‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.56Chapitre 71 sur 80 · MAI; AT · texte numérisé non relu

MAI; AT

27. M. AîJBROSACEtis Lin., dont les lames sont adnées au stipe très-foncé ou noir. Sur les feuilles.

28. M. ROTDLA Scop., dont les lames libres du stipe, mais connées entre elles, forment un large manchon où pénètre librement le sommet du stipe noirâtre. Sur les feuilles et sur le bois.

** Stipe velu ou poilu; entre autres :

29. M. PERFORAss Fr., que caractérise surtout son odeur iétide.

Bertillon.

in^R.âT (Jean-Paul), né à Boudry (comté de Nenfchàtel) , le 24 mai 1744; mort assassiné à Paris, le 13 juillet 1 793. La place de Marat est bien plus dans une biograplue des hommes de la Piévoliition que dans une biographie médicale ; il est impossible cependant que, même ici, nous ne nous occupions pas d'un personnage qui eut une certaine notoriété conmie médecin, une triste et immense réputation comme journaliste et comme député. Le père de Marat, dont le vrai nom paraît être Mara, exerçait la profession de médecin à Cagliari avant de se retirer en Suisse; il eut cinq enfants, dont l'aîné fut le trop fameux Marat. De bonne heure, celui-ci montra un goût ardent pour les scieiices naturelles, et, après avoii" étudié la médecine, il vint se fixer à Paris ; nous ne savons pas au juste à quelle époque. On ne trouve pas sou nom dans les catalogues des médecins et des chirurgiens exerçant à Paris. D'ailleurs, il avait longuement voyagé, et dans un grand nombre de contrées ; lui-mème a écrit qu'il avait séjourné plus ou moins longtemps à Bordeaux, à Londres, à Dublin, à Edimbourg, à la Haye, à Utrecht, à Anisterdam, et qu'il avait [larcouru plus de la moitié de l'Europe. 11 fut pendant quelque temps médecin des gardes du corps (et non pas, comme on le dit souvent, des écuries) du comte d'Artois, place qu'il n'occupait plus au moment où commença la Révolution. Nous avons dit qu'il s'occupait ardemment de sciences; il publiait, en effet, mémoires sur mémoires, volumes sur volumes, et chacun d'eux était prétexte à quelque polémique violente, à des injures toujours acerbes, souvent imméritées, contre les académiciens et les académies. On ne lit plus ks ouvrages scientifiques de Marat, et ils méritent à peine une mention sérieuse ; mais ils dénotent déjà l'homme que la Révolution va mettre en évidence. Ce sont, pour la plupart, des ouvrages laits à la hâte; aucun d'eux n'est creusé à fond, bien que les sujets traités soient souvent nouveaux et pleins d'intérêt ; on sent que l'auteur est tourmenté du besoin de produire, qu'il désire à tout prix faire retentir son nom. 11 nous parait probable, cependant, que Marat s'est jugé lui-même, en toute sincérité, un génie incompris, en butte à la malveillance et à la jalousie des savants ses contemporains. Quelques-uns de ses travaux eurent un certain retentissement, et Voltaire ne dédaigna pas de faire la critique du traité De l'homme, ou des principes et des lois de V influence de Came sur le corps et du corps sur l'âme. Cabanis, a-t-on dit, s'est servi de ce livre pour composer son Traité du physique et du moral; ceux qui ont avancé ce fait n'ont lu ni l'un ni l'autre de ces deux ouvrages. Malgré tous ses travaux de médecine, de physique, d'anatomie, de métaphysique, de morale et de pohtique édités ou inédits, Marat était fort peu connu quand éclata la Révolution française qui devait donner cà son nom une si triste notoriété.

Le reste de la vie de .Marat appartient à l'histoire politique. Nous n'en dirons que ce qui est indispensable pour compléter sa biographie. Le 12 septembre 1789, il lance le premier imméro du fameux journal VAmi du peuple, oîi déborde une colère ardente contre les riches. Poursuivi pour plusieurs articles, il est obligé de

'"■* MARAT (EA.nx minérales de).

