MAL DE CHAVANNE-LURE
bains qui fut interrogé, mais on reconnut son innocence. Les soupçons se portèlent alors sur le barbier chargé des ventouses; on l'accusa de s'être servi d'instruments envenimés pour faire les scarifications; sa fuite précipitée parut confirmer sa culpabilité. Enfin, on crut que la maladie avait été propagée par plusieurs malades vénériens qui avaient pris des bains. Le sénat fit fermer le local et la maladie s'étaut atténuée pendant l'hiver, disparut vers l'équinoxe du printemps.
« Cette épidémie s'était manifestée en 1578, et dans l'espace de deux à trois mois elle attaqua quatre-vingts personnes dans la ville et à peu près cent dans les faubourgs; bon nombre de gens de la campagne en furent aussi atteints [Brunno- Gallicm, Seu luis novce in Moravia exortœ descriptio, Francfort, 1578). »
Cette narration peut se passer de commentaires, aujourd'hui surtout qu'on ne met plus en doute la contagiosité du sang syphilitique. C'est à des ventouses scarifiées qu'on a attribué, et qu'il faut attribuer ici la communication de la maladie; or, on sait que les expériences de Waller, instituées pour démontrer la contagiosité du sang syphilitique, ont consisté, précisément, en scarifications sur lesquelles Ttipplication de la matière contagieuse a déterminé le développement de l'accident syphilitique primitif, suivi plus tard des autres accidents de la syphilis.