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MOYENNES DU MOIS

plus de confiance à M. Reiiou, qui serait disposé à attribuer ù cette partie de l'Afrique environ le double de la population de l'Algérie, c'est-à-dire de 5 è 8 millions d'habitants. M. Beaumier qui a été particulièrement frappé de l'isolement où se trouve le voyageur au milieu des grandes plaines qui conduisent de Mogador à Blaroc, croit qu'entre les évaluations extrêmes de 1 5 millions à 4 rfii 5 millions, ce dernier nombre est le plus rapproché de la vérité.

A l'époque où commence l'histoire des peuples méditerranéens, les plus anciens témoignages montrent, en face des races araméenne, hellénique et italiote, l'Afrique occupée par deux races : l'une blanche, l'autre nègre. De 820 avant notre ère jusqu'au milieu du septième siècle, les invasions successives des Phéniciens, des Romains, des Vandales et des Arabes prirent possession du nord de l'Afrique, se perdant successivement dans les couches fécondes des races primitives qui forment encore le fond de la population.

Sans rechercher si la population blanche de l'Afrique est autochthone, s'il est possible de retrouver ou par la linguistique ou l'ethnologie les peuples qui se sont su[)erposés sur le sol, il est désormais bien établi que la population du Maroc.se partage en Berbèreg, en Arabes, eu Maures, eu Juifs et eu nègres.

Les Romains succédant aux Caiihagitiois trouvèrent eu Afrique une race indigène à laquelle ils donnèrent le nom de Maures. Une partie de ces peuples reçut le nom de Numides, qui signifie nomades (Renou) . Les historiens arabes qui racontent les guerres de l'invasion divisent la population enRoumis (Romains), et en Berbères ou Baiber, que les Arabes désignèrent à leur tour sous le nom de K'baïle, pluriel de R'baïl, qu'on rapporte tantôt au mot k'bila, tribu, ou à celui de k'ehla, le sud. C'est encore de nos jours la race berbère qui forme le fond de la population du Maroc. Les Berbères ou Kabyles vivent à l'état sédentaire dans les montagnes ; à l'état nomade dans le Sahara, distinction qui semble avoir été saisie par les Romains qui désignaient peut-être sous le nom de Gétules les tribus appelées de nos jours les Guedàla ou Guezoula, et les nomades par celui de Numides. En effet, les Touareg sont Berbères et les langues qu'on parle dans l'oasis de Touàt, dans le Fezzan et à Sîoua sont des variétés de berbère (Renou).

Les Berbères présentent d'une manière frappante les différences de coloration de la peau que les races humaines subissent dans leur habitat à différentes latitudes. Tandis que les Berbères du Rif se rapprochent des races du Nord par la couleur de la peau, des cheveux et de la barbe, les Kabyles du Sud ont, dans l'âge adulte, un teint bronzé et presque noir.

Les Berbères du Nord habitent des maisons en pierre ou en pisé, réunies en dechra ou villages, et paraissent suffisamment industrieux et laborieux pour se suffire sans rien demander à l'étranger. Le nomade parcourt comme chasseur et aventurier les vastes solitudes du Sahara.

Les Arabes qui se rattachent aux deux invasions du nord de l'Afrique vivent en agriculteurs dans les plaines du Nord, groupant les tentes de leurs douars autour de maisons en pierre habitées par les kaids ou les forteresses occupées par les commandants des provinces. Moins indépendants que les Berbères, ils acquièrent, par l'échange des produits superflus de leur travail, les objets qui leur sont nécessaires. Dans le Sud, les plus impérieuses nécessités les soumettent à des migrations périodiques et régulières. Léon l'Africain et Marmol ont constaté que les bords de la Mlouïa sont le territoire d'été de beaucoup de tribus qui s'enfoncent au loin dans le Sud pendant l'hiver, alors que, suivant leur langage expressif, leurs chameaux et leurs brebis plongent jusqu'au cou dans les biens du Seigneur. Gaillié dit que les tribus qui campent autour d'Ei Arîb se répandent en hiver jusqu'à 150 kilomètres au sud, à travers le désert.

Les Maures, qu'il ne faut pas confondre avec les autochthones appelés de ce nom par les Romains, constituent aujourd'hui la population des villes sans qu'il soit possible de déterminer, au milieu des mélanges de races, ce qui revient aux Arabes d'Espagne, aux Turcs et, enfin, aux esclaves blancs et noirs dans l'agglomération des individus renouvelés par des courants venus de toutes parts. La plupart des souches des habitants des villes qui pouvaient invoquer des titres datés de G'ranada (Grenade^ sont depuis longtemps éteintes (Picnou).

Les Juifs qui conservent au Maroc le tvpe de leur race, habitent à la fois les villes du littoial et des villages de l'Atlas, au milieu des pays berbères.

Les nègres du Maroc, soumis à tous les croisements de race, varient depuis les plus beauv types jusqu'aux plus dégradés. Les premiers forment la garde d'honneur de l'empereur, les autres vivent à l'état d'esclavage dans des étables qui rappellent l'ergastulum des Romains, d'ailleurs gais, fantasques, ils sont plus vifs et plus bruyants que les Maures et les Arabes.

Maladies. Si la taille, la vigueur et la beauté de la race témoignent de !a

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salubrité du pays qu'elle habite, le Maroc mérite d'être cité parmi les pays les plus lavorisés. Les maladies qu'on y observe paraissant dépendre moins de conditions inhérentes au sol et au climat qu'à l'imprévoyance, à la malpropreté et à des mœurs et des institutions qui n'ont pas été au delà des éléments primitits de toute civilisation.

