‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.57Chapitre 33 sur 80 · MARSUPIAUX · texte numérisé non relu

MARSUPIAUX

Ce sont des animaux d'une couleur brune ardoisée sur le dos, à ventre blanchâtre, longs de 5 à 6 pieds, rarement de 8 à 9, et qui nagent avec une extrême agilité. Ils se nourrissent de petits poissons et surtout de harengs, qu'ils poursuivent avec acharnement. A l'approche des tempêtes, les marsouins sautent sou- 'vent hors de l'eau par des bonds très-élevés ; parfois ces animaux s'avancent à l'embouchure des rivières.

Les marsouins ont été depuis longtemps observés par les navigateurs : l'agilité qu'ils déploient à la nage et qui les fait suivre les bâtiments en marche, leurs habitudes de sauter hors de l'eau sont très-connues, et les Danois ont appelé le marsouin springwal ou springer, c'est-à-dire sauteur.

L'huile de marsouin, très-soluble dans l'alcool, est d'un jaune citron; sa pesanteur spécifique à -f- 20° est de 0,91 . Cette huile renferme moins de cétine que l'huile de baleine, mais beaucoup plus de phocénine.

La chair des marsouins est noirâtre et huileuse, grasse comme celle du porc, d'où le nom de meer Schwein, cochon de me?' ; le goiit en est rance, l'odeur très-forte. Les habitants du Groenland laissent à moitié pourrir cette viande, et la consomment ensuite après cuisson {voy. Dauphin). A. Laboulbène.

MARIS UPIAIJX {Marsupialia). Les sarigues, qui sont des animaux exclusivement propres à l'Amérique, présentent un mode très-curieux de développement. Le produit de la génération, au lieu de se fixer aux organes internes de la mère au moyen d'un placenta, et de compléter sa vie fœtale dans l'utérus ou ses dépendances, est expulsé de bonne heure, avant même d'avoir acquis le degré de développement qui caractérise les autres mammifères au moment de leur naissance. Son volume est alors très-petit ; son corps n'a pas de poils; ses organes de sens sont incapables de percevoir aucune sensation, et il est tout à fait comparable à un fœtus avant terme. Pour compenser cet état d'imperfection, la mère le place à l'une de ses mamelles, à laquelle il adhère par la bouche, et il reste ainsi attaché à la tétine jusqu'à ce que son premier développement se soit complété. Dans les sarigues ordinaires, les mamelles sont renfermées dans une poche, qui forme comme un sac au-devant de l'abdomen; chez quelques espèces plus petites, il n'y a qu'un simple ph de protection. Toutes les sarigues n'en ont pas moins deux gestations : la première, interne, plus courte que celle des mammifères ordinaires, et qui se passe dans l.'utérus et les oviductes; la seconde, mammaire, et pour laquelle la poche abdominale ou les plis sous-abdominaux qui protègent les mamelles, jouent pour ainsi dire le rôle d'une autre matrice. C'est par allusion à ces faits, que Linné a donné aux sarigues le nom générique de DideJphis, qui signifie double matrice, et fait allusion à la double gestation de ces animaux.

Aucune des espèces des mammifères propres à l'Europe, à l'Asie ou à l'Arrique ne présente rien de semblable, et quelque ressemblance apparente que certaines d'entre elles puissent avoir avec les sarigues, on n'en connaît point dont la gestation soit comparable à celle des didelphes américains. Ces animaux sont monodelphes, ainsi qu'on le dit aujourd'hui, c'est-à-dire qu'ils n'ont d'autre gestation que la gestation proprement dite, ou gestation utérine. 11 n'en est pas de même pour les mammifères de la Nouvelle-Hollande, à part quelques espèces de Chéiroptères et un petit nombre de rongeurs ; ils sont presque tons didelphes, en ce sens, que leur gestation s'opère successivement dans les organes internes de la génération et dans une poche abdominale, semblable à celle des sarigues. C'est aussi le cas pour les animaux de la même classe, qui habitent la terre de Van-

lôO MARSUPIAUX.

Diemen. Il y a également des espèces offrant la même particularité, à la Nouvelle- Guinée; elles y sont mêlées à un plus grand nombre de monodelphes; et la faune des îles Moluques ne possède plus qu'un seul genre d'animaux à bourse, celui des plialangers, qui, suivant quelques auteurs, aurait été connu des anciens. On applique, en effet, aux phalangers la pbrase suivante de Plutarque {Traité dé l'amour des parents pour leurs enfants)^ phrase qu'il paraît difficile d'attrir huer à un autre genre de mammifères : « Fixez votre attention sur ces chats qui, après avoir produit lenrs petits viy^nts, les cachent de nouveau dans leur ventre, d'où ils les laissent sortir pour aller chercher leur nourriture, et les y reprennent pour qu'ils dorment ensuite en repos. » Toutefois, il n'est pas certain qu'il s'a^ gisse plutôt ici de certains squales.

Linné a d'abord étendu le nom générique de Didelphis aux marsupiaux de rOcéanie, ainsi qu'à ceux de l'Australie, que l'on connaissait de son temps, et qui étaiept encore peu nombreux. En 1605, Clusius avait parlé du phalanger d'Auiboine : « C'est, dit-il, un animal de la taille du chat, qui fut observé par l'amiral Vauderkagen, lors de son troisième voyage à Aniboine ; il porte sous le ventre un sac (|^us lequel pendent ses mamelles. Ses petits s'y forment, et restent adhérents aux tétines, dont ils ne se séparent qu'après avoir pris une taille suffisante; et après leur naissance ils peuvent y rentrer de nouveau. » Buffon parle du phalanger dans ses ouvrages ; mais, ne l'ayant pas étudié avec autant de soin que le fit bientôt après Daubenton, il le prend pour une sarigue ; et, se guidant sur les remarques qu'il avait faites sur la répartition géographique des mammifères, il est conduit à douter que ce soit bien un animal des îles Moluques.

