C'*H550'% MO + C5*H-0^H0. M
inLi,RGA.RiniE. Cette substance se rencontre dans la majeure partie des corps gras, tel? que l'huilo d'olive, l'axonge, le beurre, la graisse d'homme.
MARGARIQUE. 5
C'est de l'huile d'olive qu'on extrait le plus ordinairement la margarine, par le procédé suivant.
On refroidit l'huile d'olive jusqu'à +4° et l'on soumet la masse figée à la pression afin d'en extraire le plus possible la partie restée liquide (oléine) . On fait ensuite fondre la matière exprimée, et on la refroidit lentement sans aller au-dessous de H- 12° à 15" pour qu'elle se dépose en grains assez volumineux ; on exprime ensuite de nouveau la masse granuleuse et on la dissout jusqu'à complète saturation, dans un mélange bouillant de deux parties d'alcool et de trois parties d'éther. Le dépôt granuleux qui se formera par le refroidissement est encore exprimé et soumis à de nouvelles cristallisations.
La margarine cristallise dans l'alcool sous la forme d'aiguilles incolores portant des troncatures droites au sommet. Ses points de tusion et de figement sont douteux à cause probablement de la grande difficulté qu'on rencontre à faire cette détermination sur de la margarine naturelle pure. Cette difficulté n'existe plus quand il s'agit de margarine préparée artificiellement. Suivant M. Berthelot, {Ann. de ch. et dephys., o*^ série, t. XLl, p. 25G), la margarine artificielle (trimargarine) fond à + 60° et se fige à H- 52°.
Cent parties d'alcool anhydre et bouillant dissolvent 21,5 parties de margarine, qui se dépose en grande partie par le refroidissement. La composition de la mai'garine est représentée par trois molécules d'acide margarique, et une molécule de glycérine moins six molécules d'eau.
Cio8jiio4yi2 ^ 3C-^*tP»0* + C«H«0« — 6H0
margarine acide mar- glycérine
gaiique
On conçoit cette composition quand on pense que la glycérine est un alcool triatomique, et l'on voit que la margarine naturelle représente un éther neutre. En effet, les alcalis agissent sur elle comme ils agissent sur les éthers composés neutres. Dans les deux cas, l'acide et l'alcool engagés dans la combinaison se séparent et reprennent leur état normal, en s'assimilant les éléments de l'eau.
M. Berthelot a découvert, en outre de la margarine, dont nous venons de parler, et qui est identique avec la margarine des corps gras, un autre composé qu'il a appelé monomargarine, parce qu'une seule molécule d'acide margarique concourt, avec une molécule de glycérine, à le former ;
Sa formule est donc :
CioflioQs — C^»H^^^O\C'^H«0« — 2H0.
Cette espèce particulière de margarine est neutre, blanche, peu soluble dans l'éther froid; elle y cristalHse sous le microscope en prismes plats et courts, biréfringents, souvent groupés autour d'un centre commun. Par l'évaporation rapide de sa solution dans l'alcool ou dans l'éther, elle cristallise en petits grains arrondis. Elle fond à -|- 56" et se solidifie à + 49°.
On la prépare en chauffant à 200°, pendant vingt ou vingt et une heures, un mélange de glycérine et d'acide margarique. On purifie le produit par la chaux et l'éther. Malagoti.
MARejiRlQUE; (Acide), D'après M. Chevreul {Recherches sur les corps gras), cet acide existe dans presque toutes les substances grasses naturelles. Pour le préparer, on saponifie l'huile d'olive [lar la litharge et l'eau : on laisse refroidir le savon de plomb ainsi obtenu (mélange de margarate et d'oléate
i MARGARO.NE.
d'oxyde plombigue), et après l'avoir divisé on l'cpuise par l'éther, qui dissout l'oléate sans toucher au margarate : on recueille celui-ci sur un liltre, on le la\^ avec de l'éther; ou le sèche, puis on le décompose par l'acide chlorhydrique chaud. Il se forme du chlorure de plomb, et l'acide margarique, mis en liberté, surnage la liqueur acide sous forme d'une couche oléagineuse qui se fige par le refroidissement. La matière figée est dissoute dans l'alcool bouillant, d'où elle se déposera en cristallisant.
