WAL DE FIUME
pas la maladie une seconde fois ; cependant cette remarque n'est pas appuyée d'un assez grand nombre de faits pour mériter toute croyance. Les nourricescommuniquent Jacilement la maladie aux enfants par l'allaitement.
« Le plus grand nombi'c des malades supporte cette infirmité durant plusieurs années sans éprouver de grandes altérations dans leur santé ; cette maladie n'est pas mortelle. Plusieurs sujets ont guéri naturellement après un, deux et même trois ans. Quelques-uns s'en sont délivrés par des lotions avec une solution de sulfate de cuivre; d'autres ont fait passer des ulcères de la bouclie par des gargarismes d'ean-de-vie. L'exercice et une vie active paraissent salutaires aux infirmes .
« L'origine de cette maladie est inconnue. On prétend qu'elle fut apportée, en MiiO, par quatre matelots arrivés avec des femmes des bords du Danube, après la guerre contre les Turcs ; im avocat, qui a fait des recherches sur cette maladie, prétend qu'elle fut apportée, en 1790, par un berger qui, s'étant expatrié en Turquie, en 1787, revint trois ans après, et communiqua la contagion à ses père et mère, vieillards âgés de plus de soixante-dix ans. Mais ce ne sont que des conjectures.
H Cette maladie ressemble, en quelque sorte, à la syphilis épidémique de 1493 à 1494 et au sibbeus d'Ecosse. La description de la première, donnée par Fracastor, ressemble absolument à celle du scherlievo.
« L'usage des remèdes végétaux est insuffisant dans cette maladie; dans les cas d'ulcères, de nodosités, de croûtes, d'excroissances et de fongosités, on recourt proniptement au muriate suroxygéné de mercure ; l'ammoniate de mercure oxydé noir peut aussi réussir. Bans la première période, c'est-à-dire dans l'éruption pustuleuse simple, la simple solution de sullate de cuivre en lotions suffit pour guérir. Les frictions mercurielles réussissent dans la maladie de Scherlievo. Celles faites avec la méthode de Cerillo ont guéri en un mois quatre-vingt-deux malades ; les dia(jhorétiques aident l'action des frictions, mais les purgatifs antiscorbutiques et acidulés sont nuisibles. On a employé sans succès le calomélas avec l'hydro-sulfate d antimoine et l'opium (Cambieri, Storia délia malat. di Scherlievo ; etOzanam, Traité des maladies épidémiques, t. IV, p. 282). »
Qu'est devenu le scherlievo depuis la première publication de ces documents? L'endémie s'est-elle éteinte, ou persiste-t-elle encore? S'est-elle modifiée, ou bien est-elle restée la même ?
Depuis Cambieri, le scherlievo a été étudié par un grand nombre de médecins : Bagneris, Massich, Hendier, Fradik, Eyrel, Boue, A. de Meulon, et plus récemment MM. Sigmund(l855) etFelice Giacich (1862). Après s'être étendu successivement dans les provinces de Fiume, deBuccari, deYiccodol et deFaccini,aupoinl que, sur une population de 15 à 16,000 habitants, on comptait jusqu'à 5 à4,0Û0 malades, le fléau s'est ensuite concentré de plus en plus. Un hôpital a été établi à Portore pour le traitement exclusif de cette maladie; en 1818, le nombre des malades admis a été de 1855 ; or, dans ces dernières années, la moyenne n'a été que de 353. Bien plus, il paraît résulter d'observations récentes que des maladies très-diverses, et princij alement plusieurs affections scrofuleuses ou scorbutiques sont confondues par les gens du pays avec le scherlievo.
On peut donc dire que, là encore, si l'endémo-épidémie n'a pas cessé, elle avait une tendance naturelle à décroître et à disparaître; et que, si elle persiste à un certain degré, c'est, ainsi que tous les auteurs cités plus haut en ont fait la remarque, grâce à la malpropreté et à la misère des basses classe^ qui en sont encore,
dans ces contrA-s, à partager leurs cabanes, humides et malsaines, avec les animaux domestiques.
Du reste, le siherlievo n'est pas la seule endémo-épidémie syphilitique qui règne encore dans certaines campagnes pauvres et peuplées d'iiabitanis plus misérables que débauchés. I,a même maladie a été décrite sous d'autres noms dans des pays où elle a exercé et oij elle exerce encore les mêmes ravages. C'est toujours la syphilis, mais avec des caractères, une marche et des modes de propagation qu'elle doit aux circonstances au milieu desquelles elle se développe, et qui lui ont valu un nom particulier, celui de syphilis des innocents (syphilis insontium).
Nous aurons plusieurs fois l'occasion de revenir sur ce sujet {Voy. Facaldine, FRA5iBa:siA, Pian, Piaîs de Nérac, Radezyge, Sibbens d'Ecosse et Syphilis, Yaws).
