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cavité oblongue assez profonde, qui reçoit un ou plusieurs os du carpe ; cette articulation est complétée en haut par une apophyse saillante qui s'étend à travers l'espace interosseux vers le cubitus, et avec laquelle la portion postérieure et interne du trapézoide vient se mettre en rapport, lorsqu'on porte la main dans l'extension (tabl. A, n"^ 3 et 7). Le carpe présente ordinairement une atrophie des os de la première rangée qui peut aller jusqu'au point de ne laisser que des vestiges du scaphoïde, du semi-lunaire et du pyi\amidal ; dans un cas observé par Smith, le condyle était constitué jjar le pyramidal, le trapèze, le trapézoide et la tête atrophiée du grand os (tabl. n° 4). L'humérus présente quelquefois une espèce de torsion oblique en dehors, le condyle est volumineux, et descend plus bas que la trochlée; dans certains cas, il ne s'articule qu'avec le cubitus, et ne présente pas de ligaments latéraux ^tabl. n°' 1 et 4). La main, dans un cas, pouvait s'incliner fortement sur le bord radial de l'avant-bras, grâce à un ligament extrêmement long qui unissait le cubitus au pyramidal.
Smith ne mentionne pas l'état des muscles dans les trois observations que nous lui avons empruntées. Legendre les a trouvés normaux, à l'exception du triceps brachial qui était graisseux. Restent donc les renseignements fournis par Cruvei- Ihier et par Follin : le premier note l'atrophie des radiaux et des cubitaux, des pronateurs et des supinateurs ; les tendons des radiaux postérieurs et du loug e.Ktenseur propre du pouce étaient interrompus au niveau d'une gouttière profonde, creusée sur la face postérieure de l'extrémité inférieure du radius, et y adhéraient intimement. Follin a trouvé le grand palmaire, les flécliisseurs superficiels et profonds de trois centimètres plus courts que du coté sain, maintenus en place par le ligament antérieur du carpe, tandis qu'à la région dorsale les muscles étaient très-allongés. La section des fléchisseurs de la main et des doigts n'a produit qu'une extension incomplète parce que le cubital, l'extenseur propre du petit doigt, le court extenseur et le long abducteur du pouce, déplacés par la position du membre, étaient reportés en avant de l'axe de la main et agissaient comme fléchisseurs.
n. Main bote congénitale. A. Squelette. Première variété {Voy. tabl.B, n°^S, 9, 10 et 11). Nous avons recueilli quatre cas qui offrent des exemples de cette variété : l'un d'eux cependant, observé par Robert sur une petite fdle à la naissance, et quatre ans et demi après, peut laisser quelque doute dans l'esprit, car, chez le vivant, il est impossible de se prononcer avec certitude sur l'état des organes qui concourent à former l'articulation ; mais les trois autres cas se rapportent à des nouveau-nés dont l'examen nécroscopique a été fait. Le sens de la déviation se trouve être cubito-palmaire trois fois sur quatre, et aussi souvent à gauche qu'à droite. Le squelette est complet; les surfaces articulaires présentent des inclinaisons exagérées ou anormales; leurs rapports varient d'étendue; ils ont même disparu dans une observation rapportée par Marigues (tabl. n° 8). Nous ferons toutefois remarquer qu'il s'agit ici d'une véritable luxation congénitale du poignet compliquant la main bote, c'est même le seul exemple que nous en ayons trouvé dans la science, et Malgaigne n'accepte que celui-ci comme \Taiment incontestable; la première rangée du carpe était logée et maintenue par de forts ligaments dans l'espace que laissait en bas l'écartementdu radius et du cubitus; ce dernier était comme jeté du côté externe de l'avant-bras, tandis que l'extrémité du radius était parallèle à la première rangée du carpe, la main était crochue en dedans, et cette situation était surtout maintenue par un fort ligament qui, de la deuxième rangée du carpe, venait s'attacher à l'extrémité du radius, car, après que ce ligament a
été coupé, la main a repris un peu sa direction normale. Dans les autres cas la diastase n'existe pas : la rangée anti-brachiale du carpe, ou tout au moins son bord postérieur, fait saillie en arrière, excepté lorsque la déviation est radiale, comme on le voit à la main gauche d'un monstre décrit par Cruveilhier (tabl. n" 9). Cette première variété de la main bote se rencontre quelquefois seule , mais nous avons trouvé trois fois sur quatre qu'elle se complique d'auties vices de confor' mation.
Deuxième variété {Voy . tabl. B, noM2 et îo). Nous n'avons trouvéque deux faits de main bote congénitale se rapportant à la deuxième variété, tandis que la main bote acquise en offre de fréquents exemples. Ici on commence à trouver des malformations notables, tantôt par atrophie, tantôt par inégalité de développement des parties qui contribuent à former l'articulation : ainsi, les noyaux cartilagineux du carpe ne sont pas toujours parfaitement distincts, ou bien c'est l'ossification de ces noyaux qui se fait inégalement ; les uns, le grand os, l'os crothu, le pyramidal suivent dans leur développement une marche régulière, tandis que les autres restent à l'état rudimentaire ; il eu est de même du côté du radius et du cubitus, ce dernier os est notablement plus court que le premier, et détermine ainsi l'inclinaison cubitale de la main. Sur la main droite du fœtus monstrueux décrit par Cruveilhier (tabl. n" 12), les os de l'avant-bras conservaient leur proportion relative normale; mais il n'en était pas de même du carpe qui affectait la forme d'un parallélogramme obliquangle : les os de l'avant-bras et les quatre métacarpiens s'attachaient aux deux côtés d'un même angle obtus, de telle sorte que la main fortement relevée sur son bord externe était presque parallèle au radius. Cette variété peut se compliquer, comme la première, d'autres vices de conformation, et notamment de l'absence du pouce et de son métacarpien.
Troisième variété {Voy. tabl. B, D, C, de 14 à 51). Cette variété est la plus commune : nous avons pu en réunir seize cas congénitaux incontestables parmi lesquels un adulte, un garçon de sept ans et demi, une '^etite fille de quatre ans et demi et une autre de vingt-sept mois : les douze f? s restants comprennent huit nouveau-nés ou fœtus à terme, et quatre fœtus de six à huit mois. Le sexe est indéterminé sept fois; dans les neuf antres cas, il y a sept garçons et deux ûlles. La déviation radio-palmaire est la plus fréquente : nous l'avons rencontrée neut fois, dont quatre doubles, tandis que la déviation radiale n'existait que quatre fois dont trois doubles ; enfin nous n'avons trouvé qu'un seul exemple de chacune des inclinaisons palmaire, cubito-palmaire et cubito-dorsale, tandis que dans la première variété nous avons vu dominer au contraire le sens cubital. Neuf fois, la difformité existait à gauche seulement, six fois, elle occupait les deux côtés ; nous n'avons pas trouvé d'exemple du côté droit affecté seul , mais il y a des cas doubles où ce côté présente des vices de conformation plus prononcés que le côté gauche.
Au point de vue du squelette, ce qui caractérise cette variété, ce sont d'une part les vices de conformation, et d'autre part, l'absence totale ou presque totale du radius ou de plusieurs des os qui constituent l'articulation du poignet, d'oii résulte une véritable néarthrose. Ce fait est d'autant plus intéressant, qu'à l'état normal, chez certains mammifères, les sohpèdes, les ruminants, et surtout les chéiroptères, c'est le cubitus qui devient rudimentaire, et le radius qui se montre le phis persistant. C'est donc l'inverse qui s'observe dans les difformités de la main chez l'homme : ainsi, nous n'avons constaté l'existence du radius en totalité
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