Ainsi obtenu, l'acide margarique est solide et cristallise en paillettes nacrées lorsque sa dissolution est concentrée, et en aiguilles brillantes et enchevêtrées si la liqueur dissolvante est eu excès. Dans tous les cas, son point de fusion est à -f- 60°; il rougit le tournesol, et décompose à chaud les carbonates alcalins.
La tormule de l'acide margarique est C^^H^^O*; c'est un acide monobasique.
On a prétendu que l'acide margarique n'est qu'un mélange d'acide palmitique et d'acide stéarique (lleintz). Mais depuis que M. Bêcher a obtenu un acide ayant la composition de l'acide margarique, en décomposant convenablement le cyanure de cétyle, on ne peut plus contester l'existence de l'acide margarique; si un doute reste encore, c'est par rapport à son véritable point de fusion, ce qui peut tenir <à la grande difficulté de préparer cet acide à un état de pureté absolue. M.
MARGARITIQITE (Acide). MM. Bussy et Lecanu crurent avoir découvert un nouvel acide, qu'ils appelèrent acide margaritique, dans une substance en lamelles micacées qui se déposa de la masse liquide acide provenant du traitement chlorhydrique de l'huile de ricin saponifiée (Journal de pharmacie, t. Xllf, page 75).
D'après des études ultérieures, il paraît certain que l'acide margaritique ne
eut pas dériver de cette huile : En effet, par la saponification, elle donne
uniquement de la glycérine et de l'acide ricinoUque ; l'huile saponifiée et traitée
par un excès de potasse ne donne naissance qu'à de l'alcool caprylique, et à de
l'acide sébacique.
Le prétendu acide margaritique de MM. Bussy et Lecanu, ne peut donc être qu'un produit accidentel provenant sans doute des impuretés de la matière première sur laquelle ces chimistes avaient opéré. M.
mARGAROinE (Tumeur) . On a donné ce nom à des tumeurs ayant l'aspect de la margarine. Ce sont les tumeurs perlées de M. Cruveilhier {voy. Tumeurs).
MARCiARONE, stéarone-stéarène . Produit solide de la distillation sèche de l'acide stéarique mêlé avec le quai-t de son poids de chaux vive. Pour purifier ce produit, on en sépare d'abord, par le filtre et par la pression, la plus grande partie de la matière huileuse qui l'accompagne, puis on le fait fondre en le chauffant doucement, et on le mélange avec de l'éther; la liqueur éthérée dépose alors des cristaux par le refroidissement. On complète la purification par de nouvelles cristallisations dans l'éther bouillant.
La margarone cristallise sous la forme de paillettes incolores et nacrées, insolubles dans l'eau, solubles dans l'alcool bouillant et fort solubles dans l'éther. Elle fond à -f-76-^ et se fige à -f- 72°. Les alcalis aqueux la dissolvent en l'attaquant. On n'est pas bien fixé sur sa formule; celle qui paraît devoir être préférée a été proposée par M. Jowuey, et est représentée par C^^^Q^ (Bussy, Journal de
MARGGRAF (les). 6
pharmacie, XIX, 655 et 645. Jettenliacher, Ann. der Chim. u. Pharm., XXXV, 57. Varrentrapp, ibid., XXXV, 80. Jowney, the Quart. Jouni. of the Chemic. Society, VI, 97). M.
mARGGRAF (Les). Jl y a trois médecins célèbres de ce nom; mais qui ne semblent pas appartenir à la même famille.