J. ROLI.ET.
M.%L FR.41\ÇAIS {Voy. Syphilis).
MAL KABYLE (Fo?/. Syphilis).
MAL DE MER. SYMPTOMES. On donne le nom de mal de mer ou naupai/ije(va'jç, navire; 7râ9oç, maladie) à l'ensemble des symptômes morbides qu'éprouvent les nouveaux embarqués, et qui consistant en vertiges, pâleur, sputation, susceptibilité extrême de l'odorat, céphalalgie frontale, anxiété respiratoire, sueurs froides, nausées, vomissements, cardialgie, prostration physique et morale. Le mal peut se borner aux premiers symptômes, comme il peut aller s'aggravent dans les derniers, et alors la peau devient très-froide, le pouls faib'e, la face anxieuse, étirée, comme par une longue maladie, l'inertie complète. Les malades vont jusqu'à perdre l'instinct de la conservation, avec celui de la décence et de tous les devoirs.
Marché, il est rare que le mal arrive à cette extrémité, surtout qu'il s'y maintienne longtemps. D'ordinaire, il y a des moments de répit qui permettent au patient de se rei'aire, môme d'absorber quelques aliments ; puis, le paroxysme étant passé, les symptômes se modèi'ent et peu à peu le sujet se remet complètement. Mais il n'est pas encore amariné pour cela, et les vicissitudes de la mer amèneront encore quelques rechutes avant qu'il ail acquis une immunité absolue ou relative. L'immunité absolue est assez rare ; mais l'inaptitude à s'amariner durant une longue navigation, à plus forte raison, dans le cours d'une carrière, Fest également. Cependant, nous avons vu des exemples de l'une et de l'autre. L'assuétude nautique se perd fréquemment par un long séjour à terre, et s'acquiert de nouveau. Rien de plus inégal, du reste, et de plus bizarre que les susceptibilités individuelles vis-à-vis du mal de mer. Tel, qui brave impunément les flots impétueux du large, succombe au clapotis des atterrages ; tel, qui reste insensible aux mouvements saccadés d'un canot, est très-fortement incommodé par les lentes oscillations d'un vaisseau ; tel, qui a joui d'une longue immunité sur une certaine classe de bâtiments, est malade sur une autre. Cependant, on peut dire, en thèse générale, qu'on est plus indisposé sur un vapeur à roue que sur un bStiment à voiles, surtout quand celui-ci est appuyé sur le côté par Feffort du vent en sens opposé ; et sur un bateau à hélice plus que sur tout autre. On peut dire encore que le tangage, c'est-à-dire le mouvement de Favant à Farrière, ou, plus exactement, l'oscillation autour de l'axe transversal, est plus dur à supporter que le roulis, c'est-à-dire le mouvement d'un côté à l'autre, ou,
plus exactement, l'oscillation autour de l'axe longitudinal. Le mal de mev ne se termine pas toujours nécessairement avec la cause qui l'a fait naître, ni même aussitôt après le débarquement. Quelques personnes délicates ou susceptibles conservent encore pendant des heures et même des jours des perversions sensorielles qui leur font éprouver la plupart des symptômes qui les ont tourmentées pendant leur séjour à bord.
Pro>ostic et TERMIN.4IS0N. Le mai de mer est une affection non-seulement désaoréable , mais très-douloureuse, et, si l'expérience des siècles n'en avait démontré l'innocuité habituelle, on aurait le droit d'en être effrayé pour soi-même ou pour ceux qui ré[)ronvent. On cite cependant des cas mortels chez des personnes atteintes sans doute de quelque maladie antérieure, dus à une perforation de l'estomac, à une rupture d'anévrysme, à une encéphalite (Forget, de Strasbourg). Mais ce qui arrive plus fréquemment dans un long voyage, c'est le marasme amené par l'impossibilité de garder les aliments. Ainsi en était-il chez une pauvre religieuse, que nous vîmes débarquer, à l'état de squelette, à Sydney (Australie), après une traversée de six mois passée presque sans interruption dans les angoisses du mal de mer. M. Le Roy de Méricourt (in Valleix, Guide du praticien, 5° éd.) dit avoir eu à traiter des femmes qui,, après une longue traversée, étaient réduites à un état de faiblesse et d'éréthisme alarmant. Enfin, les efforts répétés de vomissement peuvent mettre en péril les femmes enceintes, au point de vue de l'avortement. Celles qui se trouvent en cet état doivent éviter le plus possible les voyages sur mer. La naupathie peut-elle servir de moyen curatif contre certaines maladies? Les anciens en étaient persuadés. .4ntyllus dit que « le ballottement pendant la navigation a le même effet qu'un traitement par l'ellébore blanc. » C'est bien possible. — Mercurialis regarde les vomissements comme très-salutaires contre l'hypochondrie ; sans doute parce qu'ils chassent l'atrabile. — Gilchrist et van Swieten pensent que les maladies du foie ou des canaux biliaires peuvent retirer des vomissements répétés un bénéfice appréciable. Ceci est déjà plus sérieux. — Desgenettes cite des exemples de dysenterie et de diarrhée chroniques amendées ou guéries par la navigation. C'est un fait que bien des médecins naviguants ont pu constater, mais qui est aussi imputable à la translation nautique qu'au mal de mer , car la navigation produit une constipation habituelle. Mais on ne peut nier non plus que les vomissements ne puissent être utiles contre ces affections, d'autant plus qu'ils ne seul pas habituellement accompagnés d'évacuations alvines. C'est même là un des traits caractéristiques du mal de mer. — M. Fonssagrives pense que les maladies cérébrales peuvent se modifier sous l'influence des commotions répétées auxquelles le cerveau obéit dans les oscillations du navire. Ne le seraient-elles pas plutôt par toutes les influences physiques et morales qui accompagnent la navigation ?
