‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.57Chapitre 11 sur 80 · SQ · texte numérisé non relu

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* 11 est entendu qu'un nombre quelconque, comme 509, en tant que lai-ant partie de la ligne korizontale, représente 309 garçons de 20 à 23 ans, et en tant qu'il appartient à la ligne verticale représente 309 filles de 40 à 30 ans et épousant les susdits garçons.

Nota. —On remarquera encore que la réduction à un mii'ion de mariages a;-ant été faite sur la règle à calcul, le dernier chiffre est approximatif, de sorte que les additions ne donnent pas exactement les' totaux pour les derniers chifires.

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pour chacune des quatre catégories de mariage (entre célibataires, entre veufs, entre veufs et filles, entre veuves et garçons), et pour chaque pays oiVles documents le permettent. Mais ce serait certainement dépasser les limites naturelles de cet ouvrage et abuser des libertés qu'on nous y concède déjà si largement.

20. Quelques attributs spéciaux des nouveaux époux, degré d'instruction. Lorsque les hommes auront compris l'importance qui s'attache à l'étude de l'homme, par exemple à spécifier dès aujourd'hui quelques-uns de ses traits physiques (taille, poids, couleur des. cheveux, des yeux, force musculaire, volume du crâne, etc., quelques infirmités apparentes : cécité, surdi-mutité, pied-bot, etc., degré d'instruction, d'aisance, profession), il sera très-facile, le jour de comparution des fiancés à marier devant l'administration municipale, d'enregistrer, comme on le fait pour la délivrance du passe-port, les principaux traits anthropologiques des contractants. Alors on pourra déterminer les principaux attributs qui caractérisent un groupe humain à une époque donnée, et l'étendue de leurs variations ; et il sera dès lors facile à l'humanité, par la comparaison de ses étals successifs, de savoir si elle est immuable, ou si des changements graduels la moditient à son insu ; si ces modifications sont favorables ou non, et quelle inlluence les mœurs ou les lois peuvent avoir pour favoriser les premières, contrarier les secondes. Ce sont là des formalités scientifiques qui doivent peu à peu remplacer celles des rites religienx oîi beaucoup d'hommes ne voient plus aujourd'hui que de vaines cérémonies sans signification. Quoi qu'il en soit de cet avenir désirable, mais éloigné, un seul renseignement de cet ordre est relevé chez les nouveaux époux ; il a tiait à la signature qu'on leur demande d'apposer en bas de l'acte de mariage. De là une donnée sur le nombre de ceux qui signent et ceux qui ne savent signer. Il en est plus d'un pourtant qui parviennent à signer sans savoir écrire et même sans savoir lire, de sorte que la notion qui résulte de cette indication est assez vague. Telle qu'elle est pourtant, elle a assez de valeur pour être rapportée. Ainsi sur 1000 époux, îie savent pas signer : en Italie, 600 ; en France, 309, en 1855-60, et «8», en 1860-65 ; en Angleterre (1861-65), 326. Et sur 1000 épouses, ne savent pas signer: en Italie, îSO; eu France, 461, en 1855-60, et 420 en 1861-65 ; en Angleterre, 330.

B. 21 , Etude des couples existants ou de la popidation mariée. Nous avons étudié les mariages le jour de leur célébration. Il y a lieu maintenant de les étudier pendant le cours de leur durée ; de dire les nombres absolus et relatifs des époux, leur âge; âge moyen, âge probable, etc.; de comparer ces résultats à ceux de môme ordre chez les veufs et chez les célibataires, selon les sexes, l'habitat, la profession, l'aisance, etc.; mais nous empiéterions sur l'article Population. Nous restreindrons cette étude aux points plus essentiellement afférents au mariage, et notamment à ceux qui offrent des applications à l'hygiène publique ou privée de l'association conjugale. De même il y a lieu d'étudier la fécondité des ménages, les conditions diverses d'âge, de santé, de parenté, d'habitat, de prolession, d'aisance des époux, qui peuvent avoir une influence sur la quantité et sur la qualité de leurs enfants. Ce sujet intéresse trop vivement et trop immédiatement l'hygiène et la législation matrimoniale pour pouvoir être ajourné aux articles FiÉcoNDixÉ et Natalité ; mais ici nous en limiterons l'étude au point de vue des conséquences pratiques qu'en peuvent tirer l'hygiéniste et le législateur,