Marggraf (Grorges), né à Liebstadt, dans les États prussiens, province de la Prusse orientale, le 20 septembre IGIO, mort sur les côtes delà Guinée, en 1644, s'est acquis la réputation de l'im des voyageurs uatnralistes les plus intrépides et les plus distingués. En 1658, il avait vingt-huit ans à peine, il parcourait le Brésil, depuis Rio-Grande jusqu'au midi de Fernambouc, recueillant une foule d'observations relatives à la géographie, à l'astronomie et à l'histoire naturelle. En 1644, il partait pour la Guinée, où, comme nous venons de le dire, il trouva la mort, emporté par l'inclémence du pays. Ses notes, ses observations, ont été recueillies par Jean de Lact, qui les a publiées avec l'ouvrage de Pison. Ce livre porte ce titre : G. Pisonis, de Medicina brasiliensi Libri quatuor ; G. Marggravi Historice rerimi naturalium brasilice Libri octo; Amsterdam, 1648, in-fol. De ces huit livres, trois sont consacrés aux plantes, un aux poissons, un aux oiseaux, un aux quadrupèdes et serpents, un aux insectes, un, enfin, au pays et aux habitants. On y trouve plus de cinq cents figures sur bois, qui représentent des animaux et des plantes. La plupart sont fort exactes, quoique un peu grossières, comme toutes celles de l'époque. Les poissons sont très-nombreux et bien décrits; on y trouve beaucoup d'espèces rares. Parmi les quadrupèdes, jdusieurs sont décrits pour la première fois, comme le tapir, les différents fourmihers et paresseux, ainsi que quelques rongeurs remarquables, tels que le cabiai et le porc-épic à queue préhensile. Marggraf a fait de même connaître une foule de plantes 'nouvelles, pour lesquelles il donne les noms que les Brésiliens lui avaient indiqués, et qu'on a depuis reconnues et déterminées pour la plupart.
Marggraf (Chrétien), né pareillement à Liebstadt, en 1612, mort en 1687, était frère du précédent. Il s'est particulièrement livré à l'étude de la chimie, comme application à la physiologie et à la thérapeutique ; il est un des médecins du dix-septième siècle qui ont cru pouvoir expliquer toutes les fonctions des corps vivants par les lois de cette science. Cependant, si l'on veut s'en donner la peine et dégager les ouvrages de Chrétien Marggraf des longueurs, des puérilités dont ils sont parsemés, on les lira encore avec fruit. Ils porteat ces titres :
I. Prodromus medicinœ practicœ, dogmaticœ, et vcre rationalis, superstructœ circulari sanguinis motui, neciioii principis cliymicis, ac hypothesi Helmontiana et Sylviana; exliibens spécimen methodi per quant facilis medendi pilerisqne corporis humani affectibus, ope Acidi et Alcali, sub tabularum compendio propositus. Lugd. Batav., 1672, in-4°. — IL Materia medica contracta, exliibens simplicia et composita medicamenta officmalia ex magna numéro selecta, prœstantia, atque iitilia, munita viribus et dosibus, metliodoque simplice ea deligendi, prœparandi et componendi; destinata pharmacopœorum prœcipue, ut et illorum iisui qui proprio marte medicinam addiscere aggrediuntur. Lugd- Batav., 1674, in-4°.
Marggraf (André-Sigismond). Celui-là fut un chimiste encore plus célèbre que le précédent. Né à Berlin, le 5 mars 1709, il mourut le 7 aoiit 1782. Son père était un pharmacien très-accrédité, dont l'officine devint, pour le jeune homme, le théâtre de nombreuses expériences de chimie. Marggraf marcha bientôt sur les traces d'Eller, de Krunstedt, de Wallerius, de Gellert. 11 fit de nombreuses découvertes précieuses. L'analyse de l'urine lui fit reconnaître les divers