Causes. Si nous recherchons les causes prédisposantes du mal de mer dans les conditions d'âge, de sexe, de tempérament, de maladie, nous ne voyons de prédisposition évidente que dans le sexe féminin. Presque toutes les femmes y sont fatalement soumises, tandis que les hommes ne sont pas rares qui en sont exemptés dès leur premier embarquement. Les enfants en bas âge l'ont rarement et faiblement, sans doute parce ([ue les bras de leur mère ou de leur nourrice constituent pour eux un excellent système de suspension qui amortit les chocs et atténue l'effet des oscillations. Les adultes peuvent s'en préserver presque toujours par un artifice analogue, c'est-à-dire en se couchant dans un cadre sus-
pendu ou même dans un lit. C'est, en ce qui nous concerne, un remède préservatif et curatif qui ne nous a jamais fait défaut. Il est vrai qu'il ne réussit pas au même degré pour tout le monde, mais il diminue au moins toujours les symptômes du mal de mer. Quant aux tempéraments, aucun n'est exempt de la naupathie; et l'immunité de certains organismes repose sur des inconnnes. L'état saburral des premières voies, l'irritation de la muqueuse gastrique, prédisposent au mal de mer ; mais il n'en est probablement pas de même de la gastralgie, des névroses et de l'éréthisme nerveux lui-même. Du moins, avonsnous vu une dame, jeune, d'une santé délabrée par les accidents nerveux de l'hystérie et de la gastralgie, exempte de la naupathie à son premier voyage et faisant honneur à la table aussi bien que personne.
Nous avons déjà fait pressentir que la première des causes efficientes gît dans le mouvement du vaisseau. « La navigation cause la maladie, parce que ses mouvements troublent les corps, « a dit Hippocrate {Aph. XIV, sect. iv). Mais ce n'est pas la seule cause, et les odeurs qui se dégagent de la cale et de la machine, celle du goudron des cordages et de la fumée de tabac, la chaleur, le manque d'air, viennent puissamment en aide à la cause principale. 11 est même des personnes pour qui elles suffisent, et qui succombent à la naupathie dès qu'elles mettent le pied sur un vaisseau, fût-ce dans la mer la plus calme.
Nature et théories. Des raisons aussi simples n'ont pas satisfait certains esprits, qui en ont cherché de plus subtiles ; ce qui nous amène à exposer les diverses théories du mal de mer. « C'est la peur, a dit Guépratte ; la preuve en est que les enflants qui ne raisonnent pas et les animaux en sont exempts. » Cette opinion, renouvelée des Grecs, car elle remonte à Plutarque, et qui s'appuie sur des observations incomplètes ou inexactes, avait été déjà réfutée par Montaigne, au nom de toutes les victimes du mal de mer, dans les termes suivants : « Moy qui y suis fort subiect scay bien que cette cause ne me touche point et le scay non par argument mais par nécessaire expérience. »
Nous avons vu des signes irrécusables de mal de mer chez des chiens. Les animaux de boucherie et les chevaux qu'on embarque paraissent souffrants quand la mer est très-grosse, et semblent répugner aux ahments.. Quant aux enfants, nous les avons vus généralement malades comme les adultes quand ils vivent dans les mêmes conditions, et nous nous rappelons un garçon de quatre ans, plein d'entrain et de belle humeur, soudainement pris à table par le mal de mer, le premier parmi les nombreux passagers d'un paquebot transatlantique.
