LA SEINE
46 gi-.
de la Durance, de l'Hérault, de l'Orbe, de l'Ârdèche, de la Drôme, on obtient souvent un exhaussement de 15 à 20 centimètres par année.
Pendant les opérations du colmatage, il taut toujours qu'il y ait une couche d'eau de 50 centimètres au moins pour empêcher le dégagement des émanations putrides, formées par l'action du soleil sur un limon riche en matières organiques.
La difficulté de rencontrer réunies les conditions indispensables à la mise en pratique de cette précieuse ressource a conduit à créer un colmatage artificiel, rapide, très-efficace. C'est le terrement, exécuté sur une vaste échelle en Allemagne, dans les bruyères des duchés de Lunebourg et de Brème. Sur un point situé en contre-haut de la plaine marécageuse, ou choisit et l'on détourne un cours d'eau assez rapide qui, après avoir traversé le bas-fond, va trouver plus bas une issue naturelle ; on projette incessamment dans ce cours d'eau la terre qui forme les parois de ce canal, soit au moyen de herses traînées par des animaux, soit avec la pelle et la pioche ; l'eau peut ainsi transporter à une grande distance une quantité de matières égale aux quatre cinquièmes de son poids, qu'elle abandonne par un repos suffisamment ménagé ; l'exhaussement du sol se fait ainsi d'une manière rapide et très-uniforme.
Le warpage ou tvarping est un procédé qui rappelle le colmatage, et qu'où emploie surtout pour élever le niveau de terrains situés au bord de la mer ; au moyen d'écluses d'admission et de décharge qu'on ouvre et qu'on ferme alternativement, on recueille le limon {warp en anglais, en français tangue), que les eaux de la mer rejettent lors des marées montantes et des hautes marées, particulièrement à l'embouchure des fleuves, au voisinage des barres. En France, dans la baie de St-Michel, et aux environs de Cherbourg, des tentatives heureuses ont été faites en ce genre ; c'est en Angleterre, dans les comtés de Lincoln et d'York, qu'existent les plus beaux warpages ; les travaux exécutés à l'embouchure de l'Humber à l'alfluent de la Trent sont particulièrement célèbres. £n un an ou deux ans, on peut obtenir sur de très-vastes surfaces un exhaussement de 50 à
90 centimètres ; mais le limon riche en matières azotées, extrêmement fertile, dégage des émanations très-malsaines, et cette considération doit rendre très-réservé dans l'établissement des bassins de warpat^e.
Lorsqu'on a réussi par l'un des moyens qui précèdent à faire disparaître la couche d'eau stagnante, quand, par une meilleure direction donnée aux cours d'eau ou aux sources on a prévenu le retour des inondations, il s'en faut encore de beaucoup que l'assainissement des marais soit terminé. 11 faut égoutter, aérer le sol d'une façon permanente et continue : c'est là l'œuvre du drainage ; il faut activer le mouvement de décomposition organique, utiliser, comme le dit M. Coliu, la force productive du sol ; c'est l'œuvre de la végétation, de la culture. Le défrichement, l'exposition brusque à l'air et à la lamière des couches jusque-là cachées et confinées, est une des difficultés, un des dangers les plus réels de l'assainissement des marais. On active pour un temps, et à un degré extrême, les propriétés nuisibles du terrain exploité ; les premiers essais de colonisation dans la Mitidja expriment de la façon la plus saisissante les périls d'une telle entreprise : en 1840 et 1841, à l'époque où les défrichements étaient faits presque uniquement par la troupe, l'armée d'Afrique perdait annuellement 1 homme sur 6 et sur 9 (Philippe) ; nous avons la mortalité considérable relevée par M. Quesnoy pour les premières années des colonies de la Mitidja. Il est deux conditions qu'il est indispensable de remplir : travailler vite, défricher complètement ; en pareil cas, le marais est comme la première tranchée qu'on va ouvrir sous le feu de l'ennemi; plus rapidement on la creuse, et plus tôt on est à l'abri d'une mort presque certaine. De même, la continuité et la rapidité du défrichement font décroître progressivement l'insalubrité, et ce sacrifice, quel qu'il puisse être au début, sera d'autant moindre que l'assainissement sera plus vite obtenu.
Pour diminuer le danger, on a conseillé depuis longtemps les grandes plantations d'arbres qui n'e.\igent pas une culture minutieuse , journalière , qui n'obligent pas l'homme à rester penché sur le sol, respirant incessamment les émanations que chaque coup de pioche en fait sortir; en outre, l'évaporation trèsactive qui se fait par les feuilles soustrait une grande partie de l'humidité dont no a tant de peine à débarrasser le sol. Certaines localités peuvent être citées pour le bon succès de ces plantations, aucune ne peut fournir un exemple plus convaincant que Boufarik en Algérie. Il y a vingt ans, c'était le centre des marais les plus redoutables de la Mitidja; après les premiers travaux de dessèchement, on y a fait des plantations avec une profusion réellement prodigieuse; aujourd'hui l'assainissement est complet; chaque rue est une magnifique avenue aboutissant à un immense placis, sur chacun desquels s'élèvent plus de mille platanes dont le tronc mesure au moins un mètre de circonférence, et dont la voûte ne commence qu'à 10 ou 15 mètres au-dessus du sol.
Certaines espèces végétales ont été réputées, dans ces dernières années, capables d'assainir progressivement et même de dessécher de véritables marécages. Le docteur van Alstein a cité récemment plusieurs exemples de localités improductives et insalubres, qui auraient été transformées par des plantations de helianthus annuus, vulgairement le tournesol ou soleil. Déjà Chevreul (Annales d hygiène, 1853, p. 35) avait signalé la puissance énorme d'évaporation que possède cette plante, et il s'exprime en ces termes : v Haies, dans une de ses expériences, observa qu'un soleil [helianthus annuus) transpirait en douze heures i hvre 14 onces d'eau. Dans une expérience que je fis au Muséum, en juillet 1811, conjointement avec MM. Desfontaines et de
Mirbel, sur une plante de la même espèce, de 1"',80 de hauteur, dont les racines plongeaient dans un pot vernissé et couvert d'une feuille de plomb qui donnait passage à la tige, l'eau, dissipée par une transpiration de douze heures, s'éle\a à 15 kilogrammes. » 11 est vrai que d'heure eu heure on avait soin de ramener la terre du pot au maximum de saturation d'eau. Le peu d'élévation de cet arbuste, les branches et les feuilles qui s'élèvent du pied au niveau du sol, et qui peuvent se corrompre, ont lait accuser ces plantations d'ajouter parfois à l'insalubrité qu'elles sont destinées à combattre; les faits rapportés par van Âlstein semblent cependant très-encourageants, et une expérimentation sérieuse et prolongée est véritablement nécessaire.