6 MARHERR.
sels que contient ce liquide, dans la composition duquel il découvrit la présence de l'acide phosphorique. On lui doit d'importantes recherches sur le phosphore, et il a donné un moyen facile pour obtenir ce corps au moyen de l'hydrochlorate de plomb. Ce fut lui qui, le premier, en démontra l'existence dans les végétaux, et parvint à le combiner avec l'arsenic, le zinc et le platine. Il apprit à distinguer la magnésie des autres terres avec lesquelles on la confondait, détermina les caractères qui lui sont propres, et fit connaître l'alumine pure, que personne n'avait encore obtenue. Avant lui, on confondait souvent ensemble la potasse et la soude, et le sulfate de baryte n'avait pu être décomposé. On doit citer encore, à son honneur, ses recherches sur l'étain, sur le platine et sur le zinc; celles qu'il fit pour chercher à retirer du sucre de diverses plantes indigènes, et d'après lesquelles il constata que les navets, les panais, les oignons, les cai'ottes et les betteraves, pouvaient contenir des quantités notables de matière sucrée. Ce fut vers l'année 1761 que Marggraf annonça au monde savant cette nature sucrée de la betterave. Cinquante ans après, Frédéric-Charles Achard, autre savant chimiste de Berlin, faisait de la betterave une véritable canne à sucre, pour ainsi dire, et enlevait ainsi à Mai'ggraf la gloire de l'une des plus belles découvertes des temps modernes.
Miirggraf, qui était membre de l'Académie des sciences de Berhn (1738), directeur de la classe de physique (1701), associé étranger de l'Académie des sciences de Paris, a consigné tous ses importants travaux dans des mémoires insérés dans le Recueil de V Académie des sciences de Berliii et dans les Miscellanea berolinea. La plupart ont été réunis par J.-G. Lehraann, sous ce titre : Chymische Schriften, Berlin, 1761-1776, in-8». A. C.
MARGUERITE. Nom vulgaire d'un certain nombre de plantes, plus ou moins employées en médecine, et qui appartiennent, pour la plupart, au groupe des Composées. La Grande-Marguerite, ou M. des champs, des prés, est le Leucanthemum vidgare Lâmk (Chrysantliemum Leucanthemum L.). La Petite-Marguerite est le Bellis perennis L. La M. dorée ou Souci des blés est le Chrysantliemum segetum. La M. des jardins ou Beine-Marguerite est le CaUistephiis chinensis (C. hortensis Gass. ; Aster chinensis L.). La M. bleue est la Globulaire commune {voy. ces mots). H. En.
MAJtGTRICARPE {Margyricavpus R. et Pa.v.). Genre de plantes, delà famille des Rosacées, série des Agrimoniées, dont les fleurs sont analogues à celles des Sanguisorbes, avec des sépales et des étamines au nombre de trois à cinq, insérés sur l'orifice d'un sac réceptaculaire qui ne renferme qu'un carpelle uniovulé, et qui devient autour de lui une indu vie globuleuse et charnue. Le M. setosus R. et Pav. [Ancistrum barbatum Lamk), seule espèce utile du genre, est un petit arbuste rameux, des régions andines du Pérou, à feuilles pennées et à petites fleurs sohtaires axillaires. On mange son réceptacle charnu, et ses feuilles astringentes servent à traiter les hémorrhoïdes et à arrêter les hémorrhagies ; d'où le nom vulgaire que porte la plante au Pérou : Yerba de la perla. H. Bs.
Ruiz et Pavon, Prodr. FI. per. et chil., VII, t. 53. — Spach, Suites à Buffon, I, 485. — Mér. et Del., Bict. Mat. méd., IV, 259. — Rosexth., Syn. id. diaphor., 965. — H. Baillos, Histoire des plantes, I, Ô62 ; fig. 409, 410; 451, 464.