Mais les observations de Wosmaer, celles de Banks, de Pallas, etc., rendirent bientôt ce sujet moins obscur, et elles commencèrent la série encore aujourd'hui inachevée de ces belles découvertes, auxquelles ont donné lieu les animaux à bourse qui peuplent l'Australie et l'ûcéanie. Des genres très-différents de celui des sarigues put été sucessivement reconnus et décrits, et l'on sait à présent qu'il y a dans ces régions éloignées tout une catégorie de mammifères, que l'on peut opposer, par la singularité de leur structure et par la diversité de leurs formes, ainsi que de leur régime, aux mammifères des autres régions, c'est-à-dire aux placen* taires ou monodelphes. Ce sont les phascolomes, les kangurous, les phalangers, les tarsipèdes, les péramèles, les dasyures et les myrmécobies, auxquels nous pourrions ajouter, si nous traitions aussi des fossiles australiens, ces animaux gigantesques dont les espèces ont été anéanties, auxquels on a donné les noms de diprotodon et de notothérium.

Les anin^aux à bourse ou les marsupiaux ont aussi été appelés didelphes, par exteiisiou du mot didelphis , auquel Linné avait donné une valeur simplement générique. Ce sont des mammifères faciles à distinguer des autres animaux de la même classe, si l'on tient compte des particularités anatomiques qui leur sont propres, mais que l'on peut aisément confondre avec certains d'entre eux, si l'on ne considère que leur aspect extérieur. Plusieurs d'entre eux ressemblent à de gros cabiais ; tels sont, par exemple, les phascolomes ; d'autres, comme les phalangers volants, rappellent les ptéromys et les sciuroptères, de la famille des écureuils. Il en est que l'on prendrait pour des insectivores, tels que les phascogales ; ou pour des carnivores, comme les dasyures, qui ressemblent à des ci^ vettes ; et les thylacynes, dont l'apparence et la taille sont celles d^ loup. Aussi, certains auteurs ont-ils voulu répartir les marsupiaux dans différents ordres dfe mammifères, les, associaat alors, suivant leur ressemblance extérieure aulkna-

MAUX (SAiNT-j (eau minéhale de). loi

tare de leur régime, aux insectivores (péramèles, sarigues, phascogales, dasyures), ou aux carnivores (thylacynes) ; et en séparant comme ordre distinct, sous la dénomination de marsupiaux frugivores, les pétauristes, les phalangers, les kangurous des divers genres, le koala et les phascolomes.

Mais la condition marsupiale comporte des particularités communes à tous ces animaux, et qui ne permettent pas de les séparer ainsi les uns des autres. Tous les animaux à bourse ont au-devant.du pubis deux os, dits marsupiaux, qui manquent aux autres mammifères. Les mrdes ont le scrotum pendant en avant de la verge, qui est bifide ; les femelles ont une forme particulière des organes génitaux internes, et les ovaires fournissent des ovules plus gros que d'habitude, ce qui est en rapport avec la condition implacentaire du fœtus.

Nous grossirions bien davantage la liste de ces particularités anatomiques, si nous passions en revue les principaux systèmes d'organes des marsupiaux, et, eil particulier, leur squelette et leur système dentaire. Si vaiùées qu'en soient les particularités secondaires, les dents des marsupiaux ne sont jamais complètement semblables ni par leur forme, ni par leur formule à celles des monodelphes, et nous avons constaté, M. Flower et moi, que ces animaux n'ont jamais qu'une seule paire de dents, qui se remplacent à chaque mâchoire.

Leur cerveau a aussi été indiqué comme fournissant un moyen de les séparer nettement des mammifères ordinaires, et de constater l'infériorité dans laquelle ils sont par rapport à ces derniers. On a dit qu'ils manquaient du corps calleux, mais cela n'est pas exact. Leur encéphale reproduit, dans sa conformation générale, les principaux traits propres à celui des mammifères monodelphes et à celui des nionotrèmes. Les hémisphères y ont un volume supérieur à celui du cervelet, qui est lui-même bien plus gros que les lobes optiques ou tubercules jumeaux, lesquels sont aussi au nombre de quatre, comme cela a lieu dans tous les animaux de la même classe.

Comme les mammifères ordinaires, les marsupiaux peuvent avoir des circonvolutions ou en être privés, ce qui est surtout en rapport avec leur taille, comme on peut le voir dans la famille des kangurous. Tous ont le cervelet à découvert, et leurs lobes olfactifs sont relativement volumineux.

G. Cuvier avait donc eu raison de faire des marsupiaux un groupe naturel unique, mais il n'a pas accordé aux caractères de ce groupe une Valeur suffisante, en ne le considérant que comme un ordre. De Blainville a fait remarquer avec justesse qu'il fallait en faire une sous-classe, ce qui la conduit à diviser les mammifères en trois groupes principaux : les monodelphes ou placentaires, les didelplies ou marsupiaux, et les ornithodelphes ou monotrêmes. M. Owen, à qui l'on doit de nombreuses observations relatives aux nuu"supiaux, a apporté de nouvelles preuves à l'appui de cette manière de voir.