Une autre espèce végétale, l'eucalypLus, a déjà réaUsé de très-sérieuses espérances. Tout est merveilleux dans cet arbre, et l'on serait tenté d'accuser la bonne foi de ceux qui l'ont décrit, s'il n'était facde de constater par soi-même sa force prodigieuse de développement. Oiiginaire de la Cahrornie, il atteint fréquemment 140 mètres d'élévation, le tronc qui, à 2 mètres du sol, mesure 10 à 15 mètres de circonférence, n'émet les premières branches qu'à 90 ou 100 mètres. A l'Exposition de Londres, eu 1862, on voyait une planche de 25 mètres de long sur 3™, 50 de largeur, aucun navire n'ayant voulu transporter la planche de 51 mètres, destinée primitivement à l'Exposition {Irolùev, Notes sur l'Eucalyptus. Alger, 18G8, p. 25). La croissance est tellement rapide que, cinq ans après avoir été semé de graines, le tronc mesure plus de 1 mètre de circonférence à o pieds au-dessus du sol, et nous nous sommes assuré souvent que cette estimation étaiifacilement dépassée. Malgré cette rapidité inouïe de développement, le bois a une dureté comparable à celle du buis, du bois de tek, des essences les plus recherchées. L'arbre est toujours vert ; le feuillage est clair-semé, blanchâtre, d'aspect assez triste; il dégage une odeur balsamique très- prononcée, qui rappelle la térébenthine ou le baume de Fioravanti; ce qui intéresse le médecin, c'est qu'on prétend que là oiî il se développe, les marais perdent leurs propriétés malfaisantes, et qu'ils disparaissent peu à peu par le dessèchement du sol. M. Trottier, qui possède à Hussein-Dey, près d'Alger, une plantation de plus de trois mille eucalyptus adultes, a fait les expériences suivantes sur la puissance d'évaporation de ce végétal. Il prit, le 20 juillet 1808, à six heures du matin, une branche d'eucalyptus globulus, pesant exactement 800 grammes; il la plaça dans un vase contenant un poids d'eau exactement déterminée ; la branche fut exposée au soleil, et au bout de douze heures, on s'assura qu'elle pesait 855 grammes et que 2'',60UB'' de l'eau du vase avaient disparu par évaporation. La Compagnie algé)ienne a commencé à Ain-Makra, aux bords du lac Fezzara, dans la province de Constantine, des plantations d'eucalyptus qui jusqu'ici ont merveilleusement réussi (Rapport de M. Frémy, Journal officiel du 18 avril 1869). Au pénitencier de Gastellucclo, en Corse, des essais de ce genre ont déjà donné des produits remarquables {Du mauvais air en Corse, etc., par Reg. Carlotti, 15 pages in-^". Ajaccio; 1869); la voie du chemin de fer algérien est presque partout plantée d'eucalyptus dans les régions marécageuses; et déjà, dans la Mitidja, cet arbre est devenu d'un emploi journalier. Quelques années d'expérience sont encore nécessaires pour savoir s'il est destiné, comme on le prétend, à faire cesser partout l'insalubrité et l'humidité persistante des contrées paludéennes.
Une plante plus modeste, la fève des marais, serait capable de contribuer, pour sa part, à l'assainissement; elle vit en partie aux dépens de l'air, en y puisant
de l'azote; elle est fertilisante, elle améliore les terres fortes, et peut, en quelque sorte, servir d'engrais (Magne, loc. cit., t. H, p. 165).
Les rizières, dont la culture a été tentée dans la Camargue pour en diminuer rinsalubrité, n'ont produit aucun résultat avantageux (Boileau de Castelnau De l'insalubrité des rizières. In Annales d'hygiène; 1850, t. XLllI, p. 327), peut-êlre môme ont-elles amené le résultat opposé. Un moyen d'assainissement indirect, mais extrêmement important, c'est la construction de routes agricoles, permettant le transport de la marne et de la chaux, nécessaires pour l'amélioration du sol. C'est ce.moyen plus qu'aucun autre qui, depuis dix ans, tend à faire disparaître l'insalubrité de la Brenne, de la Bresse et des Dombes par la possibilité de remplacer les étangs alternatifs par une culture aussi productive et moins dangereuse. Les obstacles au dessèchement et à l'assainissement sont parfois tellement considérables, qu'on est réduit à conserver les marais, mais en empêchant le dégagement des émanations peslileulielles; au moyen d'une inondation permanente, on transforme les marais alternatifs en marais noyés, d'ordinaire peu nuisibles; c'est en amenant les eaux d'une rivière sur les marais qui entouraient la ville, qu'Empédocle arrêta l'épidémie qui décimait les habitants de Salente ; c'est par une inondation nouvelle que les Hollandais firent cesser les fièvres résultant de l.'écltauffement estival du sol, après la rupture des digues, en 1748.
Dans les localités très-restreintes, on atténue souvent l'insalubrité des marais à demi desséchés, en les transformant en étangs destinés à la pisciculture. La question de la suppression et de la transformation définitive des étangs de la Dombes et de la Bresse a été maintes fois soulevée et résolue de façon opposée. S'il est vrai que les étangs parfaitement entretenus sont d'ordinaire sans dangers, il ne l'est pas moins que, le plus souvent, le manque de soins ou l'insuffisance des ressources en transforme les parties basses en foyers redoutables d'impaludisme. Les mesures rigoureuses, exclusives, et à trop court délai, prises en 1789, continuées jusqu'en 1813, ne produisirent qu'une aggravation de l'insalubrité, une augmentation du nombre des décès et des maladies (Gaudon, De la Brenne et de ses étangs. Le Blanc, 1860; in-8" de 139 pages). C'est, progressivement, dans la saison fraîche, quand l'on peut dans un bref délai mettre en culture les fonds vaseux ainsi découverts, c'est de cette façon seulement que la suppression des étangs doit avoir lieu, et le résultat obtenu de la sorte depuis 1860 lait honneur à l'administration des ponts et chaussées, ainsi qu'à l'autorité supérieure qui a encouragé cette transformation.
Dans une brochure de quelques pages, M. Sirand {Mémoire sur les étangs. Paris, 1845. Réimprimé eu 1860; 10 pages m-8") a indiqué une disposition qui permettrait de rendre les étangs à culture alternative aussi productifs que peu dangereux. Malheureusement, rétablissement de chaussées bétonnées, de plans très-larges, à pentes régulières et extrêmement allongées, entraîne des dépenses le plus souvent hors de proportion avec les ressources des petits propriétaires, dont les étangs sont particulièrement insalubres.
Le mélauf^e de l'eau douce et de l'eau salée est la cause principale, presque exclusive, du danger des régions marécageuses situées sur le littoral. En Corse, dans les marcmmes toscanes, dans les étangs salés des départements de l'Hérault, de l'Aude, des Pyrénées-Orientales et des Bouches-du-l\hône ; sur l'emplacement des marais salants de Brouage, on ne peut songer à une amélioration sérieuse sans l'intervention d'écluses laissant descendre l'eau douce vers la mer, mais em^ péchant le reflux soulevé par la marée montante.
C'est par la construction de telles écluses que, dans les maremmes toscanes, oa a obtenu l'assainissement de Pietra-Santa, de Montignoso, de la plaine de Vada. Les systèmes ingénieux inventés par MM. Régy, Delon, Scipion Gras {Assainissement du littoral de la Corse, par Scipion Gras, ingénieur en chef au corps impérial des mines, Paris, 1866, in-12), pour l'occlusion parfaite des gratis ou canaux de communication des étangs à la mer, tendent à transformer la zone littorale insalubre du midi de la France ; l'on trouvera, dans les ouvrages de ces auteurs et dans le mémoire de Gaetano Giorgini {Annales de physique et de cftimie, 1825, t. XXIX, p. 225) la discussion des procédés, des travaux d'art qu'on doit préférer, suivant les conditions topograpbiques locales et la région des eaux.
Cette question est connexe avec celle des marais salants, dont l'abandon ou la suppression serait, comme ledit M. Dumas {Rapport sur la pétition concernant les marais de l Ouest, séance du Sénat, 31 mai 1 864) , un véritable danger pour le pays.
La concurrence lacile que font aux marais salants de la Charente et de la Bretagne les salines du Midi, moins morcelées, mieux aménagées, utilisant les eaux mèrt'S d'après les procédés deBalard, ont fait abandonner depuis quelques années cette industrie par un assez grand nombre dfe petits propriétaires du littoral océanique de la France; dans cette région, les marais exploités, qui en 1851 couvraient .12,670 hectares, atteignaient à peine en 1865 une superficie de 16,000 hectares, au grand préjudice de la salubrité et de l'hygiène publiques. Des pétiiions nombreuses ont été adressées depuis phisieurs années au Sénat, afin que la réduction des charges et des exigences fiscales, afin que le maintien ou la restitution de certains privilèges viennent désormais en aide à cette industrie sahcole si rudement éprouvée dans les départements de l'Ouest (les Marais salants de l'Ouest, par G. Meresse, avocat; Saint-Nazaire, 1868, 192 p. in-8''). M. Dumas, rappelant le beau mémoire de Mélier en 1848, s'appuyant sur les résultats obtenus à Broiiage, conseille d'entourer de garanties très-sérieuses l'autorisation de construire des marais salants, afin que le manque passager de capitaux n'oblige pas les propriétaires à abandonner leur industrie ; de transformer peu à peu en prairies ou en étangs à pisciculture les bassins actuellement délaissés ; d'établir partout des systèmes d'écluses analogues à celles qui existent à Brouage et que Mélier a figurées dans son mémoire; il conseille surtout d'encourager la formation de syndicats analogues à ceux qui fonctionnent pour le dessèchement des marais ordinaires, et dont les excellents résultats se traduisent à chaque page ànm Y Enquête agricole (le 1866-1870.