IIIARHERB (Philipp-Ambrosics), physiologiste allemand, né à Vienne, en 1738, reçu docteur dans cette ville, puis professeur d'Institutions de médecine à
MARIAGE (démographie). 7
Prague, en 1768. Une mort prématurée l'enleva à la science, le 28 mars 1771, à peine âgé de 33 ans. Son Traité de physiologie, rédigé sous forme de commentaires sur les Institutions de Boerhaave, publié après sa mort, a été analysé avec détail parHaller, qui lui reproche assez amèrement quelques erreurs, le ton acerbe qu'il avait pris quelquefois à l'égard d'écrivains estimables, et enfin d'avoir omis de citer les auteurs de différentes découvertes.
Outre quelques dissertations académiques, son œuvre capitale est l'ouvrage suivant: Prcelectiones in Herm. Boerhaavii institutiones medicas; edente Cranz, Vienne et Lipsise, 1772, in-8; ibid., 1785, in-8. E. Bgd.
MARIAGE. Nous avons à traiter ce sujet : d'une part, au point de vue de l'hygiène, tant publique que privée ; d'autre pari, au point de vue de la démographie {voij. ce mot), science qui a pour objet l'exposition comparée de tous les faits sociaux concernant les mariages, tels que leurs nombres absolus et relatifs, leur durée, leur fécondité, les âges respectifs des contractants et des défaillants, etc., etc. ; ainsi que l'étude des circonstances qui modifient les conditions du mariage (abondance ou disette, âges, habitats, etc.), ou qui sont modifiées par lui (mortalité, moralité, etc.). Dans cette exposition successive, il nous a paru plus méthodique de commencer par la démographie. Les faits sociaux, souvent fort imprévus, qu'elle met en lumière, seront la meilleure base, aussi solide que nouvelle, pour asseoir nos conclusions concernant l'hygiène pubUque ou privée de l'association conjugale.
Les lecteurs pressés, ou plus curieux de résultats que de preuves, toujours un peu arides ta exposer, trouveront nos conclusions résumées dans la seconde partie (il) de ce travail, p. .52, et aussi aux §44-64.
§ I. Démographie des mariages. 1. Pour nous, le mariage est un contrat sijnallagmatique et authentique, constitutif de la famille, par lequel les conjoints s'assurent, outre les rapports de sexe, la communauté de vie, d'effort, d'intérêt et de conscience, dans la vue de se donner mutuellement société, secours matériel et moral, et d'élever dignement les enfants à venir. Nous allons montrer, par des faits nombreux et inéluctables, que cette association a une influence considérable, bien plus grande qu'on ne l'avait jamais soupçonné a priori, sur la moralité, sur la sauté... sur la vitalité des époux comme des enfants. Et je puis dire que celte influence est si constante, si durable, qu'elle crée, entre le groupe social qui l'éprouve, celui qui ne l'a jamais connue et celui qui, l'ayant éprouvée, l'a perdue, des différences radicales dans les aptitudes et dans les actes. Ce sont trois groupes sociaux qui travaillent, souffrent, jouissent... vivent et meurent autrement ! Et de même que je saurais dire, d'après les mensurations crâniennes : Ce groupe est africain, celui-ci eurojéen ; tel est masculin, tel est féminin ; de même, qu'on me donne la productivité, la criminalité, la morbidité... la tendance à l'aliénation, au suicide, la mortalité à chaque âge, la durée de la vie moyenne ou probable, non pas tous ces éléments, mais un ou deux d'entre eux, et je dirais avec certitude : Ce groupe est celui des époux, cet autre celui des veufs et l'autre celui des célibataires, tant profondes et constantes sont leurs différences, tant est indélébile l'influence conjugale une fois éprouvée. L'association matrimoniale est donc un puissant modificateur, un élément primordial d'hygiène sociale, physique et morale, dont il importe d'analyser ici tous les ressorts et les effets.
8 MARIAGE (démographie).
Pour y pan-enir, nous étudierons les mariages choz les diverses nations dans les trois temps de leur durée :
A. Le jour où ils se contractent ; (2) ;
B. Pendant le cours de leur durée : (21) ;
C. Le jour où ils se dissolvent, soit par la mort, soit (dans des cas relativement rares) par divorce on par séparation de corps : (o7).
