MARTIN-SOLON
Mém. de médecine et de chirurgie pratiques, sur plusieurs maladies et accidents graves qui peuvent compliquer la grossesse, la parturition, etc. Lyon, 1835, in-8°. — H. De l'habitude, de son influence sur le physique et le rnoral de l'homme et les dangers qui résultent de sa brusque interruption. Lyon, 18i3, in-S". — XI. Notice historique sur la Société de médecine de Lyon. Ibid., 1844, in-S" ; etc.. E. Bgd.
inâRTl!V (Victor-Étienwe-Alfred). Médecin principal de première classe à l'hôtel des Invalides, officier de la Légion d'honneur, etc., naquit à Paris en 1809, et débuta, comme pharmacien dans le service de santé militaire; sorti lauréat des écoles de Strasbourg et du Val-de-Gràce, il ne tarda pas à se faire recevoir docteur en médecine, et passa dans l'armée avec le grade de médecin-adjoint. C'est en cette qualité qu'il fut envoyé en Algérie, oîi il se livra à de sérieuses études sur la question de l'acclimatement soulevée depuis peu par Boudin, qui en combattait énergiquement la possibilité. Dans un très-bon petit manuel à l'usage des Européens en Algérie, Martin se mit en opposition directe avec Boudin. Mais c'est surtout dans l'ouvrage spécial sur l'acclimatement qu'il composa en société avec son collègue FoUey que ce grave problème fut discuté à fond. Nos deux auteurs distinguèrent avec soin l'influence propre du climat, de celle des mardis et des défrichements que l'on avait trop souvent confondues. Aussi, leur conclusion générale fut-elle, que, pour obtenir, au point de vue sanitaire, un résultat favorable de la colonisation dans les pays chauds, il faut, avant tout, dessécher et cultiver.
Après un assez long séjour en Algérie si laborieusement employé, Martin remplit des fonctions administratives dans le bureau des hôpitaux au ministère de la guerre. En 1862, il occupa le poste de médecin principal dans l'hôpital du faubourg Saint-Martin, d'où il passa à l'hôtel des Invalides. C'est là qu'il mourut en avril! 870.
On lui doit les ouvrages suivants :
I. Rapports entre l'étiologie et la marche des phlegmasies gastro-intestinales. Th. de Paris, 1857, n" 75. — II. Manuel d'hygiène à l'usage des Européens qui viennent s'établir en Algérie, et précautions qu'ils doivent prendre pour s'acclimater à ce pays et y assurer leur santé. Alger, 1841, in-8°. — IIL De l'acclimatement et de la colonisation en Algérie au point de vue de la statistique (avec Foley). Alger, 1848, in-8°. — IV. Histoire statistique de la colonisation algérienne au point de vue du peuplement et de l'hygiène (avec Foley). Paris et Alger, 1851. E. Bgd.
martuv-SOLOIV , né en 1795, mort à Paris en 1856. Martin-Solon fut reçu docteur en médecine, à la Faculté de Paris, en 1819. C'était un jeune homme intelhgent, travailleur,, se livrant avec ardeur aux études cliniques. De 1820 à 1822, il rempUt, à l'Hôtel-Dieu, les fonctions de chef de chnique. A la suite d'un concours remarquable, il est nommé agrégé à la Faculté, en 1826, et médecin du bureau central des hôpitaux en 1827. En 1852, il remplace le professeur Leroux à la clinique de l'hôpital de la Pitié et fait, cà l'école pratique, des cours très-suivis, sans aucune interruption, de 1855 à 1859. Dans cette dernière année, il concourt pour la chaire de thérapeutique et se voit préférer Trousseau, mais non sans avoir prouvé qu'il est un médecin profondément instruit, un clinicien habile et un thérapeutiste de grand mérite. Peu après, l'Acadéniie de médecine l'appelle dans son sein, et il prend, pendant quelques années, une. part très-active aux travaux de cette société savante. Malheureusement une longue et cruelle maladie arracha Martin-Solon à tous ses travaux scientifiques et à sa clieiitèle. Aussi mourut-il pauvre, mais honoré et estimé de tous. — On doit à
MARTIN-VALMEROUX (SAINT-) (eaux minérales de). IGÎ
Martin-Solon un livre sur l'Albuminurie ; on lui doit également la création de ce mot heureux. Son livre a sans doute beaucoup vieilli, mais il mérite encore d'être lu et consulté. C'est surtout l'œuvre d'un clinicien habile et attentif. On a de Martin-Solon :
De l'Albuminurie, ou hydropisie causée par maladie des reins ; modifications de l'urine dans cet état morbide, à l'époque critique des maladies aiguës et durant le cours de quelques affections bilieuses. Paris, 1858, in-8". Ou lui doit en outre de nombreux articles dans ï Encyclopédie moderne, le Dictionnaire de médecine, en 15 volumes, dans plusieurs journaux de médecine, en particulier dans les Archives, la Gazette médicale, le Journal hebdomadaire, etc. Enfin il a fait plusieurs communications intéressantes et des rapports importants à l'Académie de médecine. H. Mn.
