le pansement des plaies de mauvaise nature. Gomme parasiticide dans les^ affections cutanées dues à la présence de microphytes ou d'acariens.

Lotion salée.

Sel commun 10 à 50 grammes.

Eau 500

Pour lotionner les ulcères sanieux, les réglons contusionnées et meurtries, les surfaces affectées de pityriasis et d'autres dartres furfuracées.

Lotion vinaigrée.

Vinaigre 20 à 30 grammes.

Eau 500

On fait une lotion acide avec 15 grammes d'acide nitrique pour un litre d'eau. En lotions réfrigérantes sur tout le corps dans les fièvres ardentes, typhoïdes et autres.

Lotion savonneuse.

Savon blanc 60 grammes.

Eau 500

Lotion antidartreuse.

Huile de papier 10 grammes.

Eau 1000

En lotions sur les parties couvertes de dartres. Lotion résolutive et caustique au nitrate d'argent.

Nitrate d'argent cristallisé 1 gramme.

Eau diblillée 9

Promenez légèrement sur les surfaces malades un pinceau de charpie imbihé de cette solution ; — dans les cas de plaques muqueuses, d'ulcères atoniques, de dartres torpides, etc.

Lotions alcooliques. L'alcool, qui entre comme dissolvant ou adjuvant dans la composition de la plupart des lotions médicamenteuses peut, à divers degrés

128 LOTE.

de concentration, être employé isolément sous forme de lotions. A 95" centésimaux il sert à modifier, par l'attouchement avec un pinceau, les plaies imprégnées d'un poison septique ou infectées par la diplithérie, la pourriture d'iiôpital, la gangrène, etc. A un état de plus grande dilution, il est appliqué, comme stimulant, sur les plaies et les ulcères atoniques, sur les solutions de continuité dont la cicatrisation languit; enfin, comme résolutif, sur les parties qui sont le siège d'un engorgement chronique ou d'un épanchement séreux.

A. Tartivel.

liOTOS. On dit aussi quelquefois Lotus et'Lotier. Nom appliqué par les anciens à différentes plantes, employées comme alimentaires, ou comme médicamenteuses, considérées souvent comme des végétaux sacrés, doués de vertus surnaturelles. On a compté jusqu'à onze Lotos dilférents. Le Lotos sacré des Indiens dont le simple contact pouvait, avec la protection des dieux, bien entendu, guérir les maladies, épidémies, etc., était un Nelumbiiim. Celui des Égyptiens, qui jouait un si grand rôle dans leurs rites religieux, est attribué au Nymphœa Lotus L. Les Lotophages se nourrissaient, comme le nom l'indique, de fruits de Lotos; et ces fruits étaient : ou les graines des plantes aquatiques ci-dessus nommées, ou plutôt des péricarpes de différentes Rhamnées, Ulmacées, Ébénacées, notamment des Jujubiers, surtout le Zizyphus Lotus Desf., le Celtis AustralisL., le Diospyros Lotus L. H. Bn.

Delile, Obx. sur les Lotus d'Egypte, in Bull. Soc. phil., III, 171. — Desfontaines, Rech..

sur le Lotos fie Lybie, in Mém.Ac. se., 1788 ; 443. — Fée, Moti. des Lotos des anciens,

in Flore de Virgile, 80. — Mér. et Del., Dict. Mat. méd., IV, 146. — GtiB., Drog. simpl, éd. 4, III, 665.

LOTE OU LOTTE. Genre de poissons malacoptérygiens de la famille des Gathdes, dont il est le seul représentant dans les eaux douces d'Europe. Les caractères des Lotes sont tirés des deux nageoires dorsales, l'une petite, l'autre très-longue, s'étendant jusqu'à l'origine de la caudale, des nageoires ventrales placées sous la gorge en avant des pectorales, de la nageoire anale très-longue; un long barbillon au menton de la mâchoire inférieure ; extrémité du corps pointue, entourée par la nageoire caudale arrondie.