22. Population mariée: proportion et âges. Notre premier tableau (p. H, col. 7, 8 et 9) donne la proportion des époux et épouses relativement à la population au-dessus de 15 ans; on voit que généralement le nombre des époux dé-

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passe de peu celui des célibataires ou des vculs au-dessus de 15 ans ; aussi sur 1000 habitauts âgés de plus de 15 ans, il y en a en France 550 qui sont mariés, 536 en Angleterre et 561 en Espagne; mais seulement 438 en Wurtemberg, en Bavière, en Belgique, etc. Cette connaissance générale ne suffit pas : il importe au plus haut point, pour les déductions pratiques intéressant les sciences sociales et hygiéniques, pour mesurer la vitahté et la matrimouialité comparées des divers éléments de la population, de savoir la composition âge par âge de ces populations ainsi divisées par état civil. Malheureusement peu de pays nous fournissent cette analyse, dont nous rapporterons les éléments connus à l'article Population. Ici nous dirons seulement les quelques âges moyens d'époux et d'épouses que nous avons pu calculer.

Vâge moyen des époux s'élève à 45,8 années en France ; — à 4» en Angleterre ;— à 43, S6 en Hollande; mais à Paris (période 1861-66), contre mon attente, je ne le trouve que de 43, as.

Vâge moyen des épouses est de 42,5 années en France; — 40,5 en Angleterre ; 4t en Hollande, et seulement de 38,84 à Paris.

On voit par ces chiffres que la différence d'âge entre le mari et la femme, qui s'élève à 4,4 ans, à Paris, n'est que de 3,3, en France, et seulement de z,s en Angleterre, et de «,«6 en Hollande. D'ailleurs tous ces faits sont en accord avec les différences déjà constatées dans l'âge respectif des fiancés de ces divers groupes, excepté pour Paris : l'âge relativement peu élevé des époux parisiens, malgré leurs mariages tardifs nous a surpris, il résulte très-vi'aiseuiblablement et d'une mortalité plus forte {voyez article Paris), et surtout de l'émigration en province des vieux époux arrivés aux âges du repos.

25. Fécondhé des 77ianages. Quel est le nombre moyen des enfatits par mariage? Combien de familles ayant 1 ou 2, ou 5..., ou 1"2 et plus enfants par mariage ? combien de stériles ? Pour avoir une réponse précise à ces questions, il y aurait un moyen aussi exact que facile, ce serait, au décès de l'époux dont la mort rompt l'association conjugale, d'enregistrer aussi le nombre d'enfants, morts ou vivants, issus de ce mariage. Mais celte facile enquête n'a lieu nulle part, et les statisticiens, dans l'espérance de connaître au moins le nombre moyen d'enfants par mariage, ont recours à un artifice de calcul consistant à diviser le nombre moyen annuel des naissances par le nombre moyen aimuel des célébrations nuptiales. Ce calcul suppose impUcitement que le nombre annuel des mariages et leur fécondité est invariable depuis au moins vingt ans, et l'on peut dire que cette hypothèse, qui assez souvent s'éloigne beaucoup des faits, n'est jamais absolument conforme à la réalité ^ Cependant,

■* Démontrons la théorie de ce calcul, nous aurons démontré du même coup la légitimité de notre critique. J'appelle groupe annuel des mariages le nombre des couples qui contractent mariage dans le cours d'une année. Je suppose maintenant que, chaque année, il se forme un groupe nouveau et identique, par le nombre des couples et par leur fécondité, au groupe de l'année précédente. Il est alors facile de comprendre que, soit qu'on considère un seul groupe annuel, dont on enregistre les naissances d'année en année, jusqu'à extinction de sa fécondité, soit qu'on considère une seule année, dont on enregistre les naissances issues de l'ensemble des groupes annuels, on aura nécessairement relevé un même nombre de naissances. En effet, puisque, par hypothèse, les groupes se succèdent dans le temps avec des quahtés identiques de nombre et de fécondité, le groupe formé il y a deux ans, celui qui s'est constitué il y a trois ans, celui formé il y a quatre ans, répètent lidèlement un groupe quelconque dans la seconde, dans la troisième année de son évolution. Je pourrai donc, en comptant les naissances d'une année quelconque, savoir le nombre de naissances qu'un groupe annuel, suivi dans ses années successives, pourra fournir; et, en partageant ces naissantes entre les couples qui le composent, déterminer fort eiactement le nombre