A. 2. Études des mariages le jour de leur célébration. Fréquence des mariages ou matrimonialité . Cette fréquence se mesure ordinairement (et abusivement) par le rapport [jyP] des Mariages [Ma] qui se contractent dans l'année moyenne à la population générale [P].
Cependant dans ce rapport, qai prétend exprimer une probabilité, le dénominateur [P] est mal formé puisque, contrairement aux règles du calcul des probabilités, il renferme plusieurs catégories de vivants qui ne peuvent contracter mariage : \° les impubères; 2° les gens déjà mariés; 3° on pourrait ajouter les vieillards (au delà de 60 ans par exemple) qui contractent un très-petit nombre d'inutiles mariages. Pourtant toutes ces catégories ne peuvent pas toujours être éliminées du dénominateur, parce que les documents officiels ne les donnent pas à part. Fournir à la science cette analyse est donc un des desiderata les plus urgents, car la matrimonialité réelle (le nombre moyen annuel des mariages divisé par la seule population mariable) est souvent dissimulée, faussée par cette complexité. Il est vrai que, si toutes les populations étaient à peu près identiques dans leur composition, si elles renfermaient le même nombre relatif d'impubères, de mariés, de vieillards, le rapport, dont un des termes comprend iudùment tous ces non-mariables , serait faux comme mesure de la probabilité annuelle du mariage, ou matrimonialité ; néanmoins on pourrait admettre que l'aptitude relative ou comparée des populations au mariage serait donnée avec une précision suffisante par ce rapport du nombre des mariages annuels avec leusemble de la population. Mais en fait, il s'en faut de beaucoup que l'on rencontre une telle uniformité dans la composition des vivants ; c'est le contraire qui est vrai. Telle nation a un grand nombre d'enfants : par exemple, la Prusse (SîO par 1000 habitants, avant 1866), la Hongrie (355), l'Espagne (348) ; telle autre en a très-peu : la France, 858. Les unes ont beaucoup de vieillards, comme la France (l08) ; d'autres très-peu, comme l'Autriche (58), la Hongrie (45), la Prusse (56). Les unes oiit beaucoup de gens mariés, comme la France (400 sur 1000) ; d'auti'es moins, comme la Belgique (300). Il résulte nécessairement de ces inégalités, que la prétendue mesure de l'aptitude au mariage, donnée par le rapport des célébrations annuelles à la population générale, est fallacieuse. Nous sommes pourtant contraint de donner ce rapport, parce qu'il est le seul usité et surtout parce que, dans certains pays, il est le seul possible. Mais, partout ah. il en est autrement, partout où les documents officiels nous ont permis de dégager la seule popidation mariable, nous avons calculé la vraie aptitude au mariage. D'ailleurs, et après réflexion, nous avons cru rendre nos résultats plus comparables de nation à nation, en adoptant partout, pour chaque sexe, et quelle que soit la législation (un peu variable suivant les États), la quinzième année comme la limite inférieure de la population nubile et mariable.
