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MARMOTTE

roi Louis XVIII, en 1821. Il était déjà professeur à la Facullé depuis 1819, et il a occupé la chaire de pathologie externe jusqu'au jour de sa mort. Marjolin était un chirurgien habile, très-expérimenté, sage surtout; il appartenait à cette classe d'opérateurs qui ne pensent pas que tout soit dit quand ils ont fait une opération; il était presque autant médecin que chirurgien; et même, chose assez bizarre! il avait beau proclamer qu'il n'était que chirurgien, il était à tout instant consulté pour des cas de médecine proprement dite. Sans être un protesseur brillant, Marjolin se faisait volontiers écouter; son discours était net, clair, précis, sans divagations inutiles; on le suivait sans la moindre fatigue, et élèves et médecins tiraient un grand profit de ses leçons. Il avait une grande expérience; il avait vu beaucoup, et sa mémoire était ornée d'histoires médicales qu'il citait fort à propos, et qui étaient la démonstration vivante de ses préceptes. Sa bonhomie, sa douceur, sa bonté, le faisaient aimer, même de ses confrères, et adorer de ses élèves.

On a de lui :

I. Propositions de chirurgie et de médecine. Paris, 4808, itt-4°, — II. Manuel d' nnatomie. Ibid., 1810, 2 vol. in-8°. — III, De l'opération de la hernie inguinale étranglée. Ibidem, 1812, in-4''. — IV. Cours de pathologie chirurgicale. Ibid., 1837, in-S". — Marjolin a, en outre, donné un très-graîid nombre d'excellents articles dans le Dictionnaire des sciences médicales et dans le Dictionnaire en 30 volumes; il a collaboré au Nouveau Journal de médecine et à VEnajclopédi des sciences médicales H. Mr.

RIJlRJOBJLIVA. Voy. Marjolaine et Origan.

MiiRLIOZ (Eaux minérales de). Voy. Aix-les-Bains.

MARmELi&DES. Le nom de marmelade (marc mêlé) est donné à des conserves préparées avec la chair de fruits succulents mélangée avec du sucre et cuite en consistance de miel épais; telles sont les marrtslades d'abricots, de prunes, de pêches, etc. Dans ies marmelades, le sucre n'est mêlé qu'à une seule substance végétale.

En pharmacie, ce nom est réservé pour des préparations magistrales qui ont la plus grande similitude avec les électuaires, et dans lesquelles il entre de la maime et de l'extrait de casse. Telles sont les mai'melades de Tronchin, de Zanetti, etc., dont les formules ont été indiquées au mot manne {voy. Manxe).

On donne encore le nom de marmelade de muscidine à de la \iande crue, hachée et mélangée avec d'autres substances dans les proportions suivantes : fdet de boîuf cru haché, 200 grammes ; sucre, 40 grammes ; chlorure de sodium, 3 grammes; chlorure de potassium, 1 gramme; poivre, O'^IO. Cette préparation est d'une grande utilité dans les consomptions tuberculeuse, glycosurique, etc.

MARMOTTE {Arctomys). La marmotte est un rongeur bas sur jambes, à queue moins longue que le corps et velue, dont les dimensions rappellent celles du lapin, mais avec des formes très -différentes. Elle appartient à la même division que les écureuils. Toutefois, ses habitudes sont terrestres, et elle se creuse des terriers. C'est dans les Alpes qu'on la trouve.

Les marmottes étaient autrefois plus répandues, et l'on a recueilli dans plusieurs localités de la France, ainsi que de l'Allemagne, des restes fossiles, qui appartiennent au même genre, il en a été signalé aux environs de Paris. Ces fos-

siles remontent aux époques diluvienne et glaciaire. Il y en a aussi dans les dépôts sous-volcaniques de l'Auvergne.

Le genre auquel appartient la marmotte a reçu le nom à'Arctomys et l'espèce des Alpes celui de Marmotta. VArctomijs bobac est une autre espèce de ce genre, propre aux régions situées plus à l'est, en Europe ; on la trouve particulièrement en Pologne. Il y a aussi des animaux analogues dans le nord de l'Asie, ainsi que dans l'Amérique septentrionale, et ils y sont de plusieurs espèces. Ils vivent de même dans les pays de montagnes. On a constaté que plusieurs d'entre eux s'engourdissent en hiver, à la manière de nos marmottes européennes. Tous ces animaux sont granivores ; ils font des provisions.

Un genre peu éloigné des marmottes est celui des spermophiles, qui sont plus petits qu'elles; le spermophile souslik vit en Hongrie, en Bohême et en Pologne.