L'assainissement et le dessèchement des marais relève autant de l'initiative individuelle que de l'intervention des gouvernements, et l'on est heureux de dire que depuis quinze ans l'État, en France, s'est mis réellement .n la hauteur de cette tâche immense. La loi du 17 juilkt 1856 et celle du 28 mai 1858 concernent un prêt de cent millions à fairj aux particuliers pour faciliter en France les opérations de drainage; malheureusiment, le bénéfice de ces lois a été presque annulé par les formalités nombreuses de la procédure, à tel point qu'en 1868 le nombre des prêts autorisés n'avait été que de soixante-quinze, pour une somme de 1,1 11,790 francs, représentant 2 1/2 pour 100 seulement dans la dépense totale des travaux exécutés {Enquête agricole, Paris, 1868 ; Rapport au minisire, chap. rv, p. 85). Une loi du 19 juin 1857 est relative à l'assainissement et à la mise en culture des landes de Gascogne ; la supeiiicie des laudes insalubres, au mo-
ment de la promulgation de la loi, dépassait 285,500 hectares. Le rapport sur l'état des marais [Moniteur, 21 janvier 1860) dit même que « cette loi du 19 juin 1857 s'applique exclusivement aux terrains communaux qui, dans les deux départements des Landes et de la Gironde, représentent une surface totale de 427,000 hectares voués à une insalubrité et à une stérilité séculaires. » En 1865, il ne restait plus que 9,500 hectares où les travaux ne fussent pas commencés ; ils i étaient complètement terminés sur 46,000 hectares, très-avancés sur 227,000 hectares (S«Ï!/ai/ou c/e /'empire; Moniteur univ., 19 février 1865). Le 5 janvier 1860, une lettre de l'empereur proclamait la nécessité de s'ocrui^r avec la plus .grande activité de l'agriculture, et en particulier des travaux de dessèchement les marais et de défrichement. Le rapport adressé, quelques jours après (le 17 janvier 1860), par les ministres de l'iutérieur, des finances, de l'agriculture et du commerce, fait l'historique des tentatives de dessèchement des marais poursuivies depuis l'édit de Henri IV, en date du 8 avril 1599, jusqu'à nos •jours; il discute les moyens à adopter pour concilier les droits de chacun avec les exigences de l'intérêt pubhc. Le projet de loi ne s'applique qu'aux marais et aux teires incultes des communes, et il pose en principe que les terrains dont la mise en valeur aura été reconnue utile seront défrichés, assainis et mis en culture ; l'utilité de la mise en valeur ne sera déclarée que par un décret impérial, délibéré en conseil d'État, à la suite d'une enquête locale et après une délibération du conseil municipal de la commune ; les travaux sont exécutés aux frais des communes, et, en cas d'impossibilité ou de refus de la part de celles-ci, l'État intervient, sauf remboursement de ses avances, en principal et intérêts, sur le produit delà vente d'une partie des terres rendues à l'agriculture; toutefois, la commune ne peut s'exonérer de toute répétition de la part de l'État qu'en faisant l'abandon de la moitié au plus des terrains mis en valeur.
L'enquête sur la situation et sur les besoins de l'agriculture, ordonnée par le décret du 28 mars 1866 et d'après le règlement du 6 août 1866, contient dans son questionnaire les articles suivants :
« ^ il. Dessèchements. 59. Que!!e a été l'étendue des dessèchements opérés dans la contrée depuis les trente dernières années, et quel en a été le résultat ?
(( 60. Quels obstacles la législation pourrait-elle opposer à ce qu'ils prissent du développement? ))
Le rapport au ministre, p. 88, contient la réponse suivante :
« La surface des terrains sur lesquels des travaux de dessèchement et d'assainissement ont été exécutés a été, en 1866, de 140,000 hectares pour une dépense approximative de huit niilhons. 11 existait encore, au commencQment de cette année, des projets à l'étude pour une superficie de 240,000 hectares.
a 3 12. Drainage. 62. Quel a été jusqu'à présent le développement donné à la pratique du drainage? Quels en ont été les rév«ultats? »
Réponse : « Les travaux de drainage ne se sont pas développés comme on aurait pu le penser, et, bien qu'au 1" janvier 1866 on ait évalué à 200,000 hectares la surface totale des terrains drainés en France, on estime qu'il y a beaucoup à faire encore sous ce rapport. Les difficultés avec lesquelles on se trouve aux prises seraient plus particulièrement : le morcellement et l'instabilité d':; la propriété foncière; le prix élevé des travaux de drainage, surtout eu égard à la laible valeur des terres qui en ont besoin ; la dépense qu'entraîne l'établissement des fossés évacuateurs traversant les propriétés inférieures ; la trop courte durée des baux, qui ne permet pas aux fermiers d'entreprendre de semblables améliorations ;
'*'2 MARAIS (niBLIOGRAPHIE).
l'indiflérence des propriétaires, qui ne consentent pas à faire les sacrifices nécessaires ; eniin le manque de capitaux. »
L'enquête énumère encore (4^ série, documents étrangers, i 868) les prc^rès que le drainage, le dessèchement et l'assainissement ont faits dans k s diverses contrées de l'Europe et des États-Unis, et les résultats obtenus, dont ou peut lire les détails dans cette immense série de documents, font voir que nous ne sommes pas restés en arrière de nos voisins. En Angleterre et en Ecosse, les travaux continuent à être très-importauts, et les marais ont à peu près disparu. En Prusse, le dessèchement se fait sur une vaste échelle en Poméranie, malgré les difficultés que soulève un ancien édit de 1775 encore en vigueur, et qui ne permet pas d'abaisser le niveau des nappes d'eau au delà de certaines limites restreintes. La Bavière, laBclgi (ue, lu Suède et la Norvège constatent l'extension et le bon résultat des tentatives croissantes faites depuis quinze à vingt ans, etc.
L'enquête agricole énumère pour chaque département les obstacles qui s'opposent au dessèchement des marai- et indique les moyens qui semblent les plus capables de faire cesser un pareil état de choses. C'est là une collection précieuse, un monument historique qui servira désormais de point de départ pour comparer lesprogrès qui s'accompliront dans notre pays, d'une période à une autre ; le médecin, le statisticien, le démograplie, y trouveront, aussi bien que l'a^rnculteur et l'économiste, les notions les plus utiles sur les conditions de vie des populations rurales, et sur l'hygiène publique des campagnes, où la question des marais occupe une si large place. E. Vallin.