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comme il n'y a pas aujourd'hui d'autre moyen d'aborder ce problème, et que l'on trouve ainsi des valeurs qui, sans être identiques aux valeurs \raies, s'en rapprochent beaucoup , voyons sous quelle réserve il y a lieu de se servir de cette méthode, en attendant que l'on obtienne de l'administration la connaissance directe des faits. L'enquête que nous proposons est facile, et nous espérons bien que la haute administration sera mise en demeure, ou même tiendra à honneur de satisfaire aux besoins de la science, à mesure que l'importance des études démographiques comme base de la sociologie et de l'art du législateur sera mieux appréciée.

24. La France, pays qui s'éloigne le moins de l'hypothèse d'uniformité dans les mouvements des mariages, n'y satisfait pas encore pleinement. En effet, les nombres absolus (moyenne annuelle) des mariages, pour chacune des sept périodes quinquennales de 1831 à 1865, se succèdent comme il suit: 259 754 — 272 552 — 282 755 — 277 942 ~ 280 759 — 294 864 — 296 525 ' ; il y a donc, malgré quelques oscillations, accroissement manileste. Mais il y a des pays, comme l'Angleterre, où ce mouvement est beaucoup plus prononcé. En effet, la même succession, pour les mêmes périodes, donne les nombres absolus suivants (moyenne annuelle) : 118 061 — 119 495 — 128 226 — 142 875 — 157 869 — 162 475 — 173 421. Pour mieux faire ressortir le mouvement progressif comparé, taisons, et pour la France et pour l'Angleterre, le premier terme égal à 1000, nous aurons la succession suivante pour la période 1851-65, divisée en sept groupes quinquennaux :

Périodes 1830-35 1833-40 1840-45 1845-50 1850-55 1835-60 1860-65

France 1000 1049 1089 1070 (OSI 1132 1142

Angleterre 1000 1015 1036 1210 (336 1376 1470

On voit combien l'hypothèse sur laquelle repose la méthode adoptée parles auteurs s'éloigne de la réalité. L'erreur qui en résulte a pour effet d'atténuer fautivement la fécondité, puisqu'on est conduit à attribuer aux derniers mariages plus nombreux les naissances issues des mariages antérieurs moins nombreux. Il est encore évident que l'erreur sera bien plus forte pour l'Angleterre que pour la France, puisque, par la progression rapide de ses mariaf'es, elle s'éloigne plus du statu quo supposé, — et que, dans le luème pays, l'erreur sera plus grande pour certaines époques que pour d'autres : par exemple, pour la 4^ période en Angleterre ; pour la 6« en France, puisque ce sont ces périodes qui, comparées à la période précédente, se sont accrues dans les plus fortes proportions. Ainsi les erreurs ne seront pas même comparables : plus grandes ici moindres là. En France, pour la période 1845-50 et 1850-55, l'erreur sera trèsfaible ; au contraire, très-manifeste pour la période suivante.

J'ai essayé d'apprécier l'erreur qui résulte de cet état de choses : elle ne me paraît pas s'élever à plus de 2 pour 100 en Angleterre; de sorte qu'au lieu de du-e que la fécondité des ménages anglais est de 3,9 naissances vivantes par couple, je dirai 4. En France, nous ne dépassons guère 3 naissances vivantes par mariage, et ces trois existences sont réduites à moins de deux (t,98) àvin^t ans •

moyen d enfants imputables à chaque ménage ; fort exactement si l'uniformité supposée e=;t exacte... à;jeu jwès exacte, si l'hypothèse est à peu près exacte, comme on peut dire qu'elle l'est pour la France (à ne considérer que l'année moyenne)... très-inexacte, si l'hvpothèse l'est aussi.

1 Non compris, pour cette dernière période (1861-G5), 5259 mariages annuels dans les trois départements annexés en 1861 : Alpes-Maritimes, Savoie, Haute-Savoie.

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