La constitution géologique du sol des plaines, le fond argileux recouvert des couches alluviales déposées par les pluies doivent multiplier au Mai'oc les surfaces marécageuses ; aussi, trouvons-nous la population agglomérée sur les pentes des montagnes et les coUines élevées. Les quelques renseignements qui nous soient connus confirment ces prévisions. Les fièvres palustres de divers types sont communes aux environs de Tanger. Suivant Mongo Park, les maladies les plus observées sont l'hydropisie (probablement cachectique) , les fièvres bilieuses et intermittentes (ouvrage cité, p. 22).

La tuberculose, presque toujours en antagonisme avec les maladies palustres, semble devoù* être rare au miUeu de populations vivant en nomades à l'intérieur, ou jouissant, sur le littoral, d'un climat remarquable par l'uniformité de la température. M. le docteur Thevenin déclare la phthisie sinon inconnue, du moins très-rare à Mogador; les gens du pays considèrent le vent un peu frais et uu peu humides du nord comme extrêmement favorable à la guérison des toux anciennes.

Les lépreux sont en grand nombre à Maroc, ils habitent un quartier appelé M' Car a, où ils ont une mosquée et même une prison. Gouvernés par un kaïd spécial, il leur est défendu de fréquenter le reste de la population. Cependant la lèpre paraissant moins contagieuse qu'héréditaire, les habitants des autres quartiers ne craignent pas de venir dans le M' Gara et de se mettre en relation d'affaire avec les habitants (i¥oni^ei<r universel, 10 janvier 1867). Le peu de fréquence de l'élépbantiasis en Algérie, et dans la partie de l'Atlas habitée par nos Kabyles, permet de conjecturer que le mot lèpre est moins une expression déterminée qu'un terme générique appliqué à différentes affections chroniques de la peau. Mongo Park, qui les a observées sur place en 1789, dit seulement que le corps est couvert de pustules et d'ulcérations qui paraissent se guérir en certains temps, mais qui ne tardent pas à reparaître, ce qu'il faudrait attribuer ou à la lèpre des Grecs, ou à la syphilis constitutionnelle et héréditaire si commune en Algérie, que M. le docteur Amould a pu l'étudier sous le nom de lèpre kabyle.

Suivant Mongo Park, les affections les plus communes au Maroc, après les hydropisies et les fièvres, sont l'hydrocèle et les inflammations des yeux, qui causent souvent la perte de la vue. Nous ne croyons pas, avec le voyageur anglais, qu'il taille attribuer les ophthalmies endémiques à la réverbération solaire, mais plutôt au méphitisme résultant de la décomposition de tout ce que peuvent accumuler d'immondices, dans une cour étroite, plusieurs familles vivant dans une communauté de misère et de malpropreté.

Les Arabes ont conservé les traditions des plus anciens auteurs grecs sur l'influence du passage des sauterelles sur le développement de la peste. En 1780, cette calamité fut si générale, qu'elle occasionna une disette affreuse : les malheureux mouraient de faim dans les rues, on creusaient la terre pour y chercher des racines. L'épidémie de typhus famélique de 18G7, en Algérie, est venue donner le commentaire de la série fatale, de malheurs publics qu'engendre la sécheresse au milieu de populations imprévoyantes. Le passage d'essaims innombrables de

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sauterelles détruit les moissons, amène la disette, et lorsque des malheureux mourant de faim et réduits à recourir aux aliments décomposés et putrides sont réunis en masse, le méphitisme de leurs excrétions produit l'infection typliique et les épidémies confondues sous le nom de peste par les populations qui en sont frappées.

D'ailleurs le Maroc a été fréquemment atteint par la peste à bubons ; mais généralement à la suite d'une invasion progressive de l'est à l'ouest, comme

en 1819.

On manque de renseignements sur l'extension au Maroc des épidémies de choléra. En 1855, la maladie régnait à Mogador,où 800 personnes succombèrent. C'est tantôt par les pèlerins de la Mecque et la ligne de Tunis au Maroc, tantôt par la province d'Oran, que l'épidémie l'envahit. En 1865, d'Alger le choléra gagna la Kabylie, de la Kabylie les tribus du Sahara, et enfm le Maroc, d'où les Maures Zaporoges l'emportèrent au Sénégal.

Il ne reste rien au Maroc des connaissances médicales des belles époques de la civilisation arabe. Les maladies sont abandonnées à elles-mêmes suivant le précepte duKoran, qui fait un crime au vrai croyant d'essayer de conjurer les malheurs que le ciel lui envoie. C'est à peine si la chirurgie essaye d'extraire les projectiles entrés dans les chairs ou de donner issue au liquide de l'hydrocèle en perçant la tumeur avec une lancette. Mongo Park (ouvr. cité, p. 24) affirme cependant que les chirurgiens arabes pratiquent l'opération de la cataracte. Un d'eux lui assura l'avoir exécutée avec succès ; l'instrument dont il s'était servi n'était autre chose qu'un bout de fil de laiton de cuivre, dont on avait rendu la pointe fort aiguë.

A part ces traditions de la pratique des Arabes d'Espagne, la médecine en est réduite à l'emploi de quelques drogues et d'amulettes. Aussi l'imprévoyance, la malpropreté et, enfin, l'obligation rigoureusement prescrite parla loi religieuse et l'empereur de faire une fois au moins dans la vie le pèlerinage de la Mecque, concourent également à la dépopulation et à la ruine d'une des plus belles contrées de la terre. Laveran.

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M.4ROUTE ou Camomille puante (Anthémis Cotiila L., Spec, 1261. — Bla.ckw., Herb., t. 67. — A, Rica. , Élém., éd. 4, II, 68. — Guib., Drog, simpL, éd. 6, II, 57). Plante très-voisine de la Camomille des champs, dont elle

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