BiBUOCBAPBiE. — HiPPOCRATE. Des airs, des eaxix et des lieux. — Doxins (J.-B.). De restituenda salubritate agri Romani. Florent., 1667, in-4°. — Lancisi. De noxiis piiludum effluviis. lib. II. Roinœ, 1717, 111-4". — Plat.ner. De peslifcris aquarum putvescenliwn erpirationibus. Lipsice, 1747, in-4°. — Œde. De morbis ab aquts jiutrescentibtis naturalibus. Luj;d.-Balav., 1748, in-4°. — Volta (Al.). J.ctlrc sur l'air inflammable des marais. In Jour», de pUys., de l'abbé Rosier, t. X(, p. 15-2, 219, 1778. — Tessier (l'abbé) et Jeanroy. Rapport conce-nxanl les mares qui sont au bas de Cliâleau-Thierry . Paris, 1742, in-4''. — Orlandi De exsiccandarum paludum utililate. dcqiie infaiinlatibus quœ ab aquis stagnantibus oriuntur. RoiTiffi, 1785, in-l°. — Chaptal (J. B.). Mém. sur les causes de l'insnlubrilé des lieux voisins de nos étangs et sur tes moyens d'y remédier. Th. de Montp., 1785, in-4''. — Halle, FouRCROY, etc. — De t'influence des marais et des ctang.t sur la santé et de la nécessité des dessèchements (Projet de Concert et de M. de Saiiit-VicUir';. In Mém. de la Soc. roy. de 7néd., et broch. 5= édit. Paris, 1791, in-8°. — Balmes (J. B.). Déterminer par l'observaticn quelles sont les maladies qui résultent des eaux stagnantes et des pays marécageux, soit par ceux, etc. Mém. cour, par la Société de méd. de Paris, ^îmes, 1789, in-!i°. — Pvolgier DE LA Bergerie. Rapport général sur les étangs. Paris, an III, in-8°. — Riuel. De l'influence des marais et des étangs sur la santé des hommes. Paris, 1S02, in-8°. — FLLcriAXD-Poczi.v. De l'insalubrité des étangs et des moyens d'y remédier. Wém. cour, par la Soc. des se, etc., de Montpellier.. Montpellier, 1815, in-8°. — Gaillard. Mém. sur le danger des émanations marécageuses. Paris, 1816, in-8°. — Poterlet. Code des dessèchements, ou Recuit des règlements, etc. Paris, 1817, in-8°. — Rigauh de l'Isle. Recherches chimico-inédicales sur les causes du mauvais air. In Bibl. un'iv. de Genève, t. II, p. 25, 1816 ; et t. V, p. 15, 112, 1817, — Fol'Rmer-Pescay et Cégis, art. Marais. In Dict.des se. méd., t. XXX, 1818. — Cadet (P.), de MeU. De l'air insalubre. Paris, 1822, in-8°. — Prosy (re). Description hydrogvaptiique des marais Pantins, relief du sol, etc., atl. Paris, 1825, in-4°. — Jclia i^J. S. E.]. Recherc/ies historiques, chimiques et médicales sur l'air marécageux. Mém. cour, par l'Acad. des se. de Lyon. Paris, 1825, in-S-*. — Mgntfai.cox. Histoire médicale des marais et traité des fièvres intermittentes, eic. \'^ édit., 1824; 2* édit., l'-aris et Lyon. 1827, in-8°. — Giorgim (Gaet.). Memoria inlorno alla causa più probabilc délia tnsalubrità délia Maremma, 1817, et Sur es causes de l'insalubrité de l'air dans le voisinage des marais en communication avec la mer. In Ann. de ch'im.. 1" sér., t. XXIX, p. 225, 1825. — Colssixgaclt. Mém sur la possi: bililé de constater ï existence des miasmes et sur la présence dun principe hydrogéné dans lair. In Ann. de chim. et de plajs., i" sér., t. LVlI.p. 148, 1854. — Yilleumé. Influence des marais sur la vie. In Ann. d'hyg., 1" sér., t. XI, p. 251 . — Du même. Influence des marait
MIRAIS (bibliographie). T55
$ur la vie des enfants. IbicL, t. Xlf, p. ôJ, 1854. — Motard. Des emtx stagnantes, et en particulier des marais et des dessèchements. Thèse de concours. Paris, 1858, in-8*. — Daniel. Du dégagement spontané de l'hydrogène sulfuré dans les eaux de la côte occidentale d'Afrique. In Ann. de chim., ô« sér., t. III, p. 551. 1841. — Savi P.). Alcune considera-Joni sulla mal' aria délie maremme Toscane. Pisa, 1859, et trad. de l'italien par F. Ledlanc. In Ann. de chim., 3" sér , t. Ill, p. 344, 1841. — Mobben (A.). Mém. sur les gaz tenus en dissolution par les eaux. In Mém. de la Soc. d'agriculture d'Angers, t. II, p. 123. — Gedks (J. van). Natuur-en geneeskundige Beschouwingen van Mocrassen, etc. (Anal.). In Schmidt's Jahrbb., t. XXXI, p 251, 1841. — Hoi'Kins. Obterv. sur la nature et les effets de la mal'aria; trad. franc, par M. Guébard. In Ann. d'hyg., 1" sér., t. XXV, p. 33, 1841. — Seaele. On ihe Poisonous Influence of Mal' aria, and the Diseuses it gives Rise, etc. In The Lancet, 1842- 45. t. II, p. 229 — Salvagnoli. Saggio illustrativo le tavole délia slatistica medica délie maremme Toscane compilata per ordine di S. A. R. il Gran-Duca. Firenze, 1814, in-4°. — Le MÊME. Saggio, etc., Seconda biennio anno 18i2-43, e 1845-44; ibid.. 1845, iii-4°. — De MÊME. Memorie economico-stalistiche sulle maremme. Toscana, ibid., 1846, in-8''. (Analyse détaillée in Ann. univ. di med., t. CXXIII, p. 152, 1847. — Pebier (J.-N.). De l'infection palustre en Algérie. In Journ. de méd. de Beau, t. II, p. 53, 65, 1844. — Pallas. De l'influence de l'électr'icité atmosphérique et terrestre sur V organisme . Paris, 1847, in-8°. — Mélier. Rapport sur les marais salants du midi et de l'ouest de la France, pi. In Ann. d'hyg., 1" sér., t. XXXIV, p. 87, 241, 1848. — Becquerel. Éludes sur la Sologne, et rap~ ports présentés au Conseil général du département du Loiret. Paris, 1849, 1855, in-8°. — .\ncelon (E.-A.). Mém. sur les fièvres typhoïdes périodiquement développées par les émanations de l'étang de Lindre-Basse. Nancy, 1847, in-8''. — Pdvis. Des causes et des effets de l'insalubrité des étangs, de la nécessité et des moyens d' arriver à leur dessèchement. Bourg, 1851, in-8''. — Decondé. Considérations sur l'état de nos Polders et leur influence sur les /uibitatits. depuis les temps historiques jusqu'à nos jours. In Ann. de la Soc. de méd. d'Anvers, 1851, p. 600. — Levieux (Ch.). Éludes hygiéniques sur l'élève des sangsues dans le dépavlement delà Gironde. Bordeaux, 1855, in-8''. — De Meacx (C). Rapport présenté à la Soc. d'agricult. de Montbr'ison sur le dessèchement des étangs insalubres . Montbrison, 1853, in-8'', — Clemens (Th.). Mal'aria und Oion oder Untersuchung dsr Frage inwiefern stchende Wasser durch Gasexludationen oder Miasmen, etc. In Henke's Ztschr. f. d. St. 1 Hft., 1852. — .Tacquot (F.). De l'origine miasmatique des fièvres endémo-épidémiques, dites intermittentes, palustres ou à quinquina. In Ann. d'hyg., 2« sér., t. Il, p. 55, 241, 1854, et t. III, p. 5, 1858. — De même, Étude nouvelle de l'endémo-épidémie annuelle des pays chauds, basée, etc. Ibid., t. VIII, p. 241, 1857, et t. IX, p. 5, 1858. — Burdel. Recherches sur les fièvres paludéennes, suivies d'études physiologiques et médicales sur la Sologne. Paris, 1858, in-12. — Gigot (L.). Recherches expérimentales sur la nature des émanations marécageuses, et sur les moyens d'empêcher leur formation et leur expansion dans l'air, pi. 5. Paris, 1859, in-S". — Ott (Fr.). Epidemische Puslida m.aligna zu Isenhof. In Unger Ztschr., XI, 2, 1860, et Schmidt's Jahrbb., t. CVIII, p. 59, 1860. — Gaudon. De la Brenne et de .'ses étangs. CompalibiVlé de la salubrité avec l'existence d'un certain nombre d'étangs. Le Blanc, 18U1, in-S". — Bierbacm. Das Mal'aria Siechtlium vorzugsweise in Sanitâtspolizeilicher Beziehung. Wesel, 1851, in-8''. — Bechi (E ). Recherches sur l'air des Maremmes de la Toscane. In Compte rendu de l'Acad. des se, t. LU, p. 852, 1861. — Reinhart (H.). Slatisl'iche Studien ûber den Einfluss der Sumpfgcgenden auf die miltltre Lebensdauer . In Pappenheim's Deilrâge zur exact. Forscli., 5» sér., t. lY, p. 10, et anal, in Ann. d'hyg., 2'^ sér., t. XVIII, p. 217, 1862. — RoLLET (J.). Étangs de la Bombes: leur influence sur la population, sur la durée de la vie, etc. In Gaz. méd. de Lyon, t. XIV, p. 53, 1862, et Ann. d'hyg. .^ 2= sér., t. XYIII, p. 223, 1862. — Bourguet (E.). Considérations sur l'insalubrité de la ligne du littoral de la Méditerranée (Marais). Aix, 1862, in-8°. — La Rochette (E. de). Sels et marais salants de lOuest. Nantes, 1866, in-S". — Voy. aussi les auteurs qui ont traté des fièvres intermittentes : Torti (1712), Senac (1759), Alibert (1804), Baillt (1825), Nepple (1828), Maillot ;1856), Boudin (1842), etc., etc.; plus une multitude de Mémoires sur des épidémies particulières, et de Dissertations inaugurales tant en France qu'à l'étranger.