Il n'y a présentement de marsupiaux que dans l'Amérique et dans les terres australes, mais il en a existé autrefois en Europe. Les terrains tertiaires de ce continent renferment les débris d'animaux très-peu différents des sarigues, auxquels on a donné le nom de perathériums. G. Cuvier a constaté que leur squelette était pourvu d'os marsupiaux. L'arctocyon, qui était un animal à peu près grand comme un chien, et dont les ossements ont été trouvés dans les dépôts tertiaires les plus inférieurs, à la Fère, parait avoir été également un genre de marsupiaux. P. Gervais.

MART (SAIXT-) (Eau MiNÉnALE de). Voy. Royat.

452 MARTEAU (les).

MARTE (Martes). La Marte, animal très-semblable à la fouine, mais ayant le plastron jaune pâle, tandis que la fouine l'a blanc, appartient, comme le putois, l'hermine, la belette, etc., cà la nombreuse famille de carnivore>, qui a reçu la dénomination de Mustélidés, Elle a le corps grêle et la queue longue et fournie. Elle grimpe sur les arbres, et fait, comme toutes les autres espèces delà même famille, la chasse aux petits mammifères ainsi qu'aux oiseaux. Ses habitudes sont sanguinaires.

Le genre auquel la Marte sert de type se distingue par ses molaires de cinq paires à la mâchoire supérieure et de six à l'inférieure, la dent tuberculeuse d'en haut étant un peu plus longue que large.

Ce genre comprend la Zibeline, dont la fourrure est encore plus estimée que celle de la Marte; et quelques autres espèces toutes propres aux régions froides ou tempérées de l'hémisphère boréal. P. Gervais.

nARTEAU (Os Dc). Voy. Oreille.

MARTEAL' DE MATOR, Voy. MaYOR.

MARTEAU (Les). La médecine française compte trois médecins distingués de ce nom, dont deux appartenant à l'école de Paris.

Marteau (Charles) était de Laon, où il naquit en 1631. Docteur le 15 octobre 1665, médecin de l'Hôtel-Dieu en 1672, il mourut le 26 mars 1704 et fut enterré le lendemain dans l'église de Saint-Jean en Grève, ainsi que le prouve cet acte extrait des registres de cette paroisse :

« Le jeudi, vingt-septième mars mil sept cent quatre, Charles Marteau, doc-

teiu- régent en la Faculté de médecine de l'Université de Paris, aagé d'envirou

soixante et treize ans, est décédé le jour précédent en sa maison rue de la Tixe-

rauderie, de cette paroisse, et a été inhumé dans l'église, en présence de Jean de

la Ville seigneur de la Rochesse, gendre, et de Claude Marteau, clerc du diocèse de

Laons, son nepveu, qui ont signé.

« Marteau; Liiville. »

Charles Marteau avait épousé Geneviève Goizet, qui lui laissa deux garçons et deux filles, tous baptisés à Saint-Jean en Grève.

Je ne connais de lui que deux thèses qu'il a soutenues et qui portent ces titres :

I. An omni apoplexiœ jugularium sectio? — II. Est~ne medicus prœsagiens 'Ka.pui'i

Marteau (Louis-Reké) naquit à Paris, le 22 janvier 1710, et reçut le baptême à Saint-Germain de l'Auxerrois. Il était fils de Louis Marteau, menuisier du roi, et de Marguerite JuUiet. Admis au doctorat le 26 mars 1745, il mourut le 7 septembre 1764 :

L. R. Marteau fut un médecin fort distingué, praticien consommé, plein d'ardeur pour sou art et tout prêt à rompre des lances pour défendre ce qu'il croyait être la vérité. Son humeur, quelque peu batailleuse, lui suscita bien des ennemis dans la rue de la Biicherie. La docte compagnie, qui maintenait tous ses membres sous une discipline sévère, ne permettait pas qu'ils émissent par écrit des doctrines qui n'étaient pas les siennes. Notre médecin ayant publié un livre dans lequel il proscrivait l'usage de la saignée dans les fièvres inflammatoires, voire même dans la pleurésie et la pneumonie, la Faculté, alors toute humorique, ne

MARTENS. • io3

tarda pas à frapper l'imprudent collègue. Réunie dans ses écoles supérieures (26 juin 1756), elle déclara que ce livre, né de l'ignorance et de l'inexpérience, renfermait des idées fausses et que son auteur ferait bien de le désapprouver publiquement.

Marteau (Pierre-Antoine) était de Granvilliers, en Picardie, docteur des universités de Caen et de Reims. Il fut d'abord médecin pensionné de la ville et de l'hôpital d'Aumale; puis, vers 1765, il se retira à Amiens, où le collège des médecins l'admit an nombre de ses membres. L'académie des sciences de cette même ville tint à honneur de se l'attacher. C'est là qu'il mourut en 1772. Marteau (de Granvilliers) s'est surtout rendu célèbre par un excellent mémoire sur les angines couenneuses, ou gangreneuses, comme on disait alors, etqueRretonneau a cité avec les éloges qu'il mérite. On lui doit encore d'intéressantes recherches sur des eaux minérales qui avaient été découvertes depuis peu dans les environs d'Aumale. Voici la liste de ses écrits :

I. Lettre sur la chaleur. Paris, 1748, in-S". — II. Analyse des eaux de Forges. Paris, 1756, in-12. — III. Analyse des eaux minérales d'Aumale. Paris, 1759, in-12. — IV. Description des maux de gorge épidémiques et gangreneux gui ont régné à Aumale et dans le voisinage. Paris, 1768, in-12. — V. Mémoire sur l'action et l'utilité des bains, soit d eau douce, soit d'eau de mer (Mém. cour, par l'Acad. de Bordeaux, en 1767). Bordeaux, 1778, in^". — VI. Traité de l'analyse des eaux minérales (Mém. cour, par l'Acad. de Bordeaux, en 1769). Ibid., 1778, in-4''. — VII. Plus de trente mémoires sur divers sujets (épidémies d'angines gangreneuses, de dysenteries, de colique de Poitou, de fièvres cérérales; naissances tardives, emploi delà ciguë contre les écrouelles, etc., etc.), publiés dans l'Ancien journal de médecine de 1756 à 1770.