D'autres ont accusé l'air de la mer, et M. Sémanas, de Lyon, rajeunissant cette théorie déjà fort ancienne, se contente d'incriminer le « miasme marin, m Il n'a donc pas, à proprement parler, trouvé une théorie nouvelle, mais seulement un miasme nouveau. Il y avait déjà beaucoup de miasmes que nous ne connaissions qu'approximativement, mais celui-ci n'est pas le moins énigmatique. L'auteur a fait sa connaissance à Alger, pendant les années. 1846 et 1847, alors qu'une épidémie dont les symptômes ressemblaient à ceux du mal de mer, et" parmi lesquels les vertiges et les vomissements étaient surtout remarquables, coïncidait avec la présence de brouillards épais venant de la mer. 11 continua ses observations dans des voyages maritimes, et il arriva à cette conclusion, que le mal de mer est une intoxication produite par des miasmes et semblable à l'intoxication paludéenne. Il reconnaît l'inlluence du roulis et du tangage ; mais, pour lui, cette influence n'est que secondaire, et, si le mal de mer est plus fréquent lorsque la mer est mauvaise, c'est principa-
iement parce que l'agitation des flots donne lieu à une plus prande émanation de miasmes marins. Telle est, dans son origine et sa conception, la théorie de M. Sémanas. Ce qui a lieu de nous surprendre n'est pas la coïncidence d'une épidémie dont les vomis>emeiits et le vertige formaient les principaux symptômes, avec l'apparition de brouillards venus de la mer (les brouillards devant venir fréquemment de ce côté-là à Alger), mais q^ue cette observation ait pu donner l'idée première de la théorie en question. Jusqu'à ce que nous ayons vu la même épidémie étendre ses ravages sur tout le littoral de l'Océan, nous ferons nos réserves contre la théorie de M. Sémanas. En attendant, nous avons une grave objection à faire valoir contre elle. On rencontre, dans la vaste étendue des mers, des îles qui ne dépassent le niveau de l'eau que de quelques mètres ; ce sont les attolls^ formés d'une bande étroite de roche madréporique qui se déroule comme un ruban autour d'un lagon central plus ou moins large et profond, en communication avec la haute mer et où les vaisseaux peuvent trouver un abri. Les indigènes, qui y vivent à couvert sous des bosquets de cocotiers, respirent doucement l'air marin et ses brouillards, tant que la mer caresse mollement sesrivages. Mais il advient que les flots en courroux battent en brèche le rempart élevé contre eux par d'infimes polypes, et alors ils déferlent et couvrent d'une humide poussière les honnnes assez hardis pour chercher un refuge dans une pareille forteresse. Où fuir alors les fureurs de l'Océan et les miasmes perfides qu'il couve sur son sein? Dans les pirogues fragiles qu'on lance au miheu du lagon, dont la placide surface se rit des vains eftorts de l'Océan courroucé. Un seul danger, s'il existe, menace encore les nautoniers ; c'est celui du miasme, qui plane sur l'aile des brouillards, et pourtant il est sans exemple que le mal de mer ait fait, eu pareil cas, des victimes parmi eux. En vain objecterait-on que ces gens-là sont acclimatés ; nous demanderions si les paysiius de la campagne romaine sont à l'abri des effets du miasme auquel M. Sémanas a comparé le sien.
Nous ferons encore observer que la naupathie est fréquente sur les grands lacs de TAmérique et qu'elle n'est pas inconnue snr ceux de la Suisse, nonobstant l'absence certaine de tout miasme marin. Enfin, est-il besoin de signaler l'analogie certaine qui existe entre cette affection et le mal de voiture, les vertiges de la balançoire, la tendance nauséeuse que cause l'allure du chameau et du dromadaire? Ces incommodités dérivent de la même source et nous devons rejeter comme fautive toute théorie qui ne saurait les expliquer toutes à la fois.
« Le mal de mer est dû au vertige que la mobilité des objets détermine, » a dit Darwin. Ici, nous entrons sur le terrain des théories qui prétendent expliquer la maladie par les oscillations du vaisseau. Seulement, chacune envisage le mode d'action à un point de vue différent. Nous admettrons, avec le célèbre naturaliste et voyageur anglais, que le vertige est produit par la vacillation apparente des objets placés sous la vue ; mais le vertige n'est qu'un des symptômes du n;al de mer. Les aveugles ne sont pas exempts de la naupathie, et il ne suflit pas non plus de fermer les yeux pour s'en préserver.
Wollaston, observant les oscillations du mercure dans un baromètre sur un navire battu par la tempête et le voyant descendre et monter en sens inverse des mouvements du vaisseau, pensa que les choses devaient se passer à peu près ainsi dans l'arbre circulatoire. « Tous ceux qui ont éprouvé le mal de mer, ditil, savent que le moment le plus pénible est celui qui répond à la rapide descente du navire avec la vagye qui l'avait soulevé. C'est pendant cette chute que le sang exerce une pression plus particulière sur le cerveau. Observez le baro-
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mètre à la mer en temps calme, il se tient à la même hauteur qu'à (erre; mais, quand par un gros temps le navire plonge, le mercure s'élève dans le tube... De même et pour la même raison, le sang est chassé vers le haut, etc. » Soit ; mais, quand le navire s'élève, le sang est chassé vers le bas, comme le mercure dans le. tube du baromètre, et il y a compensation. Ce serait donc tout au plus le trouble circulatoire, et non pas la congestion cérébrale, qui produirait le mal de nier. Mais comment les aéronautes, qui se laissent tomber avec leur parachute d'une hauteur vertigineuse, ne meurent-ils pas de congestion ou de mal de mer dans leur course aérienne?...