MARTW-VALMEROUX (SAIIXT-) (Eaux MINÉRALES de), athermciles, bicarbonatées ferrugineuses faibles, carboniques moyennes. Dans le département du Cantal, dans l'arrondissement et dans le canton de Mauriac, à 15 kilomètres au sud-est de la ville de ce nom, sur la route de Cahors à Clermont-Ferrand, dans la commune de Saint-Martin-Valmeroux, qui a une population de 800 habitants, au milieu de la belle vallée où coule la Maronne, émergent les deux sources de Font- Sainte et du Pont de Fontanges. Cette dernière a son griffon à la sortie du bourg de Saint-Martin- Valmeroux et à gauche du chemin qui conduit au bourg de Fontanges. Son eau étant très-peu utilisée et ayant à peu près les mêmes propriétés que celle de la source de Font-Sainte, nous nous contentons de cette indication sommaire.
La source de Font-Sainte est souvent appelée source de Montjobj. Son débit est assez considérable ; elle sort du rocher sur la rive gauche de la Maronne, à 1 kilomètre à Touest du bourg de Saint-Martin-Valmeroux. Cette eau est limpide et inodore ; des bulles gazeuses la traversent sans cesse et viennent se déposer sous forme de perles sur les parois du verre avec lequel on l'a puisée. Elle a une saveur à la fois piquante et très-sensiblement ferrugineuse ; elle laisse précipiter au fond de son bassin une couche épaisse de rouille qui colore le ht du ruisseau par lequel elle s'écoule ; les animaux sont très-avides de ce sédiment ocracé. Elle rougit instantanément les préparations de tournesol; sa température est de 10° centigrade; sa densité et son analyse chimique exactes ue sont pas connues. M. Mourguye s'est assuré seulement que la quantité des matières fixes contenues dans 1000 grammes d'eau de la source de Font-Sainte est de 4 grammes environ. Ce chimiste ajoute qu'il a constaté que, parmi les sels que cette eau renferme, le bicarbonate de fer est l'élément minéralisateur le plus actif, et que l'acide carbonique est le gaz à peu près exclusif qui s'en échappe.
Emploi thérapectique. L'eau des sources de Saint-Martin-Valmeroux est seulement employée en boisson à la dose de quatre à huit verres par jour, pris ordinairement de quart d'heure en quart d'heure, le luatin à jeun. Quelques personnes du voisinao-e, les ingérant à plus haute dose, en obtiennent un effet purgatit. On vient aussi remplir des bouteilles à la fontaine de Font-Sainte, dont on utilise l'eau en boisson, pure ou coupée de vin, aux repas. Les médecins du pays la prescinvent comme tonique et reconstituante dans l'anémie et la chlorose, dans la cachexie qui suit les accès de fièvre intermittente ou les désordres occasionnés par le scorbut, dans les dyspepsies et les névropathies qui se sont produites après un appauvrissement du sang et une décoloration profonde de tous les tissus. A. R.