Question de l'antagonisme. Boudin. In Essai de géogr. méd., ch. viii, p. 52. Paris, 1845, in 8<>. — Du MÊME. Lettre sur la loi de l'antagonisme. In Gaz. méd., 1843, p. 470. — Du MÊME Ibid., p. 611; et réponses àd.fférentes objections, ibid., passim ; Ann. d'hyg., l"sér., t. XXXIII, p. 55, 1845. — Ibid., t. XXXVI, p. 504, 1846. — Ibid., t. XXXYIII, p. 241, 1848.
Traité de géog^. et de phys., t. II, etc. — Rater. Rapport sur une mission à donner à
M. Baudet pour étudier la phthisie en Algérie. In Bull, de l'Acad. de méd , t. VIII, p. 931,. 1843. Voy. in Gaz. méd., 1845. Observ. aflirmatives ou négatives présentées par MM. Forget, p. 422; Lévy, p. 369 ; Hah.n, p. £62; Genest, p. 575, L50 ; Gintrac, p. 489; Nepple, p. 729 ; ibid., p. 185; Schedel, p. 497; Lefebvre, p. 575; Cuarcellav, p. 819, etc. — Voy. aussi les opuscules et articles suivants. — Hahn, De l'influence sur la production de la phthisie pul-
DICT ENC. 2 S, IV. 48
IR* MARANTâ.
monaire du séjour antérieur ou actuel dans les localités marécageuses. In Journ. de méd^ t. I, p. 265, 1843. — Triées. De l'heureuse influence de l'atmosphère des paijs marécageux sur la tuberciiUsation pulmonaire, et, en général, sur les maladies de poitrine, etc. Thèse de Montpellier, 18 iô, in-8°, n» 98. — Crozant. Mém. sur quatre cas de guérisons de la
phthisie pulmonaire et sur l'antagonisme. In Journ. de méd., t. II, p. 158, 18 i4. Brunacde.
Reclierches sur la phthisie pulmonaire et la fièvre typhoide considérées dans leurs rapports avec les localités marécageuses. Th. de Paris, 1844, in-4°. — Salyagnoli . SulV antagonismo fra le cause délie febhri inlermitlenti e quelle délia tisichezza polmonare. In Ann. univ Omodei, t. CVIII, p. 599, 1843. — De même. Ibid., t. CXX, p. '286, 1846. — Lefèvre (A.\ De l'influence des lieux marécageux sur le développement de la phthisie et de la fièvre typhoide à Rochefort. Bordeaux, 1845, in-8». — Gouzee. Objectioîis ce la théorie de l'antagonisme pathologique. In Ann. de la Soc. de méd. d'Anvers, 1816, p. 105. — Lepileciî. Quelques objections à la théorie de Vantagonisme appliquée à la France. In Ann. d'hyg , 1" ^ér t. XXXVI, p. 5,1846. - Du même. Ibid., t. XXXVII, p. 227, 18*8. — Berexglier. Notice sur la phthisie pulmonaire, considérée dans ses rapports avec les maladies paludéennes dans le canton de Habastens (Tarn\ \nAnn. d'hyg., l"sér., t. XXXVIII, p. 597, 1847. — Helfet. De Vantagonisme de la phthisie et des fièvres de marais. In Ztschr. f. gesammte Med., et trad. iranç., in Arch. gén. de méd., 4» sér., t. XVII, p. 196, 1S48, etc., etc.
Rouissage. Laxcisi. In De noxis paludum effluviis, lib. I, part, i, cap. vni; épid. n, cap. V. — Recueil de pièces instructives publiées par la Compagnie sanitaire contre le rouissage des chanvres et des li?îs pour la préparation complète et à sec. etc. Paris, 1824, in-S". — Marc. Consultât, sur des questions de salubrité relatives au rouissage, près de Gatteville. In^lnij. d'hyg., l"sér. , t. I, p. 335, 1829. — Roeiquet. Rapp. fait à l'Acad. roy. de méd. sur les inconvénients que pourrait avoir le rouissage du chanvre dans l'eau qui alimente les fontaines d- ta ville du Mans. Ibid., p. 343; et Barbuel. Obscrv. sur le rapport précédent. Ibid., p. 548, 1829. — rARENi-DiciiATELET. Le rouissage du chanvre sous le rapport de l'hygiène publique. In Ann. d'hyg. j.ubl., 1" sér., t. MI, p. 2.57, 1852. — GnnAiDET
Recherches sur l'influence que peut avoir le rouissage du chanvre. Ibid., p. 337, 1852.
Krigelstein. Ueber die Zulàssigkeit der Flachs- und Hanfrôstcn in Wasser, nebst den ûber Gegenstand, etc. In Hcnke's Ztschr. f. d. Slaalsarzn., n' 59, Erg et Canstatl's Jahresb , 1849, VII, 58. — Païen. Rapport à M. le ministre de l'agricul. et du comm. sur un procédé de rouissage employé en Irlande. Paris, 1850, in-8°. — JIoobss. Dos Fiachsrôsten in sanitàtspoHzeilicher Beziehung. In Casper's Vjschr., t. XX, p. 2g5, 1861. — Rolcher (C). Durouissage considéré au point de vue de l'hygiène publique, et de son introduction en Algérie. In Ann. d'hyg., 2' sér., t. XXII, p. 278, 1864. — Rapports des divers conseils d'hyg. départementaux ; Dictionnaires de l'industrie, etc.
Rizières. Reiationi fisica ed idraulica sulla risaje délia Marca e corrispon^Uente notificasione. Roma, 5826 (.\nal. in Ann. univ. d'Omodei, t. LXI.p. 56, 1827). — Puccixotti. i)c//e risaje in Italia, e délia loro introduzione in To.scana. Livorno, 184''i. — SoncoM. De l'influence de la culture du riz sur la fréquence des fièvres intermittentes. In BoU. délie se. med., 1845, et Gaz. méd. de Paris, 1845, p. 742. — De même. Les rizières examinées dans leurs rapports avec la santé publique. In II Raccoglit. med., 1848, et Gaz. méd., 1849, p. 483. — VivARELU. Observ. sur le travail de M. Sorgoni. In II Raccoglit. med., 1849, et Gaz. méd., 1849, p. 813. — Boileau de Castelnau. De l'insalubrité des rizières. In Ann. d'hyg., 1" sér., t. XI,III, p. 527, 1850. — Ughi. Le risaje Parmensi considerate iiel rapporta sanitario morale ed economico. In Gaz. med. ital.prov. sarde, n°' 21-25, lï^ôl.