MARTEL (François). « Le Béarnais était pauvre, mais de bonne maison. » Aussi, une fois bien assis sur le trône qu'il venait de conquérir à la pointe de l'épée, Henri IV voulut-il entourer sa chère santé de toutes les garanties possibles, par un règlement de l'année 1599. Voici comment il organisa son service médical : un premier médecin ; un médecin ordinaire; huit médecins par quartier; quinze médecins consultants ; un médecin spagyriste distillateur; quatre apothicaires; un apothicaire distillateur; un premier chirurgien et un chirurgien ordinaire; huit chirurgiens par quartier; neuf autres chirurgiens sans quartier ; deux renoueurs ; un opérateur pour la pierre ; un opérateur oculiste ; un herboriste ; un premier barbier; huit barbiers par quartier.

Antoine Portail et François Martel furent les premiers chirurgiens qui, successivement, déployèrent les ressources de leur art au profit du « vert galant. » François Martel ne quitta pas, on peut le dire, le monarque un seul instant, et lui rendit plus d'un service signalé. C'est ainsi que, avec une main habile à nulle autre pareille, il franchit le canal de l'urèthre du Béarnais, atteint d'une « caruosité » et qui n'en pouvait plus, tant il avait besoin d'uriner. C'est ainsi encore que, dans une occasion mémorable, Henri IV, frappé d'une congestion cérébrale, ne dut la vie qu'à son premier chirurgien, lequel, incontinent, lui ouvrit la saphène.

Martel mourut vers l'année 1612, laissant les deux ouvrages suivants :

I. Apologie pour les chirurgiens contre ceux gui publient qu'ils ne doivent se mêler de remettre les os rompus et démis, et plusieurs paradoxes, en forme d aphori'imes très-utiles, pour la pratique de la chirurgie. Lyon, 1601, 12°. — II. Discours sur la curation des arquebusades. Ces deux écrits ont été publiés avec ceux de Philippe de Flesselles. Paris, 1635, in-12. A. C.

MARTEIKS (François-Henri), né à Weimar le 4 novembre 1778, mort à

154 • MARTIAL (SAINT-) (eaux minérales de).

léna le 11 mai 1805. Quoique mort extrêmement jeune, Martens a laissé un certain nomJjre d'ouvrages, qui permettent de supposer qu'il eût été un médecin très-distingué. De très-bonne heure, d'ailleurs, il jouit d'une assez grande réputation; ainsi, reçu docteur en 1800, après avoir professé à Leipzig, il fut appelé à léna, comme professeur extraordinaire, en 1804. L'année suivante, il fut nommé professeur ordinaire dans la même université ; il occupa la chaire à peine quelques mois. On a de lui :

