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C. Tumeurs solides du maxillaire inférieur

Nous consacrerons un paragraphe spécial aux ope'rations qui se pratiquent sur l'un et l'autre maxillaire.

li\FL.\.MMATio>s. I. Inflammations communes aux deux maxillaires. A. Oste'o-periostite. L'ostéo-périostite des màchoii'es peut se présenter sous trois formes différentes.

Ostéo-périostite simple.

Ostéo-périostite suppurée.

Ostéo-périostite ossifiante.

Nous les étudierons successivement. Les deux premières formes pourraient être considérées comme les degrés d'une même lésion; mais il y a utilité aies étudier isolément, car il arrive souvent que l'ostéo-périostite ne se termine pas par suppuration.

1" Ostéo-périostite simple. Nous désignons sons ce nom l'inflammation du périoste des maxillaires ou de l'os lui-même, qui n'est suivie ni de suppuration ni de nécrose, et qui ne donne pas naissance à des productions osseuses permanentes caractérisées par des symptômes qui leur sont propres.

L'ostéo-périostite simple se limite aux alvéoles dentaires, envahit consécutivement le corps des maxillaires ou y siège dès le début. D'où la distinction importante en ostéo-périostite alvéolo-dentaire et ostéo-périostite du corps de Vos. Cette division répond à une différence correspondante dans les dispositions anatomiques (périoste alvéolo-dentaire, périoste du corps des mâchoires).

a. Ostéo-périostite simple, alvéolo-dentaire. On peut en distinguer deux formes : forme aiguë et chronique.

Forme aiguë. Nous ne signalerons ici que les cas absolument sans gravité, ne se terminant pas par suppuration, caractérisés anatomiquement par la simple congestion du périoste alvéolo-dentaire. Les symptômes en sont légers et de courte durée : quelques douleurs spontanées au niveau de l'alvéole atteint; c'est plutôt un sentiment d'agacement, de gêne, de tension, qu'une véritable douleur. La pression sut" la couronne de la dent est un peu douloureuse, pourtant le malade éprouve du soulagement en serrant modérément les mâchoires l'une contre l'autre. La dent paraît allongée; elle devient parfois un peu mobile.

Au bout de un ou deu:: jours ces phénomènes disparaissent comjiléteraent.

Cette forme se voit parfois à la suite d'opérations sur les dents, telles que limage, aurification, pose d'une dent à pivot, etc. Elle succède d'autres fois à un coup de dent violent sur un corps dur. Elle est une complication assez fréquente de la stomatite mercurielle. On l'a observée également après un refroidissement chez des individus en pleine santé dont les dents sont saines ; on a dit alors que la périostite était rhumatismale (Tomes, A Course of Lectures on Dental PInjsiology and Surgery. London, 1848, p. 288; Senftleben, Bemerkungen iiher Periostitis und Nécrose des Vnterkiefers; Virchow's Archiv, 1860, vol. XVllI, p. 546). Elle présente, en effet, ce double caractère, qu'elle atteint de préférence

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des rhumatisnnts et qu'elle est sujette à des retours fréquents. On l'aurait même vue survenir comme complicaliou d'un rhumatisme articulaire générulisé (Tomes); sa nature est alors évidente. Elle s'étend ordinairement à toute une moitié de la mâchoire à la fois.

Le pronostic, dans tous ces cas, est généralement bénin; souvent l'affection est tellement légère, que les malades y prêtent peu d'aftenlion. Il faut noter cependant que les mêmes causes peuvent conduire à l'inflammation suppurée du périoste alvéolo-den taire. L'attaque est alors beaucoup plus aiguë, les douleurs plus vives, et les symptômes généraux fréquents.

Le traitement consistera simplement dans l'usage des liquides tièdes et calmants souvent tenus dans la bouche ; le malade évitera le froid et devra pour cela envelopper chaudement les mâchoires. Ces précautions seront suffisantes dans les cas légers; mais si l'inflammation paraissait prendre un caractère plus aigu, on devra recourir aux émissions sanguines locales, et même aux scarifications profondes de la gencive, seul moyen de prévenir la suppuration (Senftleben).

Forme chronique. Tomes, à qui nous empruntons la plupart des détails suivants, distingue les cas où le périoste alvôolo-dentaire est atteint tout entier ou seulement dans un point de sa périphérie.

Dans le premier cas, l'inflammation succède soit à une irritation des gencives, telle que Hgature autour du collet des dents pour maintenir des dents artificielles, ou accumulation du tartre vers la partie inférieure de la couronne; soit à une irritation du périoste, à la suite d'une pression violente sur une dent pour la luxer.

La dent devient mobile, sensible à la pression; il y a peu de douleurs spontanées; la gencive est un peu rouge. La paroi osseuse se résorbe peu à peu, et la dent Unit par tomber d'elle-même, faute de soutien. C'est ainsi que souvent les vieillards perdent leurs dents l'une après l'autre, sans carie et presque sans douleurs.

Chez eux le mal est sans remède ; mais lorsque la cause qui l'a fait naître est bien déterminée, on se hâtera, si cela est possible, de la faire disparaître. On pourra employer aussi des applications locales astringentes et stimulantes (tannin en frictions, eau alcoohsée en lotions, etc.). Parfois la scarification des gencives pourra être nécessaire.

Dans le second cas, lorsqu'une partie limitée du périoste dentaire est enflammée, la maladie présente une physionomie toute différente.

Le symptôme dominant est une douleur quelquefois vive. Elle présente ce caractère particuHer qu'elle n'est pas limitée au siège du mal ; elle peut même manquer au niveau del'alvéole malade, et se montrer en un autre point de la mâchoire, dans l'os malaire ou dans l'oreille. 11 peut même résulter de ce fait une difficulté de diagnostic. Lorsque, par exemple, de trois dents voisines une seule est malade, il est quelquefois impossible de déterminer celle qui est atteinte. On pourra être guidé par une légère sensibilité de la dent à la pression, ou par un peu de rougeur du bord de la gencive; mais ces deux signes qui tranchent la question sont loin d'être constants.

La lésion, dans ce cas, est unépaississeraent du périoste limité à l'extrémité de la racine. Il s'accompagne ici encore d'une résorption de la paroi alvéolaire au même niveau ; l'amincissement peut aller jusqu'à faire communiquer deux alvéoles voisins. Le bord alvéolaire reste ordinairement entier ; aussi la dent ne devient pas mobile.

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