Féculeries. Parent-Ddchatelet et Orfila. Rapport sur l'influence des émanations des eaux des féculeiics et des marais. In Ann. d'hyg., 1" sér., t. XI, p. 251, 1831. — Gaultieb DE Claubrï. Quelques observ. sur l'influence des marais en réponse au rapport précédent. In Ann. d'hyg., \" sér., t. XII, p. 57, 1834. — Chevallier. Sur les inconvénients que pré~ sentent les fabriques de fécule sous le rapport de l'hygiène publique. In Ann. d'hyg., 2* sér., t. XVIII, p. 52, 1862. (Extrait du Traité élémentaire d'hygiène de M. Beaugrandj.
Le lecteur trouvera quelques autres indications bibliographiques dans le cours même de l'article.
MARAIVTA, Plum. Genre de monocotylédones qui donne son nom au groupe des Marantacées. Les plantes qui le composent sont de grandes herbes ou des sous-arbrisseaux rameux, garnis de feuilles, à nervures latérales, le plus souvent obliques et parallèles entre elles. Les fleurs sont en cymes affectant la forme d'épis, de grappes ou de panicules. Elles ont un calice à trois divisions le plus souvent herbacées . Dans l'intérieur de ce calice se trouvent des organes pétacoïdes, le plus souvent blancs, soudés sur une partie de leur étendue en une
MARANTA. 755
sorte de tube renflé, plus long que le calice. Ces organes sont : les trois extérieurs des pétales, à peu près égaux, nettement distincts au sommet; les autres, des c'iamines transformées, stériles, ayant la forme pétaloïde. Ces staminodes sont généralement au nombre de quatre : deux extérieurs plus ou moins longuement exsertes, et deux internes, dont l'un cucullé enveloppe incomplètement le stigmate par le développement et le reploiement de l'un de ses bords, dont l'autre est muni sur sa face interne d'une sorte de callus plus ou moins développé. En outre, le gynécée se complète par une étamine formée d'un filet distinct, aplati, d'une seule loge d'anthère placée sur un des côtés, et d'un appendice membraneux plus ou moins considérable du côté opposé à l'anthère. Pour Payer, il n'y a, en réalité, que trois étamines placées sur un seul rang, dont deux se dédoublent de manière à former le nombre de staminodes que nous avons indiqués. L'ovaire est infère, uniloculairc^, et contient un ovule unique, basilaire, campylotrope. Le style est recourbé, charnu, et porte un stigmate trigone. Le fruit est une baie monosperme. La graine, ]iresque globuleuse ou prismatique, munie d'une pointe recourbée, contient un albumen corné et un embryon iiomotrope, recourbé, dont l'extrémité radiculaire atteint l'ombilic; entre les deux branches de sa courbure «Il remarque une sorte de canal droit creusé dans l'albumen.
Les Maranta sont de l'Amérique trojdcale; il en existe un très-petit nombre d'espèces asiatiques. Leurs rhizomes sont surtout utilisés à cause de la fécule qu'ils contieiuient. L'espèce la plus connue et la plus remarquable à cet égard est le Maranta arundinacea L. C'est une plante à rhizomes noueux, recouverts d'écaillés bractéiformes, donnant trois à quatre tiges aériennes droites, de la grosseur du doigt, hautes de 3 à 4 pieds, garnies par, les pétioles ou la gaîne des l'euiUes. Ces feuilles sont alternes, amples, ovales, lancéolées, aiguës, velues sur leur face inférieure ainsi que sur les pétioles : elles sont marquées de nombreuses nervures latérales obliques. Les rameaux sont noueux, articulés et coudés aux nœuds, se ramifiant à leurs extrémités en cymes irrégulièrement dichotomes, portant trois ou quatre fleurs blanches. Le fruit est ovoïde, ferme, de la grosseur d'une olive. Cette plante porte le nom de flèche-racine ou arrowroot, et ce nom lui serait donné, dit Tussac, parce qu'elle a la réputation de guérir les blessures faites par les flèches des Indiens; mais ces vertus sont loin d'être constatées, et si la plante est cultivée sur une grande échelle aux Antilles, c'est uniquement à cause de la fécule que donne son rhizome, et qu'on connaît sous le nom à'arroiv-root de Saint- Vincent, des Bermudes ou de la Jamaïque.
Cet arrow-root est en poussière fine, mate, d'un blanc sale. Au microscope, il présente des grains qui rappellent un peu, par leur forme, ceux de la fécule de pomme de terre. Ceux qui sont pyriformes, et qui ressemblent le plus à cette fécule s'en distinguent par leurs dimensions bien moindres, et aussi parce que le bile se trouve chez eux à la plus grosse extrémité. On y voit aussi des grains elliptiques dans lesquels le bile se trouve au milieu de l'ellipse.
Une autre espèce produit cet arroiv-root; c'est le maranta indica, Tussac, qui ne se distingue que par ses feuilles et ses pétioles glabres de l'espèce précédente, dont elle n'est peut-être qu'une variété. D'après Tussac, cette plante aurait été transplantée des Indes orientales en Amérique; mais cette opinion est plus que contestée. On admet, au contraire, que la plante, originaire des Antilles, n'est passée que fort tard, par la culture, dans les Indes orientales, où les Anglais en retirent un arrow-root tout à fait semblal.ile à celui qui est décrit ci-dessus, et
qu'ils dé-igiieut sous le nom d'anow-root indien ou de Calcutta {voy. Arrow- ROOT et Fécules).
Parmi les espèces qui donnent de la fécule, nous devons également citer le Maranta allomja Aublet., qu'on exploite à Cayenne et à Saint-Domingue, et dont ou mange les tubercules cuits sous la cendre.
Une plante qui a un intérêt d'un autre genre est le Cachibou, Maranta lutea Lam. (3/. cachihu Jacq.). Ses feuilles ont leur surface inférieure couverte d'une couche de matière résineuse blanche, qu'on peut en détacher par frottement et qui est employée, d'après de Humboldt, contre les rétentions d'urine. Cette sorte de poussière préserve le tissu sous-jacent du contact de l'eau et permet de construire avec les feuilles des sortes de toits temporaires, sous lesquels les voyageurs peuvent s'abriter une dizaine d'heures contre la pluie. On emploie également ces feuilles pour construire des paniers, et aussi pour envelopper les résines de bursera qui, du nom de cette enveloppe, prennent le nom de cachibou. Planchon.
Plumier. Gênera. 56 et Plant. American, edit. Bunnannn. 98, tab. 108 — Linké. Gênera. 5. — Aublet. Plantes de la Guyane. II, 3. — Roscoe. Scitam. — Tcssac. Flore des Antilles, I, 185. — Enduchek. Gênera. Plant. t642. — Payer. Organogënie, p. 677, tab. 775. — Bebg et ScHMiDT. Darstell. und Beschreib. de offizin. Gewâchse. I, 7. B. — Giies. (Arlhur). Observât. sur la fleur des Maranlées. In Annal, de Se. neU. 4» série, XII, 193. — Gobebt. Drogues timples. 6* édit., II, 227. pt.
MARiiilKTA (Barthélémy), médecin, botaniste et littérateur distmgué. On ne suit ni l'époque de sa naissance, ni celle de sa mort. On sait seulement qu'il était originaire de Venosa, dans le royaume de Naples ; qu'il fut l'élève de Ghini, de Pinelli, et que, si par lui-même il n'a pas fait de découvertes en fait d'histoire des plantes, il a contribué à vulgariser les omTages de Terrante Imperato et de Matlioli. Voici les titres des hvres qu'il a édités :
I. De aguce Neapoli in Luculludio scaturienfis, guam ferream vacant, metaïlicâ nalurâ ac viribus. Naples, 1559, in-4°. — II. Methodi cognoscendorum medicamentorum simphcium hbri très. Venise, 1559, in-4°. — IH. Luculliance questiones. Bàle, 1564, in-fol. — IV. Délia teriaca e del mithridate. Bâle, 1571, ia-i". A. C.