I. Dissertatio inaugurulis med. obsletr. sistens criticen forcipiim nonnuUarum in arte ohstetricki usitatarum. Jena, 1800, in-S". — II. Kritik der neiiesten Geburtszangen in Hinsicht auf ihre piaktisclie Anwenduiig, nebst Abbilduiig einer neuen Geburtszauge. Ibidem, 1800, in-8° ; 8i pages. — III. Bouvier Desmortiers Untersuchungen ûber Taubstiimnie, mi\ Anmerkungen ûbersetzt. Leipzig, 1801, in-8°. — IV. Briefe an den Biirger Baudelocque, liber einige Slellen seiner Entbindungskunsl, von D' KeiUisch, ans dem Franzosischen, mit einem Anhange. Ibid., 1801, in-8°. — V. Parado.cien , eiiie Zeitschrift fiir die Kritik icichtiger Meinungen und Lehrsàtzc^ aus allen Fàchern der theorctisclien urul praktischen Medicin. 1801, t. I, in-8°, deu.v numéros, 1805, JSOi, t. II-III. — VI. Beschreibung und Abbildung einer sonderbaren Missgestaltung des mànnlichenGeschlechtstheile von Dorothea ùarrier zu Berlin, nebst den Meimtngen von Stark, Hufcland, Mursimia und Monorchis ixber dièse Person, mit zwei colorirten Kupfern. Leipzig, 1802, in-i". — VII. Versucii eines vollstàndigen Systems der theorctisclien und praktischen Geburtshiilfe, nach einem durchaus neuen Plane, als Handbuch zu Vorlesungen bearbeitet. Ibid., 1802, in-8°. — VIII. ffrjtisches Jahrbuch zur Verhreitung der neuesten Entdeckungen und Befôrderung der Aufkliirung in der Geburtsliûlfe ; nebst Anzeige der neuesten wichtigsten Schriften dieser Wissenschaft. Ibid., 1802, t. I, in-8°, flg. — IX. Veber den Galvanismus , oder Béantwortung der Frage: Was hat der Galvanismus bisher als Heilmittel geleistet? undwie ist er in Krankheilen anzuwenden f Ibid., 1802, iii-8°. — X. Anmerkungen zu D. G. F. Geiger's Abhandlung ûber den Galvanismus und dcssen Anwendung. Ibid., 1802, in-8°. — XI. Beleuchtung und Beurtheilung der neuen Fiebertheorie des Prof. Reich, Ibid.. 1802, iu-8°,— XII. Abhandlung zur Prûfung der Beei-isclien Méthode, den grauen Staar mit der Eapsel auszuziehen. Ibid., 1802, in-S". .\vec Redlich. — XIII. Etwas ûber die Physiognomik, als Beitrag zu der neuen T/ieorie derselben des Herrn D' Gall zu Wien. Ibid., Ià02, in-8°. — XIV. Leichtfassliche Barstellung der Théorie des Gehirn- und Schâdelbaues, und der daraus entspringenden physiognoinischen und physiologischen Folgerungen des Herrn D' Gall in Wien. Mit Rûcksicht auf die bisher dariiber erschienenen Schriften. Mit 10 Kupfertafeln, etc. Ibid., 1805, in-4°. — XV. Abbildung und Beschreibung einer sehr bequemen tragbaren Voltaischen Saule, nach einer durchaus neuen Einrichtung , vorzùglich fiir die Fàlle brauchbar, wo der 4rzt tiiglich mehrere Kranke in verschiedenen Hausern galvanisiren muss ; nebst Abbildung und Beschreibung einiger andern zur medizinischen Anwendung des Galvanismus gehôrigen Instrumente, etc. Ibid , 1805, in-8°, fig. — XVI. Vollstdtidige Anweisung zur therapeutischen Anwendung des Galvanismus. Weissenfels , 1805, in-8°. — XYII. Ueber eine sehr complicirte Hasenscharte, odcr einen sogenannten Wotfsrachen, mit eine-f an demselben Subjecte befindlichen merkwiirdigen Missgestaltung dei- Hànde und Fiisse operirt von D"' Joh. Gottl. Eckold, abgebildet und beschrieben von Martens. Leipzig, 180i, in-fol., fig. — XVIII. Icônes symptomatum ivnerei morbi ad naturam delineavit, ceri incidit afque publici juris facit, etc. Assumpto in delineaiidis tabulis socio Guil. Thcoph. Tilesius absunt XXIV Tab. ceri incisœ atque ad naturam coloribus obductœ. Ibid., 1804, in-4''. Il y a aussi un litre français. — XIX. Einige y\'orte an meine kiinftigen Herren Zuhôrer als nothwendige Einleitung 3u nieinen Vorlesungen. Jena, 1804, in-8°, 16 pp. — XX. Tabellarische Uebersicht der praktischen Entbindungskunsl in Einsicht auf die vei-schiedenen Lagen der Kinder und die wichtigsten Manuel- und Instrumental-Operationen, zur bequemen Uebersicht fiir junge Geburtshel fer und zum Leitfaden bei nieinen praktischen Uebungen am Phantom. Ibid., 1803, in-fol. — XXI. Handbuch zur Kenntniss und Kur der venerischen Krankheiten, zum Selbstgebrauch fiir angehende Aerzte und IVundàrzte und als Leitfaden zu nieinen Vorlesungen, etc. Leipzig, 1805, in-8°; deux parties de 249 et 214 pag.

H, Mr.

aiARTiAL (SAIXT-) (Eaux Mi-vÉRALEs de), hjpothermales, polymétalliles, chlorurées sodiques moyennes, bicarhonate'es socliqiies moyennes, bicarbonatées ferrugineuses faibles, carboniques moyennes, dans le département du Puy-de- Dôme, dans l'arrondissement de Clermont-Ferrand,sur la rive gauche de l'Allier,

MARTIAL (SAINT-) (ea«x minérales de). 155

sar le plateau de Saint-Marlial, traversé par la route de Vic-le-Comte, près des communes et des sources de M.A.RTREs-DE-VEyEE et de Saint-Madrice {voy. ces mots), eutre le tertre du Saladi et le pont de la Longue, émergent quatre sources qui sortent de masses considérables de calcaires reposant sur une couche épaisse de cailloux roulés. Les noms de ces sources sont les suivants : Sources du plateau Saint-Martial, sources du Saladi, sources de la buvette Saint-Martial et sources de la font de Blé et des Roches.

1" Sources du plateau de Saint-Martial. Ce plateau a environ 600 mètres carrés et tire son nom d'une petite chapelle dont oa voit encore les ruines et qui était sous l'invocation de Sanit-Martial. Les sources du plateau Saint-Martial sont au nombre de deux; ces sources, dont l'eau n'est plus employée à aucun usage médical, étaient assez fréquentées il y a deux siècles ; cette eau est reçue dans deux bassins naturels où elle se mêle à l'eau froide ordinaire; elle a été analysée, en 1844, par M. Aubergier père, qui a trouvé dans 1,000 grammes de l'eau mélangée des deux sources du plateau Saint-Martial, les principes suivants :

Caibonate de soude 1,000

— chaui 0,200

— magnésie 0,200

alumine 0,100

— fer et manganèse 0,010

Chlorure de sodium 1,800

— calcium O'OIO

Total des matières fixes 3,320

Gaz acide carbonique libre quantité indéterminée.