BiBUGGRAPHiE. — Etat des bains, sources ou fontaines d'eaux minérales des subdélégations, ie Mauriac et d'Aurillac. In Archives de la préfecture de Clermont-Ferrand, 177-2.—
DICT. E^c, 2 s, V. H
162 MA.RT1NEZ (les).
Débibier-dc-Chalet. Dictionnaire statistique du département du Cantal. Aurillac, 1824. h Annuaire du Cantal. Aurillac, 1827, p. 83. — Mocrgute. Notice sur les eaux de Vic-sur-Cère, Saint-Martin- Valmeroux , la Bastide et Conches. In Annuaire du Cantal. Aurillac, 1849, pag. 82 et suivantes. — Nivet (V.). Eaux minérales du Cantal. Clermont-Ferrand, 1854, in-8% pag. 57-38. A. R.
MARTINE (Georges), né en Ecosse à la fin du dix-septième siècle, mort en 1743. Il fut docteur de Leyde, exerça avec succès dans sa patrie, et fut quelque temps employé sur les flottes du roi. 11 a laissé :
I. De similibus animalibus et animalium calore. Londres, 1740, in-8°. Trad. en français. 1751, in-S". — II. Essay médical and philosophical. Londres, 1740, in-S". — lU. In Bartholomœi Eustachii tabulas anatomicas commentaria. Londres, in-S». A. C.
mARTrVEZ (Martin), un des médecins les plus émlnents de l'Espagne au dix-huitième siècle; le savant historien Morejon qui nous le fait connaître, vante la haute portée philosophique de son esprit, ses vastes connaissances, l'élégance et la limpidité de son style, il lui confirme enfin le titre à'aigle de la science que lui donne Freyjoo dans son Theatro critico universal. Voici, d'après ce dernier, la biographie de Martinez : il était né à Madrid le 1 1 novembre 1 684, et il suivit les cours de médecine à l'université d'Alcala de Henarès, d'après les principes de Henriquez de Yillacorta qui dominaient alors. A peine âgé de 22 ans, il osa se })résenter dans un concours pour une place de médecin à l'hôpital général ; on était en 1706, époque où la guerre et les discordes civiles laissaient peu de place aux études. C'est dans cette même université d'Alcala que Martinez prit le grade de docteur, et se fit surtout remarquer par l'ai'deur avec laquelle il se livra aux sciences physiques et chimiques, mais surtout à Fanatomie. Le suffrage des savants nationaux et étrangers, et plus particulièrement l'appui qu'il trouva dans les médecins de la cour de Philippe V, justes appréciateurs de son rare mérite, le portèrent, en peu de temps, aux plus hautes dignités de sa profession. Il devint successivement professeur d'anatomie, membre et président de la Société royale deSéville, examinateur du proto-médicat royal, et enfin médecin particulier du roi.
Dès l'année 1720, il commença à s'occuper sérieusement delà grande question des réformes à introduire dans l'enseignement de la médecine, alors manifestement en décadence dans toute l'Espagne. — Animé d'une vive passion pourl'anatomie, il se livra dans l'amphithéâtre de l'hôpital général, à de nombreuses dissections ayant pour but de donner une vigoureuse impulsion à la chirurgie. Le roi lui-même voulut assister à ses dissections, afin de se convaincre par ses yeux de l'habileté et du savoir si vantés de Martinez. Mais, dit Freyjoo, son panégyriste et son ami, par une de ces fatalités qui semblent s'attacher aux hommes supérieurs, Martinez, loin d'obtenir la récompense méritée par ses travaux et ses efibrts pour relever la profession médicale, se trouva en butte à toutes sortes de persécutions de la part de ses confrères, sa santé en reçut une atteinte si profonde qu'il y succomba le 9 octobre 1 734, étant à peine âgé de cinquante ans.
Martinez que nous connaissons seulement par l'analyse de ses travaux que nous donne Morejon, combattit à toute outrance la scolastique aristotélicienne comme inutile et même nuisible dans son application à l'étude des sciences médicales ; il proclama hautement la supériorité de l'observation pratique et de l'expérience. A l'occasion des fièvres, il rejetta comme de vaines hypothèses la théorie de la chaleur et des fermentations acides ou alcalines. D'une manière j^énérale, il soutenait
MARTIM (les). 163
que l'on ne peut connaître l'homme physique que par la perception sensoriale, et comme celle-ci ne saurait nous donner la notion exacte de l'essence des choses, il faut se borner à ce que nous apprend l'observation pure et simple. Aussi, comparant les philosophies aristotéliciennes et cartésiennes, pensait-il que la première convenait parfaitement pour la théologie scolastique, et la doctrine corpusculaire pour la médecine, on comprend quels débats durent amener des propositions aussi hardies, et pour le temps et pour le pays.