A vrai dire, sans être vitaliste à l'excès et sans nier que le sang en circulation n'obéisse dans une certaine mesure aux lois de la pesanteur et à la force centrifuge, nous ne saisissons pas bien l'analogie qu'il peut y avoir entre l'appareil circulatoire et l'appareil barométrique.
Un autre auteur, envisageant les mouvements du navire à un point de vue différent, conclut à des résultats tout opposés, quoique toujours au profit du mal de mer; c'est M. Pellarin. « Le mal de mer est essenfiellemenl déterminé par l'influence exercée sur la marche circulatoire du sang par les mouvements que le corps subit et qui ont pour principal etlet de diminuer la force ascendante du sang dans l'aorte et les artères qui naissent de sa crosse, d'où résulte un état hyposthénique du cerveau par anémie. L'insuffisante excitation de l'organe cérébral détermine sur-le-champ, par voie sympathique, des contractions spasmodiques du diaphragme qui provoquent les vomissements dont l'effet salutaire est de faire refluer au cerveau le sang qui lui manquait. »>
Comment les mouvements du vaisseau diminuent-ils la force ascendante du sang dans l'aorte et les artères de la crosse ? C'est ce que nous ne trouvons pas expliiiué dans les conclusions dii rapport lu cà l'Institut et insérées dans les Comptes rendus de V Académie des sciences, t. XXIV, 1847. Peut-être M. Pellarin en a-!-il gardé l'explication pour lui. Faute d'elle, sa théorie ne nous parait pas plus satisfaisante que celle de Wollaston.
Toutefois, M. Marins Autric vient d'entrer dans la lice pour donner à cette théorie une explication physiologique qui ne laisse pas d'être ingénieuse. Les limites dont nous disposons ne nous permettent [.as de faire partager à nos lecteurs le plaisir d'entendre M. Autric lui-même, mais nous résumerons le mieux que nous pourrons sa théorie. xV l'état normal, le liquide céphalo-rachidien baigne également toutes les parties de la tige encéphalo-médullaire; mais, quand le corps humain est soumis aux effets de la force centrifuge, dans les grandes oscillations du navire autour d'un de ses axes, c'est-à-dire dans le roulis et le tangage, quand il est brusquement élevé sur la crête d'une lame pour plonger aussitôt après dans les profondeurs de l'Ccéan, le liquide arachnoïdien acquiert un mouvement de translation qui, en certains moments, est inverse et opposé à celui du sang. Il gênera donc le cours de celui-ci à un degré quelconque et causera une anémie cérébrale incomplète qui sera le point de départ de tous les accidents du mal de mer. Sur ce, M. Autric établit un parallèle entre les symptômes de la naupathie et ceux de la syncope, qui n'est qu'une anémie cérébrale complète, et trouve que ce sont les mêmes (^hénomènes mitigés. On en pourrait faire autant de la commotion cérébrale et de la naupathie, qui ont aussi beaucoup de phénomènes communs, mais M. Autric semble avoir prévu l'objection quand il ajoute : « Il est probable que ces mouvements brusques de flnx et de reflux imprimés au liquide céphalo-rachidien ne s'exécutent pas sans imprimer à la
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masse nerveuse elle-même mie sorte d'ébranlement, une commotion obscure... Mais ce phénomène, que nous subordonnons d'ailleurs au précédent, est encore sous l'influence des mouvements du liquide céphalo-rachidien et ne peut que conlirmer la théorie. Ainsi donc, mouvement désordonné du liquide céphalorachidien, d'où résultent une hypohémie intermittente et un certain degré de commotion de la masse encéphalique, tel serait, à nos yeux, le fait essentiel du mal de mer (Thèse de Montpellier, 29 février 1868. Théorie pliysiolofiique du mal de mer). » Si nous avons refusé toute coraj)araison entre l'appareil musculaire et contractile de la circulation et le tube barométrique, et, par suite, entre le sang et le mercure, nous ne serons point aussi sévère vis-à-vis de l'assimilation du même instrument avec le tube céphalo-rachidien et le liquide qu'il renferme. Mais en accordant la plus large part aux forces purement physiques, est-il bien probable que le « flux et le reflux » du liquide aracbnoïdien dans la boite crânienne, cette tempête dans un \ erre d'eau, soit capable de contre-balancer la force d'impulsion du cœur aidée de l'élasticité des artères? Rappelons-nous