2° Sources du Saladi. Les innombrables griifons de Saladi sortent de terre à 200 mètres au nord-ouest de la chapelle Sainte-Maiguerite, aussi sur la rive gauche de l'Allier et en face d'une pyramide de basalte élevée au pied du Puy- Saint-Romain, à l'échancrure du plateau Saint-Martial et sur le tertre de Saladi qui a de 180 à 200 mètres de superficie. Certains de ces griffons émergent dans le lit même de l'Allier, d'autres dans la grotte de Saladi, remarquable par ses belles stalactites blanches. L'eau des trois sources les plus abandantes de Saladi a des propriétés physiques et chimiques qui la rapproche beaucoup de celle DU Cornet et du Tambour {voy. Martres-de-Veyre). Celle qui fait entendre le bruit intermittent le plus marqué a son origine dans le lit même de l'Allier ; la seconde, dont le rendement est le plus considérable, a une température de 24° centigrade; la troisième, dite de la Rigole y ne fait monter la colonne du thermomètre qu'à 22%8 centigrade ; son intermittence est aussi très-prononcée et se perçoit aisément à une assez grande distance. L'eau des sources de Saladi n'a jamais été analysée.

3° Source de la buvette de Saint-Martial. Son griffon alimente une petite fontaine qui est à la partie orientale du plateau Saint-Mai'tial, et un peu au-dessous d'un ancien four à chaux. Un tube de fer verse constamment son eau que quelques personnes viennent boire ; son débit est intermittent et on entend de loin répanouissement des bulles de gaz acide carbonique que nous avons déjà signalé aux sources du Saladi et à la source du Tambour de Martres-de-Veyre. 1,000 grammes de l'eau de la source de la buvette de Saint-Martial ont donné, en 1844, à M. le professeur Nivet, un résidu de 5 grammes 20 centigrammes de matières fixes.

¥ Sources de la font de Blé et des Roches. Quatre griffons principaux émergeant sur le territoire de la font de Blé qui fait suite au plateau Saint-Mar-

15(? MARTIGNÉ-BRIANT (eaux minérales de).

tial, constituent ce groupe : Le premier fournit Veau de la Digue, recouverte d'une croûte formée de bicarbonates calcaires et ferrugineux et de matière orga. nique. Des bulles de gaz assez nombreuses et assez grosses viennent s'épanouir à la surface de l'eau de cette source dont on n'a jamais fait l'analyse. Le second griffon jaillit d'une couche de terrain tertiaire et d'arkose, un peu plus à l'est que le précédent, et dans un point presque toujours recouvert par les eaux de l'Allier incessamment traversées par les bulles gazeuses de cette source. La troisième origine est la Grande source des Roches, qui sort de terre au bord d'un précipice et à l'est de la digue. Son débit est abondant, la saveur de son eau est alcaline et terreuse. Elle ne laisse déposer aucun sédiment. L'émergence du quatrième griffon se trouve à côté de la couse de Veyre, au milieu d'une saussaie et se fait par plusieurs filets dont l'eau a un goût à la fois salé, alcalin et calcaire.

Emploi thérapeutique. Aucun établissement n'existe auprès des sources de Saint-Martial. L'eau de la plupart n'a même aucun emploi médical. Une des sources du Saladi et celle de la buvette de Saint-Martial, sont quelquefois visitées par les malades des environs, qui viennent y traiter leurs affections d'estomac, du foie, de la rate, des reins et de la vessie. Le mode d'administration et les doses n'ont rien de fixe pour eux, et les résultats qu'ils obtiennent n'ont jamais été soumis à un contrôle qui nous inspire confiance et nous permette de pouvoir formuler les indications précises et garantir l'efficacité des eaux minérales de Saint-Martial.

La bibliographie est la même que celle de Martres-de-Veyre.

A. ROTUBEAU.

m^RTlAniO (Prosper). Commentateur et admirateur fanatique d'Hippocrate dont il proclama l'infaillibifité!... Martiano était né à Sassuolo (duché de Modène), dans la seconde moitié du'seizième siècle et vivait à Rome où sa pratique eut un grand succès. On ignore et les autres circonstances de sa vie et l'époque de sa mort. Voici le titre de son livre qui le recommande à la curiosité des érudits : Magnus Eippocrates cum notationibus explicatus. Romae, 1621, in-fol ; ibid. 1628, etc. E. Bgd.

KIARTIGIVÉ-BRIAIXT (Eàux MINÉRALES de), athcrmalcs , bicarbonatées ferrugineuses faibles, carboniques et sidfureuses faibles. Dans le département de Maine-et-Loire, dans l'arrondissement de Saumur, à deux kilomètres du bourg qui leur a donné son nom, émergent quatre sources dont les trois premières, d'une composition élémentaire à peu près pareille, et d'un débit de 6 mètres cubes en 24 heures, étaient appelées autrefois sources de Commette. Le grilfon de la quatrième sort de terre à une petite distance de l'établissement des bains ; il est connu sous le nom de source Sidfureuse.

Les trois origines de la source de Joannette ont une eau qui a les mêmes caractères physiques, c'est-à-dire qu'elle est claire et limpide, quoiqu'elle laisse déposer une couche épaisse de rouille qui recouvre les parois intérieures de ses fontaines ; elle n'a aucune odeur ; des bulles gazeuses assez rares la traversent et viennent s'épanouir de temps en temps à sa surface ; sa saveur est franchement ferrugineuse ; elle colore légèrement en rouge les préparations de tournesol ; sa température est de 13° centigrade.

Le griffon de la source Nouvelle dite Sulfureuse ne donne point une eau limpide et incolore ; elle est trouble et sa coloration est jaunâtre assez foncée ; son

MARTIGNY-LES-LAMARCHE (eau minérale de). 157

odeur est sensiblement hépatique, surtout par intermittences et principalement pendant les chaleurs et les temps orageux. M. Godefroy a analysé, ea 18i7, l'eau des sources de Joannette et Sulfureuse ; ce chimiste a trouvé dans 1,000 grammes les principes suivants :

SODRCE SOURCE

DE JOANETTE. SULFOREUSE.