Voici la liste des écrits dans lesquels il a exposé ses principes, le plus généralement, sous la forme de dialogues.
I. Noches anatômicas 6 analomia compendlosa. Madrid, 1716, in-4°, et ibid, 1750, in-4. — II. Discurso fisico sobre si las viboras deben reputarse por carne 6 pescado en el sentido en que nuestra madré la iglesia nos veda los carnes en dias de abstinencia : respuesta, etc. Ibid., 1725, in-4°. — \\\ . Observatio rara de corde in monstroso infantido ubi obiter et noviter de niotu cordis et sanguinis agitur. Ibid., 1723, in-4°, et in Haller Dispiitationes analomicœ. Gœltingse, 1744, t. II, p. 973. — IV. Medicina scéptica y cirugia moderna, cou un tratado de operationes cliirûrgicos (les opérations de cbirurgie ont été aussi tines et publiées à part), t. I; ibid., 17'i2, et ibid., 1727, in-4''; t. II, ibid., 1723, in-4°, et 1727, in-4°, et Medicina scéptica tome segundo. Primera parte apologema en favor de los niedicos scépticos. Segunda parte apomathema contra los medicos dogmaticos, etc. Madrid, 1725, ^-4°, et ibid., 1727, in-4°. — V. Examen nuevo de cirugia moderna. Ibid., vers 1725; 2" édit., 1732 ; 3% 1743, in-S», avec corrections. — VI. Anatomia compléta del hombre con todos los liallazgos, nuevas doctrinas ij observacionrs raras, etc. Ibid., 1728, in-4; plus, édit. — VII. Filosofia sccptica, extrada de la fisica antiguaij moderna, recopilada en diàlogos entre un aristotélico, cartesiano, gasendista y sceptico, etc. Ibid., 1730, iii-4°. E. Bgd.
MARTIIVEZ (Jose-Qder). Chirurgien et botaniste très-distingué ; né à Perpignan le 26 janvier 1695. Il fut longtemps attaché au service militaire, et, dans ses voyages avec son régiment, soit en Espagne, soit en Italie, soit en Afrique, lors de l'expédition qui mit les Espagnols en possession de la ville d'Oran, en 1752, il avait pu satisfaire la passion qui l'entraînait vers l'étude de la botanique. Revenu à Madrid avec les riches résultats de ses explorations, il obtint du roi Phihppe V une concession de terrain pour y fonder un jardin de botanique, el il fut nommé premier professeur de cette science. Il était membre de l'institut de Bologne, de l'académie de médecine de Madrid, etc. C'est dans cette brillante situation acquise par une longue suite de travaux qu'il succomba le 19 mars 1764, laissant les deux ouvrages suivants dont le premier est très-estimé :
I. Flora espanola, 6 historia de las plantas que se crian en Espaha. Madrid, 1702, in-fol . , 6 vol. — II. Disertacion fisico-botdnica sobre la pasion nefritica, y su verdadero especifico la uva ursi o gayuba. Ibid., 1763, in-fol. E. Bgd.
inABTli\EZ DE LEIVA (Migcel). Chirurgien espagnol qui vivait dans la seconde moitié du seizième siècle. Né à Santo-Domingo de la Calzada, il étudia la chirurgie à Salamanque, sous le professeur Alderete, et, après quelques voyages en Europe, il vint pratiquer à Séville. Martinez de Leiva s'était surtout livré à l'art du dentiste, et telle était sa dextérité qu'il arrachait, dit-on, les dents et même les molaires sans le secours d'un instrument. Il est surtout connu par les remarques qu'il publia sur la peste bubonique qui régna à Séville de 1581 à 1583, et quil croyait importée de Palerme par les soldats et les nègres malades qui arrivaient sur les galères de Portugal. Voici le titre de cet ouvrage :
Retnedios preservativos y curativos para en tiempo de la peste, y otras cunosas esperiencias, dividido en dos cuerpos, etc. Madrid, 1597, in-8°. E. Bgd.