que la tension du sang dans les artères de l'homme fait équilibre à une colonne de 15 centimètres de mercure et de 2 mètres d'eau, et que le liquide y circule avec une vitesse d'environ 1 demi-mètre par seconde. Sans doute que la force ascensionnelle qui soutient le liquide arachnoidien dans la boîte crânienne durant le mouvement de descente du navire et le recul du même liquide durant le mouvement d'élévation opposent un certain obstacle à la circulation en sens contraire dans les artères qui montent au cerveau, mais cet obstacle n'est-il pas vaincu ou tourné à la faveur de la mollesse et de la compressibilité de l'encéphale? Comme deux liquides ne peuvent pas occuper en même temps la même place, nous n'aurions rien à dire si le cerveau était aussi inflexible que la boîte osseuse qui le renferme, ou du moins nous admetti-ions que l'abord du sang au cerveau est diminué dans une certaine mesure; mais il n'en est point ainsi. M. Autric a recours lui-même à l'expansibilité des fontanelles pour rendre compte de la rareté du mal de mer chez les enfants en bas âge ; que u'a-t-il songé à la compressibilité de la masse cérébrale? Il ailmet aussi les commotions répétées du cerveau et peut-être en conséquence, comme Larrey et Fonssagrives, uu certain tassement de sa masse. Mais ce tassement, s'il a lieu, jiroduit nécessairement un vide relatif qui permet à la fois l'afflux de la quantité normale de sang et d'une quantité supplémentaire de liquide arachnoidien. Ce lasscn)cnt, fùt-il une dûmère, qu'on comprendrait plus facilement que le sang artériel se fît jilace en dépriment la substance molle du cerveau, en vertu de la tension considérable qui l'anime, ou tout simplement en arrêtant un déplacement exagéré du liquide céphalo-rachidien plutôt qu'il ne se laissât arrêter par lui. Quant à la commotion cérébrale que M. Autric met sur le compte des « mouvements désordonnés du liquide aracbnoïdien », nous trouvons plus simple de l'attribuer directement aux secousses du navire sans le secours dudit liquide.
Quoi qu'il en soit, cette théorie nous a paru mériter, par son originalité et par la position de l'auteur, médecin de la marine, les développements dans lesquel? nous venons d'entrer. Ce n'était pas pour la première lois, cependant, que le liquide arachnoidien était mis en cause. Dès 1856, M. Fonssagrives, dans son Traité d'hygiène iiavaJe, disait : « La cause prochaine de la naupathie peut êtie ou le recul de la masse cérébrale, qui se tasse en quelque sorte sur elle-même, et dont la partie la plus éloignée du centre du mouvement ceiitrifuge va heurter les fosses occipitales, ou la vicieuse répartition du liquide aracbnoïdien, qui, dé-
placé par la force centrifuge, laisse quelque point de l'organe exposé à une préjudiciable commotion. Nous nous rallions plus volontiers à ce dernier avis, m Comme on le voit, c'est encore une autre théorie du nral de mer, quoiq;;e basée sur les déplacements du liquide céphalo-rachidien, et elle empruntait ellemême, non pas le mécanisme, mais l'idée fondamentale de la théorie de Gilchrist, Sper, Larrey, qui attribuaient le mal de mer à la commotion cérébrale produite par les oscillations du navire.
Contre la théorie de la commotion, nous objecterons que les voyages à cheval ne produisent pas de malaise comparable au mal de mer, et cependant tous ceux qui ont (ait de grandes courses à cheval savent que si l'ébranlement est sensible quelque part, c'est bien dans la tète, et que si, après une longue étape, on souflre de quelque façon, ce n'est pas de vertige, ni de collapsus, encore moins de vomissements, mais seulement de courbature et de mal de tète.
îs'ous ne sommes pas encore à bout de théories, qui sont plus faciles à trouver, à ce qu'il paraît, que les bons remèdes. M. John Chapman a publié à Londres, en 1864, ses idées sur la nature et le traitement du mal de mer. Celui-ci est dû, suivant notre auteur, à un aflux anormal de sang dans la partie [lostérieure des centres nerveux, spécialement des segments de la moelle qui sont en connexion avec l'estomac et les muscles qui concourent à l'acte du vomissement. Cette tongestion est déterminée par les mouvements du navire, qui communiquent des secousses au cerveau, aux ligaments de la moelle, aux viscères contenus dans l'abdomen et le bassin.