Carbonate de fer 0,0-iOO 0,022

— chaui 0,0905. . . .

magnésie O,0Ul ( ^'^"^

Sulfate de sou Je 0,2283 0,169

Chlorure de sodium 0,1396. .' . . . 0,126

«Icium • . 0,0140 )

— magnésium 0,0163. . . . .] "'""'''

Acide silicique 0,OlOO »

Sulfure de sodium » quelquefois.

Matière erganique 0,0100 traces.

Manganèse et bitume traces »

Total des matières fixes . . . 0,5626 0,577

! Acide carbonique 0,32 lit »

Azote 0,13 »

— Sulfhydrique » accidentel.

Total des gaz 0,18 lit.

MM. Manière, Chevallier et Gobley ont constaté la présence d'un principe arsenical dans Tcau des quatre sources de Martigné-Briaiit.

On trouve à cette station plusieurs maisons particulières où l'on peut faire usage des eaux minérales en boisson et en bains, mais il n'y a qu'un établissement public où sont installés les moyens balnéothérapiques les moins défectueux. Il se compose de salles de bains et de douches, et d'une buvette extérieure.

Emploi thérapeutique. Les eaux de Martigné-B riant sont surtout employées à l'intérieur ; celles des trois sources franchement ferrugineuses se prennent à la dose de trois à six verres par jour, que les buveurs consomment soit à la source, soit mêlées de vin pendant leurs repas. L'eau de la source Nouvelle, dite Sulfureuse, se donne en quantité un peu moins considérable, deux ou trois verres ingérés le matin à jeun et de quart d'heure en quart d'heure. La durée des bains est, en général, d'une heure ; celle des douches de dix à vingt maintes.

Les effets physiologiques et curatifs de l'eau des sources ferrugineuses de Martigné-Briant sont ceux des eaux de cette nature. Elles sont toniques et surtout reconstituantes ; elles sont particulièrement prescrites à ceux dont il faut remonter les forces et augmenter la quantité de leurs globules saaguins; les chloro-anémiques sont donc les hôtes les plus nombreux à la station de Martigné. L'eau de la source Sulfureuse, qui doit son hépatisation accidentelle à son sulfate sodique réduit par la matière organique, a une certaine réputatioa dans le pays contre les affections de la peau, qui sont traitées par les eaux de la source Sulfureuse en boisson et quelquefois en bains.

Durée de la cure, un mois, en général.

On n exporte pas l'eau des sources de Martigné-Briant. A. Rotureau.

Bibliographie. — Linaoer. Source martiale et source chaude de Martigné-Briant. Angers, 1770. — Mé.mère. Analyse chimique de l'eau des sources de Martiç^né-Briant, en Anjou. — GoDEFROï. Analyse de l'eau des sources de Martigné-Briant. Angers, 1847. — Chevallier et GoBLEï. Analyse chimique des eaux de Martigné-Briant [Maine et Loire] . In Bulletin de l'Académie impériale de médecine. 1806. A. R.

MARTIG!VY-LÈS-l/iOIARCHE (Eau miîjérale de),, atkermale, sulfatée calcique moyenne, carbonique moyenne, dans le département des Vosges, dans

158 MARTIN (les).

l'arrondissement et dans le canton de Neufchâteau, émerge une source dont l'eau est limpide, claire et transparente ; elle est incolore, inodore et traversée par des bulles gazeuses assez rares, mais d'un assez gros volume. Sa saveur fraîche a un arrière-goùt ferrugineux. La température de l'air étant de 17° centigrade, celle de l'eau est de IS",! centigrade; sa réaction est complètement neutre. L'amlyse chimique de l'eau de la source de Marlignij-lès-Lamarche, faite en 1857 par M. Henry (Ossian), a donné par 1,000 grammes les principes suivants ;

Sulfate de chaus 1,^20

— magnésie 0,330

— soude 0,230

Bicarbonate de chaus 0,136

— magnésie 0,1"0

— soude très-peu.

Chlorure de sodium 0,H0

— potassium 0,010

Crcnate de sesquioxyde de fer, alumine, silice, phosphate

terreux, principe arsenical et matière organique de l'humus. 0,170

TOTiL DES MATIÈRES FIXES 2,596

Gaz acide carbonique libre. . , indices.

M. Henry fait remarquer avec raison que la composition élémentaire de cette eau minéiale la rapproche beaucoup des sources de Contrexévillc et de Yittel, qui sont dans le même département. Nous renvoyons à ce que nous disons de Co.n- TRExÉviLLE et de ViTTEL {voij. CCS mots) pour ce qui concerne l'admiaistration, les doses, l'action physiologique et thérapeutique des eaux de Martigiiy-lès-Lamarche ou Martigny-les-Bains. A. Rotbreau.

!!IART1]\' (Les.) Il y a plusieurs médecins de ce nom qui se sont lait connaître par des écrits et par le rôle important qu'ils ont joué.

Martin (Jeaîs), médecin de Henri IV et de Marie de Médicis, professeur auCollégeRoyal (17 décembre 1588), docteur de la Faculté de Paris (13 novembre 1572), est mort le ol décembre 1608. Les Mémoires du temps parlent souvent de lui. C'était un savant, un praticien distingué, ayant, comme on dit, tenu le haut du pavé. Il a laissé des commentaires manuscrits sur Hippocrate, que René Moreau a fait paraître sous ce titre :

Prœlectiones in libriim Hippocratis Coï de morbis internis. Paris, 1637, in-4°. — Prce" lectiones in lihrum Hippocratis Coï de aère, aqids et locis. Paris, 1646, in-4°.