MARTIKI (Les). Il y a au moins cinq médecins distingués de ce nom. Nous les citons dans leur ordre chronologique.
164 MARTINI (les). .
Martini (Grégoire) était de Francfort-sur-l'Oder, et florissait dans le premier
quart du dix-septième siècle. Il a laissé l'ouvrage suivant :
Commentatiuncula in libro qui inscribitur de chymicorum cum Aristotelicis et Galenicis consensu ac disseiisu, cap. xi. Quod est de principiis chymicorum ; tractationem quœstionis an sulphur et mercurius sint prima perfecta inixta, et reliquorum perfectè mcdurum principia, novam perçue utilem continens. Francof., 1621, in-8°.
aiartini (Heisri) était de Dantzick. Mort le 10 février 1675. Il s'était occupé particulièrement de la chimie, telle qu'on la comprenait à cette époque, et avait donné tous ses soins à l'étude de l'urine tant saine que malade. De là l'ouvrage suivant :
Anatomia vrinœ Galeno-Spagyrica, ex doctniiâ Hippocratis et Galeni, necnon recoisiorum, imprimis Theophrasti Paracelsi et Leonhardi Thurneuseri, aliorumque chymiatrorum, principumscriptis adornala. Accessit ejusdem ars pronunciandi ex urinis, tam rationalis quàmmechanica. Item Cœsaris Ordoni, De urinis libellas posthumus. Fraucof., 1650, in- 12; 1658, in-12.
Martini (Jacques) a eu le mérite de faire connaître et de publier un ouvrage
- intéressant de Pierre de Marchetis. Cet ouvrage porte ce titre :
Nova observatio et curatio chirurgica. 1652, in-4°.
Martini (Mathied) était de Eisleben. On lui doit plusieurs ouvrages, parmi lesquels nous citerons seulement ceux qui ont établi sa réputation :
I. De morbis mesenterii abstrusioribus, in scholis medicorum hactenus prœtermhsis, nec scriptis veterum illustratis. Item, affectionum hypoclwndriacarum, prioribus quodammodo affinium, historia et curatio. Lipsiae, 1650, in-S". — II. De scorbuto commentatio, tribus positionum centuriis comprehensa. lenœ, 1624, in-8°.
Martini (Jean-Bernard). Né à Wunstorf, en 1721, il mourut à Brunswick le ôO mai 1800, avec les titres de doyen du collège, de conseiller, et premier médecin du duc Charles-Guillaume-Ferdinand. C'était un savant de premier ordre. A lui, appartient presque exclusivement la rédaction et la composition du Codex ou Dispensaire pharmaceutique du duché de Brunswick, publié en 1777, in-4°, et qui était si nécessaire dans un pays encore livré au charlatanisme des vendeurs de drogues. Martini a fait aussi parler de lui par une dissertatio sur la toux, qui a vu le jour, en latin, en 1747, in-4°. Il a enrichi la Gazette littéraire de Brunswick d'un grand nombre d'articles. Enfin, il a signé cet ouvTage :
Dissertatio epistolaris de oleo Wittnebiano , vulgo dicto Kajoeput, revocato in terras Brunsvicenses, suluberrimis effeclibus pleno. Brunswick, 1751, in-i°.
Martini (Frédéric-Henri-Guillaume). Celui-là fut un naturaliste des plus distingués. Il naquit à Ohrdruf, dans l'ancien duché de Gotha, le 51 août 1729, et mourut à Berlin le 17 juin 1778. La Société des amis scrutateurs de la nature, établie en 1773, est à peu près son œuvre ; il en fut le secrétaire perpétuel ; et le zèle qu'il montra pour faire fleurir la 'compagnie est digne d'cloges. Pendant quatorze ans, ce travailleur infatigable, cet amant passionné de la minéralogie et de la conchyliologie, n'a pas cessé de faire parler de lui par des pubHcations sur ces deux branches des sciences naturelles. On dirait que Martini pressentait une mort prématurée, et qu'il voulut, comme on dit vulgairement, « vider tout son sac. » Ses ouvrages se ressentent de cette précipitation; ils ne sont pas suffisamment digérés, et pèchent par une prolixité, qui en rend la lecture désagréable et fatigante. Ils ont encore un grand inconvénient, c'est celui d'être, à part deux ou trois, écrits en allemand, et de ne pas être, par là-, accessibles à tous les Français qu'entraîne le charme de l'étude de la nature.