On voit SI l'on a raffiné, depuis Hippocrate, sur les théories du mal de mer. Peut-être, pour nous rapprocher de la vérité, devons-nous faire quelques pas en arrière. « Les mouvements du navire, disait Kéraudren, au commencement de ce siècle, portent le trouble dans le jeu du diaphragme et les organes abdominaux qui sont soumis à des collisions bien propres à occasionner l'état spasmodique et les convulsions de l'estomac. Considérez la grande sensibilité de l'épigastre, le nombre et l'importance des nerfs de cette région. Le seul ébranlement des nerfs phréniques suffirait pour décider le diaphragme à se contracter et à comprimer l'estomac de manière à provoquer le vomissement. Et les ramifications du pneumogastrique, du trisplanchnique et surtout les deux ganglions semi-lunaires placés au centre de tous ces mouvements perturbateurs ne réagiront-ils pas aussi sur l'estomac, les intestins, tout l'organisme? 11 résulte de ce qui précède que les mouvements sont la cause principale ; l'odeur de la cale, du goudron, le trouble de la vue, les causes accessoires. »
Cette conclusion ne lait aucun doute pour nous, mais l'argumentation a été AÏvement critiquée. C'est en effet le point d'achoppement de toutes les théories d'exjjliquer comment les mouvements agissent. On a fait valoir contre la théorie de Kéraudren que l'équitation, la course, le saut ébranlent plus lortement les organes que les oscillations d'un navire. 11 en est de même du cahot des charrettes. L'allure oscillatoire du dromadaire provoque un malaise voisin du mal de mer que le trot ut le galop du cheval ne produisent point. Ces objections sont très-graves, elles ne permettent pas de croire que les mouvements auxquels les viscères sont soumis produisent à eux seuls la naupathie, mais elles n'empêchent pas d'admettre qu'ils y aient une certaine pai't. Une autre théorie aussi ancienne attribuait le mal de mer à la continuité des contractions nmsculaires nécessaires pour le maintien do l'équihbre. On lui a opposé la persistance du mal de mer dans la position horizontale ; mais cette objection ne suffit pas,
m MAL DK MliR.
selon nous, parce que cetio persistance est fort rare en ce qui concerne le mai de mer complet et qu'en tous cas elle soulage pour le moins les malades.
(Ju'ou joigne à cela la mobilité apparente des objets qui cause le vertige, comme l'a lort bien dit Darwin, et même l'ébranlement de la masse encéphalique, qui ne peut pas plus être mis en doute que l'ébranlement des autres viscères, et qui doit en effet déterminer une commotion sourde du cerveau, et l'on aura une explication satisfaisante du mécanisme suivant lequel les oscillalious du vaisseau produisent la naupathie. Notre opinion est éclectique, parce que la vérité ne nous parait être exclusivement dans aucune des théories mises en avant, mais résider en partie dans chacune des quatre que nous choisissons. Quant aux autres, elles nous paraissent trop subtiles ou trop problématiques. Pour se rendre comjle de la vérité de l'assertion de Darwin, il suilil de regarder le sillage du vaisseau, et pour ce qui est des autres, je dirai : Qu'appelle-t-on être aniariné? C'est avoir le pied marin non moins qu'être à l'abri de la naupathie ; l'un ne va pas sans l'autre. Considérez le matelot dans la tempête : son corps se plie aux mouvements les plus désordonnés du vaisseau et conserve son équilibre. Quand l'un des côtés du natire s'élève, il fléchit la jambe du même côté et tend l'autre • si la poupe ou la proue s'enfonce, il penche insensiblement le Ironc en avant ou en arrière. Tous ces mouvements s'opèrent presque automatiquement et par le seul effet de l'habitude. La tempête peut redoubler ses fureurs, le marin n'en sera pas moins solide même en haut des mats, sur les vergues, là où les oscdlations ont le plus d'amplitude. Il fait corps avec le navire comme le meilleur cavalier avec son cheval et n'en reçoit plus aucune percussion violente. Voilà ce qui s'appelle être amariné, avoir le pied marin.
Traitement. Nous voilà arrivé à la question majeure, le traitement, carie malade préfère le plus petit soulagement à la plus belle théorie.
