MAL DE BRUNN. 2M
On voit aussi assez souvent, dans la saison chaude, des furoncles plus ou moins nombreux se manifester à la face dorsale des mains et des avant-bras des dévideuses. E. Beaugr-^kd.
Bibliographie. — Pottox. Recherches et observations svr le mal de vers ou de bassint (rapp. deM. Pâtissier). Iii Bullet. de l'Acad. de méd., t. XVII, p. 803; 1851-.j2, et Ann. d'hyg.^ 1" série, t. XLIX, p. 245 ; 1853. — Doffoues [\,.]. Rech. sur quelques maladies des fileuses de soie. Montp., 1855, in-8°. — Melchiobi (Giov.). La malattie délie mani délie trattore da seta osservala iuNovi. In Ann. univ. di med., t. CLX, p. 5; 1857. E. Pgd.
MAL DE BRt!\lîN'. Voici comment cette affection, qui paraît s'être développée dès le principe à Brunn (en Moravie), chez plusieurs malades à la suite d'une application de ventouses, a été décrite par un contemporain, Thomas Jordan : « Pendant quehjue temps les malades éprouvèrent une lassitude inaccoutumée : pesanteur et engourdissement général, visage pâle, esprit triste, dégoût du travail; yeux cernés comme les femmes au moment de leurs règles, le front voilé; ils avaient l'air d'ombres errantes. Tout à coup une violente inflammation se manifeste sur les parties où l'on avait appliqué les ventouses ; il en résulte des abcès de mauvaise nature, dégénérant en ulcères sanieux, environnés de pustules dans la circonférence d'une palme, semblable aux achores. Si on ouvrait celles-ci il s'en écoulait une humeur claire, séreuse, purulente et une sanie muqueuse et corrosive; alors toute la portion du dex'me compris dans la circonférence de la ventouse tombait en putréfaction et laissait à sa place un ulcère phagédénique. Ce qu'il y avait de singulier, c'est que, malgré le grand nombre de ventouses appliquées (une dizaine environ chez quelques-uns), une ou deux seulement passaient à cet état; un malade, sur quinze ventouses, en eut trois de cette sorte.
« Chez quelques-uns tout le corps se couvrait de pustules qui rendaient le visage difforme et horrible. Le dos, la poitrine, l'abdomen, les pieds, toutes les régions, de haut en bas, devenaient le siège d'une éruption scabiense ou d'ulcères croùteux, saillants au-dessus de la peau, de la largeur d'une pièce de 2 krcutzers ou de l'ongle du pouce. Le contour était rouge et la surface blanche comme certaines teignes. Ces pustules laissaient transsuder un liquide gras, nmqueux ; bien plus, les croûtes étant venues à tomber, il resta à la peau des taches noires, différentes de celles de l'impétigo et du vitiligo, et qui avaient un aspect plombé.
« Dans le progrès de la maladie il survenait à la tète des callosités qui s'ouvraient avec douleur et qui rendaient une humeur melliforme, visqueuse et tenace comme la térébenthine; les abcès formaient ensuite de vrais ulcères sordides qui, après s'être détergés diltioilement, se fermaient pour faire place à d'au-très accidents,
« Alors survenaient des douleurs ostéocopes très-aiguës aux bras, aux épaules, aux cuisses, aux jambes, aux pieds, mais surtout au tibia, dans les parties où il est le moins enveloppé de muscles et n'est recouvert que par son périoste. Plus de repos, plaintes, cris, gémissements continuels. Les douleurs s'exasi éraient h nuit et diminuaient le matin; la tète, outre l'affection visqueuse et les verrues calleuses dont elle était couverte, éprouvait encore des douleurs aiguës vers l'occiput; alors il y avait prostration des forces, stupidité et même aberration mentale ; une humeur purulente et fétide distillait des narines ; l'appétit se perdait et les malades, plongés dans la mélancolie, recherchaient la solitude.
« Le peuple, persuadé que l'épidémie provenait du bain qu'on avait peut-être empoisonné, se porta en foule au sénat et demanda qu'on arrêtât le directeur des