Les ptéromys, autre genre de Sciuriens, s'en rapprochent encore davantage, surtout par la forme de leur crâne ; mais ils ont entre les membres des expansions cutanées, qui leur servent de parachute : ce sont des animaux asiatiques.

P. Gervais.

MAROC [Géographie médicale). Le Maroc, El Maghreb, l'Occident, est la région qui forme la pointe N. 0. de l'Afrique, et dont la partie septentrionale portait, du temps des Romains, les noms de Gétulie et de Mauritanie tingitane. Compris entre le 28'^ et le 36» de latitude N. et le 5° et le 14° de longitude 0. de Paris, il s'étend sur une longueur de 800 kilomètres environ, et se développe suivant une superficie approximative de 590,000 kilomètres carrés, c'est-à-dire supérieure à celle de la France.

Orographie, hydrographie. Le Maroc continue jusqu'à l'océan Atlantique l'espèce de presqu'île élevée comprise entre la Méditerranée au nord et la mer du Sahara au sud. Le massif de l'Atlas, formé de deux chaînes principales, atteint, entre Fez et Maroc, sa plus grande hauteur, ce qui lui a valu le nom de grand Atlas, et s'infléchit du N. E. au S. 0. La chaîne septentrionale, qui commence au cap Ghir sous le nom de Idrar-n-deven atteint son point culminant au mont Miltsin, à 30 kilomètres S. 0. de Maroc. M. Renou évalue la hauteur du Miltsin à 5,475 mètres. La chaîne méridionale commence au cap Noun et est séparée de la chaîne septentrionale par la surface immense des hauts plateaux sur une largeur de 60 à 75 kilomètres en moyenne. Deux grands versants descendent des hauts plateaux formant d'immenses plaines remarquables par leur stérilité et leur sécheresse. On peut les rapporter à dix bassins principaux, suivant le cours des principales rivières, savoir : pour le versant septentrional, le Loukkos, le Shou, le Bouragrag, l'Omm-er rbiah et le Tansift; pour le versant méridional, le Mlouïa, le Guir, le Drâa, le Noun et le Sous.

L'Atlas, outre sa masse prmcipale, se dilate en plusieurs endroits et forme des chaînes secondaires dont les principales sont celles du Guir inférieur ; celles qui existent dans le désert entre Touat et el Aril (Renou) ; enfin la cordillère du Rif qui se déroule sur les côtes de la Méditerranée, de Nemours au détroit. Le Rif, qui dans le langage berbère, signifie rivage (rive, ripa), est l'analogue du Sahel algérien qui, dans la langue arabe, a la même signification ; seulement dans le Maroc le Rif s'élève de 1,000 à 1,200 mètres au-dessus du niveau de la mer.

La hauteur considérable de la chaîne principale, les pentes plus uniformes des versants ne favorisent pas autant que dans les régions de l'Est, la formation des

lacs d'eau douce, ni de ces immenses Sebkha si communs en Algérie. Les lacs d'eau douce les plus considérables sont l'Ed-deba ia traversé par l'oued Dra' a qui paraît être grand trois fois comme le lac de Genève, et celui de Djebel-el- Akbd'er, que Léon l'Africain compare au lac de Bolsena, ce qui lui donnerait environ 12,000 hectares (Renou). Le lac salé d'Asfi fournit, au moment de son dessèchement, une mine inépuisable de sel aux Arabes, qui n'ont qu'à le ramasser.

Les cours d'eau du Maroc sont les plus considérables de ceux du nord de l'Afrique. Ils prennent leur direction vers la Méditerranée, l'Océan et le Sahara. Les rivières du Nord, moins longues, roulent un volume d'eau considérable dont les débordements alimentent de larges surfaces de marais ; les rinères du Sud, beaucoup plus étendues, sont à sec pendant la saison chaude, et vont se perdre dans des canaux souterrains qui alimentent des puits ouverts à des profondeurs différentes. L'oued Dra'a, qui se jette dans l'Océan près du cap Noun, présente un cours plus long d'un sixième que le Rhin, L'Omra-er rbîa, la plus longue parmi les rivières du Nord, équivaut sous ce rapport au Chelif, à la Sehie et à la Garonne ; c'est aussi celle qui roule le plus grand volume d'eau : ce volume ne paraît pourtant pas, en moyenne, dépasser celui de la Marne (Renou).