3. Notre I" Tableau, ci-après, a pour objet de faire connaître cette aptitude au mariage ou matrimonialité dans les divers pays de l'Europe. La o« colonne donne le rapport ordinaire des auteurs [Ma/P]- On y voit, par exemple, pour l'Anûleterre, que, dans la période décennale 1857-66, il y avait 8,46 mariages annuels par
MARIAGE (démographie). 9
1000 habitants (soit 846 par 100 000 habitants) ; mais ce nombre s'élève de 8,40 à 13 si l'on ne compte pas la population au-dessous de 15 ans, laquelle ne peut contracter mariage ; il s'élève à I4.'ï6 si on néglige encore les vieillards ayant plus de 60 ans, qui en contractent si peu. Enfin si, comme il convient, on chasse de ce rapport, en même temps que les impubères, toute la population déjà à l'état de mariage (col. 6-8), on constate qu'il y a annuellement, par 1000 habitants mariables de chaque sexe :eii,9 hommes et 58,8 femmes qui se marient chaque année *■ ; enfin, si l'on néglige encore la population sénile (ayant plus de 60 ans), ces rapports s'élèvent à 68,6 pour les hommes, à 61.9 pour les femmes, et à 64 pour les deux sexes pris ensemble. Ce sont là des nombres vraiment indicateurs de l'ardeur avec laquelle les habitants nubiles recherchent l'association conjugale; et l'on voit que l'Angleterre est un des pays oii 'ce penchant est le plus prononcé. Un autre pourtant le précède dans cette louable passion, c'est la Hongrie, qui, par 1000 mariables, célèbre par an ï*,» mariages, tandis que l'Angleterre en compte à peine 5î, la France seulement 48,5, la Belgique moins de 38 î 11 est facile de montrer avec précision combien les rapports donnés dans les colonnes 6-11 sont plus significatifs que ceux de la colonne 5 ; ainsi en comparant l'Angleterre, un des pays où la matrimonialité est à la plus haute puissance, avec la Belgique, un de ceux où elle est le plus flùble (les rapides progrès « du monde moinant » en sont la cause la plus accentuée), on trouve, si l'on consulte la colonne 0, que le rapport de la matrimonialité dans les deux pays est comme 9,39 : 8,46 ou comme lOO : 114,5; c'est-à-dire que, pour une population générale capable de fournir en Belgique 100 mariages, on en compterait 114 à 115 en Angleterre. .. Mais le rapport vrai est bien plus significatif, car, si l'on interroge la seule population apte au mariage, on trouve que le rapport est comme 3*, 9 : 56,9, soit comme lOO : 150,5. Ainsi le rapport de la colonne 5 dissimulait une partie sensible de la forte matrimoniahté anglaise.
4. Au point de vue des différences selon les sexes [col. 6 et 7 ou encore 9 et 10], on voit que, la Belgique et le département de la Seine exceptés, la probabilité du mariage est partout plus grande pour les hommes que pour les femmes. Ce rapport s'élève en Hollande et en Angleterre à 52,8 : 61.9, soit comme ioo : llî ; c'est-à-dire que, dans ces deux pays, le même nombre de gens mariables qui fournit 10© mariages annuels si ce sont des femmes, en fournit llV si ce sont des hommes; en France ce rapport est seulement lOO: 103.
Cependantune étude plus intime des documents (IP Tableau, total) montre que cet excès de la matrimonialité masculine tient uniquement aux secondes noces qui ont lieu 5 ou 4 fois plus souvent pour les veufs que pour les veuves. Ainsi, quand on ne considère que les célibataires au-dessus de 15 ans, on trouve, pour 1000 de chaque sexe, en Angleterre, 61,3 épouseurs et 68,6 épousées dans Tannée; en France, 51 et 62,3 ; en Belgique, 36,5 et 42,9 : la Hollande fait seule exception et conserve encore pour les célibataires la prépondérance à la matrimonialité masculine : 46,5 épouseurs et 38.1 épousées. Ces mêmes rapports, pour les secondes noces, montrent la différence extrême de probabihté des seconds mariages pour chaque sexe. Ainsi {voy. 11^ Tableau), sur 1000 de chaque sexe (veufs ou veuves), il se marie dans l'année : en Angle-
1 Cette différence dans la proportion des mariés de chaque sexe, quand on suppose de part et d'autre un nombre égal de mariables, indique nécessairement, dans la population de fait, l'inégalité du nombre des mariables de chaque sexe, puisque le nombre des fiancés (hommes) est nécessairement égal à celui des fiancées (femmes).