LaLote commune (Gadus lotaXÀnn. LotavulgarisCwiiev. — E. Blanchard. Les Poissons des eaux douces de la France, p 272, fig. 51 ; 1866) est un des plus singuliers poissons de notre pays, à tète élargie, rappelant la physionomie du Chat ou de la Loutre. On la connaît sous les noms de Lote de Loire, Lote de rivière. Le corps est allongé et presque cylindrique, comprimé latéralement à partir du milieu. Le tégument est enduit d'un mucilage gluant, et couvert de très-petites écailles arrondies et contiguës, à peine visibles sans le secours de la loups. La couleur est d'un vert olivâtre clair, avec des taches ondées d'un brun verdàtre foncé; les yeux ronds très-saillants, placés au niveau du front, avec l'iris d'un vert doré.

Ce curieux poisson a des vertèbres très-épaisses, vingt-une pour le tronc, et trente-huit à la queue. L'œsophage et l'estomac sont fort larges et plissés en long; l'intestin forme deux replis, et il y a environ trente appendices pyloriques; le foie est volumineux et trilobé. La vessie est grande avec des parois trèsépaisses,

La Lote commune est répandue en France, surtout dans l'Est, .mais elle ne paraît pas se trouver dans le Midi ; elle est extrêmement commune en Savoie,

LOUBOUER (SAliNT-) (eaux minérales de). 129

dans les lacs Léman et du Bourget. Les plus grandes Lotes atteignent ordinairement une longueur de 50 à 50 centimètres ; elles sont voraces, et se tiennent au fond des eaux, blotties dans des trous ou des anfractaosités. La Lote quitte sa retraite pendant la nuit, et fraye en décembre et janvier.

La cliair de la Lote commune est fort estimée, et on vante partout le goût fui de son foie volumineux.

La seconde espèce du genre est un poisson de mer : la Lote Molve [Gadus Molva Linn. — Gaidopsanis Mustellaris Rai,), vulgairement connue sous les noms de Molve, Lingue, Julienne, Morue-Longue, Grandc-Morue-Barbue, atteint depuis 1 jusqu'à 2 mètres de longueur. Corps très-allongé, dos brun, côtés verdâtres, le dessous argenté; mâchoire supérieure avancée, l'inférieure avec un long barbillon placé au milieu de plus petits.

C'est un excellent |;oisson de mer, très-abondant dans certains parages, rare sur nos côtes, et dont la chair délicate est préférée à celle de la Morue ordinaire (woîy. Poissons et Viakde). A. Laboulbène.

LOTUS. Voy. LoTiER.

LOUBOUER (SAI1XT-) (Eaux mi\éi!ales de) prototliermalcs^ sulfurées calciques faibles, azotées faibles. Dans le département des Landes, dans l'arrondissement et cà 19 kilomètres de Saint-Sever, émergent trois sources d'un terrain calcaire argilo-marneux, désignées sous les noms de source de la Grande-Maison, de source du Bois et de source Nicolas. Leurs trois filets se réunissent à une certaine distance et apparaissent, le premier sur la commune de Saint-Loubouer, les deux autres sur le territoire de la commune d'Espérous. Les eaux des trois sources sont claires et limpides, elles ont une odeur et une saveur sensiblement hépatiques. Leaudela source Nicolas tst la plus sulfureuse. Leur température et leur débit les différencient surtout. La source de la Grande-Maison élève la colonne thermométnque à 19°, 2 centigrade, sou débit en vingt-quatre heures est de 67,000 htres ; la température de la source du Bois est de 19" centigrade ; son débit en vingt-quatre heures est de 12,300 litres; la source Nicolas enfin fait moi\ter le thermomètre à 16° centigrade seulement, et donne en vingt-quatre heures 12,000 litres d'eau. M. Henry a fait, en 1858, une analyse sommaire de l'eau des trois sources de Saint-Loubouer. Ce chimiste a trouvé dans 1000 grammes les principes suivants :

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