Géologie, botanique, faune. La constitution géologique du sol de l'Afrique septentrionale n'a pas été étudiée en particulier. Dans le Maroc, les montagnes du Rif, vues de la mer, semblent analogues à celles de Tenez, c'est-à-dire formées principalement de schistes métamorphiques, de falaises et de grès. Les plaines voisines des montagnes doivent être fort élevées, bien qu'on manque, en général, de détermination précise, excepté pour quelques points, comme Maroc, qui est à 422 mètres au-dessus du niveau de la mer (Renou). Les plaines sont, dans la région septentrionale, formées d'un fond argileux imperméable aux infdlrations des pluies et des débordements, ce qui favorise à la fois la formation des marais, et devient, lorsque les pluies sont abondantes, une cause trop fréquente de la destruction des moissons. Les plaines argileuses empruntent souvent à l'oxyde de fer une coloration rouge; le Bled Ahmar doit à cette cause le nom de pays rouge. Les plaines du versant méridional sont, en général, sablonneuses: la sécheresse y produit la disette, et les pluies l'abondance. D'ailleurs, les plaines comme les montagnes ont subi une action métamorphique qui s'accuse par l'aspect pierreux et sec de la contrée et l'abondance des gisements minéraux. De Maroc à Saffy la terre est recouverte de fragments de granit et de gros blocs de quartz d'une blancheur éblouissante qui, à distance, ont l'aspect de petites maisons arabes fraîchement blanchies à la chaux (A. Beaumier). Les gisements minéraux les plus abondants sont ceux de cuivre, de plomb et d'antimoine. Il existe des mines de fer dans le Rif près Milouia ; les mines de cuivre de Tedsi sont le centre d'une production importante de cuivre antimonial. M. Beaumier mentionne des sables aurifères; Host signale de belles améthystes. M. Benou en possède un échantillon provenant de l'Atlas, au voisinage de Maroc. Certaines eaux sont thermales et minérales : les bains sulfureux de Moulai- Yacoub près Fetz sont renommés pour leur efficacité contre les maladies cutanées.

Le botaniste danois Schousboe, qui a publié ses observations sur le règne végétal de l'empire de Maroc, pendant un voyage à Tanger et à Mogador, en 1789, donne un catalogue des plantes qui, pour être moins complet que celui publié par Munby pour les provinces. d'Alger et d'Oran, n'en décèle pas moins une flore à peu près identique et un même aspect général de la nature végétale et du paysage.

Le cactus opiuiUa et l'agave americana importés d'Espagne se sont surtout multipliés sur les collines qui avoisineat la mer. Le doum ou palmier nain couvre de sa tige rampante la surface immense des plaines incultes, pendant que, sur les plateaux, des oliviers magnifiques, qui atteignent les proportions des marronniers de France, couronnent de leur ombrage les grands villages kabyles. A Maroc un superbe bois de palmiers (phœnix dactijlifera) sert de promenade et fournit aux habitants une ample provision détruits. Dans les forêts voismes de Tanger, à El-Araich et à Mehedia, on trouve, parmi un grand nombre d'essences, le chêne vert (Q, ilex), le chêne à glands doux (Q. ballota) et enfin le chêne hége [Q. suber).

Dans les montagnes croissent de grands arbres, le s'nouber ou pin d'Alep (P. alepensls), le cèdre (P. cednis)^ désigné par Marmol sous le nom d'alai-zé; par Host par celui de el arza; le tuya articulata, le cupressus sempervirens, le jimiperus oxijcednis, le bot'ma ou pistachier (pistacia atlantica). Une seule iamdie, celle des Sapotacées, fournit à la végétation arborescente du littoral du Maroc une espèce forestière qui n'est pas représentée dans la flore méditerranéenne. C'est à cette famille qu'appartient l'arganier {elœodendron ar(jan[^&iz), sideroxijlum spinomm (Linn.). La région de i'organier est limitée par les sables du rivage et les plaines de l'intérieur; elle forme tout une zone de forêts naturelles peuplées de johs arbres verts dont l'smande fournit une excellente huile. Schousboe a trouvé à Mogador le salicornia fruticosa, le phyllirea média et latifolia, Verica arborea, Verica vidgaris, Vericaauslralis, la passerimi hirsuta, Qtcanescens, le frankénia kevis ,thymifolia ethirsiita, le trachelium cœruleum. Pai-mi les iris, le florentina, le gennanica, le xiphium, le sisyrinchium ; la plupart des graminées indiquées. par Desfontaines et les fleurs qui émaillent le sol de la plupart des collines. Un botaniste français, associé aux travaux de M. Cosson, a tenté d'explorer les hauteurs de l'Atlas occidental, afin de reconnaître les points de ressemblance qui peuvent exister entre la végétation de l'Afrique occidentale et des Canaries. M. Balansa, dans une excursion de Mogador à Saffy et à Maroc, a constaté, comme Schousboe, l'identité à peu près complète de la flore du Maroc et de l'Algérie. Dans l'exploration successive de l'oued Ksseb et du Djebel-Hadid (montagne de fer), M. Balansa a trouvé les sables qui environnent Mogador couverts de genêt blanc protégeant les plantes suivantes : cheiranthus semperjjorens, malcohnia Broussonnetii, scie rose lad lum nodiflorum.