10 MARIAGE (démographie).
terre, 66 veufs et ai veuves; et jusqu'à 126 veufs contre 33 veuves eu Autriche; 4IS veufs et 16 veuves en Belgique; 5î,4 et 18 eu Espagne; 69,4 et 20 en Hollande; 4î et lo en Suède; -lO et il,* en France. 11 nous semble que ces rapports (quelque arides qu'ils puissent paraître aux esprits énervés par la chronique) sont bien faits pour montrer comment la statistique, avec une énergie et une précision sans égales, sait scruter les plus secrets penchants des peuples. En Autriche, en Angleterre, en Hollande, en Belgique même, les veufs s'empressent de se remarier, tant leur est chère l'association conjugale une fois essayée; et, malgré leur âge plus avancé, ils se précipitent vers un second mariage avec une liàte {)lus grande que les célib.itaires vers un premier ! mais, par quelle singulière bizarrerie est-ce le contraire en France ? Est-ce parce que nous sommes inconsolables... ou guéris du mariage? Quant aux veuves, on voit qu'elles sont partout, assez peu recherchées, au moins en mariage, surtout en Suède et en France ; un peu moins dédaignées en Angleterre, en Hollande et surtout en Autriche. Voilà des traits de mœurs que la démographie fournit au philosophe, à l'historien comme au romancier.
5. Matrimonialité par âge, sexe et état civil. Cependant, pour pénétrerplus avant dans les mœurs de chaque peuple, il est intéressant de déterminer la probabilité du mariage à chaque âge, ce qui s'obtient eu comparant, pour chaque sexe el chaque âge, la population apte au mariage (célibataires nubiles et veufs) avec le nombre annuel des mariages qui s'effectuent en chaque groupe. Malheureusement cette recherche exige des données démographiques fort analytiques que la France, la Belgique, l'Angleterre ^ et depuis peu l'Italie seules fournissent. Nous ne donnerons donc cette table des mariages à chaque âge que pour ces pays. Ces exemples suffiront sans doute pour montrer l'importance de cette investigation, et décider les États comme la Suède, fournissant sur maints autres sujets les meilleurs documents, à ne pas rester inférieurs en ce point, et à donner simultanément par âge et par état civil la population et les mariages.
Tel est l'objet du II" tableau. On y voit, par exemple, que sur 1000 garçons de 20 à 25 ans, il y en a, en France, Sî qui se marient chaque année ; mais 130, c'est-à-dire plus du double, eu Angleterre ; moins de 34 eu Belgique, 35 en Italie et 34 dans le département de la Seine. Sur 1000 filles à la même période âge, on compte plus de 130 épousées en Angleterre, lOî en France, lOS en Italie, ÎJ6 dans le département de la Seine et seulement 63 en Belgique. A 1 âge suivant (25 à 50), chez les hommes, tandis qu'on trouve en Angleterre 138 célébrations annuelles, et lia en France, il n'y en a que 91 en Italie, 81 en Belgique et seulement î8 dans le département de la Seine. On remarquera le singulier caractère des mariages parisiens : donnés en bloc, sans distinction d'âge, dans le I" tableau, ils apparaissent nombreux ; mais analysés par âge dans ce second tableau, on les voit moins nombreux aux âges d'élection («9 au lieu de 114 pour les hommes de 25 à 50 ans, etc.), abonder à l'arrière-saison de la vie. C'est seulement au delà de 40 ans pour les hommes, de 55 ans pour les femmes, que la matrimonialité égale et bientôt dépasse celle de la France entière. On ne s'étonnera donc pas quand un des tableaux suivants dénoncera le peu de fécondité de ces mariages tardifs. En résumé, ce IP tableau montre que la plus grande probabilité du mariage se rencontre, pour les garçons, de 20 à 30 ans, en Angleterre; de 25
' Encore il y a lieu d'observer qu'en Angleterre on ne connaît l'âge que des deux tiers des mariages qui s'y effectuent; il faut supposer que le tiers inconnu a la même composition que les deux tiers connus.
MARIAGE (DÉMocr.APHiE).
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