‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.57Chapitre 25 sur 80 · MARJOLAINE · texte numérisé non relu

MARJOLAINE

MARKVOOVUVS. On connaît sous ce nom, dans les contrées marécageuses de rAraérique méridionale et aux Antilles, des insectes diptères voisins des Cousins d'Europe [Culex, L.) par leurs caractères génériques. Ces insectes, trèsmultipliés, font éprouver, parleurs piqûres, de vives souffrances, et sont nonseulement incommodes, mais parfois redoutables.

Les Maringouins volent depuis le coucher du soleil jusqu'à son lever ; ils produisent un bourdonnement aigu, se posent sur les parties découvertes du corps, percent la peau avec un appareil buccal approprié, et se gorgent de sang humain.

On a beaucoup de peine à se garantir des piqûres des Maringouins. Les naturels prennent la précaution de faire des onctions huileuses ou avec du vernis de rocou ; les tissus fins, ou une gaze dont on enveloppe très-lâchement les parties découvertes sont un des meilleurs préservatifs.

Le vol de ces insectes est peu élevé, aussi, en plaçant les hamacs le plus haut possible, a-t-on plus de chances d'éviter leurs piqûres.

Les Cousins d'Europe sont très-voisins, par leur organisation et leurs habitudes, des Maringouins [voy. Cousins et aussi Moustiques). A. Laboulbène.

MARISQIJES. On a désigné, sous le nom de marisques (de marisca, mot latin qui signifie une espèce de figue), une affection de l'anus que quelques auteurs ont rattachée aux fies, c'est-à-dire aux condylomes, et les autres aux hémorrhoïdes. Pour ces derniers, les marisques seraient des tumeurs hémorrhoïdales parvenues à un degré plus avancé que les simples dilatations veineuses. En tous cas, il s'agit là d'un vieux mcfl, qui n'a plus qu'une signification historique.

Juvénal a parle des marisques dans les vers suivants :

Hispida membra quidem et durœ per brachia fetrr Promittuut atrocem animum, sed podice Ifevi Cseduntur tumidse, medico ridente, mariscœ.

(Sat. II.)

A. Benedictus a aussi mentionné les marisques parmi les maladies vénériennes de l'anus, « Mariscœ, dit-il, item et rhagades anum infestant, cute circumcisa. Hos morbos lasciva luxuriae procacitas et aestuans libido facit » {Hist. de partît, corp. hum., 1. 11, c. xxvi, p. 1231).

J. B. Theodosius a employé le même mot dans le sens d'hémorrhoïdes, comme on peut en juger par le passage suivant :

« Quinta ratio de difficultate cuiae sumitur a natura cum jam per anura mariscœ sponte sanguinem et moderate ssepe effuderint, non tamen ex hoc sanguinis prolluvio relevatur » [Médicinales epistolœ, epist. 45, p. 261).

Quelques auteurs moins anciens ont également parlé des marisques, mais toujours dans l'nn des deux sens que nous avons indiqués. C'est pourquoi nous renvoyons, pour plus de renseignements sur cette affection, à d'autres articles (voy. Anus, Condïlomes, Hémorrhoïdes). J. fi.

MARJOLAINE. § I. Botaniqae. On donne ce nom à une espèce du genre Origamim nommée par Linnée Origammi majorana. Mœnch, puis Bentham ont fait quelque temps de cette espèce, réunie à sept ou huit autres voisines un genre Majorana. Mais actuellement M. Bentham lui-même, et, avec lui, le plus grand nombre des botanistes, ne considèrent ce petit groupe que comme une simple section du genre Origan [voy. ce mot).

ilÂRJOLIN. 121

Linné. Spcc. Plant., 824. — Mœ\ch. Method., p. 406. — Centium. Labial., p. 3jS, et in D. C. Prodromus, XII, p. 195.

8 II. Emploi médical. La marjolaine {origanum majorana) comprend deux variétés employées en médecine : la marjolaine vulgaire et la marjolaine à petites feuilles. Celle-ci est cultivée dans les jardins. On en emploie les feuilles et les sommités fleuries. Cette plante renferme une huile essentielle, à odeur très-fragrante et en laquelle résident vraisemblablement la plupart de ses propriétés.

On s'en sert dans le Midi comme condiment, et pour relever la saveur et aug- Aienter la digestibilité des aliments plats, en particulier, des féculents, tels que les pois, les haricots, etc. A titre de céphalique, on l'employait jadis beaucoup contre les maux de tête, les vertiges, les étourdissements, les paralysies incurables. Ses indications, sous ce rapport, se confondent avec celles de h mélisse. La marjolaine a été aussi, comme une autre labiée, le marrubc, préconisée dans le catarrhe chronique des vieillards, et l'on comprend que les bronches puissent en éprouver une sorte de stimulation qui rende l'expectoration plus facile. On y avait recours aussi dans le coryz.i, et l'on considérait cette plante comme souveraine contre l'obtusion de l'olfaction ou anosmie {voy. Geoffroy, Traité de la Mat. me dicale. 1757, t. Yll, p. oo2).

Mais c'est à titre de sternutatoire qne la marjolaine était surtout employée. On s'en servait en poudre et en grain de tabac comme errhin. Les poudres ptœrmiques ou sternutatoires étaient très-employées jadis, et leurs formules étaient nombreuses. La marjolaine y figurait avec la sauge, le thym, la lavande, etc. [voy. Sternutatoires). Pour le dire par avance, nous méconnaissons trop les ressources que peuvent offrir, dans une foule de cas, l'action mécanique des errhins et la sécrétion nasale que quelques-uns d'entre eux peuvent provoquer. F.

mARJOLlK (Jean-Nicolas), né à Ray-sur-Saône le 6 décembre 1780, mort à Paris le 4 mars 1850. Voici une de ces figures que le temps est destiné à effacer de plus en plus et assez vite ; quelque réputation que les hommes de science aient eue et justement méritée de leur vivant, la postérité oublie vite ceux qui n'ont pas travaillé pour elle. Et cependant jamais savant ne fut plus sympathique que Marjolin; il était bon, aimable, généreux, dévoué, instruit, d'une très-grande expérience; mais, arrivé assez vite à une très-brillante position, il se laissa absorber par la clientèle, et parmi ses œuvres, assez rares, il n'en est aucune qui mérite une mention spéciale, excepté, toutefois, une excellente thèse de concours sur les hernies. Après avoir passé par une étude de notaire et par un régiment de dragons, où il ne resta guère, Marjolin se consacra à la carrière médicale, et commença ses éludes à l'hôpital de Commercy ; il vint bientôt à Paris, et se lança résolument dans la carrière des concours, où il ne tarda pas à se faire remarquer. Il obtint ainsi le prix de clinique à la Faculté, et les fonctions d'aide d'anatomie et de prosecteur. Il fut reçu docteur en 1808, et dès 1812 il disputait à Dupuytren lui-même la chaire laissée vacante par la mort de Sabatier. Dupuytren l'emporta dans cette lutte, et devait l'emporter, mais Marjolin s'y acquit une réputation qui ne fit qu'augmenter depuis lors. En 1818, il tut nommé chirurgien en second de l'Hôtel-Dieu ; mais Dupuytren, qui était le chirurgien en chef, et qui n'aimait ni aucun de ses rivaux, ni Marjolin, en particulier, fil tout son possible pour effacer celui-ci et le tenir dans une cojnplète inaction. En 1828, 3Iarjolin passa à l'hôpital Beaujon. Il fut nommé membre de l'Académie de médecine, quand cette société fut organisée, par ordonnance du

Page 1