se cacher, et deux fois même il se réfugie en Angleterre. En septembre 1792, il vient siéger à la Convention comme député de Paris, oà il continue ses invectives et ses dénonciations, vole la mort du roi sans sursis, et commence une guerre sans relâche contre les Girondins. Décrété d'accusation devant le tribunal révolutionnaire qu'il avait contribué à établir, il est ramené en triomphe par le peuple à la Convention, ovi il rentre plus orgueilleux que jamais, plus déciiaîné contre ses accusateurs. Sa partici[)ation aux massacres de septembre est avérée; luimême eut le triste courage de s'en vanter. Enfin, le 15, juillet 1793, une jeune fille. Chai lotte Gorday, la descendante du grand Corneille et l'amie de Barbaroux, passionnée et fanatique comme Marat lui-même, surexcitée sans doute par les malheurs et les colères de ses amis de la Gironde, réussit à s'introduire auprès de l'Ami du peuple, malade, presque mourant, et elle l'assassine dans son bain, assassinat inutile, crime, dans ce cas comme toujours, abominable, qui doit, quoi qu'on cil ait dit, llétrir la mémoire de Charlotte Corday.

On fit à Marat des funérailles publiques ; son corps fut déposé dans le jardin du couvent des Cordeliers, son buste placé dans toutes les sections, et, par un décret du 14 novembre 1795, les honneurs du Panthéon lui furent décernés. Cependant, comme Robespierre s'était opposé à cette sorte de déification, les cendres de l'Ami du peuple ne furent transférées au Panthéon qu'après le 8 thermidor. Elles n'y restèrent que peu de temps, et ce même peuple, qui avait adoré son ami, à quelques jours de là, brûlait son image et en jetait les cendres dans un égout.

Marat était petit, laid, sale, négligé, presque toujours malade; il était curieux, soupçonneux, cruel sans méchanceté, et, si je puis ainsi dire, par théorie. Il y avait dans sa démarche, dans ses allures, dans ses gestes, quelque chose de singulier, une sorte de tic convulsif. Sa tête travaillait sans cesse, et il connaissait à peine le sommeil. Depuis ses jeunes années, il vivait dans une sorte d'excitation maladive et de surexcitation nerveuse qui expliquent bien des actes de sa vie d'homme de science et d homme politique. Et, pour dire toute notre pensée, Marat était un malade sur la limite de ia folie. Son talent était des plus capricieux; tantôt, et le plus souvent, il semble écrire pour épouvanter, et son langage est brutal et cynique; tantôt, au contraire, son style est serré et aussi clair que correct.

Yoici le titre des principaux ouvrages scientifiques de Marat :

I. De Vhomme, ou des principes et des lois de l'influence de l'âme sur le corps et du corps sur l'âme. Amsterdam, 1773, ô vol., in-l^" — II. Dccouverles sur le feu, l'électricité et la lumière. Paris, 1779, in-S", de 58 pages. — III. Dccouverles sur la lumière, constatées par une suite d'expériences nouvelles. Londres, 1780, 17S-2, in-i". — IV. Recherches physiques sur ie feu. Paris, 1780, in-8°. — A'. Recherches pJiijsiques sur l'électricité. Paris, 1782, in-S" de 461 pages. — VI. Œuvres de physique. Par s, 1784, in-S», lig. col. — VII. Mémoire sur l'électricité médicale. Paris, 1784, in-S» ; couronné eu 1765, pac l'Académie de Rouen. — VIII. Notions élémentaires d'opti/ue. Paris. 1784, in-8°, de 48 pages. — IX. lettres de l'obsenateur Bon Sens, à M. de "', sur In fatale catastrophe de PilcUve de Rosier, les aéronautes et V aérostat'ion . Paris, 1783, in-8°, de 59 pages. — ^. Observations de l'amateur Avec Cl l'abée Saas. sur la nécessité d'avoir une théorie solide et lumineuse avant d'ouvrir boutique d'électricité médicale. Paris, 1785, in-S", de 35 p. — XI. De l'optique de JSewton, traduction nouvelle jmr M"\ publiée par Beauzée et dédiée an Roi. Paris, 1787, '2 vol., in-8°, avec 21 pi. — XII. Mémoires académiques, ou nouvelles découvertes sur la lumière. Paris, 1788, in-8°, 13.

Mar.*.t (Eaux MINÉRALES de). Dans le département du Puy-de-Dôme, dans l'arrondissement d'Ambert, dans la commune de Marat, près du hameau de Gripil ou Gripeil, et au sud-est d'Olliergues, sur la rive gauche du ruisseau le Got,

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