Sur les terrains granitiques des contre-forts de l'Atlas, M. Balansa note que le ziziphiis lotus succède à l'arganier ; il y a rencontré l'acacia gummifera (Willd.) et le Whithania frutescem.

Sur des collines évaluées à une hauteur de 1,000 à 1,100 mètres, des taillis de quercus ballota, de thuya et de caroubiers enserreni des pelouses couvertes ie stipa tenacissima (balefa) et de polygala balansœ. Dans la plaine, entre des palmiers nains et des champs de blé à moitié brûlés, se trouvent le chenopodium suffnitescens, le zizyphus lotus, Yartemisia herba longa, le peganum harmala et le withania frutescens. A Moulai Ibrahim, situé sur le versant nord de l'Atlas, aune hauteur qui s'élève jusqu'à 2,300 mètres, M. Balansa trouva une région rappelant celle de l'Aures, en Algérie ; lejuniperus phœnicea et des touffes de quercus ballota rabougris formaient le fond de la végétation arborescente, tandis que sur les rochers d'une gorge, le voyageur recueillait entre les fentes de schistes, le selaginella rupestris, le salvia taraxacifolia, le stachys saxicola, lavandula peduncidata, l'andropogon leinifer.

L'importation, la culture ont ajouté à ces richesses naturelles les productions agricoles des régions séparées du Maroc. Le cactus d'Araéricp.ie, la canne à sucre, le cotonnier s'y reproduisent et s'y développent plus énergiquemeiit que sur le sol natal. Dans ce magnifique pays, il suffit d'entr'oumr le sol pour y voir éclater les germes qu'on y dépose en la végétation la plus ^^goureuse. C'est au hasard qu'on sème le blé, l'orge, le maïs : néanmoins, en dépit d'une honteuse négligence, les céréales du Maroc sont d'une qualité supérieure. La plupart des cultures sont si mal entretenues, que les jardins se convertissent trop souvent en prairies jiar l'envahissement de plantes parasites qui y étouffent toute culture ; cependant, autour des villes, on est frappé de la beauté des huertas entourées de haies de lentisques et de cactus. Au miheu des bosquets de citronniei's, de grenadiers, les roses, les jasmins, les tubéreuses déploient leurs splendides couleurs et répandent leur arôme pénétrant. On se croirait au midi de l'Espagne, si la taille gigantesque des herbes et des roseaux, la vigueur de la végétation ne témoignaient d'une terre plus fertile et d'un ciel plus clément. Toutes les productions naturelles de l'Afrique de l'Europe prospèrent au Maroc ; à côté des céréales, des légumes de toutes espèces croissent, le hii, le chanvre, la vigne, l'oUvier, le jujubier, le caroubier, le bananier, le safran, le tabac, le kermès, le mûrier, le cotonnier. Malheureusement l'homme auquel est livré le plus beau et le plus fertile pays est tellement abandonné à la paresse et à l'iadifférence morale, qu'il préfère vivre dans la misère la plus complète que de faire le moindre effort pour y échapper.

Les animaux de l'enipire du Maroc appartiennent à la même faune que ceux de l'Algérie. A défaut de notions précises, l'identité de la flore en témoigne pour les petites espèces, et la continuité de l'Atlas qui s'enlace dans l'Algérie même avec les montagnes de Benni-Ammer, ne permet pas d'assigner de limites aux migrations des espèces supérieures.

Le lion, la panthère poursuivent le sanglier dans les taillis de chênes, de hêtres, de yeuses, de genévriers ou se cantonnent dans les vallées sohtîdrés de l'Atlas. L'hyène, le chacal parcourent les plaines ; l'autruche, la gazelle, les solitudes du Sahara. On trouve quelques smges dans les montagnes boisées.

Parmi les animaux venimeux, on cite la céraste ou vipère à cornes, un serpent noir de 2 mètres environ, appelé buska par les indigènes, et les nombreuses espèces de scorpion.