Martin (Jean), natif du diocèse de Troyes, docteur de la Faculté de Paris (22 septembre 1616), et mort le 25 août 1625, a soutenu, le 15 septembre 1616, pour l'acte dit de A^espérie, une thèse singulière, uue de ces questions si chères à nos pères ; Que penser de ce dicton, In vino veritas ? Il avait épousé Gillette de la Noue, qui lui donna au moins deux enfants, que nous voyons naître à Paris, sur la paroisse Saint-Méry :

François, baptisé le 50 mai 1622;

Jacques, baptisé le 50 mai 1623.

Martin (Barthélémy) était fils de l'apothicaire de la reine Marie de Médicis. Il naquit à Paris, le 8 janvier 1629. A l'âge de quarante ans, il entrait au service du prince de Coudé en qualité de chimiste. Outre la relation des voyages qu'il avait faits en Espagne, «en Portugal, en Allemagne et dans les Pays-Bas, il a publié :

MARTiiN (lls). 159

I. Dissertation sur les dents. Paris, 1679, in-12. — II. Traité sur l'usage du lait. Paris, 1684, in-12. A. C.

MARTliv (Les deux frères) .

Martin (AiMÉ), l'aîné des deux frères, naquit à Saint-Ranibert, en 1767, fit ses études médicales à Montpellier, s'établit à Lyon, et, vers la fin du siècle dernier, devint chirurgien en chef de l'hôpital de la Charité ; il était en même temps secrétaire de la société de santé de Lyon. Après les événements de 1814, Martin, ahié, se retira dans le lieu de sa naissance, et là il se hvra exclusivement à la httérature et à la médecine, surtout à la médecine des pauvres. Il mourut en 1846, à l'âge de soixante-dix-neuf ans.

Ce médecin a peu écrit ; il n'a laissé que les mémoires suivants :

I. Rapport analytique des mémoires et observations communiqués à la Société de médecine de Lyon. In Rec. des actes de la Soc. de santé de Lyon, t. I, p. 1. Lyon, 1798. — II. Obs. sur une grossesse extra-utérine ventrale. Ibid., p. 512. — III. Obs. sur une aberration du fluide séminal. Ibid., p. 587. — lY. Quelques observations de médecine pi-atique. Ibid., passim. — V. Opération césarienne vaginale. (Rapport de Beaudelocque.) In Journ. gén. de méd.,i.Ul, p. 54; 1815.

Martin (Pierbe-Émenne), naquit également à Saint -Rambert, en 177 L'Attaché à son frère par la plus vive affection, il voulut suivre la même carrière ; après s'être fait recevoir à Montpellier, il remplit pendant quelques années, ]es fonctions de chirurgien militaire, puis il alla se fixer à Lyon auprès d'Aimé Martin auquel il succéda comme chirui'gien en chef de la Charité. Les e.\igences de la pratique médicale et surtout de celle des accouchements dans laquelle il s'était fait une grande réputation, ne l'empêchaient pas de cultiver la science. Avec l'aide de son frère et du célèbre Marc-Antoine Petit, il contribua, au commencement de ce siècle, à relever, à Lyon, les études médicales interrompues par suite des événements poHtiques. La vaccine qui venait d'être découverte et annoncée au monde savant, n'eut pas de plus ardent propagateur ; la Société des amis me'decins qui venait d'être créée à Lyon le compta parmi ses membres fondateurs ; et deux fois il présida la société de médecine. Une foule d'autres sociétés savantes avaient, en outre, tenu à honneur de l'admettre dans leur sein. Administrateur de l'hospice de l'Antiquaille, il fit subir à cet établissement d'importantes améliorations ; il créa une clinique des maladies mentales, et quelques enseignements spéciaux. Martin ne s'arrachait à ses nombreuses occupations que pour aller rendre visite à son frère, à quelques lieues de Lyon, dans leur ville natale. La mort de celui-ci lui porta un coup dont il ne put se relever, moins de six semaines après, un grand concours de médecins, de savants, de gens de tous états, accompagnaient jusqu'aux limites du département le cercueil d'Etienne Martin, qui avait voulu être enterré auprès de son frère bien-aimé.

Les nombreux mémoires publiés par Et. Martin se distinguent par un grand sens pratique. Nous ne donnons ici que les principaux.

I. Extirpation de l'humérus dans l'article. In Rec. des actes de la Soc. de santé de Lyon, 1. 1, p. 172 ; Lyon, 1798. — II. Rapport sur une observation d'imper forât ion de l'anus. Ibid., p. 180. — III. Obs. sur le changement de la fibre musculaire en substance graisseuse (avec Martin aîné). Ibid., p. 584. — IV. Apoplexie sanguine avec hémiplégie chez une jeune fille de 5 ans. In Journ. gén. de médecine, t. XXXVI, p. 25 ; 1809. — V. Obs. sur un étranglement extraordinaire de l'intestin ileum, pirécédé de quelques réflexions, etc. Ibid., t. XXXIX, p. 575 ; 1810. — VI. Réflexions cliniques sur la hernie congénitale de l'ombilic et sur l'opé- .ationde la ligature, etc. Ibid., t. XLI, p. 264; 1811. — VII. Obs. d'érysipèles sy7npiomatiques de fièvres adynamico-ataxiques . Ibid., t. XLIII, p. 150 ; 1812. — VIII. Mém. et observations sur la diatkèse inflammatoire des enfants nouveau-nés. Lyon, 1851, in-8°. — IX.

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