MÂRTINIÈRE. 165
I. Dissertatio chimico-medica de Chenopodio Ambrosioïde Francof. 1767, in-4°. — II. Mélanges à mes a?nis et amies. Nuremberg, 176G, in-8'\ — III. Lettres amicales de plusieurs auteurs. 1767, in-8». — IV. De l'imperfection de la plupart des livres manuels qui traitent de la médecine pratique. 1767, in-8°. — V. Nouveau système de conchyliologie. 1768-1788, in-4''. — VI. Morceaux de conférences destinées à la jeunesse. 1770-1775, in-8''.
Yll. Essai d'un journal des familles, accompagné de Vapprobatioii de la bibliothèque à
laquelle cette feuille avait été offerte. 1771, in-4''. — VIII. Bu système de conchyliologie de Martini, justifié par une collection d'objets d'histoire naturelle et d'objets d'art. 1773,
in-8''. IX. Histoire générale de la nature, disposée dans un ordre alphabétique, illi-
1793, in-8°. — X. Le printemps dans la vallée. 1796, in-8°. — XI. Le 7nagasin berlinois, comprenant toutes les nouvelles pouvant intéresser les amateurs de la science médicale, de l'histoire naturelle et, en général, de toutes sciences d'une étude agréable. 1765-1769, in-8°. — Xli. Encyclopédie berlinoise, destinée à propager la science médicale, l'histoire naturelle, l'économie domestique, etc., et, en général, toute littérature se rapportant à ces sciences. 1769-1779, in-8°. — XIII. Variétés. 1770-1773, in-8°. — XIV. Nouvelles variétés. 1778-1780, in-8°. — XV. Variétés toutes récentes . 1781-1784, in-8°. — XVI. Travaux des amis de la Société d'histoire naturelle. 1775-1779, in-4''. A. C.
NARTiiXiÈRE (Germaix pichaut DE lA). Né en 1696, mort dans sa maison de campagne de Bièvres, près de Paris, le 17 octobre 1785. Ce chirurgien a - joué un grand rôle dans son temps. Il a été, en qualité de premier chirurgien, le commensal favori de Louis XV ; il n'a pas été moins apprécié par Louis XVI ; et pendant trente-sept ans il a tenu tout à la fois la première place au milieu de la plus belle cour du monde, et le fauteuil de la présidence à l'Académie de chirurgie, qu'il a servie avec éclat et dévouement. Et cependant, La Martinière n'a laissé, à notre connaissance, aucun ouvrage de science et d'érudition. C'est que, en dehors de ses grandes occupations au Palais, il a consacré son talent d'organisateur au profit du corps des chirurgiens qui lui doivent beaucoup, et qui le placent parmi leurs plus vigoureux athlètes. Reprenant, en effet, ce que la Peyronie avait laissé d'inachevé, son successeur à la cour de France a tout fait pour proclamer l'indépendance de la chirurgie, et pour l'arracher à la tyrannie de la Faculté de médecine de Paris. C'est à lui, par exemple, que les suppôts de Saint-Cosme ont dû la liberté de pouvoir déli\rer les grades sans l'ingérence d'un docteur régent; c'est à son influence qu'il faut rapporter cette déclaration de Louis XV (1 9 juin 1770), par laquelle le premier chirurgien du roi devait prêter serment, non plus entre les mains du premier médecin, mais bien entre les mains de Sa Majesté elle-même, se réservant, lui, de recevoir le serment du chirurgien ordinaire, des chirurgiens par quartier, des chirurgiens de la famille royale et du premier prince du sang.