Toutes les espèces domestiquées y sont aussi vigoureuses qu'abondantes. Quelle que soit l'incurie de l'Arabe et son indifférence pour l'élève du bétail, le climat plantureux du Maroc donne aux espèces animales un épanouissement qui se traduit à la fois par la taille et la vigueur. Les mules marocaines sont préférables aux mules d'Espagne ; elles sont moins inquiètes, moins capricieuses, plus rude,à la marche, d'une sobriété qu'on peut comparer à celle du chameau (X. Durrieu). Les chevaux du Maroc sont renommés en Algérie, non-seulement pour la rapidité de leur course, la beauté de leurs membres, mais à cause de leur force particulière et la sûreté de leur marche dans les routes difficiles. Le chameau, une espèce d'àne accorte éveillée, vigoureuse, des troupeaux innombrables de moutons complètent ces dons d'une nature prodigue qui a multiplié pour le Maroc toutes les richesses naturelles.

La sécheresse du climat favorise l'iiivasion d'essaims innombrables de sautet"elles. Mongo Park rapporte « qu'en 1778 l'air en était obscurci ».

Climat. Sous le rapport naturel, le Maroc est une contrée magnifique jouissant

d'un climat aussi salubre que tempéré. L'inflexion de l'Atlas au sud, la hauteur des montagnes, l'étendue immense des plaines donnent au paysage un caractère de (grandeur qu'il emprunte à la fois à un ciel très-pur, sur lequel se découpent les sommets neigeux des montagnes, et au développement de l'horizon qui se déroule le long de plaines sans limites, ou va se continuer avec celui des mers qui bai<^nent ses côtes. La position péninsulaire, les vents de mer rendent également le climat tempéré et uniforme. Deux causes concourent d'ailleurs également à produire ces effets : la direction des courants aériens du nord au sud le long de la côte, et, surtout, l'influence des vents ahzésqui soufflent par intervalles pendant tout l'été le long des côtes de l'Ouest.

Les observations précises sur la température da Maroc sont insuffisantes pour donner l'expression numérique exacte des conditions météorologiques générales. M. Renou évalue la température moyenne de l'année à 18" pour Tanger. Mai'oc, situé à 422 mètres, doit avoir la même température; Fetz, avec une hauteur probable de 400 à 500 mètres, peut avoir une moyenne de 16 à 17". A la frontière méridionale, cette moyenne doit être de 21" environ au niveau de la mer (Renou). A Mogador, par ol"50' latitude N., Reaumier a trouvé que la moyenne de l'année est de 20° pour la température prise à huit heures du matin, à dix heures et à deux lienres.

D'ailleurs le climat varie d'une localité à une autre suivant la latitude, l'altitude, le voisinage de la mer et la périodicité annuelle.

Suivant M. Renou, il faut compter sur une diminution de 0°,4 de température annuelle pour 1" de latitude en jilus, et sur 1" en moins pour une élévation de 180 mètres en hauteur. Au sommet du Miltsin, haut de 3,475 mètres, et par conséquent un peu inférieur aux limites des neiges perpétuelles, la température moyenne doit être 0", comme dans les Alpes, au sommet d'une montagne de 2,500 mètres (Renou).

A mesure qu'on s'éloigne des côtes où la température est uniforme, le climat continental se produit par des extrêmes entre la saison chaude et la saison froide, et quand à l'altitude. élevée vient se joindre l'influence continentale, on a des froids considérables à de faibles latitudes. Mouette raconte que, pendant l'iiiver de 1678 à 1679, les troupes de Moula-Ah'-Med failhrent périr dans les neiges des montagnes entre Sous et Dra'a. Léon l'Atricain échappa seul aux dangers qui liimt péru une caravane entière au passage de l'Atlas entre Fes et Tafilelt.

Nous compléterons ces données sur le chmat du .Maroc par un résumé des observations météorologiques recueillies à Mogador par M. Reaumier, du 15 août 1^66 au 15 août 1867 {voy. le tableau).

Le maximum barométrique (775,50) correspond au 5 février ; le minimum (746) au 6 mars; et la moyenne de l'année est de 762,12. Le maximum thermométrique (27) s'est présenté les 16, 17, 18, 22 et 29 juin ; le minimum (14) les 15 et 16 janvier ; et la moyenne de l'année a été de 20,358.

Les vents ont soufflé : N., 9 fois ; N. E., 567 ; E., 5; S. E., 5 ; S., 18; S. 0., 27 ; 0., 112 ; N. 0., 2. C'est donc le vent du nord-est qui prédomine, surtout dans les mois de juin, juillet, août et septembre.

Enfin, Xétat du ciel a été noté 913 fois pur, contre 144 fois couvert, 38 fois brumeux; 531 fois calme, contre 19 fois variable.

Population. Races. On manque de données précises sur le chiffre de la population du Maroc. Jackson donne à l'empire une population totale de 15 milhons d'habitants. Les évaluations données par M. Gràberg de Hemso n'inspirent pas

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