MARAlIVTAcées. Nom donné par Lindley et quelques autres botanistes à la famille des Cannacées [Voy. Caxnacées).
MARASME [^xp 01.(7 (loi ; uct.poc.bzvj, dessécher) est un état général consécutif, le plus sou\ent, aux maladies chroniques, et caractérisé par une maigreur extrême et un dépérissement progressif.
Le marasme doit être distingué de la cachexie, dont la signification est beaucoup plus large. Le marasme n'est souvent qu'un des symptômes de la cachexie. Il faut, cependant, reconnaître que ces deux expressions sont bien souvent employées comme synonymes, et que le plus souvent le marasme n'est que le symptôme d'une caciiexie avancée.
Il serait difficile de faire du marasme une peinture plus saisissante que celle que nous trouvons dans Arétée (De signis et causis morborum, lib. I, cap. vin). « Le nez est pointu, aminci; les pommettes saillantes, colorées ; les yeux creux, mais purs et brillants ; le visage d'un jaune pâle ou livide, quelquefois bouffi ; la partie mince des joues rentrée et serrée contre les dents, ce qui donne l'aspect d'une personne qui rit. Tout le corps prend l'apparence d'un squelette; car la même maigreur s'observe partout. Les muscles des bras disparaissent. Il ne reste du sein que le mamelon. Les cotes deviennent visibles, non-
seulement au point qu'on puisse les compter toutes, mais encore voir distinctement leurs articulations, tant du côté de l'épine que du sternum ; leurs inlerstices vides, et toute leur courbure presque à nu ; les hypochondres creux, retirés; le ventre aplati et pour ainsi dire collé coutre l'épine ; les articulations partout décharnés, extrêmement apparentes, tant celles des bras, des jambes et des hanches, que celles de la colonne vertébrale, qui, auparavant enfoncée, maintenan que tous les muscles de chaque côté ont disparu, s'avance au dehors et présente ses pointes osseuses ; les omoplates entièrement découvertes et semblables à deux ailes d'oiseau. » Pour compléter cette description si vraie, ajoutons que dans certains cas on observe un œdème plus ou moins étendu, quelquefois limité aux membres inférieurs, dont le volume contraste avec l'éniaciatiou extrême des parties supérieures. L'œdème peut être généralisé et masquer la maigreur générale. L'anasarque peut être lié à une dégénérescence rénale ou hépatique, ou à une maladie du cœur. Il faut encore ajouter au tableau d'Arétée une tendance habituelle à la diarrhée.
• Toutes les maladies qui altèrent profondément la nutrition peuvent amener le marasme. Autrefois on distinguait un marasme idiopathique et un marasme symptomatique. Sans admettre cette distinction, nous ferons cependant remarquer que le trouble profond de la nutrition, l'absence d'assimilation, sans lesquels le marasme ne peut exister, peuvent dépendre de certains désordres purement fonctionnels. C'est ainsi que sous l'influence de chagrins profonds nous voyons se manifester des dyspepsies indomptables qui conduisent lentement à une dénutrition complète.
Remarquons encore que certaines maladies du système nerveux, caractérisées par une excitation violente et prolongée, telles que la manie aiguë, déterminent souvent un marasme très-prononcé. On sait aussi à quel état la masturbation peut conduire ses victimes.
Mais, dans la grande majorité des cas, le marasme est la conséquence de maladies caractérisées par des lésions organiques variées, et il survient d'autant plus rapidement que ces lésions sont de nature à entraver plus ou moins complètement la nutrition.
C'est ainsi que les maladies du tube digestif et de ses annexes ont le triste privilège de déterminer plus rapidement que toutes autres un marasme complet.
La dysenterie, surtout la grande dysenterie épidémique, y conduit en quelques jours.
L'entérite chronique, l'entérite tuberculeuse des enfants, le produisent également au bout de peu de temps.
Il est peu de maladies qui déterminent l'émaciation aussi promptement que la cirrhose.
Il serait oiseux de chercher à éuumérer toutes les maladies qui conduisent au marasme; nous répétons d'une manière générale que celui-ci survient tontes les fois que l'assimilation est troublée profondément et d'une manière persistante. A'on-seulement l'assimilation est entravée, mais il existe habituellement un autre phénomène qui hâte singulièrement les progrès du marasme. C'est la fièvre hectique, quand elle existe ; car elle n'est pas constante. Si elle fait partie de l'ensemble symptomatique de certaines maladies chroniques, telles que la tuberculose, la cirrhose du foie, etc., on a remarqué depuis longtemps qu'elle fait défaut dans d'autres cachexies, la cachexie cancéreuse par exemple.
Il est à noter également que l'àgc n'est pas sans influence sur la rapidité avec
laquelle le marasme s'établit. C'est au moment où l'activité organique est à soit maximum, c'est-à-dire chez l'enfant et cIt^z l'adolescent, que le marasme survient le plus vite. D'un autre côté, le vieillar.', dont la nutrition est peu énergique, arrive à cet état beaucoup plus tôt que laJulte.
Nous n'insisterons pas sur les diflérentes lésions que l'on peut rencontrer chez les individus ;irrivés au marasme. On se reportera à l'article Cachexie iiour plus de détails. La pathogénie des transformations que subissent les ditférents tissus, eu particulier les altérations du sang, y ont été soigneusement étudiées.
Blachez.
MARASME. Genre de champignons de la famille des Agaricinées {vo7j. ce mot), institué par Frie et heureusement détaché du genre AGAr.ic. Ce geme ne comprend qne des Agaricinées de petite taille, atteignant rarement, dans deux ou trois espèces, 6 à 7 centimètres de diamètre et de hauteur, et ayant le plus souvent moins de I centimètre; d'ailleurs toujours grêle et peu charnu, et dont le tissu flexible est difficilement putrescible, mais se dessèche facilement, se recroqueville pour reprendre ses formes preniières quand on le trempe dans l'eau.
Stipe fibro-cartilagineux, résistant, qui va s'épanouissanl dans le chapeau et changeant son tissu fibro-coriace en un hyménophore, plutôt blanc, floconneux, flexible, descendant dans les lames revêtues d'un hyménium partout fertile (même au fond des vallécules); ces lames flexibles, plutôt résistantes, persistantes, sont tantôt larges, tantôt pliciformes, à bord mince et lisse, et portent des spores blanches subelliptiques.
Le chapeau mince est enfin sillonné et ridé ; ses lames sont souvent connexées par leur terminaison interne, formant alors un anneau qui embrasse la tète du stipe auquel elles sont ainsi adnexées rarement et à peine décurrentes.
Ce groupe, très-naturel, surtout par son caractère biologique, la reviviscence^ confine de très-près, pai* plusieurs de ses espèces, au groupe des Agarics colltbes, de sorte que la place à assigner à plusieurs des uns et des autres, par exemple à Ag. col. STiPiTARius, à M. OREADEs, Serait bien arbitraire, si l'on n'était pas obligé de rapprocher ces espèces douteuses d'autres espèces qui les avoisinent fort et dont la place ne saurait être indécise. D'ailleurs nous croyons que plusieurs collyres, qui jouissent d'une reviviscence manifeste, doivent devenir des Marasmes.
Au premier aspect de ces Agaricinées, petites et maigres, on pourrait les croire dépourvues d'application bromatologique ; mais, si leur stipe Hbreux et coriace est toujours à rejeter,' le tissu de leur chapeau, quoique mince et maigre, exhale souvent des parfums qui en font, sinon un aliment abondant, au moins un condiment fort agréable et fort recherché; sous ce rapport, quatre espèces sont surtout signalées : M. OREADES (faux mousseron), M. cepaceus, M. femcdlaceus, M, scoFADONius. D'autres sont présumées nuisibles; tels M. urens, etc.; mais aucune expérience, aucune observation authentique ne confirme ni infirme ce préjugé.