Avant de tenir la charge de premier chirurgien, La Martinière avait été attaché aux armées royales. Agrégé, en 1728, au collège de Saint-Cosme, il était en 1755, aide-ma.jor, et fit, en cette qualité, la campagne d'Italie, sous les ordres du maréchal de Villars. En 1754, on le trouve sur le Rhin, au siège de Phihsbourg. En 1741, il suivait, avec le grade dechirurgien-raajor, l'armée qui passa en Bohême. L'histoire parle, à son honneur, de l'ardeur infatigable qu'il montra à Prague, pendant le siège et dans la retraite de cette ville, ainsi que des succès de ses soins dans les cas les plus graves. A son retour en France, il fut invité à se charger du régiment des gardes françaises, et c'est comme chirurgien en chef de ces vaillantes troupes qu'il suivit Louis XV dans la première campagne de Flandre. Il fut de la plus grande utibté au siège de Fribourg (octobre 1744). L'année suivante, à la bataille de Fontenoy, il était chirurgien consultant de larmèe, tandis que Andouillé, — qui devait lui succéder comme premier chirurgien de Louis XVI, — en était le chirurgien-major. Les sièges de Mons, de Namur, la bataille de Raucoux, toutes les actions de la campagne de 1746, ont fourni à La Martinière les
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occasions de montrer tout ce que l'art a de grand lorsqu'il se trouve entre les mains d'un homme habile et dévoué. C'est à Bruxelles, en 1747, que Louis XV le nomma son premier chirurgien, en le faisant jouir d'une singulière prérogative, édictée, du reste, par deux déclarations royales des 12 janvier 1710 et 10 février 1719, à savoir : qu'à l'occasion de l'avènement de de la Martinière à la charge de premier chirurgien de Sa Majesté, tous maîtres, chirurgiens, barbiers, perruquiers et autres, qui exercent quelque partie de la chirurgie et de la barberie dans le royaume, lui payeront 21 sols 5 deniers pour une fois seulement. Cela ne devait pas moins faire une forte somme.
Je trouve dans l'éloge écrit par Louis un trait que je ne peux passer sous silence, tant il s'applique bien à l'époque efféminée du trop galant roi :
« Les tranquilles citadins ne connaissent pas les périls de la guerre. Sujets aux indispositions qui naissent de l'oisiveté, de la gourmandise, du libertinage, ils n'ont qu'une très-taible idée de l'excellence de la chirurgie. Ils n'ont pas vu à Paris M. de la Martinière dans les indigestions, les cohques, le dévoiement, la fièvre, les maux de gorge qui les ont attaqués après avoir passé la nuit au bal ou à une partie de jeu. Il n'a pas été à portée de leur donner des conseils pour le vice dartreux, vénérien, scorbutique. De là, ils se sont permis d'élever des doutes sur l'étendue des talents de la Martinière, eux qui pour toutes les maladies dont on vient de parler, prônent avec enthousiasme, et préfèrent sans raison, j'oserais dire sans pudeur, les ignorants et les charlatans aux plus habiles médecins. Nous pouvons assurer que personne n'a jamais été plus digne de la première place que M. delà Martinière, qu'ill'a remplie très-dignement, et qu'aucun de ses prédécesseurs n'y a été appelé à de plus justes titres, s'il pouvait y en avoir d'autres que la volonté et la confiance du maître. »
Les cendres de Pichaut de la Martinière gisent dans le cimetière commun de Bièvres, et elles ont pour réceptacle une tombe pareille à celle du plus pauvre des hommes. Et pourtant, le célèbre chirurgien avait pris à cœur de nourrir et d'habiller tous les ans les pauvres du village. Et pourtant il mourut assez riche pour assurer les fonds nécessaires à l'établissement de six lits, à l'hospice, nouveau alors, de l'Ecole de cbirurgie, lesquels 6 lits, joints à 12 autres fondés par le roi, constituèrent un hôpital de 22 lits, où l'on n'admettait que les sujets atteints de maladies chirurgicales peu communes. II fonda encore, de ses propres deniers, deux chaires de professeur à l'école pratique, avec des appointements de 500 livres chacune.
La Martinière, avons-nous dit, n'eut pas le temps de tailler sa plume au profit de quelque point de science ou de pratique à élucider. On ne lui connaît que des « Mémoires présentés au Boy, » et tendant à combattre les prétentions des médecins, et à briser les chaînes dont on voulait encore asservir l'art chirurgical. Omettant ceux de ces mémoires rédigés par des jurisconsultes sous l'inspiration du premier chirurgien, nous citerons seulement comme paraissant appartenir en fait à ce dernier :
Mémoire présenté au roij par son premier chirurgien, en réponse du second mémoire présenté à Sa Majesté par son premier médecin [Chicoijneau] ; s. d., 10-4° de 7 pages. — Autre mémoire, in-4°, s. d., 12 pages. A. C.