Les théoriciens répondent à cela : « Prenez mon remède ; » et M. Sémanas insiste pour qu'on fasse usage du sulfate de quinine non pas pur et simple, mais combiné à l'acide tartrique, qui le rend plus soluble et plus promptement absorbable. Le sulfate de quinine aurait-il donc une vertu antimiasmatique universelle comme l'opium une « vertu dormitive » ? Nous préférons le remède des Thalasiens : « Touts burent à eux; ils burent à touts Ce fut la cause pourquoi personne de l'assemblée onques par la marine ne rendit sa gorge et n'eut perturbation d'estomach ne de teste. Auquel inconvénient n'eussent tout commodément obvié, buvants par quelques jours auparavant de l'eau marine, ou pure, ou mistionnée avec(jues le vin, usant de chairs de coings, de l'escorce de citron, de jus de grenade aigre et doulces el tenants longue diète, ou se couvrant l'estoniach de papier ou aultreraeat faisants ce que les fols médecins ordonnent à ceux qui montent sur mer. » Ce passage du livre de Pantagruel nous dispense de noter autrement les remèdes qui y sont indiqués et qui tous en effet ont été préconisés sans que ks malades s'en soient trouvés mieux, si ce n'est du vin et des toniques en général, qui sont d'un excellent effet, soit pour prévenir le mal, soit pour le diminuer. Kéraudren, fidèle à son système, conseillait de se serrer le ventre avec une ceinture. Plusieurs personnes qui en ont usé s'en sont bien trouvées, entre autres Legrand, médecin de la marine. Jobard, de Bru.xelles, Fischer, médecin américain, en ont également préconisé l'usage. M. Fonssagrives lui-même, sans partager les idées théoriques de Kéraudreii, conseille entre autres choses « le port d'une ceinture médiocrement serrée, comprimant un peu l'abdomen, mais laissant toute liberté à la poitrine. » Cette précaution, comme le fait remarquer
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M. Foiissagrives, était déjà reconnue favorable du temps de Montaigne, qui dit : « Par celte légère secousse que les avirons donnent, dérobants le vaisseau sous nous, je me sens brouiller ne sçay comment la teste et l'estomac Les médecins m'ont ordonné de me presser et cengler le bas du ventre, ce que je n'ay point essayé. » A coup sur, cette précaution vaudra mieux que celle dont parle Bacon, qui assure qu'un de ses amis se trouvait très-bien d'un petit sacbet de safran porté sur l'épigastre. Le docteur Cliapman, conséquent avec sa tbéorie, prétend que le seul moyen efficace de combattre le mal de mer est d'abaisser la température de la moelle par l'application permanente de la glace le long de la colonne vertébrale. Et, comme les vessies dont on se sert babituellement pour l'application de la glace offrent de nombreux inconvénients, il a fait confectionner des sacbets de caoutchouc fort gentils qui sont patented ou, comme nous dirions en France, brevetés. S'ils ne font pas grand bien aux malades, ce que nous ne voulons pas préjuger, ils ne font pas grand mal non plus à ï. Macintosh chez lequel ceux qui voudraient en essayer peuvent se les procurer.
Plus récemment, le docteur Le Coniat, médecin de la marine impériale, a préconisé une médication qui s'accommode de toutes les tliéories. « Nous croyons avoir trouvé le moyen, dit-il, non pas de guérir le mal de mer, mais d'arrêter les vomissements rebelles qui constituent l'accident le plus pénible, celui qui peut amener les conséquences les plus fâcheuses pour la santé. Les nombreux succès que nous avons obtenus sur le paquebot Saint-Laurent de la Compagnie générale transatlantique nous font un devoir de le porter à la connaissance de nos confrères... C'est la faradisation de la région épigastrique combinée avec l'usage externe d'une solution de sulfate d'atropine... Quand nous jugeons qu'il y a lieu d'intervenir, voici comment nous procédons : iNous frictionnons légèrement la région épigastrique avec un hnge imbibé d'eau simple ou d'eau savonneuse; puis nous faisons une lotion sur cette même région avec la solution suivante :
Sirlfale d'aUopinc 0,02 à 0,03
l'au ; 50
Nous appliquons ensuite une plaque de cuivre de 4 à 5 centimètres de diamètre, en communication avec les pôles d'un appareil médical de Ruhmkorf, sur l'hypochondre droit à 5 ou 6 centimètres environ de l'ombilic, sui\ant une ligne légèrement oblique en haut et en dehors; l'autre excitateur, muni d'une éponge humide, est alors promené depuis le creux épigastrique jusqu'à la plaque, eu suivant la direction des courbures de l'estomac. Cinq ou six applications suffisent généralement de chaque côté. On graduera l'intensité du courant suivant la susceptibilité de la personne et l'intensité du vomissement... Parfois il suffit d'une séance de trois à cinq minutes pour arrêter les vomissements et provoquer l'appétit ; d'autres fois, et c'est ce qui arrive le plus souvent, il faut faradiser le creux épigastrique un peu avant chaque repas pendant deux à trois jours. Malgré la suspension des vomissements, bien des personnes, dans la crainte de les voir revenir, préfèrent continuer de garder la position horizontale jusqu'à ce que le mouvement du navire ne les impressionne plus (In Archives de médecine ?ifli'a/e, novembre 1868).» Cette dernière phrase nous inspire uu scrupule, d'autant plus que M. Le Coniat commence par déclarer qu'il laisse passer le premier jour avant de commencer son traitement. 11 n'en faut souvent pas plus pour que les vomissements s'arrêtent d'cux-nicmcs, et la position horizontale suffit ordi- DICT i.\r. oe s. ÎV. 15