Les types auxquels se rapporte le genre Marasme se divisent très-naturellement en deux groupes ; les uns se rapprochent des collyres, à marge d'abord plus ou moins infléchie ou même enroulée; les antres, des mycèkes, à marge droite et d'abord appliquée sur le stipe {voy. Agaric).
I. Marasmes eollybes, à marge d'abord plus ou moins infléchie ou enroulée; en outre, le tissu et la consistance du stipe (toujours résistant, mais llbro» méduleux ou tubuleux et subcartilagineux, plus ou moins velu, tomenteux ou nu, lisse ou poli vers le pied radicant à amycélium floconneux, ou ficlié sur son sup-
port et sans mycélium apparent) sert à établir les principales sous-divisions.
A. Stîpe plein ou méduleux et, sous un cutis coriace décidément fibreux, surface plus ou moins mate, tomenleuse ou velue.
à. Stipe à base villeuse ou sillonnée.
1. M. cBE>-s Bull. Chapeau subchamu, flcxible, coriace, convexe, aplani, a disque assez Compacte (Diam. 6 à 7 cent.), lisse, et, en séchant, squamuleux ou ridé, presque glabre, uniformément gris ocracé ; marge mince, subenroulée, supe plein, concolore, rigide, partout revêtu de villosUés blanchâtres, ocracées, blanches au pied; de fibres crispées, tenaces haut. 5 à 8 c. diam. G nim.^, quelquefois plus court et gonflé. Lames libres du slipe, quoique connexées entre elles vers le stipe ; bientôt éloignées du stipe. écartées entre elles, flexibles, tenaces, concolores, ensuite brunissant, odeur faible, saveur enfin acre et brûlante, qui font présumer des qualités nuisibles et rendent importante sa distinction avec M. obeaces n°5. Dans les clairières herbeuses des bois, en troupe ou agrégé, fréquent entre les feuilles tombées. C.
2. M. pERONATus Fr. Chapeau couvexe, bientôt plan , obtus et coriace, membraneux, flasque; disque lisse; marge sillonnée, ridée (D. 3 à 6 c), jaune ocracé, couleur i»ofs; chair blanchâtre, stipe plein, fibreux, tenace (haut. 5 à 7 c. et d. 2 à 4 mm.), plus grêle que le précédent; atténué en haut; enfin creux et souvent comprimé; à écorce jaune pâle ocracé et cuticule villeuse, mais à la base maigre, un peu courbée et vêtue de longues et nombreuses villosités, tantôt dressées, tantôt opprimées et tomenteuses, jaunâtres ou blanchâtres. i.anie» d'abord adnées, puis .séparées, libres; mais minces, nombreuses et rapprochées; d'abord blanchâtres, jaune ocracé, ligneuses; enfin éloignées et brunies, odenr nulle, ■avenr àcFe. C. Daus les bois, entre les feuilles et les mousses.
3. M. PORREus Fr. chapeau coriacc , membraneux, flasque, convexe, bientôt aplani (D. 3 à 5 c), obtus ; disque lisse; marge striée, opacte, à'un jaune ocracé sordide, poli en séchant; clair jaunâtre, presque concolore. stipe bientôt creux, tenace, sans suc, long de 7 à 8 c, pubescent, partout un peu épais; d'un brunrougcûtre, plus clair en haut, légèrement villeux à la base. Lames (listantes, bientôt séparées et libres, un peu épaisses, tenaces, linéaires, selon leur largeur; enfin coriaces, d'un jaune flave,pâle et terne. oA^vr alliacée, mais disparaissant en séchant. R. et tardif, entre les feuilles tombées.
4. M. FŒxicuLACEos Ff. Chapeau peucliamu, et de convexe et umfaoné, bientôt plat, puis déprimé (D. ô à 4 c), lisse, blanchâtre, iutéolé. stipe tout fibreux, à peu près égal, eufin creux, jaunâtre clair, à base épaisse et érodée, hérissé de toux; 5 c. de long, i^mes adnexées, bientôt séparées, larges, épaisses, distantes, blanches, odeur et sapeur douces, qui se rapprochent du suivant ; mais ce champignon s'en distingue par son stipe, bientôt creux, glabre (?;, comme échancré par morsure et tacheté, hérissé de roux à la base. Condiment presque aussi estimé, mais plus rare que le suivant. Dans les chemins herbeux.
5. Stipe nu à la base, plein et à fibres souvent tordues encorde.
5. M. OREADEs Fr. Chapeau assez charnu pour un marasme, flexible, convexe; plan sub~ umboné, lisse, glabre (D. 5 à 5 c), d'un jaune chamois, plus ou moins rabattu, suivant l'état hygrométrique; blanchâtre par un temps sec, mais Injgrophane, c'est-à-dire changeant de nuance, se fonçant, se teintant de roux par la pluie, et alors à marge un peu striée. stipe tres-tenace, de 5 à 7 c. de haut, 4 ào mill. de diam., plein, égal, dur, tordu, vêtu d'une cuticule villeuse, sèche, étroitement adnée, pâle, concolore ; base radicante, souvent érodée (premorsœ], nue et non villeuse, ou tomenteuse, comme les précédents. Lames libres, larges, distantes, inégales, d'abord molles, concolores lutéolées, blanchâtres. Trèscommun sur les pelouses et dans les champs, et leiu-s bandes formant souvent des arcs ou même des circonférences, odeur d'abord faible, mais devenant pénétrante, agréable et savoureuse, par la réunion et par la dessiccation. Condiment célèbre et des plus agréables. C. G.
6. M. PLANCus Fr. En apparence voisin du précédent, mais s'en distingue essentiellement par un stipe inégal, cave et bientôt comprimé, /lave, pâle, plutôt que blanchâtre, chapean mince, faible, mais flexible et élastique, coriace [ce qui décide à le séparer des Gollybes et de Ag. DniopHiLE, dont il a quelques traits) , d'un brun roux, pâlissant. Lames plutôt nombreuses, linéaires, plus foncées que le chapeau pâlissant, odeur nulle.
7. M. scoRTEcs Fr. Petit, inodore, doux, blanchâtre ; stipe bientôt fistuleux, filiforme, brun, mais lames libres, larges; ventru, blanchâtre. Dans les forêts humides. A. Pi.
B. Stîpe radicant définitivement tubuleux et cartilagineux (non ûbreux), iaineux en bas, glabre en haut. Lames se séparant du stipe. Chapeau plus mmce, hygrophane; marge tantôt lisse, tantôt striée.
* SUpe laineux en bas, glabre en haut.
8. M. r-RAsiosHcs Fr. A odenr pénétrante, poracée ou alliacée, et longtemps persistaiiîç après la dessiccation, stipe fistuleux, d'un pâle fauve ou roussâtre, foncé vers la base, gonflée, souvent recourbée, tomenteuse, adhérente aux feuilles tombées; long-, de 7 à 8 c. Chapeau bientôt aplani, blanchâtre, souvent plus obscur sur le disque obtus. Odeur fortement alliacée et persistante étant sec.
9. M. vARicosus Fr. Inodore; stipe fistuleux, très-remarquable par son suc, d'un rouge brun, qui dégoutte du stipe rompu; deià, sa couleur générale rouge brun.
10. M. FDScopuBPDREDS Fr. Inodore, d'un noir pourpre, mais sans suc.
11. M. TERGiNDs Fr. .\ chapeau d un blauc brillant étant sec, incarnat humide, et sUpe rougeâtre dans le haut, blanc, tomenleux au pied radicant. E-ames étroites, pâles.
12. M. pcTiLLDS Fr. Les lames rousscs ont le bord libre, plus pâle. Bois de pins.
Stipe partout velu oupruiné (au moins étant sec).