MARTRES-DE-YETRE (LES) (Eaux MINÉRALES de), hypotJiermales , polymétalUtes, bicarbonatées sodiques fortes, chlorurées moyennes, ferrugineuses laibles, carboniques fortes. Dans le département du Puy-de-Dôme, dans l'arrondis-
MâRTRES-DE-VEYRE (LES) (eaux minékales de) 167
sèment de Clermoiit-Ferraiid et à 15 kilomètres de cette ville, sur la rive gauche de l'Allier, au pied de la montagne de Corent, dans la commune de Martres, un peu avant le pont de la Longue, émergent, dans un espace d'environ 500 mètres, au-dessous d'une assise de grès, par une assez large fissure, en partie comblée par des aragonites fibreuses ou par des brèches d'un ciment calcaire, les trois sources des Martres-de-Veyre. Ces sources se nomment : la source du Cornet, la source du Tambour, et la source Innomée. Cette dernière n'est qu'un filet insignifiant de la source du Cornet ; aussi nous contentons-nous de l'indiquer seulement.
1" La source du Cornet, n'émergeant pas à plus de 50 centimètres au-dessus du niveau des basses eaux de l'Allier, est complètement recouverte par les crues fréquentes et rapides de cette rivière torrentueuse. Cette eau, conduite par un tuyau de bois dans la fontaine où on la puise est claire, limpide et transparente ; elle est incolore, quoiqu'elle laisse déposer une couche notable d'une matière ocreuse au fond de son bassin, et, quoiqu'elle incruste assez promptement les objets avec lesquels elle est en contact d'une croûte calcaire d'une teinte café au lait assez fortement prononcée. Son goût est à la fois lixiviel, salé et ferrugineux ; des bulles gazeuses la traversent et peuvent, par moments surtout, s'épanouir à sa surface. Sa température est de 22", 5 centigrade. M. le professeur Nivet a fait, en 1844, l'analyse chimique de l'eau de la source du Cornet; il a trouvé dans 1 000 grammes les principes suivants :
Bicarbonate de soude 2,4890
— chaux . 0,8900
— magnésie .' 0,3185
— fer 0,0485
Chlorure de sodium 1,9480
Sulfate de soude 0,1300
Silice 0,0790
Alumine, apocrénate de fer, matière organique traces.
Perte 0,2470
Total des hatières fixes 6,1709
2° Source du Tambour. Elle est ainsi nommée à cause de l'intermittence du gaz qui la traverse et qui "fait entendre un bruit plus ou moins semblable à celui du tambour. Cette eau sort d'un filon de terrain calcaire, à 200 mètres environ des griffons de la source du Cornet ; elle a à peu près les mêmes propriétés physiques et chimiques qu'elle ; elle n'en dilfère guère que par sa température plus élevée, qui est de 25° centigrade. Elle n'a jamais été analysée.
Emploi thérapeutique. L'eau des sources de Les-5Iartres-de-Veyre est exclusivement employée en boisson, à la dose de quatre à huit verres, pris le matin à jeun. Elle sert aussi à couper le vin des personnes du voisinage qui viennent en remplir des vases qu'elles emportent à leur domicile.
Les eaux des sources du Cornet et du Tambour, tenant en dissolution plus de 6 grammes de matières fixes, plus de 2 grammes de bicarbonate de soude et près de 2 grammes de chlorure de sodium, et aussi une proportion notable de gaz acide carbonique, sont dans des conditions de minéralisation qui auraient dû attirer l'attention des médecins et des malades, plus qu'elles ne l'ont fait jusqu'à ce jour. Elles ne sont fréquentées, en effet, que par un très-petit nombre de malades de la contrée. Les prévisions de Jean Banc, qui, dès 1605, entrevoyait un bel avenir pour les eaux de Les-Martres-de-Veyre, et celles de M. le professeur Nivet, qui croyait, en 1844;, au développement d'une station dont les sources ont une composition élémentaire si remarquable, ne se sont pas réalisées, car on ne trouve